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Quand le fiancé, amoureux fou d'une jeune et belle blonde, épouse sa future belle-mère à cause d'un employé de mairie aviné et que le premier mari de celle-ci, pêcheur de morue, disparu en mer, refait surface accompagné d'un phoque... Le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Un couple à trois désopilant, dans un Feydeau méconnu, jouissif et délirant.
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Seitenzahl: 71
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Par ordre d’entrée en scène
TOPEAU
Rôle créé par LUQ HAMETT
En alternance avec ERIC MASSOT
Employé de mairie, qui a le vin facile et la bougeotte. Ses gaffes le font changer de métier régulièrement.
PLANTUREL
Rôle créé par SYLVAIN KATAN
Un élu courageux… mais pas téméraire. En bon politique, il veut contenter tout le monde.
BARILLON
Rôle créé par DAVID MARTIN
Bourgeois conformiste et soupe au lait, sa vie est bouleversée quand il se retrouve marié à sa belle-mère par accident.
PATRICE SURCOUF
Rôle créé par THOMAS VERNANT
L’amoureux transit. Éperdu de Valentine, la future jeune mariée.
MADAME JAMBART
Rôle créé par GWÉNOLA DE LUZE
La belle-mère, collectionneuse de maris, qui ne compte pas s’arrêter là…
VALENTINE
Rôle créé par NADÈGE LACROIX
La fille de Madame Jambart qui devait épouser Barillon contre son gré et devient sa belle-fille.
JAMBART
Rôle créé par JEAN-MARIE LHOMME
Capitaine de chalutier, mort noyé au large de Terre-Neuve. Il revient chez sa veuve (madame Jambart) accompagné de son phoque.
UN PHOQUE
Compagnon d’infortune de Jambart.
Acte 1
SCÈNE 1
SCÈNE 2
SCÈNE 3
SCÈNE 4
SCÈNE 5
SCÈNE 6
SCÈNE 7
SCÈNE 8
SCÈNE 9
SCÈNE 10
SCÈNE 11
SCÈNE 12
SCÈNE 13
SCÈNE 14
SCÈNE 15
Acte 2
SCÈNE 1
SCÈNE 2
SCÈNE 3
SCÈNE 4
SCÈNE 6
SCÈNE 7
SCÈNE 8
SCÈNE 9
SCÈNE 10
SCÈNE 11
SCÈNE 12
SCÈNE 13
Acte 3
SCÈNE 1
SCÈNE 2
SCÈNE 3
SCÈNE 4
SCÈNE 5
SCÈNE 6
SCÈNE 7
SCÈNE 8
SCÈNE 9
SCÈNE 10
Le rideau s’ouvre sur une salle des mariages dans une mairie. Un buste de Marianne, un pupitre pour le registre sur lequel pend une écharpe tricolore et devant, dos au public, les deux chaises des mariés. Une chaise à cour et à jardin.
SCÈNE 1
TOPEAU, PLANTUREL
TOPEAU
(chantant, un balai à la main, il apporte les chaises des futurs mariés)
Si tous les canons du monde s’mettaient à tirer
ça ferait beaucoup de bruit.
Si tous les volcans qui grondent v’naient à se réveiller
ça ferait beaucoup de bruits.
Mais il est encore un bruit beaucoup plus fort.
Si tous les cocus avaient des clochettes
des clochettes au d’ssus, au-dessus d’la tête
Ça ferait tant d’chahut, qu’on n’s’entendrait plus !
PLANTUREL
(entrant en applaudissant)
BRAVO ! BRAVO !
TOPEAU
Monsieur le Maire, vous m’écoutiez ?
PLANTUREL
Je ne vous écoute pas, je vous aspire ! … Quelle voix !
TOPEAU
Vous trouvez ?
PLANTUREL
Certes !... Et je m’y connais ! Je peux dire que la musique, je l’ai sucée à la mamelle de mon père !
TOPEAU
Il était musicien ?
PLANTUREL
Organiste.
TOPEAU
D’église ?
PLANTUREL
Non, de Barbarie !
TOPEAU
Il faisait la foire !
PLANTUREL
Mais avec cette voix, vous ne vous êtes pas présenté à l’opéra ?
TOPEAU
J’ai été recalé, parce que je ne tiens pas la note.
PLANTUREL
Problème de souffle ?
TOPEAU
Non, de soif ! J'ai toujours soif... Mon père avait soif, il tenait ça de mon grand-père qui le tenait de son père...
PLANTUREL
Pochard de père en fils !
TOPEAU
Non, Dupont !... Je me présente, Topeau Dupont.
PLANTUREL
Ou là là, en mairie, faut faire attention, il y a beaucoup de vin d'honneur !
TOPEAU
Je sais, c’est ma troisième mairie… Un jour, un monsieur est venu demander un acte de naissance pour toucher un héritage.
PLANTUREL
Et alors !
TOPEAU
Eh bien, je lui ai délivré un acte de décès.
PLANTUREL
Et vous vous en vantez ?
TOPEAU
(très content de son effet)
Qu’est-ce qu’on s’est marré. Vous auriez vu la tête du bonhomme quand il est venu pour toucher son argent ! On lui a dit que les morts n’héritaient pas.
PLANTUREL
Et qu'est-ce que vous aviez bu ?
TOPEAU
Oh, seulement une demi-bouteille !
PLANTUREL
C’est tout ?
TOPEAU
De cognac !
PLANTUREL
Ah ! Je comprends !... Écoutez-moi bien, monsieur Topeau : si vous souhaitez conserver votre poste, dans ma mairie, fini la bouteille pendant le service ! C’est compris ? Au travail !
