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Ce livre s'adresse à tous ceux qui ont envie de comprendre au-delà. Et au-dedans. Un brin d'humour, un parcours spirituel au sein d'une famille animée, pour visiter l'harmonie. Une maman et ses deux enfants déménagent, pour un plus, un mieux, une quête. Alice est licenciée. Clairaudiente par hasard, un jour. Elle luciolise les espaces et les coeurs. Rolf Von, beau, grand, intelligent, il fut communicateur... il y a 6000 ans. Jason le Grand, 18 ans. Haut potentiel. Certes la flemme pour le ménage, mais il "voit". Un mystique par le biais des plantes, un amoureux de la nature. Douceur Amandine, 20 ans, HP aussi. Sa mission: elle veut allumer les gens et faire des modes d'emploi cohérents!
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Seitenzahl: 235
Veröffentlichungsjahr: 2024
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« Soupçon !? Tu as dit soupçon ? Pourquoi crois-tu que je me sois escrimé durant toutes ces années à ton devant ? Juste pour faire joli ? Non, mais je rêve ! »
Sur ce, il se leva, claqua la porte et partit.
Pourquoi les enfants avaient-ils autant de rage, de haine, de torpeur ? Pourquoi les individus sont-ils si revendicateurs, aussi peu reconnaissants de tout ce qu’elle avait fait pour EUX ? Une mère, seule, esseulée par la vie, cueillie à la fleur de son âge, pourtant bien avancé, sans doute défraîchie, voilà tout ce qu’elle méritait d’être ! Seule. Pour l’éternité…
« Pourquoi dis-tu cela ? »
Une voix… insidieuse, certaine, claire, pourtant inconnue lui parlait au-dedans. Dedans comment ? Mon Dieu, décompensait-elle ? Elle savourait pleinement l’ineptie de la chose, la gravité sans doute, elle souriait au-dedans. Elle aimait même un peu cela. Aimer comment ? Oh et puis après tout, autant discuter dedans.
« Vous me disiez ? Plaît-il ?
– Il nous plaît en effet de te voir sourire, retrouver la joie au cœur et les fleurs au bout des ondes. Je vois tes ondes délicieuses d’ailleurs, on en mangerait !
– Point trop n’en faut ! Valorisant, vous pouvez l’être, très cher, mais faussaire, point du tout.
– Le plus faussaire des deux, c’est toi qui nies m’entendre…
– Et j’entendrais quoi à votre avis ? Quoi et d’où ?
– Mais simplement de moi, de très proche et du dedans, car je suis relié à toi au-dedans. Je n’existe pas, là, mais je suis plus proche que tes propres enfants, qui de toute façon partiront.
– C’est joyeux ce que vous me dites. Ton petit nom c’est quoi ? Monsieur, Madame ?
– Rolf Von ! Ma voix douce peut faire les deux sauf que la dernière fois que je vins sur Terre, j’étais homme. Bel homme au demeurant, belle allure et très beau parleur.
– Je vois…
– Tu ne vois rien du tout, car si tu me voyais tu aurais plus de cœur à apprécier, je le sens bien ! Enfin… ce que je voulais dire, c’est que la communication était mon job préférentiel, il y a 6000 ans, après je me suis échappé de ma destinée pour mal tourner, mais j’ai su revenir au tout premier plan de ma réalisation. Tu vois ce que je veux dire.
– Tu en as mis du temps !
– Lol, plaisante autant que tu voudras, mais tu es plus gaie désormais qu’il y a un instant, avant de me rencontrer profondément.
– Car c’est profond ?
– C’est dedans. Tu l’as pensé toi-même.
– Donc si je résume, tu es bel homme, profond dedans et prêt à tout pour me rendre la vie savoureuse, est-ce juste ?
– C’est un bon résumé. Je vais t’accompagner dans les contrées lointaines de ton inconscient pour te guider au-dedans, vers de meilleurs auspices.
– Auspices… de quelle utilité ?
