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Bradley vient d'être promu dans un hôpital psychiatrique. Il va déménager avec sa famille afin de faire table rase du passé. Les premiers mois seront difficiles et bientôt Bradley va se trouvait confronter à des forces surnaturelles. Des changements dans sa vie vont le faire basculer dans la folie petit à petit. Il fera la rencontre d'une infirmière qui lui dévoilera un secret qui chamboulera son existence. Seul, face à l'adversité, il quitte le pays afin de trouver des réponses à tous ces mystères. Jusqu'où est-il prêt à aller pour comprendre son histoire ? En traversant le temps et d'autres dimensions, il va rencontrer des personnes qui l'aiguilleront ou qui l'embrouilleront ; ainsi que des créatures sorties de ce monde cauchemardesque. Il sera amené à faire un choix, fera-t-il le bon ? L'histoire de Bradley est-elle réelle ? Et nous, sommes-nous réellement vivants ou simplement le fruit d'un rêve ou d'une illusion ?
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Seitenzahl: 295
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Facebook : Mercier Matthieu – auteur indépendant
Chapitre I
Chapitre II
Chapitre III
Chapitre IV
Chapitre V
Chapitre VI
Chapitre VII
Chapitre VIII
Chapitre IX
Chapitre X
Chapitre XI
Chapitre XII
Chapitre XIII
Chapitre XIV
Chapitre XV
Chapitre XVI
Chapitre XVII
Chapitre XVIII
Chapitre XIX
Chapitre XX
Chapitre XXI
Chapitre XXII
Chapitre XXIII
Chapitre XXIV
Chapitre XXV
Everick, ville industrielle américaine d'environ deux mille habitants, dans le Comté de Baltimore dans le Maryland. Un jeune couple marié et ambitieux, Bradley et Anna Ashton âgés respectivement de trente-quatre et vingt-trois ans, vient de s'installer dans un quartier résidentiel accompagné de leur fils Eliott âgé de cinq ans. Bradley était une armoire à glace de puissance et de douceur à la fois. Ses yeux perçants et bleus étaient un océan où sa femme aimait se noyer comme elle le lui disait. Une barbichette fournie, comme signe distinctif, englobait tout son menton ; d'une longueur avoisinant sept centimètres depuis sa lèvre inférieure. Certains de ses confrères le surnommaient biquette. Il venait d'être promu et muté comme médecin chef à l’hôpital psychiatrique d'Everick. Anna faisait une tête de moins que son mari, malgré cela elle avait un caractère bien trempé. Petit bout de femme battante et sûre d'elle, elle ne montrait jamais aucun signe de faiblesse face à l'adversité. Toujours très élégante, elle portait des lunettes, ses cheveux blonds ondulés étaient toujours rayonnants. Quelques mois auparavant le jeune couple vivait à deux cents kilomètres d'Everick dans une petite ville nommée Dennysville, située dans le Comté de Somerset en Pennsylvanie. Un heureux événement s'annonçait, la petite famille allait à nouveau s'agrandir. Bradley accompagnait sa femme à la maternité depuis le début de la grossesse. L'établissement se situait à une vingtaine de kilomètres de Dennysville. Les derniers jours avant le déménagement, Anna avait rendez-vous pour un simple contrôle afin de s'assurer que le bébé était bien positionné et qu'il n'y avait aucune anomalie qui aggraverait l'accouchement. Ne pouvant ni laisser seul leur premier enfant, Eliott, ni même le prendre avec eux, ils décidèrent de faire appel à la SSDPH1. Quelques mois après la naissance du jeune garçon, des tests médicaux furent passés suite à une anomalie découverte après l'accouchement. Depuis l'annonce des résultats, Bradley et Anna avaient toujours honte d'avouer à quiconque, famille comme amis, qu'Eliott était diagnostiqué autiste sévère et atteint de troubles rares nommés « Smith Magenis2 ». Le couple n'osait pas sortir accompagné de leur fils. La peur au ventre que l'enfant ne fasse ou ne dise quelque chose d'offensant et que la population le montre du doigt comme un vulgaire animal de foire. Les médicaments prescrits, par les médecins à l’hôpital, avaient des effets secondaires. Bradley se doutait que ces comprimés n'étaient pas destinés à son fils mais il ne pouvait trouver aucune preuve tangible. Le couple s'était juré de quitter au plus vite Dennysville afin de vivre une existence paisible loin des regards moqueurs. Après plusieurs visites, ils eurent un coup de cœur pour la ville d'Everick. Nouveau quartier résidentiel à voir le jour, proche du nouveau lieu de travail de Bradley et d'une maternité. Un commissariat de police se situait à quelques pâtés de maisons. Le jour du déménagement Anna quitta leur petite maison de Dennysville, d'où seuls les souvenirs resteront gravés en mémoire. Elle partit avec le camion rempli au millimètre près. De son côté Bradley partit récupérer leur fils. Il prit la route de l’hôpital. Il prit l'ascenseur, monta au quatrième étage puis, une fois sorti, alla à la rencontre du docteur qui s'occupait d'Eliott. Les médecins leur avaient précisé que l'état de santé de leur fils n'allait pas en s'arrangeant mais qu'il allait, au contraire, empirer avec les années. L'un d'eux les mit en garde d'une forme de schizophrénie s'il ne restait pas en observation à l'hôpital.
