Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Atypique, authenique et chaleueux, "Dans les yeux de mon prochain" se lit comme une ode à la bonté humaine et aux cercles vertueux de nos sociétés. L'auteure nous emmène avec elle dans une balade réflexive, et nous présente des personnes qui sous des apparances « ordinaires » vivent et mènent des actions peu odinaires, trop peu mises en valeur à ses yeux.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 103
Veröffentlichungsjahr: 2022
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Colophon
Titre
Devis
Préface
Introduction
BELGIQUE
Les Petits Robins des Toits
François
Une épopée dramatique et inattendue
Happycurien
Laurence
La Grenier Solidaire
Mélanie et Wilfreed
NORVÈGE
Indications préalables
FLAM
Hanny Abibata
Cecilie
Maria
Samreen
Mariama
Friby
Vidar
Unity Spark
Francine
Épilogue
Remerciements
Des monstres parmi nous
L’auteure
Dans les yeux de mon prochain
Copyright © 2022
Published by Éditions NAKUONA Forlag
Cover photo by Damir Grskovic
Cover and book design by Ormstad Multimedia
Translation from Norwegian to French by Martine Vanderheyden and Anne Guégant
ISBN: 978-82-692776-2-3
All rights reserved
No part of this publication may be reproduced or transmit ted in any form or by any means, electronic or mechanical, including photocopy, recording, or any information storage and retrieval system without the prior written consent from the author – Martine Vanderheyden – except in the instance of quotes for reviews.
No part of this book may be scanned, uploaded, or distributed via the internet without the permission of the author and is a violation of the International copyright law, which subjects the violator to severe fines and imprisonment.
www.editionsnakuonaforlag.com
Dans les yeux de mon prochain
Balade réflexive
Martine Vanderheyden
Mon message ? Il n’y en a qu’un, je crois, qui est un cri :
« Partagez ! Donnez ! Tendez la main aux autres !
Gardez toujours un carreau cassé dans vos univers
bien feutrés pour entendre les plaintes qui viennent de l’extérieur.»
Abbé Pierre, 1912-2007
Préface
Dans les Yeux de Mon Prochain est une collection d'histoires de réussites, de personnes qui s'impliquent dans leurs communautés locales tant en Belgique qu'en Norvège. Le livre rapproche ces deux pays, ainsi que leurs liens avec le reste du monde.
Dans notre époque troublée, cela fait du bien de découvrir au travers de ce récit des personnes solidaires, humaines et révolutionnaires. Le livre met en évidence non seulement leurs succès personnels, mais aussi ce que ces personnes mettent en œuvre pour autrui, dans un contexte d’entrepreneuriat social.
Le lecteur pourra découvrir différentes institutions, leurs fondateurs et fondatrices, ainsi que des participant.es.
L'originalité de ce livre réside aussi dans le fait qu'il met en lumière des femmes fortes d'origine africaine, ce qui n'est vraiment pas courant. Dans les essais qui leur sont consacrés autant que dans la sphère publique, les femmes des minorités sont en effet souvent décrites dans une approche à angle unique. Cela tient au fait que le monde de la recherche comme le débat public se focalisent majoritairement sur les problèmes d'intégration. "Dans les yeux de mon prochain"
met en lumière des femmes d'origine multiculturelle qui réussissent, ainsi que les atouts qu’elles représentent pour nos sociétés.
Irène Kinunda Afriyie
Auteure et spécialiste des questions
relatives à l'immigration
Bergen, Norvège, septembre 2022
Dans ce monde bien sombre, où la loi du menteur et de l’oppresseur semble toujours être la meilleure, il m’a semblé urgent de mettre à l’honneur des associations belges et norvégiennes, qui font, au quotidien, un travail sensationnel et pas toujours (re)connu, pour faire de nos sociétés meurtries des havres de reconnaissance et de bonté.
A l’époque où j’ai commencé ce projet (en janvier 2022), je venais de démissioner de mon travail car j’y étais quotidiennement malmenée par des collègues (1). Je ne savais plus trop quoi faire pour redonner un sens à ma vie. Le harcèlement, même chez les adultes, n’est jamais à prendre à la légère. La guerre en Ukraine n’avait pas encore éclaté et la loi anti avortement, gagnée de si haute lutte par nos mères, nos tantes, et nos soeurs, n’allait pas encore être abrogée aux Etats-Unis. Elle l’a été quelques jours après mon dernier interview.
