Trac en quatre actes - Alexandre Antonczyk - E-Book

Trac en quatre actes E-Book

Alexandre ANTONCZYK

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Beschreibung

Voici le sixième tome du recueil de comédies que j'ai lancé sous le titre : Trac en quatre actes. Un titre bizarre en forme d'onomatopée, dont j'espère qu'à l'égal de l'homéopathie, il puisse écarter l'incommensurable méfiance des producteurs toujours prompts à penser qu'il est bien trop "casse gueule" d'aller oser monter une pièce d'un auteur inconnu. Avec quatre nouvelles comédies, je vous invite à retrouver ici les atmosphères insolites et insolentes de mes univers, si parallèles à la réalité qu'on pourrait les croire vrais... avec la fantaisie et l'humour en plus. Véritable et terriblement actuel, le harcèlement à l'école... qui m'a inspiré l'écriture d'un spectacle prévu pour de jeunes acteurs mais destiné à un public "de 7 à 80 ans", afin de témoigner que pour certains, la récré n'est pas toujours un instant de plaisir. Puis, je vous invite à un huis clos en montant à bord d'un ascenseur. A quel étage voulez-vous vous arrêter?... Gare si vous hésitez! La machine est un tantinet capricieuse. Et si la mort était la garantie infaillible pour un artiste plasticien d'accéder au succès ? Pour peu que celle-ci soit le résultat d'un crime voilà qui ouvre bien des spéculations et s'il venait en plus à se produire des choses vraiment inexplicables, là il y aurait pour le coup, de quoi intéresser la galerie. Dans la dernière histoire, en réassemblant les pièces d'un puzzle, Laurent, joueur inexpérimenté, va provoquer un retour très inattendu.

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Seitenzahl: 148

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Sommaire

Sommaire

La Récré

Un aller simple pour le paradis

Vernis sage

La pièce qui manquait

La Récré

Prologue :

Acte I

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Scène 7

Acte II

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Scène 7

Epilogue

Un aller simple pour le paradis

Acte I

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Acte II

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Acte III

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 5

Scène 6

Scène 7

Scène 8

Vernis sage Comédie en quatre actes

Acte I

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Acte II

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Acte III

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Scène 7

Acte IV

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Epilogue

La pièce qui manquait Comédie en trois actes de ANTZ

Acte I

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Acte II

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Acte III

Scène première

Scène 2

Scène 3

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

La Récré

Une comédie écrite tout spécialement pour une scène d’ado et pré-ado. Le thème veut traiter du délicat problème du harcèlement en milieu scolaire.

Les répartitions par classes ont motivé le placement de Camille au sein d’un milieu composé uniquement de filles.

Pour les « durs » de l’école, Camille devient « Moinzungat » (que des filles moins un gars) le sujet de toutes leurs plus stupides vexations.

Sous le poids des menaces de terribles représailles, Camille est un jour contraint à s’exiler de sa classe.

Quand il va se réfugier auprès de la fresque qui orne les murs de l’école, un allié providentiel va lui offrir une aide imprévue et particulièrement insolite.

***

Un aller simple pour le paradis

Un entretien d’embauche est proposé aux candidat(e)s qui souhaiteraient intégrer le service comptable d’un grand consortium.

La même journée une société en résidence au deuxième étage du même immeuble a prévu d’organiser un casting.

L’aide brouillonne d’une agent d’accueil ne va pas faciliter l’orientation des intéressé(e)s.

Entre le douzième étage et le deuxième… Le cœur des candidat(e)s et l’ascenseur balancent.

Une comédie presque en huis clos à l’intérieur d’une cabine d’ascenseur.

***

Vernis sage

Au sein d’une galerie d’art, l’installation de l’exposition tourne court à la suite de la mort suspecte d’un des artistes exposants.

Tandis que l’enquête de police piétine, des manifestations insolites de produisent, causant l’animation d’une statue, suivi du brusque réveil du mort.

Et, jusqu’à la date prévue pour le vernissage, que va- t-il se passer encore ?

***

La pièce qui manquait

Roselyne est ludosolveuse, elle aime reconstituer les puzzles les plus problématiques. Quand elle ne pousse pas jusqu’à les compléter en y intégrant une petite touche personnelle.

