Derrière la porte - Claudia Robert - E-Book

Derrière la porte E-Book

Claudia Robert

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Beschreibung

"Derrière la porte" est un récit de vie sous forme de confidences, un tête à tête avec le lecteur. L'auteure y décrit le choc, le violences des gestes et l'incompréhension. À travers ses mots de l'enfance se dévoilent l'horreur et la peur. Puis la mort s'installe, lente, insidieuse et sournoise. Elle s'agrippe et s'agglutine. Un chemin vers une condamnation à perpétuité. Dans la seconde partie l'auteure évoque le temps que d'aucuns nomment déni. Un temps en suspens, pour oublier le passé, la mise en cage des souvenirs, un processus de survie. "Survivre, c'est comme des soins palliatifs que l'on s'octroie en attendant la mort." Dans ce temps suspendu, chaque jour devient un combat pour survivre. "Un monde lugubre, sinistre et douloureux qui m'apostrophe sans répit. Un monde qui réclame sa rente à coups de hache." Drogue, alcool sont autant de palliatifs aux pensées morbides. "La fosse aux souvenirs" est là, présence obsédante. La troisième partie ouvre la porte d'une renaissance et les repères d'une enfance bafouée volent en éclat. Des vérités explosent en pleine face. L'auteure nous interpelle ainsi sur les conséquence de l'inceste pour l'enfant devenu adulte. Les déséquilibres identitaires et relationnels, les tourments liés à la sexualité, son hypersexualité par exemple. Un cheminement vers la restauration de son identité se dévoile peu à peu. Révélant sans tabou son homosexualité cette quête se poursuit malgré son manque d'estime et son absence de racines. C'est alors que commence son parcours militant contre l'inceste. Durant dix huit mois son engagement la conduit à lutter contre l'aveuglement sur les méfaits de l'inceste, chez les politiques, les acteurs sociaux, les journalistes... Ce combat la conduira au fond du gouffre, ravagée par l'assaut barbare des souvenirs sans cesse ravivés. Elle comprend alors qu'il lui faut du temps pour, à son tour, reconstruire l'édifice dévasté de son histoire. Pour renaître.

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Seitenzahl: 130

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Remerciements

À toutes les personnes qui m’ont soutenue et encouragée

à poursuivre ce travail d’écriture.

À mes enfants.

À toi Hélène qui illumine mes jours.

À tous les survivants

Sommaire

PREMIÈRE PARTIE : L’INCESTE

Chapitre 1 : Au commencement

Chapitre 2 : Mes géniteurs

Chapitre 3 : L’école

Chapitre 4 : La tête dans les nuages

Chapitre 5 : Assassins

Chapitre 6 : La Chose...

Chapitre 7 : Tic-tac

Chapitre 8 : Ma fratrie

Chapitre 9 : La grande illusion

Chapitre 10 : Élisabeth et Margaret

Chapitre 11 : L’espoir

Chapitre 12 : Le charognard

Chapitre 13 : Le trou noir

Chapitre 14 : Oxygène

Chapitre 15 : Nouveau départ

Chapitre 16 : L’ironie

Chapitre 17 : N.

Chapitre 18 : Désagrégée

Chapitre 19 : Elle

Chapitre 20 : Paris

Chapitre 21 : La dernière danse

Chapitre 22 : Rendez-vous manqué

DEUXIÈME PARTIE : SURVIVRE

Chapitre 23 : En suspension

Chapitre 24 : Être ou ne pas être

TROISIÈME PARTIE : RENAÎTRE

Chapitre 25 : Débauche

Chapitre 26 : Renaître

Chapitre 27 : Mutilée mais vivante

ÉPILOGUE

PRÉFACE

Alors que le sous-titre ne laisse aucun doute sur le contenu – L’inceste, survivre et renaître – le titre est plus ambigu : Derrière la porte. On se demande ce qu’il peut bien y avoir derrière cette porte.

Il est plusieurs fois question de portes qu’on ouvre ou qu’on ferme : « Le grincement d’une porte qui s’ouvre », « Inconsciemment, je venais d’ouvrir une porte », « Libérer la parole avait ouvert une porte », mais plus que tout, le titre fait penser à ce qui, dans le livre, rôde dans les couloirs, la nuit, et qui ferme la porte derrière soi avant d’enfreindre, encore et encore, toutes les lois de l’humanité :

Les intrusions sont brutales. Répétées. Elles figent mon esprit. Arrêt sur image. Un temps entre parenthèses où je laisse des mains étrangères parcourir mon corps. En mode pause, j’attends qu’elles finissent leur besogne. J’attends l’instant suivant. Celui où je vais reprendre vie. Reprendre ma vie d’enfant. Oublier ses visites assassines… Pour quelques heures. Quelques jours.

