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Traces est un ouvrage composé de poèmes en prose sur le thème de la mémoire et des souvenirs. Il est illustré de photographies. L'ensemble se veut une réflexion sur le thème du temps, des empreintes que nous laissons et du rôle de la photographie dans la mise en scène de la mémoire.
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Seitenzahl: 40
Veröffentlichungsjahr: 2025
Ouvrages de Fabienne Marié Liger
Peylet, Gérard (texte), F.Marié Liger (illustrations),
Irène et Faustine, Paris : Books on Demand, 2022
Peylet, Gérard (texte), F.Marié Liger (illustrations), Petites histoires à la campagne, Paris : Books on Demand, 2022
Carole Martinez, une odyssée du féminin, sous la direction d’Agnès Lhermitte et Fabienne Marié Liger, Paris, l’Harmattan, 2023
Apollinaire, Cendrars, Maïakovski : esthétique du monde moderne et quête identitaire, Paris, l’Harmattan, 2023
Ouvrages de Michel Prat
Montpellier, ou l’esprit d’un lieu : récits brefs/Michel Prat, 2015
Cinq pieds de terre, l’aurore : nouvelles et récits/Michel Prat, Paris, l’Harmattan, 2009
Le diable s’en rit, Montpellier : Filosphere, 2011
Des choses plus claires que le jour, Brest : Éd. Dialogues, 2013
Ouvrages M.Prat et F.Marié Liger
Épiphaèmes/Michel Prat, textes ; Fabienne Marié Liger, illustrations, Samizdat, 2018
Lamparos de la mémoire/textes, Michel Prat ; illustrations, Fabienne Marié Liger, Castries : Samizdat, 2021, BOD 2022
Mise en forme de l’ouvrage par Fabienne Marié Liger
Ite, missa est
En ce temps-là
Sampans
Souvenir
Miroir aux alouettes
Faillite
Le ver dans le fruit
Hors des sentiers battus
To be a writer
Trou noir
Feria
Rupture et renouveau
Zao Wu-ki
Big Sur
Destruction créatrice
Fatum
Dilemme
Saint-Tropez
Le caban
Ex oriente lux
Sauterelles
La montre
La vraie vie
Postérité
Justice immanente ?
Le couteau à poisson
Un rêve prégnant
Miss Palavas
Mélusine, ou sirène ?
Syllabaire
Au bout du monde
L’or
Elke
Étoile filante
Une trace représente une empreinte laissée sur le sol par un individu ou un objet si l’on se réfère à la définition. Cela peut être le résultat d’une action ou encore ce qui reste du passé.
Aussi laissons-nous des traces matérielles ou morales par nos actions et nos choix. Le terme est donc en relation avec une temporalité ; la trace suit l’événement considéré comme passé, aboli et se rattache au souvenir, reste évanescent du vécu.
L’ouvrage Traces se compose de textes fragmentés, brefs récits, représentant des empreintes. Leur caractère morcelé et discontinu suggère que le lien entre la trace et le passé est fragile. Ils racontent des anecdotes, dans lesquelles différentes époques sont convoquées, l’enfance, l’âge adulte, tout en suggérant une appartenance au genre autobiographique, mais l’absence de lien entre les fragments eux-mêmes et d’éventuels référents souligne l’idée que la véracité des faits n’est pas le but recherché.
Les photographies présentes dans l’ouvrage viennent dialoguer avec le texte. Leur but n’est pas de mettre en images le sujet du récit à la manière d’une preuve, d’une captation du réel, d’un reportage. En effet, si la photographie agissait comme une preuve, un témoin, elle devrait être prise au moment de l’action racontée, mais nous ignorons si celle-ci a eu lieu, ou devrait être une reconstitution du passé comme une mise en scène. On voit aisément que c’est une impasse. L’illustration photographique agit à un autre niveau, se proposant alors une interrogation : quelle trace laissons-nous ? François Soulages a écrit Esthétique de la photographie : la perte et le reste, dans laquelle il s’interroge sur la photographie en tant que trace. Le fait même que l’on pose ce type de questions révèle la problématique de ce medium. La photographie ne peut donc pas servir de preuve, ne constitue pas une archive, ne sera pas prise comme reportage et sera utilisée pour le champ de possibles qu’elle offre pour trouver un autre réel. Alors, comment articuler récit et photographie ?
Le récit du souvenir n’est-il pas un leurre sur la tentative de pérenniser des moments vécus ou une attitude un peu orgueilleuse de bâtir une légende ? La photographie tend à déconstruire cette entreprise en proposant non pas la vérité, mais ce qui pourrait être une vérité parmi d’autres, voire une fictionnalisation, une représentation. Car l’écriture, comme la photographie, n’est qu’une théâtralisation du réel, d’un certain réel, véritable destruction de l’illusion du souvenir. L’image jouera contre le réel qu’elle ne peut représenter. Jeu d’acteurs, pantomime représentent ce à quoi se résume l’entreprise d’une écriture fragmentée. Le travail conjoint du texte et de l’image fonctionne comme un épuisement du réel. La photographie usera de tous les moyens pour lutter contre la tentation de représenter le souvenir, bouleversement des échelles, des sens propre et figuré, des repères. Elle n’a pas pour rôle de mettre une image sur un texte, mais de détruire cette idée.
Le projet prend alors un autre tour, reconstituer un sens nouveau, textuel et iconique, du souvenir-trace en tant que tel. Enlever l’écorce du vivant, du réel, pour dévoiler une essence du souvenir, qui reste un leurre.
Fabienne Marié Liger
