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Immergez-vous dans un voyage poignant à la rencontre des chrétiens d'Orient à travers l'Irak, la Syrie, le Liban et l'Egypte !
Au début du 20e siècle, un habitant du Moyen-Orient sur quatre était chrétien. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 11 millions parmi 320 millions de musulmans, et l'hémorragie continue. Alertés par les conditions de vie de plus en plus déplorables des communautés chrétiennes du Proche-Orient, plusieurs experts et photographes de renom se sont rendus en Irak, en Syrie, au Liban et en Egypte sur les traces de ceux qu'on appelle communément les "Chrétiens d'Orient". De ces voyages, ils ramèneront des témoignages poignants, des notes explicatives, des analyses politiques, des photographies époustouflantes, comme autant de chroniques amoureuses réunies dans un magnifique ouvrage sous la forme d'un dictionnaire subjectif et assumé.
Plongez dans ces chroniques littéraires et photographiques aux témoignages touchants et aux images épatantes, rehaussé de ce qu'il faut d'analyse politique.
EXTRAIT
Ce livre a été conçu comme une mosaïque, à l’image de la diversité des chrétiens en Orient. Des boîtes de nuit de Beyrouth aux premiers rangs des églises coptes orthodoxes d’Al-Minya, de la vieille diaspora arménienne aux camps de réfugiés en passant par les zones de guerre syriennes et la fragile reconstruction irakienne de la plaine de Ninive, nous avons essayé d’offrir un aperçu de l’hétérogénéité des vécus. N’y cherchez pas une raison scientifique ou un sens cabalistique, il n’y en a pas ! Cet ouvrage s’est fait avec beaucoup d’enthousiasme et un peu de hasard : nous y avons réuni des experts et des passionnés, des Occidentaux et des Orientaux et d’autres qui ne savent plus ce qu’ils sont, des gens de foi et des gens de goût, des personnes en colère et des optimistes, mais surtout des amis. Nous avons essayé de traiter toutes les questions que les Occidentaux peuvent se poser sur les chrétiens d’Orient, en sachant déjà que nous n’y arriverions pas.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Une aventure d'une audace inimaginable, autant dire une folie ! Aucun esprit raisonnable n'aurait pu concevoir un tel projet. Mais voilà, Vincent Gelot l'a fait et son expérience est bouleversante. Cet ouvrage est très agréable à lire et d'un accès facile. Je recommande chaudement sa lecture. Ce peut être aussi un beau cadeau à faire ou à se faire. -
Alain Huger, La Procure
À PROPOS DE L'AUTEUR
Editrice, officière de réserve,
Marie Thibaut de Maisières est aussi chroniqueuse sur BelRTL et dans le quotidien La Libre Belgique. Mère de quatre petits Arméniens, Marie est membre depuis 2015 du Comité des Chrétiens d'Orient et a, à ce titre, accompagné tous les voyages de presse en Syrie, en Irak et en Terre Sainte.
Simon Joseph Najm est un médecin belgo-libanais, maronite pratiquant, défenseur de la cause chrétienne libanaise depuis plus de 40 ans. Il a lancé en 2013 le Comité de Soutien aux Chrétiens d'Orient.
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Seitenzahl: 420
Veröffentlichungsjahr: 2019
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DOCTEUR SIMON NAJM
Président du Comité de soutien aux chrétiens d’Orient
CHOUIT EST MON VILLAGE NATAL.
J’ai dû le quitter après deux années d’un combat opposant les chrétiens aux Palestiniens et aux musulmans pour venir en Belgique, à l’Université catholique de Louvain. C’était en 1977 et je commençais mes études de médecine.
Comme tous les jeunes Libanais contraints de quitter le pays à cause de la guerre, j’étais très actif pour défendre et affirmer la présence des chrétiens au Liban. Il nous semblait que les États-Unis voulaient y implanter les Palestiniens, chassés d’Israël en 1948, à la place des chrétiens. Pendant toutes les années de la guerre, c’est-à-dire de 1975 jusqu’en 1990, les jeunes chrétiens ont milité seuls pour sauvegarder la présence chrétienne dans le pays.
Profondément sensible au génocide des Arméniens et des Araméens par les Jeunes Turcs en 1915, certain des conséquences désastreuses pour les chrétiens d’Irak de la guerre livrée en 2003 par les États-Unis contre les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, inquiet du commencement de la guerre en Syrie en 2011 et en Irak en 2013, j’ai perçu avec acuité que les chrétiens étaient en danger en Orient, menacés comme jamais par l’extrémisme islamique incarné par Daech.
Un samedi matin, j’étais assis seul sur la terrasse de ma Ferme de Grambais, à Nivelles. Je ressassais l’idée qui traversait continuellement mon esprit depuis tant d’années : pourquoi donc les chrétiens ne parvenaient-ils pas à s’unir alors qu’ils étaient en danger de mort en Orient ?
Ce jour-là, j’ai contacté, l’un après l’autre, les prêtres de toutes les paroisses orientales présentes en Belgique, le porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique ainsi que des amis arméniens et araméens. J’ai exposé mon souhait de travailler à rassembler les chrétiens, orthodoxes et catholiques, de l’ensemble des pays d’Orient, dans le but de venir en aide aux chrétiens vivant encore là-bas que je pressentais en danger de disparition. Nous avions tous la conviction que ces chrétiens étaient abandonnés à leur triste sort par le reste du monde, alors qu’ils étaient pourtant les premiers habitants de cet Orient doublement millénaire. Je n’ai jamais pu me faire à l’idée que des intérêts économiques et géopolitiques à court terme prennent le pas sur la défense vigilante de la dignité humaine !
Notre première réunion au monastère Saint-Charbel à Bois-Seigneur-Isaac a dépassé toutes mes espérances. De rencontre en rencontre, des liens forts se sont scellés. Et en juin 2014, à la suite des exactions commises par Daech contre les chrétiens de Mossoul, nous avons officialisé d’urgence notre rassemblement, que nous avons baptisé Comité de soutien aux chrétiens d’Orient (CSCO), ASBL reconnue par la Belgique et par l’Union européenne.
Veillées de prière, manifestations, rencontres avec les responsables politiques belges et européens au plus haut niveau, envoi de vivres par avions militaires et par camions aux camps de réfugiés à Erbil, plusieurs missions en Irak, en Syrie, au Liban et dernièrement en Égypte et en Palestine, opération « Un toit pour une famille déplacée », création d’écoles, de dispensaires et d’un centre pour la femme et la fille irakienne…
Plusieurs missions en Orient ont été organisées par le CSCO dans le but de rencontrer les familles chrétiennes déplacées, de les écouter, de les consoler, de partager leur détresse, d’élaborer avec elles des projets pouvant améliorer leurs conditions de vie, mais surtout de les préparer au retour chez elles.
Aujourd’hui, l’heure du retour a sonné !
À ce jour, des milliers de familles ont quitté les camps pour retrouver leurs villages. Ramenant ainsi un peu d’espoir aux générations futures, le CSCO souhaite participer à la reconstruction des maisons et des églises et soutenir le retour des familles déplacées.
