Au-delà du bruit - Christophe De Beukelaer - E-Book

Au-delà du bruit E-Book

Christophe De Beukelaer

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Beschreibung

Dans ce livre surprenant, Christophe De Beukelaer, jeune député belge et véritable entrepreneur en politique, propose un regard neuf sur la société. « Je n’ai pas la prétention de vous présenter la vérité dans ce livre, mais bien ma vérité. Je vous présente ma vision du monde, de ses enjeux et des solutions à apporter. » annonce-t-il d’emblée.

Au fil des chapitres, il nous fait voyager dans l’Histoire, dans son expérience personnelle, et dans des idées qui l’ont marqué. Son regard est toujours dirigé vers le futur. Alors il assume un « esprit start-up » et propose des solutions concrètes, innovantes et audacieuses aux grands enjeux de notre époque.

L’intérêt de cet ouvrage est qu’il n’est pas celui d’un seul homme. « Les femmes et les hommes politiques ne sont pas omniscients. Nous ne pouvons pas tout savoir mais nous devons garder une écoute humble et bien nous entourer. » Des ingénieurs, des enseignants, des entrepreneurs, des médecins… ont alimenté les chapitres de leur expertise, contribuant à établir des constats limpides et à esquisser des réformes pertinentes.

Le résultat est un regard plein d’espoir sur l’avenir, qui redéfinit le centrisme et pose les jalons concrets d’un nouvel élan pour nos sociétés occidentales.




À PROPOS DE L'AUTEUR

Christophe De Beukelaer est entrepreneur, député au Parlement de la Région Bruxelles-Capitale et président Les Engagés Bruxelles. Élu parlementaire en 2019, il cède alors son poste d’échevin afin de respecter ses engagements en matière de décumul des mandats. Cette décision illustre sa volonté d’être acteur de transformation positive. Adepte du bon sens et du pragmatisme, il développe une vision politique nourrie d’idées innovantes et audacieuses. Ce livre, qu’il a écrit durant des longs mois, rassemble une foule de propositions pour construire un avenir meilleur pour tous.

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Seitenzahl: 281

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Préface

« Aah si seulement les hommes et les femmes politiques qui viennent à ce micro pouvaient s’y exprimer avec autre chose que leur agenda personnel en toile de fond et le réflexe d’incriminer systématiquement les partis adverses en lieu et place de développer une vision inspirante et porteuse de sens pour les auditeurs. L’exercice que vous avez fait dans votre livre pour promouvoir l’idée d’un autre modèle économique plus vertueux, il faudrait le faire également au niveau politique… ».

Nous sommes le 7 juillet 2014 et je termine l’enregistrement de l’émission Face à l’info sur La Première au micro du journaliste Eddy Caekelberghs. J’ai publié au printemps de cette même année le livre Sans plus attendre qui rassemble beaucoup de solutions innovantes et vertueuses que j’ai pu découvrir au contact de ces citoyens, entreprises et organisations qui changent la société en silence partout dans le monde. Alors que je marche dans les couloirs de la RTBF pour rejoindre la sortie, cette dernière phrase résonne en moi. Caekelberghs a raison, me dis-je, il est illusoire de vouloir changer de modèle économique si l’on ne fait pas en plus évoluer nos modèles politiques…

Mon domaine à moi, c’est le monde de l’entreprise et pas celui de la politique, mais j’ai toujours gardé à l’esprit cet échange avec Eddy Caekelberghs.

Est-il vraiment illusoire d’imaginer changer nos modèles politiques et démocratiques ? Être de gauche ou de droite fait-il encore sens dans ce monde devenu tellement pluriel, où il n’existe pas de réponses simples aux problèmes complexes qu’engendrent une population de 8 milliards d’individus et une mondialisation effrénée ? Avons-nous encore le temps des sempiternelles querelles d’ego politiques alors que notre maison brûle ? L’urgence n’est-elle pas aussi à la création d’un nouveau récit collectif, à la définition d’une destination qui fasse sens pour le plus grand nombre et dont l’idée engendrerait une envie forte de s’y impliquer ? Pour cela, nous avons peut-être besoin d’un autre modèle politique et surtout d’autres énergies pour l’incarner. Il nous faut aujourd’hui l’émergence de ce que je nomme des « utopistes pragmatiques », des personnes capables de voir dans nos crises autant d’opportunités de développer un modèle de société plus vertueux, des femmes et des hommes qui s’engagent en politique avec le désir absolu de se réaliser en servant envers et contre tout le bien commun et plus les intérêts « partisans » qui ont trop longtemps gangréné nos démocraties. Pour définir un nouveau but, une nouvelle destination collective, pour éviter l’effondrement déjà annoncé par le club de Rome en 1974 et permettre l’avènement d’une nouvelle renaissance comme celle qui succéda au Moyen Âge, il nous faut comprendre les choix et comportements erronés qui nous ont conduits dans cette impasse. Les causes sont certainement multiples, mais il en est une qui me semble évidente : nos crises actuelles sont aussi et surtout des crises de leadership et de gouvernance. Nous avons eu trop de leaders au pouvoir et pas assez au service, trop de leaders cultivant l’amour du pouvoir en lieu et place du pouvoir de l’amour, celui que les Grecs anciens nommaient l’amour Agapè : l’amour inconditionnel de la vie, de l’humain, la conviction que la vie a un sens et que demain sera plus juste qu’aujourd’hui.