— Nous aimerions garder votre fils comme cobaye, nous n'avons jamais eu à faire à un cas aussi atteint, lâcha l'un des médecins.
En entendant ces mots Bradley fronça les sourcils, dans ses yeux noirs se lisait de la colère. Il serra les dents, attrapa le médecin par le cou puis le colla contre le mur. Ses pieds ne touchaient plus le sol. Avec sa main droite, Bradley étranglait fermement le cou pendant que l'autre était pointée, poing fermé, vers le visage du médecin. Il tentait de s'échapper de son entrave mais Bradley, de son mètre quatre-vingt six et bâti de ses cent huit kilos, était tellement puissant et costaud que le médecin ne pouvait se débattre.
— Dis encore une seule fois que mon fils est un cobaye et je te promets de te faire bouffer tous les médicaments qui se trouvent sur le chariot, menaça Bradley.
Les autres médecins accoururent au secours de leur confrère. Le tenant toujours par le cou, il dirigea son poing gauche tout en dépliant son index vers les autres médecins.
— Vous les larbins... pas bouger. Si vous ne voulez pas que je vous casse les dents, ne bougez pas.
Bradley lâcha le médecin qui tomba tel un pantin désarticulé, suffoquant de l'emprise dont il était victime. Il regarda son souffre-douleur qui se tenait la gorge et qui tentait de retrouver sa respiration. Il lui jura qu'un jour ou l'autre il paierait pour ses propos qu'il avait eu envers son fils. Bradley fit demi-tour, toujours aussi énervé, ses deux poings serrés désormais. Il remonta le couloir puis se dirigea vers la chambre 47 dans laquelle Eliott séjournait. Le jeune garçon avait le visage carré, il était blond de cheveux comme ses parents. Il avait cette particularité d'avoir sa bouche en forme de chapeau de gendarme.
En entrant dans la pièce, Bradley était à la fois heureux mais aussi désemparé de le voir ainsi. La haine qu'il avait envers ses confrères augmentait à voir son fils ligoté aux quatre membres par des ceintures de cuir sur son lit d’hôpital. Son père savait pertinemment que c'était pour son bien, aucun médecin ni même sa propre famille ne savaient comment Eliott pouvait réagir que ce soit pour une batterie de tests médicaux ou ne serait-ce que pour faire une simple sortie comme un dîner au restaurant avec ses parents ou une balade dans les jardins de l'hôpital. Eliott pouvait être d'un calme absolu puis le temps d'un instant devenir une véritable tornade incontrôlable. Bradley s'avança vers le lit puis regarda son fils étendu endormi ou drogué par les médicaments. Son sang ne fit qu'un tour, la colère fit place à la tristesse. Lui-même psychiatre, il voyait ses patients dans des états moins tragiques que ce que vivait Eliott. Malheureusement il devenait impuissant face à ce trouble qui rongeait petit à petit son seul et unique enfant.
— Pourquoi toi ? Se demandait-il à chaque fois.
Il enleva chaque boucle de ceinture afin de le délier, il passa ensuite ses bras sous les épaules et les genoux de son fils puis le souleva. Avant de quitter la chambre il souffla un bon coup, il savait qu'il jouait avec le feu en sachant ce qu'il allait commettre. Il se colla contre le bâti de porte, regarda à gauche et à droite. Personne ne regardait dans sa direction. C'était l'occasion idéale pour quitter les lieux. Il se dirigea vers la porte donnant accès aux escaliers. Il descendit les quatre étages en faisant bien attention qu'aucun personnel de l'hôpital ne croise sa route et n'alerte la direction.
Quelques jours avant le déménagement Bradley et Anna s'étaient rendus à l’hôpital pour remplir un document de sortie pour leur fils. Bradley avait en possession les documents pour une entrée à l’hôpital psychiatrique d'Everick, bâtiment de sa nouvelle affectation. Les médecins de Dennysville refusèrent de remplir ce document. Eliott leur appartenait. Ils avaient prévenu le couple que s'ils remarquaient la disparition d'Eliott, ce serait considéré comme un enlèvement.
Bradley, dans ses pensées, continua de descendre jusqu'au rez-de-chaussée. Il s'accroupit puis installa son fils contre le mur. Il resta dans la même position puis entrouvrit la porte. La poignée comme la porte grinçaient légèrement. D'un œil, il observa minutieusement le hall d'accueil.
