Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Début 1981 la loi autorise les radios sur la bande FM. Après avoir étaient pirates, elles deviennent libres. L'aventure commence par la création de la deuxième radio libre sur Bordeaux et sa région. De Bordeaux Star à Skyrock en passant par Studio 2000,Régie 7 et Radio Star,de radio libre à radio professionnelle ,un épisode de la vie de toutes les radios crées et dirigées par l'auteur. Dix ans d'aventures vécues avec passions et de bonheur.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 111
Veröffentlichungsjahr: 2017
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Dédié à ma femme et tous ceux qui m’ont aidé dans cette aventure avec un merci particulier à Jean Claude
Ces pages retracent, sur des faits réels, mon épopée radio pirate, radio libre, radio locale privée, et pour finir radio professionnelle.
Première partie : Radio pirate
Deuxième partie : Radio libre
Troisième partie : Radio locale associative
Quatrième partie : Radio locale privée
Cinquième partie : Radio privée
L’aventure débute au mois d’Avril 1981 avec la rencontre de Jean Charles, sur mon lieu de travail.
Passionné d’aventures audiovisuelles, et à l’époque de cinéma, Jean Charles réalisait de petits films d’animation fantastiques. J’appréciais la qualité de son travail et surtout la foi qui l’animait à réaliser tout cela.
Réalisés en super 8, j’ai eu l’occasion de visionner plusieurs de ses réalisations sur la guerre des étoiles avec tous les trucages voulus. Du beau travail qui le passionne d’ailleurs encore.
La camaraderie étant née entre nous, il me fit part de ses projets sur la communication : radio, télévision etc.….A la mi Septembre 1981, alors que les radios pirates en étaient à leurs balbutiements, Jean Charles me raconte son idée de création de Bordeaux Star.
Avec la collaboration de Pierre et de François l’association 1901 qui allait régir tout le reste fut montée. Les trois personnes minimum étaient là : le président, le secrétaire et le trésorier.
Mise de fond initiale : 1000 francs et les voila partis pour l’aventure.
Les studios seraient le garage attenant à la maison de la mère de Jean Charles. Ce local se composait d’une grande pièce de 6m sur 5, d’une petite salle de bain, deux pièces de 3 m sur 3 et tout l’entassement d’une vie se faisait là dedans. Pas question de dépenser beaucoup d’argent, c’était le moyen qui manquait le plus.
Pour cette expérience passagère la première pièce serait la seule à être aménagée. Le bricolage serait de rigueur.
Jean Charles et quelques amis construisirent les cloisons, les étagères, le plan de travail etc.…
La cloison comprenait un vitrage permettant la vision d’une pièce dans l’autre. C’était presque comme des pros, enfin de très loin. La porte d’entrée de la station donnait dans le studio qui avait pour seul mobilier une table de cuisine. L’accession a la régie se faisait directement, sans aucune séparation insonorisante.
L’ingéniosité était de rigueur dans cette pièce. Le micro était pose sur un tube venant d’un lit de récupération, la platine de gauche et le magnétophone à cassette appartenait à Jean Charles et la platine de droite appartenait à François. Seule la petite table de mixage Power, avait été achetée. Table amusante car elle ne permettait l’utilisation que d’un seul micro, de deux platines et d’une entrée auxiliaire.
L’imagination faisait que pour utiliser plusieurs micros, l’entrée prévue à cet effet était branchée sur une chambre d’écho qui elle, avait plusieurs entrées.
Miracle du branchement en série, puisque, alternativement, nous pouvions brancher des micros ou des téléphones !!
L’achat de l’émetteur mono, l’antenne, les câbles étaient réglés par les 3000 francs du pot commun.
Tout ceci était fourni par un ancien radio amateur, transformé en marchand d’électronique pour radio libre. L’antenne était des plus folkloriques, car elle ressemblait plus à un râteau de jardinier qu’à une chose allant émettre des ondes hertziennes.
Restait pour terminer, l’installation, de tout cela sur le toit de la maison de Jean Charles, et comme un de ses amis était entrepreneur, il se mit à l’échelle et au haubanage (hauteur approximative depuis le sol : 12m).
Tout était prêt pour la première émission avec pour seuls animateurs Jean Charles, Pierre et François.
Jean Charles, garçon plein d’initiatives et d’idées avait une qualité qui allait vite devenir un très gros défaut pour lui : la gentillesse. Ne sachant jamais dire non, il allait vite se rendre compte que l’on se servait souvent de lui et parfois à ses dépens.
Pierre quand à lui, était un jeune homme très indécis. Il lui fallait parfois énormément de temps pour prendre une décision, mais lorsqu’elle était mûrie il savait être têtu le bougre. Il était plein de bonne volonté mais avait malheureusement une santé quelque peu fragile.
