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Une vision décalée de la naissance de l'Islam
Au crépuscule de sa vie, Mahomet décide de retranscrire le message d’Allah. Pour cela, il fait appel à une de ses anciennes maîtresses, Amina G., sorte de
working girl, farouche, rebelle, féministe et, on l’ignore, à l’origine du phénomène " Mahomet ". Elle accepte de collaborer mais réalise vite que son "ex", prophète autoproclamé, pète réellement un câble. Que faire pour éviter le pire ? Fuir ? Poursuivre sa tâche et tenter de l’influencer ? Dans un récit palpitant, Eddy Piron nous fait voyager entre Mekka et Rome dans un style ciselé, bref, dynamique.
Partant de là, Eddy Piron nous propose une vision décalée de la naissance de l’Islam. On découvre une interprétation drôle et étonnante des fondements de cette religion. Pamphlet, peut-être, ce livre a finalement pour but, par le prisme de l'humour, de montrer qu’Amina G. a raison de dire que "La religion est une chose bien trop légère que pour être confiée à des religieux".
Une agréable légèreté dans un monde où la lourdeur des uns affronte le sérieux des autres.
EXTRAIT
On frappe à la porte de ma luxueuse kasbah de Mekka autrefois propriété d’un chef de clan assassiné il y a quelques mois. Je peste. Me réveiller en pleine nuit, quel manque de décence. Qui cela peut-il être ? J’ai quarante ans, plus vingt... Autrefois, je pouvais me permettre de ne pas dormir. Je restais éveillée pour mes hommes. Maintenant, je ne peux plus. Qu’est-ce qu’il me saoule, ce Mahomet.
Il me fait quérir par deux de ses sbires, Abdoul et Youssef, deux braves types au demeurant. Je ne leur en veux pas, ils ont l’air ennuyés. Youssef me demande de le suivre. J’enfile une djellaba. Pas la plus romantique, pas celle des grands soirs, une djellaba de semaine. Et là, Abdoul me demande de mettre le tchadri que Mahomet m’a ramené de son voyage en Perse.
CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE
- « L’œuvre se réfère à des débats actuels tels que le place de la femme dans nos sociétés, les relations régies par le pouvoir, l’argent et la séduction. Le récit plonge les lecteurs dans un univers que l’auteur connaît sur le bout des doigts et surtout qu’il respecte ».
(L’avenir)
- « Si le personnage d’Amina est purement inventé, le contexte historique est, par contre, respecté scrupuleusement. Certains passages sont très théâtraux et font penser à Cyrano de Bergerac, d’autres sont plutôt cinématographiques : Amina G. devient, dans la dernière partie, une James Bond en jupettes très combative. »
(Sud Info)
A PROPOS DE L’AUTEUR
Originaire de Charleroi en Belgique, Eddy Piron est journaliste, cinéaste, écrivain, dramaturge. Il est l’auteur d’une quarantaine de pièces et de plusieurs romans
La Fille de Marie Stuart ou encore
Cornelius Crassus, agent de Jésus. Ce qui lui plaît, c’est de « revisiter l’Histoire ».
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Seitenzahl: 127
Veröffentlichungsjahr: 2015
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“ Les esprits des fanatiques religieux sont tellement étroits qu’à l’intérieur il n’y a même plus de place pour le doute. ”
A.G.
On frappe à la porte de ma luxueuse kasbah de Mekka autrefois propriété d’un chef de clan assassiné il y a quelques mois. Je peste. Me réveiller en pleine nuit, quel manque de décence. Qui cela peut-il être ? J’ai quarante ans, plus vingt… Autrefois, je pouvais me permettre de ne pas dormir. Je restais éveillée pour mes hommes. Maintenant, je ne peux plus. Qu’est-ce qu’il me saoule, ce Mahomet. Il me fait quérir par deux de ses sbires, Abdoul et Youssef, deux braves types au demeurant. Je ne leur en veux pas, ils ont l’air ennuyés. Youssef me demande de le suivre. J’enfile une djellaba. Pas la plus romantique, pas celle des grands soirs, une djellaba de semaine. Et là, Abdoul me demande de mettre le tchadri que Mahomet m’a ramené de son voyage en Perse.
