Whirlwind - Josué Mercier - E-Book

Whirlwind E-Book

Josué Mercier

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Beschreibung

Certains croient en un Apocalypse, cet écrit qui annonce la Fin du Monde tel que nous le connaissons. En août de l'année 2000, des êtres divins aux pouvoirs qui dépassent l'entendement se sont échoués sur Terre causant la mort de plusieurs millions d'innocents. Depuis, rien n'est plus pareil. Un scientifique mutant, une ligue de soldats aux motivations plus qu'étranges, une invasion extraterrestre inattendue, voici ce qu'Adam Baker, jeune lycéen du Nord de la France, va devoir affronter. La venue d'un nouveau Héros va bouleverser l'avenir de la Terre à tout jamais. La Fin va bientôt commencer.

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Seitenzahl: 429

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Josué Mercier est né en 2001 à Cambrai et, depuis son plus jeune âge il a l'âme d'un créateur, imaginant des péripéties à ses plus grands héros en passant par Spider-Man ou bien encore Iron-Man. Aujourd'hui, il décide d'enfin insuffler la vie aux super-héros qu'il a créé de toutes pièces, au travers du Roman.

Du même auteur :

Jörkenheim Chapitre 1 :Liés par le sang (à paraître).

Whirlwind Chapitre 2 :Traumatisme (à paraître).

À ma famille et mes amis qui ont su éveiller en moi la curiosité et la créativité.

COSTUME VU DE FACE

COSTUME VU DE DOS

MASQUE VU DE FACE

Sommaire

PROLOGUE.

CE TERRIEN PAS COMME LES AUTRES.

L'ATTAQUE AU LABORATOIRE.

LE LABORATOIRE ABANDONNÉ.

DE CURIEUX CHANGEMENTS.

LA FUITE.

LE RENDEZ-VOUS GALANT.

L'ENTRAÎNEMENT DU HÉROS.

UN DESTIN TRAGIQUE.

LA NAISSANCE D'UN HÉROS.

LES SENTIMENTS PRENNENT LE DESSUS.

ARRÊTER LE LION EST UNE PRIORITÉ.

L'ÉCHEC FAIT PARTIE DE LA RÉUSSITE.

UN ÉTRANGE VIEILLARD.

UN PEU DE REPOS NE FAIT PAS DE MAL.

LE RETOUR DES PROBLÈMES.

UN ÉCHEC AFFLIGEANT.

LES RETROUVAILLES.

L'ENLÈVEMENT INATTENDU.

ADAM EST-IL DEVENU FOU ?

LILLE DÉVASTÉE.

LA RENAISSANCE.

LA NAISSANCE D'UN NOUVEAU MONDE.

L'APRÈS-GUERRE.

ÉPILOGUE.

PROLOGUE.

Vendredi 9 août 2000.

Ce monde était en train de brûler.

Les horloges affichaient désormais quinze-heure trente, on sonnait les cloches pour annoncer la Fin du Monde tandis que plusieurs centaines de millions de personnes avaient vu les leurs périr dans les flammes éternelles de l'Enfer. Les cadavres des plus innocents humains remplissaient la Terre et nourrissaient les larves qui s'occupaient de les digérer.

Nous ravagions tout ce qui nous passait entre les doigts et ce n'était pas faute d'avoir essayé d'épargner des vies humaines. Après tout, nous étions des êtres divins aux capacités qui dépassaient l'entendement et la moindre action entreprise pouvait avoir de terribles conséquences. Je me battais contre un de mes frères qui m'avait poursuivi dans toute la galaxie, ce n'était pas le seul monde que nous allions réduire en poussières. Nous nous étions arrêté dans une grande ville nommée New-York, de grands bâtiments nous entouraient et les civils criaient et se ruaient pour atteindre un endroit sécurisé.

Ils avaient bien raison.

Quelques minutes plus tôt, certains habitants de l'Angleterre avaient fini réduit en une bouillie sanglante, écrasés par la lourdeur du Big Ben.

Si je connaissais tant cette planète c'était parce que j'avais déjà eu l'occasion de la visiter de manière pacifique bien des années plus tôt.

Mon ennemi et moi volions entre les nuages, respirant l'air pollué en se scrutant du regard pour savoir qui de nous deux allait entreprendre d'attaquer.

Celui que j'avais sous les yeux se prénommait Evelus, c'était un Dieu tout comme moi. Il possédait une peau très pâle et des muscles saillants et bien définis. Ses fibres musculaires dures comme le plus résistant des métaux lui permettaient de soulever des poids lourds de plusieurs millions de milliards de tonnes.

Je pouvais remarquer de mes yeux précis les sortes de tatouages qu'il détenait. Ces derniers partaient de son abdomen et prenaient de la hauteur jusqu'à atteindre le haut de son crâne dépourvu d'un seul cheveu. C'étaient des traits épais et noirs, comme de la peinture de guerre appliquée minutieusement sur son corps.

Il avait une barbe dense et bien fournie comme l'était la mienne, d'un noir pouvant rivaliser avec la nuit éternelle de l'Univers.

Evelus affichait des yeux blancs d'où sortaient de petits éclairs jaune clair, aucune pupille ni aucun iris n'était perceptible, ainsi qu'une mâchoire carrée qui témoignait de sa puissance infinie.

Evelus était peut-être plus fort que moi, à vrai dire je n'en savais trop rien car c'était la première fois que je subissais ses sévices. Il avait déjà enterré six pieds sous terre plusieurs de nos semblables et conquérait planète sur planète pour me retrouver.

Moi, je n'avais pas une peau blanche, elle était verte sapin, j'étais né comme cela et elle m'allait plutôt bien.

Je possédais également un crâne sans la moindre pilosité, mon corps n'acceptait les poils que pour former une barbe complète. De plus, à cause d'une dépigmentation de l'épiderme survenue lors de ma jeunesse, la peau autour de mes yeux s'était teinte en noire.

Je me trouvais plutôt bien physiquement pour un être vieux de plusieurs milliards d'années. Nous, les êtres divins, avions été conçus de la même manière puisque nous détenions physiquement tous une forme humanoïde, comme les Terriens d'ailleurs. Evelus et moi mesurions environ un mètre quatre-vingt-cinq, une taille plutôt normale pour des Dieux.

Seules nos aptitudes et notre force changeaient d'être en être.

Evelus et moi savions voler plus vite que la lumière, soulever et détruire des planètes entières en un claquement de doigts, nous possédions une résistance physique extraordinaire et une faculté régénératrice vraiment efficace ainsi que des réflexes hors du commun. Ce qui nous différenciait, c'était donc nos pouvoirs.

Moi, j'étais capable de former des tornades dévastatrices et gigantesques entre mes mains, ces dernières englobaient d'ailleurs mes pieds et me permettaient de voler à une vitesse ébouriffante. J'avais également une ouïe d'une précision intense avec laquelle j'entendais le moindre cri situé pourtant à l'autre bout de la planète.

