Nouvelles & Défis - Marcel Navarro - E-Book

Nouvelles & Défis E-Book

Marcel Navarro

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Beschreibung

Chaque nouvelle évoque une rencontre, chaque rencontre est nouvelle. Rencontre entre les êtres, rencontre avec les mots, rencontre de la langue et de la contrainte pour répondre aux défis. Ce recueil rassemble deux univers bien distincts en proposant : des nouvelles à chute écrites la plupart du temps avec légèreté et bonhomie contrastant avec deux textes plus sérieux voire douloureux. des réponses à quelques défis littéraires décalés dans l'esprit oulipien. Avec une parenthèse fleurie pour le bien-être des sens !

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Seitenzahl: 157

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Sommaire

Préface

Nouvelles Rencontres

1 La valise

2 Belle coquille

3 Pas ce soir!

4 Le regard de l'autre

5 Aujourd'hui peut-être...

6 Soucoupe pour le café !

7 Ça passe ou ça casse!

8 Vous avez un message!

9 Jeux d'écriture

10 Cœurs voisins

11 C'était involontaire!

12 Que sont-ils devenus?

13 Rendez-vous entre amis

14 Il te manque une case !

15 Bonjour monsieur

16 Seconde chance

Parenthèse fleurie

17 Au musée

18 Conscience

19 Que d'eau!

20 La main verte

21 Le disparu des champs

22 Boule de pain

23 La mare

24 La bonne note

25 Surprise

26 Quel bouquet!

27 Homonyme

28 Quelque part en Armonique

29 Promenade à Paris

30 Au commissariat

Défis littéraires

31 P.A.T.I.E.N.C.E.

32 Stop ou encore ?

33 Course folle

34 Alphabet orphelin

35 Un point, c'est tout !

36 Réincarnation

37 Traînée dans la farine

38 La cabane d'Ali Baba

39 Beau tableau

40 Le secret de la chambre noire

41 Hommage

42 Tapages nocturnes

43 Suite

44 Visite imprévue

45 Utopie, je t'aime !

46 Entre amis

47 Journal bleu

48 Belle amitié

49 Tu es un rêve !

50 Une bonne tisane

51 Pointes de vitesse

52 Rusty

53 Vie de couple

Index des Défis

Remerciements

Préface

de Marino

Dans la première partie de ce livre, ce n'est pas une mais plusieurs bonnes nouvelles que je vous invite à lire à votre rythme. L'ordre de lecture a peu d'importance, c'est un livre à feuilleter au gré de vos envies, de vos états d'âme.

Quand mon humeur est morose, je vais lire un texte de cet auteur. Le temps d'une lecture, on se surprend à sourire, à rire, à réfléchir sur les sentiments ou les questionnements suscités par ses écrits. Tout y est : humour, tolérance, tendresse et amour. Une pause dans le monde cruel dans lequel nous vivons.

Dans la deuxième partie, l 'auteur nous offre un bouquet de senteurs et d'humour en nous invitant dans l'univers des fleurs. Laissez-vous guider par l'imagination d'un jardinier pas comme les autres. Vous ne verrez plus les fleurs tout à fait de la même façon après cet intermède...

Dans la dernière partie, on y retrouve les défis entre auteurs. Des propositions pour des écrits sur un sujet donné en respectant des contraintes d'écriture du style oulipien...

Chacun y apporte sa propre interprétation, son histoire. Autant de façons d'y répondre que d'auteurs qui osent relever le défi.

Marcel Navarro vous soumet quelques unes de ses réponses.

On tombe vite sous le charme de cette plume, sa "marque de fabrique". Ce même auteur vient de publier son premier ouvrage "Dis Papy" (une complicité entre un grand-père et sa famille). Un vrai régal, un autre livre qu'il fait bon avoir près de soi.

N'oubliez pas de garder ce recueil près de vous, car non seulement vous le lirez, mais vous le relirez avec un vrai plaisir comme je le fais moi-même.

Une dernière chose, merci à toi Marcel de m'avoir proposé d'écrire cette préface. Stressée au départ, sache que j'ai été flattée par cette demande. Merci pour ta confiance, continue et ne t'arrête pas en si bon chemin.

Que ton écriture continue à te porter et à nous faire rêver d'un monde meilleur !

