Cade (French) - Dale Mayer - E-Book

Cade (French) E-Book

Mayer Dale

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Beschreibung

Cade Terence, ancien soldat des forces spéciales, a passé les deux dernières années en convalescence, après que le camion de son équipe a roulé sur une mine anti-tank. Six autres de ses co-équipiers ont été gravement blessés, et le septième est mort, dans ce qui n’était autre qu’un coup monté pour les supprimer, comme leur chef d’équipe, Badger Horley, l’a découvert plus tard. Le père de Laszlo, un membre de son unité, a subi un accident avec délit de fuite. L’enquête mène Cade et d’autres co-équipiers sur une piste qui ressemble étrangement à l’accident initial qui a failli causer la mort de l’intégralité de son escouade.

Faith Halladay est pilote pour une compagnie aérienne. Quand sa meilleure amie Elizabeth subit un grave accident qui la plonge dans le coma et menace de la tuer, elle se précipite en Norvège pour veiller à son chevet. Là-bas, elle rencontre Cade, qui pose toutes sortes de questions sur l’accident auxquelles elle ne peut pas répondre. Faith est abasourdie par l’attitude de la famille d’Elizabeth quand tout espoir de survie semble s’écrouler, et elle ne mâche pas ses mots.

Les interrogations de Cade finissent par l’intriguer. Quand elle le recontacte, c’est pour se rendre compte que sa relation avec lui l’a placée dans la ligne de mire d’un tueur. Le cauchemar qui a envahi la vie de cet homme risque bien de devenir le sien.
 

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sommaire

Première de Couverture

Page de Titre

Résumé du livre

Prologue

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Épilogue

Talon

Note de l’auteure

À propos de l’auteure

Tous droits réservés

Résumé du livre

Deux unités militaires de huit hommes chacune ont été envoyées à bord de deux véhicules pour ce qui n’aurait dû être qu’une mission de reconnaissance banale, à Kaboul. La mission s’est soldée par une catastrophe, quand l’une des unités a roulé sur une mine anti-tank. Badger Horley, le chef de l’équipe des SEAL, ainsi que six de ses hommes ont été gravement blessés. Le huitième homme est mort. Seulement, voilà. Le matin de l’accident, les itinéraires ont été changés sans explications ni informations sur la personne qui a autorisé ces nouvelles directives. Jusqu’à l’explosion de cette mine, Badger s’est senti mal à l’aise avec ce changement de dernière minute, mais il n’a pas envisagé de raisons criminelles. Maintenant qu’on a tenté de détruire son équipe, cela devient personnel. Badger et ce qu’il reste de son escouade refusent de prendre du repos tant qu’ils n’auront pas découvert ce qui a entraîné cette tragédie et tué l’un des leurs. Pour cette Légion d’acier, la vengeance n’attend pas…

Cade Terence, ancien soldat des forces spéciales, a passé les deux dernières années en convalescence, après que le camion de son équipe a roulé sur une mine anti-tank. Six autres de ses co-équipiers ont été gravement blessés, et le septième est mort, dans ce qui n’était autre qu’un coup monté pour les supprimer, comme leur chef d’équipe, Badger Horley, l’a découvert plus tard. Le père de Laszlo, un membre de son unité, a subi un accident avec délit de fuite. L’enquête mène Cade et d’autres co-équipiers sur une piste qui ressemble étrangement à l’accident initial qui a failli causer la mort de l’intégralité de son escouade.

Faith Halladay est pilote pour une compagnie aérienne. Quand sa meilleure amie Elizabeth subit un grave accident qui la plonge dans le coma et menace de la tuer, elle se précipite en Norvège pour veiller à son chevet. Là-bas, elle rencontre Cade, qui pose toutes sortes de questions sur l’accident auxquelles elle ne peut pas répondre. Faith est abasourdie par l’attitude de la famille d’Elizabeth quand tout espoir de survie semble s’écrouler, et elle ne mâche pas ses mots.

Les interrogations de Cade finissent par l’intriguer. Quand elle le recontacte, c’est pour se rendre compte que sa relation avec lui l’a placée dans la ligne de mire d’un tueur. Le cauchemar qui a envahi la vie de cet homme risque bien de devenir le sien.

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Prologue

Cade Terence souleva son sac et le fit basculer par-dessus son épaule alors qu’ils sortaient de l’aéroport. Il lança un regard à Talon.

— Tu n’avais pas besoin de rentrer avec moi.

Talon haussa les épaules.

— Je voulais voir Badger de toute façon. Laszlo arrive au prochain vol, alors je pense que nous devrions tous nous retrouver. Si Badger est d’accord.

— Nous allons sûrement devoir nous retrouver dans sa chambre d’hôpital, tu sais comment il réagirait si nous le tenions à l’écart.

Talon hocha la tête.

— Je pense qu’il est également temps d’en parler aux autres.

— Erick t’a devancé. Il en a déjà parlé à Geir. J’ignore ce qu’il se passe, mais je suis certain qu’aucun d’entre nous n’est coupable.