Evelus pouvait quant à lui générer des éclairs de ses mains, il avait déjà ôté la vie à beaucoup d'êtres grâce à ce don. Ses yeux blancs lui permettaient de voir le plus petit insecte insignifiant que la Terre puisse porter et situé à des centaines de kilomètres plus loin. Il possédait également l'aptitude d'agir sur ce qu'il souhaitait à l'aide de sa pensée, pour faire se mouvoir un quelconque objet.

J'avais l'envie d'en finir avec cette histoire, de régler la situation le plus vite possible. Je n'étais pas là pour porter préjudice aux humains mais pour me défendre de mon frère. Cependant, malgré ma volonté pacifique, je ne pouvais riposter sans causer d'effroyables dégâts.

Sans plus attendre, je décidai malgré tout de voler à vive allure vers Evelus et lui assénai un coup dans le visage, un coup qui lui était impossible d'esquiver.

Il s'enfonça toujours plus loin dans la ville, en perdant de l'altitude et en détruisant tout sur son passage. Plusieurs gratte-ciels partirent en fumée, créant toujours plus de particules poussiéreuses qui venaient se loger dans les poumons des humains restants dans les environs.

Je le suivis en plongeant dans les ruines d'un monde au bord de l'agonie. Ce conquérant était à terre, il ne paraissait pas épuisé le moins du monde. Je ne pouvais pas en dire autant de moi, l'énergie pourtant habituellement abondante avait décidé de quitter mon corps plus vite que d'habitude et je me retrouvai par conséquent avec la moitié de ma force et de ma vitesse disparue.

Evelus se leva sans prendre le temps de souffler et me frappa d'un furieux coup dans mes entrailles. Je perçus mes organes remuer d'une curieuse manière et fus pris d'un violent ébranlement, mon souffle se coupa intégralement. Je ne contrôlais plus mon corps, il allait dans la direction qui lui semblait être la bonne pour peut-être atteindre un monde meilleur, une réalité qui paraissait au premier abord hors de portée pour les êtres remplissant la galaxie. Cette fameuse réalité que l'on ne pouvait connaître qu'une fois la décorporation entamée, lorsque l'enveloppe charnelle n'était plus animée d'un quelconque esprit ou d'une quelconque conscience intelligente ou non.

Mon faible dos anéantissait les maisons qu'il traversait, rasait les meubles, les murs et les objets technologiques témoins d'une vie humaine autrefois paisible et dépourvue de guerres. Des guerres, les humains en avaient bien évidemment connu, certains de mes frères s'étaient reposés sur la Terre et avaient côtoyé de terribles guerriers. Mais jamais les humains n'avaient subi un affront de cette ampleur.

Mes yeux se fermèrent contre mon gré, je n'avais aucunement commandé cérébralement cette action. Le dynamisme et la volonté quittaient mon corps tandis que je finissais ma course dans un des derniers édifices encore debout malgré la bataille. Je me retrouvai allongé sur le sol d'un bâtiment qui n'allait pas tarder à s'écrouler. Je priai qu'un souffle miraculeux vienne heurter mon esprit afin de m'administrer une dernière dose de chaleur pour triompher. J'étais loin d'être candide, je savais que cela n'allait pas arriver.

Je perçus de mon ouïe les fondations du gratte-ciel se détacher petit à petit et sentis mon corps glisser lorsqu'il tanguait de droite à gauche.

Evelus posa ses pieds vêtus de chaussures faites à partir d'une peau de Föhl, une créature rare vivant sur une planète nommée Djörk B-611 à plusieurs millions d'années-lumière d'ici. Cette bête à quatre pattes était un monstre sanguinaire capable de tuer des civilisations entières avec ses crocs empoisonnés. Ses spores sur le dos s'envolaient lorsqu'il le souhaitait puis infectaient et prenaient le contrôle de leurs hôtes avant de les dévorer de l'intérieur.

Sa peau très difficilement pénétrable était recherchée par beaucoup de trappeurs de cette planète. Evelus s'était fait une joie d'en tuer une centaine à mains nues et de confectionner des habits avec leurs peaux. Mon frère était égocentrique de nature, acerbe, mesquin et connu pour son sybaritisme absolu ainsi que son attitude vicieuse.

Pour la première fois depuis des milliers d'années je saignais, mon arcade sourcilière ouverte laissait s'échapper ce liquide rouge qui tombait sur le sol. Evelus s'approcha de moi et de sa main gauche il me prit par la gorge. Son emprise était si forte que je sentis mon cœur battre entre mes cordes vocales. Il m'était impensable de respirer correctement et ma vision s'entoura soudainement d'un voile noir. C'était comme un tunnel qui s'offrait à ma vue défaillante.

J'avais beau essayer de me débattre, d'entreprendre un mouvement pour le contrer, il avait décidément l'ascendant sur moi. Mon corps m'accablait d'une souffrance intense à chaque mouvement.

Evelus serra son poing droit et me frappa une première fois au visage avec une brutalité inouïe. Mon arcade sourcilière s'ouvrit encore plus, ma peau se déchirait et gonflait peu à peu tandis que le bâtiment s'agitait encore et encore.

Les habitants aux alentours pouvaient assurément entendre le grondement du deuxième coup et mes cris épouvantables. Ces derniers étaient tels que j'avais l'impression d'arracher ma gorge et que des flammes pouvaient jaillir de cette cavité d'une seconde à l'autre.

Ma vision se troublait de plus en plus, je ne pus bientôt plus qu'observer le visage du tyran devant moi. Un visage dont j'allais me souvenir même dans l'au-delà. Un visage harmonieux, jeune et parfaitement symétrique mais qui se voyait être gâché par un sourire démoniaque, une vive satisfaction naissait sur son visage, le Mal le plus pur remplissait son âme et se décrivait sous ses traits faciaux. Objectivement, je ne savais comment décrire les émotions que l'on ressent lorsque l'on approche les portes de la Mort mais une chose était sûre... C'était étrangement apaisant.

Toute cette puissance qu'un Dieu possède, cette presque invincibilité que l'on a connue auparavant et qui s'en va doucement.

Finalement, ce n'était pas si mal d'être mortel. J'étais détendu et pourtant si incertain de vouloir laisser ce monde et l'Univers aux mains d'un Dieu si vile et mauvais qu'Evelus.

Bien évidemment, la douleur était encore présente et bien plus qu'avant mais c'était une souffrance qui me détendait.

Soudain, je sentis une dernière attaque me remplir de souffrance et je poussai un ultime cri qui fit vibrer les vitres aux alentours. J'avais définitivement décidé de m'abandonner dans ce gratte-ciel tombant en morceaux.

