Zoé -  - E-Book

Zoé E-Book

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Beschreibung

Je m’appelle Zoé et je suis un berger des Shetland ou, constamment appelé à tort, un mini-colley. Ma maîtresse souhaitait me voir devenir un chien de compétition de haut niveau, mais un incident m’a fait perdre de vue cet objectif. J’ai dû changer de famille et croyez-moi, c’était un changement radical.
D’une vie de princesse à une vie de détresse, je me dois d’apprendre à être un chien de berger sans craindre de me salir le bout du nez. Qui se montrera le plus déterminé ? Moi ou les bas de laine ?



À PROPOS DE L'AUTEURE


Izabelle Gignac est âgée de 26 ans lorsqu’elle publie son premier livre jeunesse. Diplômée en Techniques de santé animale, elle a la tête qui déborde d’histoires de chiens, ses premiers confidents. Vivant dans la vallée de la Matapédia avec son conjoint et ses deux garçons, elle est toiletteuse et artiste à plein temps. Toujours accompagnée de son Berger de Shetland, elle trouve son inspiration pendant ses promenades en forêt.

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Seitenzahl: 112

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Izabelle Gignac

 

 

 

 

Éditions Lo-Ély

www.editionsloely.com

 

Facebook : Éditions Lo-Ély

 

Auteure : Izabelle Gignac

Facebook : Izabelle Gignac, auteure et critique de livres

Graphiste pour la couverture : Véronique Brazeau

www.trifectamedias.com

Illustrations : Izabelle Gignac et Myriam Joncas

[email protected]

Révision et mise en page : Tricia Lauzon

Correction : Merci à Mme B.

 

Imprimerie : Marquis

 

Dépôt légal –

Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2022

Bibliothèque et Archives Canada 2022

 

Toute reproduction, intégrale ou partielle, faite par quelque procédé que ce soit, photographie, photocopie, microfilms, bande magnétique, disque ou autre, est formellement interdite sans le consentement de l’éditeur.

Imprimé au Canada

 

ISBN PDF : 978-2-925030- 85-0

ISBN EPUB : 978-2-925030- 86-7

 

Remerciements

Mon premier merci va à Éric Thériault pour tous ses conseils et ses multiples lectures. Merci d’avoir trouvé les mots que j’avais sur le bout de la langue, mais que la fatigue m’empêchait de trouver.

Merci à mes deux meilleures amies, Annie-Claude et Mylène, pour leur soutien, même pendant les journées où j’étais davantage dans la tête d’un chien qu’une collègue toiletteuse.

Une bine sur l’épaule de mon conjoint Vincent pour avoir enduré mon air grognon le matin parce que j’avais écrit tard la veille. Promis, je ne recommencerai plus ! (Ça ne compte pas, j’avais les doigts croisés)

Un gigantesque merci à Cathy, une collaboratrice qui fait un travail formidable.

Merci à Myriam pour son travail sur la coche avec mes dessins. Tout ce que tu touches devient splendide !

Merci à Zoé, mon inspiration pour ce roman. T’immortaliser et te faire connaître aux amoureux des chiens fut un réel plaisir.

Merci à Carolanne Allard pour la photo de la couverture ainsi que pour celle de ma biographie. Ton travail est formidable !

Un câlin à tous mes lecteurs(trices) de 7 à 77 ans. Ce sont tous vos beaux mots qui m’ont encouragée à poursuivre cette aventure. J’espère que ce livre vous plaira tout autant.

Pour terminer, un énorme merci à mon éditrice, Tricia Lauzon, de m’avoir accompagnée dans cette trilogie canine. Une aventure se termine, mais bien d’autres suivront !

 

Izabelle

 

 

 

Chapitre 1

J’aimerais être ailleurs

Je patiente, debout devant un grand rideau épais, à côté de ma maîtresse. L’ambiance est lourde et mon cœur bat à un rythme effréné. Mes oreilles sont dressées bien droites quand l’animateur parle etelles se recouchent sur mon crâne lorsqu’il se tait.

Ce sera bientôt notre tour. Mon ventre gargouille et j’essaie de me convaincre que je connais le parcours. Ma maîtresse me regarde avec des yeux confiants, mais je discerne tout de même une trace de peur à l’intérieur.