Parce que le modèle économique et particulièrement la finance sont dominants dans notre société, j’ai passé ces quinze dernières années à essayer d’identifier les solutions pratiques à nos problèmes, mais aussi, et surtout, à accompagner les dirigeants qui étaient les acteurs au quotidien de ce modèle. Il est peut-être déjà trop tard, mais les choses bougent et l’on voit émerger un peu partout une nouvelle conscience, avec d’autres envies en matière économique. La notion de PIB comme indicateur ultime de la santé d’un pays est enfin contestée, l’idée d’une économie régénératrice et non plus prédatrice fait son chemin et commence à être enseignée dans les meilleures écoles de commerce. L’heure est peut-être venue de changer profondément notre modèle de société et surtout les modèles politiques qui le régissent.

La politique est bien plus qu’un jeu de pouvoir. C’est le moyen par lequel nous codifions notre vivre ensemble, par lequel nous décidons collectivement de notre avenir. C’est un instrument puissant pour garantir que chaque individu puisse s’élever dans la dignité. C’est pourquoi elle mérite d’être réinventée pour servir véritablement le bien commun.

Ce livre explore ces idées et bien d’autres encore. Il nous rappelle aussi que nous avons le pouvoir de façonner notre avenir collectif, que la politique n’est pas une affaire réservée aux politiciens, mais une responsabilité que nous partageons tous.

Il est temps de repenser la « gestion de la cité », de la ramener à sa véritable mission : servir et garantir le bien commun. C’est un défi audacieux, mais il est à notre portée si nous nous engageons collectivement à faire de la politique un outil de progrès, de justice et de durabilité. En tant que citoyens, nous avons le pouvoir (ou peut-être le devoir, au vu de l’urgence) de réinventer notre démocratie, de réimaginer notre société et de forger un avenir meilleur pour tous et particulièrement pour les générations futures à qui nous empruntons cette belle planète.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aujourd’hui en politique une nouvelle génération qui a soif d’autre chose et l’envie d’incarner ce nouveau modèle… Christophe De Beukelaer en est certainement une figure de proue.

Guibert del Marmol

Bruxelles, le 10 novembre 2023

Avant-Propos

On s’égare vite. Le rythme effréné et les infinies possibilités offertes par notre société moderne ont tôt fait d’accaparer notre attention. C’est encore plus le cas en politique où la lumière des projecteurs titille nos ego en permanence. Alors ce livre, je l’ai d’abord écrit pour moi, comme force de rappel des raisons profondes de mon engagement politique. Il m’a forcé à sortir du bruit, du brouhaha des réseaux sociaux, de la vie quotidienne et politique, pour prendre du recul et définir les grands enjeux que je veux défendre. C’est une colonne vertébrale, un fil rouge qui me tient sur le chemin que je veux emprunter. Je l’ai aussi écrit pour me coincer. Car maintenant qu’il est écrit et publié, ce livre m’oblige.

Certains chapitres commencent par une partie en italique. J’ai la chance d’avoir croisé sur ma route des personnes dont la sagesse m’a inspiré. Chacun à leur façon, ils m’ont appris des leçons précieuses. À leur contact, je façonne ma vision politique et garde le cap du bien commun. Il est si facile de se laisser emporter par le court terme, les luttes de pouvoir et les intérêts personnels. En particulier, en politique. S’entourer de personnes sages est le meilleur moyen de ne pas s’égarer. Ce livre est aussi un hommage à eux. Je ne les nomme pas. Ils se reconnaîtront. Je les fais intervenir en début de chapitre dans des interprétations personnelles et condensées de ce qu’ils m’ont transmis.

Je n’ai pas la prétention de vous présenter la vérité dans ce livre, mais bien ma vérité. Je vous présente ma vision du monde, de ses enjeux et des solutions à apporter. Je vous fais, en quelque sorte, entrer dans ma tête. Je ne m’encombrerai pas des formules de précaution de type « je pense » ou « ceci est mon hypothèse ». Mais je suis très conscient d’avoir encore énormément de choses à apprendre et que ma vision du monde, de ses enjeux et des solutions à apporter, évoluera avec le temps.