Je ne voyais absolument plus rien mais j'entendais encore quelques détails, ce bâtiment qui se détachait du sol et Evelus qui riait aux éclats quand tout à coup, plus aucun son ne fut perceptible, rien que le néant absolu.

Pendant quelques secondes je n'étais plus, je ne pouvais pas comprendre ni savoir où je me trouvais si ce n'est nulle part.

D'un coup d'un seul, après un long moment passé dans le noir le plus total, je me sentis aspiré. Je compris que j'étais passé de l'autre côté lorsque ma vision et l'intégralité de mes sens me revinrent. Je flottais dans ce bâtiment, la tête collée aux néons qui claquaient les uns après les autres. Une curiosité subite me poussa à me retourner dans les airs et j'aperçus de mes yeux mon enveloppe charnelle étalée sur le sol qui prenait doucement feu. Une stupéfaction intense frappa mon âme et je fus comme tétanisé face à cette vision, paralysé par cet évènement. Ma conscience intégra les informations aussi vite que la lumière, je réalisai que j'avais effectué, à mon plus grand étonnement, une décorporation.

Un deuxième élan de curiosité me chuchota de quitter les lieux, de me balader en dehors de ce gratte-ciel qui s'écroulait. Le temps ne s'écoulait pas de la même façon, il était tantôt très rapide, tantôt très lent, c'était moi qui décidais du temps que je voulais donner à mon environnement.

Je flottais au-dessus de la ville, les incendies dévoraient les lieux et de la fumée toxique s'échappait de part et d'autre de New-York. J'étais à la recherche de mon frère, je possédais d'ailleurs la même sensibilité auditive qu'auparavant ce qui me permit de le retrouver en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Il se trouvait sur une grande place, devant un groupe de soldats armés jusqu'au dents. Malheureusement, tous ces moyens de défense n'allaient pas leur suffire. Entre Evelus et les soldats se tenait une mère âgée peut-être d'une cinquantaine d'années, d'origine étrangère, elle me semblait être mexicaine. J'avais l'intime conviction que c'était une femme incroyable et en la regardant de plus près je voyais à travers son regard les éléments de son passé, les évènements qui avaient marqué sa vie. La famine, la pauvreté, son départ vers l'Amérique afin de démarrer une nouvelle vie plus tranquille.

Elle tenait sa fille par la main, un mignon bambin de sûrement huit ans, innocente et implorant qu'on l'épargne d'une punition divine.

Evelus rigolait et avait sur son faciès la même expression que lors de ma mort. Les soldats criaient et faisaient signe à la mère de venir en leur direction.

— Humains ! L'heure de votre jugement a sonné ! cria Evelus en tendant les bras fièrement. Les impies brûleront de l'intérieur et seuls les plus purs d'entre vous siégeront à mes côtés !

Je m'approchai d'Evelus tandis qu'il baissa ses bras.

Son regard pervers fixa la petite fille sans défense, un sourire malicieux naquit sur son visage démoniaque.

— Voici... Un petit aperçu de votre châtiment, annonça-t-il en tendant sa main droite vers la gamine.

Je savais pertinemment ce qu'il s'apprêtait à faire, j'en avais déjà été témoin par le passé. La violence, l'animosité qui se dégageait de son comportement aurait pu intimider le plus grand des Dieux. Toujours aussi souriant, Evelus fit se manifester de la paume de sa main des éclairs jaunes presque aveuglants. Un choc violent qui hérissa les poils des soldats, similaire au tonnerre qui s'abat un jour de tempête, se fit entendre.

Une partie de ma conscience me dictait de reprendre le contrôle de la situation, d'arrêter le massacre que mon frère perpétuait envers les plus faibles. Cette fillette n'avait rien fait de mal, elle pleurait toutes les larmes de son corps. On dit souvent que les enfants n'ont pas conscience de ce qu'il se passe autour d'eux, qu'ils ne mesurent pas les conséquences de leurs actes, qu'ils sont innocents, naïfs... Mais cette fillette savait le danger qui allait la faire vibrer jusqu'à la mort.

Je voyais les éclairs très lentement se diriger vers la gamine, je pouvais discerner les émotions qui noyaient le cœur de sa mère, impuissante et anéantie. Elle serrait son bébé dans ses bras, le plus fortement possible, comme pour empêcher ce châtiment de l'atteindre, comme pour devenir un rempart inatteignable.

Malgré tout, la foudre s'abattit avec fracas contre l'enfant, transperçant péniblement son abdomen. Elle se fraya un chemin en détruisant tout sur sa route. Elle brûla ses intestins, explosa son foie, son cœur quant à lui se réduisit en cendres tandis que ses poumons ne furent plus que de petits morceaux rose clair dispersés sur le sol noyé de sang frais. Ce fut la mort la plus affreuse qu'il m'ait été donné de contempler.

J'allais peut-être voir son âme à mes côtés dans quelques instants.

Le temps s'accéléra soudainement, la foudre avait fini son voyage et avait emmené une énième innocente dans une autre dimension. Sa mère pleurait à chaudes larmes et criait qu'on lui vienne en aide. Les soldats ne pouvaient pas bouger sans craindre de voir la Mort se présenter sous leurs yeux. Ils avaient beau être armés jusqu'aux dents, l'effroi paralysait leurs corps.

La mère fit un dernier câlin aux restes inertes de sa fille alors que du sang coulait sur ses jambes fripées.

Lorsque je me retournai pour observer l'attitude de mon frère, il avait déjà entrepris une autre action cette fois-ci contre la mère. Cela l'insupportait sûrement de voir une humaine pleurnicher comme elle le faisait.

Il ferma sa main en regardant précisément sa prochaine proie puis en un seul mouvement bref il la fit s'envoler.

Tout ceci était de trop pour moi, je ne pouvais pas le laisser commettre de tels crimes mais je doutais de pouvoir réintégrer mon corps. Je priai le Créateur qu'on m'insuffle la vie une deuxième fois et assez de volonté pour finir cette bataille atroce.

Devant mes yeux et mon corps spirituel désarmé s'offrait un spectacle des plus traumatisants. La femme mexicaine qui avait pourtant agi le plus honnêtement possible durant sa vie n'était pas capable de réaliser ce qui allait lui arriver.

Derrière elle, à quelques mètres de là se trouvaient les décombres d'un bâtiment précédemment détruit par mes attaques. Les humains avaient posé des tiges en métal dans le béton pour renforcer les fondations. L'un d'eux ressortait des ruines et était prêt à accueillir un cadavre de plus.

La femme gigotait dans tous les sens, comme un poisson que l'on retire de l'eau lors d'une pêche productive et elle ouvrait grand ses yeux devant sa funeste destiné.

Elle vint s'empaler sous les commandements du tyran diabolique, sur ce piquet de fer rouillé. Ses viscères prirent l'air pour la première fois de leur vie et glissèrent le long du morceau de métal. La femme observait son supplice avec dégoût et épouvante avant de perdre connaissance à tout jamais. Une dernière larme de désespoir coula le long de sa joue devenue blanche comme neige avant de tomber sur les débris couverts de cendres.