Le rideau s’ouvre devant nous. Les acclamations du public emplissent ma tête et la forte lumière m’éblouit pendant quelques secondes. Je trotte doucement à côté de ma maîtresse et je sens que sa main fébrile détache ma laisse. Je vois le tunnel au loin, les sauts d’obstacles ainsi que les trapèzes.

Le silence se fait graduellement dans la salle et je sens mes pattes devenir molles malgré moi. Ma respiration est difficile et je ralentis jusqu’à m’immobiliser totalement. Ma maîtresse avance encore quelques pas avant de se rendre compte de mon arrêt. Elle se retourne et cache son embarras avec un sourire et des mots qui incitent à la suivre. Rien à faire. Je suis complètement figée.

 

 

Plusieurs minutes passent et ma propriétaire devient rouge comme une tomate.

Comprenant que je ne bougerais pas même si je le voulais, l’annonceur proclame ma disqualification dans son micro. Ce dernier résonne dans mes oreilles comme s’il se situait à des kilomètres de moi. Tout devient noir et je tombe sur le flanc.

Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé pendant mon malaise, mais je pense que je ne suis plus au tournoi.

J’entends des voix autour de moi et je repose sur une table froide et dure. J’ouvre les yeux afin de comprendre où je me trouve. Ma maîtresse est à côté d’une femme en sarrau blanc qui s’applique à enlever un tube dans ma patte avant.

Je suis chez le vétérinaire. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je revois des flashs de lumière et mon cœur se remet à battre très vite. Il faut que je me lève pour demander pardon à ma propriétaire. Elle avait tellement travaillé fort pour que ce jour se déroule bien. La déception dans son regard m’a glacé le sang, mais ce n’est rien comparé à ce que je vais entendre :

−Docteure Lavoie, si ce malaise n’est pas dû à un problème de santé chez elle, comment expliquer cet évanouissement avant le parcours ?

−Madame, votre shetland a simplement eu une crise de panique. Elle est jeune et c’était son premier concours d’obéissance. Continuez à travailler avec elle et je suis convaincue que ça ira mieux la prochaine fois.

La prochaine fois ? Oh non ! Je ne veux pas revivre ça. Toute cette pression sur mes petites épaules était beaucoup trop difficile à gérer.

−Non, je suis désolée Docteure! Ma réputation en a déjà assez souffert comme cela. Même si Zoé démontrait de bonnes aptitudes dans les parcours, je ne peux prendre le risque qu’elle me refasse le coup une seconde fois.

Excellent ! Ramène-moi à la maison et nous continuerons à nous amuser ensemble dans la cour. Nous n’avons pas besoin que tous ces gens nous regardent !

Nous quittons la clinique vétérinaire et le silence dans l’auto me paraît suspect. Elle, qui d’habitude est un vrai moulin à paroles, se tient muette et semble préoccupée.

Nous roulons longtemps jusqu’à ce que nous puissions rejoindre une petite route isolée de la ville. J’aperçois alors une bâtisse hideuse qui se dresse sur le bord du chemin. Ma maîtresse sort et me demande d’en faire autant. Le vent frais du mois de mars me souffle dans les yeux et mes oreilles se couchent de peur, car cet immeuble dégage quelque chose d’effrayant.

Je la suis docilement vers la porte en cherchant l’utilité de cette visite par une journée si froide. Je veux retourner à la maison, dans la chaleur de mon doudou.

Nous nous dirigeons vers le comptoir où se tient une dame à l’allure négligée et ma propriétaire lui affirme qu’elle est ici pour un dépôt.

Un dépôt ?

−Quel est le problème avec ce chien ?

Excellente question, madame la réceptionniste ! Qu’est-ce qui se passe?

Ma maîtresse prend un air triste en affirmant qu’elle ne peut plus garder un chien avec un trouble d’anxiété. Elle lui explique que tous mes vaccins sont à jour et que j’ai deux ans. Aucun problème de santé physique.

Tout se bouscule à l’intérieur de ma tête. Elle ne peut pas me faire ça. Nous avons passé tellement de bons moments ensemble ! Toutes les heures que nous avons consacrées à l’apprentissage des jeux d’adresse ont forgé notre amitié. À moins que ce soit seulement mon amitié envers elle que cela ait forgée…

(SPCA : Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux)

Voilà, je recommence à voir des points noirs ! Mon cœur bat tellement vite que je m’assois pour tenter de le calmer. Tout ce qu’elles se disent ne parvient plus à mes oreilles et je sens à peine mon collier se retirer de mon cou. La dame en uniforme usé m’en attache un nouveau et c’est sans un regard que ma maîtresse quitte la place.