Un Orient sans les chrétiens, qui se viderait de ses minorités multiculturelles, deviendrait la proie de l’intolérance et de l’extrémisme. Unissons nos forces et mobilisons-nous pour que l’Orient reste cet espace magique de coexistence pacifique entre les différentes religions, cultures et civilisations.
SI VOUS SOUHAITEZ EXPRIMER VOTRE GÉNÉROSITÉ, MERCI DE VERSER VOS DONS À CSCO ASBL :BE77 0689 0300 3642 | BIC / SWIFT GKCCBEBB
Église Sainte-Marie, Hassaké, Syrie.
MARIE THIBAUT DE MAISIÈRES
Éditrice, chroniqueuse sur Bel RTL et dansLa Libre Belgique, membre du CSCO
CE LIVRE N’EST PAS UN DICTIONNAIRE !
C’est une déclaration d’amour classée par ordre alphabétique. C’est plus précisément 102 déclarations d’amour, et autant de photos, à la diversité, à l’Orient et aux chrétiens d’Orient.
Tous les contributeurs de ce livre vous le diront : on ne sort pas indemne d’une vie, d’une enfance, d’un passé, d’un voyage ou même d’une rencontre avec la chrétienté orientale. Chrétien ou non, croyant ou pas, celle-ci fait forcément vibrer en nous les origines de notre civilisation. Et cette émotion peut revenir nous submerger sans crier gare dans une bouchée de taboulé, l’odeur d’un narguilé ou le son d’un chant araméen.
Ce livre a été conçu comme une mosaïque, à l’image de la diversité des chrétiens en Orient. Des boîtes de nuit de Beyrouth aux premiers rangs des églises coptes orthodoxes d’Al-Minya, de la vieille diaspora arménienne aux camps de réfugiés en passant par les zones de guerre syriennes et la fragile reconstruction irakienne de la plaine de Ninive, nous avons essayé d’offrir un aperçu de l’hétérogénéité des vécus. N’y cherchez pas une raison scientifique ou un sens cabalistique, il n’y en a pas ! Cet ouvrage s’est fait avec beaucoup d’enthousiasme et un peu de hasard : nous y avons réuni des experts et des passionnés, des Occidentaux et des Orientaux et d’autres qui ne savent plus ce qu’ils sont, des gens de foi et des gens de goût, des personnes en colère et des optimistes, mais surtout des amis. Nous avons essayé de traiter toutes les questions que les Occidentaux peuvent se poser sur les chrétiens d’Orient, en sachant déjà que nous n’y arriverions pas.
Vierge, basilique Notre-Dame, Le Caire.
Cette belle aventure humaine, qui donne aujourd'hui lieu à ce livre, a commencé quand l’équipe qui avait pris part aux voyages que le Comité de soutien aux chrétiens d’Orient (CSCO) avait organisés en Syrie, en Irak, au Liban, en Égypte et en Terre sainte nous a proposé de se mettre à notre disposition pour écrire au bénéfice de notre association. Dans ce noyau dur, lié par une amitié forte et la conviction qu’il est indispensable de sensibiliser à la situation extrêmement complexe que vivent actuellement et parfois depuis longtemps les chrétiens au Proche-Orient, il y avait, bien sûr, le docteur Simon Najm, président du CSCO, dont la passion pour son Liban natal n’est concurrencée que par son talent à opérer ; Georges Dallemagne, ancien directeur de Médecins Sans Frontières et député fédéral qui n’a eu de cesse d’alerter le monde politique sur les questions des minorités ; Charbel Eid, prêtre maronite et père supérieur de l’Abbaye de Bois-Seigneur-Isaac dont la foi et l’optimisme ont réchauffé nos cœurs ; nos deux grands reporters : Jean-Pierre Martin de RTL Belgique, dont la remarquable empathie nous rappelle à tout instant que derrière chaque statistique, il y a une histoire humaine, et Christophe Lamfalussy, de La Libre Belgique, dont le calme, le professionnalisme et la précision ont été nos meilleurs atouts. Nous avons également eu la chance d’avoir à nos côtés, en alternance, les talentueux photographes, mille fois primés, du collectif Huma, Johanna de Tessières, qui réussit le tour de force d’être à la fois extrêmement charismatique et une observatrice invisible, et Olivier Papegnies, dont l’engagement pour dénoncer l’injustice est le combat d’une vie. Et enfin moi-même, pour qui l’amour des chrétiens d’Orient prend tout son sens quand quatre petites paires d’yeux me demandent ce que cela signifie d’être arménien.
Très rapidement, nous avons sollicité deux très grands experts académiques, Christian Cannuyer, professeur d'histoire des Églises orientales à la faculté de théologie de l'Université catholique de Lille et administrateur délégué de l'association Solidarité-Orient, et Bernard Coulie, professeur et recteur honoraire de l'Université catholique de Louvain, spécialiste du monde byzantin, de l'Arménie et de la Géorgie. Ils ont tous les deux eu la gentillesse de répondre présents pour éclairer nos lecteurs sur les principales questions historiques qui concernent les chrétiens d’Orient, me mettre en contact avec les plus grands spécialistes et me donner un soutien éditorial indispensable.
Funérailles, Al Qaa, Liban.
Nous avons aussi pu compter sur une série d’experts académiques de renom partout dans le monde francophone, qui ont eu la générosité d’écrire pour nous : Florence Hellot-Bellier, enseignante en histoire, auteure et spécialiste de l’histoire des chrétiens d'Iran, Gabriel Ringlet, auteur de renom, théologien et vice-recteur émérite de l’Université catholique de Louvain, Samir Arbache, spécialiste des débuts de l'islam et professeur à l’Université catholique de Lille, Joseph Yacoub, professeur à l’Université catholique de Lyon et premier titulaire de la chaire Unesco « Mémoire, cultures et interculturalité », Antoine Fleyfel, auteur, professeur titulaire à la faculté de théologie de l'Université catholique de Lille et chargé des relations académiques à l'Œuvre d'Orient, Raphaëlle Ziadé, experte du christianisme oriental, responsable du département byzantin du musée du Petit Palais à Paris, qui a été la commissaire de l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2 000 ans d’histoire » présentée à l’Institut du monde arabe à Paris, Nicolas Abou Mrad, docteur en théologie, spécialiste de l’Ancien Testament, le père Christian Eeckhout, géographe, spécialiste du Moyen-Orient, anciennement à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, Maxime Yevadian, spécialiste d’arménologie et professeur à l’Université catholique de Lyon, le père Emilio Platti de l'Institut dominicain d'études orientales du Caire, qui a assisté des premières loges aux événements de la place Tahrir, sans oublier la sœur Marana Saad, professeure de théologie à l’Université Saint-Esprit de Kaslik, fondatrice et présidente de l’Institut Sainte Rafqa de musique.
