Dis papy - Marcel Navarro - E-Book

Dis papy E-Book

Marcel Navarro

0,0

Beschreibung

Papy Michel est un grand-père comblé. Ses petits-fils, Julien et surtout P'tit Paul dont il est le confident, illuminent son existence. Mais ils ne sont pas les seuls à pousser la porte de sa demeure... "Dis Papy" est un recueil de séquences illustrant l'attitude et les conseils d'un ancien, d'un sage, face à des situations de la vie courante. Une réflexion qui se veut humble sur les moments critiques d'un individu dans sa globalité. Si l'enfance et l'adolescence en sont les intérêts principaux, le monde des adultes n'échappe pas au regard bienveillant de ce senior malicieux et sympathique. Le ton "bon enfant" accompagné d'une touche d'humour favorise en permanence l'échange avec des visiteurs que le grand-père accueille avec plaisir dans son jardin.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern

Seitenzahl: 131

Veröffentlichungsjahr: 2017

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Sommaire

Préface

Le mensonge

Je sais tout !

Petit renardeau

Tu ne peux pas comprendre !

De toutes les couleurs

Dans nos cœurs

Le nouveau

Renouveau

Jalousie

Le complot

Tu crois ?

Douloureuse absence

Allô!

Que de projets !

La boum 1

La boum 2

Liberté

Brouille

La crise

Les cailloux

Avant le départ

Visite surprise

Dure réalité

Grégory

Finies les vacances 1

Finies les vacances 2

En plein travaux

L'inauguration

Mon petit bonhomme

La fugue 1

La fugue 2

P'tit Paul est fâché !

Juju se rebiffe !

La fin des haricots

Papy la tendresse

Préparatifs

Ambiance de travail

La visite

Ça déménage !

Joyeux Anniv' 1

Joyeux Anniv' 2

En famille

Le gros lot

A bientôt !

Index

Remerciements

Préface

de Laurence Gaillard Navarro

Quel enfant ou adolescent n'a jamais rêvé d'avoir un grand-père comme Papy Michel !

Devant ses légumes, sur le banc de pierre ou dans la grange, le sage écoute, rassure, conseille mais ne juge pas. Bien sûr, le vieil homme appartient au passé mais il sait vivre avec son temps ; l'ordinateur a aussi sa place chez lui. Qu'importe ! Les valeurs qu'il transmet sont intemporelles.

La clochette tinte souvent à l'entrée du jardin ! C'est que Papy Michel n'est pas seulement l'interlocuteur privilégié de P'tit Paul et de son frère Julien ; d'autres enfants, des adultes aussi viennent lui confier petits tracas ou gros soucis. Devant une assiette de gâteaux secs, un café, Papy distille les mots qui apaisent ou motivent, puisant dans sa propre expérience et dans celle de ceux dont il n'hésite pas à citer les propos. La musique qui comme chacun sait adoucit les mœurs, illustre volontiers ses paroles.

Dans sa famille, Papy Michel est le dernier représentant de sa génération, le point d'ancrage des plus jeunes mais également un repère stable pour leurs parents qui, dans quelques décennies, prendront sa place.

Nos sociétés occidentales ne font plus suffisamment la part belle aux anciens. Tout va trop vite et l'on ne prend plus le temps de s'arrêter pour écouter « la voix des sages ».

Puissent P'tit Paul, Julien et tous les autres, nous rappeler que les liens intergénérationnels sont essentiels pour permettre à chacun de se construire le plus harmonieusement possible.

Le mensonge

Aujourd'hui, une question trotte dans la tête de P'tit Paul et qui d'autre que Papy Michel peut lui répondre ?

– Dis, Papy, ça existe vraiment des gens qui ne mentent jamais mais vraiment jamais, qui n'ont jamais menti de leur vie ?

– Ouh là là !.. une question bien embarrassante...

– Le maître, à l'école, nous a dit qu'il ne mentait jamais.

– Je ne le connais pas ton maître mais tu en dis tellement de bien... Il était probablement en colère. Vous aviez fait des bêtises ?

– Non, non !..

– Tu n'es pas en train de me mentir P'tit Paul ?

– C'est vrai qu'il n'était pas très content en entrant dans la classe.

– Quelquefois, nos paroles dépassent notre pensée, on s'emballe et...

– Mais,.. est-ce que c'est vrai que certains ne mentent jamais ?