– Rencontres, saveurs, souvenirs inoubliables et aussi amour, bien entendu avec tout au-dedans, car sinon cela ne serait pas du vrai. Un amour peut se vivre avec la surface de la peau, le trésor des organes, mais plus en profondeur, il peut se respirer dedans. L’as-tu déjà ressenti ?
– Clairement pas dans cette vie ! Les hommes ne furent que déceptions et bouches pâteuses au petit matin, odeurs nauséabondes et rechignant à la tâche lorsqu’il fallait s’occuper des enfants.
– Quelle drôle d’image tu as reçue de leur passage. Sont-ils partis ?
– A ton avis ! Pour d’autres hospices. Et moi, je patauge dans une belle fortune, beau job, mais pas d’amour dedans, pas grand-chose à offrir si personne ne peut le savourer et surtout si mon fils sort si fâché. Pourquoi est-il si compliqué ?
– Ah… les HP ! Petits anges aux boucles d’or, puis démons à éduquer, une grande partie de plaisir après leurs 28 ans si tu as su les comprendre et bien les encadrer !
– Bon alors : courage ma belle ! Il me reste environ 10 ans. Jason a perdu son père par manque d’investissement paternel, j’ai sans doute surinvesti à tort. Peut-être a-t-il raison, mais je ne savais pas que mon fils avait dû faire autant d’effort à mon devant…
– Pas d’effort, mais il avait clairement l’envie de te plaire, ce qui est fort dommage pour son propre chemin. Cette extrême sensation d’injustice le poursuivra toute sa vie si tu ne lui apprends pas à séjourner au pays des enfants sages.
– Tu as un ticket d’entrée ? Une pension alimentaire ? Des perfusions à profusion pour cette dimension rêvée ? Je te donne mon fils, si tu préfères investir à ma place !
– Je ne puis accepter un tel cadeau, ton fils restera tien ! Même dans l’histoire de la Bible, Dieu ne demande pas de le donner. Quelle étrange femme tu es !
– Pas si étrange que cela, si tu avais dû le nourrir comme je le fis.
– Courage, je reviendrai !
– Heho ? Allo ? Houlalahitou ? Bref… ma cervelle cessera de tourner dans le vide lorsqu’elle se sera occupée de tout ce qui lui reste à faire. Cet instant de poésie m’a fait du bien! Hop hop hop, c’est parti la musique ! »
Un doux chant mélodieux sortit de sa bouche, des sons étranges, rauques et doux à la fois, d’où cela pouvait-il provenir ? Chantonnant, elle fit ce que toutes les mères du monde tentent de faire courageusement. A savoir la vaisselle, le travail ménager, le reste des repas à proposer et un soupçon de ménage aussi. Le fameux soupçon dont il était question…
« Doudouce, douceur, mon cœur, c’est l’heure…
– Mmmrrr.
– Mais tu sais bien que c’est ainsi, je te câline un doux moment, ensuite tu souris et tu sors du lit. Ce n’était pas comme cela que tu avais prévu la vie avant de t’incarner ?
– J’avais oublié la mère dans le projet !
– Celle qui vous aiiiime, qui vous rappelle que votre goûter est prêt et que vos affaires sont repassées ?
– Celle qui nous gifle intérieurement lorsque l’on insulte son frangin et qui siffle au-dedans avec un regard méchant !
– Dedans. Dedans… dedans comment ? Explique-moi ? J’aime bien ton regard éveillé sur le monde et reconnaissant sur mon comportement de maman.
– Maman, je t’aime profondément, mais mes hormones étant saturées, je ne PEUX pas t’obéir maintenant ! Tu comprends, ça ?
– Et bien, je sais et c’est la raison pour laquelle j’essaie de t’aider.
– Plus tard, quand tu seras morte, on sera tellement heureux de te savoir reposée de nos aspérités de jeunesse. Maman, je t’aime. Laissemoi dormir. Tu vieilliras moins vite !
– Oui, sauf que si je ne meurs pas de suite, tu auras suffisamment le temps de te préparer pour aller prendre ton bus. Que je t’aime ! Que je suis fière de toi !