Par ailleurs, nous avons eu l’immense joie d’être rejoints par les acteurs les plus exceptionnels du terrain : monseigneur Pascal Gollnisch, pilier de l’aide au chrétiens d’Orient comme directeur général de l’Œuvre d’Orient et vicaire général de l’Ordinariat des catholiques orientaux en France, dont le texte sur l’amour sincère qu’il éprouve pour la chrétienté orientale m’a émue aux larmes, Marcela Szymanski d’Aide à l’Église en détresse, qui se dépense sans compter pour mettre la question des minorités chrétiennes à l’agenda politique européen, Élise Boghossian, fondatrice d’EliseCare, qui en plus de faire un travail extraordinaire dans les zones les plus compliquées du monde est toujours capable de mettre les mots justes sur l’inqualifiable, monseigneur Johan Bonny, qui a tant œuvré pour l’œcuménisme, le père Tommy Scholtes, le porte-parole de évêques de Belgique et membre indispensable du CSCO, Nora Carmi, qui lutte depuis plusieurs décennies pour que les Palestiniens retrouvent leurs droits les plus élémentaires, Thomas Habbabé, membre du CSCO, curé de la communauté syriaque catholique de Belgique, Armen Ghazarian, dont le travail militant sur l’identité arménienne passionne tous ceux qui sont d’ici et d’ailleurs depuis dix ans, sans omettre le père Najeeb Michaeel, cet homme courageux de Mossoul qui a sauvé, au péril de sa vie, les manuscrits irakiens les plus importants, le père Milad Jawich, très actif curé melkite de Bruxelles et membre du CSCO, Louma Albik de SB Overseas, dont l’implication auprès des réfugiés, sans jamais faire de différence entre les uns et les autres, force le respect, le père Pierre Humblot de l’Église chaldéenne de Téhéran, qui s’est mis très bravement, malgré les dangers, au service des convertis chrétiens d’Iran, et enfin Pascal Maguesyan, qui réalise actuellement un indispensable inventaire patrimonial des minorités en Irak avec l’association Mesopotamia.
Ce livre n’est pas un dictionnaire ! C’est une déclaration d’amour classée par ordre alphabétique.
Quelques journalistes et auteurs d’immense réputation ont aussi partagé avec nous leurs indispensables éclairages et prises de position, comme Marie-Armelle Beaulieu, la pétulante rédactrice en chef de Terre sainte Magazine, Benoit Lannoo, dont le dévouement pour la chrétienté est sans limites, Rudi Vranckx, la vedette de la télévision publique flamande qui a accumulé en Orient des expériences exceptionnelles, Saténig Toufanian, philosophe dont vous adorerez l’authenticité du style, Myrna Nabhan, réalisatrice et auteure de talent, qui a sorti de ses souvenirs un message vibrant d’espoir, et bien entendu Sébastien de Courtois, l’incontournable et talentueux scribe des chrétiens d’Orient.
Et enfin, nous avons sollicité les plumes les plus sublimes parce que la chrétienté orientale n’est évidemment pas que tristesse et désespoir, elle est avant tout source de beauté, de joie et d’émerveillement… Nous avons donc l’honneur de vous proposer des textes de Georgia Makhlouf, écrivaine de génie, qui nous offre quelques fragments délicieux de sa mémoire, de la divine Nicole Hamouche, si jolie plume de Beyrouth, dont vous lirez les pensées les plus subtiles, de Samia Boulad, artiste, dont vous découvrirez les brillantes réflexions sur l’art, de Christos Doulkeridis, député bruxellois, qui a accepté de mettre à nu ses origines pour la première fois, d’Aude Thibaut de Maisières, ma sœur adorée, qui nous fait cadeau de son histoire familiale avec son humour tellement juste, de Sébastien de Fooz, notre marcheur invétéré, qui propose son passionnant récit de voyage, de Radia Najm Mehalaine, notre cheffe amatrice, qui partage ses expériences culinaires, et de Marie Seurat, monument de la littérature libanaise, au lyrisme infiniment exquis.
MERCI à toutes et tous ! Aux autrices et auteurs, et à tous les membres du CSCO bien entendu, mais aussi à vous, lectrices et lecteurs, parce qu’en achetant ce livre, vous aidez le CSCO à préserver ou à reconstruire un Orient où les chrétiens peuvent vivre, mais aussi parce qu’en découvrant la chrétienté orientale, vous l’empêchez de disparaître.
Église Sainte-Marie, Hassaké, Syrie.
Chaque progression vers une terre inconnue amène son lot de résistances. Je suis parti à pied pour Jérusalem en 2005, et au fur et à mesure que je progressais vers l’Orient, je recevais des mises en garde de plus en plus insistantes quant au prochain pays : « Ne va pas là, car c’est un pays hostile, ne traverse pas les Balkans, car il y a encore toujours des génocidaires. » En Turquie, j’ai reçu des conseils par rapport aux Kurdes puis dans la région d’Antioche, l’actuelle Antakya, ce sont les Arabes qui ont fait les frais des préjugés.
Il n’y a pas de transmission sans intention de partager.
L’administration Bush jr. appelait la Syrie le « pays de l’axe du mal ». Il n’était pas recommandé de s’y rendre. J’ai traversé la Syrie cinq ans avant que la guerre n’éclate. Je craignais pour le pays, mais j’étais loin de penser qu’une telle déferlante d’atrocités pourrait balayer toute la région. On sentait bien la présence du régime autoritaire, mais ce qui ressortait des rencontres avec les habitants était un désir de montrer une image positive du pays. Ils exprimaient le souhait sincère de vivre dans un environnement harmonieux. Un jour, j’ai eu la maladresse de demander à mon hôte de quelle obédience il était. Il m’a alors fait comprendre qu’en Syrie, lorsque deux personnes se rencontrent, on ne parle pas de religion : la religion est une affaire privée.
J’ai mis environ cinq mois pour atteindre la Syrie. Je venais de tourner le dos aux côtes méditerranéennes. En arrivant dans des localités chrétiennes, il n’était pas rare d’entendre, les matins de semaine, des chants d’enfants émanant des églises bondées. J’étais épaté par la ferveur des jeunes croyants. C’était le chant des enthousiastes. Mais pour les plus âgés, cette ardeur cachait peut-être la conscience que toute paix est relative et fragile. Après les offices du dimanche, les fidèles se retrouvaient sur le parvis de l’église. On y notait la joie réelle de partager ce moment, comme s’il fallait goûter à chacun de ces instants, avec tout ce qu’il comporte, comme si ceux-ci risquaient de ne plus se reproduire. Il fallait en profiter tant qu’on le pouvait... Je ressentais là une urgence de vivre. En tant que pèlerin, cet enthousiasme vibrant me nourrissait, me propulsait et m’incitait à marcher toujours plus loin avec plus de ferveur encore. La rencontre avec les chrétiens d’Orient était une ponctuation dans la traversée d’un monde qui était resté jusque-là inconnu pour moi. Chaque pas posé sur cette terre syrienne me faisait progresser toujours un peu plus dans ce qui compose une part essentielle de mon identité.