- Quoi ! Je vais étouffer là-dedans, protesté-je avec virulence.
Youssef insiste. On ne doit pas me voir. Non content de me faire réveiller en pleine nuit, Mahomet m’impose des codes vestimentaires. Soit, j’accepte. Je bâille.
- Je me maquille et je vous suis.
- Pas besoin. Ton teint bronzé suffit, lâche Abdoul.
Dans le patelin, on n’aime pas trop les femmes maquillées, ça fait houri, paraît-il. Si je n’ai rien d’une pute paradisiaque, je reste coquette. C’est un péché de l’être selon Mahomet. Il est d’une jalousie. Mais, je ne suis plus liée à lui ! Je ne suis pas comme ses autres épouses, je suis unique, rebelle et n’ai aucun compte à lui rendre. J’ai hérité ça de ma mère. Dur pour lui de faire avec.
Je ne sais pas ce qui me force à suivre ses deux sbires. Le respect, sans doute. Un mot que le sang répandu par Mahomet tout au long de sa vie a écarté de son vocabulaire. Le courroux d’un vieillard cacochyme ne devrait pas m’effrayer, mais avec lui, mieux vaut se méfier. Courtois face à vous, il vous poignarde dés que vous lui tournez le dos. Un quart d’heure de marche à travers les rues obscures de Mekka et nous voilà arrivés au seuil de sa somptueuse demeure, celle d’un pauvre, a-t-il l’habitude de dire. Un luxe à la démesure de son statut de prophète. Ceux qui lui ont reproché un tel étalage de richesse pourrissent sous le sable.
- Quoi, je dois bien veiller sur la pierre céleste, me dit-il souvent.
La pierre céleste, parlons-en, un bête caillou venu du ciel et qui selon ses dires aurait des vertus mystiques. À l’origine, elle était blanche puis sous l’influence des péchés des hommes, elle serait devenue noire. N’importe quel astronome aurait tôt fait de démentir pareille ineptie. Mais aussitôt démenti, aussitôt ensablé. Avec Mahomet, on ne se moque pas de son patron, Allah. De charmantes servantes m’accueillent en se prosternant devant moi. J’ai beau leur dire que c’est inutile, elles continuent. Quand donc ces femmes se respecteront-elles ? La peur du fouet ou du cimeterre ?… Ça sent bon le couscous. Mahomet mange trop tard et il s’étonne de grossir. Ça lui jouera de vilains tours ! Étendu sur des poufs, il médite.
- C’est quoi, ce réveil brutal ? J’espère que tu ne me fais pas venir pour rien ?
Un cercle de lances menaçantes m’entoure immédiatement. D’un signe de l’index, Mahomet renvoie sa garde palatine à son poste.
- C’est sérieux, j’ai encore eu une révélation, m’avoue-t-il manifestement troublé.
- Comme d’habitude… T’as vu le médecin ?
D’une main tremblante, il porte à ses lèvres une tasse de thé. Après la nouba, il boit des litres de thé. Notez qu’avec toute l’harissa qui couvre son couscous…
- J’ai vu Allah !
- Encore ? Comment va-t-il ? Bon, si ce n’est que ça, je peux retourner me coucher !
- Reste !, insiste-t-il, Allah m’a demandé de mettre par écrit, sur des tessons de poteries, ses divines visions.
- Sur des tessons ! ? Pourquoi pas des déchets de cuir ou des omoplates de chameaux tant qu’on y est, hein ?
- Mais oui, bonne idée, les omoplates ! Quoi qu’il en soit, la parole d’Allah doit retentir dans le monde entier, exultet-il.
Oh non, il prend la moindre boutade au sérieux… Et comme je le connais, il va décimer son cheptel pour récupérer les omoplates, pauvres chameaux ! Et encore du sang !