Mes pattes ne peuvent plus bouger, mon cœur est brisé et la réceptionniste tire sur la laisse pour que je la suive. Pas question ! Je reste ici ! Même si je voulais y aller, je ne peux pas. Elle me prend donc dans ses bras, après avoir laissé s’échapper un long soupir de mécontentement, et m’amène à ma nouvelle maison, ma première cage.

 

 

 

Chapitre 2

Je voudrais encore être ailleurs

 

 

Je suis ici depuis presque 12 heures. Il y a des cages à chiens partout et pas une minute de silence. Même si nous approchons tranquillement du printemps, il fait très froid et le plancher de béton est gelé.

Ma race se trouve en sixième position dans le palmarès des chiens intelligents. Je sais donc pourquoi je suis à cet endroit. J’avais une mission, un travail, un objectif dans la vie. Celui de performer en jeux d’adresse afin de rendre ma maîtresse fière de moi et gagner des prix. J’ai échoué, alors je mérite ma place ici.

Après avoir repris mes esprits suite à mon malaise lors de mon arrivée, je suis restée longtemps debout à japper comme une déchaînée. Je ne pouvais pas demeurer plantée là à attendre gentiment que quelqu’un me remarque. De plus, les visites étaient rares. Dans les chenils, le temps est compté.

Je me suis vite aperçue que les gens n’allaient pas vers les pensionnaires qui aboient à s’en décrocher la mâchoire. Si je veux sortir d’ici, il faut user de stratégie.

Le gigantesque chien blanc1 assis dans une cage placée en diagonale de la mienne a l’air de croire que sa maîtresse va venir le chercher d’une journée à l’autre. Je ne sais pas depuis combien de temps il attend ici, mais il faudrait que le sage basset lui explique la situation. À moins qu’il ne veuille pas lui faire perdre espoir… Ici, l’espoir est tout ce qu’il nous reste.

Voici donc mon plan de match. Maintenant que j’ai cessé de japper, les gens me regardent davantage. C’est curieux, car je pensais que japper attirait l’attention. Bref!

Lorsqu’ils m'observent, je penche légèrement la tête d’un côté ou de l’autre. Les humains adorent quand nous faisons ça. Lorsque j’ai leur attention, je secoue ma belle crinière de façon à ce qu’elle se déplace doucement en ondulant, comme au ralenti dans les films !

Bon ! Après trois tentatives infructueuses, j’avoue que je me sens un peu lasse de tout ce petit jeu de séduction. C’est pourquoi j’ai un nouveau plan dans ma tête et j’ai très hâte de le mettre en action.

Oh ! C’est déjà l’heure de manger notre repas du soir. Je remets à une autre fois le projet « Laissez-moi sortir d’ici ».

Pendant que je mange ce médiocre repas, la grande porte de métal s’ouvre.

Ils sont trois humains accompagnés du gardien et ils paraissent différents des autres. Ils viennent d’entrer dans le chenil et je me questionne beaucoup à leur sujet. La plupart des autres chiens n’ont rien décelé de différent, mais pour moi, ça frappe à mes yeux intelligents.

La femme tient un garçon par la main pendant que l’homme le surveille discrètement. Jusque-là, tout est normal, me direz-vous.

Ce qui me chicote, c’est que leur enfant semble adolescent, mais son regard est particulier. C’est un peu comme si son esprit ne réfléchissait pas comme celui d’un humain de cet âge. Je le vois pointer du doigt Bentley, le gros chien blanc, et sa mère lui répond qu’il doit manger beaucoup trop de nourriture. Ce sont donc des gens qui ne sont pas fortunés et qui n’auront pas les moyens d’acheter de bonnes croquettes au candidat qu’ils choisiront. Je le plains d’avance, ce pauvre animal.

La dame porte une robe et aucun des trois n’a de manteau. Je devine qu’aujourd’hui, c’est une vraie journée de printemps ! Peut-être que ça va aider à enlever l’humidité de l’endroit.

Plus ces gens approchent de ma cage, plus leur odeur entre à l’intérieur de mon nez. Ouf ! Ça sent beaucoup d’animaux en même temps! Ils travaillent peut-être dans un zoo.

À quelques pas de moi, le jeune homme se fige. Il me regarde droit dans les yeux et sa mère cherche où est rendue l’attention de son fils. J’é