— Pff autant passer avec un tutu et un nez rouge histoire de se faire encore plus remarquer. Je ne pourrais jamais me fondre dans la masse.
Le hall n'était pas la solution la mieux adaptée pour quitter un hôpital en pleine journée. L'endroit fourmillait de patients, les visiteurs et le personnel se déplaçaient énormément. Il n'avait bien sûr aucune chance de pouvoir passer inaperçu avec son garçon dans les bras. Tout l'hôpital connaissait Eliott. Il referma donc la porte délicatement puis réfléchit un instant. En même temps, de l'autre côté de la porte un infirmier se dirigeait vers celle-ci pour monter à l'étage. Bradley ne le remarqua pas et ne se doutait pas un seul instant que quelqu'un allait passer la porte incessamment sous peu. Il entendit la poignée grincer. Était-ce la fin de l'évasion ? Bradley prit son fils puis se colla dans l'angle opposé, il retint sa respiration. L'infirmier passa sans remarquer quoi que ce soit puis monta les escaliers. Les effets du médicament commençaient à se dissiper. Eliott ouvrit les yeux puis gloussa légèrement. Bradley eut le temps de mettre sa main sur sa bouche. L'infirmier entendit le gloussement. Il s'arrêta, se retourna puis descendit quelques marches. Bradley n'avait plus le choix, il devait descendre au sous-sol. Le couloir était vide à l'arrivée de l'infirmier.
— Ce doit être le vent, se dit-il.
Bradley se trouvait désormais devant la porte du sous-sol mais il ne pouvait pas le passer aussi facilement. Un dispositif de caméras de surveillance était installé dans le parking, il se ferait repérer tout de suite. Eliott s'était réveillé et il ne savait pas du tout comment il allait réagir. Il n'avait plus une seconde à perdre. Une solution rapide était de rigueur. Il installa de nouveau son fils contre le mur puis sortit dans le parking souterrain. Seul, il ne craignait pas de montrer de signes alarmants. Eliott commençait à s'énerver légèrement de l'autre côté de la porte. Le but pour eux, à présent, était de quitter le parking sans éveiller de soupçons mais rien ne lui venait à l'esprit. Bradley se fit à l'évidence que s'échapper de l'hôpital était comme être un oiseau voulant s'échapper de sa cage. Il ne lui restait plus qu'à remonter son fils en chambre. Sachant qu'il ne pouvait pas passer inaperçu avec les caméras, il rejoignit son fils qui attendait assis dans le couloir. En maintenant la poignée de la porte, il eut un air étonné. Il recula de quelques pas et observa attentivement sur sa gauche. Une seconde porte était entrouverte. Il s'en approcha puis y jeta un œil. La pièce était petite et sombre. Ce qu'il dénicha à l'intérieur allait le réconforter dans son projet d'évasion. La clé de sa sortie se trouvait ici. Son air abattu s'effaça. Plusieurs chaises roulantes pliées étaient rangées soigneusement dans ce débarras. A en voir l'état, il se doutait qu'il n'irait pas loin avec. Les pneus étaient légèrement dégonflés, le tissu vétuste et râpé, tout indiquait un usage ancien. Il en déplia une rapidement, l'amena devant la porte derrière laquelle se trouvait Eliott puis alla le récupérer. Le garçon gémissait dans le couloir. Ses sanglots avaient sûrement dû alerter des gens qui pouvaient se trouver dans les escaliers au même moment. Il n'y avait plus un instant à perdre. Il installa son fils sur le fauteuil puis longea les murs du parking. C'était la seule chance pour eux de ne pas se faire remarquer sur les écrans de contrôle. Malheureusement pour Bradley, le cauchemar continuait. Il leur fallait passer l'entrée du parking qui possédait deux barrières électriques ainsi que quatre caméras qui surveillaient les entrées et sorties de chaque véhicule. Bradley n'avait plus le choix. Il laissa son fils sur le fauteuil, le cacha dans un renfoncement puis sortit du parking en faisant mine d'être serein. Il se dirigea vers sa voiture. Il mit le contact puis alla se stationner devant l'entrée du parking. Il souffla un bon coup, sortit de son véhicule en courant, ouvrit la portière passager avant puis s'engouffra de nouveau dans le parking pour récupérer Eliott. La déclivité freinerait son évasion, il laissa le fauteuil roulant où il était, porta son fils, courut jusqu'à la voiture, l'installa, referma la porte puis retourna au volant. Les pneus crissèrent et Bradley quitta le parking extérieur. Arrivés devant la guérite, le garde stoppa le véhicule. Des coups de marteaux frappaient sa cage thoracique, Bradley n'avait jamais ressenti une telle peur jusqu'à maintenant. Il avait l'impression que son cœur allait sortir de son corps tellement les battements étaient extrêmement forts. Il essaya tant bien que mal de se calmer. Le garde observa vite fait l'intérieur du véhicule. Eliott était calme, la tête contre la vitre, il regardait le ciel. L'officier alla ouvrir la barrière. Bradley quitta le parking calmement. L'arrière du véhicule n'avait pas encore franchit intégralement la ligne jaune sur le bitume que l'alarme de l’hôpital fut actionnée. Bradley freina brusquement. Le garde lui fit signe qu'il pouvait partir sans crainte.