— Je suis du même avis, répondit Talon. Mais nous devons trouver qui l’est.

Au même moment, des membres du personnel de bord s’approchèrent d’un taxi qui s’était arrêté pour eux.

Cade lança un regard à Talon.

— As-tu une voiture ?

Talon secoua la tête.

— Non, et toi ?

Cade secoua également la tête.

— Nous pouvons prendre un taxi si tu veux.

Le taxi transportant les membres de l’équipage démarra alors qu’une autre femme en uniforme sortait de l’aéroport.

— Oh mince.

Cade l’observa.

— Avez-vous loupé votre taxi ?

Elle portait le même uniforme que les membres de l’équipage qui venaient partir.

— Oui. On dirait bien. J’ai l’impression de toujours être en retard ces derniers jours, dit-elle avant de leur adresser un sourire. Ce n’est pas grave. Je prendrai le prochain.

Un autre taxi s’arrêta au même moment. Cade lui fit signe de monter dedans.

— Allez-y.

Elle rit et lui adressa un grand sourire.

— Je ne sais pas où vous allez, mais je me rends en ville, si vous souhaitez partager le trajet.

— D’accord, ça me semble être une bonne idée.

Ils attendirent qu’elle monte à l’avant du taxi avant de s’installer à l’arrière. Cade réalisa qu’ils ne vivaient qu’à quelques pâtés de maisons l’un de l’autre alors qu’elle indiqua son adresse au chauffeur.

— L’endroit où nous allons n’est pas très loin de toute façon, dit Cade.

Elle se tourna vers eux.

— Êtes-vous partis pendant longtemps ?

Ils sourirent et Cade répondit :

— Quelques jours seulement. Mais je suis ravi de rentrer chez moi.

Elle hocha la tête.

— Moi aussi. Je travaille pour cette compagnie aérienne depuis longtemps maintenant. Avec tous ces voyages, il est agréable de rentrer de temps en temps à la maison et d’y rester pour un moment.

— Vous habitez à Santa Fe ?

— Exactement. Et vous ?

— Moi aussi. Talon, lui, a vécu partout dans le monde. Je ne suis même plus sûr qu’il ait encore une maison, répondit Cade d’un ton farceur.

Talon rit.

— J’ai acheté une maison et je la retape, on peut dire que c’est mon boulot.

— Au moins, vous avez ça. Je vis seule. Aucun membre de ma famille n’habite ici, dit-elle avant de tendre une main derrière le siège passager. Moi, c’est Faith, au fait.

Les deux hommes se présentèrent et Cade l’observa un long moment.

— Votre visage me dit quelque chose.

Elle haussa un sourcil.

— Eh bien, vous venez juste d’atterrir. Nous étions probablement dans le même avion.

Il secoua la tête.

— Non, je vous aurais vu traverser les allées.

Elle rit alors qu’un son joyeux et amusant s’échappa de sa gorge.

— Non, impossible.

Il la regarda d’un air suspicieux.

— Pourquoi ?

— Parce que, répondit-elle doucement, je suis pilote de ligne.

Chapitre 1

Après l’atterrissage de Laszlo en ville et l’arrivée d’Erick chez Cade, où tous les autres étaient déjà réunis, leur plan de se rendre immédiatement au chevet de Badger s’envola aussitôt lorsque Cade reçu ce message en provenance de Kat :

Rendez-vous annulé. Badger est en soins intensifs. Il n’en sortira pas avant un bon moment.

Cade fixa l’écran de son téléphone.

Erick s’assit près de lui dans l’un des deux fauteuils assortis. Laszlo et Talon se trouvaient dans le canapé face à eux.

— Que se passe-t-il ?

Cade leur lut le message tout en composant le numéro de téléphone de Kat. Quand Kat lui répondit, il lui demanda :

— Que s’est-il passé ?

— Caillot sanguin, répondit-elle d’un ton sombre. Son état était critique ces derniers temps. En réalité, il l’est toujours. Je suis à l’hôpital avec lui, mais peu importe le plan dans lequel vous espériez l’inclure, il faudra vous passer de lui pour l’instant. Quand il se remettra, il devra subir une nouvelle opération.

— Il va s’en sortir, dit Cade, il s’en est toujours sorti jusqu’à présent.

— Effectivement, répondit-elle. Et je ne laisserai sûrement pas abandonner. Mais il aurait dû faire cette intervention bien plus tôt.

Cade descella la tristesse dans le ton de sa voix.

La conversation était sur haut-parleur, ce qui permit à Erick, Talon et Laszlo de l’entendre. Et, à en juger par l’expression mitigée sur leurs visages, Cade comprit exactement ce qu’ils ressentaient.

— Pouvons-nous lui rendre visite ?

— Personne n’est autorisé à lui rendre visite à part sa famille. Mais il n’a plus de famille.

— Nous sommes sa famille, rétorqua Cade d’un ton agressif. Tout comme toi, Kat.

