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Lily a pris la fuite et David se lance à sa recherche dans les rues de San Francisco...
Lorsqu’il posa le pied sur le tarmac de l’aéroport de San Francisco, David n’avait qu’une idée en tête : retrouver Lily et lui demander les raisons de sa fuite.
De Bruxelles à San Francisco, en passant par Nashville, Boston et Moscou, ce dernier opus de la trilogie « Petites rencontres et méga problèmes » répond aux questions que vous vous posez depuis que le chemin de Rommerty a croisé celui de Lily.
Découvrez sans plus attendre le troisième tome de ce thriller sentimental hors normes !
EXTRAIT
San Francisco, dans un appartement d’un quartier prisé et longtemps délaissé :
« Wyatt, j’ai besoin de temps ! Je veux la retrouver et la ramener. Une fois cette mission accomplie, je rentrerai ! Ne t’inquiète pas, je continuerai à gérer les choses d’ici. »
Il raccrocha. Cela faisait maintenant près d’un mois que Rommerty était arrivé à San Francisco dans l’espoir de retrouver Lily et de lui demander quelques explications.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Émilie Malburny est née le 18 juin 1983 en Belgique.
Après un passage dans le monde des médias, elle décide de se lancer dans la publication de son premier roman sous l’impulsion d’une étoile à chapeau nommée Jeff Bodart, originaire du même village. C’est avec plus d’une corde à son arc qu’elle s’aventure dans l’écriture d’un seul en scène, d’histoires pour enfants, de chansons et d’ouvrages orientés thriller.
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Seitenzahl: 272
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Lost trust, twenty-one grams of soul
All the sanity I’ve ever owned... gone
But I’m still breathing.
Through the thunder, and the fire, and the madness.
Just to let you shoot me down again
But I’m still breathing.
I feel it in my veins, skin, bones that I’m losing.
You, me, you’re confusing every reason I have left to live.
Alex Hepburn, Under,, Together alone, Avril 2013
À toi.
Parce que sans toi, tout cela ne serait pas.
À la camisole Team officielle et les techniciens de l’ombre pour votre soutien
San Francisco, dans un appartement d’un quartier prisé et longtemps délaissé :
« Wyatt, j’ai besoin de temps ! Je veux la retrouver et la ramener. Une fois cette mission accomplie, je rentrerai ! Ne t’inquiète pas, je continuerai à gérer les choses d’ici. »
Il raccrocha. Cela faisait maintenant près d’un mois que Rommerty était arrivé à San Francisco dans l’espoir de retrouver Lily et de lui demander quelques explications.
Martha, son employée de maison, avait bien failli s’évanouir en le voyant assis dans son vieux canapé, par ce sombre après-midi d’hiver.
Cela faisait bien une dizaine d’années qu’il n’avait pas passé le seuil de cet appartement. Pendant tout ce temps, ils avaient gardé des contacts épisodiques et il avait tenu à ce que Martha fasse comme chez elle. La vieille dame avait gardé son poste de gouvernante, comme lorsqu’il y habitait.
Chaque année, il pensait également à son anniversaire en lui faisant livrer des fleurs et un petit mot, suivi d’un bonus pécuniaire non négligeable.
Les lieux rassemblaient encore les souvenirs de Lorna : les photos de leur court bonheur à trois, les peintures et la décoration qu’elle avait choisies. Rien n’avait changé. Même les fleurs fraîches donnaient l’impression qu’elle allait surgir du hall de nuit.
« Monsieur Rommerty ! s’exclama-t-elle laissant tomber son sac sur le sol. Vous êtes revenu !
– Ah, Marta, votre accent chantant a bien manqué à mes oreilles pendant toutes ces années !
– Pourquoi ne m’avez-vous rien dit ?
– Vous n’aimez plus les surprises ?
– Mais je n’ai pas eu le temps de rafraîchir l’appartement…
– Ne vous inquiétez pas, Martha, tout est parfait comme d’habitude.
– Je vais vous préparer à manger !
– Laissez ! Nous commanderons une pizza et vous me raconterez ce que j’ai manqué ces dernières années.
– Ce n’est pas convenable, Monsieur.
– Martha, ne me contrariez pas, ou je retourne à l’hôtel… »
La sexagénaire opina de la tête, mais ne put s’empêcher, après avoir rangé les provisions, d’épousseter les meubles.
David passait en revue les photos de chaque pièce, avant de les décrocher une par une. Lorsque Martha s’en rendit compte, elle se planta devant Rommerty bien décidée à ne pas le laisser faire.
« Ils vous manquent ? demanda-t-elle, un soupçon de reproche dans la voix.
– En quelque sorte.
– Pourquoi enlever leur souvenir ?
– Car j’ai refait ma vie, Martha.
– Vous êtes remarié ?
