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Quand m'est revenu en mémoire le visuel des vieux manuels "Larousse" vers lesquels, nos profs nous envoyaient apprendre les pièces classiques qu'ils renfermaient, j'ai souhaité retenir le violet des couvertures, bien décidé cependant à vous en faire voir de toutes les couleurs. Celles d'une histoire teintée de fantastique, où, sous le tournoiement d'un vieux boomerang lancé par mégarde, un inconsolable amoureux va retrouver et tenter de sauver la jeune fille qu'il a jadis aimée. Sous les tons de la misérable réalité exposant les voyageuses aux audaces des harceleurs, nous découvrirons comment deux filles très différentes vont se disputer un homme exceptionnel. Et... si d'un coup, le temps se mettait à marcher à l'envers? Un groupe d'amis va devoir vivre cette expérience très déroutante. Parviendront-ils alors à sauver Irina, une jeune physicienne spécialisée en mécanique quantique? Pour finir, je vous invite aux rencontres croisées de deux amis avec deux inconnues appelées sur le hasard de faux numéros de téléphone.
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Seitenzahl: 183
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Le boomerang
N’est-il pas d’exercice plus ennuyeux que d’avoir à débarrasser un grenier?
On jette ceci? On garde cela?
Et ce bout de souvenir qui vous revient…
Tel un boomerang!
De si loin!…
Mais en fait, aviez-vous vraiment oublié ce bout de votre passé?
Un mauvais souvenir autour duquel Christophe ne cesse de faire tourner tout ce qu’il a ramassé qui constitue sa vie. Et si tout pouvait repartir de ce jour! Le jour où Christophe a perdu Cyrielle…
Au cours de ses rangements, il trouve un mystérieux boomerang.
Sophie sa tante le met en garde sur les pouvoirs que serait censé posséder l’objet.
Mais, très malencontreusement, ces pouvoirs viennent à être activés et, Christophe va devoir revivre les évènements qui ont précédé la tragique disparition de Cyrielle, dont il était amoureux.
Cyrielle arrivera-t-elle à résister aux initiatives que prend Martial pour la séduire?
Christophe parviendra-t-il à maîtriser sa jalousie face aux audaces de son cousin?
Le boomerang n’arrêtera sa folle course qu’à ces deux conditions.
***
L.M.A.CPas du tout
Amélie et Clotilde partagent le même appartement. Rien ne serait plus ordinaire, s’il n’existait dans les habitudes de ces deux filles d’importantes différences!
Clotilde, est Inspectrice des impôts, et n’aspire qu’au repos en rentrant du travail. D’autant plus, que contrainte à utiliser les transports en commun, elle s’y trouve systématiquement confrontée aux manies tactiles des pervers de toutes sortes.
Amélie, à son extrême opposé, fait partie d’un groupe rock féminin, et avoue n’avoir jamais eu à se plaindre pendant ses déplacements du moindre harcèlement .
C’est incompréhensif !
La recherche conjointe de la solution miracle pour mettre Clotilde à l’abri de ces intolérables audaces, va conduire à l’expérimentation de plusieurs solutions et à dénicher l’oiseau rare.
Louis-Marie serait-il l’homme idéal?
Mais, quand Clotilde veut inviter Louis-Marie à l’appartement, rien ne se déroule exactement comme elle l’avait imaginé.
Car les allures désinvoltes et la spontanéité d’Amélie, semblent beaucoup plaire à notre visiteur.
***
IRINA
Irina est une jeune prodige de mécanique quantique.
À l’issue d’une conférence à laquelle elle participe, elle est kidnappée et assassinée.
Arthur, venant à mettre en marche un téléphone recyclé qu’il a commandé en remplacement du sien, tombe sur un message écrit en russe qui vient l’informer des périls auxquels se trouve exposée Irina.
Selon toute vraisemblance l’appareil qu’Arthur manipule a précédemment appartenu à la jeune scientifique.
