Rhaaacontes - Gom'z - E-Book

Rhaaacontes E-Book

Gom'z

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Beschreibung

Un royaume, un prince et une princesse, deux chevaux. Un champ, en sortant de la cour du château, juste en face. Un village d'allumés à proximité. Un décors idyllique enchâssé dans un écrin de verdure, une immense forêt mystérieuse truffée de bestioles toutes plus déjantées les unes que les autres. Les cieux, étoilés bien sûr et avec parfois un météorite où deux. La mélodie de cette contrée de légende chante les aventures exceptionnelles et les combats mythiques, sur une partition magique dont est friand le couple princier. Empruntant son plus beau sourire, il vous invite à partager cette danse de rêves aux éphémères parfums de dérisoire. 10 nouvelles / réflexion sur notre contemporain abordé par l'absurde et le gore.

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Veröffentlichungsjahr: 2017

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Du même auteur

(Chez Bibliographie puis via BoD)

- Rhaaaa… CONTES! (tome I)

Paru tout d’abord sous le titre Espèce de… CONTES! - 2014

- Rhaaaa… CONTES! (tome II) - 2015

- Rhaaaa… CONTES! (tome III) - 2017

(textes / Illustrations : http://www.gom-z.net/)

Aux amoureux de bouffées «d’absurb» !

- - - - - - - - -

À Anaïs, départ de cette aventure (la geste du pied) et qui contribua aux fous rires partagés !

Préliminaires

- - - - - - - - -

Un royaume, un prince et une princesse, deux chevaux.

Un champ, en sortant de la cour du château, juste en face.

Un village d’allumés à proximité.

Un décors idyllique enchâssé dans un écrin de verdure, une immense forêt mystérieuse truffée de bestioles toutes plus déjantées les unes que les autres.

Les cieux, étoilés bien sûr et avec parfois un météorite ou deux.

La mélodie de cette contrée de légende chante les aventures exceptionnelles et les combats mythiques, sur une partition magique dont est friand le couple princier.

Empruntant son plus beau sourire, il vous invite à partager cette danse de rêves aux éphémères parfums de dérisoire.

ADN

- - - - - - - - -

Champ

- De la terre qui rit à force d’être chatouillée par le paysan.

- De la gadoue (beaucoup), jeu favori du prince et de la princesse en ce moment.

Château

- Prince

- Princesse

- Rathur (ancêtre décédé)

Dans l’écurie

- Baie

- Zeph

Cieux

- Père Noël (Météor)

- Blister et Plot (Un couple d’extraterrestres / céphalo-gastéropodes) -

Une multitude d’univers habités (virtuels, frappadingues…)

Village

- Familles de Paysans

- Charlatan (Médecin, sorcier, devin et surtout grand fabulateur)

- Une infirmière, cumulant plusieurs postes, femme de ménage, secrétaire…

Forêt (ça pullule)

- Coin à trucs (coin secret très prisé par la princesse)

- Trucs (mi fraise- mi machin mais bien rouge)

- Une armoire fermée à clef

- Vampluspire

- Loupgraou

- Troll (Fufute que tout le monde appelle Tutute)

- Un Petit chaperon rouge, mineure killer

- Ogre (Gore)

La Fontaine (cascade de la Dulac)

Un ermitage (Son ermite excessivement injoignable et le squatteur)

Le haut-plateau (caverne du gardien Nakunoeil)

Le désert de pierraille (Dronga et ses deux lance-flammes volant)

Un office de tourisme «à la Suisse» et ses deux standardistes «enchocolatées»

Un lieu de paris clandestins

- Merlin (un peu partout à la fois et à toutes les époques) et ses stagiaires.

- Un robot

- Un inspecteur, un huissier, des fan, ptérodactyles divers, l’armée…

Et tous les autres.

TABLE DES MATIÈRES

............................................

LE PIQUE-NIQUE

LA

(drôle)

DE GESTE DU PIED

DOUCE NUIT

(part 1)

RÊVES DE SONGES

LE CANARD À LA CRÉMAILLÈRE

DÉPRIMÉ

COMPRIMÉS

SUPPRIMÉS

RÉPRIMÉS

OPPRIMÉS

LE PIQUE-NIQUE

- - - - - - - - -

De ces temps immémoriaux dont évidemment personne ne se souvient clairement par simple manque de stockage de mémoire de masse, surgissent parfois quelques rumeurs intemporelles. Il en est ainsi de cette contrée mystérieuse où vivaient en paix, harmonie et plénitude, un prince et sa toujours blonde princesse.

L’époque incertaine quoique reculée se résume ici surtout à un soir. Mais pas un soir comme les autres bien sûr, ben non, un soir lissé des parfums voluptueux de romantisme et, livré avec, une éclaboussante pleine lune limitant pile poil dans son halo lumineux les frontières de ce pays.

En tous les cas ce soir là en jetait un max et surtout vu de la tour du château. C’est par fusion instinctive du regard que le prince et la princesse prirent cette décision commune :

- Pique-nique !

(Ensemble rajouta mentalement la princesse)

- - - - - - - - -

Le prince comme à l’accoutumée demanda à sa belle :

- N’est-il point tard pour pique-niquer au fond des bois, ma jouvencelle ?

Et il s’en alla seller son cheval sans plus attendre.

