ABCD'R du Sarkozysme - Maxence Trinquet - E-Book

ABCD'R du Sarkozysme E-Book

Maxence Trinquet

0,0

Beschreibung

"Il ne se passe un jour sans que l'on parle de Nicolas Sarkozy. Chaque jour critiqué, chaque jour caricaturé, mais fort heureusement, chaque jour défendu. Pendant dix années, il a mis toute son énergie au au service de l'Etat. D'abord comme ministre de l'Intérieur, puis comme Président de la République. Aujourd'hui, après avoir sollicité le suffrage des adhérents, Nicolas Sarkozy a transformé de fond en comble l'ancienne UMP qui ne méritait plus aucune de ses lettres, pour en faire un parti moderne et plus démocratique : Les Républicains. Voilà donc que nous, militants, sommes de nouveau à ses côtés pour l'aider à proposer l'alternance aux Français. Cependant, qui serait capable de définir ce mouvement qu'est le sarkozysme ? C'est donc ce que j'ai tenté de faire. Le principe est simple, à chaque lettre correspond une valeur, un trait de caractère ou encore un moment qui a marqué son parcours, et à chaque mot correspond un discours. Ce livre s'adresse bien sûr aux fidèles, désireux de revivre les grands discours de Nicolas Sarkozy, mais aussi – et surtout – à ceux qui ont la volonté de prendre du recul sur l'agitation quotidienne des commentateurs et ainsi prendre le temps de constater que, contrairement à ce dont on l'accuse, s'il est une force de Nicolas Sarkozy, c'est bien la constance de ses convictions. Bonne lecture !" Maxence Trinquet

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 481

Veröffentlichungsjahr: 2015

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Sommaire

Avant-propos

Autorité

B

C

D

Europe

F

G

H

Identité

J

K

L

Monde

N

O

P

Q

Républicains

S

T

U

Vérité

W

X

Y

Zéphyr

Avant-propos

Il ne se passe un jour sans que l'on parle de Nicolas Sarkozy. Chaque jour critiqué, chaque jour caricaturé, mais fort heureusement, chaque jour défendu.

Pendant dix années, il a mis toute son énergie au au service de l'Etat. D'abord comme ministre de l'Intérieur, puis comme Président de la République. Aujourd'hui, après avoir sollicité le suffrage des adhérents, Nicolas Sarkozy a transformé de fond en comble l'ancienne UMP qui ne méritait plus aucune de ses lettres, pour en faire un parti moderne et plus démocratique : Les Républicains.

Voilà donc que nous, militants, sommes de nouveau à ses côtés pour l'aider à proposer l'alternance aux Français. Cependant, qui serait capable de définir ce mouvement qu'est le sarkozysme ? C'est donc ce que j'ai tenté de faire. Le principe est simple, à chaque lettre correspond une valeur, un trait de caractère ou encore un moment qui a marqué son parcours, et à chaque mot correspond un discours.

Ce livre s'adresse bien sûr aux fidèles, désireux de revivre les grands discours de Nicolas Sarkozy, mais aussi – et surtout – à ceux qui ont la volonté de prendre du recul sur l'agitation quotidienne des commentateurs et ainsi prendre le temps de constater que, contrairement à ce dont on l'accuse, s'il est une force de Nicolas Sarkozy, c'est bien la constance de ses convictions.

Bonne lecture !

Maxence Trinquet

Autorité

L'autorité est l'un des mots qui définit sans doute le mieux Nicolas Sarkozy.

L'autorité des forces de police qu'il coordonna lorsqu'il fut ministre de l'intérieur. L'autorité face à la délinquance. L'autorité du Président de la République avec son gouvernement et sa majorité ou encore l'autorité retrouvée à la tête des Républicains. L'autorité des parents, et enfin l'autorité du maître envers l'élève, car c'est avant-tout par l'éducation que l'on acquiert ces valeurs.

Nicolas Sarkozy a amorcé de nombreuses réformes en matière d'enseignement, comme par exemple, la réforme du primaire en 2008, la réforme des lycées qui a revu tous les programmes de la seconde à la terminale, ou encore l'autonomie des universités qui a permis aux facultés de se doter des meilleurs moyens pour atteindre l'excellence et rayonner dans le monde.

Dans un discours de vœux au monde de l'enseignement en date du 5 janvier 2012, Nicolas Sarkozy nous offre sa vision de ce que doit être l'école. Sa pensée s'articule en trois axes : « Excellence, justice, unité ». L'excellence du savoir transmis aux enfants « il n'y a pas de place pour la médiocrité ». L'idée de justice y est également redéfinie. Nicolas Sarkozy n'a jamais voulu prôner l'égalitarisme qui donne la même chose à tous, et finalement défavorisera toujours les plus modestes. Enfin, l'unité, car l'école doit inculquer, en plus des connaissances, des valeurs qui deviendront à terme « le meilleur rempart contre la tentation du repli sur soi et contre le communautarisme ».

« [...]

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d'être aujourd'hui parmi vous au Futuroscope qui, depuis plus de vingt ans, a su mêler de façon unique divertissement, recherche et éducation et que son fondateur, René MONORY, avait voulu tout entier dédié aux « idées nouvelles ». Je veux tout particulièrement saluer Jean-Pierre RAFFARIN, tellement attaché à ce lieu et à ce terroir.

Les idées nouvelles, c'est précisément ce dont la France a le plus besoin aujourd'hui.

Dans ce monde nouveau qui est en train d'émerger, nous devons, mes chers compatriotes, quitter les discours convenus et nous devons, dans ce monde nouveau, repenser radicalement notre façon d'appréhender les débats sur les grands enjeux publics.

Et s'il est un domaine où il faut porter un regard nouveau, c'est celui qui nous réunit aujourd'hui : l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche.

Mesdames et Messieurs, la crise qui secoue le monde ne correspond pas à un simple ralentissement, même brutal, même considérable, de notre économie. Cette crise qui secoue le monde est beaucoup plus profonde.

C'est une crise de civilisation. C'est une crise morale. C'est une crise qui interroge, profondément, tout à la fois nos façons d'être et nos façons de penser.Cette crise impose bien sûr de parer au plus pressé et de répondre à l'urgence.

Mais cette crise nous oblige surtout, oserai-je le dire, à un travail plus profond sur nous-mêmes. Un travail que nous ne pourrons mener à bien sans vous, hommes et femmes de science, de pensée, professeurs et chercheurs.

La crise, au fond, a dévoilé la réalité d'une société, la nôtre, régie par le court-terme, obsédée par la recherche d'avantages immédiats, terriblement accrochée au confort du présent -- et prête à sacrifier l'avenir.

Cette crise est à ce point profonde que parfois elle nous fait oublier d'où nous venons, et les valeurs qui sont les nôtres. Au point de ne plus savoir, de ne plus pouvoir, même, se projeter dans l'avenir. Au point de ne plus savoir regarder, autour de nous, un monde qui se transforme à toute vitesse.

Mesdames et Messieurs, nous ne pouvons pas ignorer le monde. Le monde ne nous attendra pas et n'attendra pas pour faire une place à vos enfants. En cette période lourde de tant d'incertitudes, l'éducation et la recherche constituent pour la France un formidable moyen de reprendre son destin en main.

Cette conviction, elle est la mienne depuis le début.

Et cette conviction, les épreuves que le pays a traversées l'ont renforcée. [...]

Si la question, c'est uniquement d'augmenter les dépenses et les budgets, nous devrions avoir les enseignants les plus heureux du monde. Or, partout où je porte mon regard, on me parle, à juste titre, d'une crise d'identité pour le monde enseignant.