Un jour, alors qu’elle s’est absentée de chez elle pour quelques semaines, ayant laissé la garde de son logement à son Neveu, celui-ci reçoit la visite d’une jeune femme qui lui laisse un puzzle incomplet. Laurent se lance dans l’aventure afin d’arriver à reconstituer le puzzle à sa façon.

Après avoir éprouvé des regrets sur la manière désastreuse avec laquelle il a traité son énigmatique visiteuse, il se met à espérer que celle-ci repasse. Au gré de leurs rencontres peut-être parviendra-t-il à comprendre pourquoi elle ressemble tant au personnage qui est représenté sur l’illustration figurant sur le couvercle de la boite qui contient les pièces à assembler.

--==oOo==--

La Récré

Comédie en deux actes un prologue et un épilogue

Prologue :

Le rideau n’est pas encore levé, un enfant [un(e) grand(e)] l’entrouvre pour se faufiler entre les deux pans et s’engager à mi corps sur la scène.

Que vous dire du héros ?

Comment vous le présenter ?

Est-ce tout d’abord un héros ?

Il n’en a ni l’étoffe, ni la consistance et n’a développé aucun goût pour chercher le plus petit interstice par lequel se glisser afin d’en devenir un.

Et puis surtout, ce héros, pourrait être tout autant une héroïne…

C’est la raison pour laquelle l’auteur a choisi de nommer son héros : Camille.

Enfin, la question que je me pose…

Et que vous vous posez toutes et tous ici, j’en suis certain(e)…

Une question totalement sans importance d’ailleurs…

C’est…

Camille c’est bien, mais, pourquoi pas Claude ?

Non !…

Là c’est juste une petite touche d’humour, histoire de détendre l’atmosphère !

Non !…

La question que bien sûr vous vous posez toutes et tous est celle-ci :

Allez vous savoir identifier le héros de cette histoire au premier coup d’œil ?

Bien évidemment, vous vous dites, c’est forcé !

C’est le premier personnage qui va apparaître sur scène !

Alors là, si j’étais vous, je ne me fierai pas à ça !

Regardez-moi !

Est-ce que j’ai l’air héroïque ?

Mais au fond, franchement… Je vous demande…

Tout cela a-t-il une quelconque importance ?

Tout ce qui est important ici, bien chers spectateurs, c’est ce qui va suivre.

(Le présentateur (ou la présentatrice) tire vers lui (elle) les pans du rideau pour les refermer sur sa sortie.

Après avoir complètement disparu derrière, il (elle) les ré-écarte pour ne laisser passer que sa tête)

Merci de m’avoir écouté(e).

Je vous laisse tout à cette histoire et vous souhaite un bon spectacle.

-----

ACTE I

Scène première

Un décor de cour de récréation. Un alignement de tilleuls étendant des moignons de branches garnies de feuilles encore vertes. Au fond, barrant la façade d’un bâtiment scolaire, une rangée de poteaux métalliques soutenant l’auvent d’un préau. Du côté cour (pas de récréation celle-ci) s’étend une clôture de grillage à laquelle sont accrochés des panneaux décorés de peintures enfantines dont un représentant des escargots.

Une sonnerie annonce la sortie des classes.

Les premières bandes d’enfants apparaissent courant, sautillant… hurlant leur joie de se retrouver dehors pour le temps de la récréation.

Groupes d’enfants discutant, jeu de balles, bousculades, chamailleries…

Richardhurlant :

Oh les mecs !

Autoritaire : Oh les mecs !

Oh les mecs… Les mecs !

Alors, vous vous ramenez là !

Axel :

Oh ! Arrête de faire ton chef !

Julien :

Ouais ! Arrête de faire ton chef !

Axellui répondant fâché :

T’as-t’y besoin de répéter c’que viens d’dire !

Juliensaluant de manière militaire :

Yes Chef ! Yes à vos ordres Chef ! Yessss Chef !

Richards’impatientant :

Quand vous aurez fini vos singeries, bandes d’idiots, vous pourrez arriver m’voir !

Oké ?

Benoist arrivant en catimini derrière Richard se met à lui tapoter le dos.

Okéééééééééééééé…

Julien et Axelen même temps reprenant l’effet de chevrotement produit :

Okéééééééééééééé… Chèèèvre Yééééésss…

Chèvre !

Richardse retournant vers Benoist :

Ben ! Arrête ! Qu’est-ce que tu fais patate !