Là où j’étais accueilli, dès que l’on comprenait que j’étais pèlerin de Jérusalem, on me demandait secrètement de prier pour eux dans la ville trois fois sainte. Que l’hôte soit chrétien ou musulman, la requête était la même : « Prie pour nous à Jérusalem, là où le Christ est mort et est ressuscité, prie pour nous à Al-Quds, là où Mahomet est monté aux cieux. »
Mes pas de pèlerin se dirigeaient naturellement vers des lieux de culte chrétien, car je le suis et je voulais rencontrer celles et ceux qui vivent là où toute l’aventure chrétienne a commencé. Il n’y a pas de transmission sans intention de partager. En marchant au Proche-Orient, je sentais que je marchais sur une terre de transmission et que le message que contient cet héritage a traversé le fond des âges malgré tant d’oppositions. À certains endroits, les fractures se ressoudent par le dialogue. Le monastère de Mar Moussa, à 100 kilomètres de Damas, est l’un de ces lieux. Situé sur le haut plateau de Qalamoun, ce monastère qui date du VIe siècle a été restauré par le père Paolo Dall'Oglio, un jésuite italien. Il y a fondé une communauté œcuménique où chrétiens et musulmans se rencontrent encore aujourd’hui.
J’y suis arrivé une nuit de mi-septembre. Un moine vivant dans un autre monastère de la région m’avait indiqué la route passant par la montagne pour y arriver. Le sentier était accidenté et difficilement praticable par cette nuit sans lune. Mais là encore, dans ce désert minéral, l’impression de marcher sur une terre sainte confortait mes pas. Une fois arrivé, à la lueur de bougies, un habitant des lieux m’a indiqué un ermitage. Dans le silence de la nuit, abrité du vent dans ce lieu creusé à même le roc et où tant de prières ont résonné, tout était là pour que la paix en soi se fasse et pour que toutes les demandes de prière glanées au fil des pas trouvent le chemin vers leur destinataire.
De la Méditerranée jusqu’à Deraa en passant par Homs, l’accueil était sans mesure. Je traversais des régions tantôt sunnites ou alaouites, tantôt chrétiennes et druzes. Mais, me disait-on en Syrie, suite à un pacte remontant à la période de Saladin, la paix entre les différentes communautés devait être durable. Désormais, le mot pacte en Orient, à bien des égards, a changé de signifiant.
SÉBASTIEN DE FOOZMarcheur et coach en résistance au changement
Adoption
OUI, tu es un garçon, le garçon le plus adoré de toute la plaine de Ninive. Nous t’attendions toutes et tous, même si tu es arrivé d’une manière quelque peu inhabituelle.
Tu es en bonne santé et tes orteils sont au complet. Comme tous les bébés, tu gigotes en tendant les bras et les jambes. Tu respires maintenant le même air que nous, à la lumière du même soleil. Mais ce n’était pas le cas il y a une semaine, quand nous avons appris ton arrivée. Très tôt le matin, le téléphone a sonné dans le Maryland, aux États-Unis, et Mrs Reynolds a décroché. Elle a entendu la voix remplie d’angoisse d’un de ses amis, un pasteur protestant parti en mission en Irak. « Les anciens ont décidé de tuer le bébé à la naissance ! a-t-il dit. J’ai entendu leur conversation, ils savent quand et où il naîtra et l’attendent avec leurs machettes ! Je suis seul, je ne sais pas quoi faire ! » Mrs Reynolds a décidé de passer quelques coups de téléphone pour te sauver la vie et celle de ta très jeune mère.
OUI, à seulement 14 ans, ta mère, une jeune fille yézidie, allait te mettre au monde et elle ne voulait pas que tu sois trouvé par ces hommes à machettes. Elle portait déjà son lot de souffrances, ayant été enlevée et violée par des combattants de l’État islamique neuf mois plus tôt, et elle ne voulait pas y ajouter ton meurtre.
L’Église catholique a été mobilisée et les sœurs se sont arrangées avec l’hôpital pour être présentes avant ta naissance afin que, avec la permission de ta mère, elles puissent te prendre en charge. Lorsque les hommes sont arrivés, trop tard, pour te prendre, une voiture t’emportait déjà, endormi dans les bras d’une sœur.
Quelle joie lorsque tu es parvenu à l’orphelinat ! Tu avais une douzaine de sœurs autour de toi pour célébrer ton baptême, comme des anges rassemblés pour t’admirer. Un rayon de soleil brillait dans la chapelle souterraine quand le prêtre s’est montré. Tandis que ta toute jeune mère rejoindrait bientôt sa famille déjà en exil au Canada, tu es reparti avec ta nouvelle famille. Tu étais beau et aimé. Jamais nous n’avons chanté un Alléluia avec plus de ferveur !
MARCELA SZYMANSKI
Responsable de la communication politique UE d’Aide à l’Église en détresse
Magasin de bibelots, Nazareth.
Sur la ville de mon enfance, mon regard n’a jamais cessé de changer. Je la sens tantôt hantée et mortifère, tantôt débordante d’une vitalité folle. Elle ne peut susciter que l’amour et la haine, comme tout ce qui exaspère les sens, promesse de bonheur et péril de frustration. Alep me semblait vide, en ce temps-là, au point que je croyais la remplir à moi seule.
Aujourd’hui, elle me semble dense et dure, si peuplée qu’elle ne tolère pas l’intruse et lui donne la sensation physique irrésistible d’en être expulsée, éjectée de sa masse en expansion comme un pépin d’une grenade trop mûre.
Il y a tant d’Alep que j’en vacille.
Alep l’accueillante. « Alep compte parmi les cités les plus remarquables ; elle est incomparable de par le pittoresque de son site, la perfection de son urbanisme, ses vastes marchés couverts d’une charpente, ses habitants étant ainsi toujours abrités du soleil. Son bazar, dont la beauté et la grandeur n’ont pas d’égal, entoure la mosquée, et chacune de ses galeries est placée face à chacune des galeries des portes du sanctuaire. La grande mosquée est un des plus beaux oratoires ; dans la cour, on voit un bassin entouré d’un pavement très vaste, sa chaire est de jolie facture, incrustée d’ivoire et d’ébène. Les alentours d’Alep sont très vastes et spacieux, avec des champs immenses, des vignobles bien ordonnés, des vergers sur les rives du fleuve d’Alep, al-Asi, “ le rebelle ”, parce qu’on dirait qu’il coule de bas en haut. Près d’Alep, on ressent du plaisir, de la joie, de l’entrain, comme nulle part ailleurs. C’est une des villes dignes d’accueillir le califat. » Ainsi parle d’elle Ibn Battûta, prince des voyageurs.
ALEP L’ÉNIGMATIQUE. Moins une ville que l’histoire, me jetant sur les épaules, dès que je fus en âge de comprendre, la lourde guirlande des principautés englouties : Hamdanides, Seldjoukides, Zenguides, Ayyoubides. Alep, calligraphie des minarets, rébus en blanc et noir, surplombée par une citadelle si déroutante qu’enfant j’y voyais tantôt une tombe écrasante, tantôt un plum pudding géant. Comme le désert se venge par le jet d’eau dans la vasque du palais, son dépouillement rachète une dissipation secrète. Halte de caravanes, lieu du repos au bout de la piste, elle aligne sagement, depuis des siècles, ses petits cubes de pierre et ses dômes chaulés. L’espace, ici, se réduit à un jeu de construction rêvé par un voyageur recru de méharées, à la façon dont, après la course, on remet la bête écumante au pas et la pensée galopante en ordre. Sa tension interne, c’est la dialectique de l’unité et de la dispersion que notait mon ami Jean-Pierre Thieck, dans une étude de l’histoire et des transformations de la cité : « L’ancienne métropole ottomane est l’une des villes dont l’espace est le plus divisé, dans l’organisation de la ville elle-même, la perception qu’en ont ses habitants et les réseaux auxquels chaque communauté se rattache. Elle est, en même temps, l’une de celles où la conscience urbaine semble la plus vigoureuse. » Divisée, la ville est unie. De même que, vouée à l’étouffante alchimie du noir et du blanc, elle est colorée en catimini, dans les profondeurs du souk, ou des bassines de confiture.