(Topeau prend l’écharpe du maire sur le pupitre)
TOPEAU
Hic !
PLANTUREL
Et vous avez intérêt à vous activer.
(Topeau crache sur l’écharpe du maire et se met à astiquer le buste)
Qu'est-ce que vous faites ?
TOPEAU
J'astique la république !
(Planturel lui retire l'écharpe des mains)
PLANTUREL
Oui, mais vous salissez le drapeau !
(il caresse la tête de la Marianne)
Pauvre France ... Bon qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ?
TOPEAU
Quatre mariages...
PLANTUREL
Et un enterrement.
TOPEAU
De vie de garçon ?
PLANTUREL
Non, le mien...
(il sort)
TOPEAU
Toutes mes condoléances...
(sortant une flasque de sa poche)
Alors, il a dit... " finis la bouteille pendant le service ! "... Ben je la finis !
(il regarde La Marianne et trinque)
Égalité, fraternité…Hic… Santé !
TOPEAU, BARILLON
BARILLON
Barillon, c'est ici ?
TOPEAU
Non, c'est la mairie. Vous êtes ?
BARILLON
Barillon !
TOPEAU
Ben pourquoi vous vous cherchez ?
(suspicieux)
Vous me cherchez ? !
BARILLON
Je suis Barillon, le marié de midi !
TOPEAU
Ah oui, c’est ici dans une demi-heure.
BARILLON
Qu’est-ce qu’elles fichent, on va être en retard !
TOPEAU.
Mais puisque le mariage est pour midi !
BARILLON
Ah monsieur, je suis l’exactitude même : j’arrive toujours une heure à l’avance, question de principe ! Elles n’ont peut-être pas compris qu’elles devaient venir directement ?
TOPEAU
Monsieur se marie avec plusieurs dames ?
BARILLON
Je parle de ma future et de sa mère.
TOPEAU
Généralement, on va chercher sa future chez elle. C’est la moindre des choses le jour du mariage.
BARILLON
C'est ma première fois, je ne pouvais pas savoir.
TOPEAU
On n’arrive pas déjà séparés ce jour-là ! Si votre belle-mère l’apprend, elle va vous sauter dessus !
BARILLON
Me sauter dessus ! Ah ! Vous ne croyez pas si bien dire ! Elle est tellement pendue à mon cou qu'on dirait un mouton qui lèche ! Jusqu’à présent, je me suis laissé faire, parce que je voulais sa fille... Mais une fois marié, j’interdis le léchage !
TOPEAU
Je comprends, vous en aurez suffisamment bavé !
BARILLON
Depuis ce matin, j’ai la tête à l’envers. Je n’en ai pas dormi de la nuit.
TOPEAU
C'est normal, le boeuf est toujours anxieux quand il va à l’abattoir !
BARILLON
Ah non, ce n’est pas ça, j'étais au restaurant avec des amis. Vous savez ce que c'est ... de bouteilles en bouteilles, de vins en vins, le rhum m’est monté à la tête !
TOPEAU
Oh là là, si je connais ...
BARILLON
Et, dans ces moments-là, je ne sais pas pourquoi, j'ai des idées fixes. En rentrant, j’ai croisé un monsieur dont la tête ne me revenait pas. Alors, je lui ai dit qu'il avait une tête de cochon !
TOPEAU
Au moins, vous êtes courageux !
BARILLON
Oui, mais ça ne lui a pas plu.
TOPEAU
Il y a que la vérité qui blesse !
BARILLON
Là-dessus, il m’a flanqué une gifle. Alors là, bataille ! … Bam... échange de cartes de visite…
TOPEAU.
Vous avez un duel, le jour de votre mariage ?
BARILLON
Oui. Enfin, j’ai un duel… et je n’en ai pas !
TOPEAU
Je ne comprends pas.
BARILLON
J’ai un duel, si on veut, mais comme je n’en veux pas, je n’en ai pas.
TOPEAU
Faudrait savoir, vous avez un duel ou vous n’en avez pas ?
BARILLON
Quand on a échangé nos cartes, je n’ai pas donné la mienne !
J’ai donné celle d'Alfonso Dartagnac, le célèbre champion d’escrime !
TOPEAU
Et alors ?
BARILLON
De deux choses l’une : ou l’adversaire me fait des excuses séance tenante et ça reste sans suite ; ou bien il n'en fait pas et il ne peut pas me retrouver…
TOPEAU
Quel coup de génie. Et c’est qui votre adversaire ?
BARILLON
J’étais tellement rond, que j’ai perdu sa carte !
(il regarde sa montre à gousset)
Sacrebleu, c’est l’heure ! Il faut que j’aille chercher ma femme.
TOPEAU
Ah oui, c’est le seul jour où elles sont indispensables !
(Barillon sort précipitamment. Topeau va sous le pupitre chercher une bouteille et boit au goulot, il ne voit pas entrer Patrice)
TOPEAU, PATRICE, BARILLON
PATRICE
Alors c’est là, qu’elle va se marier !
(il a une corde de pendu autour du cou et regarde le plafond, avant qu’il ne l’ait vu, Topeau met le pied sur le bout de la corde qui traîne ce qui arrête net Patrice)
TOPEAU
Vous cherchez ?
PATRICE
Un clou pour me pendre. Quand on prononcera la sentence qui me séparera à jamais de ma dulcinée, je veux qu’on voie mon corps flotter dans l’espace.
TOPEAU
