Blade Runner de Philip K. Dick - Brian Munoz - E-Book

Blade Runner de Philip K. Dick E-Book

Brian Munoz

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Beschreibung

L'originalité de ce roman de Philip K. Dick repose sur une question simple et troublante : comment faire la différence entre un robot humanoïde et un homme ? Cette question sert de fil rouge au récit. Elle met en perspective notre propre humanité toujours tentée par le dépassement de ses propres limites.

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Seitenzahl: 61

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Sommaire

Robots et êtres humains.

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Philosophie et science-fiction. La méthode.

Le statut des technosciences au vingt-et-unième siècle.

L’étrangeté insurmontable de l’automate.

De l’automate à l’androïde.

Le Nexus-6: androïde ou cyborg ?

Hybridité et cyborg.

L’empathie en question

Le cerveau et ses avatars

Identité et mémoire

Conclusion : vers quelle éthique de la robotique ?

Bibliographie

Robots et êtres humains.

Dernièrement, un nouveau problème s'est fait jour : que faire de ces robots qui ne cessent de nous ressembler ? Sont-ils là pour nous remplacer ou bien pour nous seconder ? Des films, des séries de télévisions (pensons à « Real Humans »), des blogs et des débats ont nourri ces dernières années les problèmes posés par la technologie de la robotique.

L’être humain a peuplé son environnement de machines pour se faciliter les tâches quotidiennes. Hannah Arendt a bien montré que l’homme moderne, l’homo faber, fabrique des objets d’usage, et entre autre chose des outils : par cela, il acquiert une liberté de produire, alors que l’animal laborans est attaché aux nécessités vitales tout comme l’homme d’action l’est à ses semblables. Arendt remarque que l’homme producteur d’objets réduit tout à la condition de moyen au vu d’une autre fin. L’instrumentalisation serait le propre de l’homme moderne (Arendt, 1958), bien que nous puisons nous demander si cela n’a pas commencé auparavant, avec l’invention de l’esclavage, ou la condition des femmes considérées traditionnellement comme objets d’échange (Haraway, 1991).

Les différentes révolutions industrielles ont sûrement permis une augmentation exponentielle des outils, mais il n’est pas faux de penser que l’outillage de l’humain fait partie de sa propre condition. Cependant, l’espace quotidien de nos contemporains s’est considérablement transformé sous la pression technologique. Ce qui est nouveau est le fait qu’il n’est plus rare de voir nos concitoyens s’essayer à de véritables pratiques hybridantes par lesquelles ils transforment leur identité de manière singulière. Par exemple, le téléphone portable est devenu un accessoire nécessaire pour qui veut garder le contact avec ses amis, et pour qui veut rester « branché» (la métaphore est ici expressive). Il est le signe d’une certaine forme de modernité à laquelle il est d’usage de céder. Ainsi, le recours aux nouvelles technologies a envahi tous les domaines, sans oublier la santé et l’enseignement. Sommes-nous entrés dans une « robolution » (Bonnell, 2010) ?

Tout outil n’est pas un robot. Le terme de « robot » fut inventé par Capek et signifie en tchèque travail forcé (robota). Cette première approche est significative de la manière dont l’Occident va envisager l’usage de ses robots et ses représentations instrumentales. Il existe en fait deux définitions courantes, l’une plutôt d’usage dans la sphère économique et la définition pour un large public, celle de l’automate humaniforme. Parmi d’autres possibles définitions, un robot est défini par le Larousse comme un « appareil automatique capable de manipuler des objets ou d’exécuter des opérations selon un programme fixe, modifiable ou adaptable ». On a ici à faire avec le sens industriel. Pourtant, se jouent dans cette première définition des enjeux philosophiques importants car du « programme fixe » à sa modification (ou à son adaptation) existe la béance théorique du déterminisme et du libre-arbitre, voire même des questions de l’évolution des robots eu égard à leur environnement et selon leur propre choix. Ainsi, les robots à programme de motivation intrinsèque ont démontré des capacités d’apprentissage, bien au-delà des tâches spécifiées par le programmateur. On assisterait à un déplacement de la question du déterminisme des robots et de leur programmation.

