Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Les cinq étapes d'une communication efficace pour une PME : créez, positivez, emballez, racontez, réseautez Cet ouvrage a une particularité. Il est l'un des rares à être particulièrement dédié aux indépendants, aux commerçants et aux patrons de PME. Des entreprises de petite taille qui, pourtant, constituent l'essentiel du paysage économique marchand (99,8% des entreprises, dont 92,2% de micro-entreprises).Leurs dirigeants sont, comme les autres entrepreneurs, conscients qu'ils doivent communiquer. Mais ils ignorent souvent comment le faire de manière efficace. Et cela se ressent : six entrepreneurs sur dix se déclarent « peu satisfaits » ou « pas du tout satisfaits » de leur communication d'entreprise. Seuls 10% des dirigeants de PME s'en déclarent « très satisfaits ».Pour vous aider à construire votre communication, ce livre va à l'essentiel : il vous donne les clés et vous apporte des modèles de réussite tout à fait accessibles. Pas de blablas ! Des trucs et astuces, un guide pratique et de belles histoires inspirées de cas réels. À PROPOS DE L'AUTEURPhilippe Crêteur est diplômé en communication et journalisme. Après avoir travaillé comme journaliste, il a exercé la fonction de chef d'édition pendant 18 ans. Il travaille aujourd'hui pour l'entreprise Innovatech.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 211
Veröffentlichungsjahr: 2015
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Fondatrice et Directrice Générale de JUMP « Empowering Women, Advancing the Economy »1, Isabella Lenarduzzi est une entrepreneuse sociale, experte en communication et en organisation d’évènements depuis plus de 25 ans. Ses centres d’intérêts comprennent l’égalité, l’éducation, l’emploi, la formation, l’entreprenariat, l’innovation et la construction européenne.
Mais pourquoi donc Philippe m’a-t-il demandé de rédiger la préface ?
Je n’ai jamais suivi de formation en communication. Je n’ai quasiment lu aucun bouquin sur le sujet. Je ne connais rien à la théorie et pense que le meilleur moyen de connaître la communication, c’est d’en faire !
Il est vrai que j’ai la réputation de communiquer mes activités comme je respire et surtout avec pas ou très peu de moyens. Je vais donc essayer d’analyser mes « recettes » puisqu’on me le demande de plus en plus souvent (ça doit être l’approche de mes 50 ans qui me donne cette posture « d’expert » avant de devenir « sage »)
Vous avez fait le bon choix en vous procurant le livre de Philippe Crêteur…
Ce livre va à l’essentiel, vous donne les clés et vous apporte des modèles de réussite tout à fait accessibles. Bref, pas de blablas, des trucs et astuces, un guide pratique et de belles histoires ! Son livre est comme lui : accessible, humble et terriblement efficace.
J’y retrouve tous les adjectifs qui me semblent essentiels à la réussite d’une communication : travail, humilité, cohérence, constance, bon sens, empathie.
Il y en a peut-être un sur lequel j’aurais encore plus insisté : la générosité. Philippe l’illustre bien avec l’exemple très inspirant de Komode quand il intitule son paragraphe « Un cœur « gros comme cela » ».
Plus j’avance dans ce métier et plus je me rends compte que ce sont la générosité et l’empathie qui sont les plus grands atouts. Rien de plus naturel… la communication doit servir à créer du lien. Si vous n’êtes pas dans une écoute active de vos clients, si vous ne savez pas vous mettre à leur place pour être sûr que le message est clair et adapté, alors il vous faudra des montagnes de sous pour avoir une communication efficace. Vous devez donc être passionné par ce que vous faites mais vous devez aussi aimer profondément les gens, en particulier ceux à qui vous destinez votre produit. Oui oui j’ose parler d’amour. L’amour de notre métier, l’amour de nos services et l’amour de nos clients. Je vais aller plus loin : plus je vieillis et moins je parviens à travailler avec des collaboratrices et collaborateurs que je n’aime pas mais aussi avec des partenaires et fournisseurs que je n’aime pas. Je m’intéresse tellement aux personnes avec lesquelles je réalise mes projets que je crée de vrais liens d’amitié. Les cyniques y verront de la manipulation. Moi j’y trouve du sens et du plaisir ! Je suis une vraie « workalcoholic ». Je bosse tout le temps. Si vous êtes patron(ne) de PME, vous savez ce dont je parle. A contre-courant de la société « moderne » qui voudrait que l’on s’épargne au boulot, moi j’y trouve de l’énergie et du bonheur car j’en retire tellement de plaisir ! Amour et plaisir… qui vous a dit que le travail tue et que la communication est chiante ?