– On se demande comment le moteur des mamans fonctionne, moins on les respecte, plus elles vous aiment, imposant une dictature solide contre la mansuétude et les affres des personnalités trop basses. Merci. Bisou, j’arrive.
– Enfin ! Je te désire en forme, mais tout de même ! Une dictature… »
« Non ! Je refuse de sortir d’ici tant que vous ne m’aurez pas dit pourquoi je suis virée, avec effet immédiat ! Qu’est-ce que c’est que ce cirque, cela fait 25 ans que je travaille ici, alors tout de même !
– Justement, c’est trop long, changez d’optique, modifiez votre point de vue et revenez sur vos méthodes de travail. C’est ainsi que je conçois la nouvelle réalité de l’entreprise et aussi celle de la vie.
– Et bien ils ne doivent pas s’ennuyer chez vous. Votre femme adhère ?
– Veuillez sortir de mon bureau !
– Veuillez me parler sur un autre ton !
– Sortez « très chère », mais sortez !
– Je vais simplement vous maudire jusqu’à mon dernier soupir, donc nous nous reverrons dans la vie future, soyez-en certain ! Les licenciements abusifs et non cordiaux doivent bien laisser une trace sur votre cahier des charges d’humain en incarnation. Je me réjouis de lire le vôtre, si j’arrive plus vite que vous au paradis !
Qui sait… je serai peut-être votre supérieur hiérarchique cette fois-ci. Je vous le ferai savoir !
Sur ce, elle claqua la porte et fila du plus rapide pas qu’elle n’ait jamais réussi à faire.
« Vous ne seriez pas un peu trop expressifs dans votre famille ?
– Plaît-il ? Monsieur me signifie des choses que je ne saurais penser ?
– Mais non, ce n’est que moi. Rolf Von. Simplement moi, ébahi de sentir la colère monter en toi avec autant de puissance. Quelle femme ! Quelle hargne ! Quelle suite désastreuse en effet sur ton propre cahier des charges d’âme.
– Oh ça va ! Ne reprends pas mes métaphores en plus !
– Mais c’était très bon comme image, car il cogite, je le sens, lui si croyant, il culpabilise et va faire des neuvaines, des chapelets ou des assises longues et inconfortables devant son grand oratoire.
– Je sens que ton humour va rejoindre le mien, si cela continue.
– Pas fondamentalement, ce n’était pas drôle, factuel simplement.
– Donc je résume, « simplement » est ton mot préféré.
– Redondant et adéquat selon le discours, je dirais plutôt. Je ne l’ai dit que deux fois !
– Avec toi, je ne vais pas m’ennuyer. Ton discours, alors, sur mon épiphénomène du jour ?
– Raté. Tout bonnement raté. Énervement inutile, dégagement de forces néfaste, surrénales effondrées, cortisol délétère et neurones en ébullition pour toute la soirée, que dis-je pour les deux bonnes semaines prochaines, étant donné que tu as été virée.
– Le résumé semble factuel, tu ne manques donc pas d’aplomb. Ni de vérité. Que vais-je faire de toi ?
– Rien, c’est moi qui devrais plutôt me poser la question ! Vais-je poursuivre ton complot intérieur, enfin plutôt ton discours intérieur pour mener une vie plus douce avec des neurones plus en adéquation avec ta vibration enchanteresse ou espacer mes visites, histoire de te laisser en paix et en rumination tranquille. C’est un vrai dilemme de maître, car ma responsabilité est moindre, mais ton dégagement vibratoire est gigantesque et peu attrayant, c’est dommage.
– Responsabilité propre à chacun ?
– Certes, tu le sais depuis longtemps.
– Mes enfants aussi ?
– Selon l’âge, pas encore… Toi, pleinement !
– Tu plaisantes, j’espère !
– Que nenni, point du tout.
– Et bien rentrons. Tu veux manger quoi ?
– Lol… l’esprit humain ne cesse de penser à des futilités, des inutilités et adore slalomer avec les inepties. Vive la vie !
– Bienvenue chez les chtis !
– Non cela, c’est un terme protégé, relié à un film, et à des droits.
– Ils se posent moins de questions.