Nous avons fait trois choix.

Le premier, c'est celui de l'excellence.

L'excellence, parce que dans un monde soumis à une compétition de plus en plus intense, je voudrais vous dire une chose, il n'y a pas de place pour la médiocrité. Il faut que chacun se persuade de cette réalité.

Et cette réalité prépare un deuxième choix que nous avons fait, celui de la justice, parce que dans la société de la connaissance, la plus grande des inégalités ne réside pas dans les écarts de richesses, comme je l'entends dire tous les jours, mais entre celui qui a pu faire de bonnes études et celui qui n'en a pas faites. L'inégalité la plus choquante, elle n'est pas dans l'écart de richesses, elle est entre celui qui a fait de bonnes études, qui le préparent à un bon avenir professionnel et celui qui n'a pas eu ce patrimoine.

La justice, parce qu'au nom d'une fausse conception de l'égalité, on avait fini par croire que le rôle de l'Education nationale était de donner la même chose à tout le monde. Je voudrais dire qu'avec cette idée de donner la même chose à tout le monde, ce sont les élèves les plus défavorisés qui sont lésés.

Enfin, le troisième choix, l'unité. L'unité, parce que l'école de la République est le meilleur rempart contre la tentation du repli sur soi et contre le communautarisme.

L'unité, parce que face à certaines doctrines faisant la part trop belle au seul « épanouissement de l'enfant », il fallait rappeler que la mission première de l'école est la transmission d'un socle de connaissances, d'une culture et des valeurs communes.

Excellence, justice, unité.

Excellence : dans un monde où les universités sont devenues un critère de hiérarchisation et de classement des différents pays, c'est en restant fidèle à son génie que la France continuera à peser.

[...] Désormais, les universités sont autonomes, elles peuvent créer des fondations, elles peuvent recruter selon leurs besoins, elles peuvent même devenir propriétaires et gestionnaires de leur patrimoine.

Nous avons fait des investissements considérables. Le secteur de l'enseignement supérieur a vu sa dotation augmenter de 9 milliards d'euros chaque année depuis 2007. Je donne des chiffres, non pas pour dire que tout va bien, je suis tellement conscient de tout ce qui ne va pas bien, mais les chiffres, je vous les dois et je les dois au pays. [...]

Je veux saluer l'extraordinaire dynamisme des présidents d'université et de leurs équipes. Tous se sont approprié ces nouveaux outils, avec un foisonnement jamais vu d'initiatives sur tout le territoire. Une immense réorganisation du paysage universitaire est à l'œuvre, Laurent WAUQUIEZ y veille. Nous renforçons les liens entre recherche et universités. Je veux dire que le lieu naturel pour la recherche, c'est l'université. [...]

D'ici à cinq ans, nous aurons en France un nombre significatif d'universités de dimension mondiale.

Ces changements étaient jugés impossibles. On nous disait la France en situation de déclin irrémédiable, confrontée au rouleau compresseur américain ou asiatique.

Les « déclinistes », comme l'on dit, ont eu tort. Je voudrais là encore rappeler les chiffres.

Le nombre de décisions d'implantation en France de sièges sociaux de groupes étrangers depuis 2007 a été multiplié par trois.Le triplement du crédit impôt recherche a fait de la France le pays le plus attractif d'Europe en matière d'innovation. La France figure à la deuxième place des pays européens pour l'accueil des investissements étrangers créateurs d'emploi, et même à la première place en Europe pour le nombre d'investissements étrangers créateurs d'emploi dans l'industrie et les écotechnologies. La France attire.

La justice : tout cet effort vers l'excellence n'aurait naturellement aucun sens s'il ne bénéficiait pas, au bout du compte, à tous nos enfants, et si on ne donnait pas une chance à chacun.

Si ce fut l'honneur de notre pays d'ouvrir en grand les portes de ces vieilles forteresses qu'étaient les lycées, puis les universités, ce fut son erreur de les accueillir sans s'y être préparé. On a eu raison d'ouvrir les portes, on a eu tort de ne pas préparer universités et lycées à cet afflux.

D'autres pays organisaient méthodiquement l'augmentation du nombre d'étudiants. Nous, nous avons confondu égalitarisme et égalité des chances. Nous avons imaginé, à tort, qu'il suffisait de donner aux jeunes gens un accès formel aux études et aux diplômes, pour que chacun se voie ouvrir les portes de la connaissance et de meilleurs emplois. Mais ce qui était présenté comme un système ouvert à chacun était en réalité un entonnoir fermé à beaucoup. Et je veux le dire, ce fut le grand mensonge d'une partie de la société française à l'endroit de toute une génération. C'est ce qu'on appelle « les droits formels ». (Applaudissements) Je remercie l'enthousiaste...Il m'encourage, mais j'y crois profondément. Et je sais que chacun réfléchit à cela. Ce n'est pas possible de ne pas y penser.

Il faut donc changer nos façons de voir.

Accepter au nom de l'égalité de traiter différemment celui qui est différent. Je répète, au nom de l'égalité, traiter différemment celui qui est différent. C'est cela l'égalité et c'est cela la justice. Accepter de diversifier les parcours. Accepter, dans le respect du cadre national des programmes, d'adapter la pédagogie à la personnalité de l'élève. Il est faux de penser que la même pédagogie peut être adaptée à tous les élèves, compte tenu de la différence des parcours de ces élèves. C'est un mensonge de penser cela. (Applaudissements) Je remercie les autres enthousiastes...

Alors peut-être encore une autre idée à laquelle je crois beaucoup : accepter, enfin, de dire que la première mission de l'école, c'est de préparer à la vie active ! Un diplôme qui ne débouche pas sur un emploi ne mérite pas son nom de diplôme.

Dans la société qui est la nôtre, c'est un mensonge de dire à des élèves, à des étudiants qu'on laisse aller dans une voie, qu'ils auront un diplôme. Si le diplôme ne débouche pas sur un emploi, réfléchissons, est-ce qu'il mérite le titre de diplôme ?

C'est sur ces principes que nous essayons de bâtir une nouvelle relation avec les élèves et les étudiants.

[…] Après la réforme capitale de l'école primaire de 2008, trois ans après sa mise en œuvre, nous avons vu les résultats : le nombre d'élèves de CE1 ayant des acquis « très solides » a progressé cette année de 16% en français et de 11% en mathématiques. Il n'y a pas de déclin inéluctable. Ce que les autres ont réussi, on peut le réussir nous-mêmes, pour peu qu'on regarde ce qui marche et qu'on arrête de s'inspirer de ce qui ne marche pas.

Le nombre d'élèves ayant des connaissances insuffisantes a fortement régressé en français : -13%, et s'est stabilisé en mathématiques. C'est-à-dire qu'entre la réforme de l'école primaire de 2008 et 2011, on a déjà enregistré des résultats spectaculaires. Insuffisants, mais spectaculaires.

C'est aussi au nom de la justice que nous avons lancé l'opération « les orphelins de 16h », expression que j'avais utilisée dans ma campagne de 2007. Ecoutez, 850 000 collégiens et 200 000 écoliers de l'éducation prioritaire étaient inscrits aux études dirigées. Je m'étais engagé là-dessus, pourquoi ? Parce que les femmes travaillent ! Et c'est très bien qu'il en soit ainsi. 100% des femmes ont vocation à être autonomes et à travailler. Alors, comment ? Les enfants sortant à 16h, les jeunes sortant à 16h...850 000 collégiens plus 200 000 écoliers ont eu la possibilité, l'année dernière, de faire leurs devoirs à l'école avec des enseignants, en étant encadrés.