En politique comme ailleurs, on ne gagne qu’en équipe. J’ai pu compter, pour écrire ce livre, sur la contribution de plusieurs personnes actives sur le terrain dans des domaines d’expertise particuliers. Certains ont pris en main des chapitres, d’autres ont partagé des idées et des données. Ensemble, nous avons façonné cet ouvrage et le projet qu’il sous-tend. Les femmes et les hommes politiques ne sont pas omniscients. Nous ne pouvons pas tout savoir mais nous devons bien nous entourer. Je suis très fier de ce travail d’équipe. Chacun a donné du temps, du talent et du cœur à ce projet, dans un esprit de collaboration dont notre société a tant besoin.

Finalement, j’ai écrit ce livre en Europe en 2023. Il est capital de bien intégrer que tout ce qui est écrit concerne l’Occident. Certaines tendances, propositions ou analyses, ne peuvent pas être appliquées systématiquement à d’autres régions du monde où les enjeux sont parfois fondamentalement différents. Je ne répéterai pas cette précaution afin de faciliter la lecture, mais elle vaut pour l’entièreté de l’ouvrage.

Introduction :La vie, une mutation constante

1. Se placer dans l’Histoire

Depuis le Big Bang, la vie est une ode au changement. Il a fallu plus de 13 milliards d’années pour que l’explosion de ce qui n’avait la taille que d’un dé à coudre se développe et évolue jusqu’aux Univers d’aujourd’hui, que nos cerveaux humains ont encore tant de difficultés à concevoir. Dans cette immensité, notre Terre, apparue il y a 5 milliards d’années, est une évolution permanente. La vie n’a été longtemps que du minéral, une forme de vie éternelle et extrêmement stable. Il a fallu 2 milliards d’années, mais même cette vie minérale a évolué. Au fond des océans, des bactéries unicellulaires sont apparues. Lentement, elles sont devenues des algues. Le règne végétal s’est établi. Au bout de centaines de millions d’années, les végétaux les plus évolués vont devenir les premiers animaux sous-marins. Pour sentir cette évolution, intéressons-nous de près au corail. Nous sommes à la croisée des chemins. Sommes-nous devant un être minéral, un végétal ou un animal ?

Le temps qui passe et les sécheresses intenses ont fait descendre le niveau des mers et forcer les mousses stagnantes au bord des océans à s’affranchir de l’eau et à développer des premières racines. Ce règne végétal va petit à petit couvrir la Terre et attirer les premiers poissons à… sortir de l’eau. C’est sans doute la mutation la plus spectaculaire de tous les temps. Rendez-vous compte que des poissons ont littéralement muté. Petit à petit les nageoires se sont rigidifiées pour leur permettre de se mouvoir dans des environnements boueux, jusqu’à devenir des véritables pattes. De nouveaux organes se sont développés, comme les poumons. Plus puissant que le végétal grâce à sa capacité à se mouvoir, l’animal va coloniser la Terre.

Et l’aventure ne fait que commencer. Ces animaux vont évoluer jusqu’à ce que les plus grands d’entre eux, les dinosaures, dominent la Terre pendant plus de 160 millions d’années. Le gigantisme de leurs corps permet de capter les rayons de soleil et de les maintenir à température malgré leur sang froid. Une photo instantanée de cette époque aurait convaincu n’importe qui que les dinosaures avaient gagné la partie définitivement.

Et pourtant, le futur de la vie s’est caché ailleurs : dans de minuscules petites musaraignes. Elles n’avaient aucun atout extérieur pour battre les dinosaures. Mais elles avaient développé une fonction qu’aucun autre animal sur Terre ne possédait : le sang chaud. Lorsque, par des phénomènes très étudiés mais encore largement méconnus (probablement une intense activité volcanique), la Terre fut largement privée des rayons du soleil, les dinosaures se sont éteints. Leur grande surface de peau développée pour capter les rayons du soleil était devenue une source de perte de chaleur trop grande. Et la vie a poursuivi son évolution à travers les musaraignes. Les conditions étaient favorables. Elles étaient débarrassées de leurs plus grands prédateurs et elles pouvaient réchauffer leur corps indépendamment du soleil. Elles ont donc pu se développer jusqu’à l’extraordinaire diversité de mammifères qui a longtemps peuplé la Terre. Les espèces sauvages et domestiques qu’on connaît aujourd’hui n’en sont en réalité que de pâles restes. Parmi ces espèces, les premiers hominidés ont ouvert la voie à une quinzaine d’espèces. Ce qu’on appelle aujourd’hui l’Homme1, en fait partie. Cet Homme est en constante évolution depuis 7 millions d’années. Australopithèque était petit, entièrement couvert d’une fourrure dense, avec la mâchoire avancée comme un singe et un larynx dont la forme empêchait tout son articulé. Homo Habilis, toujours petit (130 cm en moyenne), marchait debout, mais possédait encore de grandes capacités pour grimper aux arbres. Il avait de moins en moins de poils et sa boîte crânienne commença à gagner en proportion par rapport au reste du visage. Si on lui attribue l’invention du premier outil (une pierre qu’on jette sur une autre), c’est Homo Erectus qui conquit le monde grâce, notamment, à la maîtrise du feu qu’il a acquise.

