Averse d'étoiles - Diane Descôteaux - E-Book

Averse d'étoiles E-Book

Diane Descôteaux

0,0

Beschreibung

Un recueil de poésie classique primé, explorant l'amour, la nature et le passage du temps.

Averse d'étoiles est un recueil de poèmes en formes fixes — sonnets, rondels, villanelles — qui évoque avec finesse des thèmes universels tels que l'amour, la nature, la nostalgie et la condition humaine. Ce livre a été récompensé par le prix de poésie Marie Noël au concours de poésie classique de Santenay, en France, en 2006.Diane Descôteaux, poétesse québécoise reconnue, est l'autrice de plus de 20 ouvrages traduits en plusieurs langues. Elle a reçu plus de 200 distinctions littéraires à l'international et a collaboré à plus de 500 revues et anthologies. Points forts du recueil :

  • Poésie classique en formes fixes : sonnets, rondels, villanelles
  • Thèmes abordés : amour, nature, nostalgie, condition humaine
  • Récompensé par le prix de poésie Marie Noël en 2006
  • Écriture accessible et émotive, ancrée dans la tradition poétique francophone


EXTRAIT

UN BRIN DE NOSTALGIE

Pourquoi faut-il qu’encor mon cœur craigne l’alarme
De lui voir s’ajouter, alors à ses dépens,
Une nouvelle année au total de ses ans?
Devant l’heure qui passe il se trouve sans arme!

Quand vient ce jour de fête et de joyeux vacarme
Où fusent les baisers, les souhaits et les flans,
Un brin de nostalgie arrête mes élans
Et, derrière un sourire, un œil verse une larme.

Une ride apparaît dans le tain du miroir
Lorsque les souvenirs, cachés dans un tiroir,
Se dépêchent de poindre à chaque anniversaire…

Inflexible Atropos, éloigne tes ciseaux;
Le fil qui me retient m’est par trop nécessaire!
Souffre un peu que tes sœurs envident leurs fuseaux…

À PROPOS DE L'AUTEURE

Réviseuse linguistique et auteure d’une quinzaine d’ouvrages dont certains sont traduits en anglais, en créole, en roumain et en russe, Diane Descôteaux a signé plusieurs préfaces et collabore à au-delà de 500 revues et anthologies.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 68

Veröffentlichungsjahr: 2017

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



AVERSE D’ÉTOILES

Première édition : 4e trimestre 2005

Teichtner / Laval (Québec) CANADA

Illustration de la couverture:

Serge Cusson, avec la permission de l’artiste

(La Muse et l’Ange, 1998, dessin au crayon)

Dépôt légal:

Réédition : 1er trimestre 2015

Bibliothèque et archives nationales du Québec

Bibliothèque et archives Canada

©Diane DESCÔTEAUX

[email protected]

ISBN 978-2-9814951-9-8 (imprimé)

ISBN 978-2-9802156-8-1 (ePUB)

ISBN 978-2-9802156-7-4 (PDF)

Du même auteur :

La magie du cœur: poèmes, Marquis, Montmagny, 1990,135 p.

De cœur et de chair: poèmes, Collection Florilège, Éditions

Les Presses Littéraires, Saint-Estève, France, 2000, 47 p.,

N° d’impression 17952 –Épuisé

Réédition:Éditions Touladi, Québec, 2006, 57 p.

Trios: haïku, Les Adex, Rouville, France, 2004, 16 p.

l’heure du thé: haïku,ÉditionsKaredas, collection kaiseki,

Paris, France, 2008, 100 p.

Automne prélude: rensaku coécrit avec L.Pelletier &

L.Michaud, McMasterville, Québec, 2008, 32 p.

Au-delà du décor / Dincolo de decor: poèmes,

Editura Confluenţe, français/roumain, Petrila, Romānia, 2009, 78 p.

Haïti pour toujours - Ayiti pou toutan : haïku,

ÉditionsChoucoune, français/créole, Port-au-Prince, Haïti, 2010, 167 p.

