Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Ce livre offre une aide précieuse aux parents désireux d'avoir avec leur enfant des conversations vraies et belles sur la grandeur de l'amour et le sens profond du corps et de la sexualité. Que dire ? Quels mots utiliser ? A quel âge ?
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 161
Veröffentlichungsjahr: 2016
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Conception couverture : © Christophe Roger
Images : © Telnov Oleksii / Fotolia
Composition : Soft Office (38)
© Éditions Quasar, 2016
89, boulevard Blanqui – 75013 Paris
www.editionsquasar.com
ISBN : 978-2-36969-036-8
Dépôt légal : 2ème trimestre 2016
Introduction
Ce livre est une invitation, un encouragement pour nous, parents et éducateurs. Nous pouvons avoir de belles et profondes discussions avec nos enfants sur des sujets aussi délicats, beaux et importants que le corps, la sexualité et la vie. Nous pouvons aussi continuer à accompagner nos adolescents dans leur vie affective, à les guider par nos paroles exigeantes, mais aussi rassurantes, sur l’amour comme bonheur à construire.
N’ayons pas peur ! Nous n’avons pas besoin de faire appel à des experts : chaque parent a au fond de lui la capacité de trouver les mots qui rejoindront le cœur de son enfant et contribueront à construire un lien de confiance avec lui. C’est cette même confiance qui permettra à chacun d’accompagner l’enfant et l’adolescent dans ce domaine si important de l’amour.
Ce livre ne prétend pas indiquer la seule et unique façon de présenter les choses. Chaque parent réfléchira à ce qu’il veut dire à son enfant, l’important étant de prendre conscience de la nécessité de dialoguer sur ce sujet.
Un mot sur le langage à utiliser. Avec les enfants, nous veillerons à utiliser les mots « papa » et « maman », mots tendres qui construiront leur affectivité en les fortifiant. Avec les adolescents, nous parlerons de « l’homme » et de « la femme », langage plus universel qui ne met pas en scène le père et la mère du jeune et lui permet ainsi de se construire en toute liberté.
Quelles que soient les difficultés auxquelles nous sommes et serons peut-être confrontés dans l’éducation de nos enfants, gardons sur eux un regard d’espérance. Ils sont capables du meilleur. Ils sont faits pour le grand, le beau, le vrai !
De bonnes questions à se poser
Pourquoi faut-il parler tôt de sexualité ?
Une belle histoire d’amour à raconter !
« Oui, ton papa et moi (ta maman et moi) nous nous sommes aimés et notre amour t’a donné la vie… »
Raconter à l’enfant l’histoire du début de sa vie, c’est lui raconter l’histoire d’amour de ses parents. C’est lui permettre d’entrer un peu dans le bonheur que vivent ou ont vécu ses parents. Quoi de plus merveilleux que ces conversations en vérité et simplicité :
« Papa et maman se sont aimés et ce fut le début de ta vie ! »
Soyons rassurés, notre enfant ne peut qu’être touché et émerveillé par ces paroles positives sur l’union de son papa et de sa maman, sur la joie de sa maman quand elle a découvert qu’une nouvelle vie avait commencé en elle…
« Cette vie, c’est la tienne ! »
Parfois, cette nouvelle vie a été une surprise pour nous, parents, et il a fallu un peu de temps pour passer de la surprise à la joie. Parfois même, elle est survenue alors que l’amour dans notre couple était mis à mal. Qu’importe, aujourd’hui la vie de notre enfant nous est précieuse.
Il est vrai que l’union sexuelle d’où survient la vie est intime et personnelle. C’est un peu notre secret et parfois s’y cachent des tensions et des souffrances. C’est sans doute ce qui rend le début de sa vie encore plus difficile à expliquer à notre enfant. Mais cette union étant l’expression de l’amour, elle est belle et donc importante à raconter. Voilà peut-être la clé pour libérer notre parole.
Parler à notre enfant du début de sa vie, c’est donc lui parler de l’amour. Cette révélation ne peut lui faire que du bien. Un enfant se développe harmonieusement quand il comprend que ses parents se sont aimés et qu’il est aimé. Rassuré de se savoir aimé, il sera dans la confiance. Il comprendra que son corps sexué est précieux puisqu’il pourra lui aussi donner la vie un jour ; il découvrira combien la sexualité est un trésor, et qu’elle doit être protégée. En outre, sachant d’où il vient, il y a fort à parier que notre enfant, devenu grand, saura mieux où il va. Nous l’aidons ainsi à grandir sans peur, à comprendre son corps, à se sentir bien dans et avec ce corps, enfin à devenir peu à peu un homme ou une femme.