Je me suis souvenu de différentes associations belges et norvégiennes qui font un travail formidable afin de rendre nos sociétés plus justes et plus chaleureuses. J’avais un plan : les contacter et leur expliquer mon nouveau projet littéraire. Nous allions nous rencontrer, physiquement ou en échangeant par téléphone, je leur demanderais de me parler de leur façon de fonctionner, de l’impact de leur engagement dans la vie des personnes qu’elles rencontrent tout comme de l’impact de ces personnes dans leur association. En gros, j’avais envie de mettre en avant la richesse et la nécessité de ces cercles vertueux, à contrario des cercles vicieux, bien trop présents dans nos sociétés et dans les médias.
Naïvement, j’avais imaginé que ces associations répondraient favorablement à mon invitation. La non-réponse de certaines d’entre elles constitua une forme de réponse. Le faux enthousiasme des autres, sans suite, me renseigna de même.
Décidée à ne pas me décourager, j’ai alors contacté des structures plus petites, finalement plus proches de moi géographiquement et, comme j’allais le découvrir, plus proches de moi humainement aussi (2). J’ai prié l’univers de «m’envoyer des personnes merveilleuses». Et... je n’ai pas été déçue !
Au départ donc, j’avais pensé interviewer les fondateurs.rices de ces différentes associations, ainsi que leurs participant.es, afin d’entrecouper les témoignages pour faire apparaître le cercle vertueux dont ils.elles sont les acteurs.rices. Cela a été possible pour deux associations. Mes échanges avec elles ont montré par la suite qu’il était plus intéressant de me laisser simplement guider, de me laisser porter par les différents témoignages qui m’étaient si généreusement offerts.
Chaque participant.e a été invité.e à répondre à sept questions simples et ouvertes,qui me sont venues à l’esprit spontanément. Je voulais démontrer que chaque personne, avec son histoire personnelle et ses talents propres peut, du jour au lendemain, décider d’ «être ce changement qu’elle veut voir sur notre planète».
Ces rencontres ont eu lieu en face à face ou par téléphone.
Voici ce que je leur ai demandé :
1) Qui es-tu ? D’où viens-tu ?
2) Parle-moi de ton éducation, de ce qui te fais vibrer.
3) Quand tu te regardes dans le miroir, qui vois-tu ?
4) Qui est ton prochain ? Quand tu le.la regardes dans les yeux, qui vois-tu ?
5) Parle-moi de ton association.
6) Quel impact, quelle influence a cette association sur toi, sur ta vie de famille ?
7) Que voudrais-tu dire à l’enfant qui est en toi ?
Ce livre n’est ni une enquête journalistique, ni une étude sociologique, il ne correspond à aucune forme «classique». Je le conçois comme une balade réflexive, que je souhaite partager avec vous, cher lecteur, chère lectrice.
Ce livre est ma réponse positive à un évènement qui ne l’était pas. Je l’ai écrit pour témoigner d’une envie irrépressible de me tourner, encore et toujours, vers ces personnes lumineuses dont on parle trop peu, qui se battent tellement pour une société plus juste, plus belle, plus inclusive. Ce livre, il est mon envie de vous dire : « Vous aussi, allez vers elles ! Elles sont comme vous, tout près de vous. Elles n’attendent qu’une chose : que vous veniez frapper à leur porte, humaine et authentique.»
Ce livre, j’espère de tout coeur qu’il leur plaira, et qu’il vous parlera.
__________
(1) « Vous pourrez lire en fin d’ouvrage la lettre « cri du cœur » que cette douloureuse expérience m’avait inspirée en novembre 2021. Je l’ai intitulée « Des monstres parmi nous ».
(2) En Norvège : les villes de Sandnes et de Stavanger. En Belgique : les villes de Verviers, Bruxelles et Welkenraedt.
BELGIQUE
Les Petits Robins des Toits
À propos de l’organisation
« Après 6 mois d’une incroyable solidarité entre sinistré.es et bénévoles, nous espérions que beaucoup plus de personnes auraient retrouvé un logement décent. Si des familles (source : page Facebook des Petits Robins des Toits) sont relogées, beaucoup restent sans solution. Avec l’hiver, le froid et l’humidité, trop de personnes sont toujours en danger, trop de familles vivent dans des endroits insalubres, voire dangereux.
Alertés par des familles en détresse, nous sommes plusieurs citoyen.nes à dénoncer ces situations pour apporter des solutions de relogements aux sinistré.es de Wallonie. Nous avons été reçus par les ministères concernés, nous avons été entendus. Ils nous soutiennent dans notre action. Les médias relayent notre initiative.