Compte tenu du sujet, rien d’étonnant à ce que le récit soit dur à digérer. Le lecteur tombe d’étage en étage lors de sa lecture des atrocités vécues par l’auteure du texte, mais plus d’une fois, la poésie vient adoucir la chute :

Assise au bord de l’océan Je regarde mes larmes tomber dans les flots Et s’éloigner à l’horizon

Assise au bord de l’océan Je balance mon chagrin d’en haut Il ne m’aura plus ce charlatan !

Sans ménagements pour le lecteur, mais sans non plus faire étalage, Claudia Robert dépose son vécu, son récit de vie, et pose plusieurs questions essentielles face au traumatisme de l’inceste : des questions qui touchent autant à la survie pure (mais pas simple) – pensons à cette belle citation « Ma vie ressemble au balancier d’une horloge. De gauche à droite, elle me ramène sans trêve à mon quotidien. Pas à pas. Un jour, je suis une petite fille, un autre je suis une poupée. Tic-tac, tic-tac » – qu’à la sexualité, la vraie, désirée, et non pas celle imposée par les agresseurs. La beauté de la découverte de l’autre quand le désir est réciproque, quand les corps et les esprits ne font plus qu’un !

Mais ce serait trop simple si l’histoire s’achevait là, sur cette belle note. Trop simple quand l’on a été meurtri et qu’il y a un « cadavre qui reste à l’intérieur de soi ». Aussi, bien que la découverte de la sexualité apporte un certain degré de douceur et qu’elle semble être la réponse à au moins une partie des agressions sexuelles incestueuses, elle ne résout pas tout, loin de là. Pour se libérer, pour « renaître », il faut d’abord libérer la parole. Mais est-ce assez ? Suffit-il d’ouvrir la porte et de libérer la parole pour laisser le passé derrière soi ? Non. Et c’est ce que j’apprécie particulièrement dans ce récit (de vie ? de survie ? de la vie après la survie ?), c’est qu’il n’apporte pas de réponse toute faite. Il ne prétend pas donner de sens au non- sens, il ne donne pas de solution miracle, même s’il y a aussi, fort heureusement, des éléments qui mènent à un mieux-être et, on veut le croire, une certaine forme de renaissance.

Michaela Châteaux

AVANT-PROPOS

L’inceste.

Parce qu’on ne sort jamais indemne de l’inceste...

L’inceste n’est pas une simple égratignure sur l'âme. L’inceste est un meurtre. Un meurtre de l’intérieur. Il ronge, broie et assassine. L’inceste est un meurtre sans cadavre.

Si certains parviennent à survivre à cette violence aux ravages irréversibles, le plus difficile reste à faire.

Parvenir à « renaître ».

INTRODUCTION

Il ne subsistait de mon enfance que des poésies consignées dans des cahiers, entrecoupées de confidences écrites au fil du temps. Sans le savoir, au travers de ces mots déposés jour après jour sur le papier, je dessinais l’esquisse de ce qui deviendrait mon récit de vie.

J’ai cinq ans

Et je voudrais mourir.

J’ai cinq ans

Et je voudrais m’enfuir.

Loin, très loin.

Là où les portes ne sont pas fermées

Où les regards ne sont pas détournés.

Là où je ne serai plus seule avec ma solitude

Et mes incertitudes.

Là où quelqu’un voudra me croire

Et entendre mon désespoir.

Pour enfin sortir de l’ignorance

Et hurler mes souffrances...

Les livres que le monde appelle immoraux sont ceux

qui lui montrent sa propre ignominie.

Oscar Wilde

Et les mots posés là,

Sans aucune loi ni morale

Abruptes de sens

Claquent dans l’absurdité du silence,

Plus tranchants à chaque pas...

PREMIÈRE PARTIE

L’INCESTE

Quand le soleil se couche...

.1.

Au commencement

Lundi 18 janvier 1971

Il fait froid. Le ciel est gris. Une voiture passe. Puis une autre. Un chien errant longe les murs de la ville. Son museau rase le sol. Bientôt, il trouvera l’odeur subtile qui le poussera à marquer son territoire. Sur le trottoir d'en face, une vieille femme, tête baissée et dos courbé, traîne son chariot de courses. Quelle a donc été sa vie ? Qu’importe. Tout le monde s’en fout. Elle passe et puis c’est tout. Personne ne saura pourquoi son dos est fracassé. Personne ne saura l’histoire qui se cache derrière les sillons creusés de ses rides.

Soudain, une infirmière court dans le couloir. La vie s’affole. Un homme frappe l’enfant qui ne respire pas. Et brusquement, un cri. Suivi d’un deuxième.

L’enfant est là, il vit. C’est une fille...