— Ils m’autorisent à le voir, mais seulement parce qu’il semble plus calme lorsque je suis là. J’ignore si vous connaissez du monde à l’hôpital pour essayer de négocier pour le voir. Si ce n’est pas le cas, alors vous devriez poursuivre ce qui compte le plus pour Badger : trouver celui qui vous a tous fait subir ça. Mais il ne peut plus vous aider. Et je sais que vous avez besoin de quelqu’un pour coordonner et gérer vos communications.

Cade fixa le vide. Kat avait raison, mais pour résoudre ce problème il fallait que le reste du groupe se mette d’accord.

— Levi et Mason avaient besoin de quelqu’un comme contact principal. Ils avaient également reçu des appels provenant d’un certain Merk et d’un Brandon. J’ignore complètement qui sont ces hommes, dit-elle. Sans compter que je ne peux pas abandonner mon travail. Je travaille depuis l’hôpital aussi souvent que je le peux pour garder un œil sur Badger. Sinon, je suis au bureau. Badger est inconscient, il ne se réveillera peut-être pas avant un bon moment. Les docteurs espèrent que ce sera demain, mais ils lui ont administré des médicaments. Chaque fois qu’il émerge, il se bat pour sortir de son lit. Il est épris de cauchemars. Ils lui donnent des sédatifs jusqu’à ce que son corps se remette un peu.

— Ne t’inquiète pas, nous allons nous en charger, promit Cade. Nous te rappellerons pour te dire qui va prendre le relais. Ton rôle est de nous tenir au courant sur l’état de santé de Badger.

— Mon rôle est de le maintenir en vie, répondit-elle doucement. Mais je peux aussi vous tenir au courant.

Puis elle raccrocha.

Les garçons se dévisagèrent les uns les autres alors qu’un voile sombre s’abattit sur eux. Pour le moment, quatre membres de leur unité sur les sept encore vivants étaient réunis. Talon, Cade, Erick et Laszlo, qui venait d’arriver quelques heures plus tôt seulement.

Honey pénétra dans la pièce et s’assit près d’Erick, sur l’accoudoir du fauteuil dans lequel il était installé. Puis elle fit glisser ses doigts entre ceux de sa main valide.

— Je sais que tu dois y retourner, dit-elle, mais je dois rester ici pour Kat.

Ce fut un peu tard, mais Erik réalisa à quel point cette situation était compliquée également pour elle. Il serra les doigts d’Honey et lança un regard au reste du groupe.

— Des suggestions ?

Talon dit :

— Nous faisons ce que nous avions prévu. Nous retrouvons le salaud qui nous a fait ça.

— Oui, mais il nous faut quelqu’un d’autre pour rester ici et tout coordonner, comme l’a dit Kat, nous recevons beaucoup d’appels. Quelqu’un doit gérer toutes nos communications.

Cade observa Honey regarder Laszlo et Talon alors qu’elle vit la même réaction dans chacun de leur regard. Cade se tourna vers Erick et lui dit :

— Et c’est toi qui t’en chargeras.

Un voile de colère recouvrit du visage d’Erick.

Cade secoua la tête.

— Ne discute pas. Tu dois être fort et prendre la place de Badger.

— Je n’ai aucun problème à m’endurcir, grogna Erick. Mais il est hors de question que vous me fassiez faire la baby-sitter.

Cade vit le soulagement sur le visage d’Honey.

— Mais il y a autre chose que tu dois prendre en considération, dit-il doucement.

Il prit une tasse de café et la fixa du regard.

— Pourquoi n’y a-t-il jamais assez de café ?

Honey se leva immédiatement.

— Je vais en refaire. On dirait bien que nous allons avoir besoin de quelques tournées supplémentaires.

Puis elle disparut.

Cade se pencha instantanément avant de dire :

— Erick, tu dois aussi penser à Honey.

Erick leur lança un regard sombre, mais Cade vit dans ses yeux qu’il en était conscient.

— Aucun d’entre nous n’est en couple, contrairement à Badger et toi. Nous avons commis beaucoup d’erreurs dans nos vies et nous avons déjà payé le prix fort pour la plupart d’entre nous. Mais tu as également la chance de vivre quelque chose de réellement unique maintenant. Kat est là pour Badger. Honey se doit d’être présente pour Kat, et toi tu dois soutenir Honey. Il est évident que c’est toi qui dois rester ici.

Erick voulut le contredire. La colère et la frustration se lisaient distinctement sur son visage. Puis son téléphone sonna, il y jeta un œil.

— C’est Levi. Il veut des nouvelles. En réalité, avoua Erick, ses mots exacts sont : « mais que se passe-t-il, bon sang ? »

Cade s’adossa à la chaise.

— Je n’aurais pas dit mieux.

— Mais je ne vois pas ce que je vais pouvoir coordonner si notre prochaine étape n’est toujours pas mise en place, répondit Erick, le téléphone toujours en main alors qu’il n’avait pas encore répondu.