- Me voici mon sir youhouuu, s’écria-t-elle au comble de l’excitation dans les oreilles de son homme, qui depuis une bonne heure déjà, ronflait comme un bienheureux sur son canasson la torche à la main.

Ni une ni deux, Zeph, le célèbre et fidèle destrier, rendu lui aussi à moitié sourd par le cri joyeux et spontané de la donzelle, s’enfuit au triple galop, emportant avec lui son cavalier dans les tréfonds de la forêt.

- Zeph, mon prince, reviens ici couché… Heu non pardon, mon prince revenez, s’époumona-t-elle, vous partez sans le panier de collation et la tarte aux trucs là enfin les trucs des bois, je crois.

- Ah ben non alors, râla-t-elle, à chaque fois c’est pareil, c’est moi qui m’y colle. Reveneeeez !

Nulle réponse et pour cause. Rendus sourds tous les deux, le cavalier et son cheval ne s’entendaient plus à défaut d’entendre tout court. De plus le prince réveillé en sursaut, les cheveux dans le vent, ayant lâché sa torche se demandait s’il n’était pas soudainement devenu aveugle. Emmené à toute berzingue par sa monture folle, il braillait à tue-tête :

- Mais fermez la lourde !

Sa mie, d’ordinaire gaie, enfourcha cette fois-ci d’un air boudeur Baie sa jument de course, du samedi matin, encore à moitié stone de surprise par tout ce charivari. Et hue dia ! Elle connaissait le chemin.

Et c’est alors que tout soudain (et «à coup» aussi) un énorme grognement caverneux et inhumain ralentit tout le paysage, syncopant la course des cavaliers. Cela provenait de l’endroit vers lequel se dirigeait le prince. Mais jamais le prince ne s’était aventuré aussi loin de sa vie ? Il n’avait été question que d’un pique nique, il ne pouvait donc s’agir d’une énième quête de dragon inopinée. Jamais non plus le prince n’avait poussé des cris aussi affreux et sauvages. Jamais jamais jamais ! non !

Elle se savait capable de barjoter la nuit des temps s’il le fallait mais elle connaissait bien son homme. Si le repas n’était pas prêt dans l’heure celui-ci devenait tout bougon, et rétrécissait en lui-même. Cela lui donnait l’impression que de faim il se dévorait, le premier symptôme étant l’affaissement du front sur le nez. Si cela ne lui avait pas donné un air rigolo, vous imaginez un peu l’angoisse. Donc pas de place pour le délire et go, go, go !

- Ho ? fit-elle en retrouvant à la lueur de sa torche une chausse sur le chemin. Mais oui ! C’est bien celle du prince*.

Et :

- Ho sa torche ici !

Et plus loin sur le parcours :

- Ho ? Sa couronne dont il ne se sépare jamais, là, dans les buissons ?!

Et :

- Ho ?! Mais où est donc passé le chemin ?

Le hurlement à décoller la peau des os, reprit une seconde fois, immense, et se prolongea cette fois-ci bien plus longtemps, en fait pratiquement jusque là d’ailleurs, et s’arrêta. Bon.

- Ouf, se dit-elle, sans cet horrible grognement j’aurais été complètement perdue. C’est par ici je le sens.

Oh, une autre le sentait bien aussi, c’était Baie et celle-ci refusait donc de bouger. La bougresse ne se démonta pas, fit faire demi-tour à sa jument et remonta dessus à l’envers. C’est ainsi qu’elle avança «à reculons» poursuivant son chemin. Le tandem incongru continua à s’enfoncer à rebours plus profondément dans ces bois obscurs où même la lune n’osait plus s’aventurer.

GROUMPH

- ?

GROUMPH

Nul ne bougeait ni ne respirait plus. Il n’allait pas falloir que cela dure trop longtemps.

GROUMPHHHHH

Statufiée, la princesse tendit cependant l’oreille.

Le son d’outre-tombe semblait provenir juste de sous ses pieds. Bien que désireuse de plonger son regard vers le sol, elle n’en jeta pas moins un oeil aux alentours en quête d’un lit sous lequel se planquer. Hélas point de baldaquin en vue, ni même la moindre armoire (voir «La drôle de geste»).

GROUMPH

Elle se décida donc et baissa les yeux.

- Oh ben ça alors mon priiiiince, s’écria-t-elle en se jetant à son cou toute rancoeur oubliée.

GROUMPHHEUUUUUU

- Oh mon prince quelle joie de vous revoir, figurez-vous que… Mais, mais pourquoi parlez-vous la bouche fermée ?

- FSSST (bruit de la bouche se déventousant), pourriez-vous dire à votre jument que vous montez de toute évidence à l’envers, d’aller stationner ailleurs que sur moi-même ?

- Oh mince, mon prince, ne me dites pas que c’est sur votre pied qu…

- Noooon c’est ma main et une partie de mon ventre qu’elle piétine allègrement et il ne…

Le reste de la phrase n’était plus audible.

- Que dites-vous ?

- Surtout, murmura-t-il, surtout nous ne devons faire aucun bruit. Une étrange créature rôde dans ces parages, une bestiole peu réjouissante et qui a effrayé Zeph…

- Encore ???