Et d’un seul coup… tout semble se mettre à marcher à l’envers, comme pour offrir une chance de sauver Irina.
Mais, au préalable, Arthur doit se fondre dans le nouveau moule de la dimension temps où il se retrouve plongé.
Cependant, pour Arthur, déjà confronté aux difficultés d’un quotidien compliqué, qu’il partage très clandestinement avec Annabelle, la petite amie de son ami Tom et les quelques scrupules qu’il ressent à tromper ce dernier, l’exercice ne s’avère pas des plus faciles. D’autant que Tom est très loin d’être dupe.
Or, quand le calendrier passe les jours en marche arrière… le temps ne peut-il pas tout arranger ?
***
Mauvaise fille
Êtes-vous plutôt rousse ou blonde ?
Au sortir d’une soirée, Fabrice qui n’est guère en état de conduire se voit raccompagné chez lui par Constance (rousse).
Au moment de se servir un dernier verre, il le partage avec le petit mot où Constance lui avait laissé un irremplaçable sésame téléphonique .
Dans l’incapacité de décrypter le bon numéro de téléphone il contacte à tort Marie (blonde) qui, flairant l’aubaine se fait passer pour Constance.
Dans le même temps, Victor, ami de Fabrice, parvient à trouver le numéro de Constance et découvre qu’elle n’est autre que son ancienne petite amie dont il s’était jadis séparé.
Pour conquérir le cœur de Constance, une âpre rivalité va opposer les deux amis. Ceux-ci vont découvrir au cours de leur confrontation la supercherie de Marie mais surtout, apprendre que Constance a exercé pendant quatre ans l’activité d’escort-girl.
Évincée, Marie va chercher à se venger de Fabrice…
Entre Marie et Constance, qui donc, est la mauvaise fille ?
…
À moins qu’il n’y ait dans cette histoire que de mauvais garçons !
***
Vue plongeante(Nouvelle)
--==oOo==--
L’intérieur d’un grenier où sont empilés épars, malles, cartons et caisses de toutes dimensions, des meubles et de vieux jouets cassés, des peintures défraîchies dans leurs cadres recouverts de poussières. Des liasses de vieux journaux ou de revues de mode.
Partout depuis les poutres visibles çà et là pendent des toiles d’araignées etc.
Un homme âgé d’environ quarante ans s’active entre sacs, boites et cartons, en y jetant ou en y rangeant les objets qu’il trouve au hasard d’un tri qu’il fait sommairement.
L’homme s’appelle Christophe Desarche et s’il est là aujourd’hui, dans la sous-pente de la maison familiale, c’est afin d’y récupérer ce qui peut l’être parmi tous les souvenirs accumulés pendant les années passées.
Christophe se parlant à lui même :
Les livres… Ils cachent entre leurs pages des pièges irrésistibles !
Les mots et les phrases ont des griffes terribles qui savent comment accrocher très efficacement nos souvenirs pour mieux les égratigner.
Si on veut en ouvrir un seul !
Pourquoi celui là ?
Ah ! Que d’histoires il me rappelle...
Et pourquoi pas cet autre, qui mérite tout autant mon intérêt… ou mes craintes.
Non ! Il vaut mieux tous les jeter !
Sans aucun remord, sous peine d’avoir à les emporter tous !
…
Ça ne s’arrange pas… Voilà que je me mets à parler tout seul, moi !
…
Ce doit-être à cause de tous ces souvenirs !
Tout semble ici vouloir engager la conversation avec ma mémoire.
…
Le vieux cheval à bascule !
(Christophe, s’assied sur la selle du cheval de bois trop petit pour ses trop longues jambes d’adulte).
… Il a pas l’air content !
Je dois être trop lourd !
Sans compter le poids des souvenirs !
…
Décidément, il faut que je me surveille !
Ouais! Il suffit pas de le dire!... surtout à voix haute!