— Quelqu’un a-t-il des nouvelles de Geir ? demanda Talon avant de se tourner vers Erick. Tu l’as déjà contacté, n’est-ce pas ?

— Oui. Mais depuis, plus un mot.

Les quatre hommes se raidirent.

Talon demanda :

— Depuis combien de temps ?

Erick jeta un œil à son téléphone.

— Douze heures.

L’atmosphère s’alourdit instantanément.

— C’est trop long.

— Je sais.

— Une raison de plus pour laquelle tu dois gérer les communications, dit doucement Laszlo. Nous pensions pouvoir toujours compter sur Badger, qu’il garderait un œil sur ça. Et si Geir avait des ennuis ?

— Geir a toujours très bien su se tirer des ennuis, leur fit rappeler Talon. Mais douze heures de silence c’est bien trop long, même pour lui.

Erick sortit son téléphone et appela Geir.

— Toujours aucune réponse.

— Mais son téléphone sonne ? demanda Laszlo en attrapant son ordinateur avant de l’allumer. Donne-moi son numéro.

Alors qu’Erick le lut à voix haute, tout le monde saisit le numéro de Geir sur leurs téléphones.

C’est alors que Cade se demanda à haute voix :

— Pourquoi n’ai-je pas son numéro ?

— Geir était injoignable ces derniers mois. Peu importe le moyen, il était difficile de le contacter puisqu’il changeait constamment de position.

Erick s’étira les jambes.

— Le numéro avec lequel il m’a contacté n’est plus valide, déclara Laszlo.

— Un téléphone prépayé ?

— C’est ce qu’il me semble, répondit Laszlo en hochant la tête. La seule raison pour lui de prendre un téléphone prépayé serait pour qu’on ne puisse pas le suivre.

— Serait-il possible qu’il pense la même chose que Badger ? demanda Talon.

Là était leur grosse interrogation.

— T’a-t-il dit quelque chose, Erick ?

— Pas vraiment. J’ai simplement dit à Geir que nous organisions une rencontre en personne, que c’était important et que ça remontait à ce qu’il s’était passé il y a deux ans.

— Qu’a-t-il répondu ?

— « Je m’en occupe ».

Les quatre hommes s’échangèrent des regards.

Talon chuchota :

— Mince.

— Quand il m’a dit ça, je pensais qu’il voulait dire qu’il était sur la route pour nous rejoindre.

— Mais au lieu de ça, il s’en occupe vraiment. Ce qui veut dire qu’il fait également des recherches sur ce qu’il se passe.

Au fond de lui, Cade voulu sauter de joie. Geir faisait partie des gentils. Bon sang, les sept d’entre eux étaient des gentils.

— Impossible qu’il soit coupable d’avoir programmé l’explosion de notre véhicule s’il fait des recherches.

— Aucun d’entre nous n’est responsable de notre accident avec cette bombe, répondit doucement Talon. Je vous suggère que l’on se mette immédiatement tous d’accord là-dessus. Nous sommes tous les sept innocents. Il existe une autre explication. C’est simplement que nous ne l’avons pas encore trouvée.

Les trois autres hochèrent la tête alors que l’un d’entre eux dit :

— Je suis d’accord.

— C’est ce que j’ai toujours pensé, dit doucement Laszlo. Quatre d’entre nous sont là. Badger est à l’hôpital. Ce qui fait cinq. Geir est le sixième. Et Jager alors ?

Il observa chacun de leurs visages.

— Quelqu’un a eu de ses nouvelles ?

— Je sais que ses parents sont morts récemment, répondit Talon. Mais je n’en sais pas plus.

Erick s’exprima d’une voix prudente alors qu’on y entendait toujours beaucoup de colère et de frustration. Mais la plupart de ces deux sentiments s’étaient dissipés.

— Je dis ça parce que je pense que nous devons en parler et j’ignore si vous y avez déjà pensé.

Les trois hommes détournèrent le regard vers lui.

Erick fixa Cade du regard.

— Beaucoup de membres de nos familles respectives sont morts durant ces deux dernières années.

Cade se figea.

— Qu’insinues-tu ?

— Mon grand frère a été retrouvé mort dans sa voiture sur son lieu de travail. Il avait déjà des problèmes de cœur et, après une journée exécrable au travail, il a fait un arrêt cardiaque dans sa voiture. Il avait quatorze ans de plus que moi et il n’était pas en pleine forme. Cette nouvelle était alors terrible, sachant qu’il était encore si jeune, mais presque compréhensible. Et c’était il y a plus d’un an maintenant, dans les quatorze mois plus ou moins.

Erick s’avachit alors qu’Honey refit surface avec la cafetière posée sur un plateau. Il lui adressa un sourire.

— Merci, ma puce.

Elle hocha la tête et servit rapidement une tasse à chacun d’entre eux.

— J’ai du travail dans la cuisine. Je vous laisse en parler entre hommes.

Puis elle afficha un grand sourire avant de se retourner et de quitter la pièce.