ALEP LA NÉGOCIANTE. Ce qui me plaît en elle n’est pas qu’elle ait toujours su vendre et acheter au meilleur prix. Les autres n’ont pas l’ouverture au monde de la favorite des Vénitiens, qui y entretenaient, depuis le temps des Mamelouks, un consulat de première classe et y menaient grand train. L’immensité de l’arrière-pays arrache ma ville aux petitesses du trafic de voisinage et aux banalités du commerce. Par Bassora, cet arrière-Alep va jusqu’à l’Inde et il draina de tout temps, via la haute Mésopotamie et Mossoul, coton brut, noix de galle et gomme adragante. Car, ici, les mots font caravane. Cette phrase d’un mémoire sur l’état du négoce au Levant (1682) : « La meilleure, la principale des marchandises que l’on porte à Alep est des piastres de réaux du grand coin d’Espagne, sévillanes, mexicanes, que l’on change contre une monnaie qui roule dans le pays, appelée piastre à bouquet, et qu’achètent les marchands persiens, arméniens et indiens. » Pur poème en prose.
ALEP LA VIOLENTE. Même le Kouaïk, ruisseau qui feint d’être sage, se souvient, chez nous, qu’il fut le Chalus de Xénophon, le fleuve sanctuaire où vivaient les poissons-dieux. Furieux de sa déchéance, il sort de son lit tous les dix ans et emporte tout sur son passage. Comme lui, la ville suit le cours prescrit, refuse l’événement et l’aventure. Mais son antique tempérament, excessif, rebelle et revêche, est toujours prêt à déborder dans une intense et brève frénésie. En l’an 727, la chronique de Michel le Syrien rapporte que « les gens d’Alep se divisèrent en deux factions, l’une avec leur évêque, l’autre pour les Maximites. Ils en vinrent aux mains à propos de leur grande église que chacun des partis réclamait et, plusieurs fois, ils se frappèrent mutuellement dans son enceinte. Ils firent au milieu une séparation en planches, se battirent, brisèrent les croix et certains, sans pudeur, prirent l’évêque par la barbe ». Un millénaire plus tard, les musulmans devaient se montrer moins facétieux ; les janissaires, en l’an 1797, violèrent l’enceinte des mosquées pour égorger leurs ennemis, les chérifs, qui y avaient cherché refuge. Dans les années trente, quand le fascisme déferlait sur l’Europe, les extrémistes qui arpentaient nos rues en bombant le torse ne se contentaient pas de chemises noires et brunes, comme les partisans de Mussolini ou de Franco. Ils avaient baptisé leur mouvement « les Chemises de fer ». L’idéologie essaima jusqu’au Caire, mais les Égyptiens, même fascistes, sont d’un tempérament doux. Ils préfèrent un nom moins retentissant pour leurs groupes d’extrême droite, une appellation printanière – les « Chemises vertes » – proposée par les oulémas du Azhar. Alep, dans les années cinquante, traduisait ses rêves secrets de fausse alanguie par des coups d’État, brutales lubies de colonels ou de généraux qui, après avoir avalé quelques whiskies, s’avisaient de descendre en ville avec un peloton de chars, occupaient la maison de la radio et diffusaient, séance tenante, le communiqué numéro un. Puis les choses rentraient dans l’ordre comme le Kouaïk reprend son cours.
ALEP L’EXTRAVAGANTE. Que d’incroyables personnages elle a vus naître, passer, mourir ! Mère des outrances, elle est la patrie du sultan mamelouk Tansou-Ghori, si cupide qu’il taxait jusqu’aux ramasseurs de crottin et de bouses de vache. Pour l’Alépin, il n’est pas de petit profit. Mais, à l’opposé de ce monstre d’avarice, la galerie des portraits compte aussi le grand Seif ed-Dauleh (Sabre de l’État), l’émir hamdanide du Xe siècle qui installa à Alep une cour de poètes où brillaient Motanabbi et le plus célèbre des philosophes arabes avant Avicenne, al-Farabi. Entre deux campagnes contre Nicéphore, empereur de Byzance, qui parvint à occuper la ville mais ne put venir à bout de la citadelle, l’émir magnifique fit donner un jour deux mille dinars d’or à un cadi pour lui payer un vers qui lui avait plu. Il ordonna de frapper des pièces pour ce seul usage. Lorsque je suis revenue d’Amérique, en 1972, j’ai donné le nom de Seif au plus beau de mes lévriers. Il l’a porté comme il convenait, avec la grâce tranchante des salaukis de bronze de Giacometti.
ALEP LA MYSTIQUE, où fut écorché vif Fazlallah, le poète-prophète qui fonda la secte du houroufisme. Son corps fut découpé, dit-on, en sept morceaux : un pour chacune des villes où il s’était fait des disciples qu’il convenait de terrifier. Il avait blasphémé Allah pour avoir professé qu’il était possible de lire directement sur tout visage humain, en y discernant les lettres qu’il porte et que nous ne prenons pas la peine de voir. Les sourcils, les cils et la racine des cheveux forment sept lignes. En y ajoutant les sept traits du nez et en multipliant le chiffre par deux, car toute matière est doublée d’esprit, on obtient les vingt-huit lettres dont Mahomet s’est servi pour transcrire le Coran. Mais quel visage sinon le mien ai-je lu dans mes rêves pour que cela me hante tant ?
ALEP LA RAFFINÉE. « Dans les jours de cérémonie, quand les visiteurs se succèdent au logis, les pages s’entendent à prendre le moment de leur présenter comme il sied le parfum, sans que leur maître les en ait priés. Si l’occasion n’est point propice, ils attendent que l’invité ait posé sa pipe. Pipe et Naffada sont alors éloignés, et le page, après avoir marqué un temps, se joint à la procession des visiteurs. L’un étale une serviette, l’autre présente un sorbet et un mouchoir de gaze afin que l’invité y puisse essuyer ses lèvres, un troisième répand sur sa main, d’un vaisseau d’argent, l’eau de rose ou de fleur d’oranger. Dès qu’il est parfumé, le visiteur prend congé. » On peut être anglais, donc blasé, et pourtant ébloui par les civilités alépines telles que se les remémore, à Londres, le 18 juin 1794, Alex Russell.
