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Cet ouvrage dresse un état des lieux de la situation environnementale en Chine, avant de proposer solutions et conseils aux entrepreneurs.
Pour asseoir sa position de géant économique mondial, la Chine a décidé, depuis quelques années, d’inscrire le développement durable dans ses principaux axes politiques. L’année 2006 a été pour cela une année-charnière. Elle a montré un changement de direction politique clair annonçant sans doute par la même occasion la naissance d’une nouvelle industrie chinoise, une éco-industrie. Appelées par la nécessité d’une production industrielle polluante, des technologies, proposées par les industriels du secteur, se vendaient déjà dans le pays. Ces dernières années toutefois, des projets de plus grande ampleur ont montré le dynamisme du secteur éco-industriel en Chine. Le pays a compris que sa survie économique et sociale dépendait de l’enjeu d’assurer son développement de façon durable.
À l’échelle nationale, il est question de préserver le concept de « société harmonieuse » prôné par le Parti communiste chinois, puisque les atteintes à l’environnement, et donc aux ressources vitales d’une grande partie de la population, ont créé localement une multitude de tensions dans le pays.
À l’échelle internationale, c’est aussi un élément important de sa relation avec le reste du monde. La catastrophe de la rivière Songhua, polluée à l’automne 2005 et dont le cours passe en Russie, a d’ailleurs eu un effet déclencheur dans cette relative prise de conscience chinoise.
En outre, remédier aux catastrophes environnementales a posteriori est une politique qui a un coût financier important.
Selon la Banque Mondiale, la pollution à elle seule coûterait déjà à la Chine entre 8 et 12% de son PNB.
Un ouvrage éclairant et utile à l'usage de tous les éco-entrepeneurs.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Albert Néhon est un journaliste français vivant en Chine.
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Seitenzahl: 130
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Pour asseoir sa position de géant économique mondial1, la Chine a décidé, depuis quelques années, d’inscrire le développement durable dans ses principaux axes politiques. L’année 2006 a été en cela une année-charnière. Elle a montré un changement de direction politique clair annonçant sans doute par la même occasion la naissance d’une nouvelle industrie chinoise, une éco-industrie. Appelées par la nécessité d’une production industrielle polluante, des technologies, proposées par les fabricants du secteur, se vendaient déjà dans le pays. Ces dernières années toutefois, des projets de plus grande ampleur ont montré le dynamisme de l’éco-industrie en Chine. Le pays a compris que sa survie économique et sociale dépendait de l’enjeu d’assurer son développement de façon durable.
À l’échelle nationale, il est question de préserver le concept de « société harmonieuse » prôné par le Parti communiste chinois, puisque les atteintes à l’environnement, et donc aux ressources vitales d’une grande partie de la population, ont créé localement une multitude de tensions dans le pays.
À l’échelle internationale, c’est aussi un élément important de sa relation avec le reste du monde. La catastrophe de la rivière Songhua, polluée à l’automne 20052 et dont le cours passe en Russie, a d’ailleurs eu un effet déclencheur dans cette relative prise de conscience chinoise.
En outre, remédier aux catastrophes environnementales à posteriori est une politique qui a un coût financier important.
Selon la Banque Mondiale, la pollution à elle seule coûterait déjà à la Chine entre 8 et 12% de son PNB3. Le reste du bilan environnemental de la Chine est tout aussi catastrophique. Vingt villes chinoises4 sont parmi les trente plus polluées du monde. Enfin, le World Wild Fund (WWF) révèle que la demande chinoise en termes de ressources est 1,7 fois supérieure à ce que les écosystèmes de la région Asie Pacifique peuvent régénérer.
Avec une croissance économique moyenne autour des 8% par an ces dernières années, la Chine commence seulement à envisager le développement durable comme un des piliers de la société nationale. Les normes en matière de pollution et de sécurité industrielle se sont beaucoup précisées ces dernières années, devenant plus strictes5. Par ailleurs, la législation en matière de protection de l’environnement, de plus en plus appliquée pour les sociétés étrangères, l’est désormais aussi davantage pour les sociétés chinoises. Ce dernier point est important, et il est également un des aspects de la reprise en main du pouvoir central sur des gouvernements locaux souvent corrompus6.
La prise de conscience environnementale, c’est avant tout un changement dans les mentalités, chez les citoyens comme chez les dirigeants. Les responsables chinois semblent de plus en plus prendre en compte la sécurité industrielle et le développement d’une industrie des produits et des services liés à l’environnement. Les conditions optimales de mise en place et de développement de ces progrès tardent toutefois à s’appliquer dans les faits à tous les niveaux et ce, pour des raisons que nous aborderons plus précisément au cours de cet ouvrage. Si les citoyens chinois se sensibilisent quant à eux progressivement aux questions environnementales, c’est aussi parce qu’ils réalisent qu’elles touchent directement à leur santé et à leur cadre de vie.
