Rebondir sur l'échec - Fred Colantonio - E-Book

Rebondir sur l'échec E-Book

Fred Colantonio

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Beschreibung

Comment se servir de l'échec pour le valoriser en compétences ?

Qui n'a jamais eu ce sentiment désagréable d'avoir foiré un projet, un examen ou un dossier ? Qui n'a jamais mis en doute ses propres capacités à réussir ? Qui n'a jamais fait l'expérience de l'échec ?

Au quotidien, nous sommes tous confrontés à l'adversité : entreprise, école, famille, l'échec frappe à toutes les portes et concerne tout le monde à un moment où l'autre de sa vie. Nous sommes si conditionnés à ne pas réussir que 60 à 70% d'entre nous doutent de la légitimité de ce qu'ils ont accompli dans leur vie.

De grands entrepreneurs ont été évincés des sociétés qu'ils avaient eux- mêmes créées (Elon Musk, James Dyson, Steve Jobs). Des projets scientifiques et initiatives techniques ont tourné à la débâcle, comme lorsque les navettes Challenger ou Columbia pilotées par la NASA ont explosé en vol.

Entreprise, école, famille : les personnes qui rebondissent tombent autant que les autres. Mais elles ont développé de meilleures facultés à absorber les chocs et à se relever. Grâce aux ingrédients de leur attitude, elles vont de l'avant, surmontent l'adversité… et réussissent souvent mieux que les autres.

Qu'est-ce qui permet à certains de se remettre en selle alors que d'autres restent à terre ? Où puiser la force d'adopter une attitude constructive dans les mauvaises passes ? Comment surmonter les échecs et nous relever de nos déconvenues ?

Fred Colantonio propose ici 2 grilles de lecture pour analyser l'échec. L'une est négative et nous tire vers le bas. L'autre nous aide à développer une attitude constructive face aux revers. Devinez laquelle il nous invite à adopter.

Découvrez les clés pour mieux accepter vos ratés et apprenez comment transformer vos revers en coups gagnants !

EXTRAIT

Pour que l’échec soit une opportunité de rebond, encore faut-il le percevoir comme tel. Or, trop souvent, il arrive que cette conception soit masquée de notre champ de conscience. Notre orgueil, notre désespoir ou encore notre lâcheté, nos croyances, notre éducation ou nos certitudes nous empêchent souvent de regarder l’échec pour ce qu’il est : une occasion d’apprendre.

Au lieu de chercher à l’éviter, nous gagnons à identifier les traces et séquelles de l’échec dans notre attitude au quotidien, à admettre qu’il fait partie de nos vies que nous le voulions ou non et à accepter de nous en servir comme levier de progression.

Il ne s’agit pas de le glorifier, mais de le normaliser, de le voir comme un élément désagréable qui fait pourtant partie intégrante, au même titre que les joies et malheurs, du chemin de vie de chacun d’entre nous.

Nous gagnons à oser nous confronter à l’échec pour mieux le reconnaître et l’apprivoiser afin de mieux nous connaître, faire mieux aujourd’hui qu’hier et repousser nos limites. C’est la condition pour créer la surprise et transformer nos revers en coups gagnants

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Fred parcourt le monde dans son approche de partage, de la l'écriture aux conférences qu'il propose cet homme infatigable, véritable globetrotteur n'a pas fini de vous surprendre mais surtout de vous inspirer ! Je ne peux que vous recommander de le lire mais surtout, si vous en avez la chance, de le rencontrer. Michel Godart, hrmeetup

À PROPOS DE L'AUTEUR

Fred Colantonio est criminologue de formation. Depuis 2005, il accompagne les entreprises et les entrepreneurs dans leurs défis liés à l’innovation, la transformation numérique et le développement humain dans le cadre professionnel. Fred intervient auprès des entreprises comme conseiller en stratégie. Il est aussi conférencier professionnel international et auteur multirécidiviste.

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Seitenzahl: 208

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Couverture

À propos de Fred Colantonio

Fred Colantonio est criminologue de formation. Depuis plus de dix ans, il aide les entreprises et les entrepreneurs à relever leurs défis en lien avec l’innovation, la transformation numérique et le développement humain dans le cadre professionnel.