François est un personnage. Plein d’intelligence, d’à propos, de répartie, d’histoires drôles et simples, enfin sachant parler devant un micro et sachant dialoguer avec les auditeurs, bref, l’animateur idéal. Malheureusement coté cœur et coté psychologique il était un peu fragile (en apparence) et surtout très volage.
Voici donc mes trois amis prêts à faire leurs balbutiements dans la radio ou comme l’on disait entre nous : « causer dans le poste ».
L’ouverture de l’antenne s’est faite à la mi Septembre 1981 avec comme seuls animateurs Jean Charles, François et Pierre.
En fonction de leur travail Pierre et Jean Charles assuraient la permanence entre 07h et 24h. Le reste du temps était assure par François, a qui il pouvait arriver de tenir 8 h d’antenne car pour lui le chômage ne l’inquiétait pas. Ses problèmes de présence étaient en partie réglés par le couchage sur place dans une des pièces de derrière. Il assurait fréquemment la fin de soirée et le début de matinée.
Travail difficile et long. Seule, la foi et la croyance dans ce nouveau hobbie leur permettaient de tenir, sans compter les heures après minuit pour inlassablement faire et refaire les jingles.
Une semaine après leur début, ma passion pour ce media débuta par la visite de ces modestes « studios ».
C’est en parlant de leurs soucis pour régler des problèmes extérieurs qu’ils me proposèrent de les aider, car comme on s’en doute ils n’avaient pas le temps de s’en occuper.
L’aventure débuta avec le titre ronflant de « relations publiques » d’une radio pirate.
Je n’allais plus quitter ce milieu jusqu’en 2000.
Mon appartenance au monde associatif et sportif m’ont grandement facilite la tache. Des fonctions de président ou trésorier ou secrétaire m’ont permis d’approcher bon nombre de personnes qui comptent et comme j’adore la communication et le dialogue cela allait me servir.
Les « studios » étant relativement mal situés, puisque dans une toute petite rue, il fallait une adresse postale pour pouvoir être présent. Ce fut ma première démarche et mes premiers heurts avec l’administration.
Les PTT, institution vénérable, demandait un dossier complet pour l’ouverture d’une boite postale, et même plus pour une radio dite « pirate ». Que de problèmes pour réunir tous les documents souhaités. A force de démarches et de palabres une adresse postale a été ouverte au nom de Bordeaux Star. Ce fut un petit événement pour la station car c’était le début de la reconnaissance de cette radio.
Le fait d’avoir quelques connaissances m’a permis de faire créer des affiches, un logo personnalisé, du papier à en tête et enfin des autos -collants avec la fréquence.
Ces adhésifs ont été mon premier contrat payant, mais je dois avouer que la société avec qui nous avons travaillé, nous a facilité la tache en ne nous demandant pas des prix prohibitifs .Cette expérience de radio les amusait et ils nous ont fait plus plaisir que du commerce (à cette époque l’échange marchandise ne fonctionnait pas encore).
La radio commençait à se faire connaître et il a fallu étoffer un peu les programmes qui n’étaient jusqu’ici essentiellement musicaux.
J’ai pris la responsabilité d’une rubrique sport les lundis et vendredis et connaissant bien le milieu il était facile de traiter ce sujet.
La gourmandise venant en mangeant, il m’a fallu m’intéresser de plus prés au club de football professionnel phare des Girondins de Bordeaux. J’avoue ignorer tout de ce monde là, à l’époque.
Un ami garagiste m’a permis de rentrer en contact avec le président du club des supporters (il n’en existait qu’un à l’époque).Personne fort sympathique, et qui ne demandait qu’à parler de son club et de son association. Une entente sur des jeux, avec citation de son association, contre des cadeaux du club et j’ai ainsi pu mettre un pied dans le prestigieux club.
Suite à nos bonnes relations j’ai eu la joie d’être présenté à tous les joueurs de cette équipe, qui à ce moment la, n’étaient pas encore les stars de l’actualité qu’elles sont devenues : Mrs Giresse, Lacombe, Couecou, Rohr, Trésor etc.…
Il était évident que, muni des numéros de téléphone personnels de ces joueurs, mon émission allait avoir une autre audience. Les directs étaient fréquents mais uniquement par téléphone pour cause …..de studio.
Mon action « journaliste sportif » devait continuer pendant toutes mes années de radio.
Du coté des relations publiques, ma première organisation devait être une soirée dansante. Le problème de la sonorisation était vite réglé avec un disco mobil de mes amis qui nous a prêté son matériel gratuitement moyennant l’annonce de ses soirées sur les ondes.