Concrètement, les investissements chinois et étrangers en Chine se tournent davantage vers les technologies non polluantes, et la demande est grande à ce niveau. Les éco-entrepreneurs français, forts d’une expérience reconnue à l’international, n’ont pas attendu pour proposer leurs idées et leurs produits sur un marché chinois représentant de nouveaux débouchés. Il est habituel de dire que la difficulté vient plus des éco-entreprises françaises elles-mêmes, qui sont quelquefois réticentes en tant que PME à aller sur le marché chinois. La Chine effraie sans doute en raison de son image de pays complexe et mystérieux. Bien que ces entreprises soient nombreuses à être attirées par les marchés chinois, ce livre va tenter, pour ceux souhaitant développer leur éco-projet sur place, de séparer la réalité des mythes, en donnant un certain nombre d’éléments sur la situation environnementale du pays, des exemples de projets éco-industriels développés en Chine, ainsi qu’un guide pratique.
1 Environ 2 600 milliards de dollars en 2006 ; 3 280 milliards de dollars en 2007. Le Produit national brut (PNB) de la Chine s’élevait en 2008 à plus de 7 000 milliards de dollars, source indexmundi.com.↑
2 La catastrophe de Jilin en Chine consiste en une série d’explosions produites dans une usine pétrochimique en novembre 2005. Une centaine de tonnes de benzène et de nitrobenzène (produits cancérigènes) s’est déversée dans la rivière Songhua, un affluent du fleuve Heilong ou Amour en Russie. La nappe de polluants de 80 km a touché de nombreuses villes dont Harbin (5 000 000 d’habitants), Khabarovsk (600 000 habitants), Komsomolsk-sur-l’Amour (200 000 habitants). Cette catastrophe a également eu pour conséquence une pollution maritime car le fleuve Amour se jette dans la mer d’Okhotsk et la mer du Japon qui baigne le Japon, la Corée et l’Extrême-Orient russe.
Le 29 mars 2006, le gouvernement chinois a approuvé le XIème plan quinquennal de plus de 10 milliards de yuan (1,04 milliard d’euros), qui ont été investis pour réduire les rejets industriels, traiter les eaux usées et assurer la surveillance du fleuve Songhua, pollué de façon chronique par la catastrophe de Jilin. Le plan se compose de plus de 100 projets de contrôle industriel, plus de 70 projets d’épuration des eaux usées urbaines et plus de 20 projets de prévention contre la pollution dans certaines zones, sources diverses.↑
3 Coût estimé à plus de 10 milliards de dollars du Produit National Brut (PNB) en 2007 ; 7 milliards en 2008, source CIA World Factbook.↑
4 Beijing (Pékin), Tianjin, Linfen, Huanggang, Hengshui, Guangzhou (Canton), Baiyin…, source Xinhua.
D’après le rapport d’évaluation environnementale de 2008, le taux de traitement des eaux usées dans les villes a augmenté de 9,4 points de pourcentage, le taux de recyclage des ordures, de 8,1 points, et le taux de recyclage des ordures médicales, de 4,31 points en base annuelle.
Le taux de satisfaction du public a dépassé 90% dans les villes telles que Rizhao et Yantai dans le Shandong (est) et Daqing et Heihe dans le Heilongjiang (nord-est), alors que les résidents de Datong, ville du Shanxi (nord) et de Hezhou, ville du Guangxi (sud), ont été les moins satisfaits, source Xinhua.↑
5 Qualité de l’air, évacuation des matières polluantes, recyclage, déchets ménagers, traitement de la pollution des eaux…, source china.org↑
6 Selon un article du « Monde »de septembre 2009, l’administration Hu Jintao aurait procédé, pour les célébrations du 60ème anniversaire de la République populaire de Chine (RDC), à un grand nettoyage anticorruption qui aurait fait tomber plusieurs hauts responsables dont le vice-président du Guanxi, le maire de Shenzhen, le vice-président de la Cour suprême, le patron du nucléaire…
Toujours d’après l’article, ces décisions seraient essentiellement politiques, mais tout compte fait, la corruption n’étant pas sévèrement punie, elle s’avérait une activité très lucrative.↑
La Chine est le second plus gros émetteur de gaz à effets de serre [GES] après les États-Unis : plus de 12% des émissions mondiales sont chinoises1. Entre 1992 et 2002, les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 33% dans le pays, selon des données de la Banque Mondiale. En outre, selon l’agence chinoise Xinhua2, un tiers du territoire est affecté par les pluies acides et d’après les experts chinois, celles-ci coûteraient à l’État plus de 13,3 milliards d’euros par an3. Sur 338 villes où la qualité de l’air est mesurée, elle est considérée pour près des deux tiers comme moyenne ou mauvaise4. Pékin, Guangzhou et Shanghai notamment, tentent de définir aussi leurs propres normes5, plus strictes, venant renforcer les normes nationales en matière de qualité de l’air. Un changement notable est enregistré : l’industrie, autrefois totalement intégrée au plus profond du tissu urbain chinois, est progressivement éloignée des centres-villes. Les grandes villes chinoises, et notamment Pékin, disposent maintenant de données justes sur leurs émissions de méthane ou de dioxyde de carbone notamment, grâce aux instruments de mesures qui y ont été installés6. Les systèmes disponibles sont toutefois améliorables quant à la précision de leurs données.