- Voui encore, dit-il d’un air las, au second hurlement que vous avez aussi certainement entendu, je me suis retrouvé les quatre fers en l’air ici même, sous votre jument et si vous pouviez véritablement l’enlever de sur ma main…

- Vous vous retrouvâtes sous Baie ? Mais comment est-ce possible nous venons à peine d’arriver ? Ah mais suis-je bête…

Et elle flanqua un magistral coup de pied au cul de la jument qui disparut aussi sec dans le noir.

- Tiens, dit le prince, c’est marrant mais Zeph est aussi parti par là. Peut-être ferions nous bien d’en faire autant ?! Il commence à se faire tard ne trouvez-vous pas ma mie ? Ma mie ? Où vous cachez-vous ? Ma mie ?

Seul le grésillement de la torche maintenant éteinte lui répondit.

- Pourriez-vous rallumer ma chère ?

- Mon, monmon prince ?

- Voui ma mie ?

- Je, je… je crains que quelqu’un ne soit en train de baver sur ma torche, ce quelqu’un devant moi, là.

Le prince se retourna et aperçut à la faible lueur de la lune, en total contre-jour qui plus est, la scène horrible de sa princesse tremblotante et humidifiée de haut en bas face à une hideuse créature poilue, haute comme trois montagnes, pas des montagnes d’ici ceci dit, car là on est en pleine forêt plate. Plate de chez plate comme on en fait plus. N’empêche ça en fiche un coup.

- La bestiole, souffla le prince blême et aussitôt un rugissement à vriller les esgourdes lui répondit.

- Mon prince ? Je n’ai pas entendu ce que vous avez dit et de surcroît je vous signale que je n’ai pris avec moi aucun linge de rechange. Aucun !

- Oui mille pardons ma princesse, inutile désormais de parler à voix basse.

Et s’adressant au monstre :

- Hola bestiole, êtes-vous quelqu’un ?

D’une chiquenaude, la créature se débarrassa de la princesse qui virevolta dans un sifflement au travers des arbres pour se finir dans les buissons, le pif dans son panier de pique nique. Puis le monstre s’en vint gentiment baver sur la tête du prince. Une haleine à flétrir tous les champs OGM1 des environs submergea celui-ci, odeur qui lui semblait vaguement familière sans pour autant arriver à se rappeler à quoi elle lui faisait penser.

Une fois le prince sniffé scanné et épouillé, la créature pourrie déclara d’une voix rocailleuse:

- D’après mon contrôle vous n’êtes pas la personne que je recherche. Pas du tout. Ma cible est mince, élancée avec une peau légèrement bleutée, ceinte d’une cape, à moins qu’il ne s’agisse d’ailes. Féminine à souhait, un sourire aiguisé, des bottines en cuir et un tas d’autres gadgets en latex. Je ne peux pas la piffer. Ne l’auriez-vous pas croisée des fois ?

- Heuuu nonnonon je, je, je crois que je m’en rappellerai… Mais qui êtes-vous donc ? Bafouilla le prince.

- Reureureu, ricana d’un air suffisant la bestiole, comme vous avez pu l’entendre je pense, je suis un loupgraou, seigneur de ces contrées, gentils petits trognons.

Sur ce il poussa un nouveau grognement.

La princesse que la gamelle avait mise de forte mauvaise humeur rétorqua en défroissant sa robe :

- Franchement, vous me faites plus penser à loup qu’à Graou, et à mon avis bien lavé, parfumé et bichonné, vous feriez un chouette de doudou style grosloup.

- Heuuu… Ma mie… gesticula le prince.

- Rarara votre petite dame est amusante, et si je n’avais un sens de l’humour aussi développé, il y a belle lurette que je l’aurai boulottée. Ce qui ne saurait tarder de toute manière, cette chasse au volatile m’ayant mis en appétit. Je n’ai pu depuis hier me mettre sous la dent qu’un troll maigrichon, deux costard-cravates en goguette et pour tout dessert, une religieuse squelettique, avouez que cela fait mince, rocailla-t-il.

- Bon, décidément nous ne sommes pas faits pour nous entendre, déclara le prince, je ne comprends que pouic à votre baratin. Mais à vous écouter il me semble que dans ce pays les temps sont durs. Ma mie, auriez-vous par hasard le nécessaire à pique-nique, cette chevauchée hurlante m’ayant ouvert l’appétit ? Que diriez-vous monsieur Gralou…

- Graou… loupgraou !

- Heu oui pardon, que diriez-vous monsieur loupgraou de partager notre dîner ? s’excusa le prince.

- Volontiers, c’est avec grand plaisir que je me joins à vous, siffla une voix fluette au-dessus de leur tête.

- Oh, s’écria la princesse en levant les yeux et ce fut tout.

- N’est-ce point là la personne que vous recherchiez monsieur loupgraou ? demanda le prince.

- Si fait. Enfin ! Depuis combien de temps nous espionnez-vous sinistre volaille ?

- Depuis que vous-même y êtes, il m’a suffi de suivre vos traces pestilentielles alors que vous-même suiviez celles que je laissais en étant juste derrière vous. Tourner en rond vous va si bien, hihihi.

- Dites-moi donc espèce de gallinacé ampoulé, ce qui peut désormais m’empêcher de vous dévorer dans l’instant ?