Nouvelles

Rencontres

Vous avez dit « Rencontre » ?

fortuite, imprévue, inattendue, inopinée, insolite,

providentielle, agréable, fâcheuse,

mauvaise,préméditée, souhaitée; brève, continuelle,

fréquente, furtive, régulière, timide, concertée,

discrète, improvisée, informelle, privée, secrète,

cruciale, décisive, historique, curieuse, singulière,

merveilleuse, dramatique, étrange, navrante...

Ou alors ?

Entrevue, entretien, discussion. rencontre au sommet,

heurt, choc, intersection, croisement ou carrefour,

escarmouche, embuscade, bataille, duel,

circonstance, hasard, occasion, occurrence...

Qu'en penser ?

Craindre, redouter, chercher, arranger, demander,

différer, faciliter, préparer, prévoir, proposer,

programmer, accorder, fixer, convenir, disputer,

dominer, arbitrer, annuler, éviter, empêcher,

renoncer !

La valise

La porte vitrée de la brasserie où nous aimions nous retrouver vers midi pour un repas léger, venait de s'ouvrir sur une petite dame portant une valise qui semblait bien trop lourde pour elle. Je me précipitai pour l'aider.

– Merci monsieur, vous êtes bien aimable ! C'est que j'y tiens à cette valise. C'est toute ma vie !

Elle prit place à côté de nous. Un sourire radieux. Son assiette semblait être un prétexte car elle ne mangea pratiquement rien. Elle nous dévorait des yeux. Quand son regard se baissait, un sourire de satisfaction illuminait son beau visage ridé. Quelques banalités échangées. Cette dame probablement très âgée s'était doucement rapprochée de nous au cours du repas, elle nous frôlait presque. Un vrai moment de tendresse.

Elle se leva pour prendre congé :

– Je suis heureuse, vous êtes un couple charmant !

La réciproque était vraie car elle avait éclairé notre modeste repas. Notre pause prenait fin également mais au moment de partir le serveur nous rattrapa devant la porte :

– Excusez-moi mais vous oubliez votre valise.

La discussion qui suivit, s'avéra inutile. Nous partîmes donc avec ce bagage bien encombrant.

Pendant plusieurs jours, nous l'avions toujours avec nous ou à portée de main pour pouvoir le remettre à sa charmante propriétaire. Nous pensions souvent à cette rencontre, à cette gentille personne, à son sourire, son regard pénétrant qui allait chercher au plus profond de nous. Elle ne partagea plus cette pause avec nous le midi mais nous ressentions sa présence. Combien de fois, nous sommes-nous retournés, la cherchant parmi les clients, persuadés qu'elle était là.

Le serveur nous apprit qu'elle venait souvent, qu'elle essayait de s'asseoir à la même place. Elle disparaissait juste avant notre arrivée ou quand elle apparaissait, c'était après notre départ, elle lui confiait alors sa déception. Elle disait régulièrement qu'elle n'était pas inquiète pour la valise, qu'elle pouvait la récupérer à tout moment si elle le désirait, qu'elle était entre de bonnes mains.

À la maison, sa place variait régulièrement. Les enfants en parlaient souvent. Agacés au début, ils l'avait finalement acceptée. Elle faisait partie des meubles désormais.

Lors d'une grande réunion de famille avec les sœurs, belles-sœurs, les frères et autres beaux-frères, l'histoire de la valise de cette gentille grand-mère anima une bonne partie du repas. Les questions fusaient, des hypothèses complètement folles étaient avancées. Que pouvait-il y avoir à l'intérieur? Des bijoux? De l'argent? Des documents compromettants? De la drogue peut-être? Nous n'avions aucune réponse à apporter sinon que nous nous déplacions plus avec ce bagage encombrant.

– Pourquoi vous ne l'ouvrez pas ?

– Pourquoi vous ne l'apportez pas à la police ?

– Si ça se trouve, vous prenez de sacrés risques !

– Pourquoi vous ne voulez pas nous dire ce qu'il y a dedans ? Vous le savez, c'est sûr !

Ce questionnement familial dura plusieurs semaines avant de s'estomper tout naturellement.