« Pourquoi il/elle n’a pas le même corps que moi ? »
« Est-ce qu’il me manque quelque chose, à moi qui suis une fille ? »
« Maman, comment on fait les bébés ? »
Le propre de l’enfant est de se poser des questions. Heureux est-il quand ses parents peuvent lui répondre ! Tôt, l’enfant constate qu’il est différent des enfants de l’autre sexe Il constate qu’il y a des petits garçons et des petites filles. Il peut même très tôt remarquer que son corps est différent de celui de son frère ou de sa sœur, et cela l’amène à se poser des questions.
Nous observons que l’enfant, jusqu’à l’âge de 8-9 ans, peut passer tout nu de sa chambre à sa douche sans difficulté ; il descend même à la cuisine, pour demander où est son pyjama, sans éprouver aucune gêne. Il a un rapport simple à son corps. Profitons de cette simplicité pour répondre à ses questions. Si la simplicité est le propre de l’enfant, elle fait bien souvent défaut à l’adulte. Il nous faut donc l’acquérir ou nous la réapproprier. Nous verrons quels mots employer pour rejoindre la simplicité de l’enfant.
Prendre le temps de mettre des mots sur les interrogations de notre enfant, lui donner des réponses claires avec des mots adaptés à son âge, tout cela rassure l’enfant et le met en sécurité. Il sent qu’on le prend au sérieux – signe qu’il est aimé et considéré –, qu’on veut son bien, qu’on a le souci de lui dire la vérité.
« Mes parents répondent à mes questions = je suis en sécurité avec mes parents, je peux leur faire confiance. »
Quand il est petit, la confiance de l’enfant envers l’adulte est immédiate et spontanée. Ce lien de confiance sera fortifié et consolidé par les paroles et les réponses apportées par les parents. À l’adolescence, quand il cherchera à confronter le discours de ses parents à celui d’autres personnes, le jeune aura une base solide sur laquelle établir sa vision des choses.
Si ses parents ne répondent pas à ses questions sur le corps et la sexualité, la confiance de l’enfant envers eux s’amoindrit et, devenu grand, il va chercher ailleurs les réponses qu’il n’a pas eues.
Combien de jeunes disent, d’un ton amer ou méprisant, qu’ils n’ont jamais pu parler de sexualité avec leurs parents et qu’aujourd’hui ils ne le souhaitent plus, tout simplement parce qu’ils pensent que ce n’est pas possible. Ils se disent : « Ils n’ont pas eu le courage de parler quand il le fallait, qu’ils ne viennent pas me faire la morale aujourd’hui ! »
De leur côté, les parents réalisent qu’ils n’ont toujours pas de vraies conversations avec leur enfant devenu grand et qu’ils ne savent pas mieux qu’hier lui parler de la sexualité. Certains parents avouent qu’au-delà du bulletin scolaire, ils ne savent pas vraiment de quoi parler avec leur adolescent.
Si nous souhaitons pouvoir accompagner nos adolescents dans leurs interrogations sur l’amour, c’est dans l’enfance qu’il faut avoir le courage de leur parler du corps, de la sexualité, avec les mots correspondant à leur âge. Ne laissons pas passer ce temps car nous risquons de ne pas le retrouver ensuite. Parler tôt à son enfant fait grandir la confiance et facilite les relations des adolescents envers leurs parents.
Beaucoup de parents craignent, en abordant la sexualité, de faire perdre une certaine innocence à leur enfant. Au contraire, parler tôt à l’enfant le protège. La société dans laquelle nous vivons parle beaucoup de sexe et de sexualité, mais de façon souvent réductrice, mensongère ou violente. En général, elle aborde la sexualité sur le plan strictement physiologique et fonctionnel, sans y associer la dimension affective. Cette omission réductrice rend la sexualité bien souvent mécanique et dénuée de beauté, et ainsi choquante pour l’enfant.
La propension actuelle à parler « sexe » dans tous les journaux, à illustrer un grand nombre de publicités par des images de femmes ou d’hommes dénudés, enlacés ou dans des positions suggestives, l’introduction de ces sujets à l’école par des films ou des intervenants extérieurs, l’expansion de l’idéologie du gender1, tout cela fait que les enfants se posent des questions sur le corps et la sexualité beaucoup plus tôt qu’il y a cinquante ans.
