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Petites histoires à déguster est un recueil de contes et nouvelles de Noël.. Installez-vous confortablement dans un fauteuil, dégustez un thé ou un café, ouvrez ce livre et laissez-vous surprendre et transporter dans un monde où l'étrange s'invite dans des récits pourtant proches de la réalité.
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Seitenzahl: 77
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Le Père Noël est déprimé
Magie de Noël
Le Noël de Jacky
Mado
Un mystérieux objet
Un Noël exceptionnel
Attrape le temps !
Une neige bienfaitrice
Lola et Max
Les Mésanges
Parole de sophrologue, je vais vous conter l’histoire qui m’est arrivée :
Un jour, un homme m’appela pour prendre rendez-vous. A entendre sa voix, il s’agissait d’un vieux monsieur. Il me sembla fort déprimé. Mon agenda étant bien noirci, je lui proposai un rendez-vous pour deux semaines plus tard. Entendant ses soupirs, ou plutôt ses grognements, au bout du combiné, je sentis bien que cela ne lui convenait point. D’une voix chevrotante, je craignis d’ailleurs qu’il n’éclata en sanglots, il me révéla ses tracas. Très vite je compris l’urgence de l’affaire et lui proposai de le recevoir après mon dernier rendez-vous le soir-même. Je m’apprêtai à lui expliquer où se trouvait mon cabinet, mais le monsieur savait déjà où je me situais, la maison juste à côté de la forêt.
En cette belle journée de début décembre, le soleil et la douceur des températures exceptionnelles surprirent tout un chacun. A 19 h. 30, mon dernier client parti, je sortis, en pull, observer le ciel noir parsemé d’une multitude d’étoiles qui scintillaient plus que d’ordinaire. Soudain, je fus surprise par l’humidité qui m’entourait. Des gouttelettes glissaient sur mes cheveux, mon visage, mon corps. Je sentis mes os se glacer et fus parcourue de frissons. Je réalisai qu’un épais brouillard enveloppait la maison. La porte de mon cabinet, que je pensais juste derrière moi était devenue invisible. Je tendis le bras... rien. Je me penchai davantage... rien. Je fis quelques pas... toujours rien. J’avoue que je commençais sérieusement à m’inquiéter. J’avais beau partir en tous sens, je ne retrouvai plus mon local professionnel, pire, ma maison avait disparu ! Une angoisse me serra la gorge. Je fermai les yeux et tentai de m’apaiser. L’effet fut instantané. Je sentis comme une douceur m’envelopper. En ouvrant les yeux, je compris que cet état était dû au changement des conditions climatiques. Le brouillard avait disparu, je me trouvais au beau milieu de la forêt. Un épais manteau blanc recouvrait le sol et les arbres. Des cristaux de givre brillaient de mille feux, illuminés par la seule présence de la lune et des étoiles dans la voûte céleste. Cette étrange situation aurait pu m’effrayer, mais au lieu de cela, je me sentis légère, et plutôt détendue. J’avançai sans trop savoir où me diriger, guidée par mon instinct, auquel je m’étais, je dois l’avouer, toujours fiée. J’écartai quelques branches, en secouant l’épaisse couche de neige qui les faisaient ployer et là, face à moi, s’offrait une clairière blanche, lumineuse, presque éblouissante. De petites cloches tintèrent et un traîneau tracté par des rennes, descendu de je ne sais où, se posa sur le manteau neigeux. A son bord, un vieux monsieur à la longue barbe blanche et vêtu de rouge tourna la tête dans ma direction. Je frottai mes yeux, me pinçai, non, je ne rêvais pas. Le bonhomme lâcha les rênes descendit avec quelques difficultés et s’approcha de moi, le dos voûté. Mes pulsations cardiaques s’accélèrent. Dès qu’il commença à me parler, je compris qu’il était l’homme de mon rendez-vous d’urgence. Il me pria de l’accompagner jusqu’à son véhicule écologique. Je m’exécutai sans broncher. Il m’expliqua qu’il préférait que nous nous rencontrions dans un endroit discret, ce que je compris et je le remerciai, car je me demandai qu’elle aurait été la réaction de mes voisins en découvrant mon client peu ordinaire et surtout le traîneau garé dans ma cour. Je n’eus pas le temps de faire trois respirations, que nous nous retrouvions installés au fond de confortables fauteuils, près d’une cheminée, dans un lieu douillet, une tasse de chocolat chaud entre les mains. Le vieil homme, vous aurez compris qu’il s’agissait du Père Noël, me révéla être las. Il était au courant de tout ce qui se passait dans le monde, les guerres, les atrocités, les dégâts faits à la planète, les riches toujours plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres. Les mensonges, les duperies, l’hypocrisie des hommes, la méchanceté, le rejet de l’autre. Il fondait ses espoirs sur les enfants, mais il craignait que ces bouts de choux ne soient contaminés par tout ce qui les entourait. Sa voix était monocorde, sa mine défaite, ses yeux humides. En parlant, il secouait la tête comme par dépit. Je compris qu’il était désabusé, mais surtout... le Père Noël était déprimé.