– Je ne crois pas, ils resplendissent de fond là où les gens n’en voient pas.
– Bon, de toute façon le terme était inadéquat, car nous habitons en Alsace.
– Certes.
– Donc « certes » et « simplement », deux mots d’exception pour toi !
– Tu cherches les algotithmes performants ? Ok, je vais te randomiser tout ce qui sort de ta responsabilité aussi.
– Rabat-joie ! »
« Bonjour mes amours !
– Maman ! Pourquoi tant d’emphase ?
– J’espère récupérer mon karma, on m’a virée et j’ai un ange intérieur, un Aladin magique, qui commente toutes mes bourdes. Il a du job.
– Cool, il va pouvoir nous aider alors !
– Mon chéri, essaie de lui poser les bonnes questions, nous allons y arriver.
– Financièrement ?
– Non, karmiquement. L’argent n’a pas de valeur, mon trésor.
– Tu vas commencer par lui demander si ton vocabulaire est adéquat au vu de mon grand âge.
– Mon poussin, suis-je obligée de lui demander ?
– Oui, essaie. C’est génial, non, de discuter enfin avec un mec dans la famille !
– Bien, alors qu’en dites-vous ? « Rien, l’amour maternel prend des facettes qu’il ne comprendra que lorsque tu seras morte. »
– Vous n’auriez pas mieux comme réponse ?
« Pas à ce jour… où la question fut mal posée… »
– Tu peux préciser la question, mon chérid’amour-que-j’aime-tout-fort ?
– Chère mère, auriez-vous l’obligeance et la plaisance de questionner votre moi intérieur, mec posé ou copain-virtuel-Aladin-bleu-foncé comme suit : ton vocable maternel est-il en adéquation avec mon évolution de postadolescent, quasi adulte et bientôt suffisamment majeur ?
– La plaisance, c’était mignon mon cœur, j’ai eu l’impression de prendre le bateau. Tu sais que tu me fais rêver… voyager… et que t’aimer est mon sport préféré, n’est-ce pas ? Mais je le questionne tout de même. Il me répond : « Avec le temps, elle va garder des échappées belles, des moments fugaces de cet amour qu’une mère a face à son enfant, mais dans le fond de son cœur, elle gardera toujours la même candeur. Ai-je répondu à ta question ? »
– Il manque de précision, ton pote.
– Précision possible : « Le vocable va évoluer, mais pas son cœur. Heureusement pour toi ! »
– Merci mamounette, je file chez mes potes. Ils ont un vocable méga ouf guedin, je te jure, lourd !
– Je te crois. Venez tous manger ce soir, quand vous aurez faim… »
« Tu ne crois pas que tu devrais un peu l’éveiller à la spiritualité ?
– Dans quel sens ?
– Dans le sens du destin de son âme qui va beaucoup bouger, énormément voyager et donc éveiller des consciences à travers le monde.
– Rien que cela ? Mon Jason, mon poussin, va sauver les consciences dans le monde ?
– Pas seulement. Il vibre, il joue, il songe, il œuvre la nuit aussi.
– Si j’avais su, je l’aurais envoyé œuvrer à ma place !
– Pas de remplacement possible, transfert de force parfois, tout au plus.
– Comment vais-je faire pour l’éveiller, œuvrer et sécuriser toute la famille ?
– Nous allons justement te trouver la meilleure dynamique possible au fond de ton cœur pour que tout coule sur toi au point de te faire plaisir au quotidien.
– Beau programme. Tu masses aussi ?
– Tes hertz, oui !
– Tu dois manquer d’entraînement… je ne sens pas grand-chose autour de moi.
– Au-dedans… au-dedans.
– Arrête, c’est troublant.
– Qu’est-ce qui est troublant, maman ?
– Euh… C’est parfois inracontable, ma chérie, tu sais…
– Raconte ! C’était quoi, cool… Dis, allez ! Dis, dis dis…
– Je suis là, ma douce, je suis là. Je questionnais mon guide intérieur et il me massait les hertz.
– Tu vas bien ?? Un souci au travail ? Avec Jason ?