En 2004, l’ONU a salué le net accroissement d’équipement en robotique de la société européenne. Bien qu’il ne s’agisse surtout que de robots industriels, cela montre que l’environnement humain s’accoutume à la présence de ces nouveaux outils. Hors des murs de l’industrie, le nec plus ultra des tâches ménagères est un robot, le Irobot qui aspire la poussière en évoluant seul et qui recharge lui-même ses batteries lorsque la source d’énergie se tarie. Plus besoin d’être derrière son aspirateur pour rendre sa maison propre! Sur le site français Irobot Corporation, une photographie met en scène un petit garçon jouant avec un « robot » qui pourrait, peut-être, suite à un assemblage subtil de ses parties, prendre la forme d’un véhicule terrestre. L’enfant a laissé tomber au sol des miettes de pain que s’apprête à ramasser l’aspirateur de nouvelle génération. Près de cette photographie, un slogan assez simple est apposé : il dit « Nettoie au quotidien… à votre place ». Il est autonome dans le sens où il prend des « décisions » sans supervision car si vous transformez l’environnement (bouger les meubles par exemple), il s’y adapte automatiquement. On parle alors sur ce site de « changer le monde humain » à l’aide des robots.

Si le parc de robots domestiques croît assez vite, les ventes de robots industriels ont augmentées dans les mêmes mesures mais avec plusieurs décennies d’avance, et à des fins tout autres. Ainsi, tout autour de nous se présente un espace mécanisé, de plus en plus autonome et efficace. En France, Nao un petit robot humanoïde a connu un vif succès au Japon, nation qui pourtant est à la pointe de la robotique. Ce qui change avec Nao est son prix, et donc son accessibilité. Face aux 40000 euros des modèles phares japonais (Qrio et Asimo), Nao coûtera dix fois moins (entre 3000 et 4000 euros). Pourtant, ses capacités sont intéressantes : il peut lire vos emails, il raconte des histoires, il chante et danse, et tout cela sur un simple ordre vocal. Nao est devenu la star des journaux télévisés et de la presse écrite française qui en sus de fêter la haute technologie hexagonale, s’extasie (et nous fascine) en imaginant un monde humain technologiquement hyper-développé. Les loisirs n’échapperaient pas à cette robotisation de notre espace quotidien. L’ONU affiche le nombre de presque 700000 robots du type de Nao dans le monde. Allons un peu plus loin, les anciens animaux de compagnies seront-ils remplacés par de nouveaux compères électroniques ?

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (traduction française de Do android dream of electric sheep ?), un titre attrayant pour ce roman de l’américain Philip K. Dick. Si l’on s’entenait à la réputation sulfureuse de cet écrivain de science-fiction, on ne pourrait rejeter l’idée que ce titre est la marque de son abus de drogues ou bien un signe de ses souffrances schizoïdes. En effet, ce titre est bien plus proche d’un délire que la proposition sérieuse d’un auteur du genre qui cherche le succès. En réalité il est à remarquer que l’affaire du titre a été bien pensée même si l’ouvrage sera rebaptisé Blade Runner après la sortie du film de Ridley Scott.

Do android dream of electric sheep ? relate la poursuite d’androïdes par un agent spécial (un blade runner) dans les rues vides de San Francisco. La mission de Rick Deckard consiste à « réformer» quatre androïdes venus sur Terre depuis Mars afin de connaître leur origine et leur destin funeste. Ce retour des androïdes sur Terre est interdit par les lois humaines. L’androïde est conçu comme une menace sur Terre. La trame est la suivante: le blade runner à la retraite prend la décision de répondre à l’appel de son supérieur afin de pourvoir à son désir irrésistible qui consiste à acquérir un mouton vivant, au lieu de cet «