Fred intervient comme conférencier professionnel international, conseiller d’entreprises et de décideurs, et auteur. Inspirant, passionné et pragmatique, Fred publie ici son 7e livre en 7 ans.

www.fredcolantonio.com

Éditions de L’attitude des Héros ®

Les livres de L’attitude des Héros ® vous aident à trouver des solutions concrètes pour mieux réussir votre vie professionnelle et personnelle.

www.lattitudedesheros.com

Edgar Grospiron FRANCE

Caroline Viau CANADA

Denis Baurain BELGIQUE

Laurent Minguet BELGIQUE

Pascal Meyer SUISSE

Florence Cabon FRANCE

Mary-Laure Lux BELGIQUE

Luc Poirier CANADA

Marie-Josée Bernard FRANCE

Blaze Bayley ROYAUME-UNI

Page de titre

- Je me demande ce qu’au fond je redoute le plus. Ne jamais les voir rentrer ou les voir rentrer et qu’ils constatent notre échec.

- Alors réussissons.

- Donc, reprenons cette quatrième itération. Appliquons-la à de nouveaux champs.

- Sauf votre respect, Professeur, nous avons essayé ça des centaines de fois.

- Il suffit que cela marche une fois, Murphy.

Dialogue entre le professeur John Brand (Michael Caine) et Murphy Cooper (Jessica Chastain), personnages du film Interstellar (Réalisé par Christopher Nollan,Warner Bros.,2014)

Remerciements

”Quand on prend des risques, on peut perdre. Quand on n’en prend pas, on perd toujours.

BACHAR KOUATLY

champion de France d’échecs en 1979 et premier grand-maître international français en 1989

Merci à toutes les personnes qui ont accepté de contribuer à ce livre par leur éclairage sur l’échec. Elles proviennent d’Angleterre, Belgique, France, Québec, Suisse. Elles sont entrepreneurs, sportifs, scientifiques et il y a même un musicien professionnel en la personne de Blaze Bayley (ex-chanteur du groupe Iron Maiden).

Toutes ont des trajectoires hors norme et ont dû, à leur niveau, gérer la relation à l’échec. Leur partage d’expérience enrichit ce livre et le rend collaboratif. C’est un privilège de les savoir à mes côtés.

Merci aussi aux personnes qui ont relu le contenu de l’ouvrage afin de le rendre plus clair, plus simple et plus précis.

Merci à vous, lectrice, lecteur, qui contribuez par votre intérêt à faire évoluer la perception de l’échec.

Merci aux échecs qui nous arrivent. Même s’ils ont un goût amer, ils nous font grandir.

Mea Culpa

”La vie est une affaire de plans B. Rien ne se déroule jamais comme prévu.

RICHARD BRANSON

fondateur de la marque Virgin

Tous les exemples et anecdotes de ce livre sont peut-être erronés ou amenés à être contredits par des découvertes ultérieures de la recherche ou de la science. Je n’ai pas de prétention à la vérité ni à l’exactitude. Je suis par contre animé de convictions que j’ai à cœur de partager et d’illustrer au mieux, avec le plus de précision possible tant dans mes analyses que dans mes sources d’information.

Par ailleurs, malgré mes efforts et les relectures de personnes compétentes et de confiance, ce livre contient certainement encore quelques coquilles. En ce sens, c’est une illustration de mon échec à écrire un livre parfait, dépourvu de failles. C’est bien ainsi : je préfère que ce livre soit publié en étant imparfait plutôt que de vouloir écrire le livre parfait – même si c’est tentant – et ne jamais aboutir.

Les erreurs identifiées seront corrigées en toute humilité dans les éditions ultérieures et réimpressions. Ce qui, somme toute, rend chaque tirage unique en son genre et offre déjà un aperçu concret de ce que peut signifier« rebondir sur l’échec. »

Édito de Guillaume Mulliez, Président de 60 000 rebonds

Lorsque Fred Colantonio m’a présenté son projet et la thématique de son livreRebondir sur l’échec pour mieux réussir,cela m’a fait réagir et m’a interpelé à travers mes propres rebonds : dépressions et divorces, mais aussi par l’association60 000 rebonds1que j’accompagne.

Mes échecs ont été autant d’expériences qui, au-delà des douleurs traversées, m’ont permis d’en tirer des enseignements et de grandir.

L’action de60 000 rebondsest une parfaite illustration de la thématique de ce livre.60 000 rebondsest un réseau d’associations en France dont la mission est d’accompagner des entrepreneurs qui ont liquidé leur entreprise, à rebondir vers un nouveau projet professionnel et de contribuer par leur témoignage à changer le regard de notre société sur l’échec.