"C'est que j'y tiens à cette valise, c'est toute ma vie !", cette confidence nous revenait souvent en tête. Cette phrase avait été prononcée avec tant de douceur, qu'on l'avait acceptée comme une marque de confiance.

Le serveur toujours sollicité et disponible nous aidait bien volontiers. Il avait remarqué qu'elle prenait le bus n°7 quand elle quittait la brasserie. Il nous faut avouer avoir pris plusieurs fois ce bus jusqu'au terminus en effectuant quelques étapes de temps à autre pour revenir bredouilles au point de départ, devant l'établissement où nous l'avions rencontrée.

Une inquiétude nous envahit quand cet employé devenu notre complice dans cette enquête, remarqua que ses passages s'espaçaient de plus en plus. Fatiguée, affaiblie, anxieuse, elle le chargea alors d'une mission :

– Je pense que je ne pourrai plus revenir. Dites à ce couple charmant qu'il peut ouvrir la valise. Ils comprendront !

Le serveur de la brasserie ne la revit plus. Une douleur immense nous submergea quand nous nous rendîmes compte avec évidence qu'un événement grave s'était produit !

Rentrés chez nous, seuls, nous ouvrîmes cette valise qui ne résista pas longtemps. À l'intérieur, nous découvrîmes des articles de journaux relatant tous les événements historiques qui avaient jalonné sa vie et un album-photos. C'est ce dernier qui attira notre attention.

Les premières photos devaient être les siennes. Un sourire permanent! Son enfance, une adolescence, son évolution dans le temps jusqu'à la photo de son mariage. Quelques clichés qui respiraient le bonheur au bras d'un grand gaillard moustachu. Quelques souvenirs de voyage à l'étranger. Enfin des photos d'elle en deuil.

Pas de bébé dans les bras, pas d'enfants jouant à leurs côtés, pas d'adolescents frimant devant l'objectif. Aucune trace de descendance !

– Comme elle devait se sentir seule murmura ma compagne !

La seconde partie était séparée de la première par une page de garde, un intercalaire en plastique contenant une superbe pensée séchée accompagnée d'un carton sur lequel était écrite une citation de Gustave Flaubert:

"La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l'âme de la vie.”.

Quelques clichés de couples, la quarantaine comme nous, assis à une table de restaurant, sourire aux lèvres. La dernière photo nous fit monter les larmes aux yeux !

Belle coquille

Cet établissement était une table renommée dans la région. Son entrée dans le plus célèbre guide des restaurants français avait boosté l'entreprise qui assurait depuis un rythme plus que correct. Une réservation était devenue une obligation.

En cuisine, le patron "Jacques Pegout" assisté d'un deuxième chef dirigeait avec brio une belle équipe de cuisiniers. Une rigueur, une rapidité; une expérience au service de la gastronomie. Tout tournait à merveille. Le "coup de feu" était impressionnant!

En salle, son épouse qu'il aimait taquiner en l'appelant "la Pompadour" gérait à merveille un service en salle presque parfait. Le charme naturel de cette sublime femme agissait comme par magie sur les serveurs très scrupuleux comme avec les clients conquis. Un sourire et elle obtenait ce qu'elle désirait ou vous imposait ce qu'elle voulait sans que vous vous en rendiez compte.

Avant le service le chef de cuisine lui conseillait d'insister sur tel ou tel plat en fonction du stock qu'il gérait en maître.

La carte évoluait de jour en jour. Elle avait choisi ce système. Le meilleur moyen d'écouler les invendus et d'éviter toute routine. Chaque matin, au calme, devant son ordinateur, elle corrigeait le contenu de la carte, des menus, une impression et l'insertion dans un superbe classeur illustré qu'elle présentait aux clients. C'était un plus dans un service irréprochable.

Tout était prêt! Une mise en place idéale! Une musique délicieuse en fond sonore. Comme à l'accoutumée, le service commença dans une atmosphère sereine, quelques réflexions de satisfaction. Le bien-être absolu !

– S'il vous plaît !

À l'un de ses serveurs qui se précipitait, cette patronne très vigilante, d'un geste discret, signala qu'elle s'en occupait personnellement. Elle avait remarqué ce "m'as-tu-vu?" dès son arrivée au restaurant.

– Oui monsieur ?