– Holy Moly2 ! Non !
– Alors vous ne pouvez les enlever de leur maison. Madame me manque aussi, vous savez. Sans parler de Juliano…
– Juliano ne vous inquiétez pas pour lui, répondit-il sèchement. Il est venu me voir à Bruxelles. Mais je vous expliquerai cela plus longuement, pour le moment, j’ai vraiment besoin de faire le vide. »
La gouvernante n’insista pas, voyant le regard noir que lui lançait son patron.
« Martha ?
– Oui, Monsieur ?
– Désolé de m’être emporté, ajouta-t-il doucement.
– Ce n’est pas grave, Monsieur. »
Elle retourna à l’astiquage de l’argenterie pendant qu’il commandait les pizzas.
David se rendait compte que le fait d’effacer Lorna de cet endroit mettait son employée de maison mal à l’aise et la rendait triste, mais il espérait aussi que celle-ci comprendrait pourquoi il le faisait.
Rommerty ne voulait plus vivre dans le passé et comptait bien courir après son futur et enfoncer toutes les portes nécessaires pour y arriver.
Il savait que ce n’était pas ici qu’il allait croiser sa route, mais il avait besoin de se remettre les idées en place et seul, loin de Wyatt, loin de Julian, loin de l’agence, du moins physiquement parlant.
David passa la soirée à se confier à Martha, lui racontant sa vie en Europe, l’agence, la rencontre avec Lily, le retour de son fils et la raison de sa venue en ville.
Celle-ci le regarda d’un air compréhensif et fila lui préparer une tasse de thé. Martha avait toujours eu la capacité de le calmer, un peu comme une mère de substitution.
Lorsqu’elle revint avec la théière, elle lui pressa l’épaule en signe d’encouragement.
« Monsieur, puis-je vous poser une question ?
– Bien sûr.
– Avez-vous pensé à contacter les Jonnessy de Boston ? Peut-être est-elle retournée chez eux ?
– J’en doute, Martha, je ne pense pas que Riley la laisserait faire. Mais merci pour la suggestion.
– Vous savez, Monsieur, ce genre de clan a souvent le réflexe de se resserrer lors de ce type d’événements. »
Rommerty n’avait pas vraiment osé envisager cette option, peut-être que Riley avait eu affaire avec le caractère en béton armé de sa sœur… en tout cas il l’espérait.
« Monsieur ?
– Oui, Martha ?
– Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de venir vous installer ici ?
– Les souvenirs… J’avais peur de les affronter.
– Vous l’aimez vraiment cette petite Jonnessy ?
– Je pense que je n’ai jamais été autant amoureux, je l’avoue.
– Alors, ramenez-la vite auprès de vous, Monsieur.
– J’y compte bien.
– Je suis désolée, Monsieur, je vais devoir vous laisser, dit-elle posant à nouveau la main sur son épaule, j’ai une grosse journée demain. »
Elle se pencha pour débarrasser la table du salon, mais il l’arrêta.
« Ne bougez pas, je vais le faire, allez vous reposer. »
L’employée de maison s’exécuta, traversa la pièce d’un petit pas pressé et se dirigea vers la petite chambre au fond du couloir.
Martha Di Mauro ne dépassait pas le mètre cinquante, elle était le stéréotype de la matriarche italienne : protectrice et autoritaire.
Lorna l’avait engagée lorsque David lui avait reproché de le traiter non pas comme un homme, mais bien comme un enfant. Il s’était mis dans une telle colère, que l’avocate n’avait pas pu protester.
À vrai dire, le jeune David avait tenté par tous les moyens de pousser la patience de son épouse à bout. Mais celle-ci étant éprise de son bel amant, tenait bon, cédant à ses moindres caprices pour éviter les scènes d’éclat et les dégâts matériels.
À cette période, Martha venait de perdre son mari et avait grand besoin de travailler, étant sur le point de se retrouver à la rue.
Avec celui-ci, ils n’avaient jamais eu la chance d’avoir des enfants, et lorsque Lorna annonça sa grossesse, c’est tout naturellement qu’elle se positionna en mamie gâteaux, se pliant aux moindres désirs de la maîtresse de maison.
La présence de la vieille dame avait largement apaisé les tensions du couple et l’arrivée du bébé les rendait heureux. Du moins, Lorna l’était, car elle avait bien remarqué dans le regard du jeune David un mélange de tristesse et de panique.
À la naissance du bébé, ils avaient décidé de laisser le choix du prénom à Martha, pour lui montrer combien elle était importante à leurs yeux. Elle avait choisi Juliano, en mémoire de son mari qui avait toujours voulu un petit garçon portant ce prénom.
Et lorsque quelques mois plus tard, après la mort de Lorna, David avait décidé de confier le petit à sa sœur, l’employée n’avait pas compris sa décision et avait haï cet homme qu’elle considérait pourtant comme son propre fils.