Il attendit qu’elle ne puisse plus les entendre avant de dire aux autres :

— Les parents de Badger sont morts six mois après l’explosion. Les parents de Jager ont été tués.

Il se tourna vers Laszlo.

— Te rappelles-tu quand c’est arrivé ?

— Il y a quatre mois à peu près.

— Ce qui veut dire que dix-huit, puis quatre mois plus tôt, quatre de nos parents sont morts. Quelqu’un d’autre a-t-il perdu un membre de sa famille dans ces temps ?

Cade poussa un long et bas soupir. L’idée était trop dure à admettre. Mais Erick l’observa alors qu’il sentait qu’il y avait quelque chose.

— Ta sœur. De quoi est-elle morte ? Dans un carambolage deux hivers plus tôt, n’est-ce pas ?

Cade hocha la tête aussi lentement que possible, comme si un mouvement un peu plus brusque le briserait en morceaux.

— Mais ça fait maintenant dix-sept mois.

— Ce qui sort du schéma. Il ne s’agissait pas de tes parents, dit Laszlo avant de se figer. Mais c’est parce que tu n’en as pas, n’est-ce pas ? Ils étaient déjà morts, non ?

Cade hocha la tête.

— Ma sœur était la seule famille qu’il me restait, dit-il doucement. Nous avons perdu nos parents quand j’étais au lycée. C’est l’une des raisons pour laquelle je me suis engagé dans la Marine, j’étais à la recherche d’une famille.

Erick lui pressa l’épaule.

— Et tu en as trouvé une. Garde ça en tête.

Cade ne parvenait plus à penser à autre chose que sa sœur. Il fixa Erick du regard.

— Ne serait-ce qu’une supposition ?

— Il y a eu trop de décès pour que ce ne soit qu’une coïncidence, dit Erick en lançant un regard à Talon. As-tu perdu quelqu’un durant ces deux dernières années après l’explosion ?

Talon fronça les sourcils.

— Je n’ai aucun lien avec ma famille. J’étais en famille d’accueil en étant petit. Je sais que mes parents biologiques existent quelque part, mais j’ignore où, je ne sais rien sur eux.

— Et ta famille d’accueil ? demanda Erick.

— La dernière tu veux dire ? dit-il avant de secouer la tête. Je ne les ai pas vus ni eus de leurs nouvelles depuis des années.

— Vérifie s’ils sont toujours en vie, lui dit doucement Erick. Peut-être qu’ils n’ont pas été visés si vous n’étiez pas proches.

Cade observa le visage de Laszlo.

— Laszlo, tu ne dis rien.

Laszlo leva la tête, un regard amusé dans les yeux.

— Je n’ai perdu personne, dit-il doucement. Ma mère est morte depuis des années. Mais mon père a eu un accident de voiture récemment, nous avons failli le perdre.

— Il y a combien de temps ?

— Un mois seulement.

Le silence s’empara de la pièce.

Cade sentit quelque chose se briser à l’intérieur de lui à chaque mot prononcé.

— Donc le fait qu’on ait voulu notre mort n’était pas suffisant, maintenant tu dis qu’on a également voulu tuer nos familles ? dit-il en fixant les autres du regard. C’est un tout autre niveau de haine.

— Effectivement.

Ils prirent chacun une tasse de café, perdus dans leurs pensées et leurs souvenirs.

— Laszlo, tu étais avec ton père avant de venir ici ?

D’un air sombre, Laszlo répondit :

— Mon frère est avec lui. Au début, c’est mon père qui prenait soin de mon frère. Maintenant, c’est plutôt mon frère qui veille sur mon père.

— Tu devrais renforcer un peu sa sécurité, ou au moins avertir ton frère.

— Mon frère n’est pas capable de s’occuper de lui-même et de mon père en même temps. Il suit un traitement contre son cancer depuis un an. Il est en rémission maintenant, mais il est toujours faible. En réalité, lui et mon père sont tous les deux vulnérables, dit-il en posant violemment sa tasse sur la table avant de s’immobiliser et de poursuivre doucement. Je dois rentrer.

— Je pense que je devrais venir avec toi, répondit Cade. Est-ce que tu en sais plus sur l’accident de ton père ?

Laszlo se tourna vers lui.

— Seulement ce que la police nous en a dit. Mais à présent, je veux voir le rapport complet.

— Sais-tu qui l’a percuté ou bien d’autres détails ?

— Mon père sortait toujours faire une balade le soir, toujours. Durant presque soixante-dix ans, il a toujours pris son dîner avant de sortir prendre l’air.

— Ne me dis pas que l’accident s’est produit durant sa balade ?

— Le conducteur l’a percuté avant de s’enfuir, grogna-t-il. Personne ne sait quel genre de voiture c’était, personne ne l’a vu. En réalité, personne n’a assisté à l’accident. Les chiens sont rentrés à la maison en aboyant. Mon frère est sorti pour découvrir ce qu’il s’était passé. Il a trouvé mon père et l’a emmené à l’hôpital.