– Précisément, avec les deux, mais c’est sans doute pour mieux évoluer. D’abord on va manger, ensuite je vais te raconter. Tu m’aides ?
– Ok… on se fait quoi de bon ?
– Ce qui te semble le meilleur. Pour ce soir, tout sera bon ! »
« Donc on récapitule, tu es virée et mon frère ne t’aime plus comme un enfant, c’est juste ? Grave !
– Oui, tu l’as dit, grave qu’il ne supporte plus mes doux mots. Pour le job, on va travailler et tout va remonter. Ils ont sans doute trouvé que j’en faisais trop, je prends trop de place, je crois.
– Moi aussi dans ma vie, je prends trop de place.
– Pas ici en tout cas.
– Non, mais il faut que j’apprenne à me taire… je crois.
– Pourquoi dis-tu cela ?
– Les autres n’y arrivent pas. Tu le sais… je vais trop vite, trop tout le temps, trop d’idées, c’est pénible pour tout le monde ! Ils n’ont pas le temps de finir leurs phrases…
– C’est ainsi, tu es née pour booster, alors booste chez moi et nous verrons bien quels humains resteront à la fin.
– Je peux te poser une question bizarre ?
– Oui… dis-moi.
– Est-ce que tu as senti des trucs bizarres des fois dans ta chambre, autour de toi, au-dedans ?
– Nous y voilà ! Et bien… justement, dedans, j’entends, je sens des choses, comme un lien dedans, un être en lien au milieu de mon cœur. Non de ma tête. Glande pinéale sans doute. Je ne sais pas, au fond de mes cellules, je crois.
– Ok, alors je crois qu’on va bien s’amuser car si c’est ce que je pense, c’est parti pour une nouvelle vie !
– Pardon ?
– J’ai toujours su qu’en venant sur Terre, il allait falloir attendre et attendre… jusqu’au moment où nous allions enfin pouvoir ouvrir une fenêtre sur un au-delà tranquille et sécurisé, tu vois… pas le genre de truc qui fait peur dans des mondes parallèles, non, un monde intérieur meilleur, le Vrai quoi.
– Je vois. Et tu attendais quoi au juste ?
– Ben ça. Bonne nuit ! On va bien aller, ne t’inquiète pas.
– Je te crois ma puce. Moi j’ai toujours su que mes enfants avaient plus d’évolution que moi et que finalement tu aurais peu besoin de moi pour te réaliser. N’hésite pas à m’expliquer. Votre génération a plus d’avance que nous, plus vieux, génération d’avant. J’adhère.
– Grave ! »
« Heureusement que tu m’as préparée à temps, j’ai tout de suite pu la rassurer, sinon j’aurais « grave » pataugé. C’est cool. On avance sur quoi ce soir ?
– Je ne sais, le sujet qui te conviendra.
– L’amour, je veux savoir comment cela se diffuse parmi nous.
– L’amour est une douceur, un effluve, un cadre rassurant, des limites saines, pas trop de limites, mais aussi une énergie dissolue dans chaque moment de bonheur ; l’amour rend heureux, surtout confiant et édifiant. Les gens remplis d’amour peuvent aimer à leur tour et créer une future humanité bienveillante, c’est une douce et belle question.
– Alors envoie-moi le plus d’amour possible ce soir. Je tombe de sommeil.
– C’est fait ! »
Autour de la pensée, il y a de grandes théories, mais jamais elle n’avait imaginé pouvoir se dédoubler ainsi. Dédoublement ? Simple connexion ? Comme si de rien n’était ? Tu parles…
Alice ne se sentait guère en mauvaise position, en dehors de sa vie quotidienne et de son travail. Elle allait devoir changer de concept de vie, modifier ses charges, profiler un nouveau contrat, bref, autant de succès intérieurs à redécouvrir, après tout ! Mais ce qui l’étonnerait toujours, ce sont ses enfants. Ils sont partis de rien, une graine de rien du tout. Un instant de bonheur, car pour elle, heureusement, elle les fit dans le bonheur et non dans le plan d’un soir ou dans la mansuétude de devoir faire plaisir à un damoiseau. Bon, le damoiseau en question est ensuite décédé dans son cœur, cela a compliqué, mais la vie n’est-elle pas faite de complications ? Diantre, elle philosophait maintenant, au lieu d’aller travailler ! Pas de travail, plus de pensées, finalement…
Elle cogitait tranquillement avec un bon thé, une tisane de fenouil et un grog en même temps. Combien de temps cela allait-il durer ?