Libéré de toute contrainte et avec le capital que lui avait laissé Lorna, le jeune homme s’était alors plongé dans les études et le travail, se coupant de toute vie sociale apparente. Elle n’avait alors pu que l’épauler du mieux qu’elle pouvait.
Ensuite, il était parti, loin, de l’autre côté de l’océan. Elle avait cru tout perdre à nouveau, mais David avait, à son tour, pris soin d’elle… à distance.
Il prenait de ses nouvelles régulièrement et lui envoyait quelques petits cadeaux, comme ça juste pour lui rappeler qu’il pensait à elle.
Bien sûr, la vieille dame aurait préféré recevoir sa visite et le voir devenir un homme, mais savoir qu’au loin il veillait la rassurait.
Après s’être douchée et changée, elle se coucha, se repassant encore et encore le moment où elle l’avait vu dans le salon.
La gouvernante avait cru à une apparition, à un rêve éveillé.
Bien sûr, il avait vieilli, ses traits s’étaient durcis et ses tempes commençaient à grisonner, mais même au milieu d’une foule dense, elle l’aurait reconnu.
***
David rangea le salon et continua son tour de l’appartement décrochant une à une les photos restantes.
La dernière qu’il tint dans les mains les représentait Martha. Il décida de la lui offrir, se souvenant que sa décision de mettre le passé de côté l’avait blessée.
Mais, malgré la tendresse qu’il éprouvait pour elle, Rommerty ne pouvait pas laisser tout cet étalage : sa vie avait changé et, dès Lily retrouvée, il comptait bien passer un peu de temps avec elle entre ces murs. Et il fallait bien avouer que tous ces souvenirs ressemblaient plutôt à une mise en scène qu’à la réalité.
Il s’installa dans le canapé pour la nuit, les seules chambres libres étant la sienne et celle de Juliano. David savait qu’il ne pourrait fermer l’œil s’il s’y installait.
Le lendemain matin, il fut réveillé par des marmonnements énervés :
« Santa Madonna, Si addormentò sul divano3 ! »
Rommerty émergeait péniblement, le canapé n’était plus si confortable et lui n’était plus en état de rester recroquevillé une nuit entière. Lorsqu’il se leva, il vit la petite dame se diriger vers la cuisine continuant à parler et à gesticuler pour implorer Dieu.
« Martha ? Vous allez bien ? demanda-t-il se levant.
– Monsieur ! Pourquoi avez-vous dormi dans le salon ?
– Parce que, tant que la chambre ne sera pas réaménagée, je ne pourrai pas y retourner.
– Réaménagée ?
– Je vous l’ai dit hier, Martha, tout l’appartement va y passer. »
La vieille dame laissa tomber la spatule qu’elle avait en main.
« Je trouve que Monsieur va un peu vite !
– Martha, ne vous emportez pas, c’est dans l’ordre des choses.
– Avec tout le respect que je vous dois, je tiens à vous dire que je suis extrêmement déçue, Monsieur.
– Je vous comprends, mais cela est nécessaire. » Elle se tourna face à la cuisinière, retournant les pancakes frénétiquement.
« Votre petit déjeuner est prêt, dit-elle sèchement. Asseyez-vous ! Au moins si vous dormez mal, vous mangerez correctement !
– Merci, Martha, répondit David, comprenant que son employée avait besoin de temps pour accepter le changement. »
Il s’installa à l’endroit indiqué et accepta sans dire un mot la tasse de café qu’elle lui servait.
Rommerty souriait, il retrouvait de vieilles sensations, celles où rien ne pourrait lui arriver.
Martha déposa devant lui les pancakes qu’elle avait généreusement arrosés de sirop d’érable et parsemés de morceaux de pommes,.
David engloutit le repas, ce qui eut pour effet immédiat d’adoucir Martha.
« Au moins, vous n’avez pas perdu votre appétit !
– Jamais lorsqu’il s’agit de votre cuisine, vous devez vous en douter.
– Tout a tellement changé…
– Pas vous Martha… C’est bon de rentrer à la maison, dit-il un sourire charmeur aux lèvres.
– Seduttore4 ! répondit-elle éclatant de rire. »
Il haussa les épaules, toujours souriant, se leva et vint déposer un baiser sur le haut de la tête de la vieille dame, comme le ferait un fils à sa mère.
David se dirigea vers la salle de bain située à l’étage. Lorsqu’il en redescendit, un mot l’attendait sur la table du salon :
Monsieur,
Le frigo étant vide, je suis partie faire des provisions.
Soyez de retour pour 19 h.
Pas de retard au dîner !
Martha.
Il déposa le papier, attrapa sa longue veste dans l’entrée et sortit.
