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"Nul n'est méchant volontairement"; autrement dit tout a une cause. Il ne s'agit pas de justifier, mais bien de comprendre d'ou viennent les choses. Le mot d'ordre a donc été pour moi "empathie". Ce livre, en se concentrant sur un conflit fondamentale de la région, vise à synthétiser l'ensemble des conflits qui y ont pris place de 1880 à nos jours.
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Seitenzahl: 323
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Introduction
1. Pourquoi la ville de Jérusalem est-elle sainte chez les Juifs ?
2. Jérusalem, une ville sainte mais controversée chez les chrétiens ?
3. Pourquoi la ville de Jérusalem est-elle sainte chez les musulmans ?
4. Pourquoi les Romains ont-ils chassé les Juifs de Jérusalem ?
5. En quoi l’archéologie est-elle un enjeu entre Israéliens et Palestiniens ?
6. Comment la diaspora juive a-t-elle évolué au cours du temps ?
7. Mur occidental, mur des Lamentations, mur du
Burâq
: quelles différences ?
8. Qu’est-ce qui précède le sionisme ?
9. Qu’est-ce que le sionisme ?
10. Comment les premiers migrants juifs se sont-ils établis en Palestine ?
11. Comment la place du sionisme a-t-elle évolué au sein de la diaspora Juive ?
12. Que prévoit l’accord de Sykes-Picot en 1916 ? Comment le Moyen-Orient est-il finalement découpé ?
13. Quels sont les causes et les conséquences de la déclaration Balfour de Novembre 1917 ?
27. Pourquoi parle-t-on d’un exode des juifs orientaux ?
28. Comment Israël accueille-t-il les migrants juifs ?
29. Que veulent dire les termes suivants : Arabe, Arabe de Palestine, Juifs Palestiniens, Nakba, Fedayin, Intifada, Palestiniens, Israéliens ?
30. Comment l’ONU a-t-elle pris en charge les réfugiés palestiniens ?
31. Quelle est la situation des palestiniens sous autorité égyptienne ?
32. Pourquoi la nationalisation du Canal de Suez fut-elle suivie d’une crise ?
33. Les Arabes israéliens sont-ils des citoyens de seconde zone ?
34. Israël, un État communautaire ?
35. Quelle place pour les Bédouins israéliens ?
36. Quelle place pour l’exode des juifs orientaux dans l’histoire israélienne ?
37. Qu’est-ce que la
guerre des Six Jours
(5-10 Juin 1967) ?
38. Comment la guerre des Six Jours a-t-elle fracturé politiquement la société israélienne ?
39. En quoi la résolution 242 est-elle révélatrice des mécanismes politiques ?
40. Quels relations entre la Jordanie et la Cisjordanie ?
41. Le « camp de la paix » est-il toujours présent ?
42. Qu’est-ce que le mouvement « La Paix maintenant »,
Shalom Akhshav
?
43. Qui doit faire son service militaire en Israël ?
44. Comment s’organise la défense israélienne et quel est son poids économique ?
45. Quels musées pour les mémoires israéliennes et palestiniennes ?
46. Quelle est la situation des palestiniens en Cisjordanie et à Gaza à l’issue de la guerre des Six Jours ?
47. Qu’est-ce que l’Organisation de Libération de la Palestine ?
48. Comment l’indépendance nationale palestinienne s’est-elle construite ?
49. Que supposent les chartes de l’OLP de 1964 et 1968 ?
50. Comment les états arabes ont-ils instrumentalisé les organisations concurrentes du Fatah ?
51. Quels ont été les aboutissants de la lutte armée menée par l’OLP ?
52. Comment l’OLP s’est-elle imposée auprès des réfugiés cisjordaniens ?
53. Quelle est la situation des réfugiés palestiniens au Liban ?
54. Pourquoi Israël mène-t-il l’opération
Paix en Galilée
au Liban ?
55. Quels rôles jouent les réfugiés palestiniens dans les États du Golfe (Koweït, Qatar, Arabie Saoudite) ?
56. Pourquoi les membres de l’OLP ont-ils été chassés de Jordanie en Septembre 1970 ?
57. Comment l’OLP a-t-elle été reconnue comme étant le représentant légitime du peuple palestinien ?
58. Qu’est-ce que la guerre de Kippour ?
59. Quels étaient les vrais objectifs de Sadate avant la signature de Camp David I ?
60. Pourquoi les accords de Camp David ont eu un impact prépondérant ? (Suite)
61. Quels enjeux démographiques pour les palestiniens et les arabes israéliens ?
62. Pourquoi le Plan Reagan en 1982 n’aboutit pas ?
63. Quel était le but des opérations
Moïse
et
Salomon
?
64. Pourquoi les Russes israéliens constituent-ils une minorité influente ?
65. Que représentent les « implantations » ou « colonies » en Cisjordanie et à Gaza ?
66. Jérusalem, Tel-Aviv, quelle est la capitale d’Israël ?
67. Que représentent les « implantations » ou « colonies » à Jérusalem-Est ?
68. Nationalisme Arabe, nationalisme palestinien : quelles différences ?
69. Qu’est-ce que la première Intifada /
La Guerre des pierres
?
