Ce que je retiendrai d'Aimé Césaire - Eric Lamie - E-Book

Ce que je retiendrai d'Aimé Césaire E-Book

Eric Lamie

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Beschreibung

La colonisation française qu'a soulevée Césaire a démontré que nous étions des espaces géographiques auxquels on a inculqué des valeurs qui n'étaient pas les nôtres.

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Seitenzahl: 49

Veröffentlichungsjahr: 2018

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L'impérialisme culturel, nous l'oublions trop souvent, est la forme la plus dangereuse du colonialisme : il obscurcit la conscience ...

Léopold Sédar Senghor

(Paroles, 1975)

TABLE DES MATIÈRES

AVERTISSEMENT

LITTERATURE ET ETHNOLOGE

SECONDE PARTIE

UNE APPROCHE EXPLICATIVE D’UN TEXTE

D’AIME CESAIRE : GRAND SANG SANS MERCI

ELEMENTS POUR UNE CONCLUSION

EPILOGUE

AVERTISSEMENT

Ce présent ouvrage est dédié à tous ceux de mes lecteurs qui me demandent, souvent à juste titre, à quand la publication d'un nouvel ouvrage. Je dois pouvoir être en mesure de leur répondre que ceci prend un temps dont on ne mesure pas nécessairement les contours, et qui est pour une bonne part due à notre nature d'écrivain. Il faut pour cela se recadrer de façon permanente dans la trajectoire d'une littérature devenue, elle, de plus en plus exigeante.

Lorsqu'Aimé Césaire disparaissait en Martinique, il y a quelque temps, cette idée de publier un texte a connu une certaine amplification chez moi. Je considérai qu'ayant beaucoup lu ce dernier, et ayant compris une bonne partie de son œuvre notamment l'excellente portée du retentissement de son Cahier d'un retour au pays natal. Du coup, cela me semblait être évident, de lui rendre un certain hommage, surtout dans l'approche similaire que nous faisions de la littérature antillaise et négro-africaine. Tout ce qui me semblait essentiel, ce fut en quelque sorte de restituer l'œuvre transmis par ce dernier. Aujourd'hui, il n'est pas négligeable de dire que dans nos sociétés actuelles, nous avons beaucoup de chemin à faire pour comprendre la portée historique de ce qu'a voulu émettre l’écrivain martiniquais.

Nous ne sommes, devrais-je dire, qu'au balbutiement pour une meilleure approche de nos réalités en tant que civilisation distincte. Si l'on tente de nos jours de situer Césaire comme étant effectivement un écrivain du : XXème siècle, rien n'aurait été plus facile de le hisser au rang de Rimbaud, Mallarmé ou autres écrivains français. Mais ce qui ressortait chez ce dernier, ce furent les marques, les fondements singuliers d'appartenir à cet espace créolophone qui n'a nulle égale valeur à d'autres formes de civilisation. En conséquence, je considère que notre fonctionnement basique reste encore fortement méconnu. Puisse un jour, pleinement, nous resituer dans cet espace social afin que les autres se fassent une autre idée de nous.

L'auteur

Au milieu des années quatre-vingt, j'entrepris d'effectuer un voyage d'études en Martinique. Le but essentiel était de rencontrer le poète et écrivain martiniquais : Aimé Césaire. L'avion dans lequel je me trouvais atterrissait sur le tarmac de l'aéroport du Lamentin, et quelques instants plus tard, je me retrouvais au cœur même de la ville de Fort-de-France. A priori, la possibilité d'entrevoir une rencontre avec Césaire, vu que celui-ci pouvait être retenu au Palais Bourbon de l'Assemblée nationale française, ceci me paraissait en dernier ressort quelque chose d'improbable. Je me confortais dans l'idée que tout écrivain qui se trouvait de passage dans une région du monde se devait d'échanger des analyses, voire des appréciations sur celle par exemple de la rationalité du temps. Je me souviens de cette ancienne bâtisse, une grande habitation de style colonial peinte en blanc avec ses armures vertes qui donnait une nette signification sur ce que l'histoire avait laissé là, comme pour rappeler que c'étaient des peuples éloignés et qui possédaient une histoire originelle. Lorsque je pénétrais dans le grand hall central de cette mairie, rien n'augurait que j'arriverais à atteindre mon but. Le planton de service affichait une certaine indifférence à mon égard, ne sachant pas outre mesure les liens indubitables qui me liaient avec Aimé Césaire. Bien entendu, lorsque je dis liens indubitables, je voulais signifier par-là, les points de concordance que nous avons en commun sur les problématiques de la littérature négro-africaine, et plus spécifiquement celle de la littérature antillaise par son approche asymétrique. Après demande, cette visite fut acceptée comme par un heureux concours de circonstance. Il fallait y voir simplement un signe du destin. Quoi qu'il eût fait, cet échange que nous avons eu se révélait être extrêmement intéressant. Je n'oubliais pas de lui mentionner en exemple, la personnalité de l'ancien président ghanéen Kramay N'Kruma et le modèle du développement qu'il a voulu pour tout le continent africain. Malheureusement, la plupart de celui-ci reste encore dans des conditions de sous-développement. Ainsi peu de gens ou presque ne connaissait l'éminence de ma rencontre avec Césaire. Parfois même, en le leur disant, ils affichèrent une certaine désinvolture. On peut observer que les relations entre différents écrivains de l'espace créolophone demeurent inexistantes et font de nous des observateurs qui sont ignorés dans leurs propres contrées. Il est plus facile pour un Européen d'essayer de comprendre ce que vous écrivez que vos propres compatriotes. Cela est sans doute dû au fait que nous sommes des peuplements issus de l'oralité, du fait de notre formation ethnique (habitudes de mœurs et de coutumes), légués par l'Histoire. Tout compte fait, je n'avais jamais mentionné à Césaire, que pendant des