Balade parisienne - Alexandra Delrue - E-Book

Balade parisienne E-Book

Alexandra Delrue

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Beschreibung

A travers cet ouvrage, partez à la découverte du quatrième arrondissement de Paris. Visitez des bâtiments historiques, des squares, des églises, des hôtels particuliers. Arpentez rues, avenues, boulevards et ruelles. Admirez des oeuvres majestueuses ! Découvrez des édifices disparus aux histoires incroyables ! Prenez le temps de voyager sans bouger (ou pas) de chez vous.

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Seitenzahl: 850

Veröffentlichungsjahr: 2021

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« Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. Parcourez-la, décrivez-la : quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à la décrire ; quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un antre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï, oublié par les plongeurs littéraires ».

Le Père Goriot, Honoré de Balzac.

Les premières habitations sur l’île de la Cité datent sans doute de l’époque gauloise. A l’époque romaine, l’île de la Cité est reliée aux deux rives par des ponts se situant à l’emplacement de l’actuel Petit-Pont et du pont Notre-Dame. Le tracé de la rue Saint-Martin correspond à celui de la principale voie romaine.

L’extension des habitations sur la rive droite remonte au Ve siècle avec la construction du sanctuaire de Saint-Gervais. Au IXe siècle, Saint-Gervais est protégé par une enceinte qui devait probablement se situer au niveau de la rue de Rivoli et s’étendre jusqu’à la Seine, de la rue des Barres à la rue de la Tacherie. Le bourg se développe autour du marché de Grève à partir du XIe siècle.

En 1111, la Cité est pillée par Robert 1er, comte de Meulan, qui détruit les deux ponts de l’île. Louis VI décide de reconstruire plus à l’ouest le pont de la rive droite et de le protéger par un châtelet. La construction de ce nouveau pont à l’emplacement de l’actuel pont au Change entraîne l’apparition d’un nouveau quartier autour du Châtelet où se sont installés les bouchers.

Jusqu’au début du XVIIe siècle, l’île Saint-Louis était inhabitée et était un espace réservé au pâturage pour le bétail. Elle a été intégralement lotie sous le règne de Louis XIII (1610-1643). C’est à cette époque qu’elle a pris son nom actuel en l’honneur du roi.

Depuis la fin du XIXe siècle, le quartier du Marais est notamment côtoyé par une importante communauté juive. La rue des Rosiers en est la place principale : on y trouve en grande partie des restaurants cachers et des magasins illustrant la culture juive. Ils sont de plus en plus remplacés par des magasins de vêtements depuis que la rue a été rénovée au début des années 2000.

Depuis les années 1990, une communauté homosexuelle, aujourd’hui importante, est venue s’installer dans le quartier de l’Hôtel de Ville avec un certain nombre de bars et de restaurants arborant le drapeau arc-en-ciel de la communauté, notamment rue des Archives et dans les rues bordant le Bazar de l’Hôtel de Ville.

Sommaire

QUARTIER SAINT-MERRI

Parcours 1 (1,3 km)

Parcours 2 (1,3 km)

Parcours 3 (1,5 km)

QUARTIER SAINT-GERVAIS

Parcours 4 (2,1 km)

Parcours 5 (1,6 km)

Parcours 6 (1,4 km)

Parcours 7 (1,6 km)

LE QUARTIER DE L’ARSENAL

Parcours 8 (1,8 km)

Parcours 9 (1,4 km)

Parcours 10 (1,3 km)

LE QUARTIER NOTRE-DAME

Parcours 11 (1,4 km)

Parcours 11 (1,250 km)

Parcours 13 (2,1 km)

Bibliographie

Quizz

Liste des monuments et rues

QUARTIER SAINT-MERRI

Le quartier est ainsi nommé en l’honneur de l’évêque Merry de Paris, moine et prélat du VIIe siècle. En 1702, Paris est divisé en vingt quartiers ; Saint-Merri se retrouve dans le quartier de Saint-Martin, actuel 10e arrondissement. En 1790, la capitale est redivisée en 48 sections et le quartier Saint-Merri se déplace dans la section Beaubourg. En 1860, les vingt arrondissements de Paris sont créés et tronçonnés en 80 quartiers ; Saint-Merri prend sa place actuelle dans le 4e arrondissement – 13e quartier.

Bien que le plus petit des quatre quartiers du 4e arrondissement, Saint-Merri est également le plus important d’un point de vue géopolitique et culturelle. La présence de l’Hôtel de Ville, cœur historique de la Cité, et des bâtiments administratifs qui l’entourent (Assistance publique, casernes Lobau et Napoléon) font du sud de ce quartier un périmètre à la fois en marge et la matrice originelle des structures politiques urbaines de Paris. La place du Châtelet, plus à l’ouest, est la plaque tournante de la capitale, à la fois en surface et en sous-sol, nœud gordien de la grande Croisée de Napoléon III et lieu de correspondance entre cinq lignes du métropolitain, reliées sous terre au réseau de transport régional des Halles. Le square de la tour Saint-Jacques représente une respiration à l’anglaise, au carrefour de trois percées haussmanniennes. Plus au nord, l’ouverture en 1977 du Centre Pompidou a suscité l’engouement après les polémiques. Lieu de rassemblement multiculturel et de festivités populaires, la piazza est en lien direct avec le forum des Halles.

Parcours 1 (1,3 km)

Le parcours commence à proximité du boulevard de Sébastopol.

Rue des Lombards

La rue commence 4 rue Sainte-Opportune et se termine 11 rue Saint-Martin. Elle mesure 228 mètres de long et 13 mètres de large. Elle s’étend sur les 1er et 4e arrondissements.

Etymologie

A l’époque de Philippe-Auguste (1180-1223), des Lombards s’installent dans cette rue en tant que prêteurs de fonds et donnent leur nom à la rue.

Histoire

La rue est complètement bâtie en 1250. En 1300, elle s’appelle la « rue de la Buffeterie » ; « buffetier » signifiant en vieux français « marchand de vin ». Elle prend son nom actuel en 1322. De 1612 à 1636, la rue est nommée « rue de la Pourpointerie » ; les pourpointiers confectionnent des pourpoints, un vêtement masculin. En 1877, la rue de l’Aiguillerie, située entre la rue Saint-Denis et la rue Sainte-Opportune, est annexée à la rue des Lombards.

Immobilier

8

 : Le concierge est, le 13 février 1831, le 1

er

mort présumé de la 2

e

pandémie de choléra qui tuera en six mois 18 402 personnes.

7

 : vestige de l’ancienne maison datant du XVII

e

siècle. A l’angle des deux rues (rue Nicolas-Flamel), succession de baies jumelées alternant plein cintre et cadre rectangulaire.

10

 : la troupe du

Splendid

(Christian Clavier, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Bruno Moynot et Claire Magnin) s’établit ici en 1974.

14

 : Comme bien d’autres restaurants de la rue, celui-ci possède en sous-sol une belle cave médiévale à voûtes d’arêtes. A l’époque, elle portait l’enseigne « L’Ymage Nostre Dame ». Cette chapelle souterraine a été construite au XIII

e

siècle par l’ordre des templiers, dans le but d’en faire un site d’échanges financiers et commerciaux. Pendant la Révolution, la chapelle aurait servi de lieu de rassemblement pour des messes secrètes du clergé.

