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À travers ce récit descriptif, fictionnel et poétique d'une randonnée chamelière dans le Grand Erg oriental en Tunisie, écrit en partie durant les pauses contemplatives au coeur du désert, vous plongerez dans cette région mystérieuse et envoûtante. Vous ferez la connaissance des chameliers qui guident les pas, et vous suivrez, depuis l'île de Djerba, puis le village de Douz jusqu'à l'oasis de Ksar Ghilane, le cheminement de l'auteure. Au fil des pages, une délicate histoire d'amour se tisse, légère et sensuelle, tandis que les descriptions du sable, du silence, des couleurs et de la lumière invitent à une expérience presque tactile du désert. Ce témoignage apaisant, porté par une écriture poétique, vous émerveille grâce aux infinies beautés du Sahara tunisien.
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Seitenzahl: 79
Veröffentlichungsjahr: 2021
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À tous les amoureux du Grand Erg oriental et à tous ceux qui rêvent d’y aller.
Parler du désert, ne serait-ce pas d’abord se taire comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages, mais de notre silence ?
Lao Tseu
Dans le Sud tunisien
La palmeraie de Douz
L’arrivée dans le désert
Le départ de la caravane
Dans le sable
Ma phrase du jour
Des étoiles et des burnous
L’arrivée au puits
L’oasis de Ksar Ghilane
L’aveu du conteur
Retour sur Paris
Depuis l’âge de vingt ans, âge où mon expérience professionnelle en tant qu’agent de réservation dans des tour-opérateurs parisiens a débuté, visiter des contrées lointaines est un désir primordial pour moi.
Et pourtant, je voyage peu. Tout le paradoxe tient dans ces quelques mots. Mais « peu » signifie que je me suis tout de même rendue dans quelques pays. Et surtout que je les ai appréciés au point d’avoir envie d’en conserver un souvenir.
Ce récit d’une randonnée dans le désert tunisien représente un de mes plus plaisants périples. Dès l’annonce de mon départ en 2004, j’avais décidé de rédiger un témoignage, et ce d’autant plus qu’un atelier d’écriture était prévu pour les participants.
Je désirais garder une trace de mes ressentis et de tout ce que je découvrirai et percevrai.
Ainsi le voici, après tant d’années, il existe enfin.
Cette expédition, préparée par une association française et une agence de Douz était très bien organisée et élaborée pour l’entière satisfaction des 17 touristes et animateurs du groupe.
Nos chameliers, au nombre de quatre, étaient des guides professionnels qui connaissaient très bien cette partie du Sahara. C’est pour cette raison qu’ils avaient été choisis pour nous accompagner.
Nous n’avions plus qu’à nous émerveiller devant toutes les beautés offertes par le désert sans nous inquiéter d’une potentielle privation, même si on nous rationnait de temps en temps l’eau potable.
Notre itinéraire comportait, depuis l’île de Djerba, les villages de Matmata et de Douz, une petite partie du gigantesque espace de dunes et de sable fin appelé le Grand Erg oriental et enfin l’oasis de Ksar Ghilane.
Cette expérience m’a aidée à mettre de côté ce qui m’empêchait de me sentir en harmonie totale avecmon « moi » timide et rempli de questions et de doutes. C’est reposant pour l’esprit. Ça le purifie.
Cet état de sérénité a duré pendant les semaines qui ont suivi mon retour.
On peut donc dire que je n’étais plus tout à fait la même quand je suis rentrée en France.
Philosophe, calme, rien ne pouvait me perturber.
À travers ce récit descriptif, fictionnel et poétique, vous découvrirez cette mystérieuse région du monde, si proche et en même temps si éloignée de notre culture occidentale.
Vous ferez la connaissance de nos formidables chameliers et avec nous, vous les admirerez pour leur simplicité et leur beauté.
Ainsi, mes très chers lecteurs, je vous souhaite un merveilleux voyage en ma compagnie et un grand plaisir à marcher dans mes pas d’aventurière.
♥ Belle lecture ♥
D es étendues plates et rocailleuses, des rangées entières d’oliviers bien alignés, des palmiers dattiers aux grandes et élégantes feuilles pennées, un sol à peine rosé parsemé çà et là de petits espaces verdoyants. J’observe tout cela depuis l’intérieur de la voiture qui nous transporte vers Douz, vaste oasis gardienne du Grand Erg, appelée la Porte du Sahara.
Tout à coup, en un éclair, j’aperçois au milieu de cette succession de tableaux, une femme recouverte d’une Melhfa, robe traditionnelle des Djerbiennes, assise à l’ombre d’un mur fabriqué en terre locale, la paroi de sa maison probablement.
À son dos courbé, à l’inclinaison de sa tête, à ses yeux dirigés vers le lointain, je l’imagine comme cela, dans cette position depuis des heures, voire des jours ou des mois. Elle rêve. Mais à quoi peut-elle songer ?
Et cet homme, debout sur un tapis de cailloux avec une fourche dans les mains, que cherche-t-il à faire germer ? Et cet autre, avec son bidon vide et son air égaré, où va-t-il ?