Depuis que j’ai 12 ans, mon projet c’est de changer le monde ! Après ça, on dira que les femmes manquent d’ambition !
Depuis cet âge-là, je n’ai pas arrêté de créer des projets contre la faim dans le monde, contre le racisme, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour l’éducation, pour l’emploi, pour l’entreprenariat, pour la construction de l’Europe, contre la guerre,… Mais tous ces projets n’ont aucun sens s’ils n’ont pas d’impact. Combien d’argent et d’énergie gaspillés dans des actions, campagnes, produits culturels ou humanitaires dont personne ou presque n’entendra parler car l’attention a été mise essentiellement sur la conception et sur la production plutôt que sur sa diffusion ? La communication seraitelle moins noble que la production ? Ne nous voilons pas la face… les professionnels de la communication ou de l’organisation sont beaucoup moins bien considérés (et rémunérés !) que la plupart des autres métiers nécessaires à la réalisation et à la production. Combien d’argent a-t-il été gaspillé dans la production de brochures, dépliants ou catalogues que personne ne verra car les responsables du projet n’ont pas élaboré un plan de diffusion fort et réaliste ? Il ne peut y avoir d’impact et donc de résultat s’il n’y a pas de stratégie ambitieuse de communication.
Avec l’absence de bagage théorique2 mais aussi le bon sens qui me caractérisent, voilà bien une séparation que je ne parviens pas à comprendre ! Comment dissocier une politique de marque, de prix, de vente et d’après-vente, de la partie dédiée aux relations presse, aux relations publiques, aux réseaux sociaux, à la communication interne, aux spots télés, à l’identité visuelle etc. ?
Tout se tient et tout est lié. Rien n’est moins important que le reste car tout se renforce… ou pas. Il s’agit d’assurer la cohérence pour atteindre un but commun. Par contre, ce que j’ai quand même compris, c’est que les personnes travaillant dans le marketing sont en général plus valorisées que celles qui font des RP ou quelque autre métier de la communication. Je trouve cela injuste et même débile car complètement inadapté au monde actuel. Trop de PME s’offrent les services d’un marketeur expérimenté en compensant avec un stagiaire ou nouveau diplômé en communication. Je considère que, dans ces deux métiers là encore plus que pour les autres, ce qui fait la valeur d’une personne, ce sont les résultats (réellement) obtenus au cours de sa carrière et non son titre ou son diplôme. Si vous prenez un stagiaire ou nouveau diplômé parmi la multitude d’options existantes en communication et marketing, assurez-vous qu’elle ou qu’il ait exercé ses talents de communicateur, de vendeur et d’organisateur pendant ses études. Je suis toujours sidérée par tous ces étudiants en organisation d’événements (par exemple) qui n’ont jamais organisé quoi que ce soit avant leur diplôme alors que c’est le moment de leur vie où ils ont le plus de temps libre. La prise d’initiatives et l’expérience rémunérée ou non sont bien plus importantes que n’importe quel diplôme en communication (je vais me faire des amis) !
Vous considérez que vous n’avez pas assez de budget pour avoir une communication efficace ?
C’est comme pour tout… Retroussez vos manches avec enthousiasme. En tant que patron(ne) de PME, nous sommes en général les mieux placés pour vendre nos services ou produits. C’est la même chose pour notre marque qui est notre identité. Il existe désormais des moyens très performants et gratuits pour nous faire connaître (relations presse, relations publiques et réseaux sociaux). Cela demande du travail, beaucoup de travail. Mais c’est payant ! La directrice marketing du plus grand réseau social B2B m’a surpris quand elle m’a dit que je pouvais avoir plus d’impact par une bonne utilisation des outils gratuits plutôt que par l’achat de services ou d’espaces ! J’ai testé les deux et elle avait parfaitement raison. Mais c’est plus rapide quand on paie des conseils en stratégie et de l’achat de visibilité plutôt que d’y penser sérieusement et de le faire soi-même.
Une autre chose que j’ai mise en place, ce sont les relais par les nombreux réseaux dont je fais partie… Si leur public correspond au mien, je leur demande régulièrement de transmettre l’information sur mes produits ou services en échange d’un apport pour eux (réduction à leurs membres, participation gratuite pour les responsables,…). Faire appel à la bonne volonté des autres demande que l’on puisse donner sans compter. C’est vrai pour les réseaux virtuels comme c’est vrai pour les réseaux physiques.