70. Comment en-est-on arrivé aux accords d’Oslo ?
71. Que prévoient les accords-cadres signés à Oslo ?
72. Pourquoi l’Autorité Palestinienne est-elle critiquée dès ses premières années ?
73. Comment l’évolution du conflit a-t-elle modifié l’activité politique des Arabes israéliens ?
74. Qu’est-ce que la deuxième Intifada /
Intifada Al-Aqsa ?
75. Les retraits israéliens des territoires palestiniens sont-ils facteurs de paix ?
76. « Barrière de sécurité », « Mur de séparation » ?
77. Pourquoi les résolutions onusiennes restent-elles inefficaces ?
78. Quelles sont les mesures de répression utilisées par Israël contre les palestiniens ?
79. Quelle est l’originalité de la troisième Intifada /
Intifada des couteaux
?
80. La résistance passive est-elle autre chose qu’une forme protestataire ?
81. Pourquoi l’eau et la pêche sont-ils source de tensions entre palestiniens et israéliens ?
82. Quelle est l’origine du mouvement islamiste à Gaza ?
83. Comment le Hamas s’est-il à ses débuts imposé à Gaza (1987 -2006)?
84. Comment la Bande de Gaza est-elle devenue le «
Hamastan »
(2006 – Aujourd’hui) ?
85. Quelles sont les trois opérations menées par l’armée israélienne en 2008, 2012, et 2014 ?
86. En quoi la démocratisation inachevée de l’Autorité palestinienne est-elle un frein à la résolution du conflit ?
87. Le conflit israélo-palestinien est-il passé au second plan ?
88. En quoi la succession de Mahmoud Abbas est-elle problématique ?
89. La Jordanie aide-t-elle les palestiniens de Cisjordanie ?
90. La Bande de Gaza, un territoire sous blocus ?
91. Le projet national palestinien est-il en crise ?
92. Une autre solution que la solution à deux État peut-elle voir le jour ?
93. Quels sont les problèmes auxquels fait face la solution à deux États ?
94. Pourquoi l’Autorité Palestinienne souhaite-elle obtenir la reconnaissance internationale d’un État ?
95. Pourquoi les États-Unis et Israël entretiennent-ils une « relation spéciale » ?
96. Qu’en est-il de la position française dans le conflit israélo-palestinien ?
97. Quelle a été l’influence de Trump sur le conflit israélo-palestinien ?
98. Quels sont les caractéristiques du
statu quo
actuelle ? Bilan
99. Avenir ?
0. « Qui suis-je » ?
Chronologie
Cartes
Ouvrages utilisés
Je tiens ici encore à souligner que la formulation des questions présentées dans ce papier est inspirée du travail de l’historien Jean Claude Lescure : 100 Questions sur le conflit israélo-palestinien. Pour vous expliquer un peu le cheminement, j’ai à l’issue de cette lecture décidé de poursuivre sur d’autres récits qui relatent du même sujet, pour en faire finalement un essai adoptant une forme et un fond qui puisse être respectivement claire et concis. Je ne prétends pas être historien, ni avoir les compétences du métier. Je suis simplement quelqu’un d’intéressé qui en cette période de pandémie a trouvé un moyen de s’extirper de sa condition.
La question est posée. Qui peut prétendre convaincre une mère ayant perdu son enfant ?
« Mon rêve le plus fou serait de redonner du sens au mot », disait l’autre. Cette phrase, outre sa beauté, vise à faire comprendre que dans une période où l’heure n’est plus à la réflexion, mais à la pulsion, l’impact du mot, par le délitement de son sens, perd de sa valeur.
Pour le sujet que nous allons aborder, il faut toutefois prendre conscience que les mots pèsent leurs poids. Deux termes, qui reflètent les mêmes réalités tangibles, peuvent représenter des opinions philosophiques, politiques, ou idéologiques bien distinctes. Ce qui peut de surcroit, à tort, entraîner aux yeux de la majorité une prise de position avouée. Les lucides frémiront, mais je tiens d’emblée à le préciser, ce n’est pas le but de ce papier. Je ne suis ni historien, ni politique, ni militant. L’objectif n’est pas de prendre une position concrète pour un partie ou un autre, acte vide de sens et intrinsèquement contre-productif aux yeux de celui qui ne pense pas comme soi. Mais plutôt de faire comprendre en quoi la malheureuse polarisation des positions est caractéristique du sujet.
La plupart le savent sûrement, les mots « Palestine » et « Israël » sont en effet deux termes pour lesquels une simple définition ne pourrait décrire ce qu’ils impliquent. Ce conflit centenaire fait appel à nos convictions, parfois à nos identités. Dans notre vie sociale publique (ou dans certains cas privés), nous sommes souvent réticents à l’idée d’évoquer ces mots à la fois silencieux et bruyant, car on sait qu’ils supposent des problématiques complexes et conflictuelles. C’est ainsi qu’au fil des années, de par notamment l’importation du sujet dans divers confins du monde, les termes ont pris une dimension sacrée qui nécessite de les remettre en perspective. D’une part pour désacraliser le sujet, ce qui constitue déjà un immense pas. D’autre part, et si cela est souhaité, pour en parler consciencieusement et mettre de côté le manichéisme de certains. Ce qui, disons-le, n’est pas toujours aisé à l’heure des tweets et des réseaux sociaux.