(Christophe se relève)
Désolé mon vieux, toi aussi tu n’es juste bon qu’à jeter !
En faisant un pas de côté. Son regard est d’un coup attiré par un anneau traînant dans la poussière sur le plancher.
Christophe étonné :
Ah ! Si je m’attendais à ça ?
(Christophe se baisse et ramasse l’objet puis il le fait tourner entre ses doigts)
Il est absolument comme neuf ! C’est complètement dingue, depuis tant d’années!
(En bousculant quelques cartons il se fraye un passage jusqu’au pied d’un arbalétrier).
C’est là !
Oui !
(Il se met à sangloter)
…
Cyrielle…
…
Et…
Ce cœur toujours là, avec nos deux « C » entrelacés…
…
(Soupirant) Cyrielle !
…
Cyrielle !
Christophe essuyant un pleur, glisse l’anneau dans une de ses poches.
La lumière diminue d’intensité jusqu’à s’éteindre.
*
Sophie la tante de Christophe, âgée de 60 ans, pousse la porte du grenier et passe la tête par l’ouverture.
Sophie interpelant son neveu :
Ehhh !
C’est toi qui a appelé ?
Christophe avec étonnement :
Euh ? Non !
Enfin je… Je parlais… Je me parlais à moi-même…
Sophie jouant l’étonnement :
Tu parlais tout seul !
Christophe :
Justement, j’étais en train de me dire qu’il fallait que je me corrige de cette habitude !
Sophie :
Si ça peut t’aider, je te propose de rester un peu pour que tu me parles à moi !
Christophe :
Oui ! Je ne serais pas contre un peu de compagnie.
Sophie :
Tu m’indiques juste ce qu’il te reste à trier, l’emplacement où tu as mis ce que tu décides de conserver, et le tas des choses dont tu veux te débarrasser.
Christophe :
Les cartons des trucs que je veux garder, sont encore loin d’être pleins !
Sophie regardant les cartons à moitié remplis:
C’est tout ?
Puis tournant son regard vers les sacs poubelles :
Tout ça !
Tu as tant de mauvais souvenirs ici, pour vouloir te séparer de tout ça ?
(Regardant d’un air contrit le petit cheval à bascule) Et lui aussi ?
Christophe :
Quel enfant aurais-je, qui saurait s’y intéresser et jouer avec ça?
Sophie ironique :
Une question à la fois, c’est comme ça qu’on arrive à résoudre les problèmes !
Fais d’abord l’enfant !
Alors peut-être trouveras-tu une utilité quelconque à ce jouet !
Christophe :
Les enfants ne marquent plus le moindre intérêt à jouer avec des chevaux à bascule.
Sophie :
Tu sors ça d’où ?
(Se saisissant d’un vieil album photos rangé dans un des cartons des choses à conserver elle l’ouvre au hasard et le place sous le regard de Christophe)
Tiens ! C’est de ce genre de souvenirs dont tu devrais te débarrasser !
… Oooh… Comment s’appelait-elle déjà ?…
Christophe murmurant :
Cyrielle…
Sophie :
Bien sûr, Cyrielle !… Aucun danger qu’on l’oublie !
Cyrielle !
Christophe :
L’oublier ?
Il faudrait l’oublier ?
Quelle raison justifierait de décider d’un tel oubli contre elle?
Sophie :
Pour ton bonheur ! Christophe ! Est-ce une raison suffisante ?
Christophe :
Tout mon bonheur est de me souvenir d’elle !
Sophie :
Jusqu’à aller, encombré de ce souvenir là, passer à côté des meilleures occasions de rencontres !
Christophe :
Et finir sans enfant !
Sophie :
Tu as tout compris !
Christophe :
Et décider très injustement de sacrifier un cheval à bascule !
Sophie :
Absolument !
…
Parfait ! Alors, si tu ne le veux pas, moi, je le prends…
Je l’offrirais à mon petit neveu !