Philippe Crêteur vous donne la marche à suivre pour choisir son agence de communication et son « media planner ». Je n’ai jamais eu besoin de media planning car je connais mieux mes clients et leurs habitudes médias qu’eux (enfin, je crois). En ce qui concerne les agences, ce ne sont pas les plus grandes et les plus chères qui m’ont épatée le plus. Vous pouvez très bien travailler avec un(e) indépendant(e) qui s’associera à d’autres indépendants pour les compétences qu’elle ou qu’il n’a pas. Quoiqu’il en soit, choisissez toujours quelqu’un dont vous avez vu le travail, qui partage vos valeurs, vos façons de fonctionner et qui est curieux et enthousiaste pour vos produits.
D’autres petites choses qui ne coûtent rien (ou presque) mais qui créent du lien, donc de l’impact :
J’ai mis ma photo discrètement et en noir et blanc sur ma carte de visite rose fuchsia (la couleur corporate de JUMP). Je ne l’ai pas fait pour montrer comme je suis « belle » mais parce que j’ai une énorme déficience dans mon métier… je ne suis pas physionomiste ! Je peux aller manger deux fois en tête à tête avec quelqu’un et passer à côté sans la/le reconnaître une semaine après. Horreur ! Pour éviter cela aux personnes que je rencontre, je fais ce que je voudrais qu’ils fassent avec moi… je mets ma photo sur ma carte de visite même si cela ne fait pas partie de notre culture de networking et que cela peut être mal interprété.
Je suis incapable d’organiser un événement ou une formation sans donner de cadeaux aux participants. Cela va des magazines partenaires, à des livres de femmes inspirantes, à un sac et carnets de notes et Bics dans nos couleurs et des produits « glamours » que je demande aux entreprises, ravies de pouvoir faire de l’échantillonnage sur mon public. Mais je voulais marquer le coup pour la cinquième édition du Forum JUMP. Je n’arrivais pas à trouver la bonne idée pas chère. J’ai alors invité 3 amies et amis dont j’estimais la créativité et, à la fin du repas, Thierry Tinlot a évoqué l’idée du parfum n°5 de Chanel… L’idée de JUMP n°5 était née ! J’ai demandé à une amie qui a une entreprise de gadgets sur mesure (Vick Verhaeghe de V Projects) si elle pouvait le réaliser dans une bouteille rose. Le tour était joué pour 0 € car en échange elle a pris un stand à mon événement. J’ai aussi expliqué par affiche et annonce dans le catalogue (encore avec ma photo) pourquoi je tenais à offrir ce cadeau à mes clientes.
Pour les cadeaux de Noël à offrir par ma fille cette année, j’ai dû faire les magasins avec elle le 24 décembre après-midi à cause d’une mauvaise grippe les jours précédents. Pas envie d’aller dans le centre-ville en pleine foule. Je parviens à la convaincre de se balader rue du Bailli. Elle découvre le plaisir des petits commerçants indépendants offrant des cadeaux originaux. Une vitrine de vêtements nous attire. Nous rentrons dans le magasin sans rien devoir y acheter mais pour le plaisir des yeux. Nous y sommes accueillies par des chants de Noël et par l’accompagnement vocal d’une vendeuse exubérante déguisée en mère Noël sexy qui nous offre un chocolat chaud (avec du rhum pour le verre de maman !). Nous sommes reparties avec 4 articles dont nous n’avions évidemment pas besoin mais dont j’ai encore du plaisir au simple souvenir de ce moment passé avec ma fille dans cette magnifique ambiance.
La première fois que le « Centre for balanced leadership » a pris un stand au Forum JUMP pour faire connaître ses formations en leadership pour femmes et son accompagnement des plans d’égalité dans les entreprises, sa fondatrice est venue avec de nombreuses caisses remplies de toutes petites plantes emballées joliment aux couleurs de sa marque. Chaque fois qu’elle entamait la conversation avec quelqu’un, elle offrait une plante et demandait sa carte de visite. Le geste était sympathique et la plante très jolie, elle fut ravie de sa collecte pour son premier fichier de prospects !