Le sujet est épineux et sensible, c’est un fait. Donc au-delà de ceux qui visent à convaincre les convaincus, n’oublions pas qu’une forme appropriée doit précéder le fond revendiqué, quel qu’il soit.
N’étant pas historien, une précision doit être faite sur la méthode utilisée. J’ai parfois lu des ouvrages qui avaient une interprétation drastiquement différente d’un même élément tel que la déclaration Balfour de 1917. J’ai donc essayé de donner les différentes interprétations pouvant être faite, et j’ai si besoin tranché avec le livre du Journaliste Anglais Ian Black, « Ennemies and Neighbours: Arabs and Jews in Palestine and Israël, 1917-2017 ».
Acclamé par les journaux internationaux, l’ouvrage a la vertu de dépeindre les multiples perceptions israéliennes et palestiniennes. Il m’a donc servi de référence, et j’ai moi aussi tenté, dans une perspective bien moindre évidemment, de faire comprendre la vision de l’autre. Évidemment, cela reste un travail de vulgarisation.
Pour ce qui est de la forme, j’ai essayé de permettre aux questions d’être lues indépendamment tout en essayant d’appliquer à l’ensemble une ligne chronologique. Certaines informations seront donc répétées. Chaque partie est composée d’un résumé de présentations qui se trouve au début, et qui peut servir de transitions d’une partie à l’autre.
J’espère dans un premier temps avoir été clair. Tout en ayant permis de comprendre dans un second les tenants, les aboutissants, et les revendications des deux camps. Bonne lecture !
1000 av J.C :
Construction du 1
er
temple sacré par Salomon sur le Mont Moria à Jérusalem
587-586 av J.C :
Destruction du 1
er
Temple par les Babyloniens.
538 av J.C :
Début de Construction du 2
nd
Temple par Zorobabel.
Il sera achevé en - 417 avant d’être largement agrandi par le roi juif Hérode
70 :
Après s’être emparé de la ville sainte en 63, l’Empereur Romain Titus mate les révoltes juives et détruit le 2
nd
Temple
132-135 :
Les révoltes du révolutionnaire juif Bar Kokhba sont écrasés
La province est désormais nommée province de Palestine
638 :
Le Calife Omar s’empare de Jérusalem.
Le dôme du Rocher y est construit en 685.
La mosquée al- Aqsa y est construite en 705.
Dans la religion
On apprend dans l’ancien Testament que Dieu a créé l’homme dans le Saint des saints, sur le Mont Moria, situé à Jérusalem. Après un dialogue avec Dieu, Abraham, qui habite sur le Mont Moria, est contraint de sacrifier son fils Yitzhak pour justifier sa foi. Dieu le retient au dernier moment et Abraham sacrifie finalement un bélier. De par, entre autre, ce sacrifice et le lieu du Saint des saints, le Mont Moria et de surcroit Jérusalem deviennent sacrées. En 1000 ans av. J.C, le Roi David installe la capitale du royaume juif à Jérusalem, située en province de Judée, et son fils Salomon y construit le Premier Temple sur le Mont Moria. Après la destruction du Second Temple en 70, les Juifs sont expulsés. Débute alors une longue période d’exil, et par la suite est prononcé chaque année lors des fêtes de Pessah – la pâque juive - «
L’an prochain à Jérusalem !
».
Babyloniens et Romains
En 597 av. J.-C., le roi babylonien Nabuchodonosor II s’empare de Jérusalem, détruit le 1
er
temple, et réduit en esclavage les Juifs emprisonnés. Mais l’empire Babylonien disparaît 60 ans plus tard. Après une période d’exil, les Juifs reviennent en terre de Judée et Zorobabel - Roi des Juifs - reconstruit en 536 av. J.-C. le 2
nd
Temple sacré. Ce second temple sera par la suite détruit par Titus - empereur romain - en 70, et son successeur Hadrien romanisera la ville. Les Juifs ont dès lors un accès restreint au Mont Moria, se dispersent, c’est le début de la diaspora.
Détruit par la bataille de Jérusalem, la seule chose qu’il reste du second temple juif est un mur, aussi connu chez les Juifs sous le nom de « Mur des Lamentations ». Encore présent aujourd’hui dans la vielle ville de Jérusalem, des centaines de milliers de Juifs y affluent chaque année pour y prier. Il reste aujourd’hui le 1er lieu Saint du Judaïsme.
Étant la ville qui regroupe le « Mur des lamentations », le Dôme du Rocher ainsi que la Mosquée al-Aqsa, et le Saint-Sépulcre, ce carrefour où se rejoignent les 3 religions monothéistes principales occupe ainsi une place prépondérante dans ce conflit.