Benoist :

T’as dit hoquet ! Fallait qu’ j’te tape dans l’dos pour l’faire passer !

Richard :

Taper dans le dos c’est pas pour faire passer le hoquet ! Espèce de patate pourrie!

Benoistdétalant d’un coup en rigolant, court au travers de la scène en hurlant :

J’suis pas une patate pourrie !

Je suis la patate vibrante !

J’suis la patate vibrante !

Richardd’un regard d’impuissance :

Ooooh purée !

Fin de la scène.

Scène 2

Une nouvelle vague d’élèves déferle sur la scène en criant.

Richardcramponnant Benoist par la manche :

Ah ! Voilà la classe des filles !

Julien à Axelmoqueur:

Les filles à la vanille !…

Deux filles interviennent.

Laurette :

Oooh ! Les poètes ! Quelle originalité !

Stéphanie :

Ils font ce qu’ils peuvent !

Laurette :

D’abord on n’est pas la classe des filles !

Stéphanie :

C’est parce que y’a eu que des filles qui sont nées l’année quand on est nées !

Laurette :

Une majorité de filles !

Mathé :

Moins un gars !

Stéphanie et Laurette ensemble :

Mathé la matheuse !

Axel et Julien :

Ha ! Pour mater, elle mate !

Mathé,vexée:

C’est même pas vrai !

Julien :

Mais si qu’c’est vrai, j’t’ai même vue, comme qui dirait de visu ! Vrai de vrai, craché juré !

(Il crache)

Laurette :

Oh ! La formule toute faite !

Stéphanied’un air écœuré:

Et distingué avec ça !

Richardcramponnant toujours Benoist par la manche et le secouant pour crâner devant Laurette :

Alors comment y va ma patate pourrie ?

Se tournant vers Laurette : Si t’es intéressée par une patate pourrie… J’t’en fait cadeau !

Benoist ricannant sottement :

Oh ben s’il veut te faire des cadeaux maintenant !

Ça cacherait-y pas queuk chose ?

Ça cacherait-y pas queuk chose ?

Ça cacherait-y pas queuk chose ?

Richard en aparté à Benoist :

Tu vas t’taire spèce d’andouille !

Benoist à la cantonnade :

Il est amoureux !

Il est amoureux !

Il est amoureux !

Richard aime Lau-ret-te !…

Richard tenant Benoist par le col :

Si tu t’arrêtes pas j’t’étrangle !

Benoist :

Tu m’étouffes !

Richardrelâchant son étreinte et repoussant Benoist :

Tu mériterais !

Si t’étais pas qu’une sale patate pourrie !

Benoist d’un air de conspirateur :

Moi j’ai un super cadeau pour Laurette !

Chiche que j’te la pécho !

(Ouvrant son blouson il en retire un énorme soutien gorge qu’il brandit à bout de bras)

Ta ! Dam !

Richard se mettant à rire(ainsi qu’Axel, Julien, Mathé, Laura et Stéphanie) :

C’est quoi un hamac pour deux ?

Julien moqueur :

On vous voit bien tous les deux !

Tu prends la couchette gauche ou la droite ?

Lauretted’un air pimbêche :

Quelle horreur !

Ça n’a absolument rien à voir avec mes coordonnés !

Benoistprès de Richard en aparté :

Beurk la dégoûtante ! Pourquoi elle nous parle de ses crottes de nez ?

Richard :

Pas crottes de nez ! Patate !

Cordonnet !

C’est comme une sorte de ruban ! Un truc de fille !

Julien,se rapprochant d’un coup de Richard toujours flanqué de Benoist et de Laurette près de laquelle se tiennent Mathé et Stéphanie :

Et les gars ! Vous voyez c’que j’vois ?

C’est le nouveau !…

Benoist avec mépris :

Ah oui, le moins un gars !

Fin de la scène.

Scène 3

Sortie d’un élève (Camille) suivi de deux professeurs qui s’arrêtent à la porte.

Rires idiots au sein du petit groupe d’élèves.

Benoistd’un air pinçant :

Eh ! Moinzingat !

Moinzingat !

Oooh !

T’es sourd ?

Laurette, avec empathie :

Y risque pas d’t’répondre si tu l’appelles comme ça !

Son vrai nom c’est Camille !

Julien :

Ho ! Ho ! Camille à la vanille !

Mathé :

C’est normal, il est dans not’ classe de filles !