ALEP LA PERVERSE, où vécut et prospéra Anne Ajami, surnommée la Hindiyé (l’Indienne), cette illuminée maronite du XVIIIe siècle. Le père Charon, son pieux historien horrifié, raconte qu’elle réussit à fonder une confrérie du Sacré-Cœur en persuadant le bon peuple qu’elle était l’épouse de Dieu et que, par conséquent, « il n’y avait rien de trop beau ni de trop succulent pour elle : lit splendide, pelisses de fourrures précieuses, chemises brodées dont elle changeait à tout moment, et elle en avait jusqu’à soixante ; cuisine extrêmement délicate, poulets et venaison même les jours de jeûne, liqueurs, café parfumé à l’ambre et l’eau de rose, parfums d’ambre gris et de benjoin, d’aloès et autres, dont elle avait soin de se saturer lorsqu’elle allait au parloir ou à l’église, et que sa complice intime, sœur Catherine, faisait passer aux yeux des naïfs pour des parfums célestes. Et tout cela en exigeant des autres une vie pauvre et mortifiée parce qu’elle seule, en vertu de son union hypostatique avec le Seigneur, était au-dessus de toute règle ». Cette diablesse de Dieu défia le pape, ridiculisa les jésuites, accumula un trésor, multiplia les faux miracles et alla jusqu’à faire empoisonner l’une de ses religieuses qui risquait de trop parler. Voilà de quoi une Alépine est capable !
Proverbe alépin : « Si tu veux voler, vole de la soie, si tu veux frapper, frappe un prince. »
MARIE SEURAT
Femme de lettres et romancière syrienne
Texte extrait du livreSalons, coton, révolutions…, Seuil, 1995
Alep(SIÈGE)
« Ces familles ont tout perdu, elles ont vendu leur maison pour 20 à 30 000 dollars. Elles sont venues avec une petite valise. »
Dans l’un des jardins suspendus de Beyrouth, un homme nous raconte une histoire étonnante : l’exfiltration par la Belgique en mai 2015 de près de 250 habitants d’Alep, des chrétiens syriaques ou maronites, avec l’approbation des niveaux les plus élevés de l’État, dont le Premier ministre Charles Michel. L’opération s’est déroulée dans la plus grande discrétion. Elle a été initiée par un groupe de réflexion chrétien, Logia, auquel participent des avocats, des diplomates et des fonctionnaires issus surtout du monde flamand. Chaque habitant exfiltré a reçu un visa humanitaire et, très vite, l’opération a été controversée. Fallait-il sortir uniquement des chrétiens d’Alep ? Ne participait-on pas à l’accélération de la disparition des chrétiens d’Orient ? Puis l’affaire a été oubliée.
Tant qu’il n’y a pas de solution politique à cette guerre, les Églises, les religions ont à jouer un rôle important pour améliorer les relations entre citoyens.
Alep est revenue dans l’actualité quand, à l’automne 2016, l’armée syrienne, avec l’appui de l’aviation russe et des milices iraniennes, a entrepris de reprendre le contrôle de la ville. Les combats ont été impitoyables à Alep-Est, où s’étaient repliés les insurgés. Près de 250 000 habitants ont été pris au piège des bombardements. L’émoi a été considérable. La tour Eiffel a été éteinte, de même que la Grand-Place de Bruxelles. Mais rien ne pouvait arrêter l’armée de Bachar al-Assad. Elle était déterminée à reprendre coûte que coûte le territoire perdu pendant la guerre. On a à nouveau oublié Alep, laissant la ville à ses coupures d’eau et d’électricité, à sa pénurie de médecins et son patrimoine historique, classé par l'Unesco, a été fortement endommagé. Le vieux souk et ses caravansérails médiévaux ont été ravagés. La vieille ville se trouvait sur la ligne de front qui a opposé les soldats loyalistes aux rebelles de 2012 à décembre 2016. Tout a commencé au printemps 2011, lorsque, dans les villes de Syrie, ont débuté les premières manifestations. Le mouvement de contestation était limité dans la deuxième ville du pays ; en mars, quelque 500 étudiants ont manifesté devant la faculté des lettres d’Alep, pour protester essentiellement contre la répression qui s’abattait dans d’autres villes du pays. Ville de commerçants, Alep espérait se mettre à l’abri de la tourmente. Mais le 17 mai 2012, la contestation s’est subitement amplifiée et des milliers d’habitants, venus principalement des quartiers pauvres du sud-est de la ville, ont défilé dans la rue, défiant les milices gouvernementales, les chabbiha. Le 19 juillet de la même année, une coalition rebelle, menée par l’Armée syrienne libre, s’est emparée des quartiers est de la ville. Elle a buté contre les soldats loyalistes qui avaient pris position dans les quartiers ouest, où vivait l’essentiel de la communauté chrétienne, estimée alors à 220 000 personnes. Se sont ensuivies quatre longues années de guerre où la ville a été livrée au pillage des uns et des autres, ses habitants fuyant autant que possible, ses milices contrôlant ses quartiers dans l’anarchie la plus totale, puis finalement l’opposition encerclant presque totalement la ville. Ça a été le siège d’Alep.
Au nord de la ville, deux zonings industriels ont été totalement vidés. Le matériel a été emporté vers la Turquie, où la frontière restait ouverte. Leon Zaki, un Syrien arménien propriétaire d’une importante fabrique d’outils à Alep, nous a raconté comment il avait tout perdu. « J’étais en vacances à Beyrouth en novembre 2012 quand ils m’ont appelé de la société. Il y avait seize hommes armés dans le hall. Trois, quatre jours plus tard, ils ont commencé à emporter les machines. Je leur ai téléphoné. Leur chef m’a dit : vous êtes un chrétien, un kouffar. Je leur ai dit que j’avais construit une mosquée dans l’usine pour mes travailleurs musulmans. Je n’étais donc pas un kouffar. Mais 336 camions ont tout emporté, vers le nord. » Alep a à nouveau été livrée au pillage et au saccage. Alep, ville qui avait vu passer tant de civilisations et de conquérants, étape majeure sur la route des Indes et de la Perse, carrefour entre plusieurs religions, cité dont Laurent d’Arvieux, consul de France au XVIIe siècle, disait qu’elle était « la plus grande, la plus belle et la plus riche de l’Empire ottoman, après Constantinople et Le Caire ». C’est sous l’Empire ottoman que la communauté chrétienne connut son essor, faisant fortune dans la fabrication et le commerce des tissus. Alep accueillit aussi, à la fin de la Première Guerre mondiale, les Arméniens, en haillons et affamés, fuyant le génocide enclenché par les officiers turcs. Beaucoup s’établirent là, d’autres partirent. Mais la nationalisation des entreprises par le parti Baath dans les années 1960 et le déséquilibre démographique grandissant entre chrétiens de la ville et musulmans venus des campagnes finit par inciter les chrétiens à partir. Partir ou rester ? Éternelle question qui ne cesse de tarauder l’esprit des chrétiens d’Orient. En mai 2017, l’archevêque apostolique arménien d’Alep, Chahane Sarkissian, se félicitait de la fin de la guerre à Alep, de la réunification de ses quartiers et des premières rénovations en cours. Mais il restait inquiet. « De temps à autre, on nous demande : vous êtes avec nous ou contre nous ? On répond : pourquoi faut-il choisir entre les deux ? Nous choisissons une troisième voie, celle d’une neutralité positive. Les belligérants se battent et nous sommes au milieu. Tant qu’il n’y a pas de solution politique à cette guerre, les Églises, les religions ont à jouer un rôle important pour améliorer les relations entre citoyens. Si on garde cette haine qui a grandi à cause de cette crise, la Syrie ne sera jamais sûre et stable. »
CHRISTOPHE LAMFALUSSY
Grand reporter à La Libre Belgique
JE SUIS NÉE À ALEP,
où vivent encore ma mère et une partie de ma famille. C’est là que j’ai grandi et étudié. Après mes études universitaires en économie, je me suis mariée avec un Syrien de Belgique, que j’ai suivi dans son pays. Depuis, je vis à Bruxelles, j’y travaille dans le secteur du tourisme, nos trois garçons aiment y aller à l’école et je suis devenue belge.