Les entrepreneurs qui nous rejoignent ont subi un triple traumatisme : professionnel, personnel et souvent familial. Au-delà de l’échec professionnel et sa stigmatisation sociale, par un jeu de domino, l’entrepreneur subit des conséquences également sur le plan personnel : mise en jeu des cautions personnelles, de l’hypothèque sur le domicile, perte de tout revenu. Très fréquemment, le déni de l’entrepreneur face à ses difficultés, voire le mensonge, placent son conjoint devant une situation soudaine et brutale, qui s’ajoute aux difficultés financières. L’enchaînement et l’effet cumulatif de ces épreuves peuvent avoir des conséquences sur la santé de l’entrepreneur (dépression…) Bien entendu, cet entrepreneur perd tout amour propre, toute confiance en soi, et son rebond devient dans ces conditions extrêmement compliqué.

Il est essentiel qu’une solidarité se mette en œuvre tant pour l’accompagner dans le deuil de son échec, purger ses douleurs, que pour lui faire accepter sa part de responsabilité. Un coach professionnel intervient auprès de l’Entrepreneur en Rebonds (EER) dans ce processus. Une fois ce travail accompli, l’EER qui a retrouvé un chemin et un projet professionnel sera accompagné par un parrain qui apporte un regard externe, en le conseillant et en le stimulant si nécessaire. Des réunions mensuelles collectives avec l’organisation de groupes de co-développement permettent aussi aux EER de partager leurs projets et attentes, de retrouver la confiance et l’énergie nécessaires à relancer une dynamique de rebonds. L’ensemble de ce dispositif permet à des personnes en grande difficulté de redémarrer un nouveau projet professionnel, en ayant capitalisé sur l’expérience acquise de leurs échecs.

Ce livre contribue à accepter plus facilement nos échecs, à accélérer le rebond, et ainsi à développer les capacités entrepreneuriales de nos pays.

Guillaume MulliezPrésident de60000 rebonds

160 000 correpond au nombre d’entrepreneurs qui font faillite chaque année en France, NDLR. Voy. http://60000rebonds.com/

Préface d’Edgar Grospiron

Au cours de ma carrière, j’ai perdu plus de compétitions que j’en ai gagnées. Ai-je pour autant échoué ? Cela m’a-t-il empêché de réussir ? La réponse est simple : non. Car l’échec n’est pas une fin en soi… Alors qu’est-ce que l’échec ? J’aimerais vous faire part de mon expérience sur le sujet.

Tout d’abord, soyons clairs : je n’aime pas me retrouver en situation d’échec. C’est difficile à supporter et si j’avais le choix, je m’en passerais bien. Et pourtant, je vous dirais que sans les échecs que j’ai essuyés, je ne serais pas le même aujourd’hui. Laissez-moi vous raconter trois situations au cours desquelles j’y ai été confronté.

À l’âge de 14 ans, j’étais en échec scolaire. Je me suis retrouvé dans le bureau de la conseillère d’orientation du collège des Barattes2qui m’a dit :« Mais Grospiron, qu’est-ce qu’on va faire de vous ? »Je lui ai répondu que je n’étais pas intéressé par les études car je voulais faire du ski. Elle ne semblait pas vraiment convaincue et m’a rétorqué :« Vous devriez faire l’effort de passer votre BAC car il vous faudra bien un métier plus tard ! »Elle n’avait pas compris que pour moi, le ski était plus qu’un métier, c’était une vocation.

Un an après avoir remporté mon titre olympique, j’étais en échec sportif. Allongé sur un lit d’hôpital, je venais de me faire opérer au genou après une méchante chute à la réception d’un saut sur une piste bien verglacée en finale d’une Coupe du Monde aux États-Unis. Cet échec était d’autant plus difficile à accepter que je dominais ma discipline depuis plus de trois ans en ayant remporté tous les titres internationaux. Seul sur mon lit d’hôpital, j’ai réalisé que le rêve qui était le mien était devenu une réalité.