- Dois-je vous rappeler l’invitation à pique-niquer… minauda la chose ailée …proposée par ces mets futurs que sont nos deux tourtereaux.

- Heu… premier arrivé premier servi et je ne suis pas d’humeur partageuse ! bougonna le loupgraou en lorgnant la princesse.

- Mais faites donc un effort pour une fois et profitez de cette mise en bouche qui nous est offerte, dit d’une voix mielleuse et gourmande la créature en bas résille.

Et elle voleta vers le pique-nique que finissait d’installer la princesse.

- Mon prince, si vous ne cessez de zieuter cette grue en cuir avec vos yeux de merlans frits dans la minute, je vous balance une mornifle dont vous vous souviendrez! Venez m’aider !

Le prince stupéfait par ce langage de charretier, ne reconnaissait plus sa princesse, ni personne d’ailleurs, ni où ni quoi non plus.

Et c’est tout éperdu qu’il annonça :

- Mais mais vous n’avez pas le droit ?!

- Ah ! rétorquèrent-ils tous.

- Ben non !

«Reureureu» et «hihihi» s’esclaffèrent-ils avec la princesse. Le fou rire terminé, celle-ci accrochée à sa bienséance qu’elle venait de retrouver demanda :

- Comment vous appelle-t-on déjà ?

- Je ne vous l’ai pas dit, je suis une vampluspire, froufrouta-t-elle.

- Oh ?

- Et y a pas pire comme saleté ! tonna loupgraou.

- En parlant de saleté…

La princesse les interrompit.

- Ne recommencez pas à vous chamailler, j’ai ce qu’il vous faut, regardez c’est une tarte aux… Et mince mon prince aidez-moi, une tarte, vous savez aux trucs des bois, c’est rouge et très sucré.

A ce moment là, tout revint en mémoire au prince. Ce n’était point la tarte mais l’odeur qui émanait de celle-ci qui lui rejaillissait en pleine poire.

- Des fraises, dit-il d’un air lugubre.

- Oui, oui, oui c’est ça, des fraises ! Enfin je crois. Tenez mon Graloup, vous permettez que je vous appelle ainsi, car à vous voir tout bavouillant et remuant la queue, vous m’émouvez. Ma tarte n’a jamais mis mon prince dans cet état vous savez, dit-elle toute frétillante en lui donnant la première part.

- Poua cela ne m’étonne pas et pourtant je ne suis pas chochotte, s’exclama la vampluspire.

- Ah ça non hein ? Vous soutirez juste les essences essentielles de tout ce qui bouge dans le coin jusqu’à la dernière goutte et pour ça y a pas d’heure, affirma la bouche pleine loupgraou, et ça se permet de faire la fine gueule rororo.

- Exact, je suis une véritable stakhanoviste de tout ce qui coagule, mon alphabet se résume plus ou moins à A, B et O et mon addiction me perdra un jour… ou une nuit c’est certain. C’est ce qui fait de moi une vampluspire et contrairement à nos ancêtres les moustiques propagateurs de virus2 j’ai suivi une formation professionnelle et depuis je cautérise et stérilise!

- Sacré CV que vous avez là la volaille schtroumphique, mais à quoi sert-il puisque les individus que vous mordez ne sont plus que des coquilles vides. Arf, rugit loupgraou.

- Il est évident que mon métabolisme m’empêchera toute tentative de devenir végétarienne, mais par politesse pour nos hôtes, je terminerai ma part avant que d’attaquer un mets hautement plus savoureux, dit-elle en lorgnant le prince qui n’en menait pas large.

- Gromph j’en reprendrai bien un peu aussi, avant le plat de consistance, sourit le loupgraou.

- Prenez la mienne je vous en prie, proposa le prince qui n’avait pas commencé, sous les yeux furibonds de sa princesse.

- Vous êtes sûr, c’est princier de votre part ! Roro reureu reu… reu ? Our ? Oooops veuillez m’excuser, je dois me retirer quelques instants, un léger ro ?… Heu dérangement. Et vous le volatile n’en profitez pas !

Et le loupgraou courut aussi vite qu’il le put se cacher derrière un buisson non sans oublier sa part de tarte qu’il continuait malgré tout à bâfrer.

- Ohlala j’espère que ce n’est pas ma tarte qui l’a rendu malade, déclara la princesse catastrophée.

- Pensez-vous! Il y a des lustres que ce triste individu possède l’immunité d’une poubelle. Mais comme il n’y a pas pire ordure qu’un loupgraou, surtout quand il se croit roublard, je m’en vais voir de quoi il retourne.

La vampirette puissance 2 voleta sans bruit vers le petit coin où se cachait le loupgraou.

Le prince interpella aussitôt sa belle :

- Vite fuyons avant qu’ils ne reviennent, je ne sais pas vous, mais moi ils me sont franchement antipathiques.

- Ah non alors, on ne quitte pas la table en l’absence des invités, cela ne se fait pas.

- Mais enfin ma mie…

Le prince éberlué n’eut pas le temps de finir sa phrase que s’élevait du buisson de terrifiants bruits de déglutition.

- Vous… Vous allez bien monsieur Graou ? s’enquit la princesse.

- Hi, hi, hi je crains qu’il ne puisse plus vous répondre ce goinfre, répondit la vampluspire.