Christophe avec un humour grinçant :
Ou ta petite nièce !
Sophie franchissant le seuil de la porte pour sortir :
Quand tu l’auras faite !
*
Après le départ de Sophie, Christophe se retrouve à nouveau seul dans le grenier et reprend son tri et son monologue.
Ah Chère Tante ! Chère Tante !… (il soupire).
Je te remercie bien pour ton aide !
Christophe redouble d’ardeur dans son rangement.
Je jette et je garde ce que je veux !
Ce – que – je – veux !
Il est enfin temps que je puisse décider et dire je veux !
…
Voilà que ça remet ça !
Je veux arrêter de parler tout seul !
…
C’est une belle réussite !
… Où alors c’est le genre de truc qui marche en différé !
… Combien de temps peut-il s’écouler entre l’expression nette d’un « je veux » et le moment où il doit se réaliser ?
…
(Poursuivant ses rangements)
… (Il tire une vieille lampe à huile de dessous un empilement hétéroclite)
Ah ! Tiens donc !
Si ça n’est pas un signe ça !
(Il souffle dessus afin d’en enlever la poussière, puis retire un mouchoir de sa poche… l’anneau qu’il y avait placé précédemment, tombe sur le sol, roule jusqu’à la porte et dégringole les marches une à une…).
Tout est lié !…
Ou, coïncidence ?
Les coïncidences sont une manière pour Dieu de passer incognito… (1)
La voix de Sophie depuis le bas de l’escalier :
C’est quoi cette alliance ?
C’est bon à jeter ?… Ou elle t’a échappé des mains ?
Christophe :
Non !
Tu me la remontes !
La voix de Sophie étonnée :
Oooh, si tu y tiens !
Christophe :
Ce n’est pas moi qui y tiens ! C’est seulement qu’elle semble faire partie d’un… projet !
(à voix basse) Divin !
La voix de Sophie se rapprochant(On entend le rythme de pas montant un escalier en bois) : Un projet ?
Christophe :
Un espoir !
Dont certains facteurs viennent m’indiquer qu’il n’est peut-être pas vain.
…
(Christophe tout en poursuivant son tri).
Alors là !… je n’invente rien !
Regardez moi ce que je retrouve maintenant.
(Il exhibe un grand boomerang)
*
(1) Citation d’Albert Einstein.
Toujours dans le grenier, Christophe fait mine de prendre de l’élan pour lancer le boomerang.
Sophie passant la tête par la porte qu’elle maintient entrebâillée :
Tu comptes partir chasser le kangourou ?
Christophe :
Très drôle !
Sophie avec malice:
Si tu décides de le jeter, fait surtout très attention avec ce genre d’objet…
On ne sais jamais comment il peut vous revenir!
Christophe jouant les sceptiques:
Oh ! Tu sais, tout ce que l’on dit sur les boomerangs relève très largement du mythe.
De tous ceux que j’ai lancés, je ne suis jamais arrivé à en faire revenir aucun vers moi !
Sophie :
Celui-ci, est sans doute différent…
Je pensais bien qu’il était perdu !
C’est ton Grand-Père qui l’a rapporté ici.
Il était encore tout jeune alors...
Un cadeau que lui avait fait un aborigène, avec qui il avait sympathisé.
…
J’aurais jamais pensé qu’il était rangé au grenier !
Christophe dubitatif :
Rangé , rangé…
Sophie :
Y’a eu des problèmes avec !
Christophe :
Des problèmes ?
Sophie :
Ce genre d’objet, ça vient d’on ne sait d’où…
Christophe d’un ton narquois:
D’Australie je pense !
Sophie :
Bien-sûr ! Je veux dire… on n’sait pas comment ça a été fabriqué…
C’est… Chargé…
Christophe moqueur :
Depuis qu’il traîne dans la poussière au grenier, il a eu tout le temps de se décharger !