Je me déplaçai vers la victime et aperçus son âme ainsi que celle de sa fille qui montaient de plus en plus haut dans le ciel. Je souhaitais les suivre mais une force indescriptible et invisible me retenait sur le sol Terrien. Un étrange sentiment envahit ma conscience, comme si j'avais raté quelque chose d'important, un sentiment d'amère insatisfaction.

Cette force me poussa et me fit planer de plus en plus vite dans les airs. Je tendis mes bras pour espérer être retenu près de mon frère, je ne voulais guère quitter les humains et les laisser mourir mais c'était plus fort que moi, je partis.

En un éclair je fus transporté dans un curieux endroit, une base animée par beaucoup d'humains portant pour la plupart de chics vêtements.

C'était un lieu immense composé essentiellement de bureaux, de salles étranges où l'on expérimentait de nouvelles choses, tout était propice à l'exploration. J'étais cependant retenu par un homme qui attisait ma curiosité. Dans ma forme spirituelle, j'avais connaissance de beaucoup de choses qui me dépassaient, c'était comme si j'étais devenu subitement omniscient.

Devant moi se dressait cet homme.

Il se tenait là, dans un long couloir peint d'un gris clair qui ressemblait presque à du blanc lorsque les néons éclairaient les lieux.

Debout, la respiration saccadée, il se trouvait derrière une porte noire dont la poignée en métal semblait être froide. Cet homme incertain et affolé de la situation portait un costume classique et délavé, d'un gris clair. Il s'était rasé de près la veille et des gouttes de sueur coulaient le long de son visage, lui donnant une envie insoutenable de se gratter le front. Il affichait une coupe de cheveux dont il soignait l'apparence chaque jour grâce à du gel de haute qualité. Sa mèche qu'il possédait depuis son plus jeune âge l'aidait à former une coupe ravissante. Chaque matin, il dirigeait ses cheveux noirs afin de former une vague qui se terminait sur le côté droit de sa face.

Il faut dire que son aspect viril et sa carrure d'homme fort et entreprenant attiraient plus d'une femme en ces lieux et pourtant, il n'avait jamais cessé d'être fidèle à son épouse.

Lorsque je regardai son visage de plus près je fus certain qu'il se prénommait Jack Marlie, il était le chef de cette base.

J'avais en un claquement de doigts la connaissance de ce bâtiment. C'était une base nommée « L'Organisation Anti-Cosmique » chargée de défendre la Terre de la venue d'êtres aux pouvoirs destructeurs.

La Terre avait déjà connu dans son passé d'autres êtres cosmiques aux aptitudes singulières et dévastatrices. D'après ce que j'étais en train de voir, cela s'était passé dans les années soixante. Un être étrange avait détruit plusieurs grandes villes avant de quitter curieusement la planète. De mon vivant, je n'avais jamais été au courant de ces événements.

Après plusieurs longues minutes de panique intense, la main moite du chef se dirigea vers la poignée de la porte avec une allure hésitante. D'un geste tremblant, il entra dans une immense pièce.

Cette salle était également grise et n'avait rien de différent d'une autre bien qu'elle possède des technologies très avancées pour son temps. Une gigantesque table ovale rassemblait le monde et tous s'étaient tournés vers le pupitre qui devait accueillir le chef pour un discours que l'on espérait être rempli de nouvelles optimistes.

La tension était palpable, les représentants de beaucoup de pays de la Terre s'étaient regroupés aujourd'hui afin de régler, une bonne fois pour toutes, la bataille entre mon frère et moi.

Jack Marlie marcha jusqu'au pupitre en s'obligeant à garder une posture droite puis toussa quelques instants. Sa gorge était sèche, il n'avait malencontreusement pas pensé à prendre de l'eau avec lui pour remédier à ce problème. Après avoir tapoté sur le micro et vérifié que tout fonctionnait à merveille, il commença son discours, dévoré du regard par tous.

— Bon alors comme vous le savez... Un combat entre deux extraterrestres fait rage et a déjà détruit plusieurs grandes villes, Jack s'arrêta quelques instants pour tousser puis reprit. Ils ne s'arrêteront pas... Et j'ai bien peur que cela cause la perte de la Terre entière... annonça-t-il dépité.

— Qu'est-ce qu'on peut faire ? demanda un des membres assis à la table.

— Il faut empêcher qu'ils ne nuisent davantage à la planète, répondit-il. D'après nos sources nous connaissons l'identité d'un des deux êtres, le chef activa alors le projecteur installé pour l'occasion et mon visage s'afficha dès lors sur l'écran blanc derrière lui. Cet être à la peau verte se prénomme Whirlwind le vert, c'est un être cosmique détenant une puissance incroyable, à lui tout seul il peut détruire une planète entière et il a déjà fait irruption sur Terre il y a une quarantaine d'années mais n'avait causé aucun désagrément. Le deuxième être, nous n'en savons pas beaucoup sur lui si ce n'est qu'il se proclame être un Dieu et qu'il colonise des planètes entières, nous ne savons rien d'autre sur ses intentions...

— Et comment voulez-vous qu'on les arrête si on ne sait rien sur eux ? Nous n'avons aucun indice sur leurs faiblesses ? questionna un autre membre.

Cet homme qui venait de poser la question se trouvait être le représentant de la France, il était connu pour être quelqu'un d'imprévisible. Il avait la capacité de prendre des décisions radicales même si cela allait à l'encontre de la morale. Il ne souriait presque jamais. Cependant, il était une figure importante de l'Organisation et un homme de confiance.

— Nous n'avons malheureusement aucune information sur leurs potentielles grandes faiblesses mais nous savons peut-être comment désactiver leurs pouvoirs temporairement. Si on agit à temps on peut les arrêter pour de bon, grâce à une bombe que BlueTech Factory a conçue.

— Mais comment on peut savoir si cette bombe va fonctionner ? dit le chef des armées anglaise.

— Normalement elle devrait fonctionner, nous avons fait des tests sur des individus... Mais ce n'était pas des individus avec une telle force.

— Et qu'est-ce qu'on fait si ça ne marche pas ?

— Nous ne pouvons pas laisser ces êtres détruire encore plus notre planète, nous devons essayer et ne pas rester là les bras croisés à regarder sans agir, nous n'avons pas d'autres choix malheureusement... Il faut que tous les civils restent cloîtrés dans leurs maisons car ceux qui resteront dehors subiront l'effet de cette bombe et mourront sur le coup, nous allons envoyer des troupes de soldats pour aider les rescapés à aller dans un endroit sûr.