Entre ces premiers Hommes et Homo Sapiens Sapiens que nous sommes, l’évolution à la fois intérieure et extérieure ne s’est pas arrêtée une seconde. Il y a quelques millénaires, il était un Homme-mémoire. Tout ce qui existait était mémorisé et transmis par la tradition orale. Ce qui était oublié était perdu ! Il était donc vital de mémoriser la taille précise de tel animal, les qualités nutritives ou médicinales de telle plante. Nos ancêtres avaient des capacités de mémorisation gigantesques qui n’ont rien à voir avec les nôtres aujourd’hui. Ils pouvaient décrire leur descendance et remonter plusieurs dizaines de générations en arrière, là où nous peinons à nous souvenir du prénom de nos arrière-grands-parents. Mémorisant de plus en plus de choses, le cerveau humain est arrivé à saturation. L’Homme ne pouvait plus progresser ! Il a alors fallu que les Hommes les plus évolués développent l’écriture et la connaissance des nombres. Je ne peux qu’imaginer comme cette nouvelle faculté a dû être combattue à l’époque. Il existerait donc une nouvelle fonction qui permet de sauvegarder l’information et d’y avoir accès de manière illimitée sans devoir la mémoriser ? Imaginez comme l’ordre des choses était d’un seul coup chamboulé. Quelle serait par exemple encore la place des aînés, dont l’autorité reposait jusque-là sur leur mémoire plus avancée que tous les autres membres de la tribu ? Mais la puissance de cette innovation la rendait inéluctable. Certains tentaient bien de la freiner, mais c’était peine perdue. Petit à petit, la mémoire s’est vidée sur des pierres, des manuscrits, des livres, des disques durs et Wikipédia. Libéré de cette contrainte, l’Homme-mémoire a laissé place à l’Homme-intelligent. Avec l’écriture et le calcul, il a développé des facultés de déduction et de logique. Pour l’Homme-mémoire, cet Homme-intelligent était extraordinaire ! Ce qu’il faisait lui semblait inaccessible et irrationnel. Alors qu’il mémorisait de moins en moins, il devenait plus efficace et plus rapide dans tout. Il leur semblait prédire l’avenir alors qu’il ne faisait que déduire de manière logique certaines choses. Cette intelligence a peu à peu pris toute la place dans le cerveau de l’Homme et on est arrivé aujourd’hui, en Occident à tout le moins, à son sommet. Depuis les produits financiers dont plus personne ne comprend comment ils fonctionnent, à des exploits techniques comme la conquête de l’espace, tout est intelligence ! On sent bien qu’on arrive à nouveau à un « trop », que ce n’est pas la 6G ou la seconde gagnée sur une ligne de production qui vont nous rendre plus heureux et faire baisser les taux inquiétants de burn-out, de dépressions et de suicides. D’ailleurs, le relais a spontanément débuté. Regardez comme la calculette a largement allégé les capacités de calcul des enfants. Ça ne fait que commencer. Depuis décembre 2022, les intelligences artificielles ont débarqué dans nos vies quotidiennes avec une pertinence époustouflante. Et ce n’est encore rien. Quand les ordinateurs quantiques vont s’y greffer, cela va exploser. Très logiquement, comme la mémoire dans l’écriture, on va déposer notre intelligence dans l’intelligence artificielle. C’est inéluctable. On va continuer à innover et réfléchir, mais le futur de l’Homme n’est plus par là. Tout comme l’Homme a perdu une grande partie de sa capacité de mémoire, il va devenir moins en moins intelligent. Mais pour gagner quoi ? C’est bien l’écriture qui a permis l’intelligence ! L’intelligence artificielle va donc permettre une nouvelle faculté chez l’Homme. C’est la grande question, passionnante et enivrante, qui devrait nous habiter en permanence : quel est le prochain pas que la vie attend de nous ?

J’ai pris conscience qu’on ne peut pas construire un projet politique sans le placer dans le courant de cette grande Histoire de la vie. Je tire de cette mise en perspective quelques enseignements fondamentaux pour construire notre futur :

1) L’Homme mute. Tout mute. Dans quelques siècles et millénaires, l’Homme aura développé sa conscience et de nouvelles facultés biologiques qui en feront un Être différent de ce que nous sommes aujourd’hui. De quelle amnésie collective souffrons-nous pour croire que vous et moi serions une version finale et aboutie de l’espèce humaine ? On ne peut pas arrêter cette mutation, tout comme chaque matin on ne peut pas arrêter « l’irrésistible montée de l’aube2 ».

