Passion Brûlante - Mila Leduc - E-Book

Passion Brûlante E-Book

Mila Leduc

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Beschreibung

Raphaëlle part à Valparaiso pour un Erasmus en école d'architecture. Elle est aux anges de pouvoir découvrir une ville aussi créative qui la fait rêver depuis toujours, et passe des heures à arpenter la ville avec son carnet de croquis pour prendre des notes.

Pendant une de ces promenades, elle rencontre Laureano, un artiste de street art qui la fascine et lui fait découvrir les recoins secrets de la ville, quoi de mieux que de visiter avec un local, surtout si en plus il est hyper sexy !

Ensemble, ils vont partager bien plus qu'une passion pour le dessin... Mais jusqu'où les emmènera ce voyage ? Réveilleront-ils leurs désirs ?

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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Passion Brûlante 

   

Mila Leduc 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lumière du matin me fit cligner des yeux. Je fis quelques pas, m’habituant progressivement au soleil qui illuminait crûment le crépi jaune de l’immeuble.  

Nous étions samedi, et, à peine réveillée d’une soirée un peu trop arrosée, le quotidien de mes week-ends depuis que j’étais arrivée ici, au Chili, je me préparais à une délicieuse matinée : une déambulation, mon carnet de croquis et moi, dans les ruelles peintes de Valparaiso.

 

J’avais atterri un mois auparavant, et je ne m’habituais pas à la beauté de la ville. Je passais des heures à reproduire les lignes de fuite des cerros, ces fameuses collines colorées qui composaient la ville, et qui m’avaient fait rêver en carte postale.  

J’étais à l’affût du moindre détail. La ville et ses courbes irriguaient les premiers travaux que j’avais rendus pour mes cours d’architecture, et demeuraient des sources d’inspiration qui me semblaient inépuisables. Je me félicitais chaque jour de la chance qui m’avait envoyée là pour mon année de mobilité.

 

Pleine d’entrain, je dégringolai la rue, jusqu’à arriver jusqu’à un belvédère que j’adorais, et qui offrait un point de vue sublime sur le Pacifique.  

 

Depuis ce poste privilégié, je pouvais observer l’activité ronronnante du port, les caisses multicolores chargées sur les cargos, le ballet des grues, et je m’amusais à imaginer la destination des bateaux, en rêvant sur les consonances exotiques des autocollants collées sur les containers.  

 

La perspective sur la ville était unique elle aussi, j’avais la possibilité d’admirer certaines fresques murales qui sont normalement invisibles vues du sol. J’avais l’impression d’être un oiseau ; j’inspirais profondément l’air matinal, chargé d’embruns.

 

Je repris ma route, m’enfonçai dans les rues, et me dirigeai droit vers le Cerro Alegre, car j’y avais repéré la veille quelques tags dont je voulais prendre des esquisses.  

Mais je les avais vus de nuit, distraite par les bavardages de mes amis, et je n’étais pas sûre de les retrouver dans le dédale des venelles.  

 

C’était une petite aventure, dont je me délectais d’avance, car il se passait toujours quelque chose pendant mes excursions urbaines !  

 

Un jour, un vieux vendeur de glaces m’avait offert un milk-shake parce que j’avais dessiné son chien, à côté de lui. Une autre fois, c’était une petite s’étaient donné le mot pour se retrouver là avec un but : ne laisser aucun mur disponible nu. Cette fille qui s’était laissé dessiner, sur les marches devant son école. J’adorais ces séances imprévues.  

 

Et j’adorais les fresques qui recouvraient les murs : on aurait dit que tous les graffeurs du pays ville, ses habitants, sa musique et ses couleurs avaient le don de me donner immédiatement le sourire.

 

Je retrouvai sur une passerelle, qui permettait d’accéder à l’un des funiculaires vertigineux qui émaillaient le centre-ville. Me souvenant que l’un de nos professeurs nous avait donné comme thème de la prochaine maquette « la verticalité », je décidai de rester un peu à cet endroit et de piocher quelques idées. Les gens allaient, venaient, et se laissaient observer. Quelques mètres derrière moi, devant la façade d’un café, un graffeur maniait ses bombes de peinture. I

 

mpossible de déterminer ce qu’il allait dessiner. Je m’assis à même le sol, le dos contre la balustrade, et j’ouvris mon carnet. Je ne savais pas trop comment reproduire le mouvement du funiculaire, son vacillement si caractéristique, son hésitation entre la tentation de la gravité et la force inéluctable des poulies. Je jetai quelques lignes sur ma feuille, gommai, recommençai.  

 

Ça n’allait pas, je m’agitai, mécontente, et, pour me consoler, je revins en arrière pour regarder de nouveau le dessin de la petite fille. Je l’avais arraché du carnet pour le lui proposer, mais elle avait secoué timidement la tête. Je ne parlais pas encore bien espagnol, et je n’avais pas su comment lui dire que ce portrait n’appartenait qu’à elle. J’aimais bien ce dessin, je pensais à le reproduire en agrandissement.  

 

Soudain, alors j’étais perdue dans mes rêveries concernant cette petite fille, un coup de vent délogea la feuille volante, qui me passa sous le nez. Je me levai aussitôt et courut à sa poursuite.  

 

Le papier n’alla pas loin : il termina sa course coincé entre les bombes du graffeur que j’avais entraperçu quelques minutes auparavant. J’arrivais à sa hauteur, essoufflée, alors qu’il se penchait, surpris, vers mon dessin.

 

- Pardon, pardon, baragouinai-je en espagnol en essayant de lui reprendre mon œuvre des mains. Les siennes étaient toutes violettes et j’avais peu que cela fasse des traces sur le papier.

Il regardait alternativement mon visage et le dessin.

 

- Es tuyo ?

- Oui, oui, répétai-je bêtement. Donnez-le-moi s’il vous plaît.

Il me le tendit finalement en me gratifiant d’un clin d’œil connaisseur.

    Muy lindo, susurra-t-il.

 

Je piquai un fard et rebroussai chemin. Oubliant le but initial de ma promenade, je remontai en direction de chez moi. Tout au long du chemin, je ruminai : « très joli, très joli… de quoi se mêle-t-il… c’est sûr, je n’ai pas le droit de peindre sur les murs de Valparaiso moi... » J’étais convaincue que ce mec s’était moqué de moi. Dorénavant, j’allais éviter le coin. Je ne voulais plus le croiser.

 

- Raph ! Tu veux une empanada ?