L’immeuble était situé sur California Street, une rue animée du quartier de Pacific Heights. Rommerty remonta celle-ci, traversa deux blocks5 et se promena dans Lafayette Park.
Le temps était plutôt maussade, une fine pluie glaciale s’abattait sur son visage.
Soudain, de l’autre côté de la rue, il vit deux silhouettes familières. Il ne pouvait pas y croire, était-ce bien eux ? Lily et Riley entrant dans une maison de Sacramento Street ?
Le temps que son cerveau lui permette de réagir, ceux-ci avaient disparu, comme happés par la porte d’entrée de cette demeure de style « Queen Anne ».
David se prit la tête entre les mains, pesta quelques secondes, puis attendit que les personnes ressortent, assis sur un des bancs surplombant la rue.
Au bout d’une heure, seule la supposée silhouette de Riley ressortit. Rommerty n’osa pas s’approcher de peur d’être repéré. Il se leva et rebroussa chemin vers le terminus du cable car6 qu’il emprunta pour se rendre dans le centre d’affaires de la ville.
Pourquoi avait-il rebroussé chemin ? Pourquoi Riley était-il ressorti seul ? Rommerty venait de laisser passer une chance de confronter la jeune femme à ce qu’elle avait laissé derrière elle. David tenta de se rassurer, se disant que le moment était mal choisi. Que tout viendrait en son temps. Mais la vérité était qu’il n’était pas certain d’être prêt à se retrouver en face d’elle et de garder son sang-froid.
Il avait rendez-vous avec le rédacteur en chef du plus gros journal local, le San Francisco Herald : Luke Ormond était l’un de ses plus vieux amis, ils avaient fait leurs études de journalisme ensemble et étaient toujours restés en contact depuis.
Rommerty l’avait contacté lors de son retour pour lui demander quelques informations sur le Sénateur Jonnessy et ses rapports avec la mafia russe. Celui-ci n’avait rien trouvé de probant à son sujet, mais avait déterré pas mal de matière concernant son épouse Clarisse.
Luke l’avait alors invité à déjeuner pour en discuter et le convaincre de changer de piste d’exploration.
Après cela, David avait envoyé le dossier chez un détective privé conseillé par Ormond et, depuis un mois, les trois hommes se rencontraient régulièrement partageant ainsi les dernières découvertes du privé.
Ils se retrouvèrent au City Scape, endroit que David appréciait particulièrement. Le détective Nash, qui l’y attendait déjà, se dirigea vers lui et le salua. Ce dernier ressemblait à Monsieur « Toutle-monde » : les cheveux gris, le teint un peu jauni par une consommation excessive d’alcool et de tabac.
« Monsieur Nash, comment allez-vous ?
– Très bien, Monsieur Rommerty, vous allez être ravi, j’ai des nouvelles toutes fraîches.
– J’espère que celles-ci rejoindront celles que j’ai à vous communiquer.
– Pardon ?
– Nous verrons, j’ai peut-être eu une hallucination.
– Voulez-vous commencer ou attendons-nous Luke ?
– Patientons, il ne devrait pas tarder à arriver. »
David n’avait pas terminé sa phrase que Luke Ormond faisait son entrée.
Il avançait d’un pas nonchalant : Ormond était plutôt petit, roux aux yeux verts perçants et commençait à afficher une bedaine caractéristique de la quarantaine bien vécue.
« Eh bien, Messieurs, vous êtes plus que ponctuels ! dit-il s’amusant lui-même de son retard.
– Luke, il me semble que l’exactitude de tes propos atteint son paroxysme !
– Je ne ménage pas mes efforts, mon cher Rommerty. »
Ormond s’installa. Le City Scape offrait un panorama exceptionnel sur la ville, une vue à trois cent soixante degrés. Le cadre y était agréable et la nourriture excellente.
Le serveur vint prendre leur commande : tous trois optèrent pour les cannellonis du chef arrosés de vin rouge du Médoc.
« Trêve de politesses et de commérages, Messieurs, déclara soudain Nash, j’ai quelques nouvelles qui devraient vous intéresser.
– Dites toujours, lança Ormond.
– Je l’espère, je vous paie assez cher ! ajouta David plaisantant.
– Votre amie et son frère sont…
– En ville le coupa David. »
Nash resta quelques secondes interdit, comment Rommerty était-il au courant ?
« Ne me regardez pas comme cela, je pensais bien les avoir aperçus ce matin, sur Sacramento Street, ils sont entrés dans une des maisons.
– Cette maison est la leur, finit par dire le détective, enfin l’était lorsqu’ils étaient enfants. Et Riley serait sur le point de la racheter.
– Comment a-t-il fait ? demanda Ormond. Il n’a qu’un salaire de professeur assistant, qui ne doit pas dépasser les cinquante-deux mille dollars par an.