Tout cela n’empêche pas qu’Alep, mon Alep d’avant et d’après-guerre, reste toujours ma ville natale chérie. Dans mes souvenirs, elle est toujours une ville de paix et le symbole d’une coexistence religieuse respectueuse et fraternelle… Dans mon imaginaire, la ville d’Alep se définit par une mixité religieuse millénaire et éternelle, où le minaret et la cathédrale ne forment qu’un unique édifice face aux multiples épreuves du temps. J’espère que la vision harmonieuse qui habite mes rêves pourra un jour, à nouveau, y ressusciter.
Car c’est cette alchimie qui m’a permis de mieux grandir et de voir le monde comme un lieu où le musulman aide son frère chrétien ou juif et où ils se protègent mutuellement. Je n’oublierai jamais qu’avec d’autres adolescentes musulmanes, nous participons aux réunions des jeunes scouts au sein des monastères chrétiens, même si nous le faisons secrètement de peur des représailles des Frères musulmans. Nos voyages ensemble, organisés sous haute tension, étaient avant tout une quête d’espace de liberté où chacun pouvait s’exprimer librement, loin de toute tension politique meurtrière.
Tout cela était possible à l’époque. Personne ne se préoccupait de qui était voilée et de qui ne l’était pas parmi les sœurs franciscaines (qui l’étaient), les guides chrétiennes (qui ne l’étaient pas) et les amies musulmanes (qui pouvaient l’être). Nous étions toutes libres dans nos cœurs pour vivre ensemble et s’enrichir mutuellement. Si, aujourd’hui, avec l’organisation humanitaire « Soutien belge au-delà des mers » (SB Overseas), que j’anime depuis 2011, nous nous efforçons d’intégrer de jeunes Belges issus de l’immigration dans nos actions, c’est entre autres pour leur apprendre que ce vivre-ensemble n’est pas qu’un rêve, mais qu’il est notre seul avenir possible.
LOUMA ALBIK
Fondatrice de SB Overseas, qui vient en aide aux réfugiés dans les pays limitrophes des zones de guerre et en Europe
L’histoire des chrétiens d’Orient est l’histoire de notre civilisation, celle des Égyptiens et des Mésopotamiens, de la Bible, des Grecs et des Romains, l’histoire de notre Méditerranée qui nous sépare et nous unit géographiquement.
C’est l’histoire des premiers pas de l’Église, des premières communautés, des premiers martyrs, des premières évangélisations, des premiers conciles, des premiers pères de l’Église, des premières liturgies, des premiers monastères. L’histoire des croisades et aussi celle des premiers musulmans, des premières conquêtes, des premiers échanges et aussi des premières difficultés. Une histoire marquée par saint Louis et François Ier, par Bonaparte, Chateaubriand et Lamartine. C’est le souvenir aussi de nombreux chercheurs, savants ou croyants et souvent les deux, voyageurs, commerçants ou pèlerins, mystiques ou missionnaires.
La richesse de cette mémoire, sans laquelle l’Europe ne pourrait se comprendre elle-même car elle en est la fille, justifie l’amour que l’on peut avoir pour les chrétiens d’Orient. Et pourtant… L’amour pour les chrétiens d’Orient n’est pas un amour pour les musées, les bibliothèques, l’archéologie ou les centres de recherche, malgré le grand intérêt que nous avons pour ces réalités.
L’amour pour les chrétiens d’Orient est un amour pour le présent et une porte vers l’avenir. Les chrétiens d’Orient sont amoureux de leur terre, et si certains la quittent, ce n’est jamais de gaieté de cœur. Cette terre est rude ; brûlante l’été, elle peut être glaciale l’hiver. Depuis des millénaires, les hommes y ont inscrit leur marque, dans des cadres parfois austères et magnifiques, des montagnes, des vallées, des plaines où cependant la sueur des générations a pu transformer les paysages, permettant à cette terre de nourrir les hommes. Aimer les chrétiens d’Orient, c’est d’abord aimer leur terre.
C’est aussi aimer et respecter leur foi, qui n’a fait que se renforcer à travers les épreuves du temps. Une foi solide, granitique, pour laquelle beaucoup ont versé leur sang, et beaucoup le versent encore. Une foi simple et forte, qui ne craint pas de s’affirmer et de se dire, sans éclat et sans violence, loin des subtilités de notre laïcité. Une foi qui se transmet de génération en génération avec fierté, y compris pour les plus jeunes, une foi qui unit tout un peuple chrétien.
Une foi qui prie dans des liturgies somptueuses où les fidèles ne regardent pas leur montre si l’homélie dure un peu, une liturgie qui exprime et soutient toute la vie chrétienne, et la vie de la communauté, une vie qui n’aurait aucun sens sans la célébration de la liturgie. Mais c’est aussi la prière personnelle et familiale, à la maison ou dans des sanctuaires. La prière encore dans les monastères accrochés au creux des montagnes, où la mélodie des moines semble s’étendre sur le monde.
La foi des chrétiens d’Orient est une foi qui agit, au nom du Christ et de l’Évangile. Les œuvres sont souvent emmenées par des prêtres, des religieux et des religieuses qui soignent et qui éduquent, à la limite de leurs forces, sans demander le certificat de baptême de ceux vers lesquels ils sont envoyés.
Et dont l’Œuvre d’Orient est heureuse de soutenir les œuvres depuis plus de 160 ans.
La foi des chrétiens d’Orient est aussi une foi familiale. Le foyer est d’une importance capitale, avec ses dimensions d’accueil et d’ouverture, vivant simplement des valeurs que nous perdons parfois en Occident ; non seulement la famille nucléaire, mais aussi la famille élargie. Qui n’a pas la nostalgie des tablées de cousins heureux de se retrouver joyeusement ?
Mais aimer les chrétiens d’Orient revient à aimer leur cause. Dans tous les pays qui ont été les leurs, ils sont maintenant minoritaires, et parfois très minoritaires. Ils subissent des discriminations parfois très lourdes, des actes de violences ponctuelles ou des persécutions. Les idéologies les plus cruelles et les plus perverses, comme celle de l’État islamique, voudraient les éliminer, dans une démarche proprement génocidaire. Leur disparition entraînerait celle des autres minorités au profit d’ensembles homogènes, fondamentalistes qui se retourneraient bientôt contre leur propre population et qui se livreraient entre eux à des guerres impitoyables. Les chrétiens ne sont pas une force politique, ou militaire, ou économique. Leur seule force est l’Évangile. Leur raison d’être est d’agir au nom du Christ. Les chrétiens d’Orient jouent un rôle considérable afin de faire évoluer leurs pays vers un vivre-ensemble apaisé, une pleine citoyenneté pour tous, une ouverture à l’universel. De nombreux musulmans les supplient de rester chez eux, conscients du chaos qu’entraînerait leur départ, malgré les injustices et les violences qu’ils subissent. Le Moyen-Orient n’a pas vocation à être la proie des fondamentalistes et de leurs violences, dont de plus en plus de citoyens ne veulent plus. Ces violences sont le signe de la peur et du déclin de l’islamisme.