2) C’est une bonne chose, car l’Histoire nous a démontré que tout ce qui ne progresse pas, stagne, que tout ce qui stagne, régresse, et que tout ce qui régresse, meurt. Ce sont à chaque fois les espèces capables de s’adapter, d’inventer des nouvelles facultés extérieures ET intérieures, qui permettent à la vie d’évoluer. C’est en ce sens que nos sociétés doivent accepter le changement perpétuel. C’est ce que les progressistes ont bien compris. Encore faut-il pouvoir séparer le changement qui fait progresser de celui qui fait régresser. Et, bien entendu, faire l’effort de choisir celui qui fait progresser.

3) Ils devront aussi être suffisamment clairvoyants pour comprendre ceci : le nouveau n’efface jamais l’ancien. Il s’y ajoute et l’ancien ne disparaîtra que quand il aura perdu sa pertinence et son rôle dans l’évolution. Ce n’est jamais le nouveau qui le vire ! L’apparition des animaux n’a pas supprimé les végétaux. Le nouveau ne pourra d’ailleurs mener l’évolution que s’il laisse une place à l’ancien. C’est à cet endroit-là que les conservateurs ont raison. C’est comme une greffe : le porte-greffe est toujours le même et à la fois plus du tout le même car il fait à présent corps avec le greffon. Et pour que la greffe prenne, il faut que le greffon soit accepté par le porte-greffe, sinon il ne se déploiera pas. Jamais une loi ni une politique ne peut écraser ou effacer ce qui précède.

4) Le changement porteur de vie, est toujours mené par quelques-uns. Il suffit de quelques petites musaraignes, en nombre limité comparé aux dinosaures, pour que lorsque les conditions extérieures arrivent à maturité, elles se multiplient de manière exponentielle. Qu’il a dû se battre, Galilée, pour convaincre ses contemporains que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil ! C’était tellement évident pour tous les scientifiques de l’époque : on voyait le Soleil bouger. Comment pouvait-il en être autrement ? L’immense Mahatma Gandhi le disait à sa façon : « First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you and then you win. » Tout projet politique qui est tourné vers le futur de la vie, passera immanquablement par là. Ceux qui le portent devront être suffisamment courageux pour supporter les trois premières étapes.

2. Six enjeux de notre époque

Le monde change et de nouveaux défis se présentent à nous : changement climatique et effondrement de la biodiversité, migrations d’ampleurs inédites, vieillissement de la population occidentale, bouleversements géopolitiques, dédollarisation, digitalisation… On ne va pas gérer ces nouveaux challenges avec les solutions d’hier. Pourtant, les partis politiques, trop obnubilés par le court-termisme, restent immobiles et coincés dans des idéologies et des recettes du passé. Les socialistes et les libéraux s’embourbent dans un axe matérialiste gauche-droite qui oppose ouvriers et patrons, alors que le monde du travail a complètement muté (nature du contrat de travail, indépendants, économie de plateforme, temps partiel, changements de carrière et flexibilité, robotisation et IA, nouveaux métiers…). Les écologistes, après avoir mis l’écologie à l’agenda politique, ne parviennent pas à appréhender les multiples autres défis cités ci-dessus. Plus fondamentalement, ils ont perdu leur raison d’être maintenant que tous les partis ont intégré l’écologie dans leur projet. Les sociaux-démocrates, eux, ont continué à défendre un modèle de la famille bien qu’il était entretemps dépassé par la réalité de la société.

Dans ce livre, je ne parlerai pas beaucoup des Engagés, le mouvement politique auquel je suis affilié. J’ai, en effet, voulu écrire un livre personnel qui n’engage que moi et ne fasse l’objet d’aucun compromis. Mais il est important de souligner ici que « Les Engagés », sous l’impulsion de Maxime Prévot, est le seul mouvement politique en Belgique qui a eu le courage de se remettre en question en profondeur pour adapter son projet aux mutations en cours. Imparfaitement, sans doute, mais avec un effet réel.

Je ne crois plus à ces clivages et ces références du passé. Je pense que les grands choix que nous avons à faire sont tout autres. Les femmes et les hommes politiques sont appelés à se positionner sur de nouveaux axes. J’en perçois six que je vous propose d’explorer :

1. Le centrisme (plutôt que l’absolutisme)

2. La décentralisation (plutôt que la centralisation)

3. L’équité (plutôt que l’égalité)

4. L’encouragement (plutôt que la punition)

5. Le partage (plutôt que l’individualisme)

6. L’humanisme (plutôt que le matérialisme)

2.1. Le centrisme (<> plutôt que l’absolutisme)

Tout excès, tout absolutisme est égarement. La vérité est toujours au milieu. C’est Confucius qui l’a déjà dit et écrit il y a 2 500 ans dans L’Invariable Milieu. Pour lui d’ailleurs, ce n’était pas un milieu « mou », mais bien le milieu qui était la synthèse du meilleur des deux excès. Il utilisait (lui ou ses disciples plus tard) l’image de la balance pour illustrer cette philosophie. Pour qu’une balance soit en équilibre, il y a toujours deux plateaux. Les plateaux peuvent être chargés, et très lourdement, peu importe. Tant que les deux exercent une force équivalente, il y a équilibre. C’est le rôle du point d’appui.