– Et bien... non ! L’homme a le langage, il sait parler, il peut l'utiliser aussi pour mentir.

– Ce n'est pas possible Papy ! Comment tu peux dire ça ?

– C'est très moche de mentir et la plupart du temps, tu perds la confiance de la personne à qui tu as menti.

– Je ne comprends plus Papy !

– Dans certaines circonstances, il est préférable de ne pas dire une vérité trop douloureuse.

– Alors, ce n’est pas toujours mal de mentir !

– Mais on se doit de respecter les autres en ne leur mentant pas.

– J'ai compris, sauf quand on est obligé !

– Et toi, mon p'tit bonhomme, m'as-tu déjà caché la vérité ou une partie de la vérité ?

– Euh...

Je sais tout !

P'tit Paul pousse le portail avec beaucoup d'énergie. La clochette chargée d'annoncer toute visite, en a la danse de Saint Guy...

– Dis Papy ! Ça existe des gens qui savent tout, sur tout ?

– Je ne pense pas, je peux même te dire que non !

– Pourtant quand je te pose des questions,, tu réponds toujours comme si tu savais tout !

– Les gens qui ont la prétention de dire qu'ils savent tout, sont déjà des menteurs et on les appelle monsieur ou madame "Je-sais-tout". Je te réponds avec mon expérience de grand-père mais je suis très loin de tout savoir.

– Mon maître à l'école, il ne sait pas tout ?

– Non ! Et j'en suis certain...

– Comment il peut nous apprendre tout ça, alors ?

– Parce qu'il l'a appris lui-même mais il n'a pas pu tout apprendre. Avant d'arriver en classe, il a beaucoup travaillé, préparé tout ce qu'il allait vous dire, vous apprendre. Il respecte un programme.

– Alors Taty, elle sait plus de choses que mon maître. Dimanche dernier, pour mon anniversaire, elle parlait plus fort et plus longtemps que les autres. Tout le monde l'écoutait sans rien dire comme à l'école.

– Oui et alors ?

– Oui mais vous êtes des adultes. Vous savez tous beaucoup de choses.

– Tu sais mon bonhomme, je connais Taty et je l'aime bien. C'est ma sœur. Elle a besoin d'attirer à tout prix l’admiration des autres.

– Pourquoi elle fait ça ?

– Les gens qui réagissent comme elle, ont souvent un manque de confiance en eux et ils ont besoin de se mettre en avant...

– Je comprends Papy !

Petit renardeau

P'tit Paul pousse le portail du jardin de Papy. Il sautille en brandissant fièrement une image, il est tout joyeux. Papy qui avait entrepris de cueillir les fraises, se relève péniblement !

– Tu m'as l'air bien ragaillardi ce matin ! C'est quoi, cette image ?

– Je l'ai eue hier à l'école . C'est une récompense !

– Oh, que c'est mignon, un tout petit renardeau. Mais, c'est quoi toutes ces opérations au verso ?

– Je me suis trompé... Tu crois que c'est grave Papy ?

– Mais non, ce n'est pas grave ! Ce renardeau fera peut-être de longues études scientifiques comme toi. C'est bien ce que tu veux faire ?

– Oh oui !

P'tit Paul fixe longuement son image puis subitement :

– Dis, Papy ! Comment on fait les bébés ?

– Eh bien une renarde a rencontré un beau renard à son goût. Il y a eu un accouplement...

– Un accouplement, c'est quoi Papy ?

– Eh bien, pour faire des bébés, le renard met son zizi dans la zézette de la renarde...

– Et après ?

– La maman renard a attendu son petit renardeau pendant plusieurs mois.

– Et il était où son petit bébé pendant tout ce temps ?

– La renarde l'avait dans son ventre et un jour, quand il était assez grand et prêt pour sortir à l'air libre, et bien, il est né. Elle lui a donné la vie comme on dit !

– Et pour moi, c'était comment ?

– C'est presque pareil ! La différence c'est que les humains éprouvent des sentiments et tombent amoureux. Ils choisissent le moment pour faire un bébé.

– Alors moi aussi, je peux faire un bébé avec Louise ?

– Ah ! C'est ta petite amoureuse Louise ? Elle est dans ta classe ?

– Oui et c'est la plus belle !

– Et bien mon p'tit bonhomme, il va falloir attendre un petit peu, que vous soyez adultes tous les deux !

– Alors en attendant, je vais t'aider à cueillir les fraises Papy !

Tu ne peux pas comprendre !