Nous sommes de simples citoyen.nes (et non un organisme officiel) qui voulons aider les sinistrés. La solidarité ayant fait ses preuves dans d’autres problématiques liées aux inondations, nous sommes convaincus qu’avec les pouvoirs locaux et d’autres bénévoles, nous continuerons à reloger un maximum de familles. Des hommes, des femmes, des enfants, qui méritent de retrouver la sécurité d’un foyer familial.
Merci pour l’aide que vous pourrez apporter à ce groupe et courage à tou.te.s les sinistré.e.s de Wallonie !!! »
(source : page Facebook des Petits Robins des Toits)
François
Fondateur, Les Petits Robins des Toits
Entretien téléphonique, Pepinster, 08.02.22
Moi : Qui es-tu ? D’où viens-tu ?
François : Je suis belge d’origine tchèque et espagnole. Je suis photo-reporter, social, humanitaire, révolutionnaire et freelance.
Moi : Parle-moi de ton éducation, de ce qui te fait vibrer.
François : C’est un peu compliqué. J’ai dû vivre en pensionnat de l’âge de quinze ans et demi jusqu’à mes dix-huit ans. J’ai travaillé ensuite comme serveur, barman, puis j’ai commencé à faire des reportages. Mon séjour en Syrie m’a retourné la tête… Après mon retour, j’avais décidé de ne plus faire de reportages. Puis, les « Jeunes pour le climat » m’ont invité à venir marcher avec eux et à prendre des photos. Depuis, je suis passionné par l’écologie ! J’ai pas mal de casquettes ! Je suis producteur bio textile, et m’engage pour la cause des migrants, des défavorisés.
Moi : Tu es une âme libre. Je peux dire ça ?
Francois : Oui, exactement. Je suis un citoyen du monde avant tout. Les frontières sont une invention humaine. Je suis un grain de sable positif. Les gens devraient trouver cela normal de s’engager pour les autres. Ils ne devraient pas me « féliciter »
Moi : Quand tu te regardes dans le miroir, qui vois-tu ?
François : J’essaye toujours d’être joyeux. Pourtant, tous les problèmes du monde m’attristent. Je me regarde dans le miroir quand je suis pensif.
Moi : Qui est ton prochain ? Quand tu le.la regardes dans les yeux, qui vois-tu ?
François : Je pense à toutes celles et à tous ceux qui se battent pour un monde meilleur. Je pense à ma petite soeur de coeur, Adelaïde Charlier. Je pense à Greta Thunberg, au docteur Mukwege. Ce sont des personnes au-dessus de nous, qui nous montrent l’exemple. Ce sont aussi celles qui se battent avec nous, qui sont à nos côtés. Heureusement qu’il y a des Sages !
Moi : Parle-moi des Petits Robins des Toits.
François : C’est un groupe qui s’est créé assez naturellement après les inondations (les inondations de juillet 2021 en Wallonie ont été les plus meurtrières de l’histoire du pays). Après huit mois, on pensait que la situation se serait améliorée mais elle s’est détériorée. On est allés trouver les ministres. Mais rien ne changeait, n’évoluait. On connaissait personnellement des sinistrés et on a tapé du poing ! Après être passés dans la presse, un logement social s’est « miraculeusement » libéré. Puis, on a été dépassés par les demandes. On a envie d’aider tout le monde. Et au moment de créer notre association, je me suis souvenu que j’avais toujours adoré Robin des Bois (nous rions tous les deux) ! Et c’était parti !
Moi : Quel impact, quelle influence a cette association sur toi, sur ta vie de famille ?
François : Avant les inondations, j’avais une vie sociale intense. Mais depuis, je suis vraiment pris par cette nouvelle mission et je sais que cela concerne énormément de bénévoles. Tu sais, quel que soit leur milieu social, beaucoup s’engagent sans nécessairement en parler autour d’eux ; surtout les personnes qui viennent d’un milieu aisé.
Moi : Ah bon ? Pourquoi ?
François : Parce que c’est mal vu. Dans certains milieux, la pauvreté est mal vue. La désolation des sinistrés nous empêche de dormir… Les politiciens ne font rien ! Vingt-cinq millions d’euros, c’est dérisoire au vu du désastre ! C’est pour cela que nous avons ouvert une maison ! C’est le désepoir qui nous y a poussés ! Cette maison appartient à une société de logements sociaux. (cfr article l’avenir.net du 07.02.22).
Moi : Que voudrais-tu dire à l’enfant qui est en toi ?
François : Reste un enfant. Garde ton âme d’enfant. Ne te prends pas trop au sérieux car ceux qui le font sont ceux qui nous détruisent.
Moi : Merci beaucoup François et bonne continuation !
François : Merci à toi !