Les bruits sauvages reprirent de plus belle. La princesse toute à son inquiétude, s’approcha doucement de l’endroit et aperçut au travers des branches une étrange scène. La goule chevauchait le loupgraou et courbée vers lui, le bécotait à qui mieux mieux dans le cou sans que celui-ci ne réagisse.

Il y avait urgence c’était certain.

- Attendez, je viens vous aider à le ranimer, s’écria-t-elle.

La princesse comprit sa terrible méprise en voyant la tête barbouillée de sang de la vampluspire aux yeux révulsés et au sourire carnassier.

- Bwanimer glalou ? Bzèdba un beu volle ? gargouilla-telle dans un dégueulis de sang.

- Qu’avez-vous dit ? demanda la princesse pensant avec raison qu’autant de sang bu d’une seule traite avait dû monter à la tête de la créature.

- J’ai dit, dit didididididi hihihi hiiiiiiihihihihi, s’esclaffa la suceuse sanguinaire prise d’un fou rire interminable, hiiii hi hi hi hiiiiiiii hihihihi… ah!

Et elle tomba raide au côté du loupgraou.

- Oh, fut la seule réaction de la princesse.

Le prince qui n’avait rien perdu de la scène, la prit par la main.

- Partons vite, rentrons au château et non on ne range rien, et non on ne finit pas tranquillement la dernière part de tarte, je n’en veux pas de toute façon, et non vous n’en profitez pas pour vous refaire une beauté et non et non plus non non ! Rien de rien! Oh ? Je ne regrette rien! Mais on y va quand même ! Et en courant ma mie car nous n’avons plus Baie et Zeph. Quittons cette contrée malfaisante.

- Oh, refit la princesse toujours scotchée sur son état de choc.

- FOUTONS LE CAMP ! lui hurla-t-il à l’oreille, hors de lui.

Et ils partirent.

- - - - - - - - -

Pendant ce temps là…

Sur les lieux du pique-nique encore saignant se firent entendre de sinistres craquements.

- Bon sang les potos matez-moi ça ?! C’est bien un ‘graou et une ‘pirette allongés ici ? Parfaitement contre nature ! héhéhé, trolla une voix de crécelle.

- On dit vampluspire, combien de fois…

- Voui, voui, n’empêche que l’graou on dirait bien celui qui a gobé tout cru le cousin, hier. C’est sûr.

La bande de trolls s’approcha en cercle des deux corps.

- M’est avis qu’il n’était pas bien frais notre ami le troué, même qu’il était pas encore froid quand elle lui a fait son affaire.

- Oooh tu feras détective toi plus tard, si seulement on savait ce que cela signifiait.

Le plus perspicace de la bande ignora la remarque et reprit la parole :

- Regardez les miettes autour de la bouche, faudrait les emmener à la morgue afin de pousser les analyses…

- La morgue ?

- Ah oui c’est vrai ça non plus on ne sait pas ce que c’est.

- Et analyse on sait ?

- Ben pas trop non plus en fait.

- Perso, je pense qu’il a mangé trop gras, à s’en faire péter la calebasse. J’ai un p’tit creux, pas vous ?

- Je serai toi, annonça le f ufute, j’éviterais cette boulette, ils sont morts par empoisonnement du sang ! Ce qui explique le décès de la ‘pirette, et c’est en mangeant ceci! Et il exhiba le reste de la part de tarte aux yeux du groupe ébahi par tant de sagacité.

- Oooaaaah de la tarte aux fraises, dit d’une seule voix la bande.

Celle-ci brillait à la lueur de la lune.

- Hé non les potos, ceci n’est pas une tarte aux fraises, c’est une tarte aux… Ah flûte heu vous savez là, les truc des bois…

- Ooooh une tarte aux trucs…

Mais de tout cela ni le prince ni la princesse ne se doutaient.

FIN

Alphabet d’une Vampluspire

(ben voui c’est celle du prince on s’en doutait un peu - Note de l’auteur)

1(Organisme Génétiquement Modifié)

2 (Chikungunya «homme courbé», dengue, fièvre jaune, filariose et éléphantiasis font partie de la trousse à outils de nos amis les moustiques, qui permettent d’un autre côté l’assainissement de zones marécageuses par les larves ainsi que celui de notre volume sanguin par la piqure. La quantité de sang prélevée peut aller jusqu’à 10 millimètres cubes en 1 à 2 minutes et offrir en prime un superbe bouton. Source : c’est un moustique qui me l’a dit, l’auteur).

LA (drôle) DE GESTE DU PIED

- - - - - - - - -

Dans une contrée charmante loin des tourments de la guerre et des problèmes de banlieue, de promiscuité, de pollution, loin de toute constitution européenne, loin de tout à vrai dire mais pas en Suisse, vivaient un Prince et sa blonde Princesse.

Un beau jour bien brillant, celle-ci par l’odeur alléchée de fraises des bois véritables à 10€/Kg, s’en alla vaquer au fin fond de la si souriante forêt qui jouxtait son château. Tout en chantonnant elle s’enfonça tranquillement dans la pénombre en quête de son dessert favori. Nul autre bruit que celui de ses pas et le gazouillis des oiseaux ne troublaient la sérénité de ces lieux.