Si nous ne parlons pas, si nous ne répondons pas à notre enfant, il entendra des propos sur la sexualité qui ne sont pas ceux que nous aurions souhaité lui dire. Il trouvera des éléments de réponses au travers d’images aperçues, il cherchera des explications auprès de camarades de classe. Est-ce cette vision de la sexualité, ces réponses que nous voulons pour nos enfants ?
Petit, notre enfant est beau mais fragile. Lui parler avec simplicité du corps sexué, de la beauté de ce corps fait pour aimer et donner la vie, c’est véritablement le protéger. C’est lui donner comme un bouclier contre les agressions verbales et visuelles qui peuvent l’atteindre dès les premières années d’école maternelle.
Prenons une image : celle du meuble en bois brut. Un meuble de bois brut, c’est beau mais c’est fragile ! En effet, si une bouteille d’eau se renverse, la tache va pénétrer en profondeur dans le bois ; lorsqu’on voudra la nettoyer, cela sera difficile, peut-être même impossible.
Mais si, par prudence, nous avons apposé un vernis protecteur sur ce meuble de bois brut, l’accident peut encore arriver, la bouteille peut se renverser, mais l’eau pénètrera beaucoup moins profondément dans le bois. Et lorsqu’on voudra nettoyer la tache, cela sera possible, peut-être même totalement.
De la même manière, l’enfant qui aura saisi la beauté de l’amour exprimé par le corps sexué saura se positionner par rapport à une agression verbale ou visuelle. Il saura faire taire une conversation qui dévie. Ou il se dira : « Ils se moquent parce qu’ils ne savent pas, mais moi je sais ! Ce n’est pas ça l’amour ! » Autrement dit : « Je ne veux pas participer à cette conversation, je ne regarde pas ces images, car je sais que ces propos et ces images abîment la vérité de l’amour et m’abîment. »
Ces mots positifs et beaux sur le corps et l’amour seront, dans un premier temps, un vernis protecteur par rapport à ce qu’il pourrait voir ou entendre et, le cas échéant, un baume réparateur sur ce qu’il aura peut-être déjà vu ou entendu.
L’enfant qui sait se sent fortifié par cette connaissance ; il est moins vulnérable aux vents extérieurs qui peuvent secouer fort.
Ainsi, nos paroles qui disent la beauté de l’amour, qui donnent sens à l’altérité sexuelle, qui permettent de faire le lien entre corps et cœur, constituent pour l’enfant une prévention, une protection face aux agressions, qu’elles viennent de ses camarades ou des adultes.
1. Ensemble de théories qui postulent que le genre (féminin ou masculin) est à distinguer du sexe biologique (mâle ou femelle) et que l’identité sexuelle relève essentiellement d’une construction sociale. Pour ces théories, le sexe biologique ne détermine pas l’individu à se sentir homme ou femme, ni à se comporter comme tel, et il ne saurait donc suffire à définir l’identité sexuelle de quelqu’un. Souvent militantes, ces théories incitent à se libérer des conditionnements culturels et des stéréotypes sociaux.
Qui doit parler ?
Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants.
Il est toujours difficile de parler de sexualité avec un enfant. Mais quand les parents se lancent avec courage, quel cadeau ils lui font ! Beaucoup de couples disent ne rien avoir reçu dans ce domaine de la part de leurs parents, et pourtant ils ne s’en sont pas mal sortis dans leur vie sentimentale et leur sexualité conjugale. C’est rassurant !
Mais aujourd’hui, devant les changements de la société et l’évolution des moyens d’information, ne pas parler à son enfant, c’est le laisser en vrai danger. Il est si courant d’être agressé par des moqueries à caractère sexuel dans la cour de récréation ou de tomber sur une image pornographique au cours d’une simple recherche sur internet demandée par l’école.
Il n’y a donc pas de temps à perdre pour offrir à notre enfant des paroles vraies et rassurantes sur le corps sexué, lui donner des bases solides et saines pour comprendre ce qu’est l’amour. Ces paroles seront un socle solide sur lequel il pourra s’appuyer pour se construire.
Ces mots sur le corps, sur sa signification profonde, sur sa capacité à donner la vie et à exprimer l’amour, bref, cette éducation à l’amour et à la vie nous revient. Elle nous appartient en propre, à nous, les parents, car nous sommes les auteurs de la vie de notre enfant et ses premiers éducateurs.