Ce matin, personne, même pas Papy, n'a entendu le son de la clochette du portail, si bien que Papy est surpris de retrouver son p'tit Paul, silencieux, à côté de lui.

– Oh, ça n'a pas l'air d'aller mon p'tit bonhomme ! Tu as pleuré, toi !

– Dis, Papy, pourquoi les grands n'écoutent pas les plus petits ? Julien dit que je suis un gamin et qu'il faut que je reste à ma place. Que je ne peux pas comprendre !

– Ton frère est gentil, tu le sais bien ! Il a ses soucis d'ado... c'est tout ! Lui, pourtant si respectueux, nous a dit l'autre jour qu'on ne comprenait rien !

– J'ai voulu l'aider mais il m'a rejeté ! C'est même pas du travail qu'il avait à faire mais un jeu, une énigme entre copains. J'ai lu le texte et j'ai tout compris, tous les mots. Il n'y arrivait pas, j'ai voulu l'aider !

– Dans les énigmes, l'énoncé explique une situation et tu dois trouver la solution du problème soulevé. Même si les mots utilisés sont simples, ils décrivent une situation plus délicate qu'on ne pense et la solution est ainsi difficile à trouver.

– Oui, mais là, c'est tout simple !

– Elle parle de quoi cette énigme ?

– De moyenne. Même si je n'ai pas fait encore beaucoup d'études, j'ai compris. Tout le monde parle de moyenne. Le maître a même dit à Papa que ma moyenne du dernier trimestre sera meilleure que la moyenne du deuxième !

– Tu as raison, même en maternelle, on parle de moyens, non ?

– Oui, c'est entre les petits et les grands. Je sais ça Papy. Je suis plus en maternelle. Je sais même que si j'ai un huit et un six, j'aurai sept de moyenne. C'est entre les deux, juste au milieu !

– Je ne comprends pas où est le problème avec Julien?

– Ben si, il est fâché parce que j'ai trouvé le même résultat que lui mais c'est pas ça, c'est pas la bonne réponse !

– Tu te souviens de l'énoncé du problème ?

– C'est tout simple ! « Tu montes une côte à vingt kilomètres à l'heure et tu la redescends à trente. Quelle moyenne as-tu fait sur l'ensemble du parcours ? »

– Vingt-cinq ! Facile. Julien n'a pas résolu ce petit problème ?

– Et bien non, tu te trompes aussi ! La même réponse que nous... Moi, j'ai fait comme je sais : entre 20 et 30, juste au milieu et Julien, je crois qu'il a fait des opérations … et ses copains ont dit que ce n'était pas ça !

– Ce qui voudrait dire mon p'tit Paul, c'est qu'on a commis l'erreur que fait la plupart des gens, en allant trop vite, en se précipitant, en pensant que c'est simple...

– En maths, c'est bon ou c'est pas bon !

– Et bien là, apparemment, ce n'est pas exact. Il faut donc se méfier des apparences et bien réfléchir avant ! Se précipiter, c'est de l'impulsivité !

– Je ne connaissais pas ce mot Papy!

– Quelquefois, on n'a pas encore appris la technique à employer... On fait avec ce que l'on a... Et boum, à côté !

– Elle est où notre erreur ? C'est compliqué et pourtant c'était simple, tu montes et tu redescends en vélo ! Même toi qui as fait des études Papy, tu t'es trompé.

– Je ne pensais pas faire des maths ce matin,.. moi !

Papy est embarrassé. Il réfléchit et c'est la première fois que p'tit Paul le voit ainsi. Serait-il vexé le Sage de la famille ?

– Vingt quatre ! C'est une sacrée énigme cette histoire de vélos !

– J'étais sûr que tu allais trouver la solution Papy mais qu'est-ce qu'il va dire Julien ?

****************

"24 est vraiment la bonne réponse. Surprenant, non ?"

De toutes les couleurs

Il a l'air en forme P'tit Paul aujourd'hui quand il franchit le portail de Papy. À peine le temps de faire un bisou à son Papy :

– Dis, Papy pourquoi il y a des personnes noires ?

Papy Michel est très surpris :

– On en a déjà parlé, il me semble. Qu'est-ce que tu en penses, toi ?

– Je pense que ses parents ont la peau foncée et qu'elle ressemble à ses parents.

– Elle est surprenante ta réponse et j'aime bien. Viens, je vais te montrer quelque chose. On ne reste pas dans le jardin. On y reviendra tout à l'heure.