- Ça ne peut pas attendre demain matin ? J’ai une caravane à vérifier. C’est que les affaires ne sont pas brillantes en ce moment.
- Ne me laisse pas tomber sinon…, menace Mahomet.
- Sinon quoi ?…
Il voit rouge et fait un signe du majeur à Youssef. Oups, je me méfie quand même. Mahomet n’a plus toute sa tête en ce moment. Des décennies d’atrocités et voilà qu’il cherche à se repentir. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
- Aide-moi à construire mon message de paix !, me lance-t-il.
Bon, pour épargner ma peau, je vais la jouer faux-cul. J’accepte.
- Pour moi, ce sera mille couronnes d’or !
Mahomet peut payer. Il a accompli assez de rapines dans sa vie. Je m’assieds confortablement. Je demande du thé. Je regarde le bonhomme. Je le trouve rabougri, le visage mangé par une épaisse barbe. Sa réputation de prophète en prend un coup. Où est donc passé le guerrier impitoyable d’autrefois capable de trucider la veuve et l’orphelin sur un simple coup de tête d’Allah ? Maintenant, il ne chevauche plus son étalon hardi, sabre au poing en hurlant avec ses compagnons : “ Allah est grand ! ”. Non, maintenant, il veut retranscrire son message et même il s’est mis à peindre ! Pitoyable !
Il me tend une bourse et m’explique son plan. Pour lui, les chrétiens ont trop d’avance sur l’Islam, il faut rattraper le temps perdu. Il en a de bonnes. Les chrétiens ont dés le départ accompli un travail de promotion bien rodé autour du message de Jésus. Cornelius Crassius, son agent, était rude en affaires, mais il savait communiquer au monde le bougre ! Il faut bien reconnaître que les dix commandements, c’est simple, clair, direct, ça a de la gueule quoi ! Et avoir fait signer un contrat d’exclusivité de dix mille ans aux douze apôtres, il fallait y penser ! En Europe, ça car-tonne encore, on joue le spectacle “ Je suis le Messie ” tous les jours et on ajoute même des supplémentaires chaque dimanche. Cornelius Crassius est mort il y a six siècles et on parle encore de son poulain !
Mahomet insiste. Il veut un message inspiré de la parole du Christ. Je lui oppose un non catégorique, pas question de plagiat, jamais je ne copierai “ le Jésus ” ni les méthodes de Crassius.
- Si tu veux que je me donne - pour le boulot uniquement hein, rêve pas ! -, laisse-moi trouver des mots différents, d’autres slogans même si le contenu est semblable. L’important, c’est de se démarquer, de trouver notre niche, notre créneau. Et dans ce cas, ce sera deux mille couronnes d’or.
Mahomet hésite, mais il n’a pas vraiment le choix et accepte le marché. Je lui demande quand même quelques heures de réflexion. Il accepte aussi, même si je vois bien qu’il ronge son frein.
- Je retourne me coucher. On se revoit dans deux jours.
*
Mais que je me présente d’abord.
Je m’appelle Amina Gagueroued, fille de Ghaleb et Yasmina Gagueroued. Je suis une fille de La Mecque, Mekka comme on dit chez nous. Je suis née dans une grande demeure située pas très loin de la Kaaba. C’est dans ce cube que l’on trouve la pierre noire, un important caillou tombé pas très loin du Jabal Tarki, mont qui domine Mekka et qui est devenu le rendez-vous des amoureux. C’est d’ailleurs mon grand-père maternel, Omar, qui l’a trouvé. Un sacré bonhomme, paraît-il, ce Omar. Jamais le dernier pour jouer une bonne blague à ses contemporains. Brillant conteur (j’ai d’ailleurs hérité ça de lui), il parvenait à capter l’attention de son auditoire et à lui faire avaler n’importe quoi. Il faut dire qu’à l’époque, avant la naissance de Mahomet, Momo pour les intimes, les religions dans le pays, c’était du grand n’importe quoi. Les croyances étaient un mélange de fétichisme et de naturisme. Les idoles variaient selon les tribus. Certains adoraient les astres, d’autres les divinités. C’était le bon temps, quoi. On pouvait croire en ce qu’on voulait, pas de dogmes, pas d’obligations. On pouvait se permettre de faire preuve d’opportunisme, faire voguer ses croyances au gré de sa fantaisie et même de ne croire en rien si tel était son désir.