– Luke, il a été élevé par Lerbov, je dirais même adopté pour être exact, il a donc l’héritage de son père ! s’exclama David.
Ormond sourit, un peu gêné de ne pas avoir lui-même déduit cette évidence.
« Exactement, mais ce n’est pas tout, un de mes collègues de New York m’a affirmé qu’ils avaient également acheté une gigantesque propriété dans les Hamptons7, plus précisément à Montauk. Et cette fois, c’est Kayleen qui a apporté les fonds alors que la propriété est au nom de Riley.
– Je ne comprends pas, dit David fronçant les sourcils. À ma connaissance, l’héritage de Tyler Jonnessy n’est pas encore libéré et Lily n’a pas assez de fonds propres.
– Les garanties sont suffisantes, les banques et les investisseurs immobiliers ne sont pas sans savoir qui elle est et ce qu’elle pèse en dollars.
– Sont-ils déjà retournés à Boston ? demanda David se souvenant de sa conversation avec Martha.
– Il y a eu des contacts entre Eamonn Jonnessy et Kayleen, ils prévoyaient de se rencontrer la semaine dernière à New York, dit Nash, mais Kayleen n’est jamais allée au rendez-vous. »
Luke Ormond notait tout ce qu’il se disait, d’un commun accord avec Rommerty : si quelque chose devait sortir de cette histoire, ce serait lui qui en aurait l’exclusivité.
« Tu devrais contacter ce Eamonn, dit Ormond à l’attention de David.
– Sous quel prétexte ?
– Tu n’as qu’à lui dire que tu cherches toi aussi sa nièce. Ce n’est que la vérité après tout. »
David resta dubitatif : pourquoi accepterait-il de le rencontrer sur cette simple formulation ?
« J’ai par contre une nouvelle qui pourrait vous aider à reprendre contact avec Kayleen, ajouta le détective privé.
– Qui est ? demanda David.
– Elle habite officiellement avec Kristin et Alex Gene Harper à Nashville. Vous trouverez son adresse dans le dossier.
– Parfait ! s’exclama Rommerty, une pointe d’énervement dans la voix. Monsieur Nash, Luke avait raison, vous êtes d’une aide précieuse ! Mais ce n’est pas fini.
– Que voulez-vous dire ?
– J’ai un autre travail pour vous. J’aimerais que vous enquêtiez sur la mort de Jonnessy et sur sa charmante veuve. »
Ormond et Nash regardaient fixement Rommerty.
« Eh bien, Messieurs, y a-t-il quelque chose que vous n’avez pas compris ?
– Non, je suis juste étonné, répondit le journaliste. Il me semblait que…
– Tout est clair, mais…
– Votre prix sera le mien, Nash.
– Tu as changé d’avis ? demanda Luke.
– Clarisse a disparu et je suis certain qu’elle va achever ce qu’elle a commencé. Je suis presque sûr que Riley a autant intérêt à faire taire sa sœur qu’elle.
– Justement ! Tu ne relancerais pas le FBI sur la trace du frangin ? Parce que juste toi et Nash, je ne pense pas que cela soit une idée brillante !
– Luke, je t’assure que cette affaire prendra fin et pour que cela arrive il me faut des éléments sur l’assassinat du Sénateur et sur sa veuve. La source du problème est là : s’ils n’ont pas de preuves, ils ne rouvriront pas le dossier. »
Rommerty était plus que jamais déterminé à retrouver Clarisse et à découvrir pourquoi elle s’en prenait à sa fille.
Le repas terminé, il s’assura d’être seul et composa le numéro privé d’Alex Gene Harper.
« Harper, émit une voix fatiguée à l’autre bout de la ligne.
– C’est Rommerty.
– Oh ! Comment vas-tu ?
– Extrêmement mal, je suis globalement déçu. Ne t’avais-je pas demandé de me tenir au courant si Kayleen prenait contact avec toi ? Et là, j’apprends qu’elle vit avec Kristin et toi depuis un mois !
– Si… mais…
– Ne gaspille pas ta salive. Quand doit-elle revenir à Nashville ?
– Fin de semaine ou début de semaine prochaine, je ne sais plus exactement.
– Parfait ! Ne lui dis rien. Et sors-toi le nez de la farine, je commence à saturer de devoir couvrir tes frasques.
– Mais !
– Ne discute pas ! »
David raccrocha sans saluer son interlocuteur. Il devait prévenir Martha qu’il allait devoir s’absenter de nouveau pendant quelque temps.
Il régla la note du restaurant et prit le BART8 en direction de Misson9, pour y admirer les fresques de Balmy Alley. Il y flâna une bonne partie de l’après-midi avant de revenir au duplex aux alentours de dix-huit heures.
