Olaosanmi - Ryad Assani-Razaki - E-Book

Olaosanmi E-Book

Ryad Assani-Razaki

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Beschreibung

Sur un ton sobre mais émouvant, l'auteur retrace l'histoire d'une mère et sa fille qui fuient les horreurs de Boko Haram.

Olaosanmi, sa chair et son sang. Elle s’était rappelé la chaleur et la douceur du corps de sa fille. Et, lorsqu’elle la serrait dans ses bras et plongeait le nez dans sa nuque, le parfum qui émanait des cheveux de l’enfant. Mais ce n’était plus qu’un souvenir indistinct car, depuis, les choses avaient tant changé qu’à présent, même à Olaosanmi elle n’avait plus rien à dire. Une distance s’était créée qui ne cessait de grandir entre elle et l’adolescente de quatorze ans au visage fermé qu’était devenue sa fille.

Aussi ample que dense, le texte de Ryad Assani-Razaki dit la peur au ventre et le visage voilé de la guerre à travers la relation tendue entre une mère et sa fille.

EXTRAIT

« Mojirayo Ogunkoya ? »
Huit syllabes. Ensuite, l’impression d’un tremblement émanant de la terre, faisant vibrer les os telle la résurgence d’un souvenir douloureux. À l’angle de la rue, au sommet d’un poteau électrique, un battement a retenti. Sec, surprenant. Une volée d’oiseaux s’est élevée dans les airs au-dessus de la confusion de fils électriques qui zébraient le ciel. Des pigeons de ville aux plumes sombres dorées par les réverbérations de la lumière des lampadaires. Un orange froid absorbé par le gris de l’asphalte, le gris de la nuit, le gris des pigeons. Il était tard, ou très tôt.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Ryad Assani-Razaki est né à Cotonou, au Bénin, en 1981. Il a quitté le Bénin pour étudier l’informatique aux États-Unis, avant de s’établir à Montréal. En 2011, il a reçu au Canada le prix Robert-Cliche pour son roman La main d’Iman (éd. Liana Levi, 2013).

À PROPOS DE LA COLLECTION

Parce que tous deux cultivent ces perles que sont les textes courts, parce que tous deux se battent pour donner leur place aux auteurs de toute la francophonie, parce que le papier et le numérique se complètent, Le Pigeon, revue de création francophone (Montréal) et les éditions Émoticourt (Paris) ont créé une passerelle. La collection Le Pigeon propose en numérique les textes parus dans la revue papier, au fur et à mesure des livraisons de ses numéros, afin de leur offrir la pérennité qu’ils méritent.

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Seitenzahl: 34

Veröffentlichungsjahr: 2018

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À propos

I.

II.

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À propos
L'auteur

Ryad Assani-Razaki est né à Cotonou, au Bénin, en 1981.

Il a publié un roman aux éditions Liana Levi : La main d’Iman (2013).

La collection Le Pigeon

Parce que tous deux cultivent ces perles que sont les textes courts, parce que tous deux se battent pour donner leur place aux auteurs de toute la francophonie, parce que le papier et le numérique se complètent, Le Pigeon, revue de création francophone (Montréal) et les éditions Émoticourt (Paris) ont créé une passerelle.

La collection Le Pigeon propose en numérique les textes parus dans la revue papier, au fur et à mesure des livraisons de ses numéros, afin de leur offrir la pérennité qu’ils méritent.

Les éditions Émoticourt

Émoticourt est une maison d'édition numérique dédiée aux textes courts, inédits et de langue française. Lancée en mars 2012 à Paris, elle publie les œuvres d’auteurs reconnus (dont certains couronnés par le Goncourt de la Nouvelle) ou celles de nouveaux talents, avec une même exigence de qualité littéraire. Ce choix du numérique lui permet de publier nouvelles, recueils, carnets, nanoromans qui ne trouvent pas, en raison de leur format, leur place dans l’univers de l’édition papier.

I.

« Mojirayo Ogunkoya ? »

Huit syllabes. Ensuite, l’impression d’un tremblement émanant de la terre, faisant vibrer les os telle la résurgence d’un souvenir douloureux.

À l’angle de la rue, au sommet d’un poteau électrique, un battement a retenti. Sec, surprenant. Une volée d’oiseaux s’est élevée dans les airs au-dessus de la confusion de fils électriques qui zébraient le ciel. Des pigeons de ville aux plumes sombres dorées par les réverbérations de la lumière des lampadaires. Un orange froid absorbé par le gris de l’asphalte, le gris de la nuit, le gris des pigeons. Il était tard, ou très tôt. Plus tôt, lorsqu’elle avait consulté sa montre en sortant dans la rue, l’écran digital indiquait 4 h 57. Elle avait rapproché le poignet tout près de ses yeux. L’éclairage du cadran avait peint son visage d’une lumière bleue qui mettait en relief les cernes, les rides, sillons et froissements sur le parchemin d’une peau noircie par le temps. La vue trouble, elle avait un court instant observé l’écran illuminé. Alors elle avait signé sur le registre des entrées et des sorties, 5 heures. Trois minutes de différence, trois minutes de vie gagnées.

Ensuite, elle avait tendu le bras vers la porte pour sortir. Une seconde, elle avait regardé sa main posée à plat sur le verre épais de la vitre. Elle avait observé ses doigts fins, leurs articulations gondolées, les écailles de vernis sur la base de ses ongles inégaux. Trois minutes volées contre trente-six ans d’engourdissement des jointures. Puis elle avait songé à la caméra à l’angle du plafond, à son oeil morne, témoin indifférent de cet instant d’hésitation. Un moment de vulnérabilité, comme une seconde de nudité pour une âme gênée. Un instant de faiblesse capturé à jamais sur un ordinateur quelque part. Embarrassée, elle avait poussé la porte. En la relâchant, elle y avait noté les empreintes de ses doigts. Cinq longues lignes imprimées sur la surface du verre. Retenant la porte du pied avant qu’elle se referme, elle avait essuyé les taches du revers de la manche, méthodiquement. Satisfaite, elle avait retiré le pied de l’embrasure de la porte et celle-ci s’était refermée en émettant un bruit métallique. Ce son qui signifiait la conclusion de la nuit de travail et le repos, enfin.