16

 : ancienne maison médiévale ayant son pignon pointu en façade.

20

 : le bâtiment est légèrement en retrait sur la rue Quincampoix et pour cause. Depuis 1569, il est interdit de construire une maison à cet emplacement. A cette époque, un arrêt du Parlement fit raser la maison où logeait deux riches marchands huguenots, après les avoir faits exécutés. L’interdiction de bâtir en ce lieu est continuellement prescrite depuis plus de quatre siècles. Cet arrêt a profité au bâtiment de la rue voisine qui est devenu le n°20 par la force des choses. Le rez-de-chaussée a été, de 1970 à 1973, le siège parisien du mouvement

Ordre nouveau

.

Prendre à droite

Rue Quincampoix

La rue se partage entre les 3e et 4e arrondissements. C’est une rue étroite, environ 10 mètres de large, parfois moins, et dont l’alignement n’est pas toujours régulier.

Etymologie

L’origine nominative de la rue est assez incertaine. Il pourrait s’agir du nom d’un seigneur de Quinquenpoit, d’Adam de Quincampoix, de Nicolas de Kiquenpoit ? Recherches en cours…

Histoire

Il est déjà question de cette rue dans des actes authentiques de 1210. Elle est citée dans « le Dit des rues de Paris » de Guillot de Paris sous le nom de « rue Quinquempoit ». Ce nom a ensuite été écrit diversement : « rue Cinquampoit », « rue Quiquenpoist », « rue Quinquempouel » et enfin « rue Quincampoix ». Au XIXe siècle, la rue Quincampoix, longue de 324 mètres, commençait aux 16-18 rue Aubry-le-Boucher et finissait aux 17-19 rue aux Ours. Sa partie sud, entre la rue des Lombards et la rue Aubry-le-Boucher, était autrefois connue sous le nom de « rue de la Couréerie », « rue de la Courroierie » ou « rue de la Vieille-Courroirie », avant de prendre le nom de « rue des Cinq-Diamants » au XVIe siècle, à cause d’une enseigne. C’était encore un lieu de prostitution notoire dans les années 1960-1970. Ce qui lui valut d’être surnommée la « rue des Mauvaises-Paroles » ou « rue des Cocus ».

John Law

Louis XIV en mourant avait laissé l’Etat grevé d’une dette de 2,62 milliards. Pour faire regorger les traitants, le Régent établit d’abord une chambre ardente. Cet expédient ne fut qu’un insuffisant palliatif. Un Ecossais, John Law, fils d’un usurier d’Edimbourg, vint alors proposer l’établissement d’une banque générale, où chacun pourrait porter son argent, et recevoir en échange des billets payables à vue. Cette banque offrait pour hypothèque le commerce des compagnies du Mississippi, du Sénégal et des Indes orientales. La rue Quincampoix fut le centre de cet agiotage. La banque y a en effet un bâtiment, l’hôtel de Beaufort (détruit lors du percement de la rue Rambuteau). Le 4 décembre 1718, le Régent érigea cet établissement en banque royale, et Law en fut nommé directeur. Le 27 du même mois, un arrêt du conseil défendit de faire en argent aucun paiement au-dessus de 600 livres. Afin d’étouffer toute velléité, l’Etat procédait à des confiscations. Les dénonciateurs étaient encouragés et récompensés. On vit des valets trahir leurs maîtres qui cherchaient à conserver l’argent possédé. Toutes les maisons de la rue furent envahies de la cave au grenier par des escrocs. Un savetier louait son tabouret et en tirait 6 000 livres par mois. Des fortunes incroyables se font en quelques jours. Un personnage grotesque barbotait au milieu de cette fange. C’était un pauvre diable que le caprice de la nature avait favorisé d’une protubérance dorsale. Son industrie consistait à louer sa bosse aux agioteurs, qui au milieu de la foule s’en servaient de pupitre. Il aurait gagné près de 150 000 livres. En 1719, cet établissement commençait déjà à tomber en discrédit. Des marchands anglais et hollandais se procurèrent alors à bas prix des sommes considérables en billets. Ils se firent rembourser par la banque et emportèrent hors du royaume plusieurs centaines de millions en numéraire. Le mécontentement éclata bientôt. Pour calmer les esprits, le Régent destitua Law de ses fonctions de contrôleur-général. Puis, on envoya les « mauvais » sujets peupler le Mississippi. La police arrêta les rebelles, ainsi que les filles publiques détenues dans les prisons. Des femmes, dans l’espoir de vivre sans crainte avec leurs amants, payèrent des archers pour envoyer leurs maris au Mississippi. Des fils, pour jouir plus vite de leur héritage, usèrent du même moyen avec leurs pères. Le peuple indigné se révolta, battit, voire tua quelques archers, et le ministre intimidé fit cesser les persécutions. Un édit du 21 mai 1720 ordonna la réduction graduelle de mois en mois des billets et des actions de la Compagnie des Indes. Cette mesure fut révoquée 24 heures après, mais elle avait déjà porté un coup mortel à la banque. Law se vit dépouiller de sa place de directeur. Il s’enfuit à Venise où il termina son existence.

Immobilier

Prendre à droite

Rue de Venise

La rue commence 129 rue Saint-Martin et se termine 54 rue Quincampoix. Elle mesure 52 mètres de long et entre 2 à 10 mètres de large.

Etymologie

La rue tient son nom de l’enseigne d’un changeur vénitien, « L’Ecu de Venise ».

Histoire

De 1250 à 1450, cette rue est désignée sous le nom de « rue Sendebours », « rue Hendebourg », « rue Erembourg » ou « rue Hérambourg de la Tréfelière ». Au milieu du XIVe siècle, elle a pour nom « rue Bertaut Qui Dort », nom d’un particulier qui y possédait une maison. C’est en 1512 qu’elle prend son nom actuel. C’est une rue sordide, dont les rez-de-chaussées sont occupés par des commerces de chiffons. Les étages sont peuplés d’une clientèle de miséreux. En 1921, la municipalité de Paris répertorie 17 îlots insalubres en fonction du taux de tuberculose. Le plus dangereux est l’îlot 1, situé autour du plateau de Beaubourg, qui est détruit de 1926 à 1932. La rue de Venise incluse dans cet îlot, est abattue en 1936 dans la partie comprise entre les rues Beaubourg et Saint-Martin.

