Visions et Puissances II - Orell Kingzy - E-Book

Visions et Puissances II E-Book

Orell Kingzy

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Beschreibung

Ce troisième ouvrage retrace quatre années durant lesquelles Orell Kingzy se confronte aux forces les plus déchirantes de son esprit, aux abimes de la drogue et de ses tortures. Un recueil affranchi des codes de l'écriture traditionnelle, qui donne au verbe sa propre poésie, la rendant plus proche de son univers. Des visions nées de la rencontre avec les puissances de l'ivresse et de la mort.

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Seitenzahl: 28

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Chers lecteurs,

les mots qui suivent ont été écrits dans des états particuliers, avec un esprit altéré ou sous l’emprise de grandes émotions. Ils n’ont pas pour but de faire l’apologie de ces états ni de toute forme de violence autodestructrice. Ils sont un pur partage d’expérience.

VISIONS ET PUISSANCES II

Gare à celui qui choisit l’ivresse pour pulsions de vie

Car si la bouteille et la substance avivent la passion et l’exploit

Leur magie invoque aussi la Mort suprême

Et des morbidités de l’âme

Sorciers

Dionysiaques

Insouciants

Servez-vous de la magie avec savoir

Choisissez votre paradigme

C’est libre et infini

La vision individuelle dépasse toutes les lois, toutes les sciences

N’attend pas pour choisir le mouvement de ta vie

Pas le temps pour l’hésitation

Pas le temps pour l’explication

Juste un élan

Halloween

Écrire ces mots

La Vérité est relative

Nous regardons un spectacle sous différents yeux

Enfants, derrière vos masques, vous n’en portez aucun

Je me rappelle de tous ces matins chauds

Le mauvais rêve guérit l’esprit

Nous étions jeunes et notre langage était subtil Nous jetions des cailloux secs comme des vipères sur la roche

Nous griffions comme des peaux de soleils et nos repaires étaient d’orge

Petites crasses

Râpons le sol crayeux et effraie-moi de la magie de la Mort

Ils ont le dos gratté

Asséché par la pitié

Et noircit par une colère tue

Ils ont l’œil profond

On y voit des reflets de leur cerveau

Ils ont les crocs tendres et coupants

Leurs gencives infectées

Leur peau rebroussée

Et leurs pattes mordillées se blessent dans l’herbe saillante

Ils veulent une aube jaune

Ils veulent un sanctuaire

Ces pauvres terrassés que la joie a rendu miséreux

Largeur du monde

Réserve-nous une pièce dans tes décombres

Où nous nous assoirons et chanteront

Avec quatre gobelets et une relique

Une guitare

Des yeux

Jusqu’à la fin des Temps

J’aime être confusément clair

Tes yeux sont d’immenses plaines braisées

Que foulent silencieux les chevaux de l’éternité

Accordons pour toujours nos grâces à l’océan

Qu’il nous garde chaque jour sans un mot

Qu’il veille chaque nuit dans sa profondeur

Et que jamais, il ne garde nos âmes

Venez timidement vous coller au bord du port

Venez voir le lointain clapoter sous vos pieds déférents

Là-bas, il n’y aura aucun domaine

Il y a seul le royaume noir qui s’étend

Venez vous placer au bord du port

Mouettes

Ne nous respectez pas

Ne révisez pas votre regard

Continuez votre flottement léger sur l’eau rogue qui ne nous parle pas

Vantez-vous du droit qu’elle vous accorde

Vous, les enfants rieurs qu’elles retrouvent au port

Gardez votre indolence

Le désert aride éjacule les puissances du monde

Le désert d’eau retient les ténèbres et l’ordre du monde

Au bout de sa tête penchée

Il y a le bout de ses petits doigts crispés

Resserrés comme le bout du monde sur un bout de pain

Il trempe avec congestion cette mie ramollie

Qu’elle boive les marais verdâtres et sucrés des petits pois miteux

Mais pour lui, l’essentiel même de l’existence réside précisément là

Au bord du bout de cette assiette, là où la mie touche la sauce et vient se sauver dans sa bouche

Cigarettes et T-shirt blanc

Capsules, poudres et risques d’esprit sous le Soleil d’Arizona

Des mots lâchés dans des lettres parlant de vierges, de crasses et de beautés