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Des poèmes qui s'égrènent au cours des ans, un amour aux couleurs mêlées de corail et d'édelweiss, les méandres de la vie entre lumière et ombre, passions et désespoirs, et un périple dans les dédales mystérieux du désir d'enfant. Si nous comptons nos malheurs, ils enflent et se multiplient, si nous les mettons en vers, la poésie en éclaire la cime et nous emporte au-dessus des nuages.
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Seitenzahl: 47
Veröffentlichungsjahr: 2021
A mon Aimé, ce diable d’Eden, ce poète de la ferraille, ce mufle à la rose, cet ange noir, mon oxymore.
Charade d’amour
Appel pour une Nation Permettant l'Espoir ANPE
Mathématiques de l'amour
Qualité : femme !
Et la Femme créa l’Homme
Maternitude
A mon bébé pas né
J'ai rêvé un rêve
Veuve noire.
Le vingt-huitième jour
Deuil en blanc
Le fleuve tumultueux de la vie
Cicatrice
Tremblement de mère
La Mort
La mort en noir
Hommage au photographe
Alice
L’humain, une couleur de toutes les couleurs
L’Anarchie,
L'amour encore, ne vous en déplaise
70 ans de mariage, un roman à l'eau de vie
L'amour toujours, rime de rêve
Page blanche
Mon premier c’est toi car tu m’as créée femme
De tes caresses et de ton souffle
De feu
Mon premier c’est toi
Lorsque nous accouchons l’un de l’autre
Lorsqu’en tes bras j’éclos, lorsqu’à mon sein tu prends naissance
Toi mon aimé toi mon aîné
Tu es né de moi éternellement
Tu es mon nombril du monde !
Et mon deuxième c’est toi, toi ma distance
Tu es mon deux, mon face à face, ma différence,
Mon étranger,
Tu es mon autre
Et mon second qui me seconde,
Mon cousin du bout du monde,
Un voyage au fond de ma nuit
Tu es ma galaxie.
Toi mon troisième enfin tu es le père de mes enfants,
Tu es l’absent à qui je pense et pense
Sur qui repose tous mes désirs,
L’écrin clair-obscur de notre avenir,
Tu es l’espoir d’un autre monde,
Ma révolution, mon levain,
Celui qui souffle, en ma vie, du divin,
Tu es l’amour enfin.
Tu es mon Un, unique et essentiel,
Tu es mon deux, mon lointain si cousin,
Tu es ma troisième dimension,
Tu es mon tout,
Mon début et ma faim
De vivre.
1985/ 2011
J'ai appris la mer
Sur ton corps salé émergeant des vagues.
J'ai appris la mer
De ma langue gourmande parcourant le relief de ta poitrine large,
Séjournant en ce creux qui soupire en son centre.
J'ai léché longuement le sel
Sur ton cou, tes bras, tes lèvres,
J'ai mis tout mon soin à te goûter et te parcourir,
J'ai dit : tu ne seras plus jamais
Ours mal léché…
Et toi tu m’as nommée chèvre
Dévalant sur ton rire au milieu des rochers.
J'ai découvert alors la mer
De mes désirs
Et j'ai soif de toi.
Et j'ai pu goulûment boire à la vie
Parce que j'ai toi-f.
Soif et boisson, tu es mon désir et son contentement.
1982.
Et c'est sur ton corps aussi que je suis allée à la recherche de ton Arabité, que je l'ai apprise et balbutiée de mes mains, de mes yeux, de mes sens attentifs.
Arabes tes cheveux, toison aux boucles noires où éclate notre différence puisque si raides sont les miens. Avec un seul point pourtant de mon corps qui lui ressemble et ta toison devient alors la porte de mon univers enfoui, le voile de tout le bien, de tout le mal, de l’inconnu, du diable qui te prend, de l'ogresse qui m’habite, les boucles de tous mes désirs et de toutes mes angoisses.
Arabes tes longs cils, ou bien le noir de tes yeux ?
Arabe ton regard, profondeur et clarté de vie et de mort, chaleur et froideur de ta fierté sauvage.
Arabes tes lèvres, parce qu'elles sont le baiser de ta tante.
Arabe, c'est basané, disent-ils.
Pourtant je ne parlerai pas de la couleur brune de ta peau mais de tes mains, pour essayer de comprendre ce que je pressens de leur profonde arabité,
la paume de tes mains, albâtre longuement érodé et poli, les lignes de tes mains, tracées et marquées profondément depuis des millénaires dans une écriture très ancienne qui me serait totalement inconnue, tandis que les miennes paraissent roses et pâles et leurs lignes fragiles, à peine dessinées, comme une aurore qui s'ébauche.
Arabes, peut-être est-ce incongru de le dire ?
Arabes tes fesses, dont mes caresses apprennent le granulé, la texture unique, l'aspect pigmenté. Et je plonge dans des paysages écrasés de soleil et je m'enfouis dans le sable fin de plages infinies.
Et bien sûr, je parlerai de lui aussi,
arabe ton petit bonhomme à la tête haute,
propre et net comme au sortir du hammam,
mon petit garçon qui se dresse tout nu pour l'aube de notre fête,
pour le baptême de notre plaisir
à qui par aspersion tu donnes son nom,
et que je circoncis pour notre reconnaissance.
1980.
Ton prochain tu aimeras
C’est mon lointain que j’ai aimé.
Toi mon cousin du bout du monde
Lointain de tes cheveux bouclés,
Lointain de ta peau sombre
Lointain de ton arabité
Toi mon aimé si mal aimé
Fuyant ma tendresse éclatée
Fuyant ton amour qui t’affole
Toi mon aimé si mal aimant
Lointain par nos combats et nos ruptures
Toujours recommencées
Lointain je t’aime, mon étranger.
Ton prochain tu aimeras
C’est mon lointain que j’ai aimé.
Toi ma douleur pour te fuir
J’ai voulu choisir ton contraire.
Il était blond, il était clair
Venu du Nord et de la mer.
J’ai voyagé sur mes désirs
Dedans son navire de viking
Traversant les terres et les îles
Dans son hiver je t’ai trouvé,
Toi mon été.
Ton prochain tu aimeras
C’est mon lointain que j’ai aimé.
Pour t’oublier je t’ai cherché
Dans tous ceux qui te ressemblent
J’ai pardonné à l’ami tendre
Ce qu’en toi je condamnais
Et j’ai vibré à ses poèmes
Comme je vibrais à tes caresses.