Martha était déjà présente au poste, active derrière ses fourneaux. Une odeur de bacon, de chèvre chaud et de bœuf embaumait l’appartement. Il se dirigea vers la cuisine en interpellant la vieille dame :
« Bonsoir Martha !
– Bonsoir Monsieur.
– Cela sent merveilleusement bon !
– Je vous prépare votre plat favori, mais je suppose que vous l’aviez deviné.
– Bien évidemment, dit-il sourire au coin des lèvres. Vous savez, je vais devoir m’absenter la semaine prochaine, ajouta-t-il comme pour se soulager d’un poids.
– Déjà ? Mais vous venez à peine de rentrer !
– Je le sais… mais j’ai de nouveaux éléments et ils me conduisent hors de l’État…
– Oh, je vois. »
Martha restait concentrée sur sa cuisson pour ne pas montrer sa déception.
« Pendant mon absence, j’aimerais en profiter pour planifier la réfection de l’appartement et, par la même occasion, vous offrir des vacances.
– Mais Monsieur, quelqu’un doit rester pour surveiller l’appartement !
– Il y a des gens payés pour ça, Martha. Alors, dites-moi où vous aimeriez retourner ?
– Rome, Monsieur, mais cela est bien trop loin et je n’ai pas de passeport.
– C’est un détail, Martha, les procédures d’urgence cela existe.
– Mais Monsieur !
– Ne discutez pas ! Avez-vous encore de la famille dans cette région ? »
La petite dame se retourna vers David, les larmes aux yeux.
« Oui, Monsieur, toute ma famille. Je ne les ai plus vus depuis mon arrivée aux États-Unis.
– Pardon ? Plus jamais ?
– Non, Monsieur, pas de passeport.
– Mais Martha ! Pourquoi ne pas en avoir fait faire un plus tôt ? Je vous y aurais aidée !
– Une vieille dispute familiale, mais je n’ai pas trop envie d’en parler. »
David resta quelques minutes sans dire un mot. Il ne savait pas comment aborder le sujet.
« Martha, vous savez, vous pouvez me parler de vos problèmes, vous êtes un peu ma seule famille.
– Je le sais, Monsieur, mais ce sont de vieilles histoires maintenant.
– Comme vous voulez. J’appellerai la mairie demain matin et nous mettrons en marche la procédure d’urgence.
– Oh merci, dit-elle, le serrant dans ses bras et transgressant ainsi la règle qu’elle s’était fixée. Tenez, mangez »
Elle prit l’assiette qu’elle venait de servir et la posa devant lui.
« J’espère que vous retrouverez votre amie, ajouta-t-elle pensive.
– Je suis sur la bonne voie, répondit-il, lui servant un verre de chardonay qu’il venait de déboucher, je vais aller lui rendre une petite visite à Nashville la semaine prochaine. »
Martha le regarda partagée entre la joie que son patron soit heureux, mais surtout la crainte que ses vieux démons ne reviennent lui rendre une petite visite.
De ce qu’elle savait de son passé avant son arrivée, celui-ci avait été rythmé entre désintoxications et séjours en maisons de correction avant que Lorna ne lui évite un passage par la case prison et ne lui permette de devenir journaliste.
Après le décès de celle-ci, il avait même poursuivi ses études avec une spécialisation en journalisme d’investigation.
Elle le sentait, quelque chose de mal allait se passer et, au fond d’elle, Martha priait pour que cet événement ne soit pas déclenché par les actions irréfléchies de son employeur.
1 Album du groupe rock « Train » sorti en octobre 2009
2 Sacre bleu
3 Sainte Vierge, il a dormi sur le sofa
4 Séducteur
5 Paté de maisons
6 Le tramway à traction par câble (en anglais Cable car on rail) est un véhicule sur rail de type tramway qui est tiré par un câble.
7 Les Hamptons forment une région située au nord-est de l’île de Long Island dans l’État de New York (États-Unis), dont la majeure partie se trouve sur la péninsule de South Fork, coincée entre l’Océan Atlantique et la Peconic Bay.
8 Acronyme de San Francisco Bay Area Rapid Transit District : système de trains de voyageurs express à traction électrique qui dessert l’agglomération de la baie de San Francisco (Californie).
9 Mission District est le quartier le plus ancien de San Francisco : aménagé par les Espagnols, il doit son nom à la première mission espagnole fondée en 1791 (Mission Dolores). On y trouve une grande variété de peintures murales. Mission Dolores est également l’un des plus vieux bâtiments à San Francisco.
Cela faisait quelques minutes que Riley et Lily étaient enfermés dans la voiture, la jeune femme tentant désespérément de faire comprendre à son frère qu’elle se sentait submergée par toutes les décisions irrationnelles qu’il prenait les unes à la suite des autres.
« Riley, tu penses vraiment que c’est une bonne idée de racheter cette maison ?