— C'est bon monsieur allez-y, vous pouvez passer. A mon avis c'est encore un ce ces malades qui a voulu attaquer un médecin. Dans le métier on m'appelle œil de lynx, je l'aurais senti si vous étiez louche, confia l'agent de sécurité.
Bradley reprit sa route sans rien dire. Malgré tout, Bradley ne cessait pas de trembler au volant, au bord de la crise cardiaque. Tout en roulant il fixa son rétroviseur intérieur en regardant l’hôpital se fondre dans le paysage.
— Il était moins une. Un peu plus fiston, nous étions faits comme des rats. Mais œil de lynx est un professionnel, ironisa Bradley.
Une ligne droite de dix kilomètres était encore à parcourir. Tous deux n'étaient pas encore sortis d'affaire. Si la garde était mise au courant d'un enlèvement, il n'aurait pas fallut longtemps pour mettre des véhicules à sa poursuite. Il ne lui restait plus qu'une solution : accélérer et quitter ce long couloir bitumé qui n'offrait aucune échappatoire possible. Les arbres longeaient toute la route.
Sorti d'affaire, Bradley se fondit dans la masse des embouteillages américains. Il y avait maintenant à parcourir pas loin de deux cents kilomètres pour rejoindre leur nouveau lieu de résidence à Everick. Eliott commençait à s'agiter. Bradley ne se voyait pas faire tous ces kilomètres dans ces conditions. Il s'arrêta à la pharmacie centrale de Dennysville pour y acheter des calmants. En revenant dans la voiture, il ouvrit la boite à gants réfrigérée puis se procura un verre en plastique. Anna en laissait toujours un stock avec une bouteille d'eau. Il tendit un gobelet à Eliott et lui demanda de prendre le cachet. Eliott était du genre à jouer les fortes têtes avec les infirmiers mais dès qu'il s'agissait de ses propres parents, Eliott se sentait en confiance. Il s'empressa de le prendre. Bradley continua sa route vers Everick. Sur la route Bradley ne pouvait s'empêcher de penser à nouveau à ce que les médecins lui avaient annoncé sur l'état de santé d'Eliott qui viendrait à se détériorer au fil des années. Pour lui il était impensable qu'Eliott reste ainsi. Grâce à sa promotion et sa mutation à l’hôpital psychiatrique d'Everick, Bradley avait fait une demande officielle de rapatriement pour son fils dans le secteur auquel il allait être rattaché.
Bradley se souvenait de son entretien avec le directeur de l’hôpital comme s'il l'avait fait hier. Ce jour là, Bradley était arrivé dans cette petite ville d'Everick, au passage il avait fait un crochet par la nouvelle demeure qu'ils venaient d'acquérir, sa femme et lui, et dans laquelle ils allaient bientôt emménager. Il s'y arrêta un instant et imaginait déjà leur petite vie bien heureuse avec l'arrivée de leur deuxième enfant qui était prévue pour bientôt. Bradley sourit mais pensait aussi à son fils. Les médecins lui avaient refusé une sortie. Comment allait-il amadouer son nouveau patron pour que son fils obtienne une chambre ? Il se triturait les méninges avec cette question. Il se ressaisit puis se dirigea vers l'hôpital d'Everick. Devant la grille il se présenta au garde, l'informa qu'il avait rendez-vous avec monsieur Kramer pour un emploi. Il lui tendit la convocation ainsi que le bordereau d'invitation en tant que professionnel. Ce passe droit lui permettait de visiter les endroits non accessibles aux simples visiteurs. Le garde lui indiqua où il pouvait stationner son véhicule. Il gara sa voiture à cheval entre le parking des visiteurs et celui réservé aux professionnels. Celui-ci regorgeait de places mais toutes étaient identifiées par le nom et le statut de chaque cadre. Il sortit, récupéra son porte document puis ferma sa portière. Le ciel était dégagé, pas un nuage à l'horizon mais une odeur assez forte venait lui chatouiller le nez.
— Quelle étrange odeur !! S'étonna-t-il.
Il humait pour tenter de reconnaître un parfum connu puis se souvint de ce que le promoteur leur avait dit à propos d'Everick.