Nous avons créé en 2009 les internats d'excellence. 26 internats aujourd'hui, cher Luc CHATEL, ont ouvert leurs portes. 10 000 élèves sont scolarisés en internats d'excellence cette année. 10 000 entre 2009 et 2011, c'est 10 000 jeunes qui réussissent leurs études et qui sont différents, qui viennent de milieux défavorisés, qui n'avaient pas de chambre, pas de table, parfois, qui n'étaient pas nourris, compte tenu de la situation sociale des familles, qui sont maintenant en internat, du lundi au vendredi. 10 000 !

J'aurais pu évoquer également les enfants handicapés. J'attache beaucoup de prix à la présence des enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire. J'y attache un prix différent de ce que j'entends parfois. C'est important pour eux : il y a 215 000 élèves handicapés qui sont scolarisés en établissement ordinaire. Savez-vous que c'est 60% de plus qu'il y a 6 ans ? Mais je veux dire cette chose : c'est une chance pour ces enfants ayant un handicap, mais c'est aussi une chance pour les enfants qui n'ont pas de handicap. Je l'affirme, parce qu'un enfant différent, dans un établissement avec des enfants ordinaires, c'est l'apprentissage de la diversité et c'est le respect de l'autre. J'aurais pu également parler de l'augmentation du nombre de boursiers étudiants, cher Laurent WAUQUIEZ. 25% de boursiers en plus qu'il y a 4 ans. Quant au montant de ces bourses, il a augmenté de 16%.

Il fallait aussi sortir d'une conception uniforme de l'excellence.

La réforme du lycée professionnel de 2009, qui généralise le « bac pro » en 3 ans, a permis d'attirer 100 000 élèves supplémentaires en un an. Je remercie les enseignants qui s'y sont impliqués, avec un enthousiasme extraordinaire. Nous nous sommes aussi attaqués au problème du décrochage, ce qui a déclenché une polémique, parce que notre pays adore les polémiques. Nous avons organisé, c'est vrai, le recensement de tous les jeunes qui sortaient de l'école à 16 ans et dont on ne savait pas où ils allaient.

80 000 jeunes ont été pris en charge l'année dernière. La France se plaignait des décrocheurs, car vous savez que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans. Ces élèves disparaissaient des radars de la société jusqu'à 18 ans. Alors, cela fit tout un scandale quand nous avons décidé de les répertorier. Mais si nous ne savons pas où ils sont, comment pouvons-nous leur donner une chance ? Il faut réfléchir à cette réalité, qu'est-ce qui est important ? L'avenir de ces jeunes. Il faut accélérer le rapprochement entre l'école et le monde du travail. [...]

Je pose la question : pourquoi ne pas rendre le système d'alternance obligatoire en dernière année de baccalauréat professionnel, ainsi qu'en CAP? J'ai conscience qu'il s'agirait d'un profond bouleversement, qui impliquerait d'augmenter de plus 200 000 par an le nombre de contrats d'alternance. Mais enfin, s'il y a plus de jeunes au chômage en France qu'en Allemagne, c'est parce qu'il y a moins d'alternance en France qu'en Allemagne. Cette réalité, il ne sert à rien de la décrire, il faut en tirer un certain nombre de conclusions.

Après avoir réformé l'école primaire et le lycée, il faut maintenant s'occuper du collège. Le collège unique n'arrive pas à prendre en compte la diversité des élèves. Je me contenterai ici de vous livrer deux pistes de réflexion. D'abord, il faut certainement recentrer la 6e et la 5e sur les enseignements fondamentaux, en assurant une meilleure continuité avec le primaire. Elle est effrayante, pardon de le dire, la coupure entre le primaire et le secondaire. Entre un élève de CM2 avec un enseignant unique et l'élève de 6ème avec des enseignants multiples dans un établissement qu'il ne connaît pas, mélangés avec d'autres enfants plus âgés, la rupture est trop brutale. Il faut organiser un continuum entre ces deux niveaux. Il faut aussi certainement assumer la diversité des parcours en 4e-3e. Il n'est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l'enseignement général, et pas à la voie professionnelle : comment, dans ces conditions, cette dernière ne serait-elle pas vécue comme une voie de relégation, puisqu'on n'y prépare pas ?

Vous remarquerez, Mesdames et Messieurs, que dans tout ce que je viens d'évoquer, je n'ai pas parlé de la quantité des moyens qui est en jeu.Je vais en parler, mais j'en parlerai d'une autre façon. Je veux parler de la bonne utilisation de ces moyens, et je veux parler de la bonne répartition de ces moyens. Vous savez, ma façon de vous respecter, c'est de vous dire ma part de vérité : vous êtes lucides, vous en avez beaucoup entendu et vous savez parfaitement faire la différence entre les discours convenus et les discours authentiques. Autant, en matière d'enseignement supérieur et de recherche, c'est vrai, la France souffrait d'un retard de moyens financiers, c'est exact, il ne faut pas mentir et nous sommes en train de le rattraper. Autant, en matière scolaire -- toutes les études le prouvent ! -- la question n'est pas celle des moyens, qui ont augmenté de 80% ces trente dernières années. La question, c'est d'oser le changement. On peut continuer à augmenter, mais si le seul critère d'efficacité, c'était l'augmentation des moyens, le bonheur des enseignants, l'épanouissement des enfants et les résultats de notre éducation devraient être les meilleurs au monde.

Et je veux le réaffirmer aujourd'hui avec force et une certaine gravité : dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l'Éducation nationale comme dans les autres services, faire mieux avec les mêmes moyens. Et cela n'est pas impossible. Nous avons ainsi beaucoup diminué le nombre, objectivement trop élevé, de professeurs qui n'étaient pas devant les élèves, et hommage soit rendu à Luc CHATEL : 8000 postes d'enseignants qui avaient été recrutés en « surnombre » dans le premier degré ; nous avons mis fin à des milliers de mises à disposition d'enseignants auprès d'associations diverses. Nous avons amélioré l'efficacité de notre système de remplacement, réorganisé l'administration et regroupé l'offre de formation, parfois trop dispersée.

Alors, je veux le dire comme je le pense, imaginer la recréation de postes dans l'Éducation nationale c'est irresponsable compte tenu de la situation financière de notre pays. D'ailleurs, je dis aux enseignants une chose : la paupérisation est un problème immense pour la société française. Il faut continuer à réévaluer la condition enseignante. Mais réfléchissez en tant que citoyens, si nous augmentons le nombre d'enseignants, est-ce que vous croyez que la société française aura les moyens de faire l'augmentation du nombre d'enseignants et la revalorisation des enseignants ? Personne ne peut croire une minute que cela sera possible. Quant à moi, l'orientation est claire, c'est la revalorisation de la condition enseignante qui est la priorité.

Alors dernier point, l'unité. Nous voulons que l'école soit le creuset de la Nation.

Or souvent de ce dernier point de vue, l'école apparaît en difficulté. Non seulement l'institution scolaire a de plus en plus de mal à faire partager un modèle commun, mais elle est elle-même la première victime de ce qu'il est convenu d'appeler la « perte des valeurs ».Pas un mois ne passe sans qu'un livre, un témoignage, généralement écrit par un enseignant, vienne nous rappeler cette réalité -- et en tant que chef de l'État, je dois voir la situation telle qu'elle est, pas telle que j'aimerais qu'elle soit : dans certains établissements, il est même impossible pour un enseignant de « faire cours normalement ». Il faut dire les choses comme elles sont, ne pas masquer la réalité. Face à cette perte de repères généralisée, l'école ne peut pas tout. Et, j'ai bien conscience que l'on n'a que trop tendance à accuser l'école de tous les maux de la société, tout en lui demandant de les résoudre... L'école ne peut pas résoudre le problème du chômage, du divorce, de l'éclatement des familles, de la perte des repères d'enfants qui vous arrivent en n'ayant aucun repère.