Immobilier

1

 : Fontaine Maubuée. Le nom « Mau buée », signifiant « mauvaise buée » ou « mauvaise lessive », aurait été donné à cette fontaine en raison de la mauvaise qualité de ses eaux. Cette fontaine figure parmi les plus anciennes de Paris. Son histoire remonte au XIII

e

siècle, époque où elle recevait de l’eau provenant des sources de Belleville, captées par les moines de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs. Elle est mentionnée dans des lettres patentes du 9 octobre 1392 par lesquelles Charles VI essaya de mettre un terme aux concessions particulières accordées ou usurpées sur les eaux de Paris. La fontaine était primitivement à l’angle de la rue Simon-le-Franc et du Cloître-Saint-Merry. Elle fut reconstruite aux XVI

e

, XVII

e

et XVIII

e

siècles. La fontaine actuelle a été construite par Jean Beausire et son fils, Jean-Baptiste Augustin Beausire, en 1733. Située au cœur d’un îlot insalubre rasé en 1934, elle est démontée et rangée dans le square Viviani, au pied de l’église Saint-Julien-le-pauvre. La fontaine a été remontée à proximité de son emplacement primitif lors de la réhabilitation de l’îlot Saint-Martin-Quincampoix en 1970. Elle se compose, sur la rue Saint-Martin, d’un haut-relief représentant un vase galbé d’où émergent un enchevêtrement de feuillages et roseaux. Au-dessus, une table sommée d’une corniche portait une inscription gravée. Un cartouche à enroulements, encadré de feuillages, couronne l’ensemble. La face sur la rue de Venise porte un relief qui reproduit les armes de Paris (une nef). Toutes ces sculptures ont souffert de leurs transferts successifs et la pierre en est très usée. De nos jours, l’eau ne coule plus.

Place Georges-Pompidou

La place est une voie privée et piétonne de cinq hectares. Elle est délimitée par les rues Beaubourg, Saint-Merri, Saint-Martin et Rambuteau. La place a la particularité d’être en pente, comme la Piazza del Campo de Sienne. D’impressionnantes bouches d’aération peintes en blanc s’alignent en bordure de la rue Saint-Martin et des entrées de parking.

Etymologie

Le nom de la place rend hommage à Georges Pompidou, ancien président de la République (1969-1974).

Histoire

La place a ainsi été dénommée en 1979, pourtant les Parisiens semblent ignorer son nom, car ils l’appellent couramment « la piazza Beaubourg », voire juste « la Piazza ». Pour d’autres, cette place est « l’esplanade Beaubourg » ou encore le « parvis Beaubourg ». Il faut dire que la place est dépourvue de plaque de rue réglementaire qui permettrait de trancher. De nombreux musiciens et artistes assurent l’animation de la place en proposant leurs services aux passants. Le temps n’est plus où la police parisienne multipliait les contrôles de ces « saltimbanques » sans que l’on sache exactement quelle était la position de la direction du centre à ce sujet. Le philosophe libertaire, anarchiste, Aguigui Mouna vint souvent s’époumoner sur la place.

Œuvres d’art

Jusqu’en 2009, le promeneur pouvait observer une colonne carrée surmontée par le Pot doré, œuvre de Jean-Pierre Raynaud. En 2011, il est remplacé par Horizontal d’Alexander Calder. L’année suivante, une sculpture en bronze d’Abel Abdessemed intitulée Coup de tête, statue de plus de cinq mètres de hauteur, est aussi exposée sur cette place. Elle évoque le fameux « coup de tête de Zidane » remontant à la coupe du monde de football de 2006. En 2017, « le Pouce » en or du sculpteur Baldaccini César s’exporte sur le parvis à l’occasion d’une exposition sur l’artiste, papa du trophée du cinéma.

Le Centre Georges-Pompidou

Le Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou (CNAC) est plus familièrement appelé « centre Georges-Pompidou », « centre Pompidou » ou « centre Beaubourg ».

Histoire

« Je voudrais passionnément que Paris possède un centre culturel qui soit à la fois musée et centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle… ». En 1969, le président Georges Pompidou reprend un projet cher à André Malraux, ancien ministre à la Culture (1959-1969). L’installation de cet établissement au centre de Paris a soulevé bien des controverses. Son implantation à la Défense fut envisagée, mais il apparut que la réussite du projet nécessitait une situation plus touristique. Le plateau Beaubourg, à proximité immédiate du Marais, non loin du Louvre et du Palais-Royal, offrait un emplacement idéal et inespéré. La ville de Paris, propriétaire du sol (un parking), accepte de vendre à l’Etat les 18 500 m2. A l’origine, le centre devait comprendre un musée d’art moderne, une bibliothèque publique et le centre de création industrielle (CCI) créé par François Mathey, conservateur en chef du musée des Arts décoratifs. Mais, en 1971, sous l’impulsion directe de Georges Pompidou, il fut décidé d’y inclure également un centre de création musicale confié à Pierre Boulez, qui acceptait de rentrer en France, où il avait cessé toutes ses activités depuis 1966, et qui devait devenir l’IRCAM (Institut de recherche et coordination-musique). D’emblée, le projet fut extrêmement mal accueilli par l’administration. Il réunissait en effet un équipement relevant du ministère des Affaires Culturelles (le musée), un autre relevant à l’époque du ministère de l’Education nationale (la bibliothèque), et un troisième (l’IRCAM), qui s’affirmait comme indépendant, voire rival, de la direction de la musique, de l’art lyrique et de la danse dont le directeur nommé par André Malraux, le compositeur Marcel Landowski, était en guerre ouverte avec Pierre Boulez. Dans l’esprit de ses concepteurs, le centre se voulait une réponse à un certain nombre de faillites de la politique culturelle française : l’incapacité à créer un musée d’art moderne digne de ce nom, le retard de la lecture publique par rapport notamment à l’Europe du Nord, le dédain dans lequel les autorités avaient tenu la musique contemporaine. Au lendemain de mai 1968, la fondation du centre Pompidou apparaissait ainsi comme un nouveau défi lancé à l’académisme des institutions culturelles d’Etat. Le 26 août 1970, Robert Bordaz, conseiller d’Etat, fut nommé en Conseil des ministres « délégué pour la réalisation du centre du plateau Beaubourg ». Il constitua une équipe d’une dizaine de personnes, chargée de préparer le concours international d’architecture lancé en décembre 1970 et de mettre en place l’établissement public qui devait être chargé de la construction et de la préfiguration du Centre. Le 15 juillet 1971, le jury du concours, présidé par Jean Prouvé, décida de retenir, parmi les 681 projets présentés (dont 190 Français), celui des architectes Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini. En janvier 1972, Robert Bordaz fut nommé président de l’établissement public du centre Beaubourg (EPCB), chargé de la construction du Centre. Il réunit autour de lui les futurs responsables des activités culturelles du Centre, qui formèrent, une fois le Centre achevé, le conseil de direction : Pontus Hulten, directeur du musée national d’art moderne ; Jean-Pierre Seguin, directeur de la bibliothèque publique d’information ; François Mathey, directeur du CCI. Le 20 mars 1973, le Conseil des ministres arrêta le programme de la construction et les moyens financiers nécessaires, programmés sur plusieurs années et alloués sous forme de dotations exceptionnelles hors des crédits ordinaires du ministère des Affaires culturelles. Le statut définitif de la nouvelle institution fut fixé par la loi du 3 janvier 1975. Entre-temps, le Premier ministre Jacques Chirac avait dû batailler ferme contre le nouveau président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, qui envisageait d’arrêter le projet. A sa demande, un conseil restreint tenu en août 1974 avait décidé la poursuite des travaux. Le 31 janvier 1977, le Centre est inauguré par le président Valéry Giscard d’Estaing, en présence du Premier ministre Raymond Barre, de Mme Claude Pompidou et de nombreuses personnalités. Le 2 février, il est ouvert au public. L’architecture du centre suscite une vive polémique : canalisations, escaliers électriques, passerelles métalliques, tout ce qui est traditionnellement dissimulé est ici ostensiblement montré à la vue de tous. On surnomme le centre « Notre-Dame de la tuyauterie », ou encore « le Pompidolium ». On raille un « hangar de l’art », une « usine à gaz », une « raffinerie de pétrole », un « fourre-tout culturel », voire une « verrue d’avant-garde ». Mais le centre et son architecture controversée remportent un large succès public. Prévu à l’origine pour recevoir 5 000 visiteurs par jour, il en accueille régulièrement 25 000, et jusqu’à 55 000 les jours de grande affluence. Le centre est le monument culturel le plus visité de France avant le Louvre. La plupart des visiteurs viennent pour voir les grandes expositions sur l’art, mais la bibliothèque publique et sa médiathèque bat aussi des records d’affluence. Elle accueille 12 000 lecteurs par jour, soit 51% du public qui fréquente le centre. Certaines de ses expositions attirent des passionnés et des curieux du monde entier ; jusqu’à 840 000 pour Salvador Dali en 1980, et 730 000 pour Henri Matisse en 1993. En 1992, le CCI fusionne avec le MNAM. Les directeurs successifs du musée renouvellent profondément l’accrochage et font procéder à d’importants travaux. Fin 1997, après avoir célébré son 20e anniversaire, le centre ferme ses portes pour être rénové en profondeur. Le chantier dure 27 mois et coûte près de 576 millions de francs (88 millions d’euros) financés à hauteur de 482 millions par l’Etat. Conduit par Renzo Piano, il permet d’accroître la superficie totale de 8 000 m2 et de reconfigurer les surfaces et les volumes. Pendant la fermeture, le centre se décentralise en organisant en province 34 expositions « hors les murs » qui rencontrent un vif succès, attirant plus de 2 500 000 visiteurs. Dès sa réouverture, le 1er janvier 2000, le succès est au rendez-vous avec 80 000 visiteurs lors du 1er week-end. Les visiteurs découvrent de nouveaux services, une nouvelle organisation des salles, des pièces plus vastes. Ces changements permettent notamment d’exposer davantage d’œuvres et de proposer plus de spectacles de danse, de théâtre et de musique. L’espace consacré aux jeunes est aussi développé avec la nouvelle galerie des enfants où sont présentées deux expositions chaque année.