– C’est la nôtre, Kayleen, on y a passé notre enfance.
– Peut-être, mais je ne suis plus certaine de vouloir y retourner, dit la jeune femme bien ancrée dans le siège passager de la Chevrolet.
– On ne peut plus reculer ! s’écria Riley. Nous étions d’accord. »
Lily détourna la tête, croisa les bras et s’enfonça un peu plus dans le siège de cuir noir.
Riley démarra le SUV et se dirigea vers l’agence immobilière située sur Stockton Street.
Cela faisait deux semaines qu’ils parcouraient les endroits qu’ils avaient fréquentés étant petits et le flot des souvenirs devenait insupportable pour la jeune femme. Elle savait maintenant qu’elle ne pourrait probablement jamais revenir vivre dans cette ville qu’elle affectionnait tant.
Depuis son réveil ce matin-là, elle n’aspirait qu’à rentrer à Nashville, retrouver l’écrin du ranch d’Alex, isolé, surveillé. Bref être en sécurité.
Ce dernier lui avait demandé plusieurs fois de contacter David et de lui dire où elle était, mais à chaque fois qu’elle était sur le point de céder, Riley avait émis son véto et exposé des arguments de taille en défaveur de cette reprise de contact : selon lui, il était évident que la majorité de ses problèmes étaient arrivés après sa rencontre avec Rommerty et qu’elle avait besoin d’effacer son influence néfaste.
Les seules personnes qu’elle avait pu appeler étaient Lisa et Armando. Lily ayant besoin de parler à son amie, Riley n’avait pu le lui refuser.
Le bruit sourd que fit la portière lorsque son frère la claqua sortit la jeune femme de sa rêverie.
Elle détacha sa ceinture de sécurité, ouvrit sa portière et suivit Riley sans grande conviction.
Celui-ci poussa la porte de Stockton Real Estates et se dirigea vers le bureau de l’accueil.
« Monsieur Jonnessy-Lerbov ! s’exclama l’hôtesse d’accueil en les apercevant. Vous et votre sœur avez pris votre décision ?
– Tout à fait, pouvons-nous parler avec Monsieur Wate ?
– Bien sûr, je l’appelle immédiatement ! »
La réceptionniste composa le numéro de son patron qui descendit presque aussitôt.
« Très bon choix, jeunes gens, dit-il posant le pied sur le carrelage jauni du rez-de-chaussée. »
Francis Wate avait l’air sorti tout droit d’un film des années soixante : costume en tweed brun kaki, cheveux gominés à tendance grasse, regard vicieux et un parfum périmé depuis au moins une cinquantaine d’années.
Il s’approcha, tendit la main à Riley, puis à Lily et les invita à le suivre vers le fond de la pièce où se trouvait un bureau de libre, tandis que Lily s’appliquait à frotter sa main droite avec une lingette pour bébé, sortie de son sac à main, réflexe gardé depuis sa sortie de l’hôpital.
Wate leur indiqua les sièges, passa de l’autre côté de la table et s’installa dans un vieux fauteuil à la limite de la ruine.
« Bien, vos multiples visites vous ont convaincus ! dit-il un sourire hypocrite au coin des lèvres.
– Nous n’en avons pas besoin, répondit Riley sûr de lui. C’est la maison de notre enfance.
– Oh, je vois, mais Mademoiselle semble bien indécise.
– Non, c’est son attitude habituelle, elle doute toujours, répondit Riley tentant de recentrer l’attention sur lui. »
Lily le regarda de ses yeux assassins et proféra des menaces à peine audibles.
Toi, tu vas le regretter ! Retiens bien ça, tu vas me le payer !
« Elle a beaucoup de caractère.
– Je ne vous le fais pas dire, répondit Riley moqueur. »
Francis Wate leur présenta le contrat, qu’ils signèrent pour un montant liquide de près d’un demi-million de dollars. Le gérant leur remit les clefs, leur serra la main une nouvelle fois et les raccompagna.
De nouveau dans la voiture, Lily commença à marmonner.
« Peux-tu dire plus haut ce que tu exprimes entre tes dents ?
– Je veux rentrer à Nashville.
– Fin de la semaine.
– Je n’ai plus rien à faire ici.
– C’est ta ville !
– Bullshit10… »
Riley, excédé par la réaction de sa sœur démarra violemment la voiture.
Il roula sèchement jusqu’à leur hôtel. L’attitude de Kayleen devenait incontrôlable, il devait recontacter Breifmann le plus vite possible et lui demander d’adapter les doses. Il parqua la voiture aussi mal que possible dans le parking de l’établissement, claqua sa portière avant d’attendre que Kayleen ne se décide à le rejoindre.
« Tu te rends compte que tu nous as fait passer pour des gens impolis ? lui hurla-t-il.
– Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu te fais passer tout seul pour un despote.
– Pourquoi m’en veux-tu à ce point ?
– J’ai mal, Riley. Je ne veux voir personne ! »
Le jeune homme attrapa sa sœur par le bras et la conduisit vers la sortie du parking pour rejoindre le hall de l’hôtel.
« Lâche-moi !
– Tais-toi et avance ! Si tu ne vas pas bien, on va retourner voir Breifmann.
– Je ne veux pas !
– Tu ne sais visiblement pas ce qu’il te faut Kayleen. »
La porte de l’ascenseur s’ouvrit sur une vieille cabine défraîchie. Riley y poussa sa sœur et appuya sur le bouton du quatrième étage.
Entré dans la chambre, il ferma celle-ci et contacta le psychiatre. Celui-ci tenta de protester, prétextant qu’il était irresponsable d’augmenter le dosage sans consultation, mais Riley marmonna quelque chose qui sembla résoudre le problème éthique de ce bon vieux Breifmann. Les médicaments avec la posologie adaptée furent livrés et il procéda à l’échange des pilules dans le flacon de vitamines. Il en tendit deux à la jeune femme avec un verre d’eau, puis sortit de la chambre quelques instants le temps de passer un coup de fil.
La jeune femme avala les cachets et s’enfuit sous le duvet. Lily se sentait oppressée et fatiguée de parcourir le pays pour rattraper un passé que son frère s’était juré de raviver pour d’obscures raisons.
***
Quelques jours plus tard, David s’occupa des derniers détails du voyage de Martha, ainsi que des premiers contacts avec l’architecte d’intérieur.
Rommerty lui avait laissé carte blanche excepté sur une pièce, où ce fut l’employée de maison qui lui indiqua ce qu’elle désirait.
Il amena Martha à l’aéroport et lui promit de lui envoyer des nouvelles aussi souvent qu’il le pourrait.
Cela fait, il réserva un vol pour Nashville et une King suite11au Hutton Palace.
Rommerty voulait avoir le temps de parler à Alex et surtout de faciliter leur rencontre lorsque Lily serait de retour au ranch.
Il appela ensuite le détective privé pour lui donner les dernières nouvelles.
« Nash
– Bonsoir détective.
– Monsieur Rommerty ! Je vous rédigeais justement un mail...
– Je pars demain pour Nashville. Kayleen devrait y retourner d’ici la fin de semaine. Je vais tenter de prendre contact avec elle.
– J’espère pour vous que cela se passera comme prévu.
– J’aimerais que vous approfondissiez les recherches sur Riley.
– Que voulez-vous savoir ?
– Tout ce que vous pourrez trouver ! Déterrez-moi la moindre petite roche, soulevez-moi le moindre grain de sable sur son passé. Mais quoiqu’il arrive, pas un mot à qui que ce soit.
– Comptez sur moi, Monsieur Rommerty, je vous envoie le mail dès que je raccroche.
– Merci, bonne soirée, détective.
– Bonne soirée à vous aussi… »
Quelques minutes plus tard, alors qu’il comptait envoyer un dernier mail à Alex Harper, il ouvrit celui du détective privé.
De : Devon Nash
To : David Rommerty
Sujet : Avancement de l’enquête
Monsieur Rommerty,
Suite à la poursuite de l’enquête, voici les derniers éléments qui se sont produits :
Ils ont racheté la maison de leur enfance via l’agence de Stockton street. D’après les informations que j’ai pu tirer de Wate, le propriétaire, Mademoiselle Jonnessy n’avait pas l’air très heureuse et c’est Monsieur Jonnessy-Lerbov qui a monopolisé la conversation et pris toutes les décisions.
Ils ont payé cash la modique somme de $ 490.000.
J’ai vérifié les comptes de ce Jonnessy-Lerbov, et il reçoit un certain nombre de virement d’une société basée sur l’île de Jersey.
Je vais pousser l’investigation plus loin, la piste me semble intéressante.
Il apparaît aussi que Monsieur Jonnessy-Lerbov est en contact régulier avec un certain Ronan Monaghan à Dublin. Je n’ai pas encore trouvé le lien, ni qui est cette personne, mais je compte me rendre en Irlande dans les jours qui viennent.
Je vous monte également un dossier sur Tyler Jonnessy et sa veuve, mais cela risque de prendre encore du temps, car les informations privées restent difficiles à collecter et les témoins à retrouver.
Je vous tiens au courant.
Devon Nash
Private Investigator
Motto : « I’m your private eyes, rely on me I will tell you everything you’d die to know12 »
Il referma son portable et décida d’appeler Harper : expliquer les choses de vive voix lui semblait plus approprié.
« Harper
– Ici Rommerty.
– Je sais, répondit sèchement le chanteur, que veux-tu ?