En 2010, je dirigeais le comité de candidature de la ville d’Annecy pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver en 2018 et je me suis retrouvé en échec professionnel. Je ne pouvais rêver plus excitant comme projet de ramener dans mon pays l’organisation des JO, mais nous n’étions pas favoris. Au bout de dix mois à ce poste, j’ai proposé une autre stratégie à mon conseil d’administration qu’il n’a pas validée. J’ai démissionné. Notre projet fût sévèrement sanctionné par le CIO.3 J’étais terriblement déçu, mais j’étais resté fidèle à mes convictions.

La connotation de l’échec dans notre société n’est jamais glorieuse. Que vous soyez étudiant, chef d’entreprise, sportif ou homme politique, que sais-je… l’échec est toujours perçu comme un camouflet pour celui qui le subit. Il a un goût d’absolu qui dérange. Comme si ceux qui étaient en échec une fois le seraient toute leur vie. Comme si ceux qui avaient connu l’échec une fois n’avaient pas droit à une seconde chance. Comme si ceux qui avaient connu l’échec une fois étaient des pestiférés. Sans doute parce que l’échec est entré dans le champ moral, tout comme le bien et le mal, le bon et le mauvais, l’échec n’a pas de demi-mesure. Il est entier.

Or, ce que j’ai vécu est tout autre. Il y avait, dans chacun de mes échecs, du bon et du moins bon. Il y avait, dans chacun de mes échecs, des choses à garder et des choses à faire progresser. Il y avait, dans chacun des trois échecs décrits plus haut, un trésor à préserver ; une passion pour le ski, un rêve d’être le meilleur du monde et une éthique personnelle. Alors, doit-on sacrifier ses passions, ses rêves et ses valeurs pour réussir ?

Vous voyez bien qu’il n’est pas possible de réussir sans ces ingrédients-là… Ceci m’amène finalement à distinguer le résultat de la réussite. Le résultat est tangible, il se matérialise par un score, bon ou moins bon, une médaille, un podium. Il ne représente qu’une évaluation de sa performance à l’instant T. Une étape. La réussite est tout autre.

Qu’est-ce qu’une vie réussie, une carrière réussie, une expérience réussie ? À chacun son interprétation. Elle n’est tangible que par la définition que vous lui donnez. Cela démontre que la réussite est un chemin dont les étapes sont marquées par des résultats à l’instant T. Dès lors, chaque résultat est un indicateur de notre progression. Il nous permet de nous situer sur le chemin de notre accomplissement personnel, professionnel… ce qui peut nous permettre de relativiser les méfaits de l’échec. Car si l’échec devient un indicateur de performance, alors l’échec est toujours un bien, à condition de l’accepter.

Accepter l’échec, certes ! Mais comment ? Tout d’abord, l’échec se relativise. Il y a dans l’expérience qui a conduit à l’échec de l’énergie, de l’intelligence et du temps qui a été investi et qui n’est pas vain. Il y a tout un tas d’enseignements à en tirer. Ensuite, l’échec permet d’apprendre. J’ai toujours considéré qu’il y avait échec lorsqu’une même erreur se répétait deux fois. Enfin, l’échec permet de repartir plus fort. Avec un niveau de conscience plus élevé et des outils mieux affûtés.

Pour mieux apprendre de ses échecs, pour mieux comprendre comment corriger le tir et pour repartir plus fort, le livre que vous avez entre les mains sera fort utile. Je remercie Fred pour l’honneur qu’il me témoigne en m’offrant cette préface.

Edgar Champion olympique de ski de bosseswww.grospiron.net

2Région d’Annecy en France, NDLR.

3Comité International Olympique, NDLR. Plus d’informations sur :www.olympic.org/le-cio-linstitution

À Livio, 9 ans, mon petit Héros.

Je te souhaite de continuer à regarder ce que tu entreprends avec tes grands yeux d’enfant curieux.

Avant-propos : comment faire de nos revers des coups gagnants ?

À l’occasion, nous faisons tous l’expérience de quelques ratés plus ou moins conscients : l’examen crucial que nous avons tardé à préparer, l’enjeu pour lequel nous n’étions pas tout à fait motivés, le rendez-vous important manqué. Il nous arrive d’admettre l’un ou l’autre sabotage que nous reconnaissons parfois après coup, assumant alors que nous n’étions pas pleinement engagés à réussir.

La plupart du temps, hormis l’un ou l’autre cas plus ou moins identifié – et sauf les configurations psychologiques voisines de la déviance –, aucun de nous ne recherche volontairement ces situations qui suscitent des émotions désagréables, telles que la tristesse, le dégoût ou la colère. C’est qu’on choisit rarement d’échouer de manière délibérée.