Je pourrais vous donner des centaines d’exemples d’actions qui créent du lien et donc de l’impact pour pas un sou. Cela demande du jus de cerveau et du travail. Beaucoup de travail. Tout le temps. Mais c’est un moyen sûr pour réussir notre communication, créer notre image, notre marque et donc au final assurer la réussite de notre entreprise.
Notre entreprise, c’est notre bébé. Son image et sa communication doit nous correspondre et nous rendre fiers.
Si nous y travaillons avec justesse, constance et cohérence, il y a un moment magique impossible à prédire dans le temps, où tout paraît plus simple et où les actions de communication créent plus d’impact que nous aurions pu imaginer.
1.www.jump.eu.com
2. Je suis diplômée en macro-économie et n’avais jamais entendu parler de marketing avant de postuler à un stage offert par Procter & Gamble en troisième année d’études (j’adore les défis et suis très curieuse !). Je fus l’élue pour la Belgique francophone.
Aujourd’hui, un entrepreneur, le patron d’une PME, un artisan, un commerçant ne doit plus seulement bien faire son boulot, satisfaire ses clients, faire ses comptes, acheter de la marchandise, payer ses fournisseurs et s’acquitter de son dû à la collectivité. Ni même « seulement » jouer au comptable et au secrétaire, demander des offres de prix, y répondre, choisir des sous-traitants, rendre visite à ses prospects. On attend de lui bien plus que cela encore : on attend de lui, aussi, qu’il communique et qu’il soit bon dans ce métier. Évidemment.
L’offre est devenue surabondante. Grâce à la magie d’internet, des milliers de badauds entrent dans vos commerces, vos bureaux, vos show-rooms, rien que pour voir, goûter l’expérience et faire part de leurs sentiments. Se faire une idée. Comparer. Oui, vos clients internautes ont désormais les moyens de se faire entendre. Et cette offre pléthorique vous oblige à jouer le jeu, à dire que vous existez et à expliquer « pourquoi » c’est mieux chez vous que chez les autres. Il serait proprement inimaginable que vous ne soyez pas de la partie dans cette course à l’information « utile ». Avec internet, votre zone de chalandise3 s’est tellement agrandie qu’aujourd’hui vous devez être capable de « papoter » avec tout le monde. Et potentiellement avec le monde entier. Il est donc impératif d’apprendre à le faire correctement.
Cher lecteur entrepreneur, commerçant, artisan, vous devez donc ajouter un nouvel instrument à votre tenue d’homme-orchestre. Bon gré, mal gré, le porte-voix fait désormais partie de votre panoplie. Et pourtant, vous le savez, on ne peut pas être bon en tout. C’est même tout le contraire : les marketeurs et les économistes vous ont tous convaincus qu’il fallait se spécialiser, être le meilleur dans son segment, dans sa niche.
Alors, comment procéder ? Le plus simple, c’est de travailler comme vous l’avez toujours fait, en déléguant une partie de ce travail très spécifique à des spécialistes. Mais vous allez devoir apprendre à travailler avec ces nouveaux sous-traitants. En tentant de choisir les meilleurs et les plus fiables possibles, compte tenu de votre budget et du temps qu’il vous reste. Et en apprenant à faire vous-même ce qui est à votre portée.
L’objet de ce livre est de vous donner des informations pertinentes pour comprendre les ressorts de la communication d’entreprise, comprendre le métier de ces nouveaux et si particuliers sous-traitants et de ceux qui les relaieront. Les communicants et les journalistes sont souvent bien loin de vos préoccupations quotidiennes. Ils ne fonctionnent pas comme vous.
Pourquoi les comprendre ? Parce qu’en comprenant ce qu’ils attendent de vous, vous gagnerez énormément de temps et de satisfaction. La communication n’est pas pratiquée par des sorciers : elle se nourrit de ce que vous voulez bien lui donner. Une enquête récente (2010) révélait que 60 % des patrons de petites entreprises se déclaraient « peu satisfaits » ou « pas du tout satisfaits » de leur communication. Vous verrez qu’ils sont conscients que ces « échecs » sont, pour une part au moins, de leur propre responsabilité.
Vous pouvez aussi ne rien faire du tout. Penser que pour vivre heureux, il faut vivre bien caché. Et que le bon Dieu (ces sacrés clients) finira toujours bien par retrouver ses brebis. Et les clients, le chemin de votre commerce. Sauf qu’aujourd’hui ce n’est plus possible : ces clients ressemblent étrangement à vos fils et à vos filles et aux enfants de ceux-ci. Ceux de la génération du « pourquoi » et de la réponse instantanée, générée par les moteurs de recherche. Des clients mobiles qui sont susceptibles de vous interroger n’importe quand et n’importe où. C’est une simple question de connexion.