L'école ne peut pas tout. Mais elle peut beaucoup. Et elle le prouve tous les jours.

Alors, comment répondre à cette crise des valeurs que j'évoquais il y a un instant ? La meilleure éducation commence par l'instruction.

C'est d'abord par son savoir que le professeur inspire le respect aux élèves qui lui sont confiés. Le peu d'estime dans lequel la connaissance a été tenue au cours des dernières décennies, l'abaissement du niveau d'exigence à l'école, ont beaucoup fait pour saper l'autorité des enseignants.

C'est une des raisons pour lesquelles les programmes de l'école primaire ont été réécrits. Il faut donc réhabiliter le savoir, mais nous savons que cela ne suffira pas, les élèves ont changé radicalement, sous l'effet de causes complexes, la massification scolaire, le déclin des valeurs familiales traditionnelles, l'arrivée sur notre territoire de nouvelles populations venues d'horizons culturels totalement différents. Sans compter l'avènement de l'ère numérique, qui bouleverse le rapport des enfants au savoir.

Ce n'est donc pas en revenant purement et simplement aux pratiques du début du siècle dernier que l'on retrouvera un âge d'or perdu – et au demeurant souvent idéalisé – des premiers temps de la République. Les élèves ont changé, pas l'école, en tous cas pas suffisamment. Voilà, à mon sens, un problème dont nous devons nous saisir dans deux directions.

La priorité, j'ai conscience qu'en disant cela je vais ouvrir un grand débat, c'est de redéfinir le métier d'enseignant Je vous demande d'y réfléchir, tout le monde sait ce qu'est un enseignant, mais quelle est la mission des enseignants, voilà ce à quoi nous devons nous attacher, indépendamment de tout parti pris partisan. Qu'attendons-nous des enseignants ? Nous devons redéfinir le métier d'enseignant. Vos missions, Mesdames et Messieurs, sont régies par des textes datant de 1950, qui n'ont pas été modifiés depuis plus de 60 ans. La question que je pose est la suivante : est-ce que les enfants de 1950 sont les mêmes que les enfants de 2012 ?

Le point de départ de la démarche que je propose devra être sans ambiguïté : l'objectif, c'est bien de revaloriser le métier de professeur, dont la fonction doit être remise au centre de notre projet de société. Il n'est pas possible qu'un enseignant entre dans sa classe et que si peu d'enfants, d'élèves, se disent « j'ai envie un jour d'être comme lui ».Je vous assure, c'est un sujet absolument majeur. Sur le plan matériel, cette revalorisation a déjà commencé, il faut que nous la continuions. Dès le 1er février, tout jeune enseignant exerçant à temps plein percevra un salaire d'au moins 2 000 € bruts. Ce qui représente une augmentation de 18 %, 310 €, par rapport à 2007. Il faut que l'on continue dans ce sens-là. A l'avenir, il faudra aller plus loin. La fonction ne retrouvera sa dignité que si les missions sont redéfinies en fonction des exigences de notre temps.

Car ce dont souffrent en premier lieu les enseignants, c'est du décalage entre ce que l'institution leur demande officiellement -- à travers ces fameux textes statutaires de 1950 -et la réalité de la société d'aujourd'hui, des élèves qui vous sont confiés. Il faut mettre fin à ce décalage. Cela va impliquer de la part des enseignants d'accepter de nouvelles manières de travailler. D'être davantage présents dans les établissements, en contrepartie de ce nouvel engagement ; d'avoir une rémunération augmentée et des conditions de travail différentes. Je voudrais dire combien pour moi il est insensé que dans nos établissements, les enseignants ne disposent pas de bureaux pour recevoir les élèves dont ils ont la responsabilité. Cela n'a pas de sens, car cela condamne l'enseignant au seul contact de la classe : dans la classe, on fait de l'enseignement, mais dans la classe on ne peut pas remplir toute sa mission d'éducation.

Mesdames et Messieurs, si je tiens au projet de réforme de l'appréciation des enseignants sur lequel Luc CHATEL travaille, c'est qu'il me semble faire un premier pas vers cette nouvelle conception du métier de professeur. Les critères nouveaux proposés pour l'appréciation de la qualité professionnelle des professeurs me semblent mieux prendre en compte l'ensemble des dimensions du métier d'aujourd'hui.

Je suis également sensible au caractère plus humain, moins bureaucratique, du dispositif envisagé : les enseignants ne seraient plus jugés par un inspecteur venant en moyenne tous les 6 ou 7 ans, on imagine le stress quand tout d'un coup l'inspecteur arrive. Mais ils seraient accompagnés dans une démarche visant à les aider à améliorer leurs pratiques professionnelles. J'ajoute, à titre personnel, que je ne vois rien de choquant à ce que l'on confie au chef d'établissement la responsabilité de cette évaluation, à condition que les compétences disciplinaires continuent à être évaluées par l'inspecteur. On peut discuter de toutes les modalités.

Enfin, et je terminerai par là, je crois à l'autonomie de vos établissements. Parce que, pour moi, il y a une contradiction à dire « on fait confiance aux enseignants, mais on ne leur donne pas d'autonomie ». Je pense que quelqu'un qui a 20 ans d'expérience professionnelle, a autre chose à faire qu'essayer de lire les circulaires qu'on lui envoie tous les deux ou trois ans, au rythme du changement des responsables. Cela compte, le vécu professionnel. Ce que nous voulons, c'est garantir à tous les parents que, sur tous les points du territoire, on « s'occupera bien » de leur enfant.

Alors dès l'école primaire, il faut que se constituent de véritables équipes de professeurs, motivés et soudés autour du chef d'établissement. Je crois à la remarquable expérimentation baptisée « ECLAIR » par laquelle, dans les établissements les plus difficiles, les enseignants peuvent recruter leurs équipes pédagogiques. Par ailleurs, il faut que l'on responsabilise les familles. Vous vous souvenez de la polémique sur la suppression des allocations familiales. Aujourd'hui nous regardons les chiffres, nous avons décidé d'envoyer un premier avertissement aux familles qui n'envoyaient pas leurs enfants à l'école. Les chiffres sont là : 98 % des élèves dont les familles ont reçu un avertissement pour absentéisme ont retrouvé le chemin des cours. Dans 2 % des cas nous avons dû procéder à la suspension des allocations familiales, c'est 165 sur une année. Vous connaissez le système : un enfant est absent, première lettre d'avertissement, puis deuxième lettre d'avertissement. Si à la deuxième lettre d'avertissement, l'élève n'est pas revenu, on suspend. Et quand il revient après la suspension, on redonne à la famille la totalité des allocations. 98 % reviennent : est-ce que cela ne valait pas la peine de tenter cela, franchement ? Une fois que la polémique est retombée, une fois dépassés les arguments de posture et d'image, ces enfants qui reviennent à l'école, est-ce que ce n'est pas mieux ?

Voilà, Mesdames et Messieurs, je ne veux pas lasser votre patience et je voudrais en terminer en vous disant une chose : être enseignant aujourd'hui, c'est sans doute l'un des métiers les plus difficiles qui soient, les plus exigeants et en même temps les plus passionnants. J'ai clairement conscience que la société française a besoin de vous, de votre capacité de pédagogie pour former les générations futures. La société française a besoin des enseignants, mais nous devons répondre à ce besoin en vous disant que nous revaloriserons votre situation.

