Pour quelques euros de plus - Pierrette Champon - E-Book

Pour quelques euros de plus E-Book

Pierrette Champon

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Beschreibung

L'erreur de livraison d'une lettre et de paquets au moment de Noël, un passant terrassé par une crise cardiaque, une sacoche pleine de billets récupérée par deux amis, les nouveaux voisins de Clémence et Mathis, un révolver à alarme, une chasse au trésor, etc. Voilà les ingrédients de ce nouveau roman qui vont tenir les lecteurs en haleine et les emporter dans une aventure rocambolesque et moralisante à la façon de Pierrette Champon.

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Seitenzahl: 152

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Table

Chapitre 1 - Un Noël exceptionnellement doux

Chapitre 2 - Les cadeaux de Noël

Chapitre 3 - Secrets de famille

Chapitre 4 - Le coup de feu

Chapitre 5 - La lettre des voisins

Chapitre 6 - L’invitation

Chapitre 7 - La chasse au trésor

Chapitre 8 - L’incident

Chapitre 9 - Des objets encombrants

Chapitre 10 - Résultat de la chasse au trésor

Chapitre 11- Le secret du garage

Chapitre 12 - Une semaine avant Noël

Chapitre 13 - Une affaire rondement menée

Chapitre 14 - La mauvaise surprise

Chapitre 15 - Mathis dans

Chapitre 16 - Mathis se pose des questions

Chapitre 17 – Revirement

Chapitre 18 - Le projet de Clémence

Chapitre 19 - Julian se dévoile

Chapitre 20 - Le partage

Chapitre 21 - Coup de théâtre

Chapitre 1

Un Noël exceptionnellement doux

Décidément, Noël 2021 ne ressemblait en rien aux autres et le 24 tombait un samedi. Depuis quelques jours, la température, anormalement douce, s’était montrée digne d’un mois de mai. Les plantes, abusées par la météo insolite, se croyaient au printemps et manifestaient des signes qui ne trompent pas. Les hortensias laissaient pointer des bourgeons aux extrémités de leurs tiges desséchées. Dans la pelouse reverdie, les violettes montraient leur tête curieuse. Les terrasses de café regorgeaient de monde et la plupart des consommateurs avaient revêtu de légères tenues. Sur les bancs, les personnes âgées profitaient du soleil pour réchauffer leurs membres décharnés. Les oiseaux, déboussolés, étaient en quête des matériaux nécessaires à la construction des nids. L’après-midi, le ciel d’un bleu pur invitait à la promenade et dans leur bureau les employés, impatients, attendaient le week-end pour partir en randonnée. Au cours des discutions, on évoquait le souvenir des fêtes de Noël d’antan où les gens marchaient péniblement dans la neige pour se rendre à la messe de minuit, frileusement recroquevillés sous leur capuche.

Le sapin traditionnel décoré de boules multicolores se dressait dans chaque salon. Des bribes de coton s’agrippaient aux branches pour figurer la neige, car un Noël sans neige n’était pas concevable, pourtant, cette année il faudrait s’en passer.

Au lieu de profiter de la douceur exceptionnelle, les pessimistes, les rabat-joie clamaient à qui voulaient les entendre « ce temps ne présage rien de bon, qu’est-ce que cela nous réserve ! Noël au balcon, Pâques aux tisons, les microbes ne seront pas tués et blablabla... »

Les congés s’annonçaient au mieux pour les enfants non seulement pour les cadeaux, mais aussi par les animations mises en place à la médiathèque qui avait prévu divers ateliers instructifs. De son côté, l’office de tourisme lançait une chasse au trésor sur le territoire communal. Les habitants étaient informés de l’événement par le règlement du jeu, le plan détaillé de la commune, le bulletin d’inscription déposés dans les boîtes à lettres. Chacun pouvait s’inscrire par téléphone ou par mail. Les enfants et les ados, émoustillés se préparaient au coup d’envoi des recherches, limitées par la date de la rentrée de janvier.

– Quelle est la nature du trésor ? interrogeaient-ils.

– Ce sera la surprise, répondait d’un air mystérieux l’hôtesse de l’office de tourisme, organisatrice de cette chasse au trésor.