Recette du graal aux fraises: trouver le graal (généralement dans la cuisine), puis les fraises. Nettoyer les fraises, le Graal aussi, si cela n’avait pas été fait avant. Couper les fraises, les arroser de vin rouge, saupoudrez le tout de sucre et si vous n’avez pas de frigo car ce n’est pas l’époque, mettez le tout dans un endroit frais.

Quand tout soudain, au détour d’un chemin… …Elle se fit méchamment tomber une armoire en chêne massif sur le pied. Son hurlement enfla et enfla… bien plus que son pied, mais fut entendu par le prince jusqu’au château.

Reconnaissant la voix de sa bien-aimée, son sang tout d’abord glacé, ne fit qu’un tour.

Ni une ni deux, il se jeta aussitôt par la fenêtre «HOPYODELAITOU» et «ZOU» enfourcha Zeph son canasson le plus rapide.

En fait cela ne s’est pas exactement passé comme ça non. Pas de «HOPYODELAITOU» ni de «ZOU» mais plutôt du «CLING» et «GROCHPOC + AIE». Mais ne lui dites pas svp cela risquerait de le blesser.

À l’orée de la forêt, la clameur était telle qu’il était impossible au Prince d’oublier la raison de sa présence dans ces lieux pour lui inconnus.

Se fiant à sa bonne oreille, il chevauchait vaillamment au travers des ronces, des orties, évitant trois branches espiègles et multitude d’autres dangers dont il ne savait même pas le nom (on lui dit plus tard que cela s’appelait des glands).

Enfin arrivé à la source du grondement, endroit où ne subsistait plus aucune feuille aux branches, il sauta au sol et vit son canasson complètement affolé s’enfuir tel un véritable pur-sang.

- Zeph Zeph, cria le Prince, reviens espèce de lâcheur !»

Que pensez-vous que fit le cheval?

- Ah beh mince alors râla le Prince, me v’la bon pour rentrer à pince!

Reprenant conscience du long hululement blanc qui lui sciait les oreilles, il se retourna vers la Princesse.

Ouuuuuch

A moitié sourd, éberlué et limite nervous breackdown mais maîtrisant ses nerfs un par un, il lui demanda le plus calmement possible:

- Oh la ma mie, ma sirène quelles sont les raisons de tels emportements et pourquoi avez-vous pris une armoire en chêne brut qui plus est, fermée à clef, pour vous en aller cueillir des fraises ?

- Mais mais mais… bredouilla tant qu’elle pût la Princesse en pleur.

- Allons allons calmez-vous et surtout expliquez- moi ce mystère ?

- Mais mais mais mon prince sanglota la princesse, cette armoire qui n’est absolument pas mienne, m’a tout simplement écrabouilléle

pied.

Sitôt le prince s’empara du pied gracile de sa bien aimée et lui fit moult baisers.

- Etrange que cette armoire du XIe S, ne serait-ce pas une de ces farces que cultive le Merlin signalant ainsi son retour ?

- Oohh mon Prince ceci n’est pas une fable et cette armoire ne provient pas d’un éventuel mobilier complètement démodé de la Table Ronde. Elle n’a nullement été jetée par un dragon ou je ne sais quelle faribole, elle m’est tombée dessus vous-dis-je, et sans crier gare encore, pourquoi ne me croyez-vous pas?».

Sentant dans les paroles de sa chère s’annoncer les prémices de lourds orages, le Prince comme à l’accoutumée préféra prendre les devants.

- Ce n’est rien ma mie, nous allons vite nous en retourner au château, suivez-moi ! dit-il en partant.

À peine quelques pas plus loin la Princesse interpella vivement son chevalier servant.

- Mais enfin mon Prince hoqueta-t-elle, je ne peux marcher ainsi si vous ne lâchez pas mon pied !

Le Prince comme tout bon seigneur magnanime se faisant du souci, après réflexion créant plus de trois rides sur le front, trouva enfin la solution.

- C’est sans l’armoire que nous rejoindrons le château qui n’est qu’à quelques lieues d’ici. Nous irons ainsi plus vite, de plus le terrain est plat et je suis là. Vous ne risquez-rien, continuons ! l’encouragea-t-il.

C’est alors que retentit dans toute la contrée abasourdie, cette exclamation ponctuée par une envolée d’oiseaux:

- Mais lâche mon pied CONNAAAARD

c’est pas le bon !

FIN

«Ceci n’est pas une fraise !» Pensait la Princesse, «Trop proche d’un Truc pour même en être l’idée !»

DOUCE NUIT

(à oublier)

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Si cette charmante contrée où vivaient un prince et une princesse avait pu être observée depuis l’espace, elle aurait sûrement ressemblé à un tout aussi charmant flocon de neige vaporeux, tournoyant lentement au souffle des comètes ultraspeedées.

Libre de toute pesanteur et surtout d’itinéraire, à l’abri des radars et autres bisons futés, il vagabondait soyeux, dans ce carrousel d’étoiles en direction de nulle part, pourvu que ce soit filant.

Mais parmi tous ces flocons, il en était un, plus proche du grumeau, et qui filait dare-dare …

- - - - - - - - -

Plus il s’approchait et plus il grossissait, mais le prince fixant le ciel et ce flocon, était au parfum, il savait bien ce qu’était une illusion d’optique. «Optique» un peu moins bien, mais il saisissait le sens global de l’ensemble, en gros quoi.