— En Été vous risquez de sentir énormément les rejets que dégagent toutes les usines qui se trouvent dans un rayon de vingt kilomètres d'Everick.
— Combien d'usines avez-vous ? Interrogea Anna
— Pas loin d'une bonne quinzaine dont plus de la moitié rejettent des déchets qui peuvent être nuisibles. L'usine de pneumatiques est l'une des plus fortes après la raffinerie de pétrole.
Pendant la visite de la maison, Anna était encore dubitative. La maison lui plaisait énormément mais les odeurs l'incommodaient. Bradley la rassura en lui disant que c'était simplement pendant les journées chaudes que les odeurs avaient le plus de facilité à être senties.
Tout en se remémorant ce souvenir, Bradley arrivait face à l'entrée des artistes comme il aimait si bien le dire.
1 Service de Soins à Domicile pour Personnes Handicapées
2 Trouble génétique complexe caractérisé par un déficit intellectuel variable
A l'extérieur la porte ne disposait d'aucune poignée. Sur le côté, contre le mur, il y avait une sonnette, en dessous une inscription disait « sonnette de nuit et urgence uniquement ». Un détecteur de badge se situait sur le flan gauche de la porte.
— Je devrais peut-être passer par l'entrée principale pour me présenter, mais ayant pris un peu de retard on va dire que c'est une urgence.
Il observa les alentours. Personne dans les parages. Il posa sa main sur la vitre puis regarda à l'intérieur. Tout le personnel était à son poste, aucun d'entre eux ne fit attention à sa présence dehors. Il appuya sur la sonnette puis attendit qu'un interne vienne lui ouvrir. N'ayant pas entendu de tonalité lui-même, il essaya de nouveau. Il cala son oreille contre la vitre puis réitéra l'opération. Un infirmier le fit sursauter en déboulant de nulle part dans le couloir. Il lui ouvrit.
— Alors on est pressé ? Demanda-t-il sèchement.
Voyant qu'il n'avait pas l'air commode Bradley présenta ses excuses.
— N'entendant pas la sonnette je pensais qu'elle ne fonctionnait plus. Je m'appelle Bradley Ashton j'ai rendez-vous avec le directeur du service psychiatrique pour un emploi.
L'infirmier à son tour s'excusa.
— Je croyais que vous travailliez déjà dans nos locaux. Beaucoup d'infirmiers oublient leur badge et il faudrait qu'on se dépêche d'aller leur ouvrir pour qu'ils pointent à l'heure.
— Avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure, rétorqua Bradley.
— Oui et comme dit le grand sachem être à l'heure c'est déjà être en retard. Il nous la sort à chaque fois. Il était médecin dans les GIs et nous avons un profond respect pour lui.
— Il a dû voir d'horribles choses ?
— Je le pense effectivement. Il a fait pas mal d'opérations en territoire ennemi mais il ne nous raconte presque rien. Par contre c'est simplement le directeur de la cellule psychiatrique sur l'organigramme de l’hôpital. Est-ce vraiment avec lui que vous avez rendez-vous ou avec le directeur de l'établissement ?
— Non sur ma convocation il est bien notifié Monsieur Kramer, directeur du service psychiatrique.
— Ok. Eh bien suivez-moi, nous allons faire le tour par l'extérieur, le bâtiment où nous nous trouvons est assez spécial.
En se dirigeant vers la porte par laquelle il était entré quelques minutes auparavant, il s'arrêta et prit un instant pour observer son champs de vision.
— Pourquoi dites-vous que ce bâtiment est spécial ?
L'infirmier lui expliqua que certains malades n'étaient pas dans le bon service psychiatrique. Celui-ci se scindait en trois étages. Au dernier, séjournaient les fous les plus dangereux des États-Unis. Ils n'avaient le droit à aucune visite, seulement trois heures de sorties par semaine leur étaient accordées. Au second, étaient regroupés les malades mentaux qui ne réussissaient pas à retrouver leur autonomie ainsi que les moins belliqueux. Ils avaient un passe droit d'une heure tous les deux jours pour les sorties et les visites. Au rez-de-chaussée, où ils discutaient en ce moment-même, étaient regroupés les fous les moins dangereux pour la société.
— Mais comme on dit, le risque zéro n'existe pas.
— A vous écouter ce devrait être le troisième étage le plus spécial, non ? S'intrigua Bradley.
— Le troisième est accessible au personnel uniquement pour les repas, ainsi que pour leurs trois heures de sorties hebdomadaires. Les douches se font qu'une fois par jour. En dehors de ces créneaux horaires aucun infirmier n'a accès à l'étage.
Bradley était choqué d'entendre que le troisième étage était si strict. Pour lui c'était un abandon pur et simple du corps hospitalier, mais il ne comprenait toujours pas pourquoi l'étage où il se trouvait était spécial.