1
1 La source des cartes est donnée à la fin, dans l’ordre des questions
Jérusalem abrite la basilique du Saint Sépulcre qui regroupe le
Golgotha
(lieu de la crucifixion), et le tombeau du Christ.
Le Saint-Sépulcre : un lieu de divisions
En 1054, ce qu’on appelle le Grand Chiisme d’Orient sépare l’Europe chrétienne en deux camps : à l’Ouest les chrétiens catholiques, à l’Est les chrétiens orthodoxes. La scission a les effets d’un séisme, et ce n’est qu’un millénaire plus tard, en 2016, que les représentants des deux communautés finissent par se rencontrer. Ces divisions feront progressivement perdre aux chrétiens leur pouvoir au Moyen-Orient.
Dans une (très) large mesure, cette crise pontificale mène, en 1852, à la répartition des parties communes entre les différentes Églises chrétiennes (orthodoxes, arménienne, romaine, etc.). Un statut quo implicite est instauré, et finit par être ratifié officiellement dans le droit international par le traité de Berlin en 1878. Toujours d’actualité, il désigne d’ailleurs la France comme le représentant du Saint-Siège, et lui donne le rôle de protecteur officiel des catholiques de l’Empire Ottoman jusqu’en 1922.
Pour revenir au lieu saint chrétien, il y a en tout 6 églises principales et chacune possède une partie de la basilique. L’Église catholique Latine a par exemple le monopole de la Chapelle de Crucifixion; l’église grecque Orthodoxe contrôle le
Katolikon,
tandis que l’église arménienne contrôle les cryptes de St-Hélène, etc…
Leur rôle dans le conflit
Malgré des tensions qui ont largement perduré, les chrétiens ont dans l’ensemble été minoritaires au sein du territoire. L’accès au Saint-Sépulcre ne leur a jamais vraiment été interdit, et mis à part l’impact politique (minime) des chrétiens israéliens, ils n’ont jamais tenu un grand rôle dans les relations israélo-palestinienne ou israélo-arabe en générale. Le pape s’en tient à des appels à la paix lors des périodes de fortes tensions comme en 2014, et reconnaît en 2015 l’État de Palestine.
Pourquoi ?
Le
régime de capitulation
– une puissance étrangère s’arroge la protection d’une minorité dans un pays étranger – a permis aux puissances telles que la France ou la Russie de s’octroyer la protection des catholiques et des orthodoxes de l’Empire Ottoman. Les ressortissants pouvait ainsi se faire juger par les consuls de leur pays protecteur et non par la justice ottomane.
Insidieux, ce régime a notamment permis l’implication des puissances européennes en mesure de se faire des alliés intérieurs, et par conséquent l’européanisation de l’Empire Ottoman ; ce qui n’a mécaniquement pas permis la construction d’une entité chrétienne ottomane indépendante.
Cette politique non-interventionniste prend donc place car le regard porté par les chrétiens sur Jérusalem diffère largement de celui des deux autres monothéismes. Malgré ses incarnations religieuses importantes, aucun état, aucun peuple et aucune entité chrétienne ne revendiquent son contrôle ou sa souveraineté sur le territoire, ce qui n’est pas le cas des deux autres.
Histoire
On apprend dans le Coran que l’Archange Gabriel et le Prophète Mahomet partent de la Mecque pour se rendre à la « Mosquée éloignée », la mosquée
Al-Aqsa
, située à al-Quds al- Sharif, « la Sainte et la Noble » ville de Jérusalem. Le chemin se fait sur sa jument ailée al-Buraq, qui lui permettra de prendre appui sur le rocher de la Moria pour s’élancer et rejoindre les cieux.
L’Esplanade des Mosquées
Jérusalem est conquise en 638 par le Calife Omar. Son successeur, le calife ‘Abd al-Malik y construits Qubbat as-Sakhra, le Dôme du Rocher, en 691. Puis en 705, Al-Masjid al-Aqsâ, la mosquée Al-Aqsa. Les deux lieux saints sont construit sur l’ancien Mont du Temple qui devient ainsi l’Esplanade des Mosquées. L’esplanade comprend donc le dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.
Le 7
e
siècle passé, la ville reprend de l’ampleur au sein du monde musulman avec la victoire de Saladin sur les croisades en 1187 et la reconstruction des lieux saints par Soliman le Magnifique en 1517. Mais sous le poids que prennent la Mecque et de Médine au sein de l’Ouma, son importance reste relative jusqu’à l’aube des conflits entre arabe et sionistes. Après le fameux pèlerinage de Nabi Musa en 1920 qui fut le théâtre de multiple émeutes, l’avènement du Grand Mufti de Jérusalem Haj-Hamin al Husseini permet à la ville de retrouver son caractère sacré. Et ce notamment par l’appel appel de fonds lancé en 1923, destiné aux musulmans du monde entier, et visant à restaurer les lieux saints.