Hallucination, aussi était un mot qu’il connaissait vaguement, et seul dans ce champ silencieux comme jamais, à l’orée de la forêt où était partie la princesse pour glaner quelques trucs, il se demanda s’il n’en était pas soudain victime.

- Mais aurais-je la berlue ? Il faut que fasse attention avec ce mot d’hallucination, il est traître et peut se révéler parfois dangereux.

Mais non il ne rêvait pas, non seulement le flocon grossissait, mais en s’approchant, celui-ci rosissait. Fixant plus intensément le flocon, le prince s’aperçut aussi que sa vitesse augmentait.

- Bon sang, mais pourquoi ai-je songé à une hallucination, pourquoi? J’en suis maintenant la victime.

A peine vraiment pensés, les mots posséderaient-ils donc leur propre pouvoir ?

- Si cela s’avère vrai, nous voilà en grand danger, que va dire ma mie qui ne peut tenir sa langue, quand elle sera au courant. Ah mais non, fit-il en regardant autour de lui, il était seul.

Le flocon s’apparentait maintenant à une boule de neige même assez balèze d’ailleurs, tout à fait rouge et avec une vélocité accrue.

Avec toute son expérience, le prince décida de ne pas faire confiance à ce que lui racontaient ses sens, et adopta en position courbée, jambe arquée, ce que l’on appela plus tard la méthode Coué3 d’Emile de son prénom, qu’il venait en fait d’inventer par pur réflexe.

- Ce flocon absolument pas rouge, ne grossit pas, n’accélère pas, ne se dirige pas vers moi, et continua-t-il alors qu’il se jetait dans la neige, le flocon passant en vrombe au-dessus de sa tête, il ne hurle pas comme un taré non plus. Non non. C’est moi qui hurle !

Cette méthode parait-il doit s’appliquer par l’affirmative pour qu’elle soit bénéfique, or là il venait de déclamer une litanie entièrement négative, ce qui n’eut pas pour effet l’annulation de celle-ci mais bel et bien sa transformation en théorie du Chaos4.

Le prince ignorant tout de l’axiome «Papillon qui pète provoque la tempête» fut donc témoin dans l’ordre :

D’un grand fracas dans la forêt.

D’un grand hululement strident qu’il reconnut aussitôt comme étant celui de sa bien-aimée.

D’un, cette fois-ci gros, chpoc, et puis plus rien mis à part un énorme bloc de silence en morceau.

N’ayant pas retiré de quoi positiver à cette nouvelle expérience, il la réitéra malgré lui.

- Ma mie, ma mie où êtes-vous ? Répondez ! s’écria-t-il parmi les flocons.

Aucun ne lui répondit, on s’en doute un peu, mais rebelote !

A son appel angoissé revint en boomerang un hurlement de loup comme il n’en avait jamais entendu, mais qu’il put situer non loin de là par la remontée subite d’une multitude de flocons affolés. Un bon gros parpaing de vent glacé surgissant de la forêt lui claqua la tête dans un grand flash de lumière blanche et celui-ci se retrouva une seconde fois le nez dans la poudreuse.

De l’empreinte bien incrustée dans la neige, sortait une mélopée geignarde :

- Je vais bien, p… c’que je vais bien alors ! Il ferait même un peu chaud dans le coin, mais je suis drôlement bien, je vais même rester un peu ici tellement je me sens bieeen… ohlalaaaaa oui alors.

Des «tacatacata» de machine à coudre rythmaient la romance ponctuée de hurlements de loups qui crevaient la nuit.

Le prince se serait alors endormi là, benaise, si les pas aussi lourds que ceux d’une armée en marche n’avaient résonné à la proximité de la forêt. Il se releva donc avec fatalisme et attendit seul, face aux arbres qu’il trouvait maintenant un tantinet moqueurs voire limite menaçants.

Cette soirée se révélait la plus pourrie qu’il eut connu depuis des lustres.

- J’adore cette nuit, pour tout ce qu’elle a de spéciale, avait dit la princesse joyeuse se ravissant des flocons qui virevoltaient autour d’elle, avant de disparaître dans le sous-bois avec son petit rire grelottant, se souvint-il.

Mais il n’eut pas le temps de penser à ce qu’il était advenu d’elle, qu’arbres et bosquets devant le prince s’écartèrent en glissant comme sur des rails.

Le prince ne s’en inquiéta pas plus que ça, se sachant sujet aux hallucinations. Ce qui surgit de la forêt le sortit tout de même quelque peu de sa léthargie.

- - - - - - - - -

- Qu’est-ce donc encore que ce branque ? s’interrogea le prince.

Car venait vers lui une immense baraque, un bonnet au pompon bringuebalant sur la tête, vêtue de rouge ce qui, pour passer inaperçu en forêt n’est pas du tout mais pas du tout la méthode de camouflage* adéquate, contrairement au prince en totale harmonie ouatée avec le paysage talqué qui l’entourait.

De toute évidence ce gugusse était soit, un grand malade, soit un frappadingue de première bourre.

Ce qui revenait un peu au même pensa le prince qui commençant à devenir superstitieux face au pouvoir des mots, recommença.