Il est bon de nous atteler à deux à l’éducation affective et sexuelle de notre enfant, sans penser que l’un de nous serait meilleur que l’autre. Nous sommes complémentaires. L’enfant sentira d’autant mieux qu’il est le fruit de l’amour de ses deux parents.
D’autre part, parler à deux à l’enfant peut faciliter la tâche pour certains couples dont l’un des deux parents (souvent l’homme, mais pas toujours) est plus timide que l’autre sur le sujet et repousse le moment de l’aborder seul avec l’enfant. Lors d’une discussion des deux parents avec leur enfant, le parent le plus à l’aise parlera plus volontiers et l’autre se contentera de compléter. À coup sûr, ce sera un moment marquant pour l’enfant.
La mère qui parle à son fils peut lui dire avec délicatesse que son père est mieux placé qu’elle pour lui parler des réactions du corps masculin. La fille se tournera certainement vers sa mère lors de l’apparition de ses premières règles, mais le père s’autorisera à lui faire un petit cadeau à cette occasion d’autant plus facilement qu’il aura été présent lors de ces discussions.
Cependant, même dans le cadre d’une famille unie, les occasions de parler à deux voix resteront exceptionnelles car souvent l’enfant posera ses questions à sa mère ou à son père, sans se préoccuper de savoir si les deux sont alors disponibles pour lui répondre. L’important est de saisir les occasions de parler de ces sujets, certes délicats mais existentiels, dès que possible. On gardera à cœur d’y associer parfois son conjoint, dans le souci d’encourager des relations harmonieuses des deux parents avec l’enfant.
L’amour qui n’a pu durer n’empêche pas d’évoquer l’amour qui a été.
La présence et la participation des deux parents, si elle est souhaitable, n’est parfois pas possible, en particulier dans les familles où l’un des deux est décédé. Que cet évènement douloureux ne soit pas un frein définitif pour parler. Une conversation évoquant les moments d’amour vécus avec le conjoint décédé fera sans doute monter les larmes aux yeux de la mère ou du père. Ce n’est pas grave. Cette émotion participera à la simplicité et à la vérité de la conversation. L’enfant ne pourra qu’être touché et reconnaissant à l’égard de sa maman ou de son papa d’avoir livré son cœur. Les liens de confiance en seront resserrés.
« Ton père et moi (ta mère et moi), nous nous sommes aimés et ta vie a jailli. C’est de cet amour qui t’a donné la vie que je voudrais te parler. »
Dans le cas des couples qui ont vécu la souffrance du divorce, que l’amour qui n’a pu durer n’empêche pas d’évoquer l’amour qui a été. Cela n’est pas facile et demande un travail sur soi d’accepter de revisiter son histoire pour y découvrir ces moments de bonheur qui jalonnent toute vie. Dans la majorité des cas, l’enfant a été conçu dans l’amour et il a besoin de l’entendre. Cette parole positive au sujet du conjoint manquant est essentielle à la construction affective de l’enfant.
« Ton père et moi (ta mère et moi), nous nous sommes aimés et ta vie a jailli. Notre amour n’a pas duré, les difficultés se sont faites plus grandes et nous nous sommes séparés. Tu aurais préféré que notre amour perdure, bien sûr. Mais ta vie à toi continue. Et chacun de nous, tes deux parents, nous continuons à t’aimer. »
Dans l’enfance, la parole des parents est primordiale pour rassurer l’enfant sur sa propre existence et fortifier ainsi le lien de confiance. À l’adolescence, la parole des parents a souvent besoin d’être relayée, confortée par celle d’autres adultes. L’adolescent a besoin de passer au crible de son propre jugement ce qu’il a reçu en héritage, afin de se l’approprier. Entendre de la bouche d’autres adultes une parole forte sur l’amour et la sexualité lui permettra cette appropriation et fera passer la parole des parents au statut de vérité plus universelle : « Mes parents ne sont pas les seuls à penser comme ça. »
Une maman qui élève seule ses enfants pourra peut-être s’appuyer sur un grand-père, un oncle, un parrain pour apporter cette voix masculine particulièrement importante, spécialement pour un garçon.
La parole des parents est essentielle dans cette toute première éducation affective de l’enfant, car au-delà même des mots et des explications données, c’est le lien de confiance qui est fortifié. Beaucoup de parents, même convaincus de la nécessité d’aborder ces sujets, se sentent démunis quant au vocabulaire à employer. Un livre peut alors être un bon support pour les parents.
Vous pouvez utiliser le livre Dis, en vrai, c’est quoi l’amour ?2,