Nous vous demanderons sans doute davantage, avec plus de responsabilités, plus de temps dans l'établissement, plus de possibilités d'agir auprès de vos enfants. Vous ne vous êtes pas trompés en choisissant ce métier, parce que c'est un métier que l'on ne choisit pas par hasard, il y faut de la passion, il y faut de l'altruisme, il y faut l'amour de l'enseignement.Ne perdez pas cet amour et je sais très bien que parmi vous beaucoup se disent « il y a un côté déprimant, on fait tout ce que l'on peut et le système ne nous renvoie pas l'engagement qui est le nôtre », j'ai conscience de cette réalité, de cette lourdeur, de ces habitudes.

Et je voulais en ce début d'année 2012 en vous présentant mes vœux, vous dire combien chercheurs, professeurs, enseignants, chefs d'établissements, votre place sera centrale pour la construction de l'avenir de notre pays. Bonne année à tous et merci de votre attention. »

Voeux aux personnels de l'Education, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à Chasseneuil-du-Poitou, le 5 janvier 2012

Boss

Parce que c'est le surnom de Nicolas Sarkozy. C'est le boss, tout simplement ! Seul Nicolas Sarkozy sait passionner les foules de militants, seul Nicolas Sarkozy sait faire régner l'ordre au sein de notre parti. Depuis son retour, les salles sont de nouveau combles lorsqu'il effectue une réunion publique et le siège du parti a enfin repris vie.

Pour illustrer ce charisme si rare dans l'actuelle classe politique, je vous propose de découvrir un discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 28 février 2014 devant la Fondation Robert Schuman. Il y parle du leadership qu'il est nécessaire de restaurer entre les deux moteurs de l'Europe que sont l'Allemagne et la France. L'ancien Président y dresse également un brillant constat de la situation géopolitique d'alors, loin de la pensée unique, notamment au sujet de l'affrontement inutile que nous subissons avec la Russie.

« Je suis très heureux d’être votre invité.

Je suis venu en ami, l’ami de l’Allemagne.

[...]

Je veux dire combien je me sentirai pour toujours un Européen, un Européen convaincu et un Européen militant.Je dis devant Hans- Gert Pöttering qu’il peut être fier du parcours qui a été le sien au service de l’Europe !

Car la vie d’Hans-Gert Pöttering, c’est celle d’un Européen engagé. Et l’Europe a besoin de cet engagement. A peine âgé de 33 ans, il est élu député au Parlement européen. Constamment réélu, Hans-Gert est l’un des seuls qui ait siégé sans interruption au Parlement européen depuis 1979, un Parlement européen qui n’a pas d’équivalent dans le monde. Tu en as été le président, comme tu y as été le président de notre famille politique. Pourtant, lorsque notre ami Hans-Gert Pöttering voit le jour, dans un village de Basse-Saxe, ce parcours européen est inimaginable.

Hans-Gert Pöttering voit le jour dans une famille meurtrie par la guerre : quelques mois plus tôt, ton père a trouvé la mort dans les derniers combats de la Seconde Guerre mondiale. Tu vois le jour dans une patrie vaincue, démembrée, déshonorée par la barbarie nazie ; dans un pays, le tien, qui n’a plus de gouvernement, qui n’a plus d’Etat et dont l’avenir semble sombre et, pour le moins, incertain. Tu vois le jour dans une Europe dévastée, ruinée, bientôt coupée en deux par un rideau de fer qui enfermera la moitié des Européens dans l’implacable prison communiste pendant des décennies. Tu vois le jour dans un monde qui semble désormais appartenir aux géants américain et soviétique, un monde dans lequel l’Europe semble être passée, par sa faute, par ses immenses fautes contre elle-même et contre l’Humanité, du statut de leader à celui de champ de bataille de la guerre froide qui s’annonce.

Voilà ce qu’était l’Europe au milieu du XXe siècle. Nous n’avons pas le droit de l’oublier.Les nations de notre continent, et d’abord la France et l’Allemagne, n’ont cessé tout au long de leurs histoires de se jalouser, de s’affronter, de se détruire et de se faire la guerre. Je ne parle pas du Moyen-Âge : je parle du XXe siècle En 1945, je le dis aux jeunes qui sont ici, c’était hier, la France et l’Allemagne se sont fait la guerre trois fois en 75 ans. En l’espace d’à peine 3 générations, la France et l’Allemagne ont trouvé le moyen de se combattre à 3 reprises, dans une lutte à chaque fois plus terrible, plus dévastatrice, plus inhumaine. Et en agissant ainsi, nos deux pays ont entraîné à chaque fois leurs voisins, l’Europe et finalement le monde entier dans d’abominables catastrophes.

Ce n’était pas le Moyen-Âge, c’était hier.Alors pourquoi ? Et la question que chacun d’entre nous doit se poser : la faute en revient-elle à ces 3 générations d’Allemands et de Français ? Ces 3 générations étaient-elles habitées d’une sorte de folie destructrice ? Ces 3 générations étaient-elles foncièrement mauvaises ? Ces générations étaient également les générations de Thomas Mann, de Marcel Proust, de Marie Curie et de Robert Koch. Je ne crois pas que ces 3 générations étaient foncièrement mauvaises. Je crois que ces générations étaient d’abord et avant tout prisonnières de la force des choses, c’est-à-dire d’un système de pensée et d’action, dans lequel chaque nation s’imaginait au-dessus des autres. Un système de pensée et d’action dans lequel chaque nation se faisait une gloire d’être au-dessus des autres au nom du détestable et trop fameux « égoïsme sacré » ! Voilà où a conduit l’« égoïsme sacré », où il a conduit le monde du XXème siècle.

La force des Pères fondateurs, de Jean Monnet, de Robert Schuman, de Konrad Adenauer, de Charles De Gaulle a d’abord été de comprendre qu’il fallait sortir de ce système mortifère.Et pour cela, qu’il fallait avoir le courage de se réconcilier afin d’être enfin capables d’agir non plus l’un contre l’autre mais l’un avec l’autre, pour le bien commun. Et qu’en agissant ainsi, l’un avec l’autre, la France et l’Allemagne, on ne trahissait pas sa patrie à laquelle ces hommes, je veux dire les pères fondateurs, restaient passionnément attachés, mais, au contraire, on permettait à sa patrie de renouer avec la paix, puis avec le progrès, puis avec la prospérité. C’est ainsi, et seulement ainsi, que le continent européen a pu continuer à compter dans les affaires du monde durant la seconde moitié du XXème siècle.

C’est pour cela que l’amitié franco-allemande est si fondamentale. Elle est fondamentale pour la France. Elle est fondamentale pour l’Allemagne. Elle est fondamentale pour l’Europe. Je veux dire quelque chose que je pense au fond de mon cœur : il n’y a pas d’alternative à la réconciliation et à l’amitié franco-allemande.Je veux dire quelque chose que je pense profondément : l’amitié entre la France et l’Allemagne n’est pas un sujet d’actualité politique, ce n’est pas une question de gauche ou de droite. L’amitié entre la France et l’Allemagne n’est pas liée à l’alternance démocratique dans chacun de nos pays. L’amitié franco-Allemande c’est une question absolument stratégique.

Je veux même dire que c’est une question existentielle. Nos peuples, le peuple français, le peuple allemand, doivent savoir, doivent comprendre qu’il s’agit de se rassembler ou de s’affronter. Qu’il s’agit de s’unir ou de se désintégrer. L’amitié franco-allemande c’est le socle, socle sur lequel s’est bâtie la construction européenne.