Imaginez alors ce que je pus ressentir à cet instant ! Je me demandai pourquoi ce personnage légendaire avait fait appel à ma petite personne, même si, je dois l’avouer, j’en fus flattée, mais surtout, je me dis qu’une lourde responsabilité pesait sur mes épaules. De cet entretien et des conseils que j’allais lui donner, dépendrait que des milliers d’enfants pourraient découvrir ou non des présents sous le sapin. Nous parlâmes alors des heures durant. Je lui fis part de ma façon de voir les choses. Depuis la naissance du monde, depuis que des hommes étaient sur Terre, malheureusement, les guerres, l’injustice existaient. Je comprenais son désarroi, sa lassitude, mais l’espoir et l’amour étant notre salut, nous ne devions pas baisser les bras. Les bambins l’aimaient, croyaient en lui, le monsieur au manteau rouge et à la barbe blanche. Il n’y avait qu’à voir les petites étoiles dans leurs yeux, leur merveilleux sourire en découvrant les cadeaux sous l’arbre de Noël. Le matin du 25 décembre, était sans doute le seul matin, où ils sautaient de bonne heure et excités dans leurs pantoufles aux pieds du lit. Certes, tous les enfants n’avaient pas cette chance. Il y avait des « oubliés ».
— Monsieur Noël, vous ne devez pas capituler ! Nous avons besoin de vous, l’humanité a besoin de vous !
Je lui proposai de lui faire une petite séance de sophrologie qui eut pour effet de l’assoupir quelques instants... ça ronfle fort un Père Noël ! Je dégustai mon chocolat qui avait refroidi. Il était délicieux. Le vieux monsieur ouvrit un œil, puis l’autre. Il me sourit. Son visage était serein, son regard lumineux. Il s’approcha de moi, me prit dans ses bras et me serra très fort. Il remit dans ma main un objet et referma mon poing. Impossible pour moi de dégager mes doigts pour voir ce dont il s’agissait. Vous ne pouvez imaginer ce que j’ai pu ressentir. C’est indescriptible ! Il faut le vivre au moins une fois dans sa vie. Il se leva, se dirigea vers un coin de la pièce. Un frisson d’horreur m’assaillit. Il monta sur une chaise au-dessus de laquelle était suspendue.... Une corde ! A mon grand soulagement, il la décrocha, la jeta dans le feu de la cheminée que les flammes léchèrent, puis dévorèrent. Alors, une fatigue m’envahit. A mon tour je me sentis lourde, mes yeux se fermèrent et je me sentis partir dans un profond sommeil. A mon réveil, je me trouvais dans mon cabinet, assise sur ma chaise. Je souris en pensant avoir fait un joli rêve. Je m’étirai en baillant et réalisai que mon poing était fermé. Je l’ouvris et avec stupeur découvrit un cœur en cristal avec gravé dessus ceci : Merci Isa.
La nuit était belle et le ciel constellé d’étoiles. La neige tombée en abondance depuis quelques jours donnait cette atmosphère ouatée et lumineuse qui réveille nos cœurs d’enfants. Devant la cheminée où crépitait un généreux feu, Margot, affalée dans son fauteuil en cuir, lisait, enveloppée d’un plaid douillet. Elle venait de se faire une tisane « Magie de Noël » achetée dans la journée sur le marché de Noël du village voisin. Divers stands proposaient des décorations, des pains d’épices, du vin chaud, des créations artisanales. L’ambiance était chaleureuse, les enfants se jetaient des boules de neige, des chorales chantaient un peu partout. Une vieille dame tenait un magnifique stand aux décorations et illuminations d’antan. Elle vendait divers thés et infusions dont les effluves épicés embaumaient les alentours. De nombreux badauds s’agglutinaient autour d’elle. Margot, attirée par l’attraction, s’était approchée, par curiosité. Puis,