On vit dans une époque avec une grande tentation d’absolutisme. Il suffit d’ouvrir Twitter pour voir comme personne ne concède un millimètre à l’autre. On le voit même dans l’offre politique, notamment en Belgique. Les extrêmes prennent de l’ampleur et les partis démocratiques se radicalisent à droite comme à gauche. Les radicaux ne chargent toujours qu’un seul plateau de la balance. En conséquence, ce plateau écrase l’autre et il n’y a plus de liberté. Quand une seule force gagne et ne laisse pas le droit à l’autre d’exister, c’est la fin de la liberté.

C’est en cela que je suis profondément centriste. Les centristes ne choisissent jamais un camp contre un autre. Ils donnent une place aux deux camps. Les centristes se battent pour qu’il y ait toujours deux plateaux à la balance et ils assurent l’équilibre entre les deux. Le centrisme, c’est le point d’appui, le pivot. C’est tout sauf mou, car ce n’est pas « un peu de l’un » et « un peu de l’autre ». Non, c’est à la fois « tout le poids de l’un » et « tout le poids de l’autre ».

Concrètement, cela veut dire que face à un pouvoir, nous nous battrons toujours pour installer un contre-pouvoir. Ce n’est jamais un problème qu’un pouvoir (une organisation, une technologie…) soit très fort, efficace et impactant. Il faut simplement lui mettre en face un contre-pouvoir aussi fort, efficace et impactant. C’est un équilibre dynamique où il y a un rapport cyclique entre pouvoir et contre-pouvoir. L’un peut devenir l’autre. C’est cette alternance qui fait la liberté. Mais il n’y en a jamais un qui peut écraser l’autre. Se battre pour la liberté, ce n’est donc pas du bla-bla ni une utopie. Non, c’est installer concrètement des contre-pouvoirs partout où des pouvoirs forts apparaissent. Les grands défenseurs de la liberté, ce sont les centristes.

À y regarder de plus près, on observe que ces contre-pouvoirs sont tantôt en danger, tantôt inexistants. Ils sont en danger en politique, où le pouvoir exécutif prend démesurément le pas sur le pouvoir législatif et où le pouvoir judiciaire, définancé et désorganisé, ne fait plus suffisamment le poids face au pouvoir politique. Ils sont inexistants dans le secteur financier, où le pouvoir monétaire de l’État crée des problèmes conséquents sans qu’il n’y ait d’alternative. À un niveau beaucoup plus local, il manque un contre-pouvoir en urbanisme à Bruxelles où l’absence de voie de recours sur le fond crée un pouvoir trop fort chez certains fonctionnaires. Etc. Pour garantir nos libertés fondamentales, il va falloir corriger le tir là où les contre-pouvoirs sont en danger et en installer là où il en manque.

2.2. La décentralisation (<> plutôt que la centralisation)

La technologie, et en particulier Internet, amène une nouveauté inédite dans notre société : tout le monde est connecté. Où que nous soyons, par notre maison, notre bureau, notre téléphone, les caméras, notre voiture… que nous soyons à l’arrêt ou en mouvement, il y a de plus en plus, et bientôt toujours, un lien entre nous et le réseau. Nous sommes connectés en permanence et ça ne va que s’accentuer. Comme toujours, nous pouvons nous battre contre cette évolution, mais je n’y crois pas. Elle est inéluctable, car les gains de temps, d’argent, de confort, de sécurité… sont énormes. Toute l’énergie déployée à nous y opposer fera de nous des doubles perdants car, entretemps, nous n’aurons pas utilisé cette énergie pour diriger cette évolution dans la bonne direction. Car si cette évolution où la mise en réseau totale est inéluctable, il nous est laissé le choix sur la nature des réseaux que nous construisons : centralisés ou décentralisés. Et la différence est radicale.

Si ces réseaux sont centralisés, notre connexion permanente permettra à l’État et aux grandes entreprises de tout décider à notre place. C’est « l’État-papa », l’État providence, qui nous offrira la stabilité et la sécurité en échange de notre liberté. Il pourra contrôler avec des algorithmes jusqu’à notre carte de banque qui ne nous permettra plus d’acheter un petit pain au chocolat si notre dossier médical indique un surpoids. C’est le modèle de la Chine où les caméras de surveillance envahissent les rues avec la reconnaissance faciale, où le yuan numérique émis par la banque centrale chinoise (Banque populaire de Chine) pourrait être couplé au système de crédit social3… Voilà une société rendue possible par la technologie et dans laquelle, lentement, telle la grenouille dans une eau qui chauffe, on risque de glisser. Car ce sera tentant que « Pour notre Bien » l’État prenne ceci ou cela en main à notre place.

Mais ce ne sera pas la faute de la technologie si on en arrive là. Car cette même technologie, et particulièrement la blockchain que j’aborde plus loin dans ce livre, permet aussi une tout autre société. Pour autant qu’on s’assure que ces réseaux soient décentralisés.