Architecture

La fonction du centre Pompidou était si nouvelle qu’elle ne pouvait conduire qu’à un bâtiment étrange, à la fois « jouet » et « vaisseau spatial ». Les architectes ont imaginé un « jeu de construction, un mécano géant surplombant la ville ». Le bâtiment principal, long de 166 mètres, large de 45 mètres (60 en comptant l’escalator extérieur) et haut de 42 mètres, se compose de huit niveaux accessibles au public de 7 500 m2 chacun, dont deux niveaux de sous-sol (-1 et 0), le niveau rue se situant au niveau 1 de la mezzanine, soit une superficie utile d’environ 45 000 m2, compte tenu des vides des premiers niveaux du Forum et des cours situés aux 5e et 6e niveaux, qui correspondent à peu près à la superficie d’un étage. Néanmoins, le bâtiment comporte en réalité une surface totale de 103 305 m2 sur dix niveaux, compte tenu des locaux techniques et de stationnement qui s’étendent jusque sous la piazza, et non compris l’atelier Brancusi de 600 m2 et l’IRCAM. La hauteur entre chaque plateau est de sept mètres sous plafond sauf celle du Forum qui est de dix mètres. La BPI, dont l’entrée est désormais indépendante du Forum et qui est dotée de sa propre cafétéria, occupe le tiers du niveau 1 de la mezzanine et les niveaux 2 et 3, soit environ 17 000 m2, dont 10 400 m2 de salles de lecture. Le reste de l’édifice, soit environ 28 000 m2, est en réalité dévolu au musée national d’art moderne, qui compte 18 500 m2 d’espaces d’exposition, dont 12 600 m2 pour les collections nationales, et à ses annexes ou bénéficie directement au musée, comme les espaces de restauration des niveaux de mezzanine et du 6e étage, destinés aux expositions temporaires. Chaque niveau forme un vaste plateau, entièrement modulable. A l’animation qui règne en ce lieu de rencontre correspond le mouvement des visiteurs circulant librement derrière les murs. On passe ainsi insensiblement de l’extérieur à l’intérieur, car le « centre est comme une rue qui serpente d’étage en étage ». Les architectes ont installé les systèmes d’entretien à la périphérie du bâtiment. Ces circuits techniques sont identifiables par des couleurs vives : bleu pour la climatisation, vert pour les circuits d’eau, jaune pour l’électricité et rouge pour la circulation, que ce soient les escaliers mécaniques, les ascenseurs ou les monte-charges. Même les poutres métalliques qui composent la structure sont apparentes. L’édifice se compose d’une énorme charpente métallique (15 000 tonnes) constituée de 14 portiques sur lesquels prennent appui, à différents niveaux, des poutres de longueur exceptionnelle, porteuses des plateaux horizontaux qui forment les étages. L’un des inconvénients est l’entretien important vis-à-vis de la corrosion. En 2018 et 2019, des travaux importants sont menés sur l’édifice, principalement pour améliorer les isolations thermiques et agrandir les espaces d’accueil des publics. La Chenille sera ainsi climatisée à la fin des travaux.

Fréquentation

Le Centre emploie un millier de personnes et a un budget annuel de 100 millions d’euros dont 65 millions de subventions de l’Etat. Pompidou a reçu, en 2016, plus de 3,3 millions de visiteurs (plus de 8,2 millions en 2013). Public jeune en majorité, fidélisé, issu de toutes les classes sociales. Etape obligée de tous les circuits touristiques, le Centre jouit également d’un très grand prestige à l’étranger.

Héritage

Depuis le 12 mai 2010, la ville de Metz est dotée d’une antenne décentralisée du centre, le centre Pompidou-Metz. Entre octobre 2011 et septembre 2013, le centre Pompidou lance une annexe mobile qui se déplace entre les villes de Chaumont, Cambrai, Boulogne-sur-Mer, Libourne, Le Havre et Aubagne.

En mars 2015, le centre Pompidou de Malaga, premier « centre Pompidou provisoire » situé à l’étranger, sera accueilli pour 5 ans renouvelable sur 6 300 m2 par « El Cubo » de Malaga en Andalousie, où seront présentées 70 œuvres du musée contre un montant d’un million d’euros par an.

Le centre Pompidou s’est associé à la région de Bruxelles-Capitale pour créer dans la capitale belge, Bruxelles, en 2020, un musée consacré à l’art moderne et contemporain ainsi qu’à l’architecture moderne. Cet espace de 30 000 m2 occupera un vaste et lumineux bâtiment Art déco de quatre étages qui abrite depuis les années 1930 un garage Citroën, racheté par la région bruxelloise, qui ne dispose pas de pôle culturel emblématique consacré à l’art contemporain, pour 20,5 millions d’euros au constructeur automobile français. Le centre Pompidou parisien mettra une partie de ses collections (environ 12 000 œuvres), dont seuls 10% sont montrées au public, à la disposition du futur musée. Le nom du musée n’a pas encore été fixé, mais « centre Pompidou » devrait figurer dans la future appellation.