Quelque fois, il semble que la vie s’entête à nous mettre en difficulté. Elle nous fait trébucher, butter sur l’obstacle, tomber encore et encore. Dans ces moments de profond désespoir et d’immense désarroi, nous sommes tous pareils, peu importe notre origine et nos convictions. C’est qu’on apprécie rarement le goût amer de la défaite, de la perte ou de l’humiliation.

Pourtant, plus que n’importe quel courant politique ou idéologique, s’il y a un ressenti universel que tous les êtres humains partagent, c’est bien celui de l’échec lorsqu’il survient dans nos vies. Plus encore que l’amour, l’épreuve de l’adversité est peut-être l’état qui nous relie le plus aux autres, parce que nous sommes toutes et tous concernés un jour ou l’autre. Tout le monde fait, à son niveau, l’expérience de l’échec.

C’est cette sensation de vécu qui nous amène à la compassion lorsque nous disons à l’autre :« Je sais ce que ça fait, je suis passé par là. »Les émotions auxquelles les revers nous connectent et le sentiment d’impuissance que nous ressentons nous rapprochent d’inconnus frappés par le malheur et dont l’histoire soudainement nous touche.

L’échec, ou en tout cas la possibilité qu’il survienne – son éventualité –, est aussi la base sur laquelle repose l’industrie du divertissement, les événements sportifs et les grandes histoires de réussite. Les exemples utilisés dans ce livre et les éclairages des personnes qui ont accepté de partager leur expérience de la déconvenue forment un socle pour bâtir une autre perception de l’erreur et de la faute, parce que nous sommes convaincus que l’échec est une matière première, un terreau fertile pour pousser et grandir. À moins que nous n’en décidions autrement, l’échec est notre meilleur allié pour rebondir plus haut, plus loin, plus fort.

L’échec comme levier de réussite ? L’approche peut paraître décalée, voire provocante : elle peut choquer tant le sujet est encore tabou. Prenons le risque ensemble. Il nous paraît plus enrichissant d’aborder la thématique et soutenir la réflexion, quitte à susciter la désapprobation, plutôt que de la passer sous silence.

Pour que l’échec soit une opportunité de rebond, encore faut-il le percevoir comme tel. Or, trop souvent, il arrive que cette conception soit masquée de notre champ de conscience. Notre orgueil, notre désespoir ou encore notre lâcheté, nos croyances, notre éducation ou nos certitudes nous empêchent souvent de regarder l’échec pour ce qu’il est : une occasion d’apprendre.

Au lieu de chercher à l’éviter, nous gagnons à identifier les traces et séquelles de l’échec dans notre attitude au quotidien, à admettre qu’il fait partie de nos vies que nous le voulions ou non et à accepter de nous en servir comme levier de progression.

Il ne s’agit pas de le glorifier, mais de le normaliser, de le voir comme un élément désagréable qui fait pourtant partie intégrante, au même titre que les joies et malheurs, du chemin de vie de chacun d’entre nous.

Nous gagnons à oser nous confronter à l’échec pour mieux le reconnaître et l’apprivoiser afin de mieux nous connaître, faire mieux aujourd’hui qu’hier et repousser nos limites. C’est la condition pour créer la surprise et transformer nos revers en coups gagnants.

PREMIÈRE PARTIEL’échec à la loupe

Thriller : mon premier échec

Mon enfance s’inscrit dans le contexte particulier des années 1980. Cette période est marquée par l’avènement de la musique sous toutes ses formes. Du top 50 au clip vidéo, de la radio à MTV, la culture musicale est en plein boom.Àl’époque, Michael Jackson marque l’histoire avec son albumThriller. La chanson du même nom donne lieu à un clip vidéo de près de 14 minutes précurseur, avant-gardiste, extraterrestre. C’est du jamais-vu.

De la transformation du chanteur en loup-garou à l’encerclement de sa compagne par les morts-vivants en passant par la danse mythique de Michael Jackson,Thrilleroffre autant de facettes effrayantes que fascinantes. La réalisation de John Landis est magistrale et la bande son, mixée spécifiquement pour les besoins de l’histoire, grandiose.

La chanson et le clip marquent une génération à l’échelle planétaire.1Aujourd’hui encore,Thrillerest considéré comme l’un des meilleurs clips vidéos de tous les temps.