Pollution de l’air au-dessus de Shanghaï
D’abord, le développement du trafic routier est important en Chine. Pour prendre l’exemple de Pékin, ce sont 1 000 nouveaux véhicules qui prennent la route tous les jours. Il y en aurait aujourd’hui plus de 3 millions dans la capitale. Cette augmentation considérable du parc automobile7 rend difficile la tâche des autorités municipales. Au dioxyde de soufre ainsi qu’aux particules en suspension, dues à la concentration de véhicules, s’ajoutent les poussières dégagées par les constructions présentes partout, du centre-ville jusqu’au cinquième périphérique8 et au-delà.
Ensuite, la Chine, de plus en plus énergétivore, consomme principalement des énergies fossiles, dont la combustion est un facteur important de production de CO2 notamment. La consommation de pétrole augmente depuis 1990 dans le pays, au rythme de +6,5% par an. En 2004, la croissance de la demande chinoise en pétrole a représenté 31% de la croissance mondiale. La Chine est le deuxième consommateur de pétrole au monde, loin derrière les États-Unis9, et elle dépend désormais de ses importations, -après avoir été elle-même un exportateur net de pétrole jusqu’en 1993.
Le charbon est, par ailleurs, la première ressource énergétique de la Chine10. Le pays construirait en moyenne une centrale thermique à charbon par semaine. Cet élément représente deux tiers du bilan énergétique primaire chinois, contre moins d’un tiers dans le reste du monde. Les réserves chinoises de charbon sont estimées à environ 114 milliards de tonnes. Le charbon est grandement utilisé pour la production d’électricité par voie thermique et pour le chauffage urbain notamment11. Les grandes agglomérations, comme Pékin par exemple, devraient progressivement développer des centrales électriques à charbon plus performantes en termes de qualité environnementale ainsi que des énergies alternatives, comme le gaz, qui remplacerait petit à petit le charbon pour l’usage domestique quotidien. Nous verrons plus précisément, dans le sous-chapitre intitulé « Énergies alternatives », certaines des directions prises dans les choix énergétiques du pays.
En 2000, la Chine affirmait déjà que son utilisation des énergies renouvelables correspondait à l’équivalent de 33 millions de tonnes charbon. Depuis, le pays a tenté de développer considérablement certaines énergies alternatives, comme nous le verrons dans le sous-chapitre qui leur est consacré.
La Chine a en outre approuvé environ 200 projets dans le cadre des Mécanismes de Développement Propre (MDP) et plus de 700 autres devraient suivre. Ce système autorise les pays développés à investir dans des projets contribuant à une baisse des principaux polluants de l’air dans les pays émergents. Les nations développées gagnent ainsi des crédits carbone leur permettant d’améliorer leurs performances en matière de respect des normes issues du Protocole de Kyoto. Celui-ci les oblige en effet à baisser leurs émissions de dioxyde de carbone d’au moins 5,2% en dessous des niveaux de 1990, d’ici 2012. Toutefois, comme nous le verrons dans le sous-chapitre « Opportunités pour l'éco-industrie », ce système a trouvé certaines limites.
Le pays n’est donc pas soumis à des normes, mais il est dans un processus volontaire concernant ses émissions. Cette situation est montrée du doigt par certains car elle contraste avec le poids économique de plus en plus important de la Chine. Cette absence d’objectifs fermes pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre par les pays en développement jusqu’au retour des négociations en 2012, est ainsi l’une des raisons officielles ayant poussé George W. Bush à se retirer du Traité de Kyoto en 2001.