Conceptions/consensus
L’importance donnée à Jérusalem varie toutefois selon les mouvances islamiques sunnites notamment. Les Wahhabites/Salafistes privilégient et considèrent unilatéralement la Mecque comme lieu de pèlerinage, tandis que d’autre comme les Frères Musulmans Égyptiens donnent une place à Jérusalem. Mais malgré les divergences, la ville bénéficie aujourd’hui d’un consensus au sein de la communauté des croyants. Jérusalem reste en effet perçue comme un centre spirituel constituant le 3
e
lieu Saint de l’Islam, de par le Dôme du Rocher et la Mosquée Al-Aqsa. L’Esplanade des Mosquées dans son ensemble demeure donc un symbole religieux central.
Pompée (empereur romain) s’empare de la Syrie et de Jérusalem en 63. Il laisse au
Grand Sanhédrin
(cour suprême Juive) les questions judiciaires et religieuses qui concernent le peuple juif.
Les deux guerres judéo-romaine
Mais des heurts se créent entre les élites (juifs grecs) et les milieux populaires (juifs plus conservateurs), par rapport à l’opinion portée sur la présence Romaine.
En 66, les Romains désirent prélever leurs impôts directement sur les trésors du 2nd Temple, ce qui conduit les juifs de Jérusalem, de Galilée et de Judée, à former un front commun pour lutter. C’est la première guerre judéo-romaine. Elle se solde par une victoire des Juifs et une bataille qui la symbolise : la bataille de Beït-Horon. L’empereur Titus à son arrivé renverse toutefois la tendance. Après une bataille féroce en 70, la ville est majoritairement détruite bien qu’elle laisse pour vestige le « Mur des Lamentations », dernière pièce du 2nd Temple sacré juif détruit.
En 130, Hadrien (successeur de Titus) entend reconstruire la ville détruite et y construit un nouveau temple, lui aussi sacré, mais le célébrant lui et Jupiter.
Considéré comme un affront, en 132 le révolutionnaire juif Bar-Kokhba tente de reprendre Jérusalem des mains des Romains. Les révoltes sont toutefois peu efficaces et ne parviennent pas à atteindre la ville sainte. Bar-Kohba est finalement écrasé en 135 toujours par le même empereur Hadrien, qui, désireux de les sanctionner, interdit la venue de Juifs en Judée, une terre qu’il renomme alors Province de Palestine. C’est aussi à partir de 135 que s’amorcera la reconstruction de la ville par l’empereur, ville qu’il renommera d’ailleurs Aelia Capitolina en référence à son nom complet : Titus Aelius Hadrianus, et aux dieux du Capitol Romain.
D’où vient le mot Palestine ?
Le mot Palestine vient du terme Philistine, une région côtière situé autrefois au Nord et Sud de Gaza. Il fait référence aux Philistins, terme que les romains attribuent en guise de punition pour le peuple de Judée
2
; les Philistins représentant un peuple avec qui les juifs furent en conflit maintes et maintes fois. Pour donner un exemple, dans la Bible et le Coran est racontée l’histoire du second roi David et de son combat avec le héros des Philistins, Goliath.
2 Lewis, B., 1980. Palestine: On the History and Geography of a Name. The International History Review, 2(1), pp.2. La phrase originelle est : “L'usage romain officiel du nom de Palestine pour désigner la région de l'ancien royaume juif semble dater d'après les révoltes juives et leur répression. L'empereur Hadrien a tenté avec détermination d'éteindre les braises non seulement de la révolte, mais aussi de la nation et de l'état juifs.”
La culture nationale Juive et l’idéologie sioniste reposent en partie sur les trouvailles archéologiques. Objet de mémoire, l’archéologie permet de se remémorer l’histoire juive millénaire, et donc pour ceux qui se revendiquent comme sionistes, le caractère juif de l’État d’Israël.
Jérusalem-Est, 1967
En 1967, après la guerre des Six-jours [Q.37], les images de soldats de Tsahal priant sur le Mur des Lamentations font le tour du monde. À la suite de cette victoire, la prise de la Cisjordanie par les Israéliens anime la curiosité concernant la découverte des lieux Saints de la Torah, les juifs n’ayant pas eu accès à ces lieux depuis deux décennies. Ces retrouvailles avec le Mur permettront en partie aux Israéliens de construire en 1974 un parc National qui entoure la vieille Ville de Jérusalem – où se situent les lieux saints, toujours présent de nos jours. L’accès au mur fait toutefois polémique puisqu’il supposera de détruire les maisons palestiniennes présentes.
Tensions
En 1996, l’ouverture d’un tunnel reliant le Mur Occidental et les quartiers musulmans, par Benyamin Netanyahou, crée des heurts et des morts à la fois palestiniens et israéliens. Le
Waqf de Jérusalem
(entité qui administre les lieux saints Musulmans à Jérusalem) limite donc l’accès des fonctionnaires israéliens à l’Esplanade. Il décide dès lors de mener des travaux sur les écuries du Roi Salomon et sous la Mosquée al-Aqsa en 1999, en vue notamment de détruire les preuves du caractère juif de l’endroit. Les travaux finissent alors par s’effectuer, mais en 2004 les décombres sont retrouvés par des archéologues israéliens. Ils s’avéreront être des objets préhistoriques : tessons, monnaies, carrelages de marbre datant du premier temple sacré juif.