La luciole attend la nuit pour briller : haïku, coécrit avec

Gervais de Collins Noumsi Bouopda, Harmattan Cameroun, Paris, France, 2013, 110 p.

À deux pas de là –Two doors down : haïku,Éditions de

l’Interdit, St-Sauveur-des-Monts, Québec, 2014,128 p.

Sous l’influence… : haïku, Éditions des petits nuages,

Ottawa, Ontario, 2014, 72 p.

Dédicace de l’auteur

À tous ceux et celles qui rendent hommage aux poètes des siècles derniers en manifestant un intérêt soutenu pour ces ouvrages marquants de l’histoire de la littérature française, je dédie ce recueil de poésie classique. Puisse-t-il faire honneur à tous les Grands d’hier et donner de l’espoir aux étoiles montantes…

Averse d’étoiles

« Oui, c’est un Dieu caché que le Dieu qu’il faut croire,

Mais, tout caché qu’il est, pour révéler sa gloire,

Quels témoins éclatants devant moi rassemblés!

Répondez, cieux et mers; et vous, terre, parlez!

Quel bras peut vous suspendre, innombrables étoiles?

Nuit brillante, dis-nous qui t’a donné tes voiles?…»

(Dieu dans la nature, Louis Racine, 1748)

«…Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,

Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,

Avait, en s’en allant, négligemment jeté

Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. »

(Booz endormi, Victor Hugo, 1ermai 1859)

Avant-Propos

Averse d’étoiles

Par une nuit sans lune, un panache de feu

Explose dans l’espace en mille jets rapides;

La peau sombre du ciel, que zèbrent quelques rides,

Aussitôt s’enlumine à cet habile jeu.

N’est-ce point là le sceau de la dextre de Dieu

Qui fait couler ce flux d’étincelles splendides

Une fois l’an, quand naît l’essaim des Perséides

Dans l’éther boréal, comme un céleste aveu?

Quel spectacle divin que tous ces météores

Qui fusent en cadence avec les chants sonores

De plus d’une cigale et d’autant de grillons!

De même en mon esprit, quand se lèvent les voiles

Et lorsqu’un vif éclair trace de blancs sillons,

Il se met à pleuvoir une averse d’étoiles…

Sonnet

(50 météores/heure, visibles dans l’hémisphère nord)

Mes rêves sont pour toi…

Quandtuviensprèsdemoi,lapourpregonflematempe

Etmonnomsembleplusdouxlorsqu’ilsortdetabouche.

Cependant que le soir revêt son châle perlé d’étoiles,

Tu captures mes seins de tes deux larges paumes;

Puis j’entends marteler ton cœur sous ta poitrine,

Tel un matoir qui frapperait l’enclume

Et, dès lors, je sais qu’il ne bat que pour nous.

Mes mains connaissent ta chair par cœur

Lorsque, gercé d’ombre et de nuit,

Mon corps trouve un asile dans tes bras musculeux;

Et je dîne de tes baisers et je bois de tes rires.

Or, tandis que j’écoule les plus beaux de mes jours

Sur l’aile diaphane de notre amour commun,

Mon âme se recueille en muettes prières.

Puis, sous l’œil pâle du crépuscule,

Jem’étendssurmacoucheetmesrêvessontpourtoi…

Dédié à Serge Fortin

Nuit d’hiver

Les cornes de la lune émergent dans les cieux

Et sèment des cristaux aux ramures des arbres;

Leschampscouvertsde givre,identiquesauxmarbres

Veinés d’un bel argent, dorment silencieux.

Cependant que l’hiver, sous un masque d’albâtre

Espère en vain franchir le seuil de nos maisons,

Nous chaussons de la laine et, proches des tisons,

Nous regardons valser les flammèches de l’âtre.

Enfin nous remuons les rondins du foyer

Puis vite nous grimpons là-haut dans notre chambre;

Lors que le plafonnier diffuse ses rais d’ambre,

La prière on refait sur le mol oreiller.