Sophie grave :
Je sais de quoi je parle!
… Des problèmes ! Oui (soupirant).
Christophe :
Des accidents ?
Quelqu’un a été assommé ou éborgné ?…
Sophie :
Non !
Mais… Des gens ont disparu!
Christophe perplexe :
Quels gens ?
Sophie :
En premier lieu, ton Grand-Père !… Et puis, sa première fiancée, Elisabeth... et elle, elle n’est jamais réapparue. Alfred Maigeant, un garagiste avec qui ton Grand-Père avait eu maille à partir ! Parti définitivement ! Pfouit !…
Christophe plaisantant :
Une maille à l’endroit, une maille à l’envers, une maille pour partir et pas pour revenir?
La fiancée de Grand-Papa a peut-être filé avec le garagiste, si c’était elle la maille… Il n’y avait rien d’étonnant qu’elle en vienne à filer !
Qu’a dit Grand-Papa quand sa fiancée a disparu ? Et… Lui même, en rentrant, comment a-t-il justifié son absence ?
Enfin, si disparitions il y a eu, quel rapport avec ce malheureux boomerang ?
Sophie vexée :
Tu peux bien te moquer, allez ! Je sais ce que je dis !
Christophe incrédule :
Tu sais ! Tu sais…
Tu répètes simplement ce qu’on t’a raconté !
Sophie :
C’est cela !…
Dis-le moi tout de suite que je radote !
Mais... si j’ai un bon conseil à te donner…
Débarrasse toi de ce machin ! Et vite !
Christophe bravache :
Bien au contraire ! Et, tout ce que tu me dis me pousserait même à tester l’engin !
Imagine qu’il me ramène vingt ans auparavant !
Exit Sophie
*
Christophe seul à nouveau. Regarde le boomerang en affichant un sourire sceptique, il rejette le boomerang sans conviction, sur une vieille table recouverte de nappes anciennes empilées les unes sur les autres . À peine l’objet a-t-il touché le tissu des nappes, que tout s’assombrit d’un coup.
Christophe intrigué :
Que se passe-t-il ?
Y a-t-il une raison pour laquelle ce à quoi on rêve devrait obligatoirement se réaliser ?
Qu’est-ce qu’elle m’a dit Sophie ?…
Un truc qui doit être chargé… ça alors, pour une charge rapide, c’est une charge rapide !
Les lumières s’éteignent et le rideau tombe
*
* *
Un salon bien meublé ouvrant d’un côté sur le jardin par un vaste bow-window et à l’opposé une porte donnant sur la cuisine et une autre sur un couloir menant aux chambres.
Christophe (d’une apparence plus jeune) est assis près d’une petite table, il se tient la tête entre les mains.
Sophie (plus jeune également) se tient debout face à lui, tortillant nerveusement un papier entre ses doigts.
Christophe révolté et incrédule :
Mais enfin, c’est invraisemblable !
C’est impossible !
Sophie d’une voix aux accents d’une infinie tristesse :
Hélas non, mon pauvre Chris, je ne te rapporte là que la malheureuse vérité !
Cyrielle est morte !
Christophe incrédule :
Mais ça remonte à quand ?
Comment ça a pu arriver ?
Elle était…
Sophie affligée puis avec détachement :
Je ne sais pas trop…
Ça s’est sans doute passé...
Dans la nuit du mercredi au jeudi, il y a deux semaines.
On n’en sait pas davantage…
Christophe :
Mais pourquoi n’en ai-je pas été informé ?
Nous étions si proches !
Ses parents auraient dû…
Sophie avec dureté:
Ils n’auront pas jugé utile de t’en parler, voilà tout !
Christophe soupirant:
D’où mes appels qui restaient sans réponse !…
Sophie :
Je le pense !
Christophe :
Ça correspond au week-end…
Où…
On s’était embrouillés pour… rien...
Mais, tu peux me croire, je n’y étais vraiment pour rien !