Mêlant le religieux et le politique, le tangible et le spirituelle, Jérusalem ne cessera d’être un objet de contentieux entre palestiniens et israéliens, et plus largement entre arabes et juifs.
Ashkénazes/Séfarades
Après la destruction du 2
nd
temple par Titus, puis avec les nombreuses persécutions faites au cours de l’histoire, c’est en diaspora que le judaïsme a survécu. Refaire l’histoire de cet éparpillement à travers le monde serait toutefois trop long. Ce qu’il importe de savoir, c’est que les Juifs se sont majoritairement retrouvés dans les pays de l’Est : Hongrie, Russie, etc… C’est la communauté ashkénaze. Et dans les pays de la péninsule ibérique, du Maghreb, ou du Moyen-Orient, c’est la communauté Séfarade.
Regroupement
Contrairement à la période précédant le 20
e
siècle, les Juifs sont cependant moins dispersés à travers le monde. Après les pogroms d’Europe de l’Est de la fin du 19
e
qui conduisent au développement de la communauté Juive des États-Unis, la Shoah, qui provoque la mort des Juifs des pays de l’Est - ou au mieux leurs départs, et finalement l’exode des juifs orientaux qui suit l’exode Palestinienne, les juifs se regroupent majoritairement aux États-Unis et en Israël (85 % au total), et plus généralement dans les métropoles occidentales. C’est ainsi que New York et Los Angeles concentrent à eux seuls 20 % des juifs dans le monde (les États-Unis représentent en tout 40 %), Israël concentre 45 % de la population totale, tandis que le reste se réparti majoritairement entre la France, le Royaume Uni, le Canada, l’Argentine et la Russie, qui comportent tous en leur sein une communauté de plus de 200 000 habitants.
Idée reçue
Certes, pour toute communauté, le sentiment diasporique peut être fort, mais le lien existant entre des communautés de l’actuelle diaspora et le gouvernement israélien peut parfois se distendre. Les Juifs Américains par exemple, démocrate pour la plupart, ne se reconnaissent pas dans les volontés de Donal Trump et du dirigeant israélien Benyamin Netanyahou qui s’inscrivent dans la politique du Goush Emounim (expansionniste).
Les mêmes pierres
Le Mur des Lamentations, le Mur Occidental, et le Mur du
Burâq,
désignent le même mur, les mêmes pierres, mais pas les mêmes représentations. Le conflit autour du nom est bien représentatif de la place des mots au sein des revendications.
Mur des Lamentations
: lieu le plus proche du rocher de la Moria ou Abraham fut en présence de Dieu. C’est aussi le dernier vestige du 2
nd
Temple, d’où son importance pour les Juifs qui le considèrent comme le 1
er
lieu saint du judaïsme.
Après l’arrivée des Jordaniens en 1948, l’accès au mur est restreint aux juifs. Le mur sacré est alors utilisé comme une déchetterie, bafouant ainsi l’intégrité des religions juive et musulmane. Cela dure jusqu’en 67, année de la guerre des Six Jours à l’issue de laquelle l’état israélien reprend le contrôle de Jérusalem-Est, puis détruit les latrines ainsi qu’une partie des maisons pour dégager l’accès au mur.
Mur du Burâq
: Al-Burâq est le nom de la monture utilisée par Mahomet lors de son voyage nocturne de la Mecque vers la Mosquée Al-Aqsa. Ayant attaché cette monture sur le mur, avant de s’envoler vers les cieux depuis le rocher de la Moria, l’édifice est considérée comme étant sacrée.
La polémique de l’UNESCO
o Un conflit autour du nom du mur apparaît notamment en 2016 lorsque l’UNESCO adopte une résolution controversée, dans laquelle elle désigne ce fameux mur comme étant le « Mur du Burâq
»-
excluant ainsi le caractère juif - au lieu de l’expression « Mur Occidental » qui elle permet d’être impartiale. Étant une organisation internationale, sa prise de position n’a pas été acceptée par les instances internationales comme l’ONU puisqu’elle ne visait pas à favoriser la paix, et a donc crée la polémique. Les États-Unis et Israël finiront par quitter officiellement l’organisation en Décembre 2018, en raison selon eux de ses résolutions « anti-Israël », même si des liens seront conservés. Cela reste un geste politique.
Nous pourrions démarrer l’histoire au début du 19e voir avant, l’année 1881 n’est qu’un symbole.
Entre 1881 et 1884, des dizaines de milliers de Juifs issus des pogroms de Russie arrivent en Province de Palestine, territoire situé au sein de l’empire Ottoman. Ces Juifs restent toutefois minoritaires puisque de 1881 à 1914, seulement 50 000 à 70 000 d’entre eux arrivent au sein du territoire. La plupart décident en effet de fuir plutôt vers les États-Unis, renforçant ainsi considérablement le poids démographique de la communauté locale du pays. À leur arrivée en province de Palestine, les arrivants s’installent progressivement en achetant des terres visant à une autosuffisance. Ce rachat massif est permis par la mise en application du code foncier ottoman de 1858 permettant l’achat de terre auprès de particuliers, et sera à l’origine des premières tensions entre sionistes et locaux. De par une présence qui restera faible jusqu’en 1917 - il y a autant d’arrivée que de départ entre 1881 et 1914 - les Arabes, parmi lesquels on compte une majorité de musulmans et une minorité de chrétiens, sont alors majoritaires au sein de ce territoire.