Au milieu de ces bruits, c’est le silence. J’observe ce silence et le souffle du vent qui effleurent les épaules, les nuques et caressent des fragments de peau sur leur passage. J’entends mon cœur, il bat trop vite, mes tempes cognent trop fort. Je respire pour faire cesser ces sons incongrus qui se déchaînent dans ma poitrine. J’avale une grande bouffée d’air et la rejette quelques instants après. Je crois par-là me délivrer de mes émotions, amplifiées pour l’heure par ma présence dans ce véhicule qui fonce dans la poussière du sud de la Tunisie. Mais non, rien n’y fait !
Sans aucun signe ou avertissement du chauffeur, et alors que chacun se laisse envahir par la torpeur, nous nous arrêtons pour une pause. L’endroit n’est, à mon avis, pas choisi au hasard. Une fontaine en pierre dans laquelle est posé un seau en plastique, seau vide me semble-t-il, incite à s’approcher, à regarder l’eau couler, à en toucher, à en boire même. Cette fontaine, ce petit seau blanc, la possibilité que ce liquide primordial puisse jaillir ici, tout à coup, m’apparaissent magiques au milieu de cette aridité.
Je tourne autour, je l’examine de plus près, pas la moindre goutte !
Je lève les yeux, la nature luxuriante nous invite à courir vers elle et à effleurer l’herbe autour des oliviers. Les palmiers dattiers sont répartis en allées sur toute la colline. Cette source de vie, qui fournit à la population des baies très sucrées, des fibres pour tisser des cordes, des feuilles pour tresser des paniers et des troncs pour fabriquer des poutres, est capitale.
À présent, j’en suis persuadée, l’eau coule dans cette fontaine.
Puis nous sommes repartis et le décor s’est vite transformé. De près ou de loin, plus aucun arbre ne se montre. On peut voir uniquement des touffes d’herbes rases et des graminées jaunes.
C’est la steppe à anthyllis, le paysage dominant de cette région présaharienne.
De temps en temps toutefois, on aperçoit un groupe de maisons blanches ou ocres, une cahute pas terminée, quelques pierres posées l’une sur l’autre et une personne devant un amas de cailloux.
Dans le 4x4 qui me transporte vers le Grand Erg, la chaleur est étouffante.
Le conducteur est un jeune tunisien de Douz. Il conduit très vite, mais je me sens en sécurité avec lui. Il fait très professionnel, sérieux et capable d’affronter tous les problèmes et obstacles les plus pointus.
Mais aucune complication ne survient et nous traversons les prairies avec des brebis en liberté ou des dromadaires dans des enclos. Puis viennent les maisons, les plantations, les espaces cultivés, les vergers, les hameaux avec leurs venelles étroites et poussiéreuses, leurs grenadiers, leurs boutiques, leurs parasols et les Tunisiens installés aux terrasses de café, en observateurs éblouis.
On voit beaucoup d’hommes et peu de femmes dans les rues des villages. Ils sont jeunes et vieux, souriants, riants et décontractés. Ici, c’est comme si la vie et tous ses plaisirs n’existaient qu’à l’extérieur, dans le partage, la discussion et autour de tables remplies de verres et d’assiettes bien garnies.
Je suis secouée au dernier rang de cette Jeep et les sept touristes assis devant mon siège le sont tout autant que moi. Le destin nous a réunis pendant sept jours et six nuits et durant ce laps de temps, nous ne nous quitterons plus. Qu’adviendra-t-il de ce groupe après ce voyage ?
Rien certainement. Chacun repartira de son côté, reprendra ses activités et oubliera l’autre, peu à peu.
Le conducteur a allumé sa radio et a introduit une cassette dans le lecteur, des sons arabes rythmés et dansants très entraînants.
Nous écoutons et nous sautons en mouvements saccadés et désordonnés, à deux doigts de défoncer le plafond et les sièges de ce 4x4 qui ne redoute rien.
— Musique égyptienne, nous affirme-t-il dans un français incertain.
Sur ma gauche, la chaîne montagneuse du Jebel Dahar se rapproche. Sur ses flancs, des terrasses, des champs de céréales, des oliviers et des figuiers sont aménagés dans les lits des oueds. On aperçoit un troupeau de brebis au loin. Plus près, un homme tente d’arracher de ce sol stérile quelques cultures maraîchères. Une femme drapée dans son costume aux couleurs vives et aux motifs géométriques garde du petit bétail, non loin de lui.
Écrire m’est difficile, la route caillouteuse nous bouscule, mais je continue à décrire ce que je vois tant que la pointe de mon stylo parvient à toucher le papier.
Nous allons passer à côté de Matmata, un village troglodyte. Le conducteur nous a avertis, et au ton enjoué de sa voix, j’ai compris que c’était un site exceptionnel. Nous devions en retenir le nom.
Je suis étonnée de la diversité des demeures aperçues tout au long des chemins et même du luxe de quelques-unes d’entre elles.
Certaines, minuscules, d’architecture sobre et d’un brun naturel se confondent avec la terre. D’autres, spacieuses et très blanches, sont agrémentées de volets et de portes bleues. Les toits, quant à eux, sont surmontés de coupoles ou de fenêtres taillées en rond ou en ogive.
Le plus étrange, c’est de découvrir de magnifiques décorations sur des maisons après des kilomètres de piste où aucune vie ne semble exister. Tout de suite après, l’étonnement se renforce lorsqu’on remarque des tentes plantées sur le sol caillouteux, tentes sous lesquelles je devine la présence de familles entières, cohabitant dans un espace réduit ouvert à toutes les intempéries.