— Sinon on les laisse s'entretuer et on se barre tous dans un abri atomique le temps qu'un des deux meurt, de toute façon moi j'ai assez de provisions dans le mien pour tenir au moins 10 ans, j'emmènerai une strip-teaseuse pour pas m'ennuyer, ajouta en rigolant le représentant russe.

D'après ce que je voyais, chacun des représentants possédait une oreillette qui leur servait à traduire et comprendre les paroles des différents individus.

— Tu crois vraiment que tu vas réussir à charmer une strip-teaseuse avec ta calvitie ? rétorqua un autre membre.

— Répète un peu ce que tu viens de dire ?

— Arrêtez tous les deux ça suffit maintenant ! s'exclama le chef qui interrompit les idioties des deux hommes.

Ils avaient raison, il fallait arrêter ce massacre. Je ne pouvais plus tenir en place et l'idée de revenir parmi les vivants refit soudainement surface. J'avais ce sentiment que mon cœur était rongé par le remords, je me devais d'agir mais comment ? Je n'en avais pas la moindre idée.

Cette bombe dont ils parlaient allait sûrement réussir à nous arrêter.

Quelques secondes plus tard, la force invisible qui m'avait mené ici décida qu'il était l'heure pour moi de quitter les lieux.

Je fermai les yeux pendant qu'elle me portait vers une autre destination. Mes oreilles perçurent cependant la voix d'Evelus qui s'adressait encore aux soldats.

Lorsque j'avais décidé de voir de nouveau, j'étais revenu devant mon frère.

— Votre châtiment approche ! s'exclama-t-il en souriant.

Une balle s'écrasa contre la poitrine d'Evelus, souriant d'avoir devant lui un réticent prêt à mourir pour une noble cause. Mon frère souhaitait tuer, c'était son vœu le plus cher. S'il pouvait passer sa vie à décimer des populations entières il le ferait sans aucune once d'hésitation.

— Servez-vous de ça comme exemple. affirma-t-il en tendant sa main vers le soldat.

Il allait faire s'abattre la foudre une seconde fois sur ces pauvres humains et j'étais incapable de m'opposer à cela. Je sentis la tristesse envahir ma conscience, j'étais incapable de pleurer dans ma forme spirituelle mais les émotions étaient perçues de manière plus intense.

Je n'avais depuis ma mort jamais bougé aucun de mes membres, mon corps était resté entièrement ankylosé par les précédents crimes d'Evelus.

La volonté de bouger, de sortir de cette prison, de m'échapper de ce spectacle ignoble gagnait ma raison et je décidai alors de lever ma main vers le soldat comme pour l'écarter de ce cauchemar qu'il allait vivre dans quelques instants.

Les éclairs sortaient une nouvelle fois de la main de mon frère et moi j'étais intrigué par l'apparence de mon bras. Ce fut très étrange à décrire. Ma peau n'était pas verte mais colorée d'un bleu turquoise qui s'évaporait lorsque je bougeais. C'était comme si j'étais soudainement composé de fumée, d'un nuage de coton qui se désintégrait si je souhaitais marcher. J'avais ma main tendue devant le visage du soldat terrorisé. Le temps avait considérablement ralenti.

J'étais presque capable de voir à travers mon enveloppe spirituelle car elle était translucide.

Les éclairs se rapprochaient de plus en plus, ayant pour but d'envoyer le soldat six pieds sous terre. J'étais rongé par un état pénible qui conquérait l'entièreté de mon être et j'avançais difficilement vers le soldat. J'étais comme retenu par un boulet d'une lourdeur indescriptible, comme lors de ces cauchemars angoissants où l'on tente d'échapper à une menace, où l'on a beau courir de toutes nos forces, jamais nous n'atteignons la sortie.

Le temps ralentissait encore plus, le Créateur souhaitait peut-être que je regarde ce désastre les mains et pieds liés.

La foudre fit un éclat qui me rendit sourd quelques instants, elle était à deux doigts de détruire la vie de cet humain quand tout à coup, ce voile noir, ce sinistre néant refit surface, m'handicapant de chacun de mes sens.

J'étais de nouveau bloqué dans cette réalité alternative et condamné à marcher dans l'obscurité d'un espace infini et infâme. Une odeur nauséabonde de relent de fromages mélangée à ce qui pourrait s'apparenter à des effluves de poubelles pourries et mangées par les asticots hantait ces ténèbres.

Je sentis en moi une horrible douleur, mais ce n'était plus de l'ordre du spirituel, elle était désormais physique. Une volonté et un espoir envahirent mon cœur, le désir de quitter cette réalité tourmentait mon âme. Je fus subitement aspiré hors de ce néant une fois encore et ouvris mes yeux en respirant fortement, de la même manière que le font les humains qui s'extirpent d'un mauvais rêve. J'étais enseveli sous les décombres, mon corps me faisait horriblement mal et mon visage saignait de partout. Mon premier réflexe fut de tousser pour expulser la poussière hors de mes poumons.

Je posai ensuite mes mains contre les décombres et concentrai mon esprit afin de m'enfuir de là grâce à mes pouvoirs. De petites et faibles tornades se matérialisèrent et poussèrent les débris difficilement, j'avais réussi à libérer mon visage quand soudain, mes pouvoirs cessèrent.

Je fus emprisonné de nouveau, les débris retombèrent et recouvrèrent mon corps bien plus douloureusement qu'au départ, j'avais ma tête écrasée, le souffle presque coupé et mes bras ne pouvaient plus bouger.

Je pensais à cet homme probablement déjà mort et cela m'attristait au plus haut point. J'en étais réduit à presque pleurer face à cela lorsqu'une rage intense prit le contrôle de mon être. Mes frères savaient pertinemment que j'étais réservé et humble de nature mais que lorsque je perdais le contrôle, cela engendrait les pires tortures, les morts les plus douloureuses.

Un violent souffle dégagea immédiatement l'intégralité des morceaux du bâtiment tandis que je criais de plus en plus fort ma colère contre les cieux.

Mon ouïe me revint aussitôt et mon corps semblait ne plus être aussi souffrant. Mon énergie refaisait surface petit à petit. Je pouvais percevoir mon frère dire les mots que j'avais déjà ouïs quelques minutes auparavant : « Servez-vous de ça comme exemple. »

Je pris mon envol sans plus attendre et atteignis Evelus qui avait commencé son attaque envers le soldat. Je lui décochai une droite dantesque à l'arrière de son crâne et il passa au travers d'une voiture avant de s'arrêter sur la route qui s'était décrochée sous son poids.

Les éclairs furent supprimés, j'avais réussi à sauver ce Terrien.

— Encore toi hein... dit mon frère en se levant, un peu sonné.

J'étais épuisé, le visage ensanglanté et le corps affaibli mais je me devais de continuer. Les humains de l'Organisation Anti-Cosmique venaient de lancer leur bombe et je profitai du peu de temps que j'avais pour prévenir les soldats de se mettre, eux et les innocents restants, à l'abri dans les maisons encore debout.