Sans cette réconciliation, il n’y aurait pas eu d’Europe, mais sans cette amitié entre nous, l’Europe ne peut pas avancer et s’il n’y a pas d’avancée européenne, le risque certain, c’est celui de la division. Voilà l’enjeu. Il ne faut pas jouer avec des choses aussi fondamentales.

Nos peuples ont démontré leurs capacités à s’affronter durant des siècles. Nos peuples sont en paix depuis quelques décennies. Rien, absolument rien, jamais, ne doit pouvoir mettre en jeu cet acquis. L’amitié franco-allemande c’est notre trésor commun, un trésor sacré, inestimable !

Sans cette amitié, il y aurait eu d’autres guerres, il y aurait eu d’autres affrontements et il y aurait eu d’autres êtres humains sacrifiés. Qui serait assez fou, qui serait assez insensé, pour croire que ce trésor est acquis pour toujours ? Ce trésor est fragile, nous en sommes les gardiens ; pour le protéger, il n’y a qu’une seule façon d’agir, il faut le renforcer. Car, malgré ces décennies d’amitié, nos deux pays conservent leurs différences de traditions, de caractères et de structures. Cela démontre par ailleurs que notre réconciliation n’a pas dilué nos spécificités et c’est heureux ! Mais cela signifie que notre convergence n’est pas automatique. Qu’elle dépend de nous, de nos efforts, de notre patience, de notre capacité à accepter des compromis. Depuis Adenauer et De Gaulle, il appartient à chaque responsable de nos pays respectifs d’y apporter sa contribution. Pendant 5 ans, en étroite coordination avec la Chancelière Merkel, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour que nos deux pays agissent ensemble, pour éviter que la crise bancaire n’emporte l’économie mondiale, pour sauver l’euro de la tourmente qui menaçait de tout emporter. Dans la crise, l’Europe avait un besoin vital de leadership. Le leadership n’est pas un gros mot ; le leadership c’est un devoir. Et quand on a peur du leadership, c’est qu’on a peur de ses responsabilités.

La France et l’Allemagne ont un devoir vis-à-vis de l’ensemble du continent européen. La France et l’Allemagne, en assumant leur leadership pendant la crise, n’ont fait que leur devoir. Il faut dire la vérité : soit à l’avenir nous serons capables de travailler ensemble, d’unir nos forces, de faire des propositions communes et nos deux pays seront à la hauteur de leur histoire dans un monde qui ne nous attendra pas. Car le monde du XXIème siècle n’attend personne. Soit nous laissons notre amitié se déliter et l’Europe se défera et avec elle tout ce que nous avons patiemment construit depuis plus de 60 ans et qui assure la paix et la stabilité. Il n’y a pas de troisième voie. L’union ou la division, l’entente ou l’affrontement. Il n’y a pas de demi-mesure, il n’y a pas de faux semblants.

Je suis convaincu que plus que jamais nous devons faire le choix de l’Europe. Et c’est parce que nous ferons ce choix vital que nous pourrons obtenir, imposer, entrainer nos partenaires vers des décisions qui ne peuvent plus attendre. L’union de l’Europe fait notre force face à une Asie au dynamisme impressionnant mais où s’aiguisent dangereusement les rivalités. L’union de l’Europe fait notre force face à une Amérique latine qui veut s’affirmer mais qui n’a pas encore choisi entre intégration et repli sur soi. L’union fait notre force face à une Afrique qui a trop longtemps éparpillé son immense potentiel entre une cinquantaine d’Etats dont la stabilité et la force sont bien inégales, mais qui aujourd’hui s’éveille.

Nous aussi nous avons nos faiblesses. La première est sans doute notre difficulté, à nous Européens, de regarder les choses en face. Et la première de ces difficultés c’est comprendre qu’il n’existe pas une Europe mais au moins deux. Ce n’est faire injure à personne que de dire les choses ainsi. Qui peut dire que l’Europe de l’euro et l’Europe des 28 ont les mêmes besoins en termes de structures, de prises de décisions et d’objectifs ? Pour l’Europe de l’euro, à commencer par la France et l’Allemagne, le défi c’est d’aller plus loin dans une intégration économique, afin de créer une zone de stabilité qui n’a que trop attendu 13 ans après la création de l’euro. Pour l’Europe des 28, le défi c’est d’être capable de se concentrer sur l’essentiel afin d’être prêt à accueillir, le moment venu, les Etats qui attendent à nos portes. La priorité pour les 28, c’est de se recentrer sur l’essentiel et d’abandonner, je dis d’abandonner, tant de compétences qui ne peuvent plus être assurées en commun maintenant que nous sommes 28. Plus d’intégration pour l’Europe de l’euro, moins d’intégration pour l’Europe des 28. Voilà bien le choix paradoxal qu’il nous faut faire.

La vérité, c’est que les pays de l’euro forment beaucoup plus qu’une simple zone !

Nous avons fait le pari de mettre en commun notre monnaie. L’euro est devenu la pierre angulaire de la construction européenne. La fin de l’euro serait la fin de l’Europe. La fin de l’Europe serait la fin de la paix, la fin de la stabilité, la fin du modèle européen d’économie sociale de marché. Mesure-t-on le cataclysme d’un tel scénario ! Mesure-t-on les conséquences d’un tel cataclysme ! C’est pour cela qu’avec la Chancelière Angela Merkel nous avons mis tout en œuvre pour sauver l’euro lorsque la spéculation se déchaînait et menaçait de tout emporter. Dans ce moment de vérité, la France et l’Allemagne ont fait face ensemble et, dans ce moment de vérité, l’Allemagne et la France ont surmonté l’épreuve ensemble. Aucun pays européen n’a cédé. Au contraire, les plus menacés ont été capables de faire des efforts qui paraissaient inimaginables.

Aujourd’hui nos politiques économiques doivent être coordonnées, complémentaires, cohérentes. Depuis le traité de mars 2012, le gouvernement économique de la zone euro existe ; il doit agir.L’Europe des 28, de son côté, n’avancera pas au même rythme. Nous devons respecter cela, l’assumer, c’est-à- dire l’organiser. L’Union européenne compte déjà 28 Etats membres. Elle en comptera demain ou après-demain 32 voire 35. C’est sa mission historique. Il est notamment de l’intérêt de tous les Européens que les pays des Balkans nous rejoignent un jour et trouvent enfin, grâce à l’Union européenne, la réconciliation, la stabilité et la prospérité.

J’aime ce que disait Konrad Adenauer : « L’histoire est la somme de tout ce qui aurait pu être évité ».A l’heure où nous commémorons le drame de la Première Guerre mondiale, je le dis avec gravité, l’Europe ne peut pas se permettre d’ignorer Sarajevo et Belgrade. Les grandes puissances d’alors ont négligé le drame qui couvait dans cette région. Le 28 juin 1914, quand la mèche s’est allumée à Sarajevo, il était trop tard et la déflagration n’a pas simplement ravagé les Balkans : la déflagration a englouti un monde, celui de l’Europe que l’on appelait l’Europe de la « Belle époque ». Après la déflagration qu’est-il resté de la « Belle époque » ? Nous ne pouvons pas commettre les mêmes erreurs ! Pour réussir cette mission historique, l’Union européenne doit se concentrer sur ce qui est sa mission : assurer un grand marché loyal et efficace prenant appui sur quelques grandes politiques. Elle doit renoncer à la prétention de tout réglementer et de tout régenter. Ce n’est pas cela que voulaient les Pères fondateurs. Comme tu l’écris à juste titre, Hans-Gert : « l’Union européenne doit se concentrer sur l’essentiel pour que l’Europe soit forte là où elle est la seule à pouvoir agir ». C’est aussi ce que je pense. L’Union européenne doit cesser de perdre du temps, de perdre de l’énergie, et par-dessus tout, de perdre de la crédibilité sur des sujets qui ne relèvent pas à l’évidence de sa compétence !

