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Un voyage poétique en haïkus à travers les continents
Dans ce recueil bilingue, Diane Descôteaux nous convie à une exploration sensible de la France, de la Roumanie, du Cameroun et d'autres contrées, à travers l'art subtil du haïku.
« À deux pas de là » est une invitation à la contemplation et à la découverte, où chaque poème est une fenêtre ouverte sur le monde.
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Seitenzahl: 32
Veröffentlichungsjahr: 2017
Couverture : estampe de Sylvie Lévesque
De la même auteure:
Poésie
La magie du cœur
De cœur et de chair
Averse d’étoiles
Au-delà du décor
Haïku
Trios
l’heure du thé
Haïti pour toujours–Ayiti pou toutan
La luciole attend la nuit pour briller
Rensaku (collection dirigée par Luce Pelletier)
Automne prélude
ISBN 978-2-923972-46-6 (br.)
ISBN 978-2-923972-47-3 (PDF)
ISBN 978-2-923972-48-0 (ePUB)
Imprimé au Canada
Dépôt légal du 2etrimestre 2014
Bibliothèques et Archives nationales du Québec
Bibliothèques et Archives Canada
©Éditions de l’Interdit ©Diane Descôteaux
© Translation Diane Descôteaux & Maxianne Berger
Gouvernement du Québec – Programme de créditd’impôt pour l’Édition de livre – Gestion Sodec
Je dédie cet ouvrage à mes petits-enfants: Maya, Lily Ann,
Noah, Jackson et Lennox.
I dedicate this book to my grandchildren: Maya, Lily Ann,
Venue de la poésie classique et des aubes de Verlaine, Diane Descôteaux a croisé, il y a une décennie, l’étroit chemin des poèmes de Bashô. Le haïku est un poème à forme fixe qui date du XVIIesiècle. Il est une des expressions de l’esthétique japonaise. Il cerne le vide, le pur et le simple d’une manière déconcertante pour notre culture occidentale en quête de mots, de liberté et de trop plein. Ce poème bref s’écrit en une seule ligne verticale dans la graphieorientale. L’Ouest a opté pour une écriture de trois vers impairs avec des syllabes ou des sons distribués en 5-7-5.
Toutes les cultures conservent des journaux de femmes qui ont développé un mode de notations minimales et qui sont encore aujourd’hui une trace des mondes passés. Les haïku de Diane sont autant de fenêtres sur le visible qui l’entoure dans son destin de femme du XXIesiècle, d’écrivaine, de voyageuse infatigable.
Formée au sonnet, Diane Descôteaux, reconnue et récompensée dans plusieurs pays francophones pour sa poésie classique, a créé une nouvelle signature dans la pratique du haïku rimant le premier et le troisième vers. Artiste à l’écoute de sa propre lumière intérieure, elle a dû persister à contre-courant du mouvement de la francophonie d’adaptation du poème nippon.
promenade à deux devant le panneau du fleuve ses yeux bien plus bleus
La poète a plusieurs recueils qui expriment le contenu vibrant de ses séjours en France, au Japon, en Haïti, au Cameroun,en Roumanie, mais elle demeure essentiellement une femme du terroir, vivant en région québécoise. La moitié de l’actuel recueil nous promène le long du fleuve et en Gaspésie qui n’est pas sans rappeler la chanson d’Isabelle Boulay :
«Je suivrai la mer en douceur, Je s’rai partie comme une gitane, Entre Bâton Rouge et Matane. »
Le langage de la belle gitane a des couleurs régionales :
pris dans le manège des vagues moult goélands tels bouchons de liège
L’image s’impose jusqu’à devenir photo ou aquarelle. Sa poésie sensuelle s’est exprimée en des recueils antérieurs ouvertement érotiques. Elle y a emprunté avec aisance ce genre littéraire plus rare et toujours avec son haïku rimé qui lui est comme un instrument de musique. Le voyage en Roumanie laisse entrevoir ce mélange de flammes, d’hésitation, d’attente, de désir, de regret dont elle nous avait comblés dans les recueils d’Haïti et du Cameroun :
tout seuls en montagne pour ce chauffeur de taxi cliente ou compagne?
Diane Descôteaux a derrière elle, une œuvre unique exprimant l’apparence de sa vie qui passe à travers les ombres de ses rencontres. Comme tous les poètes, elle tend vers son propre mythe qui n’est autre que le cœur de son tourment de vivre. Comment saisir cette dimension à travers la lecture d’un poème aussi léger? Le haïku semble regarder ailleurs que ce que le poète indique du doigt. C’est sans doute pour cela que les haïkistes japonais ont appris à travers les siècles, la contemplation de la lune, lumière nocturne qui éclaire le mystère obscur de notre destinée.
Micheline Beaudry
Fondatrice du Groupe Haïku Montréal