Mes filles, se calant dans leurs chaudes flanelles,

Ferment leur doux regard sur les restes du jour;

Et comme je les borde au lit avec amour,

Il me semble qu’un ange ainsi veille sur elles…

Vers le sommet

Quand l’opportunité se ferait diligence

De frapper aux volets des logis étrangers,

Tout homme est ainsi fait qu’hésitant de changer

Il court se réfugier dans sa propre indigence.

Or on trouve en d’aucuns, usant d’intelligence,

Un contrôle absolu des ennuis passagers;

Les efforts investis, sans jamais ménager,

Sont garants du succès de leur moindre exigence.

Et pour celui qui veut, de peiner, il lui chaut,

Car il sait qu’en retour il gagne ou peu s’en faut.

Lorsquenosqualitésnousfonttelsquenoussommes,

C’est pourtant les défauts, où chacun se commet,

Et certains aléas qui grandissent les hommes;

Puisnousgrimponsalorsversdeplushautssommets…

Sonnet

Au meilleur des maris

Ah! qu’il m’est précieux l’homme que je chéris!

Avec les fils d’argent de ses boucles d’ébène,

Aussi son regard fauve à la prunelle amène

Et l’ingénuité de son vibrant souris!

Aucun ne lui ressemble et j’en tiens les paris!

Superbe et magnanime, il va l’âme sereine

Et je le traite en roi puisqu’il m’accueille en reine;

Enfin je m’en remets au meilleur des maris.

Or la main parle fort, mieux encor que la bouche;

Si le verbe nous plaît, c’est le geste qui touche;

Alors ses actions ne faillent à l’honneur.

En douze ans l’on récolte ainsi plus que l’on sème;

Quand le passé nous vaut un siècle de bonheur,

Puisse l’avenir être un témoin que l’on s’aime…

Sonnetdédié à Serge Fortin

Et ma Muse chante pour vous

Lorsque vient la neuve saison,

Au printemps qu’avril redessine,

On voit poindre la floraison

Qui naîtra de chaque racine:

Mai, le lilas, juin, l’aubépine,

La rose fleurit jusqu’en août

De même la grâce enfantine;

Et ma Muse chante pour vous…

Cependant sous tel horizon,

Femme, pour l’homme l’on s’incline

Et de sa chair nous avisons

La pleine aisance masculine;

Près de sa bouche purpurine

Oyez-en les murmures doux,

Un souffle élève sa poitrine

Et ma Muse chante pour vous…

Mais la Parque tisse à foison

Le linceul qu’elle nous destine;

Quand l’âme serait un tison

Brûlant encor sous la patine

Des ans qui nous courbent l’échine,

Qu’elle prenne Dieu comme époux

Car le ciel n’a point d’orpheline;

Et ma Muse chante pour vous…

Envoi

Prince, les vertus qu’on devine

Sont certes les meilleurs atouts

Qui font pencher la loi divine;

Et ma Muse chante pour vous…

Ballade

L’orateur et le savetier

La gent d’une province eut le goût et l’envie

D’un tantinet s’instruire aux principes de vie;

On fit venir de loin un savant orateur,

Dont les justes conseils transportaient l’auditeur,

Tant et si bien qu’alors l’assistance en délire

N’y découvrit en rien quelque chose à redire;

Mais un manant célèbre à la communauté

La parole reprit sans en être invité.

« Par amour de justice or le devoir m’impose,

En tant que commerçant, d’interdire la prose

De ce fieffé coquin et pis cet imposteur

Qui trompe vos esprits de son verbe flatteur!

Quand ses vieux oripeaux sont l’unique fortune

Qu’il vous peut étaler du haut de sa tribune,

En prêchant le bonheur, qu’il vous dit être sien,

Il s’y prend par la ruse à saisir votre bien. »

« Comme il serait facile à le mettre à sa place,

Répartit le rhéteur, mais j’y perdrais la face!

La guerre ne se gagne avec un seul combat

Or laissons ce quidam au milieu du débat;