— Comment va-t-il ? demanda doucement Erick.

Laszlo enfouit ses poings dans ses poches et se balança sur ses talons.

— Mal, admit-il. Il a une blessure à la tête, plusieurs côtes cassées ainsi qu’une jambe et une hanche. Il est sorti de l’hôpital maintenant, il est rentré à la maison, mais il reste immobile la plupart du temps. Je ne voulais pas les laisser. Mais une fois que j’ai réalisé ce qu’il se passait ici, il fallait que je vienne pour vous aider, moi aussi. Mon père se remet sur pied. Des infirmières passent un jour sur deux pour vérifier son état de santé. Sans compter que mon frère est avec lui. Seulement, maintenant, nous savons qu’un tueur pourrait probablement finir ce qu’il a commencé avec mon père.

Sa mâchoire se crispa alors que le muscle de sa tempe tremblait.

— Et nous sommes sûrement en train de toucher le fond, poursuivit-il. Absolument rien ne nous prouve que la personne à l’origine de l’explosion il y a deux ans s’en prend à nos familles. Quelle logique y aurait-il là-dedans ?

— Comme l’a dit Cade, soumit Talon, il s’agit de haine, et une haine bien plus profonde que ce que l’on imaginait.

— Mais cette personne ne hait pas seulement l’un d’entre nous, mais nous tous.

— Nous devons savoir si Geir a perdu des membres de sa famille, lança soudainement Erick. Et si nous savons déjà que les parents de Jager sont morts, le contacter pour en savoir plus va se révéler être un tout autre problème s’il ne nous répond pas.

— S’il est dans une mauvaise phase, nous savons que nous ne pourrons pas le trouver, à moins qu’il décide que nous le trouvions.

— Il ne nous répondra probablement pas, mais nous pouvons quand même peut-être lui envoyer un message, comme je l’ai fait pour Geir, reprit Erick. Et je peux faire ça, je peux lui envoyer un message pour lui demander s’il a perdu un proche et lui dire que nous avons découvert un nouvel aspect.

— Fais-le tout de suite. Je vais réserver un vol, dit Laszlo. Je refuse de laisser mon père et mon frère seuls. Pas en ce moment ni dans ces conditions. Même s’ils sont capables de faire beaucoup de choses, se défendre contre un tueur professionnel ne fait pas partie de cette liste.

— Il est aussi très probable que ce soit notre seule piste pour trouver qui nous a fait ça, ajouta Cade. Réserve-moi aussi un billet d’avion.

Talon grogna.

— Hors de question que vous partiez sans moi. S’il a déjà tenté de tuer ton père, alors nous avons du pain sur la planche.

— La situation vient de prendre une ampleur considérable, protesta Erick. Tout le monde doit faire des recherches sur les rapports de ces accidents.

Il poussa un léger grognement avant de soupirer.

— Puisque maintenant je gère officiellement toutes les communications, dit-il en foudroyant du regard ses amis, je vais avoir besoin que vous me donniez plus de détails sur ce que vous faites, à quel endroit et avec qui. Je vais faire en sorte d’obtenir des copies des rapports officiels auprès de la police et des médecins légistes. Il nous les faut. Nous comparerons alors les détails et tout le monde devra mettre la main à la pâte pour régler ce que nous allons trouver.

— Nous savons déjà que Levi et Mason nous apporteront leur aide, répondit Cade. Et ils ont du matériel informatique de pointe, ainsi que les logiciels qui vont avec. Nous devons rassembler toutes les informations que nous avons et les transférer sur l’un de leurs ordinateurs pour voir s’ils peuvent trouver un lien. Pendant ce temps, trois d’entre nous vont se rendre en Norvège pour s’assurer que cet accident en était vraiment un.

Faith fixait le mail dans sa boîte de réception. Il provenait de Mary, la sœur d’Élisabeth, sa meilleure amie. Faith et elle avaient fréquenté la même école à Santa Fe au Nouveau-Mexique. Mais quand Faith partit pour l’école d’aviation, la mère d’Elizabeth se remaria et Élisabeth repartit en Norvège. Elle y était née et avait donc décidé de retourner dans son pays natal et d’y devenir institutrice afin de vivre auprès de sa mère et sa sœur.

Faith lut à voix basse : Je suis vraiment navrée de t’annoncer cette nouvelle, mais Elizabeth a eu un grave accident de voiture. Elle est encore en vie et s’accroche, mais les pronostics des médecins ne sont pas bons.

Faith attrapa son téléphone, soulagée que Mary ait au moins inclus son numéro. Quand elle décrocha, Faith lui annonça :

— Je prends un vol.

— Je peux comprendre ton envie de venir, lui répondit Mary, mais elle est inconsciente et il y a peu de chance qu’elle se réveille. Elle est en train de mourir.

Faith se pinça l’arête du nez. Ce fut pour elle la seule façon de ne pas fondre en larmes.

— Quand s’est produit l’accident ?

