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Quand une carte est envoyée de l'au-delà,un destin va changer...Va-t-il y avoir une belle rencontre?
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Seitenzahl: 56
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Ce livre est dédié à la mémoire de Lady Neptune.
"Certains hommes entendent les voix qui sont en eux avec une rare clarté, et ils obéissent à ce qu'ils entendent. Ceux là deviennent soit fous soit ils deviennent légendes.
Jim Harrison Légendes d'automne
Il ne reste que des bribes de toi et des fragments de mon âme et c’est par bribes que j’écrirai ta légende ou la mienne ou peut être la nôtre, car tout aujourd’hui se mélange et devient confus comme les brumes du souvenir dans lesquelles je nage, comme tes vacillements sur cette autoroute sur laquelle tu t’écroules. Ce brouillard d’une manière me paralyse mais d’une autre m’est agréable…
Il n’y aura pas de structure à cette histoire, elle viendra incertaine et vagabonde, comme mon esprit qui aime à se perdre dans le pays de la remembrance. Elle descendra des nuées volatiles comme la dernière ode que chanta mon âme, comme le chant du cygne, inachevé et sans cohérence. Elle sera le flot imprévisible de la rivière qui emporte nos vies dans ces autres dimensions ou tout demeure éternel.
Commencerai-je par la fin ou par le milieu d’un songe ou les fantômes d’autrefois viennent murmurer la douce mélodie de ce qui n’existe plus que dans nos mémoires ?
Moi aussi je cherche le chemin de ma maison et de mon passé et tout comme toi je m’accroche à cette carte postale que tu m’as envoyée de l’au-delà …C’est le vestige d’un autre monde, ou la missive venue d’une autre réalité. Et cette route qui n’en finit pas se transforme en rivière infinie ou dansent les ondes phosphorescentes de nos âmes qui s’abandonnent à leur destin sans plus ne pouvoir lutter…
Moi aussi je suis devenue la rivière, celle au bord de laquelle je flânais a fini par m’attirer hypnotique dans un autre monde, peut être m’y suis noyée peut-être m’y suis-je seulement rafraîchie mais d’une façon ou d’une autre je voyage toujours dans ses eaux translucides ...
Je me souviens seulement de cet oiseau bleu, cet oiseau de paradis qui voletait au-dessus de ses eaux profondes. Il m’invitait à l’aventure et sûrement ai-je voulu le rejoindre, indifférente au risque que je prenais. Mais peu m’importe car dans le fond je sais qu’il n’y a pas de frontière entre la vie et la mort, le rêve et la réalité. L’oiseau bleu m’invitait à sauter dans les nuages qui planaient au-dessus de l’onde mystérieuse. Langoureuse et éthérée, lasse de ma solitude et de ma tristesse, j’écoutais ce que sa voix silencieuse me murmurait à l’oreille.
« Saute dans ces nuages et lave toi de tes vies antérieures, plonge dans l’onde et tu renaîtras infinie... »
Je ne me souviens plus du reste, seulement de cette aventure avec ce garçon blond qui m’apparut sous une cascade au milieu de la danse des brumes. Nous vécûmes la bohème et aujourd’hui encore sa poésie emplit mon âme. Il était un poète, une belle âme et il sut dans ce voyage entre deux mondes me faire danser au fil de ses rêveries. Il m’attendait depuis longtemps dans cet autre royaume et connaissait mon visage bien avant de m’avoir rencontrée.
Il y a ces instants d’éternité qui me hantent et qui font s ‘évanouir l’horloge du temps. Malgré les années qui font s’effacer les souvenirs, elles ne peuvent diminuer l’emprunte que l’amour laisse à jamais dans nos cœurs. Quelques secondes comme une fugace étincelle qu’enflamme le tourbillon de nos mémoires et c’est dans la fugacité de ce flash que l’on s’est senti exister.
C’est là que notre divinité se révèle, que le cœur s ‘emballe et ressent la fusion avec l’unité.
Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d ‘espace, il n’y a plus que ce langage de l’âme et cette invitation au voyage dans des dimensions que seuls les initiés peuvent pénétrer. Tout bascule dans le tsunami des émotions, l’être se révèle et renaît du plus profond désespoir. L’inattendu de ces instants laisse le sentiment infini de la magie qui nous entoure. C’est pour ce frémissement de nos âmes, ces quelques instants d ‘éternité qui nous foudroient qu’il aura valu la peine d ‘exister. Le temps est comme un ruisseau, tu ne peux toucher la même eau deux fois puisque le courant suit son cours,mais la source qui inonde ton cœur est éternelle.
Ce garçon que j’ai rencontré dans les eaux de la rivière est dans ma mémoire le gardien d’un autre monde, il est un poète, un philosophe qui m ‘enseigna la spiritualité et la magie lors de nos rencontres, il est le prince de ma nébuleuse. Peut-être est-il l’esprit de la rivière, il n ‘est d’aucun royaume terrestre, mais pour moi il reste ce bohémien que je rencontrais sur les routes d ‘Idaho. Vous ne le rencontrerez certainement pas en territoire d ‘Idaho car c’est un Idaho inventé, un Idaho qui n ‘a jamais existé que dans mon cœur.
Un jour, je repartirai au bord de ce cours d'eau, je me laisserai dériver tel un lotus géant sur la rivière qui emmène les voyageurs au pays d’Idaho.
L’oiseau bleu de paradis survole encore et toujours cette mystérieuse utopie née des méandres de ma psyché fertile et entraîne les nouveaux venus au royaume de l’enfance et des fêtes sans fin.
Nulle mauvaise reine ne règne plus sur ce monde onirique aux frontières aussi changeantes que la course des nuages. J’attends avec impatience de revoir le séquoia géant qui trône dans la prairie parsemée de tournesols.
Car tout en haut de cet arbre, c’est là que se trouve le paradis perdu de mes jeunes années. Seuls les élus connaissent le code secret pour pénétrer dans cette cabane en haut des arbres. Le voyageur d’Idaho accède alors à ce lieu féerique où l’on peut éternellement revivre les souvenirs d’une innocence ici-bas à jamais perdue, mais ces visions fugaces disparaissent à la première rosée du matin.
Le prince d’Idaho est ce jeune homme blond endormi sur la route, au regard de glace, qui rêve à son enfance évanouie qu’il ne retrouvera jamais que dans ses songes. Il rêve à sa maison qu’il ne retrouvera jamais sur cette terre. Sur cette route qui n’en finit pas, le prince d Idaho rejoint les nuages et m’emmène avec lui quand la vie est trop douloureuse. Alors à chaque fois que je sens cette angoisse existentielle monter en moi, je m’endors et retrouve le prince d ‘Idaho et mon foyer perdu.
Dans ce pays magique, ton seul trésor est ton cœur et les saumons dansent en remontant les rivières.
Nous sommes tous des bohémiens amoureux des tournesols et nous nous étreignons joyeusement sur les cercueils au moment des funérailles.
Nous nous promenons en peignoir rose et volons des motos.