Voilà, je suis née ce jour-là.

En principe...

Seulement en principe.

.2.

Mes géniteurs

Accident de parcours ou accident de la vie, qu’importe, je n’en demeure pas moins un accident. Petite chose débarquée là par inadvertance, comme mes trois frères avant moi. La plupart des personnes appellent leurs parents « papa-maman », pour moi, ces mots sonnent tellement faux que je n’y parviens pas. Trop dénaturés de sens. Comme des intrus dans mon vocabulaire...

Ma mère ne prenait pas la pilule. Vous vous demandez pourquoi ? Parlons donc de mes parents. Peut-être cela vous aidera-t-il à comprendre mon histoire.

Mon père... Sa vie ? Pour moi, une grande nébuleuse. Sur le meuble de la salle à manger, durant des années, la photo noir et blanc de son propre père est restée là, posée dans l’éternité. Il était décédé, foudroyé par une crise cardiaque, laissant derrière lui cinq enfants. Mon père n’avait alors que quatorze ans.

Comment vit-on la mort d’un parent ? Je regardais cette photo et je m’imaginais la vie de cet homme. Ce grand-père que je ne connaissais pas. Qui était-il ? Était-il bon ? Était-il aimant comme ma grand-mère ? Mes questions, ensevelies dans le silence, restaient sans réponse. Personne ne disait jamais rien.

Mon père avait alors quitté l’école et comme ses aînés, il était parti en apprentissage. Trop jeune pour quitter le foyer familial, il demeura avec sa mère et sa petite sœur, âgée de cinq ans.

Ma mère quant à elle, née d’un père alcoolique et d’une mère inculte, fut confiée à sa grand-mère dès la naissance, comme ses six frères et sœurs. Bien loin de l’univers citadin de mon père, elle grandit à la ferme, au milieu des vaches, des poules, des lapins et autres animaux de basse-cour. Image bucolique me direz-vous ? Non. Seulement la misère. Nue. Crue. Sans eau ni électricité. Et des corvées qui s’enchaînaient sans relâche. Quel que soit l’âge des bambins.

Un dénuement qui ne laissait de place ni à l’amour ni aux démonstrations de tendresse. Ces sentiments avaient-ils seulement existé un jour pour ces enfants ? Pas sûr. Impossible d’imaginer qu’ils aient été conçus par amour. Non. Juste une procréation, comme des animaux qui forniquent, mettent bas et dont les petits, s’ils ne sont pas tués à la naissance, sont livrés à leur sort. Am, stram, gram, pic et pic et colégram, survivra celui qui sera le plus fort... Les souvenirs de famille, encore évoqués des décennies plus tard, témoignent de la dureté de cette existence. Sans parler du sentiment d’abandon qui marqua à vie toute la fratrie dont l’instruction s’était arrêtée au certificat d’études.

Dans leur existence désertique et démunie, mes parents ont un point commun. Ils sont cousins. Cousins germains. Ont-ils conscience de l’anormalité, pour ne pas dire l’immoralité de leur relation ? Les membres de la famille s’interrogent, ne comprennent pas mais personne ne dit mot. Ma mère est enceinte. Le piège est déjà scellé.

Le silence est devenu maître à bord. Le tabou de l’inceste, son disciple.

Fonctionnaire dans les chemins de fer, mon père a suivi la voie paternelle. Mon père est un homme ambitieux. Enfin, disons surtout que c’est un véritable bosseur. Il travaille en équipe, de jour comme de nuit, selon les variations et les besoins. Et s’il n’est pas sur un chantier, il étudie pour passer des concours en interne. Une seule idée en tête : gravir les échelons pour aller toujours plus haut. C’est peut-être pour cela que j’ai l’impression de ne pas avoir de père. Il est bien trop absent. Devenu technicien supérieur de la voie ferrée, il contrôle l’état des voies pour que les trains puissent circuler sans risque. Il veille ainsi à la sécurité des passagers et croyez-moi, il prend ses responsabilités très au sérieux. C’est qu’il en a vu des trains abîmés ! Des wagons qui n’étaient plus qu’amas de ferrailles totalement disloquées. Des tôles broyées, déchiquetées. Un jour, alors qu’il était encore apprenti chargé du découpage des trains accidentés, il a même trouvé dans l’un d’entre eux une main en décomposition...

Ma mère ne travaille pas, cantonnée au rôle de femme au foyer. Un choix de sa part ? Pas sûr. Disons que les trois grossesses qui ont suivi la première en l’espace de cinq ans ont conduit mes parents à prendre une décision « logistique ».

Quatre bambins, ce n’est pas rien, surtout avec l’un de mes grands frères, handicapé moteur cérébral. Ma mère se retrouve vite dépassée par la gestion de sa famille nombreuse.