Le projet de créer un centre Pompidou en Asie est envisagé dès 2006. Mais le dossier est rapidement abandonné. Puis, en 2015, lors d’un voyage en Chine du président français François Hollande, accompagné de Serge Lasvignes, président du centre Pompidou, un nouveau projet d’implantation est engagé. Il s’agit d’ouvrir une antenne provisoire, pour cinq ans renouvelables, comme en Espagne. Une convention de coopération culturelle est signée par les deux pays en juillet 2017. Le musée est implanté sur les berges du fleuve Huangpu, à Shangaï. Le Centre Pompidou West Bund Museum se développe sur une surface de 25 000 m2 ; il est l’œuvre de l’architecte britannique David Chipperfield. Il a été inauguré par le président Emmanuel Macron, le 5 novembre 2019, avant d’ouvrir au public le 8 novembre.

Cinéma

Quelques réalisateurs ont tourné une scène de leur film devant ou dedans le musée : Gordon Matta-Clark, Conical Intersect, en 1975 (le centre était en construction) ; Roberto Rossellini, Beaubourg, centre d’art et de culture, en 1977 ; Lewis Gilbert, Moonraker, en 1979 ; Claude Pinoteau, L’Etudiante, en 1988 ; Richard Berry, L’art délicat de la séduction, en 2001 ; James Ivory, Le Divorce, en 2003 ; Laurent Tirard, Mensonges et trahisons, en 2004 ; Éric et Ramzy, Seuls Two, en 2008.

Anecdotes

En mai 2004, les responsables du Centre portent plainte : un tableau de Picasso, « nature morte à la Charlotte » a disparu. Les soupçons de la police se portent rapidement sur un gardien, licencié récemment pour trafic de stupéfiants. L’analyse de son téléphone portable permet de remonter jusqu’à un trafiquant de drogue chinois, incarcéré à Fleury-Mérogis. Il se serait vanté d’avoir eu entre les mains un tableau de maître. La police perquisitionne son domicile et retrouve ledit tableau. Le vigile avait introduit son complice dans les sous-sols du musée lors d’une livraison de drogue ; ce dernier en avait profité pour visiter les lieux et « emprunter » le Picasso.

Remonter vers la rue Rambuteau et prendre à droite

Rue Beaubourg

La rue commence au n°14 de la rue Simon-le-Franc et se termine au n°48 de la rue de Turbigo. Elle mesure 588 mètres de long et, entre 20 et 30 mètres de large. Elle s’étend entre le 3e et le 4e arrondissement.

Etymologie

La rue doit son nom à un village « Beau bourg ».

Histoire

Au début du XIe siècle, quelques paysans vinrent bâtir en cet endroit plusieurs chaumières dont le nombre augmenta rapidement. Ces habitations formèrent, vers le milieu du XIIe siècle, un village assez étendu auquel on donna bientôt le nom de Beau-Bourg. La preuve que les Français ont de l’humour, c’est que ce « beau bourg » était un lieu absolument abominable et très mal fréquenté. Ce bourg comprenait l’espace limité par les rues Maubué (absorbée par la rue Simon-le-Franc), Grenier-Saint-Lazare, Saint-Martin et Sainte-Avoie. Ce territoire fut en partie renfermé dans Paris, sous Philippe Auguste, par la nouvelle enceinte bâtie de 1190 à 1210. La partie de la rue qui était dans Paris s’est appelée « rue de la Poterne », puis « rue de la Fausse-Poterne », en raison d’une des portes de la ville qu’on voyait dans cette voie publique entre les rues du Grenier-Saint-Lazare et Michel-le-Comte. La partie qui était hors de Paris s’est appelée « rue Oultre-la-Poterne-Nicolas-Hydron ». Ces deux tronçons furent ensuite réunis en 1851 sous le nom de « rue Beaubourg ». En avril 1834, une révolte est durement réprimée par la troupe du général à la casquette Bugeaud. La rue Beaubourg actuelle résulte, par arrêté du 11 mars 1851, de la fusion de quatre rues.

Immobilier

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 : L’immeuble a été construit en 1931 par l’architecte Clément Feugueur. Les baies oblongues définissent une série de lignes horizontales dont l’effet est accentué par le traitement en arrondi de l’encoignure. A chaque extrémité, deux lignes verticales de bow-windows encadrent et terminent la construction. Les cinq premiers étages sont dominés par une corniche-au-vent. Au-dessus, deux étages ont été construits en retrait et bordés sur toute leur longueur de garde-corps métalliques, sortes de coursives qui donnent à l’édifice l’allure d’un grand paquebot.

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 : L’immeuble conserve un certain classicisme avec son rez-de-chaussée à refends, ses baies en anse de panier au premier étage et le fronton brisé et arrondi du dernier étage. L’arrondi de l’angle de la rue, le motif panier de fruits des ferronneries et le bow-window indique un immeuble construit dans les années 1930.

Rue du Renard

La rue commence 70-74 rue de Rivoli et se termine 15 rue Simon-le-Franc. Elle mesure 315 mètres de long et 20 mètres de large.

Etymologie

La vieille ruelle qui portait ce nom et dont une partie, la cour Robert (réservée aux débauchés du XIIIe au XVe siècle) a complètement disparu. La rue actuelle doit sans doute ce nom à une enseigne, « Au renard qui prêche ».

Histoire

De 1185 à 1512, on trouve cette voie sous le titre de « cour Robert-de-Paris ». A partir de 1512, elle devient seulement le « cour Robert ». En 1558, elle devient la « rue du Renard-qui-Prêche » ou « rue du Regnard-qui-Prêche ». Son nom se simplifie pour devenir la « rue du Renard » avant de se voir affubler du complément « rue du Renard-Saint-Merri », afin de la différencier de la « rue du Renard-Saint-Sauveur ». Une ordonnance royale du 6 mai 1836 élargissant la rue (elle passe de 7 à 10 mètres de large), la plupart des vieilles bâtisses sont rasées et des hôtels particuliers sont construits à leur place. La rue du renard actuelle, formée en 1868, résulte de la fusion de deux rues : la rue de la Porterie-des-Arcis (entre les rues de Rivoli et de la Verrerie) et la rue du Renard-Saint-Merri (entre les rues de la Verrerie et Saint-Merri). En 1899, la rue est prolongée jusqu’à la rue Pierre-au-Lard, puis en 1909 jusqu’à la rue Simon-le-Franc. La rue du Renard et la rue Beaubourg forment un axe unique.

Immobilier

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 : Toute la façade est décorée en mosaïques, créées par l’atelier Gentil & Bourdet. L’immeuble fut construit vers 1920-1930 par l’architecte A. Coudert.

20-22

 : Immeuble Art déco construit dans les années 1930. Les éléments décoratifs sont variés, ainsi que le type d’ouvertures. On peut voir une série de baies verticales en encorbellement, des fenêtres simples, des fenêtres meurtrières, des fenêtres avec un balcon semi-hexagonal, encore des fenêtres aux microscopiques balcons, des hublots au sixième étage. Les frontons géométriques, ainsi que les motifs des ferronneries sont typiquement Art déco.

