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De la conquête de la Gaule par Jules César à aujourd’hui, l’histoire de la Belgique s’est tissée à travers des événements multiples qui ont façonné les mentalités ainsi que l’environnement politique, culturel, économique et social de notre pays.
100 dates picorées à travers l’histoire nous apprennent, chacune à leur manière, un peu de notre identité nationale, celle d’un pays qui n’est pas tout à fait comme les autres… Contrasté, surréaliste… mais bien plus solidaire qu’on ne le croit.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Hervé Gérard est historien, écrivain, journaliste, conférencier, homme de radio... et Belge.
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Seitenzahl: 143
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Histoire de l’aviation belge (Legrain, 1978)
Louis Henno ou la grande aventure de la peinture belge (Les Éditeurs d’art associés, 1984)
Histoire de la bourgeoisie belge (Collet, 1985)
Les As de l’aviation belge (Collet, 1985)
Une mission très secrète : Paul Henry de la Lindi (Collet, 1985)
La Résistance belge face au nazisme (1940-1944) (Collet, 1995)
Histoires d’Uccle (Collet, 1996)
Sébastien Dulac, le plus parisien des Belges (Collet, 1999)
La Saga des femmes belges (Collet, 1999)
Quartiers d’Uccle (Collet, 2000)
L’Histoire de l’Europe racontée aux jeunes et à leurs parents (Versant Sud, 2002)
Reines des Belges. Entre ombres et lumières (Hors-série Le Vif/L’Express, 2019)
Les années vingt (Hors-série Le Vif/L’Express, 2020)
Bruxelles, demeures de célébrités (180° éditions, 2020)
En collaboration
Dictionnaire des Belges (Legrain, 1981)
Léopold III se tait, nous parlons (Collet, 1983)
Albert Ier insolite, 1934-1984 (Collet, 1984)
Se battre pour la Belgique (Collet, 1984)
Les plus beaux châteaux de Belgique (Sélection du Reader’s Digest, 1984)
Pas de Belgique sans Baudouin Ier (Collet, 1985)
Les Princesses de Laeken (Collet, 1987)
La Belgique vue par les peintres naïfs (Laconti, 1987)
La Belgique rétro, 1890-1914 (Sélection du Reader’s Digest, 1988)
Histoire illustrée de la Belgique (Versant Sud, 1998)
Princes en Belgique (Versant Sud, 2003)
Victor Hugo en exil (Avant-propos, 2014)
180˚ éditionsMangez local, lisez local !
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Collection : En cheminant sur la ligne du tempsCouverture : Karine DorcéanMise en pages : Nord CompoSuivi éditorial : Juliette Favre
ISBN : 978-2-940721-06-1
Tous droits strictement réservés. Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie, microfilm ou support numérique ou digital, sans l’accord préalable et écrit de l’éditeur, est strictement interdite.
Ce document numérique a été réalisé par Nord Compo.
Des hommes, des femmes font et défont le déroulement de l’histoire, la rendant parfois heureuse, souvent chaotique et malheureusement sanglante.
Plonger dans l’histoire, c’est tôt ou tard retrouver des bouts de nos racines qui donnent naissance à l’arbre que nous sommes avec nos branches et nos feuilles que nous devons sans cesse entretenir car elles sont notre culture. Parfois les feuilles tombent pour mieux repousser, une branche malade plie et se rompt pour laisser la place à une jeune pousse. Et si l’arbre s’abat, il y a toujours quelqu’un pour le replanter.
Ainsi va le grand film de notre passé sans la connaissance duquel nous ne saurions pas qui nous sommes réellement aujourd’hui.
La Belgique a-t-elle 2000 ans, 500 ans ou bientôt deux siècles ? Un débat sans fin qui agite le landernau des historiens ou des Hommes politiques. Mais peu nous importe. César est bien venu guerroyer chez nous, la cour de Philippe le Bon nous a laissé d’inestimables trésors et le palais de Charles de Lorraine est toujours en bonne place.