- Frappadingue ou n’ayant pas froid aux mirettes, chuchota le prince en se frottant menton et en plissant les yeux.

Le gars, des branches accrochées aux cheveux et une barbe blanche d’une centaine de jours enroulée comme une écharpe autour du cou, continuait de chalouper dans sa direction sans un mot, traînant derrière lui en soufflant comme un phoque, un énorme sac de jute rempli à ras bord.

- Baroudeur aliéné, poète bourlingueur, cinglé d’aventurier, doux dingue barré, mercenaire à deux balles, Rimbaud des bois ou encore pirate de l’air, le prince n’avait pas encore déterminé avec exactitude ce qui lui paraissait être la meilleure définition à ce qui s’amenait, tranquille vers lui.

Le gars lâcha son sac - Plouf - aux pieds du prince et lui tendit une paluche aussi large qu’un battoir (L : 20 cm / l : 40 cm), en forme de main.

- Bonsoir monsieur, je m’excuse pour mon arrivée quelque peu surprenante et un peu rapide à mon goût. Voici pour vous dédommager de tous ces tracas dans votre domaine et de tout le petit bois que j’y ai cassé, dit celui-ci en lui offrant une pelure de loup trouée en de multiples endroits, c’est une pitchoune croisée dans la forêt qui me l’a laissée avant de disparaître.

De sa voix rocailleuse il continua :

- Ah tenez j’y pense, n’auriez vous pas aperçu une vieille femme dans les bois ?

- Heu… je n’ai pu les atteindre. C’est à ma femme que j’ai entendu crier tout à l’heure que vous devriez demander. Elle y est encore si je ne m’abuse, aussi si vous voulez bien l’attendre avec moi, elle pourra sûrement vous renseigner.

- Ah ok, merci mon ami, rocailla le gaillard.

Il sortit de sa poche une flasque et s’en envoya une bonne goulée.

- Aaaaaah voilà qui revigore, en désirez-vous un peu ? rota-t-il, vous me semblez un chouilla gelé.

- Volontiers, répondit le prince qui commençait à trouver cet échevelé plutôt sympathique.

Il but une rasade d’un breuvage noir, pétillant qui le réchauffa instantanément.

- Hum c’est fort sucré et d’étrange couleur, qu’est-ce donc ?

- Rhum coca, j’ai fait un crochet par les states. Mais il ne faut pas en abuser, c’est de cette façon que j’ai paumé mes rennes. En une seule soirée ah ah ah, rigola-t-il. Impossible de me rappeler l’endroit ou j’avais stationné le traîneau, du coup cette année chui bon pour me cogner la virée des ch’minées à pince. Bob le blacki qui s’occupe de la zone Afrique, se marre encore de ma mésaventure, ouais enfin lui il a pas de cheminé à combler c’t’enfoiré et d’une, et de deux c’est un peu facile pour lui, car il a une telle tronche que personne n’y croit.

Pour le prince peu habitué à cette boisson et qui commençait à suer, ce que venait de déclarer le gus ne rimait pas à grand-chose. Le bonhomme semble-t-il esthète, venait de lui avouer sans pudeur aucune avoir perdu ses reines, cette perte n’ayant pas l’air de l’affecter outre-mesure. Plusieurs reines à la fois, ce qui rendait langoureusement songeur le prince.

- Bon et bien puisque nous devons attendre, je m’assois un peu, chti coup d’mou tiens, dit-il en s’affalant sur son sac. Le couinement qu’émit celui-ci arracha le prince à ses réflexions énigmatiques et saugrenues.

- Wouop, j’avais oublié, sursauta avec une légèreté inattendue le gaillard, désolé je suis un gros balourd et il farfouilla dans son sac.

Une voix que le prince reconnut aussitôt, gronda:

- Mais, mais veuillez ôter vos sales pattes de là !

- Ooops rougit jusqu’aux oreilles le propriétaire du sac, mais que je suis balot quand même. Regardez ce que j’ai trouvé dans la forêt, à l’endroit même de mon atterrissage, ce qui n’est pas banal.

Et il sortit tel un lapin de son chapeau, la princesse cheveux en bataille, socquettes déchirées et jupette froissée, complètement furibarde.

- Lâchez-moi vous dis-je où je hurle !

- Oh non, oh non ma mie ne faites pas ça, nonononon.

- Bon puisque vous y tenez dit le balèze et il la lâcha dans la neige où elle s’enfonça jusqu’aux genoux.

- Ma mie où sont donc passées vos affaires ? Je suis à peu près certain que vous aviez un manteau et des bottes quand vous m’avez quitté.

- Figurez-vous qu’une énorme boule rouge provenant des arbres m’a foncé dessus, une explosion a tout soufflé dans le périmètre de notre coin secret où nous cueillions des trucs, ravageant tout le secteur, et vous avez beaucoup de chance de ne pas me revoir nue comme un ver.

- Enorme, je dirai pas ça quand même… se plaignit barbe blanche.

- Tenez prenez cette peau de loup en attendant que nous rentrions au château, c’est ce monsieur qui me l’a offert dit le prince, en essayant de réconforter sa douce.

- Elle est complètement mitée votre fourrure, bougonna la princesse en regardant au travers. De sacré mites même si vous voulez mon avis.