Benoistbêtement:

Camille qui s’tortille !

Richardembarrassé:

Camille… Euh ?

Camille…

Ca-mil... Euh ?

La camomille !…

Ovations de Benoist, et de Julien. Stéphanie commençant à applaudir se fait reprendre par Laurette.

Benoist :

T’as vu, c’est le chouchou des profs !

Richard :

Tu vas voir si j’le chope !

Benoist :

Tu lui f’ras passer un sale quart d’heure !

Richard :

Une sale demi-heure plutôt !

Une sale année scolaire !

Euh… Les sales cents ans d’sa vie !

Benoist :

Et, ça, ça n’est qu’un début !

Les filles toutes ensemble :

Non mais, vous vous entendez un peu là ?

Vous racontez des choses complètement

débiles !

Axel :

Elles ont raison !

C’que vous dites est complètement idiot !

Alors, comptez pas sur moi pour suivre votre

plan à la gomme !

Richardrageur:

Traître !

Fin de la scène.

Scène 4

Camille va s’isoler discrètement au bout du côté cour. Richard accompagné de Benoist le suivent feignant de l’ignorer.

Richard,d’un ton faussement aimable:

Salut !

Camille :

Oui ! Salut !

Benoist :

T’es nouveau ?

Richard :

Tu sais comment j’m’appelle ?

Camille, haussant les épaules :

Ben non !

Benoist,ricanant:

Perdu ! Son nom c’est pas « Bain-non ».

C’est « la sardine » qu’on l’appelle !

Richard :

Eh oui ! La Sardine !

Parce que avant, c’était « Pilchard »!

Benoist,lui coupant la parole :

Parce qu’il s’appelle Richard

Mais comme y’a pu personne qu’achète des pilchards, alors maintenant c’est « la Sardine » !

À distance on aperçoit les profs qui surveillent, non sans quelques appréhensions, comment les choses se passent.

Richard :

Et toi...

Camille,au quart de tour:

Moi c’est Camille

Richard :

Ben je l’sais, figures-toi !

Qu’est-ce tu crois ?

Benoist il voulait t’appeler « Moinzingat »

Parce que t’es tout seul dans une classe de filles !

Benoist :

Que des filles moins un gars !

Camille :

Pourquoi moins ?

Ça pouvait être : que des filles plus un gars !

Benoist :

Oooh ! T’entend ça ?

(Tapotant le front de Camille) ça cogite sec là d’dans!

Sauf que j’ai dit moins et pas plus !

Y’a que des filles, moins un gars !

Moi j’trouve que c’est super bien trouvé.

Camille :

Oui…

Si tu l’dis, c’est génial !

Richard :

Génial ?

Benoist il est archi nul, il n’a rien de génial !

« Camomille » ! Ça t’va bien !

J’vois un pépé moustachu en train de boire une tasse de camomille !

Tu vois, ça c’est mon côté poète !

Benoist,ricanant :

Pouet pouet !

Richard :

Et puis la camomille c’est pas bon !

Benoist :

Ouais ! C’est infect !

Richard :

Alors, pour moi t’es comme la camomille.

J’t’aime pas mec !

Benoist :

Ouais, mec, on t’aime pas !

Richard,se retournant vers Camille:

Et puis, t’as fait une tache !

(Lui pinçant le nez)

Moustache !

Richard et Benoist s’éloignent en rigolant.

Fin de la scène.

Scène 5

Camille est rejoint par Laurette et Mathé.

Lauretteavec empathie :

Ça va ?

(elle commence à rigoler)

Ils sont un peu lourds.

Mathé,ricannant aussi:

Non, rectification !

Y’a un lourd et y’a un taré !

Laurette, riant de plus belle :

Et un moustachu !

Camille, étonné et gêné :

Qu’est-ce qui vous fait rigoler ?

Les deux filles :

Oh ! C’est drôle !

Camille se souvenant de la blague de Richard porte instinctivement sa main à son nez et découvre une trace noire sur ses doigts.

Camille,dépité:

Ah je vois ce qui vous amusait tant !

C’est pas drôle !

Ça aurait été sympa de ne pas vous moquer de moi comme ça !

Mathémoqueuse :

Oh, mais c’est qu’il aurait mauvais caractère ch’ti pépère !

Laurette :

Et il a pas de sens de l’humour !