Et s’ils n’entendent pas votre réponse, ils vous zapperont. Peut-être pour longtemps.
3. La zone de chalandise d’un établissement commercial est sa zone géographique d’influence, d’où provient la majorité de la clientèle. Elle s’étend schématiquement sous la forme de courbes isochrones dont le centre est le point de vente, mais est en fait profondément modifiée à la marge par les implantations concurrentes et la sociologie des localités couvertes. Cette forme de courbe est surtout utilisée à des fins prévisionnelles lors d’une ouverture.
Le propre de l’homme, c’est qu’il discute. Beaucoup. Souvent pour préparer l’avenir et tenter de le prédire. Il en est capable grâce à sa faculté de créer des langages permettant l’interlocution et la communication de contenus abstraits de toute nature et extrêmement complexes (des théories philosophiques, scientifiques).
Le propre de l’animal, c’est qu’il limite sa communication à une fonction pragmatique : à ses semblables, il communique des informations liées à la situation présente (nourriture, danger, accouplement). Lui, il ne discute pas.
Grâce à la science et, singulièrement grâce à l’émergence de nouveaux protocoles de communication internet4, désormais, le propre de l’objet, c’est que lui aussi communique. Mais il ne prend aucune initiative. Interrogé par un objet, à l’initiative de son propriétaire, son alter ego lui répond de manière très précise et univoque. Ce phénomène va tout changer, notamment pour les entrepreneurs.
Communiquer fait donc partie de la vie intime de l’entreprise. L’entreprise est vivante, elle est à l’image de celui ou de celle qui la fait vivre, elle existe par ses clients, elle parle à son personnel, leur fait passer des messages. On peut avoir envie de « ne pas communiquer », mais c’est simplement impossible : ne pas communiquer, c’est déjà dire et laisser dire des choses sur soi. Autant maîtriser, tant que faire se peut, ce que l’on dira de vous. Quand on est une petite entreprise, une très petite entreprise ou un indépendant, la tâche paraît énorme, difficile à mettre en place, en-dehors de ses compétences. Comment faire pour ne pas subir sa communication ?
Je vais peut-être vous décevoir, mais il n’y a pas de recette miracle. Et finalement, c’est heureux. Il y aurait une solution toute faite, qu’il suffirait d’appliquer mécaniquement, et toutes les entreprises, quelles que soient leurs tailles, quels que soient leurs talents, leur originalité seraient logées à la même enseigne. Chacune sous le soleil, dardant ses feux vers les mêmes clients, les mêmes prospects, les mêmes badauds. Et ces derniers auraient bien du mal à y voir clair, à vous choisir, à vous tester, à vous adopter, à devenir vos ambassadeurs. Parce qu’en communication, quoiqu’on en pense, le fond compte autant que la forme. Et un mauvais produit restera un mauvais produit, malgré son bel emballage. Et parce qu’a contrario, un très bon produit qui ne se distingue pas, qui ne se valorise pas restera au fond des rayons.
L’entrepreneuriat est une aventure humaine, peut-être l’une des dernières au monde. Et dans cette aventure, tout le monde ne réussit pas. Réussir, c’est d’abord travailler, travailler énormément. Réussir, c’est ensuite transformer ce travail en talent. Tout ce que vous faites, tout ce que vous créez ne rencontre pas nécessairement les attentes de votre clientèle. Il faut de la patience, et une forte dose de conviction, pour transformer la besogne en une véritable et très agréable expérience de consommation pour vos clients. Et il faut de l’humilité pour faire sienne la conviction de celui ou de celle qui vous essayera. On a rarement raison tout seul et ce sont les autres qui décideront de la pertinence de votre message.
Il faut de la chance. Beaucoup de chance. Mais la chance n’est pas seulement faite de hasards sur lesquels nous n’aurions que peu de prise. La chance, ce sont d’abord des opportunités, qu’on saisit ou pas. Et ces opportunités, c’est nous qui les créons. En restant ouvert, à l’écoute de ce qui nous entoure, à l’affût des bonnes idées, des tendances, de ce que réclament nos prospects, nos clients. Il faut aller chercher en soi cette capacité d’écoute qui nous fera deviner ce dont le monde qui nous entoure a vraiment envie. Il nous parle, ce monde : il suffit de se mettre en situation de l’entendre et de le décoder.