J’ai 12 ans quand mon école annonce l’organisation, pour la première fois, d’un concours deplayback(lip syncdit-on au Québec).2Au départ, je ne me sens pas vraiment concerné par cette grande soirée.Àla récré, avec les copains, on chanteThrilleret on parle des zombies du clip, en même temps qu’on joue aux billes et au ballon.

Je ne sais plus trop précisément d’où, ni de qui, est venue cette idée un peu folle, mais je me rappelle très bien de la proposition :« Et si on faisaitThrillerà la soirée playback ? »Nous embarquons à 7 dans l’aventure :6 filles de ma classe et moi. Je vous laisse imaginer qui fera Michael Jackson sur scène.

Je me souviens des répétitions pendant les récréations, ensemble chez les parents en dehors des heures scolaires et chacun chez soi aussi, pour apprendre la chorégraphie que nous avions mis des heures à mettre au point.

Le fameux soir, tout est là : nous avons répété, nous avons des costumes faits de vieux vêtements préparés par nos mamans pour l’occasion et même des accessoires – des boîtes en carton peintes avec l’aide de nos papas pour reproduire les tombes du clip. Vingt ans avant la sérieThe Walking Dead, nous voilà prêts à jouer les morts-vivants devant 200 personnes de l’école et du village.

Nous sommes montés sur scène avec la naïveté et l’aplomb des enfants que nous étions. Nous avons exécuté notre chorégraphie aussi bien qu’aux répétitions. Nous avons créé l’événement avec nos costumes et accessoires.Notre préparation et notre niveau de coordination a surpris tout le monde. Surtout, nous nous sommes amusés sur la scène. Nous avons vécu un moment intense d’excitation et d’adrénaline.

Nous avions travaillé fort et nous avons donné tout ce que nous pouvions lors de la prestation. Les réactions du public et les applaudissements ont été à la hauteur de notre engagement dans cet effort de plusieurs semaines. Les félicitations des personnes présentes ce soir-là et les regards émerveillés à notre sortie de scène nous confirment que nous avons frappé fort.

Nous avions entamé la « compétition » avec l’esprit d’enfants qui voulaient passer un bon moment. L’ambition a pris de l’ampleur au fur et à mesure de notre investissement dans notre préparation. L’envie de gagner est devenue tangible après notre passage et les retours enthousiastes du public.

Après avoir proclamé les groupes qui occupent la troisième puis la deuxième marche du podium, il ne reste plus que le nom du groupe vainqueur à révéler. Alors que tout le monde croyait en nos chances et nous voyait victorieux – y compris nous-mêmes vu l’accueil reçu –, nous n’avons pas gagné le concours.

« Ils ont surpris tout le monde. Ils auraient dû gagner. Malheureusement, le chanteur n’a pas chanté, »annonce le présentateur de la soirée. À ce moment-là, tout s’écroule : j’ai empêché mon équipe de triompher parce que je n’ai pas articulé les lèvres pour faire semblant de chanter. De toute la chorégraphie et des 6 minutes passées sur scène, je n’ai pas ouvert une seule fois la bouche.

J’étais concentré sur les gestes et les pas de danse à effectuer pour offrir la meilleure prestation possible au public, au jury et à mes camarades sur scène. J’en ai oublié les bases : un chanteur doit chanter, même s’il s’agit d’une illusion dans le cadre d’unplayback. Je n’y ai pas pensé.

Dès cet instant, l’enfant de 12 ans que je suis n’entend plus rien. Le monde, mon monde, s’arrête. Je vois ce qui se passe, mais je distingue mal ce qui se dit.« Le chanteur n’a pas chanté. »La phrase est répétée. Je comprends que cette victoire que nous touchions du bout des doigts nous a échappé. Définitivement. Le chanteur qui n’a pas chanté, c’est moi.

En une fraction de seconde, je passe de héros à zéro. Sonné, KO debout, j’entends la tendre voix de ma maman dire :« On va s’isoler, parce que je crois qu’une larme doit couler. »Je refuse de m’effondrer en public, j’ai déjà été assez humilié. Je fondrai en larmes à peine franchi le pas de la porte de la maison, assis sur les marches d’escalier menant à ma chambre, la tête dans les mains, pendant de longues minutes.