Tandis que Laurette et Mathé s’éloignent, Richard et Benoist reviennent vers Camille pour lui interdire de suivre les filles.

Fin de la scène.

Scène 6

Richard,d’un air faussement pensif:

J’ai bien réfléchi…

On en a reparlé avec Benoist

et... Julien.

Si tu veux qu’on soit potes…

Faudrait que tu prouves que tu as de l’amitié vraie pour nous.

Benoist :

On peux te demander des sous !

Richard,magnanime :

Mais on va pas t’en demander !

Benoist :

Du moins pas tout de suite…

Richard :

On comprend les choses…

Les sous c’est pas facile à trouver sous le sabot d’un cheval.

Benoist :

Son père il dit toujours ça !

Richard :

Alors pour commencer, on va te demander juste une preuve de rien du tout.

Ça va bientôt sonner pour qu’on rentre dans nos classes…

Benoist :

Alors toi tu bouges pas d’ici !

Richard :

Si ! Tu vas aller te planquer dans un endroit pour pas qu’on t’voit.

Benoist :

Et tu attends que ça se passe, tranquille (prononcer iye) Camille !

Camille,avec crainte :

Mais j’vais me faire punir !

Les deux ensemble :

Meuh non !

Ils vont même pas s’en rendre compte !

Camille :

Mais j’suis le seul garçon dans ma classe !

Benoist :

Ah ouais ! C’est vrai ça…

Richard :

Ouais…

Mais tu sais, garçon ou fille…

Y’a pas vraiment de grosses différences…

Benoist :

Oh oui, surtout en Écosse, parce qu’ils portent tous des jupes.

Camille :

Seulement on n’est pas en Écosse !

Richard :

Très bien !

Alors il va falloir envisager autre chose !

Benoist,dubitatif :

Oui… Autre chose…

Richard,d’un air réfléchi:

C’est pas que ça me fait plaisir…

Si tu te dégonfles…

Si tu rachètes pas l’épreuve qu’on te demande…

Benoist :

Avec des sous !

Richard :

Si tu vas cafter…

Benoist :

On te met une tête comme ça ! (accompagnant ses propos d’un geste de ses deux mains placées de part et d’autre de sa tête)

Richard,prenant un air énigmatique:

Sans compter que j’ai un tonton qui est dans la mafia...

Hun ! Hun !

Pif ! Pof ! (Se tapant les paumes de ses mains l’une contre l’autre)

Ni vu ni connu !

Imagine s’il lui venait l’idée de zigouiller ta p’tit’ maman comme ça… Crac !

Benoist :

Ah ? Quand même ?

Richard d’un air magnanime :

Seulement s’il va cafter !

À ce moment la sonnerie qui interrompt la récréation se met à retentir, Benoist et Richard détallent pour regagner les rangs des élèves qui se regroupent pour rentrer dans leurs classes.

Fin de la scène.

Scène 7

Camille se retrouve seul dans la cour de l’école, essayant de se cacher du mieux qu’il peut.

Il trouve à se dissimuler en s’asseyant au pied des panneaux revêtus de frises aux motifs enfantins.

Camille se sent partagé entre la colère, la tristesse et la peur.

Camille :

Moi, j’en veux pas de leur amitié !

Mais, qu’est-ce que j’leur ai fait ?

(Sanglots étouffés)

Et… le prof ?

Il va voir que j’étais pas là…

Qu’est-ce que je vais raconter ?

(Tandis qu’il se lamente, Camille ne remarque pas qu’un des éléments du panneau auquel il s’est adossé a commencé à s’animer. L’un des escargots s’avançant jusqu’à lui, lui touche le bras. Surpris, Camille se recule avec crainte.)

L’escargot,d’un air malicieux:

Alors, comme ça, on sèche les cours ?

… Moi, j’aime pas qu’on sèche les cours !

Je préfère quand les cours sont bien mouillées !

Humm ?…

Ça sent la pluie !

Tu trouves pas que ça sent la pluie ?

On dirait bien qu’ça sent la pluie !

Camille :

Non mais t’es qui toi ?

T’es pas réel !

C’est pas possible un truc pareil !

Je dois rêver !

L’escargot :

Ah que non, tu rêves pas !

Camille :

Tu es vraiment vivant ?

L’escargot :

Tout ce qui a de plus vivant !

Et, j’ai tout vu !

J’ai entendu comme ils te parlaient !