La décentralisation consiste à utiliser cette connexion pour permettre à chacun de librement contribuer au réseau et, de cette manière, d’enrichir la société. Par exemple, cela permet aujourd’hui à tous les citoyens d’alerter les services publics d’un défaut de voirie via une application sur son téléphone. C’est beaucoup plus efficace qu’un service centralisé qui doit faire le tour systématique de toutes les voiries. Ça permet de mesurer là où sont les signalements dérangeants et les interventions les plus pressantes. Une autre opportunité des réseaux décentralisés est de posséder et d’échanger de l’argent digital sans devoir passer par un acteur centralisé comme une banque. Cela réduit les frais et les délais. De manière générale, la décentralisation donne de l’autonomie et favorise donc l’initiative, la liberté, l’innovation, la créativité et la participation citoyenne. Mais elle exige aussi un sens plus fort de la responsabilité de chacun car il n’y a plus l’acteur central qui assume tous les risques.

Mais la décentralisation doit se faire à tous les étages de la société. Prenons l’enseignement. Au lieu de tout décider au niveau de l’État, il faut laisser beaucoup plus d’autonomie aux écoles pour qu’elles puissent adapter l’enseignement à la réalité de leur environnement et de leurs élèves.

Voilà un vrai clivage qui arrive. Il y aura ceux qui défendront un État centralisé et paternaliste, en référence au papa qui protège ses jeunes enfants en les commandant et en faisant les choix à leur place. Il y aura ceux qui voudront que les citoyens soient considérés comme des adultes qui prennent leur vie en main. Ceux-là défendront la décentralisation partout où c’est possible afin de donner un maximum d’autonomie. Je défends la décentralisation.

2.3. L’équité (<> plutôt que l’égalité)

L’égalité n’existe pas. Chaque code génétique est unique. C’est cette différence entre codes génétiques qui fait la vie. Rechercher l’égalité c’est nier la génétique. L’Union est notre force, la diversité, notre richesse.

Nos différences sont la source de notre créativité. Il y a pourtant une tendance à tenter de gommer nos différences, de vouloir l’égalité parfaite là où elle n’existe pas. Comme si on naissait tous avec les mêmes aptitudes, les mêmes qualités, les mêmes défauts… Or, c’est un leurre. Et un leurre dangereux, qui nous pousse vers un communisme qui tue. L’égalité veut que tout le monde ait exactement la même chose, en faisant fi du passé, de l’effort, des besoins individuels… Un modèle comme celui-là provoque la surveillance généralisée, une fiscalité confiscatoire, la démotivation et la perte de créativité, l’exode des intellectuels et des entrepreneurs et, au final, des régimes autoritaires. L’équité regarde là où il n’y a pas les mêmes chances au départ, et tente de rééquilibrer, mais sans chercher l’égalité parfaite qui mènerait aux problèmes précités. L’équité c’est la tolérance. L’équité c’est accepter l’imperfection humaine et l’intégrer dans la prise de décision.

2.4. L’encouragement (<> plutôt que la punition)

Regardez ce que provoque le dressage. Demandez au dresseur de lions. Il peut dresser la bête à coups de bâton, mais dès qu’il lui tournera le dos, il sera en danger ! À la moindre erreur, il se fait bouffer. Et tôt ou tard, on commet des erreurs, tous. Ce lion, c’est notre société qu’on « dresse » de plus en plus avec des contrôleurs et des inspecteurs. Les plus riches veulent que la société contrôle et punisse les plus pauvres. Les plus pauvres veulent que la société contrôle et punisse les plus riches. Mais attention, à la moindre erreur, les plus riches profitent des niches fiscales, s’enferment derrière les grilles de grandes propriétés, abusent de leur position. Et ceux qui se sentent faibles et acculés, s’en prennent à la Police, profitent du système, partent en grève et bloquent les routes. En se concentrant, comme le fait le dressage, sur le comportement faux qu’on va punir, taxer ou interdire, on provoque une contre-réaction négative. Tout le monde se sent abusé et donc tout le monde abuse. Mais il y a une alternative au « dressage », c’est la « domestication ». La domestication se concentre sur le meilleur et l’encourage sans cesse. Domestiquer un lion, c’est beaucoup plus lent. Ça demande de l’amour et de l’encouragement. Mais après, vous pouvez lui tourner le dos, il ne vous fera rien. Vous pouvez même glisser votre tête dans sa gueule sans crainte. C’est un tout autre monde.