Il ne s’agit peut-être pas du premier revers que j’ai rencontré dans ma vie, mais c’est en tout cas celui dont j’ai le souvenir à la fois le plus marquant et le plus éloigné dans le temps. Jusqu’à aujourd’hui, je n’en avais jamais reparlé à personne.

Il y a des événements bien plus dramatiques et la vie nous a permis à tous de survivre à cette soirée. Cependant, je garde de cette expérience un souvenir amer. En écrivant ces lignes, je prends aussi conscience que cet échec d’enfant a conditionné une partie de ma vie adolescente et adulte : passionné de guitare, j’ai créé et joué dans deux groupes durant une dizaine d’années.3Durant tout ce temps, soit j’ai refusé d’endosser la place de chanteur (alors que j’écrivais la musique et les textes), soit j’ai occupé ce poste clé sans vraiment l’incarner – en tout cas sans assumer le rôle de leader qu’il implique.

Je ne dis pas que nous aurions fait une grande carrière. Mais je me rends compte que, malgré nos envies et aspirations, j’ai placé ma propre limite avant même de monter sur scène. Ma barrière personnelle a été conditionnée par le souvenir enfoui que« le chanteur n’a pas chanté. »

Personne n’aime échouer

Qui est heureux à l’idée d’être coupé en plein élan ? Qui se réjouit de trébucher ? Dans la grande majorité des individus normalement constitués, personne. Personne ne se lève le matin en se disant :super, ça va être compliqué. Personne n’aime être confronté à l’échec.

Pourtant, l’être humain éprouve une certaine fascination à côtoyer le sujet et à s’en inspirer. Combien de fois sommes-nous plongés dans une histoire qui s’appuie sur la difficulté du héros à surmonter l’adversité et faire face aux obstacles ? La traversée des épreuves qui permet au personnage principal d’une histoire de se révéler et de se dépasser est à la base de bien des succès littéraires et cinématographiques. C’est peut-être même ce qui définit en premier l’attrait que nous portons à un récit.

INSPIREZ-VOUS

Lorsqu’unloserdes quartiers populaires de Philadelphie est choisi pour défier le champion du monde, catégorie poids lourds, l’histoire de Rocky Balboa résonne et devient un succès international. Sylvester Stallone incarne ce boxeur amateur qui va saisir sa chance et faire de cette opportunité l’odyssée d’une vie.

Cette saga de David contre Goliath, qui s’étire sur plusieurs épisodes et 30 ans de l’histoire du cinéma, nous emmène dans la lutte d’un individu face aux autres – son adversaire, son entourage, ses détracteurs – et surtout face à lui-même.

La recette du succès de Rocky, c’est le récit des nombreux combats qu’un être humain ordinaire peut mener au long d’une vie et qui dépassent le cadre d’un ring de boxe : s’entraîner pour atteindre un objectif ambitieux, échouer, se remettre en selle, toucher du doigt la victoire et perdre malgré tout, vouloir jeter l’éponge et tout abandonner, se relever, perdre un être cher, se remettre en question, réussir : c’est la lutte pour vivre et s’accomplir qui est racontée dans cette scénarisation d’une existence somme toute banale. Les épreuves auxquelles ce héros populaire fait face sont celles de chacun denous au quotidien.

Les films de super-héros qui ont la cote depuis plusieurs années reposent sur la même logique. DesX-MenauxAvengers, en passant parStar Wars,Hunger GamesouDivergent, il est toujours question d’une lutte personnelle qui, si elle n’est pas menée à terme, conduit à l’échec. Défaite, emprisonnement, mort sont les conséquences que la fiction nous renvoie d’une quête ratée. À l’inverse, la traversée des difficultés, la survie aux épreuves et la lumière au bout du tunnel sont les éléments-clés qui transforment l’individu ordinaire en héros.

L’épopée et la détermination courageuse à continuer là où d’autres pourraient s’arrêter nous attirent. La situation compromise, l’inconnue du déroulement et l’issue incertaine nous tiennent en haleine, même quand nous entrevoyons déjà le dénouement.

Toute catégorie confondue, et sans rien enlever au mérite du vainqueur, les grands moments de sport sont rarement les victoires attendues et écrasantes. Souvent, ce sont plutôt les parties âprement disputées et les matchs serrés, les moments où les pronostics sont déjoués – comme quand un concurrentqui n’avait aucune chance