— Ici comme je vous l'ai dit, nous gardons les personnes qui peuvent être autonomes. Nous sortons de temps en temps avec elles pour faire des activités thérapeutiques. Malheureusement nous avons dû fermer un bâtiment devenu insalubre. Les coûts financiers étaient trop élevés pour notre secteur.
Le directeur de l'établissement avait demandé à ce que ce couloir soit condamné pendant un processus de nettoyage et de réaménagement. Les malades du bâtiment furent installés dans les chambres du premier et du second. Des bagarres avaient lieu. Certains, devenant incontrôlables, furent installés au dernier étage. Le troisième n'accueillait pour le moment qu'une quinzaine de cas dangereux sur les quarante chambres. Pendant les travaux la gérontologie, secteur voisin, manquait de chambres et avait fait une demande écrite pour pouvoir occuper les locaux dès sa réouverture. Après un bras de fer de plusieurs mois, la partie réaménagée fut cédée. Le secteur psychiatrique dû se résigner à travailler avec moins de chambres.
— Je présume que vous avez dû installer des patients au troisième étage ?
— Pas du tout. Trop dangereux. Certains ont été transférés dans un autre hôpital et d'autres vivent jusqu'à trois dans les chambres.
Bradley n'aimait pas tellement la tournure que prenait cette histoire, il ne pouvait plus faire machine arrière. Il se jura de procéder à quelques changements radicaux une fois en fonction.
Tout en racontant les péripéties de l'hôpital, l'infirmier demanda à Bradley d'ouvrir la porte. Il s’exécuta mais ne parvint pas à l'ouvrir, juste à se cogner la tête contre. Le médecin sortit son badge puis ouvrit la porte.
— Nous ne sommes pas fous, dit-il sans mauvais jeu de mots. Cette porte est tellement simple d'ouverture qu'il n'y aurait plus aucun malade ici. Les vitres sont blindées, la poignée est factice, ils n'ont aucune façon de pouvoir s'échapper.
— Et si cela venait à arriver ? S'inquiéta Bradley, tout en frottant son front.
— Leurs habits sont équipés d'une puce GPS. Si l'un d'eux venait à s'échapper nous pourrions le retrouver facilement.
Sur le parking l'infirmier, surpris et curieux, désirait faire connaissance avec Bradley.
— D'où viens-tu Brad ?
Il lui expliqua qu'il était devenu psychiatre juste après les ECM3. Puis il suivit un DES4 pour enfin obtenir le diplôme d’État qu'il convoitait tant : le DEMPSY5. Grâce à ses notes et sa mention « excellent » il pouvait choisir l'endroit où il souhaitait travailler. Bradley remarqua que l'infirmier était beaucoup trop curieux à son goût. Quand ils arrivèrent aux questions d'ordre privé, il préféra ne rien divulguer sur l'histoire de son fils pour le moment, il ne savait pas du tout où il allait être transféré et surtout quel spécimen de confrères il allait croiser. L'infirmier tendit sa main.
— Je m'appelle Larry. Larry O'Bryan.
Bradley lui serra la main.
— Bradley. Bradley Ashton. Il eut un bref moment d'hésitation. Au fait tout à l'heure tu m'as appelé Brad. Comment connaissais-tu mon prénom, je ne me souviens pas te l'avoir dit auparavant, dit-il étonné.
Larry posa sa main sur son menton.
— Ashton, Ashton. Ce nom me dit quelque chose. Eliott Ashton t'évoque quelque chose ?
Bradley fut comme paralysé, tétanisé. Il n'avait jamais mis les pieds dans cette ville, ne connaissait personne et n'avait pas encore parlé de son fils depuis son arrivée. Effrayé, il continua de suivre Larry sur le parking. Bradley avait l'impression que le visage de Larry était perdu dans ses songes, aucune expression n'avait l'air de se ressentir en lui. Mais pour ne pas l'offenser il lui répondit.
— Heu non pas à ma connaissance, pourquoi ? Dis donc je t'ai posé une question tout à l'heure.
— A ce qu'il paraît c'est un enfant autiste qui arriverait dans nos bâtiments en même temps que toi. Et comme tu as le même nom de famille je supposais qu'il pouvait être ton enfant.
Larry continuait à marcher devant, quant à Bradley, il se sentait oppressé et angoissé.
— T'es qui en réalité ? Demanda-t-il sur un ton sec et énervé.
— Mais je te l'ai dit je suis Larry. Larry O'Bryan.
— Attends un instant. Bradley le rattrapa puis le fixa du regard. Qui es-tu ?
— Mais je te l'....
— Oui je sais Larry. Larry O'Bryan, interrompit-il.
Bradley tenta de lire dans ses yeux mais il n'y voyait rien. Larry était taillé tel un cure-dent et stupéfiait Bradley par sa maîtrise de la peur lorsqu'il lui parlait.