Sophie :
Je te crois !
Quoiqu’il en soit, il s’est passé alors quelque chose ici qui a profondément affecté Cyrielle…
Tu n’as vraiment aucune idée là dessus ?
Les amis que tu avais invités ?…
Ton cousin ?…
… Non, rien à me dire ? (perplexe devant l’air soudain absent de Christophe) Je n’insisterais pas… puisque la mort de Cyrielle, ne paraît pas être due à des causes autres que naturelles…
Christophe :
Dis moi ! Tu parais en connaître beaucoup pour quelqu’un qui n’était au courant de rien !
À mon tour de m’étonner. De quoi ont-ils dit qu’elle était morte ?
Sophie :
Une sorte de syncope !… Due à une vive émotion, un stress intense! Enfin, Moi...
Christophe :
Il n’y avait personne auprès d’elle pour l’aider ou appeler les secours ?
Sophie :
Non !
Elle est morte toute seule !
Ça a dû être terrible pour cette petite !
Christophe :
Comme je regrette !
Je n’ai rien pu faire !
Si seulement…
Et… Pourquoi n’a-elle pas tenté de m’appeler ?
Sophie :
Ça aurait changé quoi ?
T’imagine ? Être le témoin de son agonie sans pouvoir faire quoique ce soit pour la tirer d’affaire.
Christophe :
J’aurais pu appeler les secours !
Sophie :
Elle l’aurait fait elle-même ! Ça a dû être très soudain…
Et toi... tu n’aurais fait qu’hésiter entre continuer à lui parler ou appeler les secours.
Christophe déçu et catastrophé :
C’est terrible !
C’est terrible !
…
Mais à quoi sert donc alors ce putain de boomerang !
S’il ne peut que me faire revivre ce que j’ai déjà connu, sans avoir la possibilité d’y apporter un quelconque changement.
Sophie étonnée puis inquiète:
Qu’est-ce que c’est que cette histoire de boomerang ?
Que penses-tu vouloir changer ?
Ça ne tient pas debout !
La peine que tu ressens pour la perte de ton amie te fait complètement divaguer…
Christophe :
Elle était plus qu’une amie !
*
Même lieu, Sophie s’apprêtant à sortir en empruntant la porte ouvrant sur le couloir.
Sophie se ravisant, perplexe :
Je repense à un truc!
Tu as parlé de boomerang là ?
Tu l’as trouvé où ce… boomerang ?
Christophe :
Au grenier ! Coincé entre une vieille malle et un empilement de cartons.
Une lame du plancher était cassée… il dépassait…
Sophie apeurée :
C’est le boomerang de ton Grand-Père !
Je pensais bien qu’il s’en était débarrassé…
Tu l’as mis où ?
(Catastrophée) Ooooh... tu t’en es servi !
Tu espérais retrouver Cyrielle… Tu espérais pouvoir intervenir juste avant, juste à temps pour arriver à la sauver !
Et ?… Attend un peu ! Tu… tu viens d’où ?… Ou plutôt tu viens de quand ?
Christophe déçu :
Je suis tombé un peu à côté. Oui...
À vingt années de distance c’est pas évident !
Mais, il me suffira d’un peu d’entraînement pour arriver à m’approcher du moment charnière.
Sophie :
Oh ! Parce que tu veux pas t’arrêter là ?
Si tu continues, je crains fort que tu te lances dans un exercice dangereux… auquel…
Christophe lui coupant la parole :
Auquel il m’est désormais impossible de renoncer. Je porte déjà en moi tous les regrets de n’avoir rien pu faire pour Cyrielle. Abandonner les projets que j’ai maintenant, serait pour moi comme si je devais l’abandonner une seconde fois.
Je l’ai tellement aimée.
Oh ma tante, comme je l’aime ! Comme je l’aime !
Sophie poursuivant son idée :
Moi, je ne crois pas un mot de ce que tu me racontes !