Il faut que tout, dans votre attitude, donne envie de vous faire confiance, de faire confiance à votre business. Communiquer, c’est d’abord une alchimie qu’on doit réussir soi-même : être convaincant, c’est démontrer par la parole, le ton de la voix, la chaleur qu’on dégage, les gestes qu’on pose qu’entre vous et votre savoir-faire, il n’y a pas plus de différence qu’entre Toots Thielemans, son harmonica et l’atmosphère qu’ils créent. Croyez en vous et en votre entreprise. Soyez magiques.
Entourez-vous de profils différents du vôtre, allez chercher de l’information dans les salons, dans les business meetings, partagez vos convictions et entendez celles des autres. Allez visiter les endroits qui vous font envie. Ce seront autant de stimulations qui, à un moment ou à un autre, vous aideront à créer. Ouvrez bien grandes vos oreilles : le monde vous parle, parfois à voix basse. Les plus ouverts l’entendront. Et feront la différence.
Du talent, de la chance, des opportunités saisies, un savoir-faire qui vous distingue, une attitude qui génère de la confiance : désormais, vous êtes prêts pour une nouvelle naissance, portée par le boucheà-oreille. C’est le plus vieux média du monde et, sans conteste, le plus efficace. Il va vous aider à créer votre réseau d’ambassadeurs, ceux qui vous ont déjà essayé et qui vont recommander aux autres de vous tester à leur tour.
La communication que vous allez mettre en place – et que nous allons vous aider à construire tout au long de ce livre – ne fera rien d’autre qu’amplifier ce bouche-à-oreille, servir de porte-voix, créer une atmosphère qui vous ressemble et vous aider à distinguer votre offre de celle des autres. Mais la communication, c’est aussi plus simplement une série d’outils, qu’il faut manier avec prudence, persévérance et élégance.
4. Selon Olivier Gramaccia, « Business Development Manager Smart Products » chez Sirris, nous sommes à l’aube d’une révolution technologique majeure. Une révolution de l’ampleur de celle qu’on qualifia d’« industrielle », équivalente à celle de l’imprimerie, de la machine à vapeur, des ordinateurs, d’Internet. Toutes ces avancées technologiques avaient contribué à l’amélioration de la communication, à la réduction des distances, à la propagation du savoir, à la connexion des êtres humains avec le monde qui les entoure. Et voilà qu’aujourd’hui, on ne connecte plus seulement les gens entre eux mais aussi les objets ! En 2010, plus de 5 milliards de personnes étaient « connectées », grâce aux téléphones portables, Smartphones et autres tablettes. En juin 2012, il a d’ailleurs fallu créer un nouveau protocole, baptisé du joli nom d’IPV6 (Internet Protocol version 6), histoire de développer d’urgence de nouvelles adresses Internet pour satisfaire les utilisateurs. IPV6, c’est désormais 667 millions de milliards d’adresses IP disponibles par mm2 de la surface de la Terre… Et c’est cette croissance à peu près infinie qui rend possible aujourd’hui cette nouvelle révolution technologique : on va désormais permettre aux objets de communiquer entre eux. Une révolution sans pareil qui pourrait être de nature à nous aider à apporter des réponses aux crises économiques, écologiques et démographiques qui se succèdent (in Lettre d’information d’InnovaTech, InnoFlash, avril 2013).
Une étude consacrée à « la stratégie de communication des entreprises wallonnes et bruxelloises » menée en 2010 par Dedicated Research à la demande des organisateurs du premier salon Objectif Com (co-organisé par InnovaTech et le programme « J’aibesoindecom. com » de l’UCM) avait permis de distinguer quatre profils d’entrepreneurs selon leurs attitudes en matière de communication :
Les opportunistes
(37 % des répondants) : c’est le groupe de dirigeants le plus important. Ils travaillent surtout dans de (très) petites structures, en général des starters ayant des moyens limités, des objectifs de recrutement de nouveaux clients assez humbles. Il s’agit souvent de jeunes décideurs, plutôt actifs dans le domaine des services.
Les annonceurs modernes
(32 %) : on y trouve des managers plus expérimentés, âgés de plus de 50 ans, qui travaillent dans de « grosses structures », pas forcément très anciennes mais qui disposent sans doute de moyens financiers plus importants.
Les artisans