L’Union européenne doit cesser d’exaspérer les citoyens.L’Union européenne doit cesser d’exaspérer les entrepreneurs par des réglementations toujours plus incompréhensibles sur des sujets sans cesse plus secondaires. Nous devons donc, et c’est un Européen convaincu qui vous parle, assumer l’abandon de pans entiers d’une activité communautaire d’aujourd’hui qui gagnerait grandement en lisibilité si elle se concentrait sur 7 ou 8 grandes politiques européennes, celle de l’industrie, celle de la recherche, celle de l’énergie, celle de l’agriculture ou encore celle de la concurrence. Quand on est fort, et l’Union européenne est forte, on n’a pas besoin de vouloir s’occuper de tout. Et à force de vouloir s’occuper de tout on finit par ne plus discerner aucune priorité.

Soyons francs : cela demandera une grande vigilance, car il est toujours plus facile de multiplier les textes et il y a toujours de bonnes raisons pour y pousser ; il est beaucoup plus difficile de mettre en place les politiques fortes et ambitieuses dont nous avons besoin, il y a toujours de mauvaises raisons pour ne pas agir, pour reporter à plus tard, pour attendre tel ou tel...

Mais c’est ainsi que l’Europe pourra remplir sa vocation, qui est d’assurer aux nations du vieux Continent la paix, la démocratie, l’Etat de droit. Et parce que nous avons la paix, la démocratie et l’Etat de droit nous pourrons espérer la prospérité. Il en va de l’avenir de nos deux nations, de notre continent et même du monde, parce que le monde d’aujourd’hui, celui du XXIème siècle, hésite entre un modèle privilégiant la confrontation et un modèle fondé sur la coopération, dont l’Europe doit être à la fois le promoteur et l’exemple.

Enfin, il faudra proposer à l’Ukraine, à la Biélorussie, à la Géorgie… et à la Russie, un nouveau cadre pour agir et travailler ensemble. Rien ne serait pire qu’un affrontement inutile avec la Russie, ici sans doute à Berlin on comprend cela mieux que partout ailleurs dans le monde. Cet affrontement serait catastrophique pour les Européens comme pour les Russes. Le XXIème Siècle est le siècle de l’interdépendance. Le XXIème Siècle est le siècle de la coopération. Le repli sur soi est, au fond, le choix le plus dangereux pour une nation quelle que soit sa taille et quelle que soit l’ancienneté de sa civilisation.

Alors pour réussir ces immenses défis, la France et l’Allemagne doivent agir ensemble. Divisés, Français et Allemands, l’échec est certain ; unis, nous pouvons réussir. J’ai été heureux de pouvoir, aujourd’hui, saluer devant vous le parcours d’un grand ami de la France, d’un grand Allemand, d’un grand Européen, j’ai nommé Hans-Gert Pöttering.»

Nicolas Sarkozy à Berlin, le 28 février 2014, devant la Fondation Robert Schuman.

Confiance

Depuis l'arrivée de François Hollande au pouvoir, la parole publique n'a jamais été autant dévoyée. Tant d'effets d'annonces pour si peu de promesses tenues ! Il est donc urgent de rétablir le lien qui n'aurait normalement jamais dû se détisser entre les Français et la classe politique.

Nicolas Sarkozy est conscient de cet état de fait, et depuis son retour dans la vie politique active, il s'est efforcé de peser chaque mot, chaque parole et chaque promesse qu'il avait formulé pour notre parti et bientôt pour la France. Aujourd'hui, nous aurons des élections locales internes comme ce fut promis, nous avons une application « Direct citoyen » digne du XXIe siècle qui permet enfin aux militants d'être consultés sur la ligne du parti, toutes les « chapelles » ont été réunifiées par Nicolas Sarkozy – parfois même à son propre détriment – tout le monde est représenté dans notre mouvement, et forts de cette unité, nous avons remporté les élections départementales, ce qui a permis de faire émerger une nouvelle génération d'élus. Oui, l'alternance est plus que jamais en marche !

Je vous propose de lire la lettre que Nicolas Sarkozy a envoyé aux adhérents en mai 2015, elle illustre parfaitement la volonté de Nicolas Sarkozy de recréer les conditions d'une relation de confiance entre les responsables politiques et le peuple de France, comme en témoigne son titre « Il est temps de passer de la promesse aux actes » :

« Mes chers amis,

Notre pays est confronté à une succession de graves crises économiques, sociales, politiques auxquelles vient s’ajouter l’interrogation sur l’identité de la France. Jamais les Français n’avaient manifesté une telle inquiétude pour l’avenir, une telle colère contre la politique de ce gouvernement, un tel scepticisme à l’endroit de la parole publique.

Conscient de la gravité de tous ces défis et de notre responsabilité pour les années qui viennent, j’ai, tout au long de la campagne pour la présidence de notre famille politique, plaidé pour sa transformation en profondeur.Un nouvel élan est plus que jamais nécessaire. Notre victoire aux élections départementales ne doit pas nous conduire à croire que tout est acquis. Elle nous incite, au contraire, à être encore plus déterminés à avancer. Une nouvelle force politique doit voir le jour capable de rassembler toutes les femmes et tous les hommes désireux de préparer l’alternance, le redressement de la France et le retour aux valeurs fondamentales de la République.

Le moment est aujourd’hui venu de passer de la promesse aux actes, conformément au mandat que vous m’avez donné. Ainsi, nous pourrons tourner la page des divisions qui ont abimé l’image de notre mouvement. Nous sommes les représentants d’un courant politique majeur, les héritiers d’une pensée qui a profondément influencé la conduite de notre pays.Nous ne devons laisser aucune prise à la caricature, aucun espace à tous ceux qui voudraient nous résumer à cet épisode de division, ou nous assimiler à un parti socialiste avec lequel tant de choses essentielles nous oppose.

Nos victoires électorales futures dépendront de notre capacité à réunir autour de nos idées le plus grand nombre de Français, y compris ceux, chaque jour plus nombreux, qui ne se reconnaissent qu’imparfaitement dans les clivages politiques traditionnels.

Au fond, nous devons rassembler tous ceux qui refusent de voir leur choix se réduire à un socialisme d’un autre âge, incapable d’imaginer le futur dans le monde d’aujourd’hui, et à l’impasse extrémiste qui a tous les défauts des partis traditionnels, sans avoir la capacité de soulever la moindre espérance.

Même si beaucoup de Français se sont souvent détournés des partis, même s’ils doutent de la politique, une majorité d’entre eux partage notre ambition d’une alternance digne de ce nom, qui rompra définitivement avec le socialisme, la faiblesse, le renoncement.Nous devons incarner les valeurs fondamentales qui constituent notre socle commun, redonner du sens à l’action publique, affirmer notre volontarisme, refuser la fatalité de l’échec et de la médiocrité.

Ces valeurs, ce sont celles de la République. Avant d’être gaullistes, libéraux, chrétiens-démocrates, centristes, radicaux, nous sommes attachés à l’idéal républicain.Nous sommes nombreux à penser que la République a trop reculé face aux entorses multiples qui sont faites à ses principes. Qui pourrait contester que le rétablissement d’une République forte est plus que jamais nécessaire ?