Sur le même sujet, il est intéressant de prendre conscience que l’obscurité n’existe pas ! L’obscurité est simplement une zone où il n’y a pas de photons dans la plage de longueurs d’onde qui est perceptible à l’œil humain. L’obscurité est donc simplement l’absence de lumière. Et il n’y a qu’une seule manière de s’y attaquer : mettre de la lumière. Il n’y a pas d’autre option. Il a beau faire densément noir dans la plus grande des pièces, allumez une toute petite lampe de poche et l’obscurité est vaincue. L’obscurité n’existe que par l’absence de lumière. C’est la lumière qui mange l’obscurité, pas l’inverse. Ne nous préoccupons donc pas de combattre les ténèbres, mais bien d’allumer la lumière.

J’aime cette idée de la société de l’encouragement, celle qui laisse la place à tout le monde et crée une harmonie entre tous. Nous devons oser ça ! Parce que nous sommes tous forts à certains endroits, et faibles à d’autres. Il faut susciter le juste et le bon par des encouragements, notamment financiers. Partout où nous avons des comportements justes pour le climat, où nous produisons de l’égalité de droits pour les hommes et les femmes, des bénéfices sociaux… nous serons encouragés par l’État à le faire. L’argent sera le produit des actions justes. N’est-ce pas mieux qu’aujourd’hui où l’argent est le produit de la spéculation et de ce qui détruit la planète ?

En permanence il faut encourager le juste au lieu de combattre l’injuste. Le but de la vie, c’est d’« être ceci » » ou de « faire cela », pas de « ne pas être » ou « ne pas faire ». Ce n’est pas la même chose ! C’est une autre approche de la vie. Dans plusieurs pays, dont certaines villes chinoises, la population est surveillée avec l’intelligence artificielle pour pouvoir la punir en cas de mauvais comportement. Je ne veux pas de ce monde-là. Je préfère celui où chacun est libre, mais encouragé au meilleur par tout ce qui l’entoure. À ceux qui trouveront cela naïf, je leur propose de travailler un mois sans salaire. On se rend vite compte que ce n’est pas tenable. Toute création de valeur mérite salaire. Pourquoi celle que l’on fait en se comportant de façon meilleure ne le mériterait pas ?

Si nous avions le choix de vivre avec un chien battu et écrasé par la peur ou avec un chien domestiqué par des sucres, lequel choisirions-nous ? Je n’hésite pas une seconde… Nous avons le même choix entre la société de la punition et la société de l’encouragement.

Souvent les idées simples qui s’énoncent en peu de mots sont les plus puissantes. Cette idée de la société de l’encouragement du positif me semble être de celles-là, de celles qui peuvent avoir les plus grandes conséquences. Quitter ce monde punitif où il y a toujours un méchant, où on enfonce le fumeur qui n’est déjà pas fier de fumer avec des images atroces sur son paquet de cigarettes, pour un nouveau monde de l’encouragement où il n’y a que des gagnants, basé sur la foi en l’humain.

Nudging

En 2017, Richard Thaler a reçu le prix Nobel de science économique pour sa contribution en économie comportementale. Il a développé la théorie du « Nudge » qu’il définit comme : « un aspect de l’architecture du choix qui modifie le comportement des gens d’une manière prévisible sans leur interdire aucune option ni modifier de manière significative leurs motivations économiques. Pour ressembler à un simple « coup de pouce », l’intervention doit être simple et facile à esquiver. Les « coups de pouce » ne sont pas des règles à appliquer. Mettre l’évidence directement sous les yeux est considéré comme un coup de pouce. Interdire uniquement ce qu’il ne faut pas faire ou choisir ne fonctionne pas. »

La notion de nudging est étroitement liée à la société d’encouragement car elle cherche à influencer les comportements des individus de manière subtile, en les guidant vers des choix plus judicieux. C’est une approche moins intrusive que la réglementation directe et souvent plus acceptable socialement, car elle laisse la liberté de choix à l’individu tout en l’orientant doucement vers le comportement souhaité.

Par exemple, dans les lieux publics, on peut utiliser la théorie du nudge pour encourager le respect des normes de comportement et de civilité. Pour la propreté, à l’aéroport d’Amsterdam pour la première fois, des images de mouches ont été placées au fond des urinoirs pour motiver les utilisateurs à viser juste. Cette astuce aurait entraîné une diminution des frais de nettoyage des toilettes de 80 %. Pour la bonne alimentation, dans les écoles, nous pouvons placer des fruits et légumes à hauteur des yeux et les rendre plus accessibles dans les cantines. Pour la santé, la mise en place d’un marquage encourageant l’utilisation des escaliers augmente l’activité physique. Changer le système d’inscription au don d’organes pour devenir « opt-out » (inscription automatique sauf refus explicite) plutôt que « opt-in » (inscription volontaire). Financièrement, montrer systématiquement le coût total d’un emprunt dans toute sa durée, par exemple, peut décourager les emprunts impulsifs ou mal informés.

Le nudging dans les politiques publiques, bien qu’il présente de nombreux avantages, doit bien entendu être abordé avec précaution et doit s’accompagner de balises pour préserver l’éthique.

2.5. Le partage (<> plutôt que ­l’individualisme)