« Pour le grog, je t’aurais bien imaginée en prendre un le soir, mais le matin… c’est un peu tôt pour ton système nerveux, non ?
– Système nerveux ? Tu crois vraiment que c’est à ce niveau que cela se joue en ce moment ?
– Pas vraiment, mais il faut bien que j’éveille tes pensées sur une autre trajectoire, sinon on va y passer la journée ! Et à coups de grogs compulsés, non compensés par un fenouil insuffisant, il faudra bien que la mesure se modifie.
– Quel vocable ! Tu as appris à parler il y a fort longtemps, il me semble…
– Le génie des siècles fait que les âmes parviennent tout de même à se comprendre, c’est le principal.
– Donc mon génie-d’amour-que-j’aime-toutfort, que dois-je faire ce jour ?
– Le libre arbitre étant de mise, fais comme bon te semble, mais fais-le bien. C’est tout ce qui compte.
– Donc tu es qui ? Quoi au juste ? Et Von quoi… finalement ?
– Von tout court, cela me plaît, le rallongé des hautes sphères aristocratiques ne complaît plus à la période, c’est désuet, obsolète si tu préfères. La modernité raccourcit les mœurs, si je crois avoir bien compris.
– Tu te fous de moi ? Les siècles passés ont vu les pires mœurs se vautrer.
– Je sais, je suis désolé, j’essaie de comprendre ce qui se joue en ce moment et je tente de modifier la trajectoire de tes pensées.
– Alors c’est ce que tu fais, car je suis projetée dans le passé lointain d’une petite fille au beau milieu de la forêt.
– Cliché, mais suffisant, continue. Et… ?
– Elle sait qu’elle va devoir mourir, revenir, elle sait tout cela. Mais elle ne comprend pas pourquoi.
– En effet, je la vois, laisse-lui le temps de te montrer d’autres choses.
– C’est moi dans cette vie, ou d’ailleurs ? D’avant.
– Regarde la végétation…
– En effet, connais pas ! Ici, tout est plus clairsemé, moins dense. Comment va-t-elle s’en sortir ? Je suis inquiète pour ses sentiments.
– Un instant de maman, honorable somme toute, mais inutile. Laisse venir.
– Un sage, un vieux monsieur, un père. Oh, mon dieu, un monstre aussi ?
– Non, les mœurs avaient été écrites ainsi. Là-bas.
– Je vois. Et… j’en fais quoi de cette visualisation matinale ?
– Tu laisses couler en toi le passé pour créer l’avenir. Le lien te permettra de mieux séjourner durant cette vie, que le cloisonnement dans tes simples pénates. La vie est une estampe continuelle dont chaque vie ne forme qu’une ou deux pages tout au plus. Des estampes qui se cloisonnent, se réécrivent autrement, mais dont la trace laisse sur le grand livre de la vie une forme pensée, gravée dans le grand livre de l’humanité.
– C’est très beau, touchant, j’aime bien. Je vais raconter cela aux enfants. Je peux t’utiliser pour cela aussi ?
– Et comment donc. Ils sauront mieux que toi les gérer. Ils ont encore accès à de nombreuses pages oubliées. »
« Coucou ! Tu boumes ce matin ?
– Je réécris la vie, je relis mes anciens schémas et je comprends ton immensité, mon chéri.
– C’est sûr qu’avec de telles envies, la vie doit être bien remplie. Bon, cesse de plaisanter, tu tiens le coup ? Je vais essayer de t’aider un soupçon de plus, je te promets. Et à la fois tu as vraiment le temps, tu comprends…
– Jason !