– Dans ce cas, comment chercher et quoi chercher ?

– Quand vous trouverez un objet insolite, apportez-le-moi et vous saurez s’il s’agit du trésor le jour de la remise des prix.

– Ne pouvons-nous pas avoir quelques indices, demandaient les plus grands dans un sourire enjôleur.

– Non, pas d’indices, vous avez les vacances de Noël pour le trouver.

– Et si on ne le trouve pas ?

– Il n’y aura pas de récompense. Le trésor sera sorti de sa cachette et exposé sur mon comptoir avec le lieu précis où il se trouvait. Je vous souhaite bonne chasse !

Et personne ne put en savoir plus sur ce trésor intrigant.

Le samedi soir, Charles et Lucie sont invités par leurs amis Mathis et Clémence. Les deux couples se connaissent depuis longtemps et passent régulièrement la fête de Noël ensemble. C’est l’occasion d’une belle rencontre amicale avec les enfants qui fréquentent la même école primaire. Chaque couple, la trentaine, a deux enfants, un garçon et une fille qui s’entendent à merveille et qui se retrouvent chez les uns ou chez les autres le mercredi quand le centre de loisirs ne peut pas les accueillir. Mathis employé de banque à Albi, Clémence caissière au supermarché vivent confortablement dans leur belle maison.

Ils n’ont pas lésiné sur les décorations extérieures et mis à l’œuvre leur imagination pour faire de leur habitation la plus magnifique du quartier.

Les façades brillent de mille feux sous les guirlandes clignotantes qui font pâlir la lune de jalousie. Le chariot du père Noël stationne près de l’entrée, chargé de paquets multicolores factices et de deux autres fraîchement déposés au milieu de la journée par un transporteur. Les commandes se font de plus en plus souvent par Internet, la solution pratique pour éviter les courses fastidieuses dans les magasins et l’attente interminable à la caisse pour payer. Il suffit de choisir les cadeaux tranquillement assis dans son fauteuil face à l’ordinateur. Ils ne sont pas les seuls à opter pour cette solution au détriment du commerce local, car des paquets attendent aussi devant la porte des voisins.

Mathis et Clémence ne savent rien de cette famille arrivée depuis peu dans le quartier. Ils n’ont pas eu l’opportunité de les rencontrer n’ayant pas les mêmes horaires de travail. Clémence disait souvent à son époux : « il faudrait les inviter pour entretenir de bonnes relations », mais sans en trouver l’occasion.

Les voisins ont deux enfants, deux adolescents, Yann et Tom, inscrits au collège public. Mathilde est infirmière, Julian comptable au supermarché. Ils viennent de Rodez et les commères se demandent pourquoi ils ont choisi de vivre dans ce bourg et de quitter la ville et ses avantages pour cette région que l’absence de médecins voue à une mort certaine. Elles concluent en laissant planer le doute : cela semble louche.

Vers 17 heures, à la nuit tombée, le véhicule de Charles et Lucie s’arrête dans la cour spacieuse de leurs hôtes et ils en descendent, vêtus légèrement. Le bruit du moteur a alerté les occupants de la maison.

– Bonsoir, bonsoir, dit Clémence qui les accueille sur le pas de la porte, pimpante dans sa robe de mousseline noire à volants.

– Quelle élégance ! s’exclame Lucie en robe moulante grise, perchée sur des talons aiguilles. Tu ne diras pas « rentrez vite, ne prenez pas froid » avec cette température printanière.

– Dommage, pour les vêtements d’hiver et pour le beau manteau gris que Mathis m’a offert.

– L’hiver, ne fait que commencer, il nous réserve peut-être des surprises.

Après les bises traditionnelles en évitant de déposer du rouge à lèvres sur les joues des protagonistes, Charles propose :

– Pourquoi ne pas débuter la soirée par une promenade dans le village avant de rentrer, il fait si doux.

– Pourquoi pas ? J’appelle Mathis et j’enfile une petite laine, répond la maîtresse de maison.

Elle ressort rapidement suivie de son époux dans sa doudoune.

– Bonsoir, tout le monde ! Quelle bonne idée Charles, de proposer une sortie dans les rues, cela nous arrive si peu.