Prendre à droite la rue Saint-Merri (en soit contourner le centreGeorges-Pompidou), puis tourner à gauche

Rue Brisemiche

La rue commence rue du Cloître-Saint-Merri et se termine rue Saint-Merri. Elle mesure 160 mètres de long et 10 mètres de large.

Etymologie

La distribution des pains ou miches qu’on faisait suivant l’usage aux chanoines de la collégiale de Saint-Merri, lui a fait donner cette dénomination.

Histoire

En 1207, puis au cours du XIIIe siècle, la voie est nommée « vicus de Bay-le-Hoeu », « rue Baille-Heu », « rue Bailleheu », « rue Baille-hoë » ou « rue Baille-Hoë ». Sous le règne de Saint Louis, la rue est incluse dans le périmètre où sont tolérées « les prostituées tenant bordel ». Vers 1273, elle devient la « rue de la Bouclerie » ou « rue de la Petite-Bouclerie ». Au XIVe siècle, la prostitution était devenue le commerce majeur de la rue, au grand dam du curé de l’église Saint-Merri. En 1387, il obtient du prévôt leur expulsion. Mais, le 21 janvier 1388, le Parlement les réintègre, suite aux plaintes des habitants de la rue dont les commerces souffraient de désertification, jusqu’en 1424, date d’une nouvelle évacuation. En 1512, la rue devient « rue de la Baudroierie » ou « rue de la Baudrerie ». En 1560, le tronçon entre les rues Maubuée et Neuve-Saint-Merri prend le nom de « rue du Poirier ».

Faits divers

Jeudi 21 novembre 1963, vers 16h15, Bernard Leclerc, 26 ans, employé de la société Chomette-Favor (21 rue du Renard), quitte l’établissement avec une recette journalière de 11 775 francs qu’il transporte dans une sacoche. Quelques dizaines de mètres plus loin, deux malfaiteurs se précipitent pour lui arracher son bien et prennent la fuite par la rue Brisemiche en direction de la rue Saint-Merri. Alors que la victime poursuit difficilement les voleurs, elle se fait emboîter le pas par le gardien de la paix Hubert Odin, qui vient d’assister au flagrant délit. Alors qu’un des bandits parvient à s’engouffrer dans une Citroën D8 avec un chauffeur en position d’attente, son complice porteur de la sacoche est ceinturé par l’agent Odin. Voyant la situation tourner en sa défaveur, le truand saisit un pistolet et tire à trois reprises à bout touchant sur ce dernier. Le trio prend la fuite et abandonne le véhicule rue Rambuteau. Transporté à la maison de santé des gardiens de la paix, le courageux policier succombe à ses blessures. Agé de 23 ans, célibataire, il était domicilié à Fontenay-sous-Bois (94). Son décès est occulté de l’actualité par l’assassinat du président Kennedy, à Dallas. L’enquête piétine jusqu’à ce qu’en mai 1964, trois ravisseurs sont interpellés près de Senlis (60), après le rapt très médiatisé de l’épouse de l’industriel Marcel Dassault. Une rançon de 4 millions de francs était réclamée par la bande dont l’instigateur sera identifié comme étant le truand corse Jean-Jacques Casanova. Cette même année, Casanova (30 ans) est interpellé le 24 octobre à Paris, alors qu’il fréquente imprudemment les cercles de jeux corses du 12e arrondissement. En sus du rapt, l’enquête permet d’imputer à l’association de malfaiteurs quatre attaques à main armée très violentes et, grâce aux expertises balistiques et de l’identité judiciaire, d’attribuer à Casanova le meurtre de l’agent Odin. Désigné formellement par sa victime, M. Leclerc, la cour d’assise de la Seine condamne Casanova à la réclusion criminelle dite à perpétuité pour le seul meurtre du policier. S’il retrouve la liberté après 22 années de détention, elle est cependant de courte durée. En 1988, on retrouve son corps dans un ancien égout des suites d’une mystérieuse chute, près de Corte (Corse) où il s’était retiré.

Prendre à droite

Rue du Cloître-Saint-Merri

La rue commence rue du Renard et se termine rue Saint-Martin. Elle mesure 132 mètres de long et 12 mètres de large.

Etymologie

La rue tient son nom de sa proximité avec le cloître de l’église Saint-Merri.

Histoire

Cette rue formait au XIIe siècle un angle droit : en partant de la rue Saint-Martin, elle faisait un brusque coude à angle droit pour prendre l’axe de la rue des Juges-Consuls et se terminer dans la rue de la Verrerie. Elle s’appelait « rue de la Porte-Saint-Merri » car elle se trouvait juste à côté de l’archet Saint-Merri, porte de la 2e enceinte de Paris du Xe siècle, coupant la rue Saint-Martin. Le cloître Saint-Merri comprenait autrefois dans son périmètre, les rues Brisemiche et Taillepain. Elles faisaient parties des hauts lieux de la prostitution parisienne, du XIIIe au XVe siècle ; les curés de la paroisse Saint-Merri demandèrent leur expulsion en 1387 et en 1424. La rue fut le lieu de violents affrontements lors de l’insurrection républicaine du 6 juin 1832. En 1837, la partie qui débouche dans la rue Saint-Martin fut prolongée jusqu’à celle du Renard sur les terrains appartenant à M. Guelle.

Place Igor-Stravinsky

La place mesure 81 mètres de long par 35 mètres de large.

Etymologie

Elle porte le nom du compositeur russe Igor Fiodorovitch Stravinsky (1882-1971).

Histoire

La place occupe un ancien pâté de maison au cœur du quartier du Marais, bordé par les rues Brisemiche et Taillepain (anciennes rues spécialisées dans la prostitution). Les maisons jugées insalubres, sont rasées entre 1934 et 1936. La place actuelle est créée par la décision du 21 novembre 1979.

Immobilier

Street-art

. Au fond de la place, proche de l’église Saint-Merri, se trouve depuis 2011 un immeuble pochoir de Jef Aérosol, intitulé « Chuuuttt !!! ». L’autoportrait de l’artiste invite les passants à s’arrêter, à écouter les bruits de la ville. En août 2019, une 2

e

fresque, cette fois signée Obey (Shepard Fairey de son vrai nom), « The future is unwritten », s’est installée à côté de sa consœur. Deux messages sont inscrits sur l’œuvre bleutée : « le futur n’est pas écrit » et « le savoir et l’action font le pouvoir ».

Fontaine Stravinsky

. La ville de Paris, le ministère de la Culture et le centre Pompidou, se sont associés pour commander cette fontaine, inaugurée le 16 mars 1983. Dans un vaste bassin rectangulaire (16,5 x 36 m), 16 sculptures animées, conçues en hommage au compositeur Stravinsky, émergent de l’eau. Auteur, entre autres, de

Noces

et de

Ragtime

, il composa de très nombreux ballets, dont

l’Oiseau de feu, Petrouchka

et le

Sacre du Printemps

pour les ballets russes de Serge de Diaghilev. Aux créations rebondies et colorées (polyester et fibre de verre) de Niki de Saint-Phalle répondent les structures noires et métalliques (aluminium et acier) de l’artiste suisse Jean Tinguely : l’Oiseau de feu, une clé de sol, une spirale, un éléphant débonnaire, un renard, une grenouille, une sirène, une diagonale, le rossignol, Ragtime, un serpent, l’amour (les lèvres), la vie, la mort (le triangle), le cœur cible et le chapeau de clown. La fontaine se trouve au sommet de l’immeuble souterrain de cinq étages, l’IRCAM. Pour limiter le poids en eau, le bassin est réalisé en acier inoxydable, avec un fond noir qui en augmente l’effet de profondeur. Il est actuellement en rénovation.