— Hier, répondit Mary d’un ton triste. C’est ce qui arrive avec les accidents. Ils touchent les meilleurs d’entre nous et les effacent de la surface de la Terre sans le moindre scrupule.

Faith détestait le fait que Mary soit déjà résignée à perdre sa sœur.

— Je peux être là-bas dans douze heures, dit-elle en regardant sa montre. Ou peut-être moins.

— Je sais que tu es pilote de ligne, mais il te faut un avion pour arriver si vite.

— Je vais sûrement pouvoir embarquer pour le prochain vol. Je t’enverrai un message dès que j’en saurai plus.

Faith raccrocha avant de se précipiter dans la salle de bain alors qu’elle téléphonait déjà au bureau des réservations de vol.

— Il me faut une place pour un vol vers la Norvège pour hier. Je prends un congé pour raison familiale, dit-elle rapidement.

— Un membre de votre famille ?

— Ma meilleure amie.

Travailler en tant que pilote de ligne pour cette compagnie lui permettait déjà d’obtenir des vols gratuits. Mais les vols transatlantiques étaient souvent complets. Elle pria pour qu’un miracle se produise.

— Nous avons un vol dans quarante-sept minutes. Mais je suppose que c’est trop tôt pour vous.

— Non, pas du tout. Je vais le prendre.

Elle raccrocha et rangea quelques vêtements dans son bagage à main avant de prendre son passeport et son sac, soulagée d’être toujours prête à partir, puis de se précipiter vers sa voiture. Elle songea une seconde à appeler un taxi en se remémorant les deux hommes qu’elle avait rencontrés lors de sa dernière course. Elle se rappelait vaguement leurs noms. Elle se souvenait de l’homme blond aux yeux bleus plus que de l’autre. Il avait ce genre de visage marquant, dont les yeux semblaient l’avoir fixée jusqu’à entrevoir son âme, à la recherche de quelque chose, toujours en quête de réponses. Une fois dans la voiture, elle ouvrit la porte du garage à l’aide de la télécommande avant de sortir et d’appuyer une nouvelle fois sur le bouton pour refermer la porte derrière elle. Puis, elle s’engagea sur la voie principale. Dès qu’elle fut sur l’autoroute, elle mit le pied au plancher.

Elle ne pouvait pas se permettre d’être en retard. Et l’on ne retiendrait pas non plus l’avion pour elle. Ce n’est pas comme si elle le pilotait. Elle vivait volontairement à seulement quinze minutes de l’aéroport. C’était sa façon de vivre. Elle vivait suffisamment loin pour habiter une banlieue résidentielle, tout en étant suffisamment près pour éviter l’enfer des longs trajets en voiture quand elle se rendait et rentrait du travail. Elle laissait aussi souvent que possible sa voiture dans un parking longue durée. Et c’est vers ce parking qu’elle se rendit à cet instant.

Elle gara sa voiture et se précipita à travers les voies d’embarquement. Elle passa aisément le contrôle et fila vers la porte d’embarquement. L’agent d’escale leva la tête et l’aperçu avant de s’exclamer :

— Bon sang, merci. Tout le monde est à bord.

Elle hocha la tête et monta à bord. Dès que l’hôtesse la vit, elle lui fit signe de s’installer en désignant un siège avant de lui dire :

— Voilà votre place.

Puis, elle procéda à la fermeture de la porte derrière elle.

Faith rangea son sac dans le compartiment en hauteur avant de s’effondrer dans son siège, à bout de souffle, les mains tremblantes.

Une vieille dame se tenait assise à côté d’elle.

— C’est donc vous que nous attendions.

Faith inclina son regard vers elle avant de murmurer :

— Pardon.

La vieille femme se contenta de sourire en hochant la tête.

— À mon âge, peu de choses valent la peine que l’on se précipite pour elles.

— Une de mes amies est entre la vie et la mort.

— Ma pauvre enfant.

La vieille femme lui prit la main et la serra au creux des siennes.

— Je suis vraiment navrée.

Les larmes qu’elle avait retenues jusqu’à lors perlèrent au coin de ses cils. Elle renifla, fouilla dans son sac et en sortit un mouchoir.

— Je viens tout juste de l’apprendre, répondit-elle. La moindre des choses était de prendre ce vol pour la rejoindre.

Elle retira délicatement ses mains avant de se mettre à l’aise dans son siège. Elle avait apporté son ordinateur portable et, dès que l’avion fut à une altitude stable, elle envoya un message à son travail pour modifier ses horaires. Elle avait déjà remplacé beaucoup de ses collègues. Et, par chance, ils étaient heureux de pouvoir lui rendre la pareille. Puis elle envoya un e-mail à Mary, lui indiquant l’heure de son arrivée. Les neuf prochaines heures s’annonçaient atroces avant qu’elle puisse enfin voir Elizabeth de ses propres yeux.