– Attendez, je change de chaussures dans la voiture et je mets ma veste, dit Lucie. Cette marche nous ouvrira l’appétit, car je suppose que tu as mis les petits plats dans les grands.

Les quatre enfants, excités par la proposition, les précèdent joyeusement.

Depuis le premier décembre, les employés municipaux se sont mis en quatre pour installer des guirlandes électriques nouvelles dans la rue principale. Les arceaux lumineux surplombent la rue à intervalles rapprochés si bien que les passants évoluent sous un tunnel de lumière. Devant la mairie et les commerces, des sapins se dressent, enjolivés de rubans rouges. Les façades, les vitrines sont artistiquement parées pour tenter de gagner le concours organisé par la Municipalité. La petite ville n’a jamais été aussi splendide pour les fêtes. Des faons, des biches, des traîneaux, des cerfs lumineux clignotent dès la nuit tombée. Adultes, enfants, résidents de l’EHPAD accompagnés par l’animatrice de l’établissement, sont béats d’admiration face au spectacle magique rehaussé par la diffusion de chants de Noël par la sono municipale.

– On n’a jamais vu autant de monde dans la rue, s’exclame, Mathis.

– Il faut dire que nous ne sortons guère le soir.

Les Aînés de l’EHPAD essuient furtivement une larme coulant sur leur joue en se remémorant les soirées de Noël de leur enfance. Par pudeur, ils n’oseront pas avouer aux petits-enfants, qui regorgent de jouets ce soir-là, que leur cadeau de Noël consistait au mieux en une orange et un sucre d’orge trouvés dans les chaussures le matin, au réveil.

Il fait doux sous le ciel étoilé de la nuit qui s’annonce sereine, une nuit de Noël que chacun espère de paix dans le monde. Ils croisent d’autres familles et s’arrêtent pour papoter.

– J’ai inscrit mes enfants au centre de loisirs pour les vacances.

– Moi, je leur ai proposé divers ateliers instructifs à la médiathèque.

– Les nôtres participeront à la chasse au trésor organisée par l’office de tourisme.

– Nous de mêmes, ajoute Clémence. Ce sera trop amusant de chercher avec eux.

Après vingt minutes à travers les rues, les voilà revenus émerveillés chez Clémence. Mais le spectacle n’est pas terminé.

En effet, Mathis a passé de longues heures, après son travail, à installer des rampes lumineuses sur les façades. Clémence s’est surpassée dans la déco intérieure.

– Waouh ! dit Lucie en entrant dans le salon où le sapin magnifique atteint presque le plafond. Regardez les enfants, la maison du père Noël peuplée d’une multitude d’ours blancs.

Ils sont muets d’admiration face à tant de splendeurs et la féerie de guirlandes clignotantes qui réjouit les enfants. La table, artistiquement dressée avec nappe pailletée d’or et couverts de circonstance, laisse prévoir un menu hors du commun.

– Allez jouer dehors les enfants pendant que nous prenons l’apéritif, on vous appellera pour passer à table.

– Chic alors !

Chapitre 2

Les cadeaux de Noël

Les voisins, Mathilde et Julian, arrivent à leur tour de Rodez où ils sont allés faire les dernières courses. C’est là-bas qu’ils demeuraient encore il y a presque un mois avant de venir s’installer dans ce bourg rural.

En descendant de la voiture, Yann, 14 ans, trébuche sur des paquets déposés devant la porte, invisibles dans l’obscurité.

– Le livreur s’est montré imprudent en les laissant à l’extérieur.

– S’il est passé dans l’après-midi, il ne pouvait pas faire autrement, ici il n’y a pas de voleurs.

– Qu’en sais-tu ?

– La preuve, les paquets sont là.

– Arrêtez de vous chamailler et rentrons dit Mathilde.

– Les paquets me semblent bien légers par rapport à leur contenu, ajoute Tom.

– Vous les ouvrirez après le repas, un peu de patience, dit Mathilde. Venez m’aider à la cuisine.

– Qu’as-tu préparé ?

