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Dans un petit village, de jeunes se rencontrent en période de vacances scolaires.Ti-Paul est tombé sous le charme de Maloune, une splendide jeune fille et le lui avoue. Quant à Maloune, elle veut prendre son temps, d'autant plus que ses parents refusent qu'elle fréquente quelqu'un avant d'avoir terminé ses études. Ce sera le début d'une longue et périlleuse aventure pour Ti-Paul et Maloune, se confrontant aux obstacles de la tradition et des valeurs familiales pour tenter de donner du sens à l'amitié et à l'amour. À quoi sert une rencontre ? De l'amitié peut-il naître l'amour? Sans jamais suspecter ses sentiments, Ti-Paul fera tout pour conquérir le coeur de la charmante demoiselle. Au fil d'une amitié virile est un roman éblouissant, dominé par la quête du sens de l'amitié, de la conquête et de l'amour. Il est surtout un éloge à la poésie et à son charme irrésistible.
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Seitenzahl: 92
Veröffentlichungsjahr: 2022
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À la jeunesse.
Il y a, au cours de l’existence, des rencontres imprévues et singulières, où bien des faits se produisent, en apparence anodins, et qui auront été les dons du destin.
- Hector Bianciotti
Maloune n’était pas appréciée dans le quartier où elle vivait ; la raison en est simple : c’est qu’elle cherchait à plaire aux gens qui se montraient galants et qui se donnaient pour ce qu’ils n’étaient pas. Elle s’amusait à parler aux uns et faisait fi des autres. Un jour en revenant de Cassanette, Ti-Paul, jeune garçon débrouillard, résidant du quartier décida d’engager la conversation mais Maloune refusa d’écouter le moindre mot de salutation. Elle prît d’emblée le taureau par les cornes car d’après elle, et cela lui paraissait évident, écouter ou répondre un « Salut, ça va ! » c’est accepter de converser.
Alors, Ti-Paul se sentit emberlificoté comme s’il se retrouvait posé sur une chaise avec interdiction formelle de bouger au millimètre près. Il se disait à mi-voix « Que dois-je faire ? ». Mais comme le vent soufflait cet après-midi-là, son interrogation a été amplifiée par l’agitation que ce dernier semait dans l’air environnant. Ainsi, le son émis par ce « Que dois-je faire ? » trembla comme un enfant en mal de poésie qui est incapable d’articuler un « Le petit écolier » en arrivant au quatrième vers disant : « Et ça qui prend amour le Paul… ». L’indicible Beauté qui portait le nom de Maloune voyait Ti-Paul tout drôle, se joua de lui en s’esclaffant tout en le questionnant :
– Ti-Paul, qu’as-tu à parler si bas ? Tu n’es pas seul ?
– Je parle à moi-même et l’amour m’étreint, dit Ti-Paul.
Il faut dire que la sublime créature de par ses origines est heureuse, fière de son être tout comme de son sexe parce que les garçons du quartier ont tout carrément peur de la courtiser. En effet, essayez de lui parler, et vous trébucherez. Pour ainsi dire, même les gens du quartier qui se disaient « Brillants causeurs » la détestaient en dépit de son charme qui brille d’un vif éclat inaccessible.
Ti-Paul, lui, quoique confus, prit son courage à deux mains pour s’adresser à elle, voire extérioriser l’amour qu’elle lui inspire au point qu’il ne puisse résister à l’envie de la flagorner. Dès qu’il s’y mit, Maloune arrêta de le questionner. Qui pis est, elle se mit à marcher plus rapidement comme pour fuir la conversation. En un mot, elle faisait le difficile. Impossible, lui disait-elle, en prenant le large.
Ce fut tout le contenu de leur conversation.
-Alors, comme ça tu me quittes sans même un mot d’au revoir ? dit Ti-Paul.
Quoi qu’il en soit, cette déception n’est pas pour me décourager. Au contraire, je vais la transmuer en énergie pour gagner le cœur de la colombe de ma vie. Mon Dieu ! Sera-t-elle d’accord ? C’est dur à digérer car cet amour me donne un charme fou. Mais je l’aime ! Ah non ? Je fais erreur… oui, c’est vrai ou je crois que je fais erreur…c’est que nous avons oublié d’échanger nos numéros pendant cette rencontre. Quand la rencontrerai- je encore, mon Dieu ? Mais notre conversation s’est résumée en un seul mot : IMPOSSIBLE ! ».