— Les gars comme toi auraient déjà fait dans leur pantalon quand je hausse le ton, confia-t-il, dépité, en le voyant s'éloigner.
C'est comme s'il avait été lobotomisé. Il le suivit de nouveau jusqu'au hall d'entrée pour rencontrer le directeur du service. Larry s'arrêta avant de pénétrer dans l'enceinte.
— Bradley je te laisse ici. Je retourne au bâtiment. Je te dis à très bientôt alors.
Les deux personnes se saluèrent. Bradley le regarda partir, il fut chamboulé par la rencontre de ce personnage assez mystérieux. Mais quoi qu'il en soit il l'avait amené au point de rendez-vous. Il se présenta à la réception et demanda après le directeur de la cellule psychiatrique. La réceptionniste l'invita à s'installer en salle d'attente pendant qu'elle le prévenait. Bradley se dirigea vers un siège puis s'arrêta. Il observa autour de lui. Était-il fatigué, était ce un rêve ou devenait-il fou ? Les patients avaient l'air d'être tous drogués au même médicament. Ils marchaient en traînant leurs chaussons sur le sol, tous à un pas très lent. Les infirmiers discutaient entre eux et le dévisageaient froidement.
— Dans quel hôpital suis-je tombé ? Angoissa Bradley avant de sursauter.
— Monsieur Ashton je présume ? Dit une voix étrangère.
— Lui-même.
— Monsieur Marc Kramer, directeur du secteur psychiatrique, enchanté.
— Enchanté également.
Marc était bien comme Larry l'avait défini. Un ancien médecin des GIs. La coupe de cheveux typiquement militaire, des balafres ornaient son visage sûrement dues à des tirs de projectiles. Sa façon de marcher était elle-même très stricte. Cet homme en imposait d'entrée de jeu.
— Ça change de Larry qui était tout maigre et assez étrange pour être infirmier. Mais comme on dit l'habit ne fait pas le moine, se dit Bradley intérieurement, en suivant son futur patron.
Arrivés devant le bureau, Marc invita Bradley à entrer puis à s'installer dans le fauteuil. La pièce était basique, les murs d'un blanc nacré où n'était accroché ni poster ni tableau. Seuls une horloge, dont l'aiguille des minutes avait du mal à tourner, ainsi que quelques diplômes civils et militaires étaient accrochés. Un bureau en bois sur lequel était disposé un sous-main en cuir, à sa gauche un écran d'ordinateur en veille où se déplaçait le caducée des médecins. Contre un mur se dressait un énorme secrétaire, une des portes s'ouvrait par le haut, c'était la cachette des spiritueux. Face à lui une grande fenêtre, de largeur étroite, éclairait la pièce. Une plante géante venait égayer le bureau. Marc ferma la porte, s'assit à son tour face à lui. Marc se présenta puis lui raconta comment il était devenu directeur dans le secteur d'un hôpital. Il expliqua son parcours militaire en tant que médecin chez les Gis. Son histoire avait plutôt l'air de ressembler à un mensonge mais il fit mine de l'écouter attentivement et de s'intéresser à son histoire. Pendant qu'il parlait Bradley commençait à se demander s'il allait vraiment accepter le poste de médecin en chef dans cet établissement. Il se demandait si les patients n'étaient pas moins fous que les deux personnages étranges qu'il venait de rencontrer. Entre Larry qui lui parlait de son fils alors qu'il n'en avait jamais fait allusion et ce directeur qui avait l'air d'en rajouter un peu. Marc voyait bien que Bradley le regardait avec insistance. Il lui confia son terrible secret.
— A vous voir on croirait que vous me prenez pour un fou, confia le directeur. Après avoir quitté l'armée je fus à mon tour, à ma propre demande, interné en cellule psychiatrique pour me faire diagnostiquer un syndrome post traumatique.
En revenant d'opérations extérieures il ne pouvait oublier toutes ces images horribles qui lui rongeaient la mémoire. Bradley voyait que Marc Kramer disait vrai dans ses paroles, son visage s'était attristé. Il sortit d'un de ses tiroirs une bouteille de whisky puis proposa un verre à Bradley. Il ne savait pas s'il devait accepter ou pas.
— Suivez-moi pour un verre, insista Marc. Je vais arrêter de parler de moi par la même occasion. Vous venez donc pour la place de médecin chef dans mon secteur, dit-il en servant le whisky.
Bradley tendit le bras pour prendre son verre. Ils trinquèrent puis il raconta également son parcours d'étudiant pendant ces six années passées à l'Université de médecine de New-York pour devenir psychologue et par la suite psychiatre. Bradley était curieux d'en connaître d'avantage sur ces deux professions qui l'avaient intrigué depuis sa deuxième année au lycée. Avant d'intégrer un hôpital, Bradley tenait un cabinet en ville. A cet instant c'était à son tour de laisser couler quelques larmes.