– Un rougail, votre plat préféré. Ce matin, au petit marché du samedi où l’on trouve des produits du terroir frais, naturels sans conservateur, j’ai ramené les ingrédients : saucisse, tomates, ail, épices, huile d’olive, oignons. J’ai tout préparé au retour, il n’y a plus qu’à réchauffer et à se mettre à table.

Tom soulève le couvercle de la casserole d’où s’échappe une odeur qui ouvre l’appétit.

– Que ça sent bon ! Tu as prévu du riz pour l’accompagnement ?

– Bien sûr mes garçons, c’est fait et vous allez me dire des nouvelles de ce bon repas. Prenez l’apéritif avec votre père en m’attendant.

– Cela changera du menu du self du collège !

Julian, la quarantaine, grand, athlétique, cheveux châtain, yeux clairs, visage qui inspire la sympathie, a troqué sa veste et sa chemise de bureau pour une tenue décontractée. Il occupe le poste de comptable au supermarché en remplacement de l’ancien qui a pris sa retraite. Il est installé devant la télé avec Tom tandis que Yann sort les bouteilles du buffet, pastis, gin, bière, vin, eau minérale et jus de fruits. Les bûches qui flambent dans la cheminée confèrent une ambiance conviviale à cet intérieur meublé avec goût.

Il fait si doux à l’extérieur que les enfants des voisins profitent de l’autorisation accordée par les parents pour jouer bruyamment sur la terrasse en attendant d’aller ouvrir les cadeaux. Ils s’envoient et se renvoient des ballons multicolores qu’ils ont décrochés du chariot du père Noël plein de paquets factices pour la décoration. Cependant deux ont échappé au regard des parents qui ont posé les autres sous le sapin.

– Ils ne sont pas prêts à dormir, dit Tom en fermant les volets, il aurait presque envie de les rejoindre pour jouer avec eux.

– À table ! Je vous sers, dit Mathilde, ça va refroidir.

Ils prennent place dans la salle à manger meublée à l’ancienne d’un buffet bas en bois de chêne, sur les murs des tentures rappellent les tapisseries d’Aubusson avec leurs paysages verdoyants, des arbres magnifiques, des scènes pastorales apaisantes. Dans le fond de la pièce, quatre fauteuils en cuir marron entourent une table basse devant la télé. Le sapin majestueux se dresse dans un angle, avec sa guirlande électrique et ses boules rouges et or, à ses pieds, l’indispensable crèche et les santons sortis de leur boîte en carton une fois l’an.

Mathilde a organisé son emploi du temps de la semaine pour préparer la fête. La nappe blanche des grands jours est décorée d’un chemin de table réalisé avec des branches de houx, des pommes de pin, du lierre tandis que la flamme d’une petite bougie vacille devant chaque assiette.

Les voilà installés, les yeux brillants de gourmandise pour accueillir leur plat préféré que Mathilde apporte dans une lourde soupière à fleurs bleues d’où les senteurs appétissantes du rougail s’échappent.

Des exclamations fusent :

– Que ça sent bon ! Quel cordon bleu ! Tu nous as gâtés, maman !

– Bien sûr, ce n’est pas le repas conventionnel de Noël avec huîtres, foie gras, dinde, bûche et tout le tralala… dit-elle en s’asseyant.

– On s’en moque, dit Tom, le regard brillant de gourmandise.

Le repas succulent est vite englouti et il n’en reste pas une miette au fond de la soupière.

– Je vais voir dans la casserole, dit Tom qui se lève pour se diriger vers la cuisine.

Mathilde sourit et fait un clin d’œil à son mari :

– Son appétit est revenu !

On l’entend racler le fond du récipient avec la cuillère et il revient triomphant en disant :

– Tu n’auras pas besoin de la laver, elle est parfaitement propre et prête à resservir.

– Vous vous êtes régalés les garçons, cela me fait plaisir.

– Tu nous feras un autre rougail le soir de la Saint Sylvestre.

– C’est promis.

– Alors, allons ouvrir les paquets.

Il y en a deux, Mathilde a déjà reçu le sien, un aspirateur sans fil pour l’achat duquel chacun s’est cotisé. Julian ne désirait rien et se réservait pour une autre occasion.