Le jour suivant, il faisait un soleil chaud au possible. Après avoir pris un bain au savon d’odeur, Ti-Paul s’était vêtu subtilement, on dirait, qu’il se mettait sur son trente et un pour avoir l’œil sur Maloune au même endroit où ils s’étaient rencontrés.
À dire vrai, il croyait qu’elle avait l’habitude d’aller voir son grand-père qui habitait à la ruelle Thomas chaque après-midi vers deux heures. Ti-Paul préparait son embuscade pour voir dans quel cas il pourrait la courtiser pour de bon.
Malheureusement, Maloune n’était pas passée voir son grand-père ce jour-là. Ti-Paul apercevait derrière lui l’ombrage d’une personne. Une idée trottait dans sa tête, son cœur battait à toute vitesse, il espérait que ce serait Maloune comme s’il avait rendez-vous avec elle. Il tourna la tête pour voir qui c’était. Ce n’était que Web-bens.
Déçu, il se mît à parler à ce dernier.
- Que viens-tu me faire là ?
- Rien, mon cher…Qu’attends-tu là ?
- Reformule ta question en remplaçant « qu’» par « qui »
- Qui attends-tu là ?
- J’attends Maloune.
- Maloune…Elle est ton amie ?
- Elle n’est pas mon amie intime, tout compte fait elle l’est.
- D’accord, elle serait capable de devenir ton amie intime mais tu ne sais pas si elle le deviendra vraiment.
- Je t’assure
- Peux-tu me faire parler à elle ?
- Non, elle n’est pas là. Ça, tu peux le voir.
- Par téléphone, j’ai mon portable en main.
- Non, je ne sais pas son numéro
- Donne-moi son email et je lui écrirai
- Je n’ai pas son email.
- Ti-Paul quel est son nom de famille ?
- Je ne sais pas encore. Web-bens pourquoi me poses-tu toutes ces questions à propos d’elle ? As-tu une idée pour elle ? Ou bien tu es en train de faire une enquête policière?
- Non, non, non Ti-Paul.
-Eh bien, quelle est ton intention ?
- Écoute, tu dis que Maloune est ton amie, tu ne connais pas son nom de famille, ni son numéro de téléphone ni son email. Comment vas-tu préserver cette amitié ?
- Cette question est valable. Je vais l’élucider pour toi.
Eh voilà ! : « Hier, en sortant de Cassanette, je l’ai rencontrée sur la rue, nous avons fait à deux le parcours. À un certain moment j’essayais de lui parler maintes fois, elle n’a pipé mot. Elle a fait toute une histoire pour résumer la conversation à un seul mot : IMPOSSIBLE.
Je n’ai pas eu le temps de lui demander son nom de famille, son numéro de téléphone et son email. Mais, je l’aime !
- Je comprends Ti-Paul, à force de l’aimer tu dis qu’elle est ton amie intime. Et pourtant au fond, ce n’est pas vrai. Tu es en train de vivre dans un monde imaginaire. Donc, d’après toi, Maloune est déjà ton amie.
- En effet !
- Voilà ce que tu dois faire ! Tu vas te procurer de son nom de famille, son numéro et son email ; ainsi tu pourras la séduire avec de beaux poèmes par téléphone ou par e-mail. Tu concrétiseras ton rêve avec elle.
-Bien sûr mon ami !
Merci pour tes conseils. Je t’assure, j’en ferai bon usage. Ceux-ci ont l’avantage d’être empreint de la grande sincérité d’un homme qui est mon camarade depuis longtemps. Je me félicite de t’avoir toujours soutenu depuis que nous étions sur les bancs du lycée.
- Pas besoin de réveiller le chat qui dort. L’essentiel est que tu gagnes le cœur de Maloune, celle que tu aimes par tous les moyens.
- Ok.
- Fais ce que je t’indique.
- Je ne peux pas ne pas le faire. Aie confiance en moi !
- Le résultat, tu me le diras ?
- Affaire conclue ! Je me ferai un plaisir de te mettre au parfum de notre vie amoureuse.
- Ce qui m’intéresse…Ce n’est pas ta vie amoureuse. Sois-en bien convaincu ! Toute chose n’est pas bonne à dire.
- Web-bens, ne t’inquiète pas de la manière dont cela se passera. Au contraire, je cherche à devenir un génie en amour.
- C’est génial… On se voit.