Papy ouvre la porte de sa maison et ils vont dans le salon. Le grand père choisit un disque et va s'installer dans son fauteuil. C'est là qu'il s'assoit pour lire son journal ou regarder la télé. Il a l'habitude de dire que quand il est dans ce fauteuil, il est bien !

– Mets-toi où tu veux Paul pour te sentir à ton aise !

Aux premières notes de musique, Paul sait qu'il s'agit de la chanson préférée de son papy : “Armstrong de Claude Nougaro”.

Il l'a chantée pour son dernier anniversaire. Ils sont bien là tous les deux, se souriant par moments, à certains passages évocateurs de cette situation qu'ils partagent en toute complicité. À la fin de la chanson, ils ont la larme à l’œil tous les deux.

– Tu te souviens de la fin de la chanson P'tit Paul ?

– Bien sûr Papy, c'est celle que tu chantes souvent dans ton jardin:

“Noir et Blanc sont ressemblants

Comme deux gouttes d'eau !”

– Qu'on est tous différents mais on est pareil... C'est beau Papy !

– Beau comme toi et belle comme Louise !

– Comment tu as deviné Papy ?

– Louise est dans ta classe et c'est la plus belle!.. Non ?

– Viens, on retourne dans le jardin...

Papy a pris son petit fils par la main et regardant son jardin regorgeant de belles fleurs, de bons légumes à déguster, de couleurs à savourer :

– Regarde tous ces trésors si colorés, c'est ça la vie !

Dans nos cœurs !

P'tit Paul est en train d'arracher des carottes avec Papy Michel. Ils se relèvent pratiquement tous les deux en même temps, se tenant le bas du dos.

– C'est dur Papy, comment tu fais ?

– J'ai un peu plus l'habitude que toi mais je m'arrête souvent, je fais une pause quand je veux. Il n'y a pas de patron ici !

Je commence à me faire vieux, je me ménage comme on dit, si je veux tenir le coup !

– Dis, Papy, elle est où Mamie ?

Un court silence. Papy a les larmes aux yeux. Il l'attendait cette question et il n'avait aucune réponse préparée. P'tit Paul s'en rend compte et ne dit plus rien. Il se penche pour finir le rang de carottes. Papy le regarde,.. prend sa respiration :

– Elle est morte et elle ne reviendra pas !

– P'tit Paul se redresse, il pleure...

– Je sais Papy mais certaines personnes pensent qu'elle est au paradis car c'était une super Mamie.

– C'est vrai, c'était une superbe personne. Moi, je pense qu'elle est dans notre cœur... pour toujours.

– Je pense souvent à elle et ça me fait drôle qu'elle ne soit plus là !

– Tu as raison ! Elle avait l'habitude de nous apporter une boisson quand on était tous les deux dans le jardin. Tu te souviens ? On faisait une pause. Viens, on va s'asseoir sur le banc de pierre.

Assis tous les deux côte à côte, ils ne disent plus rien. Papy se lève et part en trottinant vers la maison. Il en ressort avec une bouteille d'eau, deux verres et la boîte à gâteaux de Mamie.

– Tu as gardé la boîte ? Mais il n'y a plus de gâteaux dedans !

– Si mais ce ne sont plus ceux de Mamie. Elle était aussi une très bonne pâtissière !..

Papy ouvre délicatement la boîte, elle est remplie de gâteaux qui ressemblent étrangement à ceux de Mamie.

Chacun en prend un et le déguste lentement en fermant les yeux, la tête légèrement penchée en arrière. Un doux moment qui ressemble à un recueillement. C'est P'tit Paul qui rompt le silence :

– Hum,.. mais ils sont moins bons que ceux de Mamie !

– C'est ta maman qui les a fait.

– Oups...

Le nouveau

Le portail du jardin franchi, P'tit Paul se rue sur son Papy :

– Dis, Papy, pourquoi on met les enfants dans des familles d'accueil ?

– On ne les met pas dedans mais on confie un enfant à une famille d'accueil. Elle n'est pas là pour remplacer les parents mais pour accueillir, à tout moment, un enfant dont les parents, pour une raison ou une autre, ne peuvent plus assumer leur rôle. Pourquoi cette question ?

– Un nouveau, Grégory, est arrivé jeudi dans la classe. On sait qu'il est dans une famille d'accueil du quartier, tu sais la grande maison au bout de ta rue.