Evelus vola vers moi peu de temps après et m'emmena dans les airs, la violence avec laquelle il agissait m'intimidait quelquefois. Il me roua de coups au visage en prenant le soin de m'amocher toujours plus l'arcade sourcilière. Je réussis à m'échapper de son emprise tant bien que mal et l'envoyai traverser un bâtiment avec mes pouvoirs, je lui lançai parfois des tornades qu'il esquivait sans aucune difficulté.

J'étais intrigué par le son de cette bombe qui s'approchait de la ville et mes yeux furent rivés vers le ciel bleu azur durant une courte seconde. Je pouvais entendre que les derniers rescapés s'étaient réfugiés dans les bâtisses qui avaient survécu. Désormais, il fallait juste que je gagne un peu de temps et que j'emmène mon frère à l'endroit où elle allait normalement exploser : à Central Park.

Je décidai de planer très vite, en longeant les immeubles et en le faisant de temps en temps tourner en rond pour qu'il ne réussisse pas à m'attaquer. Lorsque je fus enfin arrivé au-dessus de Central Park, il m'attrapa par la gorge et me balança comme un vulgaire déchet dans des appartements laissés à l'abandon. Pendant plusieurs longues secondes il me suivit et me frappa toujours plus fort, m'éjecta toujours plus brutalement jusqu'à ce que je riposte d'un grand coup de poing dans son estomac. Il s'écrasa sur l'herbe fraîche du parc. Je discernai la bombe dans le ciel, elle frôlait les nuages et allait heurter le sol dans quelques secondes.

Je pris la décision d'immobiliser mon frère pour qu'il n'empêche pas cette arme d'atteindre son but, je mis les pieds à terre et violenta mon frère avec une colère et une hargne intense. J'exploitais son point faible : ses tatouages.

À vrai dire, les marques incrustées dans sa peau étaient les seuls endroits où il sentait vraiment la douleur, j'orientai donc mes frappes vers ces marques.

Il faillit presque s'évader après avoir fait circuler dans mon corps une dose extrême d'électricité. Je lui envoyai une dernière droite au visage et saisis un morceau de bois pointu qui traînait dans les environs. D'un seul coup bref je lui fis passer cette arme aiguisée à l'intérieur de son corps, elle transperça son abdomen à l'endroit où ses tatouages étaient présents puis vint s'enfoncer dans la terre.

La bombe rencontra le gazon du parc peu de temps après, un nuage rouge vif comme le sang sur mon visage s'échappa et envahit les environs. Mon frère et moi fûmes dans l'incapacité totale de respirer, je tenais ma gorge qui brûlait de l'intérieur en espérant pouvoir retrouver de l'oxygène, mais c'était peine perdue. Je sentais mes muscles devenir aussi faibles que ceux d'un mortel, mon corps se paralysait et s'endormait petit à petit. Après quelques minutes à suffoquer, je perdis connaissance et repris mon enveloppe spirituelle. Je doutais d'être mort, j'étais seulement plongé dans un coma aux aspects singuliers.

Un hélicoptère se posa non loin de là où je gisais, des soldats différents de ceux que j'avais pu observer jusqu'ici entouraient plusieurs scientifiques aux blouses blanches accompagnés du chef de l'Organisation Anti-Cosmique. Les soldats poussaient deux caissons qui devaient sans aucun doute servir à emprisonner les êtres comme nous.

— Mettez-les dedans, dit le chef en nous désignant mon frère et moi.

Les soldats nous portèrent laborieusement et nous mirent dans ces prisons. Ils prirent le soin de nous attacher avec des sangles qui semblaient être faites d'un métal très résistant puis fermèrent les portes transparentes, nos corps pouvaient être observés par tous.

— Allez-y, continua Jack Marlie.

Les soldats s'exécutèrent et appuyèrent sur un bouton demeurant sur le côté des caissons. Du gel bleu et d'un froid intense vint les remplir puis se solidifia en un instant, emprisonnant nos corps dans une cage de glace qui allait nous retenir d'agir pour l'éternité.

Après cela, je fus ramené dans mon enveloppe corporelle, je ne pouvais que respirer faiblement à travers ce gel qui congelait mes membres, je me sentais à l'étroit, comme un claustrophobe qui aurait décidé de s'aventurer dans une grotte et serait resté coincé, à tout jamais, dans un trou trop petit pour lui.

— Qu'est-ce qu'on va faire d'eux maintenant que tout le monde sait ? demanda le scientifique à Jack.

— Ne vous inquiétez pas, j'ai ma petite idée... répondit-il de manière intrigante.

— Et c'est quoi votre idée ?

— Je vais confier ces deux êtres à un ami qui saura s'en occuper, il nous faut les étudier pour pouvoir se protéger si une prochaine attaque éclate. Ce n'était pas la première et ce ne sera pas la dernière... Nous allons dire à tout le monde qu'ils ont été tués et nous ferons des tests sur eux dans le plus grand secret. Si les hommes apprennent ce que nous nous apprêtons à faire, ces deux êtres tomberont entre de mauvaises mains et qui sait ce qu'il adviendra de la Terre...

— Je vois...

Voilà que nous fûmes donc mon frère et moi gardés auprès des Terriens peut-être pour l'éternité, afin de subir des tests sûrement douloureux pour tirer profit de nos pouvoirs respectifs. Je ne pouvais savoir ce qu'ils allaient précisément faire avec nous mais une chose était sûre : cela ne présageait rien de bon.

1.

CE TERRIEN PAS COMME LES AUTRES.

Vingt ans s'écoulèrent pendant lesquelles la Terre ne fut

plus la même. Les familles qui avaient perdu leurs proches attaquèrent en justice l'Organisation Mondiale Anti-Cosmique pour recevoir des dédommagements. Les gens vivaient avec la crainte d'un potentiel retour d'êtres démoniaques.

La planète entière s'interrogeait sur le devenir des deux êtres qui avaient dévasté le monde quelques années plus tôt. Le chef de l'Organisation rétorqua que la mort avait frappé leurs cœurs et qu'ils ne nuiraient plus jamais à la vie humaine, mais certains doutaient de la véracité des paroles de cet homme.

Ce fut le cas d'Adam Baker, un lycéen du Nord de la France, âgé de 17 ans, assis sur un banc dans le hall du bâtiment scolaire.

Il ne pouvait s'empêcher de jeter un œil aux théories que l'on contait sur internet, le jeune homme avait une fascination constante pour les êtres venus de l'espace depuis son plus jeune âge.

Cet humain n'était guère le plus intéressant du lycée, presque personne ne faisait attention à lui dans les couloirs et certains s'amusaient même à le martyriser de temps en temps.