L’intendance n’est pas son fort. Heureusement, mon père peut compter sur sa sœur aînée qui prend le relai de temps en temps pour mettre un peu d’ordre dans l’appartement. Un trois-pièces qui, au fil des naissances, est devenu une sorte de placard étriqué. Mais désormais, cela ne sera plus un problème car nous déménageons.

Du haut de mes deux ans, enfin, presque trois, notre nouvelle maison ressemble à un palace. Au rez-de-chaussée, cuisine, salle-à-manger, salle de bain et deux chambres. Celle de mes parents et celle de mon arrière-grand-mère. Elle vit avec nous maintenant que mon arrière-grand-père est décédé.

Mes parents n’ont pas voulu la laisser seule chez elle. À l’étage, les pieds nus sur le parquet en chêne, je sens la chaleur du bois sur ma peau. J’aime ce toucher. Doux. Chaud. Soyeux. Mes frères se partagent la plus grande chambre. Plus tard, dans les combles du grenier, mon père en fera une autre, mais pour le moment, c’est ainsi. Moi, l’unique fille de la tribu, j’ai le privilège d’en avoir une pour moi toute seule. La première à droite, en haut de l’escalier en bois. De la fenêtre qui donne sur l’arrière-cour, je vois en contre-bas le toit des maisons avoisinantes et sur la droite, le pigeonnier de notre voisin. Le soir venu, je me régale devant le spectacle ailé au retour des volatiles sifflés par leur maître. À table... dit-il.

Vous savez quoi ? J’adore ma chambre. Vraiment. J’adore notre nouvelle maison. Son grand jardin bordé de lilas et de rosiers. Le cerisier sans âge, vénérable sentinelle dressée devant la fenêtre de la cuisine. Un abricotier ombrage le salon et l’allée de grands frênes m’offre un superbe point de vue sur la ville quand je grimpe tout en haut.

Ici, loin du béton de la cité, c’est un peu comme vivre à la campagne. D’ailleurs, au fond du jardin, poules et lapins cohabitent à l’abri du poulailler attenant au pigeonnier. Chaque jour, j’accompagne ma mère pour ramasser les œufs pondus la veille et je caresse les lapins avec toute la naïveté de l’enfant qui n’a pas encore réalisé que toutes ces adorables petites bêtes finiront dans son assiette...

.3.

L’école

Ça y est ! C’est le grand jour ! J’entre en maternelle. En théorie, je ne devrais pas, car je n’ai pas les trois ans requis.

Mais, je suis propre — quelle question ! — et notre statut de famille nombreuse permet d’obtenir une dérogation de l’Académie. Alors voilà. J’y suis. J’entre dans le monde des grands. Je ne vous expliquerai pas pourquoi ma mère me laisse seule à la porte de l’école. Je n’en ai aucune idée et peu importe. Sophie, ma voisine, est là elle aussi. Avec sa maman.

Comme moi, elle fait sa première rentrée des classes. Perdue dans une forêt de jambes, le temps me semble un peu long, mais je n’ai pas peur. Comment pourrais-je avoir peur alors que j’attends ce jour depuis si longtemps ? Et surtout, j’ai tellement hâte d’apprendre à lire, à écrire et à compter comme les grands. Soudain, j’entends une voix prononcer mon nom et mon prénom. Mon cœur bondit. C’est mon tour ! J’ai bien compris que cela se passe ainsi. J’ai vu faire les autres. Ceux qui savent déjà. Mais j’ai vu aussi les nouveaux, comme moi, s’agripper avec désespoir à la jupe de leur maman, refusant d’aller vers leur maîtresse. J’hésite. J’avance d’un pas, mais je ne vois rien. Je suis trop petite. Ma vue est obstruée par les adultes qui m’entourent. Au bout du troisième appel, ils finissent par comprendre que la petite fille qu’on attend est celle emprisonnée derrière le mur de leurs jambes. Petit à petit, le bloc se désagrège. Je finis par apercevoir devant moi une dame, un sourire chaleureux sur le visage. Elle s’incline à ma hauteur. Son visage est rempli d’affection. Tranquille, je souris à mon tour, glisse ma main dans la sienne et me laisse conduire dans la file indienne où d’autres enfants, la plupart en larmes, se tiennent, deux par deux, main dans la main.

Je ne sais plus ce que j’attendais de l’école, mais dès la deuxième année, je commence à me lasser du découpage et du coloriage. Et que dire des moments de sieste ? L’idée d’aller dormir me désespère. S’attrouper dans la pénombre d’un dortoir, allongés sur des tatamis, très peu pour moi. Pourtant je n’ai pas le choix. Agacée mais résignée, j’attends que la séance