— Et bien que vous arrive-t-il ? S'étonna Marc
— C'est à propos de mon fils, monsieur. Eliott est âgé de cinq ans mais ne peut pas suivre une scolarité comme tous les autres enfants de son âge. Mon fils est autiste et séjourne la plupart de son temps à l’hôpital. On lui a décelé un deuxième symptôme en faisant quelques tests médicaux.
Eliott avait un droit de sortie de deux week-ends par mois. Bradley avait passé ses derniers diplômes pour pouvoir intégrer un hôpital et pouvoir être en permanence auprès de son fils. Entendant sa détresse Marc lui demanda où son fils se trouvait actuellement.
— Pour le moment il séjourne à l'hôpital de Dennysville en Pennsylvanie à deux cents kilomètres d'ici. En sachant que dans moins d'un mois nous venons résider à Everick. Nous avons trouvé notre nouvelle demeure et emménageons prochainement.
— Vous souhaiteriez que nous acceptions votre fils dans notre secteur pour que vous puissiez être à ses côtés en permanence ?
Les yeux de Bradley pétillaient par l'annonce de sa proposition. Il ne se doutait pas un seul instant que monsieur Kramer lui soumettrait cette offre aussi rapidement.
— Ma femme et moi avons déjà fait une demande de sortie mais elle a été refusée et nous avions dans l'optique de demander à l’hôpital d'Everick de monter un dossier pour que nous puissions faire sortir Eliott de l'asile dans lequel il se trouve.
Marc décrocha son téléphone et appela la réception.
— Estelle pourriez-vous s'il vous plaît faire une demande d'accueil au nom d'Eliott ….
Il regarda Bradley confus.
— Ashton, monsieur. A-S-H-T-O-N.
— Au nom d'Eliott Ashton. A-S-H-T-O-N. Je vous laisse remplir les documents tranquillement. Monsieur Ashton viendra remplir le reste et signer en partant.
Marc raccrocha le combiné. Il posa ses mains sur le bureau de façon à se dresser.
— Mon cher Bradley, souhaitez-vous que je vous fasse la visite de notre établissement ?
Bradley accepta avec enthousiasme. Ils quittèrent le bureau du directeur puis, de l'intérieur, ils longèrent les couloirs vers la cellule psychiatrique en passant par la gérontologie...
3 Épreuves Classantes Médicales
4 Diplôme d’Études Spécialisées
5 Diplôme d'État en Médecine PSYchiatrique
Bradley avait honte d'avoir perpétré l’enlèvement de son fils mais comme le disait Marc Kramer : « - La seule solution qu'il vous reste si vous voulez qu'il quitte l’hôpital pour venir ici c'est un enlèvement ». L'hôpital où séjournait Eliott ne voulait en aucun cas le laisser partir. Père et fils arrivèrent bientôt à Everick. Eliott était réveillé depuis quelques minutes. Il était très calme dans la voiture. Il allait enfin découvrir sa nouvelle maison même s'il se doutait qu'il n'y resterait pas éternellement. Il savait qu'il était destiné à séjourner dans un nouvel asile. Une lueur d'espoir se lisait pourtant dans ses yeux. Savoir que son père serait à ses côtés tous les jours l'enchantait particulièrement. La voiture venait de passer le panneau d'entrée de la ville. La maison se situait dans un charmant quartier résidentiel nouvellement construit et même si l'odeur en pleine chaleur était incommodante, le calme et la tranquillité régnaient en maître. L’hôpital psychiatrique où allait travailler Bradley se trouvait à une quinzaine de minutes du domicile, il pouvait intervenir à n'importe quelle heure si un problème se présentait avec Eliott. Marc Kramer lui avait parlé des semaines d'astreintes qu'il aurait à effectuer dès son arrivée. Eliott regardait les maisons et les jardins défiler.
— Papa, je suis content de nous savoir tous les deux dans le même hôpital mais j'ai peur des gens qui y sont hospitalisés.
— Comment ça Eliott ? Tu ne les connais pas, s'étonna son père.
Bradley essayait de comprendre ce qu'Eliott voulait dire mais, voyant qu'il était calme et posé, il ne souhaitait en aucun cas ouvrir un débat sur le sujet de peur qu'il ne s'agite et ne devienne incontrôlable. L'inquiétude de Bradley se faisait de plus en plus soutenue. Il y avait encore quelques jours Eliott n'avait aucune idée de l'endroit où il allait habiter et aujourd'hui, c'était comme s'il connaissait les malades qu'il côtoierait. Un flash-back traversa l'esprit de Bradley. Cette fameuse question posée par Larry, le jour de son entretien. Pour lui ce n'était qu'une pure combinaison de hasard mais il resta sur