– Vous vendez celles du Patron !

– Pardon ?

– Le chef se prénomme bien Jacques ?

– Effectivement !

Le client un peu lourdingue, non content d'avoir déstabilisé cette aimable dame, lui tendit la carte avec un sourire moqueur.

– Vous avez fait ce qu'on appelle ... une coquille!

Complètement décomposée, elle se mit à parcourir la carte et les menus qu'elle connaissait par cœur et tomba en arrêt:

"Couilles Saint-Jacques gratinées et sa fondue de carottes" Livide, elle balbutia :

– Je suis désolée, j'ai oublié le "q" !

Pas ce soir !

Débordée par un travail monstre ce week-end, cette jeune stagiaire n'a pas pu répondre à l'invitation de ses amis ce samedi soir. Ne pouvant mettre le nez dehors, Isabelle a tout organisé pour passer la soirée avec son fidèle compagnon. Un repas en tête à tête en quelque sorte …

Ils sont ensemble depuis trois ans déjà! Un record pour elle. C'est toujours elle qui prend la décision de changer, de renouveler son environnement proche assez fréquemment. Par mode probablement car elle reconnaît être sensible au look. Il lui est arrivé d'avoir un vrai coup de foudre un jour dans une grande surface. Pas gênée, cette célibataire endurcie a fait affaire en quelques minutes. Fière de son acquisition, cette idylle a duré deux belles années.

Cette fois-ci, elle a fait sa connaissance sur internet. Bizarrement, c'est un de ses collègues, son ex, qui les a mis en relation. Isabelle avait le choix et c'est lui qui a remporté ses faveurs. Il a été son complice en l'accompagnant partout, même en vacances. Ils étaient devenus inséparables.

Si peu casanière d'habitude, ses sorties étaient de moins en moins fréquentes tant elle se sentait bien avec lui. Sa compagnie lui suffisait! Ses amis le lui reprochaient assez en lui disant qu'elle s'isolait, que l'addiction la guettait. Une dépendance s'installait et elle le reconnaissait volontiers. Avec lui, tout était possible, s'émouvoir, rire et même pleurer. Son rayonnement, ses connaissances intarissables, sa mémoire sans faille et ses performances la transformaient en une petite fille admirative et comblée !

Ses proches pensaient qu'il était à l'origine de ses troubles du sommeil. Ce nouveau compagnon faisait des jaloux, c'est sûr !

Dans les moments difficiles, dans l'obscurité de la chambre, avec elle, sur le lit, il éclairait le beau visage de cette femme de sa lumière intérieure. De son côté, Il réagissait à la moindre de ses sollicitudes retranscrivant tout ce qu'elle pensait, disait ou écrivait à la virgule près. Une complicité totale !

Mais là, il la lâche au moment où elle a le plus besoin de lui ! Pourquoi ce soir justement ? Comment finir son travail pour lundi matin 9 heures précises face à un engin devenu inerte et muet subitement ?

Tous ses dossiers sont prisonniers dans cet ordinateur qui l'abandonne Trouver un réparateur un dimanche, c'est impossible !

Le regard de l'autre

Boubakar issu d'une famille de trois enfants était arrivé en France trois ans auparavant. Les parents analphabètes parlaient le français avec beaucoup de difficultés. Soucieux de l'éducation de leurs enfants et de l'intégration de toute la famille, le papa travaillait très dur, la maman s'occupait de tous et prenait quelques cours d'alphabétisation. La scolarité des enfants était suivie de près autant que faire se peut. Tout pour réussir une adaptation sociale !

Après des débuts prometteurs, Boubakar, très volontaire, commençait à lâcher prise. L'école demandant de plus en plus de recherche et de soutien à la maison, les apprentissages devenaient délicats. Avec la meilleure volonté du monde, il se sentait glisser doucement. Tout le monde s'en rendait compte. Quelque chose clochait assurément !

À la rentrée suivante, sa nouvelle maîtresse mit tout en œuvre pour qu'il reprenne le rythme, qu'il se maintienne à la surface, qu'il garde le contact. Elle s'opposait à l'administration laquelle préconisait une orientation vers une filière spécialisée. Même la psychologue scolaire, en dépit des résultats conformes à ceux des élèves de sa tranche d'âge, ne percevait aucune issue favorable à cette chute de performances incompréhensible.