Chapitre 2

Quand Faith se réveilla après une sieste agitée, l’avion volait encore. La vieille femme à côté d’elle ronflait légèrement alors qu’une couverture recouvrait ses épaules. Ces vols transatlantiques étaient éprouvants, mais Faith en avait l’habitude. Il y avait quelques vols qu’elle affectionnait particulièrement – celui pour Singapour en faisait partie, tout comme celui pour la Norvège. Elle se détendit dans son siège et sourit quand l’hôtesse lui apporta un café.

— Merci, murmura Faith alors que le silence régnait dans l’avion.

— Nous allons atterrir dans moins d’une heure, vous avez le temps de boire votre café.

— Parfait, répondit Faith en souriant.

En réalité, cette nouvelle était encore meilleure, puisque cela voulait dire qu’elle avait réussi à dormir un peu. Et c’était le plus important. Alors qu’elle s’apprêtait à allumer son ordinateur, l’hôtesse revint vers elle pour lui servir un repas complet.

— Vous avez dormi tout le long du trajet.

Alors qu’elle réalisa qu’elle ignorait ce qu’elle allait trouver en arrivant, elle baissa la tablette avant de dévorer son repas. Une fois ce dernier englouti, l’avion avait déjà entamé son atterrissage.

La petite vieille dame eut du mal à émerger. Elle ne cessait de bâiller en couvrant sa bouche, le tout en souriant – elle était adorable. Elle se pencha alors vers Faith.

— Je vais rendre visite à mes petits-enfants.

— Vous allez vous amuser, répondit Faith.

Ils étaient sur le point d’atterrir. Puis ce fut le chaos habituel du débarquement. L’hôtesse la laissa descendre en premier. Le fait d’être pilote de ligne avait quelques avantages. Elle traversa le tarmac à la hâte avant d’entrer dans le bâtiment d’en face. Elle monta dans le premier taxi qu’elle croisa et donna l’adresse de l’hôpital au chauffeur.

Quand les deux imposantes portes se fermèrent derrière elle, elle s’arrêta un instant. Elle avait réussi. Maintenant, la question était : n’était-il pas trop tard ? L’estomac noué en songeant à ce scénario, elle s’avança vers la réception en espérant que quelqu’un y parlerait français. Mais alors qu’elle s’apprêtait à demander dans quelle chambre se trouvait son amie, elle entendit quelqu’un l’interpeller :

— Faith !

Elle se tourna et aperçut Mary se précipiter vers elle. Elles s’enlacèrent, puis reculèrent avant que Faith ne lui demande :

— Alors ?

Mary sourit.

— Elle s’accroche encore.

Elle guida Faith au chevet de sa sœur. Faith s’arrêta au pas de la porte en voyant les tubes, les bandages et les bleus. Son cœur se serra et sa respiration se bloqua au fond de sa gorge.

Mary se pencha vers elle et lui agrippa les doigts.

— Je suis vraiment navrée. J’aurais dû te prévenir.

Faith secoua la tête.

— Impossible de se préparer à voir ça.

Elle s’avança de quelques petits pas.

— Puis-je lui prendre la main sans risque ?

— Tu peux la toucher, mais ne la soulève pas.

Faith approcha une chaise du lit et recouvrit les doigts longilignes de son amie des siens.

— Elizabeth, tu m’entends ?

Elle lança un regard à Mary qui secoua la tête.

— Elle est encore sous sédatif.

Les machines près d’Elizabeth bipaient d’un son rassurant. Faith approcha son autre main pour lui caresser délicatement l’avant-bras. Puis elle dit à son amie d’une voix douce :

— Reviens parmi nous, Elizabeth. Continue à te battre. Tu n’as jamais abandonné quoi que ce soit. Je suis navrée qu’il te soit arrivé une telle chose.

Faith ignorait pendant combien de temps elle avait répété ces mots, mais ce fut comme si ces derniers coulaient de ses lèvres. Elle commençait et terminait ses phrases sans raison ni rythme, mais ce fut comme si elle revivait leurs meilleurs souvenirs et leurs pires moments.

Elle se tut enfin et sa tête tomba sur le lit près du corps meurtri d’Elizabeth. Puis Faith se détendit. Elle sentait les battements du cœur de sa meilleure amie pulser sous ses doigts, alors que ceux d’Elizabeth se contractaient de temps à autre. Faith crut à plusieurs reprises que ces mouvements étaient peut-être une réponse à sa voix. Mais les médecins qu’elle avait croisés lui avaient assuré qu’il s’agissait simplement des nerfs qui se contractaient. C’était tout sauf rassurant.

Puis les infirmières entrèrent et demandèrent à Faith de sortir afin de changer ses bandages. Elle fit les cent pas dans le couloir pendant un long moment. Elle ne savait pas quoi faire. Elle n’avait aucun endroit où dormir et elle n’arrivait pas à envisager de quitter le chevet d’Elizabeth. Elle n’avait plus aucun signe de Mary. Elle s’assit sur l’une des chaises dans le couloir avant de se frotter le visage. Il fallait qu’elle mange. Un café ferait l’affaire. Elle entendit des voix à travers son voile d’épuisement.