Mon grand-père a eu sa période astrale. Commerçant ambulant, caravanier courageux, il partait souvent très loin. Pour ne pas se perdre en chemin, il se repérait à l’aide des étoiles. Sa préférée, celle du berger. Pour lui, pas de doute, la terre est au centre de l’univers et les autres astres tournent autour d’elle. Ça me paraît évident aussi. Un jour, après être revenus d’un long voyage, lui et son pote Gabriel découvrent au pied du Jabal Tarki une grosse pierre noire. Il la ramène non sans peine. Une idée, sans doute stimulée par les effluves d’un vin bien épicé, leur vient alors à l’esprit. La nuit, nos deux caravaniers installent, à l’insu de tous, la pierre au milieu de la place, près de la Kaaba. Le matin, les curieux s’agglutinent autour de l’objet. Les commentaires vont bon train. Omar arrive. Il entame son discours. Excellent comédien, il commence à simuler la transe.
- Mes frères, mes soeurs, j’ai eu la révélation cette nuit. Sur le Jabal Tarki, Gabriel, un ange, m’est apparu. Un éclair venu de lui nous a envoyé cette pierre. Elle était blanche. Mais Gabriel m’a affirmé qu’elle deviendrait noire si les habitants de Mekka avaient quelque péché à se reprocher.
- Ohhhh, s’exclame la foule crédule, inculte et apeurée en constatant que la pierre était noire de chez noir.
- Eh oui, je ne vous le fais pas dire, mes amis. Honte à vous. Osez vous repentir en me confiant publiquement tous vos péchés et je verrai si je peux intervenir auprès de Gabriel. En attendant, il conviendrait de mettre cette pierre dans la Kaaba.
Une voix sort de la foule. C’est celle du vieux Yasser. Un barbon insupportable.
- Quoi ! Pas question de mettre cette pierre dans le cube, ce serait un sacrilège ! Abraham et Ismaël n’ont pas construit cet édifice imposant pour accueillir un caillou venu d’on ne sait où !
- Abraham, cet opportuniste, ce prophète asexué religieusement et son rejeton de fils ! Moi, je veux bien, répond Omar sur un ton mielleux, mais si la colère d’Allah et de Gabriel s’abat sur la ville, il ne faudra pas m’en vouloir. Et puis, chaque année, des tribus viennent embrasser la Kaaba pour vénérer une centaine d’idoles, ce n’est pas une malheureuse pierre qui fera la différence.
Yasser n’est pas convaincu, mais devant l’approbation de la foule qui suit aveuglément les injonctions d’Omar, il s’abstient et s’incline.
Envoûtés par la pierre, tous les habitants se mettent à table. Un vrai festival d’aveux ! Il y en a pour tous les goûts, cela va du vol de denrées alimentaires à l’adultère en passant par le blasphème à l’égard de l’une ou l’autre divinité. Caché dans la foule, le bourreau ricane. Il va avoir du boulot…
En tout cas, Omar a marqué des points ce jour-là. La tribu des Quraysh, actuellement au pouvoir, envisage de lui faire ériger un temple. C’est bien, ils vont respecter les dernières volontés d’Omar (“ Omar le blagueur ” comme je l’appelle). Dans son testament, Omar est clair : pour avoir été celui qui a fait la découverte de la pierre de Gaby, gentil diminutif pour Gabriel, il exige l’érection d’un temple sur un rocher à Jérusalem. Faire référence à Gaby, voilà aussi une excellente idée. Car pour les musulmans, désormais, Gabriel, c’est du lourd, c’est du très lourd. Pour les croyants du patelin, c’est le seul intermédiaire entre Allah et les hommes, Mahomet n’est qu’un sous-fifre, un second couteau. Aucun calife ne démentira.