Retranscrit à travers les pogroms, ou la montée en puissance du fameux maire de Vienne Karl Lueger, l’antisémitisme dans les années 1880 - 90 commence à se faire graduellement ressentir. Parallèlement, après la défaite de l’Autriche en 66 - 67 (contre la Prusse) et son expulsion de la Confédération germanique, le pays se construit une image nationale indépendante, en marge des Juifs. Dans la continuité de cet antisémitisme et de cet éveil nationalitaire autrichien, l’idée de la construction d’une nation propre aux Juif émerge, c’est le début du sionisme. Ses aspects restent multiples et l’idéologie sera incarnée par de nombreux représentants. Nous en retiendrons surtout un, que l’on considérera comme étant celui qui a permis sa concrétisation, à savoir Théodore Herzl. Ce Juif autrichien, hongrois de naissance, est initialement journaliste. En plus d’être témoin d’une Autriche de plus en plus antisémite, il est chargé de couvrir l’affaire Dreyfus en France.
Fait marquant la résurgence d’un antisémitisme français profond, l’épisode le touche et le mène à l’écriture d’un ouvrage: l’État des Juifs, Der Judenstaat en allemand. Malgré le manque d’écho au sein de la diaspora dans sa globalité, le livre est un succès en Europe Orientale, et lui permet de créer en 1897 l’OSM : Organisation Sioniste Mondial. Celle-ci permet, par l’adoption du programme de Bâle, de concrétiser la volonté d’une partie des Juifs de la diaspora d’établir un foyer national juif en Palestine, au regard des persécutions antisémites qui sévissent en Europe de l’Est.
Le premier congrès de l’OSM en 1897 établie ainsi formellement que l’auto-émancipation ne se fera ni en Ouganda, ni en Argentine, pays dotés de vaste terrains vagues. Mais bel et bien en Province de Palestine Ottomane.
Le sionisme reste toutefois minoritaire au sein de la diaspora juive, même si les Alyah se succéderont dans les années 1900-1910 après l’apparition de nouveaux pogroms comme ceux de Kichnev ou d’Odessa, au sein de l’Empire Russe. De par la faiblesse démographique des Juifs au sein du territoire avant la déclaration Balfour, les relations entre juifs et arabes demeurent toujours stables bien que quelques heurts subsistent après les rachats de terres massifs par les sionistes. Elles cessent toutefois dès le début de la Première Guerre Mondiale.
Pour des intérêts stratégiques, et à la recherche d’alliés de toute part, les Britanniques commenceront par provoquer la révolte des Arabes Ottomans fin 1915. Pour ce faire, le gouvernement envoie des lettres au Chérif Hussein de la Mecque (représentant des Arabes) à partir de Novembre, au sein desquelles l’Empire Britannique révèle vouloir concrétiser le nationalisme Arabe par la construction d’un État Arabe unifié allant de la Syrie au Yémen. Mais quid des aspirations à l’autodétermination pour les empires impériaux. Un an plus tard, dans la continuité d’un colonialisme voilé, des accords secrets sont signés entre Français et Britanniques : ce sont les accords Sykes-Picot. Malgré les promesses faites un an plus tôt, ils visent à partager le Moyen-Orient et donc les territoires promis au chérif l’année passée.
L’année qui suit, 1917, est capitale dans ce conflit. De peur d’un regain de puissance de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie face à une potentielle disparition de la Russie causée par la révolution bolchevik, couplé à des caractéristiques internes, géostratégiques, religieuse, économique, et politique, les Britanniques cherchent à stopper la menace émergente. Concrétiser l’aspiration sioniste à travers la promesse de l’établissement d’un foyer national juif en Palestine parait alors bien avenu pour maintenir une Russie en plein processus révolutionnaire, et provoquer une implication d’autant plus forte des États-Unis. Après l’envoi de lettre aux Arabes Ottomans, le nationalisme juif est donc cette fois-ci officialisée par une déclaration, c’est la fameuse déclaration Balfour.
Son rôle dans une perspective plus globale peut faire débat. Ce qui est sûr toutefois, c’est que son but immédiat lui, n’a pas été rempli. La révolution bolchevik prend largement le dessus sur la guerre, et certains révolutionnaires juifs - alors qu’ils constituaient les cibles de cette déclaration - déclament même être antisionistes.
Au vu des promesses faites en l’espace de deux ans, les Britanniques ont donc joué un triple jeu en concrétisant les nationalismes juifs et arabes, tout en partageant secrètement les territoires de l’Empire Ottoman avec les Français.
1881 -1884 :
Première Alyah « moderne » issue des pogroms russe
1896 - 1897 :
Parution de
L’État des Juifs.
Création de l’Organisation Sioniste Mondiale
1903 :
Début de la deuxième Alyah issue encore une fois des pogroms russe.