IRCAM

(Institut de Recherche et de Coordination Acoustique-Musique) a été fondé par Pierre Boulez, compositeur et chef d’orchestre. Quatrième département du centre Georges-Pompidou, décidé ultérieurement au programme initial, l’IRCAM a pour objectif une réflexion systématique sur les problèmes rencontrés par les musiciens dans la création et l’exécution musicale contemporaine : utilisation de sciences et de techniques nouvelles, collaboration avec le public, recherche expérimentale. L’institut mise ainsi sur l’interdisciplinarité et mobilise des métiers et des publics complémentaires : les compositeurs, interprètes, ingénieurs du son, les chorégraphes et danseurs, les designers sonores et metteurs en scène, les vidéastes et plasticiens, les concepteurs de jeux vidéo, d’installations ou d’environnements interactifs, mais aussi les chercheurs, les informaticiens, les doctorants et les réalisateurs en informatique musicale.

Cinq secteurs le composent : Instrument et voix, Electro-acoustique, ordinateur, pédagogie, enfin le secteur du Diagonal qui assure la coordination de l’un à l’autre des secteurs. Conçus et réalisés par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers, en collaboration avec l’acousticien Mike Davies, les bâtiments commencés en 1974, ont été achevés en 1977. Pour des raisons évidentes d’isolation acoustique, ils ont été enterrés, mais cet impératif technique permet, en outre, de dégager la vue depuis le musée d’art moderne vers l’église Saint-Merri, conformément aux vœux des architectes. Dans un caisson étanche, sur une superficie au sol d’environ 3 000 m2 et sur trois niveaux, se répartissent le secteur public, les bureaux de l’administration, les laboratoires de recherche, les studios et une chambre sourde. La salle accessible au public, dite « espace de projection », occupe la hauteur des trois niveaux et offre la particularité d’être modulable. Plafond et murs sont mobiles, ce qui permet d’en modifier le volume. Les parois sont revêtues d’éléments pivotants ou tripériactes, dont les trois faces sont recouvertes chacune d’un matériau différent, plus ou moins réverbérant ou absorbant. C’est à la fois une salle de concerts, un studio d’enregistrement, voire un lieu d’expérimentations.

A l’issue de dix années d’activités, les locaux de l’IRCAM se sont avérés trop exigus et Renzo Piano a été invité en 1990 à concevoir une extension en surface, sur un terrain libre à l’angle de la Piazza et de la place Igor-Stravinsky. La Commission des sites ayant imposé l’utilisation de la brique, présente sur les façades voisines récemment classées (partie conservée de l’ancienne école Saint-Merri et façade des Bains-douches municipaux), Piano a imaginé de hautes tours de verre et métal, dont les parements de brique sont agencés de manière complètement originale, expression contemporaine d’un matériau traditionnel. Assemblées à joints ouverts, les briques constituent des panneaux sertis d’une corniche métallique qui habillent les façades d’un quadrillage coloré. Le montage des panneaux ménage des lignes horizontales qui rompent toute monotonie et laissent deviner les différents niveaux intérieurs du bâtiment.

Prendre à gauche

Rue Saint-Merri

La rue commence 23 rue du Temple et se termine 100 rue Saint-Martin. Elle mesure 225 mètres de long et 12 mètres de large.

Etymologie

La rue porte le nom de saint Merry, en raison de l’église dédié au saint, à laquelle on accède depuis la rue en traversant la place Igor-Stravinsky.

Histoire

Cette rue était déjà bâtie en 1210 ; elle est donc légèrement postérieure à la construction de l’enceinte de Philippe Auguste. A cette époque, elle portait le nom de « rue Neuve-Saint-Merri ». On lui ajouta l’adjectif « neuve », parce qu’elle était nouvellement bâtie et afin de la différencier de la partie occidentale de la rue de la Verrerie qui se nommait « rue Saint-Merri ». La rue prend son nom actuel en 1881. Sa partie nord est démolie en 1934.

Immobilier

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 : Haut de trois étages, cet étroit édifice de brique et de ciment, bien représentatif des années 1930, était à l’origine un établissement de bains-douches municipaux, comme le rappellent des inscriptions en mosaïque polychrome à discrète décoration florale, ainsi qu’un écusson de la ville de Paris. Dans les années 1970, les bains douches sont déplacés dans le complexe Saint-Merri, juste à côté de la piscine du même nom. D’importants travaux de modernisation ont permis, sans altérer l’aspect primitif de l’édifice, de lui donner une nouvelle affectation. Il a été occupé par le poste de police du quartier, ainsi que par des bureaux du centre Beaubourg.

Continuer tout droit

Rue Aubry-le-Boucher

La rue commence place Edmond-Michelet et se termine 22 boulevard de Sébastopol. Elle mesure 100 mètres de long et 16 mètres de large.

Etymologie

La rue porterait le nom d’une famille, Aubry (Albericus), qui y demeurait et exerçait le métier de boucher.

Histoire

Au XIIIe siècle, la rue s’appelait « vicus Alberici carnificis », soit « rue Auberi le Bouchier ». Au XVIIe siècle, elle apparait sous son nom actuel.

Anecdotes

En 1309, un homme qu’on menait au supplice fut délivré, dans cette rue, par le cardinal de Saint-Eusèbe. Comme autrefois les Vestales à Rome, les cardinaux ont longtemps conservé le privilège de sauver la vie des criminels qu’ils croisaient sur leur chemin, à condition bien sûr, que cette rencontre n’eut pas été préméditée.

Œuvres d’art

Inaugurés par le maire du 4e arrondissement, Christophe Girard, et le président du centre Beaubourg, Serge Lasvignes, en octobre 2017, les statues des deux architectes Renzo Piano, l’homme assis, et Richard Rogers, l’homme debout, ont été installé place Edmond-Michelet. Cette réalisation en acier inoxydable, peint dans deux verts différents, fut commandée à l’occasion de la réhabilitation de la place. Elle est l’œuvre du sculpteur Xavier Veilhan. Mesurant 2,60 m de haut, les sculptures sont érigées sur des socles, surplombant les visiteurs de plus de 5 mètres de hauteur. Les silhouettes des architectes sont simplifiées par un traitement facetté.

Faits divers

L’ouvrier cordonnier Jean-Jacques Liabeuf (1886-1910) restera l’un des criminels les plus étonnants du début du XXe siècle. Un sentiment particulier de l’honneur, un sens quasi-sacré de la justice le conduisirent à l’échafaud. Condamné en août 1909, à trois mois de prison, 100 francs d’amende et cinq ans d’interdiction de séjour, pour proxénétisme, alors qu’il était, semble-t-il, innocent de ce délit, il jura de se venger des agents de la brigade des mœurs qui l’avaient faussement accusé.