Tom déchire brutalement le papier qui entoure une boîte en carton rectangulaire. Il la soupèse, elle lui paraît bien légère par rapport au contenu espéré. Il l’ouvre et aussitôt hurle de colère :

– Qui est-ce qui m’a joué cette farce ? dit-il en lançant à bout de bras une poupée aux cheveux blonds à travers la pièce.

– Si c’est toi, Yann ? Tu vas me le payer, viens ici si tu n’as pas peur. Où as-tu mis les baskets que j’attendais ?

Tom vient d’ouvrir aussi son paquet d’où il sort un ensemble de figurines des héros des temps modernes : Batman, Superman, Hulk, Captain America, Jack Sparrow, etc.

– C’est toi qui m’as offert ceci ? dit-il en jetant Hulk à la tête de son frère. Où est passé mon révolver alarme !

Les deux frères se sont levés et s’empoignent violemment. Ils roulent par terre au milieu des papiers froissés et des boîtes en carton.

– Arrêtez tous les deux, intervient le père qui s’efforce de les séparer. Que se passe-t-il ?

– Il se passe que Yann a subtilisé mon cadeau pour l’échanger contre une poupée.

– C’est faux, c’est Tom qui a mis des figurines dans mon paquet.

– Vous n’allez pas vous battre pour Noël, dit la mère en arrivant avec un torchon de vaisselle dans les mains. Levez-vous mauvais garnements et voyons calmement ce qui s’est passé au lieu de nous emporter. La colère n’est pas bonne conseillère.

Tom et Yann se radoucissent et mettent de l’ordre dans leurs vêtements.

– Assoyez-vous, dit le père avec sévérité et tirons les choses au clair. Reprenons par le début. Avez-vous vérifié le nom sur le paquet, c’était la première des choses à faire.

Les garçons, piteux, cherchent les morceaux de papier qui enveloppaient les boîtes. Yann le premier s’exclame :

– Ce n’est pas mon nom, mais « Durant », celui des voisins.

– Sur le mien aussi, ajoute Tom qui vient de vérifier à son tour.

– Le transporteur a dû se tromper dans sa distribution, ces cadeaux étaient destinés aux enfants des voisins. Il a confondu Durant et Dupont.

– Qu’allons-nous faire à présent ? La poupée et les figurines sont en miettes ! dit Mathilde sévèrement.

– Ne nous affolons pas, dit Julian. Ramassez papiers, cartons, jouets et brûlez-les dans la cheminée. Nous n’avons rien trouvé devant notre porte si on nous pose des questions. Effaçons les traces au cas où on perquisitionnerait chez nous. Dépêchez-vous avant que les voisins se rendent compte de l’erreur du transporteur.

– Dommage pour les petits qui seront privés de ces cadeaux.

– C’est de votre faute, vous n’aviez qu’à vérifier l’adresse avant de les ouvrir.

– Donc les nôtres ont atterri chez les voisins ! Et si on allait voir ? Dit Yann.

– Je ne vous le conseille pas, dit Julian, que direzvous s’ils réclament leurs paquets ?

– C’est vrai, il est trop tard !

Mathilde sort un sac poubelle plein devant la porte et revient avec une lettre.

– Tiens Julian, j’ai trouvé ça dans la boîte à lettres, c’est pour toi ?

Julian, vérifie l’adresse.

– Encore pour « Durant » ! Mettons-la au feu sans l’ouvrir, son contenu ne nous regarde pas.

– Et si c’était quelque chose d’important ?

– Comme quoi ?

– Je ne sais pas.

– Tu as raison, dit Julian, voyons de quoi il s’agit.

Chapitre 3

Secrets de famille

Tandis que cartons, papiers et jouets flambent bruyamment dans la cheminée, Julian prend l’enveloppe épaisse qui lui paraît bien lourde. Il la décachette soigneusement, sans la déchirer. Elle contient plusieurs feuilles format A4. Les trois autres, intrigués, debout derrière son fauteuil, penchent leur tête vers la sienne en tâchant de lire par-dessus son épaule.

– Vous êtes bien silencieux tout à coup, c’est la curiosité qui paralyse vos langues ?