1915-1916 :
La Grande-Bretagne s’engage à soutenir la création d’un État arabe tout en signant les accords Sykes-Picot
1917 :
Novembre 1917 : Déclaration Balfour. La Grande-Bretagne s’engage à établir un foyer national Juif en Palestine.
1919 :
Conférence de la Paix à Paris pour désigner les
traités de paix
s’établissant en Alliés et vaincus
1920 :
Traité de Sèvres et de San Remo
Émeutes antisionistes lors du pèlerinage de Nabi Musa à Jérusalem.
« Les Juifs ne sont pas une nation vivante. Ils sont partout étrangers. En conséquence, on les méprise. L’égalité civile et politique ne suffit pas à concilier aux juifs l’estime des peuples. Les seuls moyens appropriés seraient la création d’une nationalité juive. La résurrection d’un peuple sur son sol, l’autonomie des juifs, l’établissement de leur souveraineté en tant que nation parmi les nations, moyennant l’acquisition d’un foyer propre », Léon Pinkser3
Note : le sionisme désigne selon la définition originel, la « renaissance juive en Palestine », le retour en Palestine du peuple juif.
Présentation
L’idée de la création d’un foyer nationale juif remonte au début de la 2
nde
partie du 19
e
siècle, avec des théoriciens tels que le Rabin Judah Al-kalaï, le philosophe Moses Hess, ou un médecin russe sur lequel nous allons nous pencher, Léon Pinkser.
En 1882, ce dernier publie notamment un ouvrage à ce moment-là peu célèbre, Auto-émancipation, rédigé en réaction à la première vague de pogrom de 1881-1884.
À la recherche d’un terrain vague
À l’aube de la multiplication des pogroms russes, certains activistes juifs parmi lesquels nous comptons Pinkser, mais aussi Herzl, n’ont pas forcément voulu
s’auto-émanciper
en Palestine. Dans
Auto-émancipation
, le but est avant tout de rechercher un lieu apte à l’accueil d’un état juif pour permettre la fin des persécutions. C’est alors que sont évoqués des pays tels que l’Ouganda ou l’Argentine qui sont tous deux constitué de vastes terrains vagues et d’une faible densité de population, réunissant de fait les conditions propices à l’établissement d’un État. Pour la Province de Palestine, l’idée est évoquée au vu du lien historique que les juifs peuvent avoir avec cette terre, mais cette dernière, pour diverses raisons tel que la présence Arabe locale, fait débat au sein même de la communauté sioniste.
1880’s-1890’s, le mouvement sioniste prend de l’ampleur
À la fin du 19
e
siècle, au vu des mouvements migratoires récents induit par les pogroms notamment, l’idée de l’État refuge prend de l’importance dans les esprits des Juifs d’Europe de l’Est et ne se cantonne plus qu’à de simples militants. Le mouvement fait donc parler de lui, se répand, mais est vite confronter à des contradicteurs, et particulièrement en Europe de l’Ouest ou l’idée n’a pas les mêmes échos. En France par exemple, la situation au 19
e
siècle bien qu’étant tumultueuse, n’est pas la même qu’en Russie pour les juifs. Ceux d’Europe de l’Ouest voient ainsi au sein du mouvement sioniste, et au regard de leur assimilation, le problème de la double allégeance : « La création de ce potentiel État va-t-elle changer l’opinion des dirigeants politiques quant à mon statut ? ». Un problème qui trouvera d’ailleurs ses échos dans la déclaration Balfour de 1917.
Une impulsion politique
Avec ces premiers théoriciens, les revendications d’un foyer national Juif, qu’il soit en Palestine ou autre, ont ainsi fait débat au sein des communautés juives elles même. Mais la résonance du mouvement à l’internationale, donc son côté politique, n’avait pas l’ampleur requise pour sa concrétisation. Seulement, les années 1890, marquées par la multiplication des pogroms en Russie, la montée de l’antisémitisme Viennois, l’injustice du capitaine Dreyfus en France, et donc l’arrivée de Théodore Herzl, modifient le cours des choses. Ce dernier change la donne en attribuant l’impulsion politique nécessaire, et ce notamment par la création de l’Organisation Sioniste Mondiale en 1897, qui marque le début d’un mouvement politique concret.
3 Herzl, T. and Klein, C., 2003. L'État des Juifs. Paris: La Découverte, p.116.
« Pour moi, quel que soit de la question juive, elle n’est pas une question religieuse ou sociale. C’est d’une question nationale qu’il s’agit, et pour la résoudre, il faut avant tout que nous en fassions une question politique à l’échelle mondiale… », Théodore Herzl4
Présentation
Si nous revenons aux origines, le terme « sionisme » (Sion est une colline située à Jérusalem) est créé par le journaliste autrichien Nathan Birnbaum, pour désigner la
« renaissance juive en Palestine »
. C’est la définition originelle.
Cette renaissance pouvant se faire sous plusieurs formes : « Qu’en sera-t-il de la place du judaïsme ? », « Quelle type de politique économique ou sociale adoptée ? », le sionisme peut prendre plusieurs aspects.
L’arrivée d’Herzl