Ce à quoi je crois c’est que ce boomerang a causé par le passé des… soucis… Beaucoup ! Des catastrophes même !…
Christophe :
Je sais ma tante ! Élisabeth, le garagiste, le chien de la maison…
Sophie :
Comment sais-tu tout ça ?
Nous n’en avons jamais parlé que je sache.
Je pensais même que ce boomerang avait été jeté au feu depuis longtemps !
Depuis très longtemps… (Elle réfléchit)
Si tu viens de très loin, de très longtemps… Bref !…
Dans vingt ans d’ici, je serais… (elle toussote)
Je serais comment ?… Physiquement… (Elle passe avec coquetterie machinalement la main dans sa chevelure).
Christophe riant :
Hummm…
Sophie tracassée :
Quoi ?
Christophe :
Hummm…
Sophie s’impatientant:
Allons ! Dis moi !
Tu m’inquiètes…
Christophe :
Tu n’es pas véritablement à mon goût…
C’est un peu normal, trop de différence d’âge !
Sophie outrée :
Oh ! N’abuse pas quand même !
Juste quinze ans à peine !
Christophe gentiment :
Vingt plutôt !
Sophie sceptique:
Euh… Tu crois ?
Je dirais peut-être dix sept !
Christophe catégorique :
Plutôt vingt !
Sophie déçue :
Oui, dans un sens ou dans l’autre, ça fait toujours vingt !
… Mais ! Tu ne m’as toujours pas dis !
Comment je suis dans vingt ans ?
Christophe :
Je dois dire…
Ma foi…
Pas trop mal pour une sexagénaire !
Sophie le frappant gentiment avec une revue qu’elle a trouvée posée à proximité de sa main :
Pas trop mal ! Pas trop mal !
Sexagénaire !
Quel grossier personnage tu fais !
Méchant !
(Christophe s’enfuit, Sophie le pourchasse la revue roulée dans sa main levée, tous les deux sortent).
On entend le vrombissement caractéristique d’un boomerang en approche… Fvrou ! Fvrou ! Fvrou !
*
Christophe accompagné de son cousin Martial encadrant une jeune fille Cyrielle, entrent dans le salon par la porte fenêtre ouverte sur le jardin.
Martial souriant :
Alors quoi, c’était pas bien notre petite balade ?
Elle est pas chouette ma caisse ?
Bon ! À voir vos airs dubitatifs, je devine que vous n’êtes pas encore remis…
Christophe ôtant sa veste:
Je préfère des allures plus modérées !
Cyrielle déposant son sac à main sur un fauteuil:
J’avoue que le côté adrénaline, c’est assez stimulant !
Christophe :
Mais c’est assez inconciliable avec mes concepts romantiques !
Martial ouvrant le col de sa chemise:
On n’a jamais autant fait couler d’adrénaline qu’à l’époque romantique ! L’amant qui escalade la façade pour rejoindre sa maîtresse…
Ciel ! Le mari qui débarque à l’improviste et le joli cœur s’en va en empruntant la même voie en sens inverse. Les duels, les galops par les chemins forestiers. Ils jouent, ils perdent… Ça n’est que cela le romantisme !
Christophe :
Quel manque de romantisme !
Martial :
Ton romantisme à toi !
Tu le gardes pour toi !
Tiens ! Demande à Cyrielle ce qu’elle en pense !
Cyrielle :
Moi ?
Martial :
Les filles sont expertes dans les choses romantiques ! Tout le monde sait ça !
Cyrielle :
Quel affreux macho !
Christophe :
Mais nous avons un jardin magnifique !
Au milieu d’une contrée verdoyante !
Il fait beau…
Martial :
Les oiseaux chantent, les papillons papillonnent, les sauterelles sautent de fleur en fleur !
Oh ! Quel romantique je fais !(railleur)
Bouh !… Quel ennui !
Christophe :