— Alors Adam on regarde quoi sur son téléphone ? demanda un gamin aux cheveux noirs épais avec un sourire narquois accompagné de son groupe d'amis qui venaient se positionner en face de leur proie.

Adam ne répondit pas à ce jeune garçon nommé Lucas, notre héros avait l'air agacé par le comportement de ce dernier.

— Fais voir un peu ce que tu lis ? dit Lucas avant d'arracher le téléphone des mains d'Adam. Oh regardez comme c'est mignon ah ah !

— Rends-moi ça Lucas, tu fais pitié... répondit Adam énervé.

— Qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas t'énerver c'est ça ? Oh comme j'ai peur !

Adam se leva du banc et poussa Lucas qui fit quelques pas en arrière, ce dernier eut vite les nerfs à fleur de peau et riposta à son tour en bousculant le jeune homme qui n'avait rien demandé.

Adam serra son poing très fortement et dirigea une droite vers la racaille impitoyable qui se décala au dernier moment. Ce garçon mal élevé profita qu'Adam soit désorienté pour lui faire un croche-pied. Notre héros tomba à terre et se claqua la tête assez violemment pour observer quelques étoiles défiler devant lui. Lucas regarda avec dégoût le pauvre adolescent et laissa tomber son téléphone sur le sol.

L'écran se fendit à plusieurs endroits. Adam vit trouble pendant quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Il était encore possible d'utiliser le téléphone correctement mais ces fissures accablaient le jeune homme d'une déception grandissante.

Il scruta les environs de ses yeux faibles comme pour appeler à l'aide et aperçut une fille aux cheveux roux se tenir derrière Lucas.

— Lucas ?

L'intéressé se retourna vers la jeune fille qui lui décocha une violente gifle sur la joue gauche. Elle ne connaissait pas personnellement Lucas mais sa réputation de brute interpellait tout le monde dans le lycée.

Lucas était dans l'incapacité morale de lui rendre la pareille. Toutefois, une colère naissait dans ses yeux, elle était directement adressée à Adam.

— On se retrouvera Baker crois-moi, dit Lucas avec un regard de haine envers Adam.

Adam se releva et fut aidé par la jeune fille qui lui souriait.

— Désolé pour ce qu'il t'est arrivé... dit la jeune fille rousse.

— Oh euh... Bah c'est pas grave de toute façon ils ont rien fait de grave, répondit Adam gêné de parler à une fille.

— Au fait je m'appelle Rose, je suis en Terminale Scientifique, ajouta-t-elle alors qu'Adam ramassait son téléphone par terre.

— Eh bien... Enchanté Rose... Moi c'est...

— Adam Baker je suppose ? Je le savais. On entend beaucoup de choses sur toi.

— Ah bon ? On parle de moi ?

— Non, enfin... C'est surtout Lucas et sa bande de cons qui parlent sur toi mais ça tu dois t'en douter...

— Ah... Ouais j'imagine... Depuis le temps je commence à avoir l'habitude.

La sonnerie retentit d'un seul coup faisant vibrer les tympans des lycéens, cette sonnerie signifiait que tous les élèves étaient invités à rejoindre leurs cours respectifs. Adam n'était pas dans la même classe que Rose et bien qu'il avait déjà aperçu cette demoiselle auparavant, il n'avait jamais eu l'audace d'aller converser avec elle.

— Bon faut que j'aille en Maths, t'as quoi toi ? demanda Rose intéressée.

— Euh... J'ai Histoire normalement, répondit Adam.

— Ah bah on peut faire un bout de chemin ensemble jusqu'à nos cours si ça te dit ?

— Oui d'accord ça me va ! (Adam sourit légèrement)

Sur le chemin, Adam repensait à ce qu'il venait de vivre. Il avait fait la connaissance d'une fille et il faut dire qu'il n'avait pas du tout l'habitude de faire la discussion à la gent féminine. Il était stressé et ne savait pas de quoi parler. Pourtant, cela ne l'empêchait guère d'observer chaque détail du visage de Rose pendant qu'elle parlait. Elle avait de magnifique cheveux ondulés et d'une rousseur éclatante, elle arborait une peau blanche et claire qui faisait ressortir son somptueux grain de beauté qu'elle possédait au coin de sa bouche charnue.

Ses lèvres avaient besoin de beaucoup de soin pour ne pas se craquer avec le froid hivernal. Par conséquent, elle appliquait régulièrement de la crème hydratante avant d'étaler son rouge à lèvres préféré. Elle affichait un sourire radieux illuminé d'une joie de vivre intense. Ses dents étaient parfaitement alignées et n'arboraient aucun défaut.

Ses yeux quant à eux étaient colorés d'un vert hypnotisant qui pouvaient rendre esclave n'importe quelle créature de la planète.

Elle avait un nez droit et assez petit mais ce n'était pas un défaut aux yeux de notre héros qui l'admirait alors qu'elle expliquait des choses.

Rose était plus petite qu'Adam, elle atteignait difficilement la barre des un mètre soixante-cinq. D'ailleurs, la quantité de nourriture qu'elle ingérait quotidiennement devait être insignifiante puisque ses fines jambes peinaient à faire tenir son corps plutôt léger.

Ses délicates mains minuscules n'auraient jamais pu défier les plus dangereux combattants de la Terre et pourtant, elle avait corrigé Lucas sans une once de difficulté.

En ce jour, Rose s'était vêtue d'un pull rayé bleu et blanc qu'elle avait rentré le matin même dans sa magnifique jupe noire. Elle adorait mettre des collants à motifs, qui embellissaient davantage ses jambes, accompagnés de chaussures plates pour femmes que l'on appelait sur cette planète des « Derbies ».

— Adam tu m'écoutes ? demanda Rose.

— Euh oui pardon... C'est juste que je pensais à... Lucas et je voulais juste te remercier de m'avoir aidé, répondit Adam.

— Ah bah voilà, on est arrivé à mon cours je vais devoir te laisser, mais sinon il n'y a pas de quoi c'est totalement normal, je suis ton héroïne avoue-le !

— (Adam rigola un instant puis reprit) Ouais. C'est sûr que j'aimerais pas être à la place de celui qui se prendra une gifle de ta part !

— Il l'a mérité. C'est qu'un con, on peut pas le changer malheureusement... Bon je dois y aller, on se revoit plus tard ?

— Oui d'accord ça marche !

Le cours d'Histoire passait lentement pour Adam.

Il était assis à côté de son meilleur ami nommé Steve, un grand gaillard d'environ un mètre quatre-vingt-cinq, assez musclé et arborant des cheveux blonds mi-longs. Steve avait toujours été présent pour aider notre jeune héros mais aujourd'hui il n'avait pu le défendre et penser à ce qu'Adam subissait au quotidien le rendait malade.

Steve avait une carrure imposante et des yeux d'un bleu clair à en faire tomber toutes les filles de l'école. Pourtant, cela ne l'intéressait guère pour le moment. Il souhaitait juste passer son temps à rigoler avec sa bande d'amis.