Oui, nous avons eu le parti pris de démarrer en 52 avant notre ère pour nous arrêter à ce bien triste été 2021 qui noya la Belgique. Cent dates, cent événements picorés dans notre histoire parce qu’ils sont chacun et chacune à leur manière un peu de nous, même si nous vivons dans un pays pas tout à fait comme les autres. Surréaliste peut-être, généreux souvent et bien plus solidaire que l’on croit.
Nous avons conscience d’être incomplet et subjectif. Mais nous revendiquons cette imperfection car elle est le propre des sciences humaines auxquelles appartient l’histoire.
Ce livre n’est qu’un début et non une fin en soi. Des femmes et des hommes viendront le compléter.
Soyez indulgent et patient, en espérant que vous y goûterez un peu de plaisir comme nous l’avons fait en l’écrivant.
Waterloo,le 15 octobre 2021.
En 59 avant Jésus-Christ, Jules César, membre avec Crassus et Pompée du triumvirat en place à Rome, reçoit la Gaule. Mais encore faut-il partir à la conquête de ce vaste territoire peuplé de tribus hostiles et aguerries aux combats. Les peuples des régions du nord de la Belgique ont constitué une coalition désireuse d’en découdre et d’en finir avec l’envahisseur romain. Ils attendent les légions de César en mai 57 avant notre ère derrière un affluent de l’Escaut. La journée se solde par la défaite des Belges mais le bilan sera lourd des deux côtés avec 60 000 morts.
Les combats se succèdent durant plusieurs années et la résistance des tribus belges sera à la mesure de la qualité de leurs chefs comme Ambiorix, le roi des Éburons, ou de Boduognat, à la tête des Nerviens.
César avait perdu une grande partie de son armée dans l’attaque du camp romain d’Atuatuca. Pompée lui permet de la reconstituer. Il s’ensuit un ratissage systématique de nos régions mises à feu et à sang par les troupes romaines assoiffées de vengeance, à tel point que l’on peut parler d’un véritable génocide qui se poursuit durant deux ans.
« De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves », écrira César. Sans doute pour faire honneur à ses légions qui les avaient finalement vaincus.
La Gaule passe sous administration romaine et connaît alors une période plus calme avant qu’elle ne fasse partie intégrante de l’empire dans le cadre de la Pax romana qui lui apportera la prospérité. Tous les habitants recevront ainsi la nationalité romaine.
Tongres est sans aucun doute avec Tournai et Arlon l’une des villes les plus anciennes de Belgique. Son origine est si nébuleuse que certains ont préféré privilégier la légende. Sans certitude absolue, mais en se basant sur le récit d’un général romain, Tongres serait née des cendres du camp d’Atuatuca qui avait été anéanti par les troupes d’Ambiorix.
Par sa situation idéale sur différentes chaussées romaines reliant Bavay à Cologne et à Arlon, Tongres devient très vite une ville peuplée et prospère, comme l’attestent les vestiges de son enceinte gallo-romaine qui fait plusieurs kilomètres. Mais à ses débuts, ce sont les constructions en bois ou recouvertes de torchis qui dominent. Elles seront ravagées par l’incursion des Bataves qui s’étaient révoltés contre les Romains.
Tongres sera reconstruite ensuite avec des matériaux plus nobles en reprenant l’architecture classique des cités romaines, le damier avec des rues coupées en angle droit. Elle devient la capitale de la Civitas Tungrorum, une circonscription administrative calquée sur l’ancien territoire des Éburons.
La statue d’Ambiorix trône fièrement sur la place principale de la ville de Tongres, rappelant ainsi la victoire qu’il signa sur les cohortes romaines non loin de là. Tandis que le magnifique musée gallo-romain construit au cœur de la cité permet à ses visiteurs de découvrir le passé antique de la ville à travers un itinéraire pédagogique. Les collections, toutes issues de fouilles effectuées dans la cité et aux alentours, nous invitent à revivre durant quelques instants la vie quotidienne des habitants de l’époque.