Il est à noter que les États-Unis, s’ils assistent désormais au processus de Kyoto en tant qu’observateurs, semblent néanmoins avoir leurs propres objectifs d’investissement, notamment dans l’hydrogène pour les moteurs de voiture et dans d’autres énergies renouvelables, souhaitant parallèlement diffuser leurs technologies dans ce domaine vers les pays émergents. Les Américains tentent en outre d’établir des accords transversaux avec des signataires et non signataires du Traité de Kyoto, particulièrement sur la zone Asie12.
La Chine et d’autres nations émergentes du Groupe des 7713 ont demandé que les critères de réduction des émissions soient « substantiellement plus stricts» pour les pays développés, après 201214. Une demande à laquelle serait prête à répondre l’Europe, pour permettre la continuation de leur développement. La Chine s’est en outre fixé des objectifs de réduction des émissions de dioxyde de soufre de 10% entre 2000 et 2005. Les mêmes objectifs avaient été fixés concernant les émissions de monoxyde de carbone, mais la baisse n’a été que de 2%, selon la State Environment Protection Administration (SEPA, Agence de protection de l’environnement), qui correspond à l’équivalent d’un ministère en Chine. Rendez-vous donc à l’horizon 2012, pour constater la situation de la qualité de l’air chinois, si d’ici là un nouveau Traité n’est pas renégocié, incluant d’autres pays dont la Chine.
1 6,2 milliards de tonnes en 2006. La Chine était en tête du classement en 2007, source Agence néerlandaise d’évaluation environnementale.↑
2 En 2006, les usines chinoises ont rejeté 25,5 millions de tonnes de dioxyde de soufre -source des pluies acides- soit une augmentation de 27% par rapport à l’année 2000, source chine informations.↑
3 2 à 3% du PIB. Huit pluies sur dix en 2007 à Guangzhou étaient considérées comme étant des pluies acides, source Le Quotidien du Peuple en ligne.↑
4 Selon la SEPA (Agence de protection de l’environnement chinoise), en 2006 plus de 60% des villes chinoises étaient touchées régulièrement et sévèrement par la pollution de l’atmosphère : seul 37,6% d’entre elles bénéficiaient alors d’une qualité de l’air qualifiée « d’environnement propre et sain ».↑
5 Différents articles sur les normes environnementales en Chine sur chine-informations.com (2006-2008)↑
6 Depuis 1998, Pékin a mis à exécution une série de mesures destinées à contrôler la pollution atmosphérique. En 2005, la consommation de gaz naturel à Pékin a atteint 3,2 milliards de m3, le chauffage central a desservi plus de 100 millions de m2. En ce qui concerne les gaz d’échappement des véhicules, le contrôle a été renforcé : 300 000 voitures délabrées ont été éliminées et 2 800 autobus à gaz naturel ont été mis en service. Les normes d’État régissant les gaz d’échappement des véhicules au niveau des normes Euro III* ont été mises en vigueur par avance ; les normes environnementales applicables aux chantiers ont été perfectionnées ; une centaine d’entreprises polluantes au centre-ville ont été fermées ou déménagées ; les cimenteries à four vertical de toute la ville ont été arrêtées et fermées, source china.org.
* La Chine devait adopter, le 1er juillet 2007, la norme Euro III réglementant les émissions des voitures essences et diesels en Europe.
La norme antipollution EURO III s’applique depuis 2001 pour les polluants réglementés (oxyde de carbone, oxyde d’azote, hydrocarbures et particules). Cette norme définit également EURO IV qui, depuis 2007, est obligatoire pour les nouveaux modèles commercialisés, et s’appliquera en Chine en juillet 2010.↑
7 D’après l’Association chinoise des constructeurs d'automobiles, en août 2009, les ventes de voitures particulières ont bondi de 90,18% avec 858 300 véhicules immatriculés contre 451 000 sur la même période en 2008. En 2009, les ventes ont franchi les 11 millions de véhicules, ce qui fait de la Chine le premier marché mondial du secteur.↑
8 Il a été construit en 2003, et est long de 98,6 km.↑
9 70% de la capacité totale chinoise soit 508 gigawatts électriques (GWe) en 2005.↑
10 4,5 millions de barils par jour en 2000 ; 7, 26 en 2006. En août 2009, la consommation apparente de pétrole brut -c’est-à-dire la somme des importations et de la production nette de pétrole - a baissé de 2,9% sur un an, pour atteindre 190 millions de tonnes selon l’Association de l’industrie chimique et pétrolière de Chine (CPCIA), source crionline.↑
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