La salle fut plus difficile à obtenir .Du cote municipal le phénomène radio était encore récent et surtout considéré comme pirate, d’où la fermeture des portes de ce coté la.
Tout ceci n’était que la version officielle car après la rencontre du président de l’association de quartier, il accepta lui aussi moyennant l’annonce de leurs manifestations, la municipalité fermant les yeux pour cette fois.
Une soirée n’est intéressante que si elle est bien animée .Coté animateur, le problème ne se posait pas, ceux de la radio feraient l’affaire, mais qui dit animation dit cadeaux.
Je me mis en quête auprès des commerçants de la ville Chaque jour m’apportait son lot de satisfaction. Des pellicules de film, des objets publicitaires de toutes sortes, des bouteilles de vins etc.….
Pour l’animation cela allait mais il fallait quelque chose de plus important et un magasin d’électroménager me donna des chaînes Hi-Fi et des télévisions.
Munis de ces cadeaux nous voila partis à l’assaut de la publicité à faire. Par le biais de l’antenne rien de plus facile un matraquage en règle servait de bande annonce.
Il fallait sortir de la sphère de notre radio. Un ami dessinateur nous a fait une maquette d’affiche, et comme nous n’avions pas les moyens de les faire imprimer, la reproduction se fit par de simples photocopies.
La distribution se fit essentiellement sur notre lieu de travail et chez les commerçants du quartier élargis. Tout était en place, restait l’attente.
La vente des billets à la station ne marchait pas fort et le moral de Jean Charles n’était pas au beau fixe.
Au jour J à l’heure H la surprise allait être de taille.
L’animation était assurée par Jean Charles et Pierre, l’encaissement et l’entrée par mes soins avec quelques camarades qui m’aidaient à l’organisation. L’ouverture eut lieu à 21h.Vers 21h30 le rush commençait pour ne plus s’arrêter. J’empochais billets sur billets et je me transformais en tire lire ambulante. Il en venait de partout : de Bordeaux et de toute la banlieue, c’était extraordinaire. Dehors des colonnes de gens se dirigeaient vers la salle et se précipitaient à l’intérieur. La surprise fut grande car vers 23h nous en étions à 1200 personnes soit la capacité maximale de la salle dépassée.
A partir de ce moment là il était difficile d’assurer la sécurité et j’ai pris la décision de fermer l’accès au grand regret des nombreuses personnes qui s’agglutinaient dehors (300 à 400 vers minuit).
Le succès fut complet et à la présentation de la radio, nous avons compris que nous étions écoutés et même surpris par la fidélité des auditeurs.
Ceux qui nous écoutaient, pouvaient mettre un visage sur une voix et cela les enchantaient. Ils connaissaient tout de nous, de nos émissions, de nos invités, de nos retards, bref la notoriété.
Je vais être méchant avec ces auditeurs mais je peux dire qu’ils ont poussé la « bêtise » jusqu’ à nous demander des autographes.
La soirée se termina fort tard dans la nuit devant une soupe à l’oignon avec un bilan de presque 30 000 Francs encaissés.
Le succès était bien présent. Il fit plus de mal que de bien à la plupart des membres de l’équipe.
Ayant les pieds sur terre, je pense avoir été le moins touché et bien conscient de ce qui nous arrivait. La plupart se voyait déjà dans une grande radio et RTL ou Europe 1 n’avaient qu’à bien se tenir. Chacun se trouvant bien sûr très bon et faisait son auto satisfecit. Les rapports entre animateurs devenaient de plus en plus difficiles. Les têtes avaient tellement enflées que le passage de la porte du studio était impossible pour certains.
Mes rapports avec Jean Charles et Pierre étaient toujours aussi cordiaux et conscients du phénomène ils m’ont chargé de « dégonfler » ces ballons qui commençaient à s’envoler .Cette mission n’était pas facile car tout le monde il est beau mais pas forcement gentil.
Mes rapports avec les animateurs devinrent soit sympathiques pour les plus intelligents, soit détestables pour les c.., les uns comprenant, les autres pensant que j’étais dans le faux et persistaient à penser qu’ils étaient le centre du monde.
Ces derniers allaient provoquer mon départ quelques mois plus tard.
L’argent de cette soirée allait nous permettre d’agrandir nos studios et de nous installer un peu plus confortablement .Jean Charles et moi faisions tout le travail de bricolage. Un mois après cette soirée, une régie flambant neuve et un nouveau studio voyaient le jour dans les pièces à l’arrière de la maison.
Le matériel était neuf encastré dans un plan de travail, le sol, les murs étaient moquettés, les plafonds insonorisés. Cela devenait les plus beaux locaux d’aucune radio libre de Bordeaux.