- Ciaooo…
Les feuilles des arbres étaient vertes et les arbres étaient environnés d’ombre, les extrémités de leurs longues branches basses pendaient comme des doigts…et leurs racines se dressaient hors de terre. Pour qui connait bien Jérémie, c’est justement le long de la plaine des Gommiers ; du bus étant, on peut observer ce décor inouï. Il faut en rester là au risque de se retrouver très vite à trop vanter la Grand’Anse tant elle regorge de merveilles.
Quand on vient de Jérémie, on a l’impression qu’on va parler du fameux « pont Grand’Anse », œuvre d’un ex-président d’Haïti dont le nom est très connu du peuple Haïtien puisqu’à tous les coins de rues, tout le monde avait l’habitude de réciter cette petite leçon d’Histoire d’Haïti : « Pont suspendu de la Grand’Anse, telle est l’une des plus considérables réalisations de Dumarsais Estimé ». Ou du moins, tantôt on parlait de la Guinaudée, ou de la Voldrogue, ou du pont de la ville des Roseaux.
Mais, quand même les voyageurs font l’énumération des différents ponts systématiquement pour décrire le trajet à parcourir de Jérémie à Beaumont. On allait oublier de rappeler un détail qui a son importance. À chaque pont qu’on traverse, le passant peut faire escale à volonté en pleine nature, prendre un bain quand il a chaud ; ce qui fait le charme de la Grand’Anse. Les piétons tout comme les taximen, les passagers des Bus répondant aux noms « Dieu qui décide », « Immaculée », « Grâce de Dieu », « Espérance »
… se sentent heureux en dépit de la mauvaise route, des secousses à droite et à gauche que subissent les passagers. Cela ne fait que renvoyer au besoin d’amélioration de la route grandanselaise.
Maloune quitta Jémémie, la cité des poètes, pour passer ses vacances dans sa ville natale. Il était huit heures battant du soir, elle se rendait à la gare routière à l’attente de l’autobus « Grâce de Dieu » car c’était son fifi bus.
L’on pouvait voir, occupant le décor, le contrôleur, celui qui doit recueillir les tickets, les travailleurs, ceux dont le rôle est de vérifier si les bagages des passagers sont à leur place, et en l’occurrence veillent à l’embarquement du bus.
Il faut dire que c’est aux passagers qu’il revient de surveiller leurs affaires, parce qu’à l’intérieur de l’autobus on pouvait lire la phrase suivante : « passagers, surveillez vos affaires ». Le chauffeur, lui, doit se contenter de conduire le bus. On est même en droit de dire qu’il y a des bus qui ont deux chauffeurs ; le contrôleur étant souvent un chauffeur lui-même, l’a recconue, parce que Maloune a l’habitude de voyager dans ce bus.
Si on voulait la caractériser, on pourrait dire Gracienne de Dieu ce jour-là ! Et ce, pour deux raisons : D’abord, parce que le contrôleur, le chauffeur et les travailleurs connaissaient fort bien cette jeune fille, et ensuite, parce que le chauffeur, lui-même a été condisciple de son père quand ils étaient au collège Évangélique Baptiste de Beaumont.
« Chacun doit faire son chemin dans la vie car tout chemin mène à Rome », dit le chauffeur Valdy.
Maloune ne tenait plus en place dans l’autobus, comme elle était assise près de la fenêtre, on pensait qu’elle risquait de vomir si elle avait des haut-le-cœur. Pourtant, elle faisait juste le « m’as-tu vu ». Si bien que, les passagers du bus disaient de vive voix et en chœur, la remarque que voici : « Faire le m’as-tu vu cela ne vaut pas le cul ».
Si on n’était pas témoin on aurait dit que les passagers s’étaient organisés et arrangés pour faire un tel constat. Heureuse constatation pour les passagers. Nonobstant triste pour la jeune fille gâtée qui aurait pu se comporter autrement, mais par souci de se montrer, elle s’est dévoyée publiquement.
Du coup, régna une ambiance à l’intérieur de Grace de Dieu car cette jeune fille, attrayante, aguichante, fut la proie des plaisanteries. Même sa valeur intellectuelle n’était pas respectée. Le vieil adage créole : « Jan bouki kanpe konsa ou taye kanson l’» nous en apporte la preuve.
Pour revenir à Maloune, Boss Elle-est-ma lui demandait si elle avait déjà quelqu’un dans sa vie parce qu’il voyait qu’elle paraissait on ne peut plus « Pimbêche » au point qu’on puisse la qualifier de « An tchelele