Cette brave enseignante entreprit sa petite enquête. Le papa, après un parcours très chaotique dû aux difficultés de l'entreprise qui l'embauchait, venait de perdre son emploi. La maman avait dû alors troquer ses cours d'alphabétisation pour des heures de ménage qui l'accaparaient toute la journée. La perte des repères de cet élève courageux le plongeait inexorablement dans un mutisme inquiétant.

En fin de journée, son travail allégé terminé, il avait l'autorisation d'aller au "coin jeux" où il choisissait toujours le même: "La Tour de Hanoï". Au début, le regard fuyant, il manipulait les différentes pièces sans aucune logique. Les tentatives de la maîtresse pour lui venir en aide restaient infructueuses. Elle se contentait donc de lui en lire les règles sans aucune réaction de sa part. Un jour, il s'exprima sans lever les yeux.

– J'arrive pas! J'suis nul !

– Nul, ça ne veut rien dire. Nul, c'est rien, c'est comme zéro ! Toi, tu peux réussir certaines choses. Tu le faisais bien l'année dernière."

Un léger sourire à peine perceptible. La relation semblait s'assouplir les jours suivants et enfin, il se lança en demandant s'il pouvait avoir une photocopie des règles du jeu pour les lire à ses parents. L'enseignante remarqua un léger investissement dans les activités scolaires.

Toujours le même rituel avec ce jeu. Mais une stratégie qui s'apparentait maintenant à une démarche expérimentale, se mettait en place. Il acceptait de revenir en arrière pour repartir dans une autre direction. Et ça c'était nouveau !

Un jour, tout fier, il arriva avec un jeu, le même, que son papa lui avait fabriqué. Il fallait répondre à cette invitation.

– Tu t'es entraîné à la maison ?

– Oui, c'est papa qui a fait le jeu !

– Et tu y arrives maintenant ?

– Pas toujours mais des fois. Papa aussi !

– Moi, je n'y arrive pas, je dois être nulle !

– Non, vous êtes pas nulle madame, vous savez trop de choses.

– Tu t'entraînes et quand tu y arriveras, tu nous feras une démonstration. Non, tu nous feras un cours !"

En réponse un large sourire mais la tête toujours baissée comme s'il était coupable d'une quelconque bêtise! Il n'oublia pas de récupérer son jeu pour rentrer chez lui.

Le moment de la représentation arriva. Une vraie mise en scène! Notre héros étonna son auditoire par sa finesse, sa réflexion, son intelligence. Il n'était pas indifférent aux regards interrogateurs et admiratifs. Il prit bien soin de ne pas donner la solution dans son intégralité et demanda si un camarade était volontaire pour essayer. Une main se leva instantanément. Si lui y arrive, pour moi, le meilleur de la classe, ça va être facile, devait se dire Timothée !

Après plusieurs manipulations dans tous les sens, le plus fort de la classe, déçu et vexé se rendit à l'évidence et abandonna la partie. Plus personne n'osa relever le défi.

Boubakar reconnut que ce n'était pas si mal que ça, que Timothée n'était pas loin de la solution. Un comble ! Une démonstration très vite réalisée pour que personne ne puisse mémoriser les bons déplacements. C'était une réussite totale ! Un tonnerre d'applaudissements fit monter les larmes aux yeux du champion. Il n'était pas si surpris que cela mais heureux et fier.

Pensant qu'il fallait trouver encore autre chose, notre pédagogue "bassina" son mari comme à l'accoutumée, avec l'évolution surprenante du comportement de son élève. Son compagnon soucieux d'aider sa protégée découvrit la suite à envisager. Informaticien programmeur, il se proposa de concevoir une petit logiciel qui permettrait de manipuler les pièces, de comptabiliser le nombre de coups, de signaler une erreur, de bloquer une évolution erronée. Tout cela dans le but d'afficher en gros, en cas de réussite, "Bravo, tu as réussi !".

L'idée géniale fut mise en pratique et quelques jours plus tard, le logiciel était né. De belles couleurs, un côté ludique qui allait faire mouche! Il fit une démonstration à son épouse qui adopta cette trouvaille exceptionnelle.