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Une écrivaine s'essaie à la science fiction sous le contrôle d'un ami écrivain. Elle propose 3 ébauches, une révolte populaire tout à coup emportée dans un tremblement de mots, puis une situation de pandémie avec l'apparition d'un syndrome qui contamine la pensée, enfin un génocide justifié par une découverte informatique redoutable. Une réflexion sur l'absurde et sur la perversion du langage en crescendo à travers les grands évènements de ces dernières années, gilets jaunes, dictature sanitaire, génocide. Quand le vrai s'avère invraisemblable.
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Seitenzahl: 30
Veröffentlichungsjahr: 2025
Quand ils sont venus prendre les jaunes, je n'ai rien dit, je me méfiais du jaune, Quand ils ont exclu les complotistes, j'ai ricané, moi je suis réaliste. Et quand ils ont emprisonné les résistants, j'ai applaudi, je suis obéissant. Mais aujourd'hui qu'ils sont là pour me prendre il n'y a plus personne pour me défendre.
Librement inspiré de Niemoller
Si tu te demandes ce que tu aurais fait en 1942, regarde ce que tu fais aujourd'hui.
Chère amie, Tu me dis que tu souhaites te diriger vers un travail de science-fiction et tu me demandes des conseils. J'en suis un peu surpris et content que tu t'intéresses à ce genre littéraire si riche. As-tu déjà des idées, des pistes, des personnages ?
La science-fiction donne libre cours à l'imaginaire mais comme extension du réel. C'est une extrapolation de ce qui pourrait arriver, une déduction du présent vers le futur.
Que te dire de plus ? Le mieux est que tu te lances et qu'on en parle après.
Je te lirai avec plaisir et te donnerai mon avis en toute franchise.
La vie en jaune
Syndrome dû qu'au vide
C'est tout simple : on met nos gilets de visibilité sur nos pare-brise en signe de protestation. C'est rigolo, même. Puisqu'on est obligé d'avoir ces foutus gilets dans nos voitures, on les montre ! Une certaine façon de faire un pied de nez au règlement. En plus, puisque la consigne c'est de les sortir en cas de danger, on se déclare en danger. Et on l'est ! Avec nos maigres salaires, on a de plus en plus de mal à finir le mois et voilà qu'on va devoir en consacrer une grande partie au carburant. On travaille pour gagner nos vies mais ce qu'on gagne, on le dépense pour aller travailler ! Et quand on élit un politique sur un programme, il fait autre chose. C'est plus possible !
Delphine rejoint le rond-point de sa petite ville ce jour-là sans trop savoir à quoi s'en tenir. Elle n'a pas osé en parler à sa copine Marlène qui galère de plus en plus pour élever seule son enfant. Jamais elle n'a vu autant de monde à cet endroit. Les rues sont jaunes de monde, dira quelqu'un, et en effet chacun porte son gilet fluo, certains agitent des drapeaux. Aïe aïe aïe, surtout des drapeaux français ? Delphine ne supporte pas le nationalisme, foyer de toutes les guerres. Qu'à cela ne tienne ! Elle emprunte un feutre et sur son gilet trace en énormes caractères : "Gilets jaunes de tous les pays, unissons-nous". Un peu surréaliste, comme slogan, un gilet promu au statut d'être humain ! Mais c'est une belle entourloupe à la soi-disant couleur de peau noire ou blanche. L'effervescence est à son comble, on se parle, on rit, on échange. Comme si le monde s'était fait humain. Elle aperçoit un drapeau noir et se dirige droit dessus. Des anars ici, ça ne se rate pas ! C'est Eva, une prof de français à la retraite. Ici on se parle, on se tutoie. Soudain l'info qu'une femme a été renversée et tuée par un automobiliste à Pont de Beauvoisin fuse comme une traînée de poudre. Mais alors, qu'est-ce qui nous attend ?
Ce qui nous attend ? Une deuxième morte, par flashball, 353 blesséEs à la tête, dont 30 éborgnéEs, des mains arrachées. Mais nous ne le savons pas. Violence des manifestants, titreront ce soir les médias.