Il s'était couvert d'une chemise à carreaux rouges et noirs ainsi que d'une veste en jean. Pour accompagner le tout il avait décidé, le matin même, de mettre un jean en guise de pantalon et des chaussures d'un blanc crème. Steve accordait beaucoup de temps aux soins de son corps et de son visage, son hygiène était irréprochable et cela accentuait l'impact olfactif de son parfum auprès des filles.

Adam n'était effectivement pas le stéréotype du garçon perdu, sans camarades et violenté par des brutes. Il avait au contraire une bande d'amis avec qui il passait le plus clair de son temps lors des récréations.

Il y avait d'abord Steve son meilleur ami depuis toujours, mais aussi Max, une grande perche assez maigre arborant des cheveux très courts et noirs. Il portait des lunettes car une myopie, qu'il n'avait point réussi à guérir, s'était déclarée à sa naissance.

Max faisait du skateboard tous les soirs après les cours. Il se rendait à la gare de la ville afin de s'entraîner à devenir le meilleur de tous. On ne voyait pas souvent ses cheveux puisqu'ils étaient cachés par un bonnet qu'il portait très souvent. Son style vestimentaire était très simple et pourtant celui lui donnait un certain charme.

Lorsqu'il se levait après une bonne nuit de sommeil, il se vêtait d'un pull à capuche un peu trop grand pour lui ainsi que d'un pantalon large pour faciliter les mouvements sur son skateboard, le style vestimentaire d'un parfait skateur, armé de son paquet de cigarettes et de sa planche, il était fin prêt pour entamer une parfaite journée.

Le plus petit garçon du groupe s'appelait Julien, avec le temps on l'avait surnommé « Chouffe » en référence à une marque de bière que l'on pouvait trouver facilement dans les plus grandes enseignes commerciales. En effet, il consommait très souvent une bière durant ses repas avec son père après avoir chassé le gibier dans la forêt.

Parfois, il arrivait que Chouffe se fasse harceler par Lucas et sa bande à cause de son surpoids. Ils tiraient ses joues et l'insultaient.

Chouffe possédait des cheveux roux comme Poil de Carotte, bouclés et terriblement indisciplinés. De ce fait, il lui était nécessaire d'appliquer des lotions en tout genre pour sublimer ses belles bouclettes.

Le dernier membre du groupe était une fille, elle s'appelait Alena. Elle était blonde avec quelques mèches brunes et avait récemment décidé de se couper les cheveux à hauteur de ses clavicules pour se faire un somptueux carré qu'elle soignait avec des huiles et des shampoings. Elle amusait et apportait une touche de sensibilité à ce groupe essentiellement constitué de garçons. Alena était l'amie de Max depuis la primaire et était rentrée petit à petit dans le groupe durant le collège. Elle avait mis un rouge à lèvres et s'était maquillée comme les filles le faisaient à l'âge du lycée. Elle semblait n'avoir peur de rien si ce n'est des araignées qui horrifiaient son être et lui apportaient dégoût et répugnance. Les lycéens dévisageaient Alena de temps en temps, la trouvant trop extravagante dans sa manière de s'habiller.

Adam posa son regard sur la jeune fille durant le cours, elle portait des bottes noires que l'on appelait « Dr. Martens » ainsi que des collants un peu déchirés, il n'avait jamais réellement su si cela faisait parti de la mode actuelle ou si elle venait de se battre à mort contre un tigre enragé. Elle avait souhaité se présenter au lycée vêtue d'une robe rouge avec un décolleté que beaucoup avaient jugé d'excessif mais Alena n'en avait cure. C'était une fille forte et indépendante qui ne se préoccupait que de son bien-être ou presque, puisque derrière son cœur de pierre se cachait une véritable philanthrope qui aimait aider son prochain. De nombreuses fois elle passait devant des citoyens sans domicile fixe et offrait l'argent qui lui restait dans sa veste en faux cuir noir accompagné d'un sourire chaleureux qui prodiguait joie et bonne humeur dans leurs âmes.

Adam quant à lui était un des plus petits du groupe, il avoisinait les un mètre soixante-dix ce qui faisait de lui le garçon le plus petit après Chouffe.

Adam avait une coupe plutôt classique pour son âge puisqu'il mettait chaque matin ses cheveux sur le côté droit de son crâne, ils étaient plus courts sur les côtés et à l'arrière de sa tête. Notre héros affichait une couleur plutôt châtaine claire qui tirait vers le roux lorsque le soleil pointait le bout de son nez. Des reflets roux qui s'accentuaient à cause de sa barbe car, bien qu'il ait été le seul garçon du groupe à posséder une barbe correcte, elle était d'une couleur particulière que peu de gens possédaient dans le lycée.

Tous ses amis n'avaient que quelques manifestations de pilosité faciale trop faibles pour les laisser à l'air libre, ils se rasaient donc avec minutie tandis qu'Adam se montrait sous son plus beau jour, sans avoir touché à sa pilosité depuis de très longs mois.

Il avait bien compris comment exhiber une splendide barbe. Le secret résidait dans une huile que l'on nommait « l'huile de ricin » couplée à un shampoing spécial qu'il appliquait chaque matin avant de partir prendre le bus.

Tout cela donnait à la barbe d'Adam une structure ravissante qui rendait jaloux le moindre lycéen croisant son regard énigmatique.

Notre héros pouvait paraître introverti et faible au premier abord mais c'était très mal le connaître. Sous son apparence de garçon fragile, timide et banal se cachait une impulsivité et une répartie à toute épreuve. Adam savait que si quelqu'un osait le pousser dans ses retranchements, il allait dévoiler une facette de lui-même beaucoup plus sombre, brutale et dangereuse. Lucas en avait déjà été le témoin plus d'une fois lorsqu'il s'était malencontreusement retrouvé face à Adam, sans son groupe d'amis. Notre jeune héros l'avait brutalisé avec beaucoup de haine et de violence et ce jusqu'au sang.

Grâce à son côté vengeur, certaines filles du lycée le trouvaient mystérieux et n'étaient pas réticente à l'idée de le connaître davantage mais aucune n'avait encore osé franchir le pas.

Adam affichait des yeux verts avec quelques nuances de marron et n'avait pas un physique très imposant, il ne pratiquait aucun sport même si l'idée de commencer la musculation avait déjà traversé son esprit de nombreuses fois. La motivation et la régularité manquaient fâcheusement à ce jeune homme.

Durant son cours d'Histoire, Adam était très passif. Il n'aimait guère participer aux questions que la professeure posait et passait son temps à s'imaginer en train de voler parmi les nuages ou de combattre des méchants armés jusqu'aux dents avec ses super-pouvoirs. Malheureusement, la vie d'adolescent était beaucoup moins tumultueuse que cela.