Tourner la page (2) - François Bataillard - E-Book

Tourner la page (2) E-Book

François Bataillard

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Beschreibung

Connaissez vous l'histoire cruelle De la grenouille dans une gamelle, Qui profite de l'eau glacée, Sans voir la menace pointer ? Le feu prend sous la casserole, Le batracien ne bouge pas, Trop absorbé par ses idoles Ou rêvassant d'on ne sait quoi. ...

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« Tout ce qui mérite d ’être appris ne peut être enseigné »

A ma fille, Marie

Remerciements

Merci à vous tous, d’être là. Ma famille, mes amis. Merci de votre amour, de votre soutien. Je vous dois tant. Merci. François

Note de l’auteur : toute ressemblance avec des faits ou des personnages existants ou ayant existé serait fortuite et involontaire

PS : … à part peut-être la grenouille - que Marie a représentée en couverture - qui existe certainement …

Sommaire

aréopage

tapage

équipage

dérapage

aréopage

La grenouille

Connaissez-vous l’histoire cruelle

De la grenouille dans une gamelle

Qui profite de l’eau glacée

Sans voir la menace pointer ?

Le feu prend sous la casserole,

Le batracien ne bouge pas,

Trop absorbé par ses idoles

Ou rêvassant d’on ne sait quoi.

L’eau a tiédi mais l’animal

S’est habitué au changement.

La bête à sang-froid est bien pâle.

Elle reste immobile pourtant.

Et quand l’eau commence à bouillir,

Il y a longtemps que la grenouille

A poussé son dernier soupir

Et laisse flotter sa dépouille.

Chacun fera ses conclusions.

Sur les facultés des grenouilles.

Faites tout de même attention

Quand quelque chose vous gratouille.

Il est des signes quelquefois

Qu’il vaut mieux savoir affronter.

Qu’on soit à sang chaud, à sang froid…

Vous sentez cette odeur de brulé ?

Le paresseux

Le paresseux est un cousin,

Des animaux sans ambition.

Il ne connaît qu’un seul refrain,

C’est le crédo de l’abstention.

Il est assez lent de nature,

Mais il surprend par sa vitesse,

A changer promptement d’allure,

Quand on rappelle ses promesses.

Je ne connais pas cette espèce,

Pour autant que je m’en souvienne.

Ah ! Mon ami, je le confesse,

Je sens venir une migraine.

Si vous n’avez besoin de rien,

Il fera toujours votre affaire.

Demandez-lui un coup de main,

Il saura bien vous en distraire.

Les moutons

La laine du mouton est un doux attribut,

Qui fait la dimension, d’animaux sans appâts.

Adulte ou prépubère, sa voix ne change pas,

Une seule suffit à ces individus.

Et il est une chose que le mouton sait faire,

Bien mieux que personne et dont il se sent fier.

C’est mimer à tue-tête ce qu’il entend partout,

Maintenant son courage au niveau des genoux.

Quarante ans ont suffi, quelques générations,

A enseigner la peur, à bêler sans passion,

Pour dire bien plus fort une pensée unique,

Les ovins ont forgé nos sens politiques.

Le crabe

Un crabe m’a conté une histoire bien triste,

Un homme sans problèmes, menait sa vie sans bruit.

Au port on en parlait, sans savoir trop sa vie.

D’aucuns le qualifiait, un peu comme un touriste.

Nul ne sait d’où il vient, on le voit toujours seul,

Il passe peu en ville, seulement pour attendre.

Les gens parlent beaucoup, personne pour l’entendre.

On ne sait rien de lui, ni rien de ses aïeuls.

Il est maigre et souriant, sous son regard profond,

Une blessure quelque part, au fond de son iris.

Ceux qui l’ont vu de près, soupçonnent une cicatrice,

Là au-dessus du cou, juste sous le menton.

Les gros poissons, qui mordent bien autant qu’ils respirent,

Le prennent pour un rien, il faudra bien lui dire !

La petite friture, plus au courant de tout,

Argotent sur son mystère, comme on crierait au loup.

Une éponge émotive, qu’il avait en voisine,

A vite repéré ses départs récurrents,

Chaque lundi matin, dans son costume marine,

Il reprenait le train, silencieusement.

Et un jour est venu, il s’est évaporé.

Les épaisses méduses racontent sur le marché :

« Certains disent que le crabe y est pour quelque chose,

Certains disent que le crabe, fait sa métamorphose ».

La basse-cour

La basse-cour est un haut-lieu

De creux discours, de jugements.

Pourrait-on en attendre mieux,

Quand on connaît ses habitants ?

La poule souffre de complexes,

Faut dire que la vie est cruelle :

Pourquoi l’avoir affublée d’ailes,

Si c’est pour marcher à l’index ?

Quant à l’assurance des poules,

Qui savent continuer un chemin,

Sans tête, fût-elle d’ampoule,

C’est le secret de leur instinct.

La bête flambe aux étincelles

Qui jaillissent en elle au prétoire.

Elle se sent dans sa citadelle,

Dès qu’elle s’approche des robes noires.

Le condamné est un faisan,

Jugé pour un maigre délit.

Avant même les plaidoiries

Il est coupable, c’est évident.

La poule cherche le marteau,

Pour donner enfin son verdict.

Mais il fait noir dans le cerveau,

Qui veut prononcer la vindicte.

L’animal sait pourtant y faire,

Elle porte si bien la cagoule,

Que même avec une tête en l’air,

Elle sait juger, ça la défoule.

Si vous êtes un jour condamné,

Par une poule ou sa tribu,

Ne cherchez pas à négocier,

Vous risqueriez d’être déçu.

La gallinacée sans cervelle,

Fait assez peu de sentiments.

On lui a trop coupé les ailes,

Pour qu’elle épargne un mâle faisan.

Morale

« Que l’on soit aigle ou bien faisan,

Méfions-nous des gallinacées,

Qui mettent leur tête à couper »

L’ours

L’ours malgré son poids n’a pas en proportion

D’attributs à sa taille, entre les pattes arrière.

Il peut être craintif, couard, pris d’émotion

Au premier bruit qui court ou sous un courant d’air.

Approchez-vous de lui mais méfiez-vous quand même,

De son air pataud, de son allure amène.

Bien léché ou pas, l’ours est un quadrumane

Qui gère son humeur, à grands coups de tatanes.

Les ours ne sont pas cachés dans les cavernes,

Ils peuplent les cités de nos ères modernes.