L’amour pour les chrétiens d’Orient s’inscrit donc dans une vision de l’avenir. Notre civilisation méditerranéenne est une. La décolonisation, la construction de l’Europe ne sauraient nous détourner de cette solidarité étroite que nous devons avoir avec les chrétiens d’Orient. Leur avenir est notre avenir.
MONSEIGNEUR PASCAL GOLLNISCH
Directeur général de l’Œuvre d’Orient
Ancienne capitale arménienne médiévale, Ani fut en l’an mil une cité merveilleuse, presque mythique – on l’appelait la cité aux « mille et une églises » –, et pourtant bien réelle. Aujourd’hui, ses vestiges sont comme le phare d’une civilisation anéantie. Ani a été en juillet 2015 le point de départ d’un pèlerinage que j’ai entrepris vers Diyarbakir et dont j’ai fait le récit dans l’essai Sur le chemin de Guiragos publié par l’Union internationale des organisations Terre et Culture. Les ruines d’Ani trônent sur un éperon rocheux, à 1 500 mètres d’altitude, au bas duquel coule l’Akhourian, un affluent de l’Araxe. Nous sommes ici au nord-est de la Turquie, à la frontière de la République d’Arménie. Autrefois, on pouvait aller et venir de part et d’autre de la rivière, en empruntant un petit pont de pierres dont il ne reste aujourd’hui que des fragments de piliers.
Il faut imaginer ce que fut Ani en l’an mil pour mesurer la puissance onirique de ses ruines. Imaginez une vaste cité peuplée de cent mille habitants qui fut l’une des plus grandes villes du Proche-Orient et du Sud-Caucase. Imaginez cette métropole où convergeaient quantité de caravanes et de marchands en route vers l’Asie mineure et la Méditerranée. Imaginez une prodigieuse cité fortifiée, ceinturée d’une muraille colossale, constituée d’une double ligne de remparts, ouverte par des portes monumentales, complétée d’un vaste réseau souterrain formé de galeries et de nombreuses pièces à vivre. Imaginez une grandiose cité royale, siège politique et religieux de l’Arménie des Bagratides, où régnèrent quelques-uns des plus grands monarques arméniens. Achot III en fit sa capitale en 961 et y dressa sa première muraille, son palais et sa citadelle. L’un de ses fils, le roi Gagik Ier, prolongea l’œuvre de son père et fit d’Ani une « troisième Rome », arménienne et chrétienne, incarnation de l’union des pouvoirs temporel et spirituel.
Couronnes d’épines, magasin de souvenirs, Jérusalem.
Point de convergence des rivalités géopolitiques de son temps, Ani l’arménienne succomba à l’étreinte forcée de Byzance qui ouvrit ainsi la voie aux envahisseurs successifs, seldjoukides, kurdes, turcomans, mongols, géorgiens, russes tsaristes ou soviétiques. Mille ans plus tard, au terme d’une guerre mondiale, d’un génocide et de traités humiliants, Ani est devenue turque. Souillée et profanée par les assassins et leurs descendants, Ani a longtemps été interdite, comme pour dissimuler les traces monumentales d’une civilisation anéantie.
Les temps modernes sont ainsi. Tout ce qui rend la vie merveilleuse, tout ce qui rend l’humanité prodigieuse est soluble dans la consommation de masse.
Que faire d’Ani ? Raser les vestiges de cette « Jérusalem arménienne » et poursuivre ainsi la politique d’éradication de l’élément arménien du « tableau périodique des éléments » turcs ? Feindre le pluralisme et autoriser des missions archéologiques, au risque de soulever la poussière d’une histoire génocidaire ? Ankara a longtemps tergiversé, avant de trouver une alternative : pourquoi ne pas faire d’Ani un parc de plein air pour des cohortes de touristes migrateurs qui gavent leurs cartes mémoire de souvenirs pittoresques en photographie ? Les temps modernes sont ainsi. Tout ce qui rend la vie merveilleuse, tout ce qui rend l’humanité prodigieuse est soluble dans la consommation de masse. Tout est consommable. Tout est consumable. Tout est déformable. Le tour est joué.
Ani la fantastique est ainsi progressivement convertie. Ses monuments édifiants sont restaurés sous les yeux ébahis des promeneurs, tandis que parallèlement, Ankara s’applique à gommer l’identité patrimoniale arménienne de la fabuleuse cité médiévale. Cheminer dans les ruines d’Ani, c’est explorer l’échelle des temps. Le temps millénaire d’une Arménie radieuse. Le temps centenaire d’une Arménie de cendres. Certes, transformer Ani en musée de plein air est sans doute préférable à sa destruction, ce que fait par ailleurs inexorablement la Turquie depuis plus de cent ans avec le patrimoine arménien sans que personne ne s’en émeuve.
Avant 1915, on recensait plus de 2 350 églises, monastères et monuments religieux arméniens dans les provinces arméniennes de l’Empire ottoman. Ils ont presque tous été détruits, confisqués ou dégradés. Ils sont devenus de véritables « charniers de pierres », ultimes stigmates de la civilisation arménienne et de son exceptionnel patrimoine. La destruction planifiée et totalement accomplie de la civilisation arménienne sur sa terre nourricière est un cas unique dans les annales de l’histoire du XXe siècle. C’est aussi une catastrophe pour l’humanité.
PASCAL MAGUESYAN
Auteur et chargé de mission pour l’association Mesopotamia, qui réalise un inventaire patrimonial des minorités en Irak
DANS LES ANNÉES 1980, le Liban continuait à sombrer dans la guerre civile. Et dans ce contexte troublé, je pris soudainement conscience de la valeur de la vie. Ma zone de confort ne dépassait pas les limites exiguës de mon village niché sur les flancs du Mont-Liban. À l’aube de mon adolescence, je ne connaissais que deux chemins : un qui menait à l’église orthodoxe de Saint-Jean-Baptiste, au centre du village, et un autre qui menait à la maison de mon grand-père maternel. Je suis de père orthodoxe et de mère maronite. Enfant, je me trouvais des moments de félicité indélébiles quand j’assistais avec ma grand-mère paternelle à l’office de l’Adoration de la Vierge, tous les vendredis du carême. J’étais enivré des effluves d’encens oriental et bercé par les fluctuations rythmiques des cantiques. D’autre part, chaque Vendredi saint, assis aux côtés de ma mère dans l’église maronite de Saint-Antoine, j’étais émerveillé par la simplicité esthétique des chants, entièrement conquis par la musique ecclésiale. Ainsi, à 7 ans, débuta pour moi un parcours sur les traces de la musique orientale, byzantine et non byzantine.