Il se trouvera toujours bien des historiens pour ne pas accorder la paternité de la mosquée au vieux Omar, mais moi, je connais la vérité et je vous confirme que sans l’intervention d’Omar, jamais la mosquée ne serait sortie de terre. Omar, esthète accompli, exige que son temple soit inspiré du Saint Sépulcre, mais en plus riche. Il veut des marbres polychromes, des arabesques, des mosaïques, des stucs, des vitraux… Les sultans et califes du coin vont devoir mettre la main à la bourse. Bravo Omar. Tu portes haut l’étendard des Gagueroued.
Et je ne suis pas moins fière de mes parents. À ma naissance, en 600 après J.-C. - excusez, je compte encore en chrétien - Mekka était déjà un des centres commerciaux les plus prospères de la région. Le climat défavorable et l’environnement très aride n’empêchaient pas les commerçants d’y réaliser des affaires. Mon père, Ghaleb Gagueroued junior, était de ceux-là. Il a su tirer profit de l’emplacement de la ville. L’Arabie constituait à l’époque un lieu de passage obligatoire pour les caravanes. De l’Orient, elles apportaient au littoral de la Méditerranée les métaux précieux, les soieries et les épices. Mekka était la cité incontournable de ce trafic sur la route des Indes, une véritable république marchande brassant de nombreuses ethnies. Mais ça marchait.
Mon père faisait partie du Conseil des Notables, un pseudo-gouvernement local. Mon papounet y représentait notre tribu, celle des Koraïschites. L’argent, c’était notre dieu. Pire que des juifs. Nous nous drapions bien de temps en temps d’un hijab de pitié à l’égard des pauvres, histoire de nous donner bonne conscience, mais il ne fallait pas se voiler la face, notre credo c’était de générer de la richesse, donc de pouvoir, par tous les moyens. Papa aimait le pouvoir, quant à maman, Latifa, elle m’a transmis l’esprit d’indépendance. Une vraie révolutionnaire, ma mère, une lionne, pas question de se faire marcher sur les pieds par n’importe qui. Elle paiera d’ailleurs de sa vie son caractère frondeur. C’est elle qui m’a appris à lire et à écrire. La nuit, elle me racontait des histoires. Elle en avait plus de mille en réserve. Je les ai gravées dans ma mémoire. Un jour, pour la postérité, je les éditerai, mais, pour le plaisir, je vais vous en raconter une :
“ Il était une fois un petit royaume au-delà de la Méditerranée, bien au-delà de l’horizon. Les gens du sud, les Wallahas et du nord, les Flamahas vivaient en parfaite harmonie. Et pourtant, leurs tribus étaient différentes. Elles ne parlaient pas la même langue. Les Wallahas étaient plus conviviaux que les Flamahas bien plus froids. Pauvres, ces derniers venaient pourtant travailler chez les Wallahas qui les accueillaient volontiers. Dans le sud, on fabriquait de la soie, des métaux, des parfums. Par la suite, à cause de la concurrence de la route des Indes d’où venaient des produits moins chers, les Wallahas ont cessé leurs activités.Pendant ce temps, les Flamahas, bénéficiant de la richesse de leurs ports récemment construits et de nouveaux débouchés, ont commencé à critiquer les Wallahas qui à leur tour se débattaient dans la tourmente de la pauvreté. Les Flamahas, ingrats, ayant oublié l’aide apportée autrefois par les Wallahas, voulurent faire éclater le royaume pour reprendre leurs billes. Le chef des Flamahas, Barthum, devenait belliqueux. Mais, après une crise de plus de cinq cents jours et cinq cents nuits, les sages l’emportèrent. Barthum se retira sous sa tente et malgré les tensions, le royaume continua à prospérer sans verser de sang. ”. Et ma mère terminait cette histoire en disant en latin, sa langue préférée, aequo animo (d’âme égale). Bel hommage aux sages.
*