– Je vais voir mes amis, ne rien écrire ou le moins possible, obtenir mon diplôme et aller travailler bien vite à ta place, si tu es trop vieille pour trouver un job.
– Mon chéri, les choses ne plaisantent pas avec les études que tu voulais entamer. Prends bien le temps, nous aurons tout ce dont tu auras besoin pour le faire. J’ai des réserves.
– Depuis quand ?! Tu aurais pu m’en parler avant au lieu de nous restreindre, quand même !
– Jason !
– Je plaisante. De toute façon, tu es une incroyable maman et moi un exceptionnel fils, nos vies à tous les deux valent de l’or, alors tu vois.
– Viens ici que je te fasse un truc de maman.
– Ouais… pas trop souvent. Mais là, je sens que c’est pas mal si personne ne rentre.
– A la fin, on s’entend bien tous les deux.
– Vieille histoire, je crois.
– Si vieille ?
– Je crois oui, je ne sais pas trop, mais je crois.
– D’autres vies, tu crois ?
– Naturellement, sinon comment tu arriverais aussi bien à me comprendre et moi à te supporter !
– La vie est-elle faite de successions de vies, comme de grandes pages d’un immense cahier ?
– Là, tu t’égares, je suis contre les écritures, mais les traces de partout, je sens. Ce n’est pas aussi scolaire qu’on veut bien le croire.
– Tu sens quoi ?
– C’est vibratoire, c’est au fond de l’âme, au fond de mes mois différents, car j’en ai plusieurs si je comprends bien l’humanité qui vit en moi. Nous sommes plus que ce qu’on croit, tu sais…
– Justement, je voulais te parler de ce qui m’arrive, j’entends encore un Rolf Von me parler, comme dans une téléphonie géante.
– Moi je le vois, ton Rolf, j’en ai rêvé cette nuit et il vient régulièrement. T’inquiète, on est potes maintenant.
– Mais enfin, pourquoi les enfants font-ils tout plus vite ?
– Question d’expériences, ma mère, d’expériences !
– Bon, admettons que tu aies plus vécu que moi…
– Je n’ai pas dit cela, car tu es aussi vieille que moi dedans, mais l’expérience est modulée et cryptée chez moi, tu vois.
– Pas trop, mais je comprends le mot « dedans ».
– Voilà ! On y est. Dedans, d’autres champs expérientiels coexistent et se juxtaposent pour redéfinir ton quotidien. Je n’avais jamais dit ça avant, mais ça sonne bien, tu vois ?
– Et Rolf, on en fait quoi ? « Demande à ton fils de regarder autour de toi, qu’il te dise… » Et en plus il me demande de te demander de regarder autour de moi… tu vois quelque chose ?
– Comme d’hab, du brillant, des paillettes, un truc de fille, mais aussi des liens. Tiens… Beaucoup de liens. On va faire une salade de fruits de nos savoirs et on va enfin ranger la maison ensemble, si je ne m’abuse.
– OK, je range et tu m’expliques.
– Rolf dit « Non » de la tête, tu sais…
– Mais depuis quand tu vois des « trucs » ?
– Depuis que je suis petit, je ne sais plus.
– Tu ne m’en as jamais parlé !
– Toi non plus ! Et puis je grandissais, on ne peut pas tout faire.
– Soit, donc rattrapons le temps perdu et expliquons cela à ta sœur ce soir, que l’on voit ce qu’elle fait, elle, spontanément, sans l’avoir dit.
– Elle ? Elle saisit les anges. Bon, ce n’est pas que je m’ennuie, mais je dois filer. Pas grandchose à l’école ces temps, ça sent la fin…
– Alors finis bien ! »
« Aujourd’hui grand ménage !
– Dans ta tête ou dans ton cœur ?
– Rolf Von ! Taisez-vous !
– Le vouvoiement est peu agréable lorsque les ondes traversent les espaces et sondent le fond de mon être désincarné.
– Apitoiement, victimisation, tu connais cela dans ton univers ?
– Non, je plaisantais mais tentais de te soudoyer un soupçon de regard intérieur.