En proposant de nous appeler « Les Républicains », nous voulons montrer la volonté de ne céder en rien face à ce qui au quotidien affaiblit la République.L’application sans faiblesse des principes Républicains n’est plus un choix, c’est une nécessité qui doit devenir notre priorité. Plus qu’un nom, les Républicains, c’est d’abord un combat, un projet, et une vision de l’avenir de la France.

La République, c’est la liberté, ce n’est pas la contrainte. La République, c’est l’autorité, ce n’est pas le laxisme. La République, c’est le mérite, ce n’est pas le nivellement. La République, c’est l’effort, ce n’est pas l’assistanat. La République, c’est la laïcité, ce n’est pas le prosélytisme et l’intégrisme. La République, c’est l’unité, ce n’est pas l’addition de communautarismes. La République, c’est un combat permanent, ce n’est pas un recul de tous les jours. La République c’est la France, la République c’est la Nation.

Notre famille politique a longtemps fait sienne le mot République, de l’Union pour la Défense de la République (UDR) au Rassemblement Pour la République (RPR). Ceux d’entre vous de sensibilité démocrate chrétienne se souviennent sans doute du MRP (le Mouvement Républicain Populaire) et les plus libéraux d’entre nous ont en mémoire les Républicains Indépendants ou plus récemment le Parti Républicain. Choisir de s’appeler « Les Républicains », c’est ainsi à la fois respecter notre héritage et montrer notre volonté de défendre sans relâche cet idéal républicain, qui fait partie de l’identité de la France.

En vous proposant de refonder notre formation politique, j’ai souhaité adapter notre fonctionnement à la réalité du XXIème siècle.Je veux que vous soyez des adhérents participants que l’on sollicite, des militants qui peuvent donner leur avis, qui votent sur tous les grands choix de personnes ou de projets. Cette exemplarité démocratique est déterminante pour recréer un lien de confiance solide avec les Français. Lorsque l’alternance viendra, nous parlerons le même langage à tous les Français : ils devront être consultés par référendum lorsque des questions essentielles concernant l’avenir de la France seront posées, parce que c’est aux Français d’avoir toujours le dernier mot.

La réforme des statuts que nous vous proposons repose sur un principe simple : le mouvement « Les Républicains » fera de la démocratie interne sa règle de fonctionnement. C’est pourquoi je vous demanderai de voter sur les nouveaux statuts et le nom de notre formation. Ainsi je respecte ma parole et je m’engage comme doit le faire le Président de sa famille politique.

Vous élirez directement les Présidents des fédérations départementales, en lieu et place de leur désignation par des grands électeurs. L’élection deviendra la règle de composition des instances de direction de notre mouvement, y compris le bureau politique. Les jeunes de notre mouvement éliront également leur président au suffrage universel direct.

Vous serez consultés régulièrement sur toutes les questions politiques majeures.Ce sera un changement profond, qui correspond à ma conception de la vie d’un parti politique : adhérer n’a de sens que si l’on sait que l’on sera respecté et donc écouté.

Enfin, la parité sera respectée dans toutes les instances de décision de notre mouvement. [...]

Mes chers amis,

Les Républicains, c’est vous.

Vous qui ne vous résignez pas.

Vous qui croyez dans l’autorité, le progrès, le travail, la responsabilité, le mérite, la liberté.

C’est à vous qu’il revient de construire l’avenir.

L’alternance est en marche. Rien ne l’arrêtera.»

Nicolas Sarkozy, lettre aux adhérents, mai 2015

Devoir

« Mon moteur, c'est le devoir » confiait Nicolas Sarkozy à l'hebdomadaire Valeurs actuelles en août 2014.

Tout au long de sa carrière politique, Nicolas Sarkozy a rempli ses devoirs. D'abord en plaçant des mots sur les maux lorsqu'il était ministre de l'Intérieur afin de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Son devoir en faisant baisser la délinquance. Son devoir en qualité de Président de la République lorsqu'il affronta la crise et réforma la France malgré les tensions, comme l'illustre la courageuse réforme des retraites où Eric Woerth dut subir les incessantes calomnies relayées par la presse en même temps que les attaques des syndicats animés par leur conservatisme qu'ils prétendent pourtant combattre !

De même, Nicolas Sarkozy a fait son devoir lorsqu'il est revenu sur la scène publique. Il aurait pu lâcher l'ingrate tâche d'unir des personnes qui ne s'adressaient plus la parole, de rassembler des clans, des « chapelles » autour d'une nouvelle formation pour construire un projet commun. Il dut affronter un flot de critiques – des sarkozystes compris – sur cette décision. Pourtant, aujourd'hui, après que notre parti ait gagné toutes les élections locales depuis son retour, après avoir réussi le pari de construire un nouveau parti moderne, qui oserait dire qu'à la rue de Vaugirard, Nicolas Sarkozy n'est pas à sa place ?

Son « moteur, c'est [donc] le devoir ». Je vous laisse sur ces mots issus de son interview à l'hebdomadaire Valeurs actuelles du 7 août 2014 : « La première présidentielle, on la fait par envie et par désir. Pour un retour, le moteur c'est le devoir, c'est la capacité à redonner de la confiance à un pays qui n'a plus de réponse pour aucun des grands défis du moment ».

Europe

Nicolas Sarkozy a toujours eu l'Europe chevillée au corps ! En témoigne la tribune qu'il publia en mai 2014, quelques jours avant les élections européennes. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs présidé l'Union européenne de juillet à décembre 2008 dans le cadre de la présidence tournante.

Nicolas Sarkozy est profondément européen. C'est parce qu'il est européen qu'il ose pointer du doigt ce qui ne fonctionne pas dans l'Union européenne. C'est parce qu'il est européen qu'il propose de renégocier les accords de Schengen et de poser les bases d'un « Schengen II » pour permettre aux Etats membres de mieux se protéger face à l'immigration massive illégale à travers une politique européenne migratoire. Enfin, c'est parce qu'il aime l'Union européenne, ses fondements qui prennent source dans la recherche de paix et l'aspiration à la liberté que Nicolas Sarkozy ne veut pas la voir sombrer à cause du populisme. C'est pourquoi il propose que le Parlement européen, seule instance élue directement par les citoyens, soit « la seule à légiférer ».

Je vous propose de lire la déclaration de Nicolas Sarkozy à la fin de sa présidence de l'Union européenne. Elle fut marquée économiquement par la crise des subprimes, diplomatiquement par la deuxième guerre d'Ossétie du Sud, et institutionnellement par l'application du Traité de Lisbonne. La Présidence Française fut saluée à l'unanimité ! De ce grand et beau discours, il est une phrase à retenir : « J'ai essayé de bouger l'Europe mais l'Europe m'a changé. »

« Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires européens,

Lorsque la France a commencé à exercer sa Présidence, la situation en Europe était marquée par l’interruption du processus de ratification du Traité de Lisbonne à la suite du vote de nos amis irlandais rejetant ledit traité. On n’imaginait pas à l’époque qu’une guerre éclaterait entre la Géorgie et la Russie et on n’imaginait pas non plus la violence de la crise financière, d’abord, de la crise économique ensuite, que l’Europe aurait à affronter.

La Présidence française, Monsieur le Président, a essayé d’organiser toute son action autour de deux convictions : le monde a besoin d’une Europe forte, première conviction, deuxième conviction : il ne peut pas y avoir d’Europe forte si l’Europe est désunie.

Naturellement, j’imagine que ces idées ne sont pas originales, elles n’en sont pas moins nécessaires. Nous avons essayé de faire en sorte tout au long de ces six mois que l’Europe soit unie et que l’Europe soit forte, qu’elle pense par elle-même.