Le bel Empire romain a vécu. Depuis le IIIe siècle, ses frontières nord sont régulièrement attaquées par des peuplades venues des plaines centrales de l’Europe. Mais c’est sans nul doute les grandes invasions qui se produisent durant l’hiver 406-407 qui sonnent définitivement le glas de la paix. Vandales, Suèves et Alènes pillent nos régions à qui mieux mieux, mais ils ne font qu’y passer, préférant poursuivre leur route vers des contrées plus méridionales. La disparition des Romains et le terrain laissé vide par les barbares profitent aux Francs, eux-mêmes poursuivis par les Huns. Ils décident de s’installer chez nous et de faire de Tournai leur capitale.
On a longtemps cru que c’est à cette époque que se serait formée la fameuse frontière linguistique entre les langues latines et germaniques. Rien n’est moins certain car les Francs atteindront la Loire en s’y installant pacifiquement, et ce n’est qu’à la mort de Clovis que les Francs dits ripuaires progresseront dans nos régions, constituant alors un groupe linguistique homogène. Mais sous l’impulsion des évêchés de Tournai et d’Arras, les parlers romans reprendront du terrain. Et ce n’est finalement qu’au XIIe siècle que la frontière linguistique épouse les contours qu’on lui connaît actuellement. C’est pourquoi on la considère comme l’œuvre des siècles.
Les Francs étaient loin d’être des Hommes incultes et dénués de toute organisation. Ils avaient à leur tête des princes et des rois élus avec un sens bien établi de l’honneur et souvent son malheureux corrélat, la vengeance instituée comme un droit.
Clovis a quinze ans en 481 quand il est proclamé roi des Francs saliens à Tournai. Mais le jeune homme a bien d’autres ambitions, dont celle de gouverner l’ensemble des Francs. Il règle d’abord le sort de Syagrius qui, à la tête de légionnaires romains, s’était bâti un État qui allait de la Seine à l’Escaut, du littoral à la Meuse. Pour arriver à ses fins, il lui faut également se débarrasser de son parent, le roi des Francs ripuaires, et de son fils Chlodéric. Il obtient la mort des deux par ruse et force, obligeant ainsi les Ripuaires à le prendre comme leur nouveau souverain. Le grand royaume des Francs est alors constitué.
« Il faut beaucoup pardonner à celui qui s’est fait le propagateur de la foi », souligne saint Rémy, évêque de Reims. Et pour cause, le prélat baptise Clovis et trois mille de ses hommes au lendemain de sa victoire contre les Alamans, avec ces mots passés à la postérité : « Courbe la tête, Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. » C’est à Clotilde, sa femme que l’on disait très pieuse, que l’on doit cette conversion. Entre la légende et la réalité, le choix des historiens demeure incertain. Cet abandon du paganisme permet d’enfin unifier toute une série de territoires alors voués à l’anarchie et installe définitivement le christianisme comme élément civilisateur.
Clovis meurt en 511. Ses successeurs parachèvent ses conquêtes en les étendant au-delà de la Loire.
Les fonctions de maire du Palais deviennent héréditaires au sein de la famille de Pépin de Landen. Elles seront exercées successivement par Pépin de Herstal, Charles Martel et Pépin le Bref. Ce dernier est proclamé roi, et son fils Charles donne son nom à une nouvelle dynastie, celle des Carolingiens.
Charles succède à son père en 768 et mène durant sa vie une cinquantaine d’expéditions militaires, repoussant notamment les Arabes au-delà de l’Èbre en Espagne. Mais c’est en Italie qu’il s’attire toutes les grâces du pape en empêchant les Lombards de s’emparer des États pontificaux. C’est précisément dans la basilique Saint-Pierre à Rome qu’à la Noël 800 le Souverain Pontife couronne Charlemagne, empereur.
L’empire de Charlemagne, qui n’eut jamais de barbe fleurie, s’étend alors sur toute l’ancienne Gaule romaine, l’Allemagne actuelle et même au-delà en Croatie et en Slovénie.
Le territoire est divisé en provinces et en comtés visités régulièrement par les fameux Missi Dominici chargés de faire connaître les nouvelles lois dans les coins les plus reculés, notamment par les capitulaires ainsi nommés car divisés en chapitres.
Le règne se caractérise également par une certaine prospérité économique et un renouveau culturel et artistique, allant de pair avec de nombreuses nouvelles écoles créées à l’ombre des cathédrales et des monastères.