– Attendons que les enfants rentrent et balayons les affaires les unes derrière les autres pour trier, je vais déménager ! Habiter à la campagne et me faire aimer ! Na !
– La campagne, soit, te faire aimer n’est pas nécessaire lorsque tu rayonnes suffisamment, les longueurs d’amour sont éparses dans l’air, comme l’éther est aussi clairsemé dans l’entièreté de l’espace.
– Tu sous-entends que l’amour est partout diffusé et pourtant les individus souffrent le martyre avec cette histoire de séparation, d’attachement, d’affection, d’amour et de candeur de jeunesse ?
– Ce que je dis c’est que l’amour EST et que les individus n’y ont plus accès. Ce qui ne veut pas dire la même chose.
– Donc, à la campagne, j’aurais de l’amour et pas besoin de relation amoureuse, c’est cela ?
– L’amour est partout, même en ville, et la relation est amoureuse ou ne l’est pas, mais ne conditionne guère la relation à l’amour.
– Tes nuances agacent mais clarifient, c’est étonnant comme sensation intérieure.
– Le dedans… c’est doux, n’est-ce pas ?
– Le dedans m’aime et me fera me sentir aimée.
– De tout l’univers, bien entendu !
– Alors déménageons et visons le « dedans », uniquement le dedans.
– Le dedans se partage dehors, c’est le deal sur Terre, tu viens avec ton « dedans » et tu le mets en pâture pour une meilleure visibilité de tous les liens que tu vas tisser.
– Lien, liant, gluon, espace, temps, énergie, dimensions, amour dedans. Ai-je bien résumé ?
– Pas encore entièrement, mais tu progresses.
– Comment me résumerais-tu le plus important pour moi aujourd’hui ?
– Te reposer, t’animer au-dedans, te faire plaisir avec le regard, les senteurs, les sens en général, sans perdre de vue l’amour dedans. Et donc déménager pour un plus, un mieux, un grand air et de belles énergies, oui, si tu veux.
– Est-ce juste de le faire ?
– A ce jour, garder cet appartement aussi coûteux pour ne plus travailler là, dans ce quartier, n’est de fait pas nécessaire.
– Les enfants ?
– Ils tiendront, ils reviendront, ils changeront. Ils sauront que vers toi ils viendront se régénérer. Donc vise un train pas trop loin de ta future maison.
– Intéressant, je n’y avais pas pensé.
– Le plus important étant le taux vibratoire et les pensées, mais pas vraiment le quotidien dans une vie. Donc leurs pensées de fatigue et leur non-possibilité de te rejoindre si c’est trop loin seraient ennuyeuses pour eux, ils manqueraient de l’énergie de toi.
– Oh, c’est si doux d’avoir du sens, de se sentir utile !
– Mais vous l’êtes tous sur Terre, vous oubliez simplement votre champ de responsabilité.
– Merci de me le rappeler. Ils arrivent ! Vite, je vais leur parler ! »
« Mes amours. J’ai une surprise pour vous ! Je pense qu’il serait sans doute juste de déménager pour modifier quelque peu notre destinée. Qu’en pensez-vous ?
– Moyen bof pour moi, mais je comprendrai.
Je grandis, tu dois te refaire une vie !
– N’en rajoute pas ! Je parle de vous, de l’avenir, des décennies durant lesquelles je devrai tout faire pour vous. Enfin années… enfin… pas tout à fait « tout »... Bref, je suis encore là.
– Moi, perso, je trouve l’idée géniale, les copines me lâchent, changer de quartier m’irait.
– Euh… je pensais à la campagne, Amandine.
– Avec de l’herbe ? Et tout ce qui va autour ?
– Pas la forêt vierge ! Plutôt la prairie, les ondes douces, les rivières, une petite ville, pas trop loin. Tu pourrais inviter tes potes à passer une semaine, les week-ends, que sais-je encore.
– Moi je crois que c’est trop pour lui, mais il va s’y faire. Et ton Rolf d’amour, il dit quoi ?
– Mon Rolf d’amour me dit que l’idée n’est pas mal pour la suite. Car rester ici si je n’y tra