Le samedi 8 janvier 1910, Liabeuf, bravant l’interdiction de séjour, se pavana dans la rue, où tout le monde le connaissait, attirant volontairement l’attention des policiers de service. Ceux-ci voulurent l’appréhender. Mauvaise idée : ils se meurtrissent douloureusement les mains sur les brassards hérissés de pointes d’acier que Liabeuf avait fixés sur ses avant-bras et ses biceps, dissimulés sous une pèlerine. Au cours de la rixe qui suivit, à coups de couteau et de revolver, il tua le gardien de la paix Célestin Deray et en blessa un autre grièvement à la gorge. Trois autres écopèrent de blessures superficielles. Lui-même atteint d’un coup de sabre par un agent, fut conduit à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, en état d’arrestation.

Aux Assises, Liabeuf déclara : « J’ai été condamné comme souteneur, mais je ne suis pas souteneur. J’ai été, à la suite de cette condamnation, interdit de séjour. Eh bien, à cette peine infamante, je préfère la guillotine ! ». Condamné à mort, il accueillit le verdict par ces mots : « Si vous m’avez condamné, c’est comme assassin, et non comme souteneur. Devant la Veuve et jusqu’à la dernière goutte de mon sang, je protesterai de mon innocence » et « Je préfère la guillotine au déshonneur d’être pris pour un maquereau ». Son exécution, le 30 juin 1910, donna lieu à de puissantes manifestations ouvrières. Cependant, qu’il montait à l’échafaud, service d’ordre et manifestants battirent rue Broca, rue du Faubourg-Saint-Jacques, et jusqu’à la place Denfert-Rochereau, aux cris, mille fois répétés par les manifestants, de « Vive Liabeuf ! ». Ce dernier mourut en criant : « Je ne suis pas un souteneur ». La presse stigmatisa cet « ouvrier fourvoyé dans un milieu dangereux ».

Prendre à gauche

Rue Saint-Martin

La rue, d’une longueur de 1 420 mètres, fait partie des 3e et 4e arrondissements. Elle commence aux 8-12 quai de Gesvres et se termine 1 boulevard Saint-Denis.

Etymologie

Elle tient son nom de l’ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs affecté aujourd’hui au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) auquel elle conduit. En 384, saint Martin avait guéri un lépreux en l’embrassant, à l’emplacement du CNAM. Saint Martin, né à Sabaria (sur les bords du Danube), mort à Candes (Touraine), fut soldat dès l’âge de 15 ans avant de se consacrer au service de Dieu. Sa charité est proverbiale ; beaucoup connaissent l’anecdote qui le décrit donnant la moitié de son manteau à un pauvre. Il fut évêque de Tours et son tombeau, aux portes de la ville, fut longtemps un lieu de pèlerinage. En 1562, les huguenots brûlèrent ses reliques dont une seule partie fut sauvée.

Histoire

Initialement, cette rue, qui était un chemin, était la prolongation la « via Superior ». Situé sur la rive droite de la Seine, ce cardo maximus était une chaussée surélevée qui traversait des marais inondables et qui conduisait de Lutèce à Louvres et Senlis. Cette voie romaine était indépendante de celle qui menait de Lutèce à Rouen. Vers 1147, la rue Saint-Martin, qui commençait à la Seine, était presque entièrement bâtie jusqu’à la rue Neuve-Saint-Merri où se trouvait une porte de ville, l’archet Saint-Merri, qui faisait partie de la 2e enceinte de Paris, construite sans doute à la suite du grand siège de 885 par les Vikings. La construction des Halles sous Philippe Auguste avait attiré une grande partie de la population parisienne sur la rive droite de la Seine ; la rue Saint-Martin, voisine, en recueillit rapidement de précieux avantages. Vers l’année 1200, elle était presque complètement bordée de constructions jusqu’à la rue du Grenier-Saint-Lazare où se trouvait une porte de la 3e enceinte de Paris, commencée en 1188, par ordre de Philippe Auguste. Cette porte fut rebaptisée plus tard « Faulce porte » pour ne pas la confondre avec la nouvelle porte Saint-Martin de l’enceinte de Charles V. En 1231, elle est appelée « rue Saint-Martin-des-Champs ». Cette rue devint au Moyen Age l’axe majeur nord-sud de Paris, jusqu’au déplacement du Grand-Pont, rue Saint-Denis. En 1418, la rue Saint-Martin se prolongeait jusqu’à la rue Neuve-Saint-Denis. Ce fut enfin sous le règne de Louis XIII qu’elle atteignit l’emplacement qui lui sert encore aujourd’hui de limite. Comme la rue Saint-Denis, la rue Saint-Martin était bordée de nombreux centres religieux. Certains ont été totalement détruits comme l’église Saint-Julien-des-Ménétriers ou partiellement comme le prieuré Saint-Martin-des-Champs, mais la plupart existent toujours, comme Saint-Merri et Saint-Nicolas-des-Champs. En 1535, François 1er rasa les portes de l’enceinte de Philippe Auguste de la rive droite. Au milieu du XVIIe siècle, la porte médiévale fut remplacée par la porte baroque, que l’on peut admirer encore aujourd’hui. Pendant la Révolution française, certains centres religieux sont détruits, et le prieuré Saint-Martin est converti en Conservatoire National des Arts et Métiers. En 1853, la rue Saint-Martin perdit son statut d’axe majeur nord-sud de Paris au profit du boulevard de Sébastopol.

Immobilier

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 : Depuis le XIV

e

siècle, avant que les propriétaires n’y inscrivent leur nom ou jusqu’à l’apparition du numérotage des noms de rue, en 1805, seule l’enseigne, dont forme et matériau peuvent varier, permet de désigner et de trouver une habitation ou une boutique. La diversité des sujets représentés était infinie : signes professionnels, sujets pieux, saints patrons, animaux, scènes mythologiques… Jusqu’à la fin du XVII

e

siècle, la rue se trouvait au cœur du quartier des tapissiers et des merciers. Sur la maison, se voit un très beau bas-relief daté de 1682 et représentant une Annonciation. Elle appartenait alors à Antoine Héron, épicier, puis à son fils Lambert, marchand drapier. On l’appela aussi l’ange d’or quand s’y installa un orfèvre qui dora l’ange Gabriel. La Vierge, agenouillée sur un prie-dieu orné d’une volute, se retourne à l’annonce de l’ange et esquisse un geste de surprise. Gabriel, descendant sur une couche de nuage, lui tend un lys, symbole de pureté. Les deux personnages s’élèvent en un vigoureux haut-relief sur un fond d’architecture classique : arcature ornée d’une colonne engagée ionique et balustrade de pierre à l’angle inférieur gauche. A l’intérieur, un bel escalier à rampe en fer forgé d’époque Louis XIV mène aux étages, où des bas-reliefs représentant des musiciens ainsi que la Sainte-Famille viennent orner le dessus des cheminées.

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 : demeure de Jean Chapelain, auteur de

La Pucelle

, chargé par Richelieu de dresser le plan du dictionnaire. Il organisa ce dernier par ordre de racines, ce qui le rendait inutilisable.

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 : l’association 6M3 a proposé d’installer, durant trois ans, un socle de 6m

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