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À l'aube du 3ème millénaire, deux praticiens de l'actuel monde hospitalier ont porté leurs pensées sur son histoire en s'approchant le plus possible de son origine. Après les difficiles périodes d'itinérance, les humains se stabilisèrent dans leurs territoires pour y vivre et ... se combattre. Cela nécessitera la création d'armées avec des soldats blessés à maintenir en état de se battre. Lors du 3ème millénaire av. J-C, l'invention de l'écriture cunéiforme à l'époque du souverain de Babylone Hammourabi (en Mésopotamie), fût établi un texte contenant les lois régissant dans une attribution divine la vie socio-économique dont les questions relatives à la santé sont groupées sous le nom ,de "Code d'Hammurabi". Cette "empreinte divine" se répandra dans le monde méditerranéen et européen occidental sous une forme polythéiste. Après l'hôpital byzantin, le modèle européen apparaîtra avec les croisades et les ordres religieux à Jérusalem. L'invention de l'imprimerie ouvrira une nouvelle étape avec la création de l'Hôpital des "Pôvres" à Beaune en 1462 pour soigner les malades. Bien que la contre-réforme catholique qui suivit le schisme entre Luther et la Papauté eût tenté de revenir à sa primauté terrestre lors du Conseil de Trente, elle dut y renoncer sous la poussée scientifique.Ce furent alors les souverains François 1er avec Ambroise Paré, Louis XIII et Saint Vincent de Paul, Anne d'Autriche... des ordres religieux qui perpétuèrent dans l'ordre occidental cet esprit de Charité. Mais les guerres se poursuivant en Europe sur un fond religieux, les besoins militaires s'accrurent conduisant Louis XIV à créer en 1708 le Service de santé des Armées. Avec le Code Napoléon, ce fût la Grande Armée tant pourvoyeuse de batailles et de victimes. Le 19e siècles fut une siècle charnière dominé par une volonté de développement de l'Hygiène sociale. L'action hospitalière s'est ensuite développée dans un esprit de dévotion et de protection sociale intéressant l'ensemble du public avec des sanatoriums, des aériums et les hôpitaux spécialisés. L'étape suivante est celle initiée en 1945 avec la Sécurité Sociale ouverte à l'ensemble de la population. L'avenir dominé par la survenue inévitable de l'Intelligence Artificielle doit encore nécessiter un monde hospitalier apte à travailler dans une esprit de charité entre les deux espaces définis par Blaise Pascal dans ses Pensées entre le"ciron et l'infiniment grand".
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Seitenzahl: 179
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Hot-Line :
Jules Berlie,
Quitterie de Drezigué,
Pierre de Drezigué,
Noé Blin
Illustrations :
Emma Ely
Philippe Goût
Mise en page et relecture
Philippe Goût
Préambule
Introduction
Chapitre 1 : Aux origines, l’empreinte des Dieux.
Écritures et premières civilisations
Mythe et mythologie
La période hellénistique et sa pragmatique approche
Chapitre 2 : Puis l’empreinte du Dieu unique
Constantin 1
er
, Empereur d’Orient, se rallie au Catholicisme
Création du premier hôpital par l’évêque Basile vers 370
Théodose 1
er
, dernier Empereur à diriger l’Empire romain unifié
L’accès aux soins et la Renaissance carolingienne
Chapitre 3 : L’émergence de deux modèles - Byzantin et Européen
L’hospitalité au cœur du concept hospitalier
L’Hôpital byzantin
Après l’hôpital byzantin, émergence de l’hôpital européen
Transmission des savoirs scientifiques et émergence des universités
Chapitre 4 : Évoluant jusqu’à la Révolution française
Humanisme et Renaissance aux XV
e
et XVI
e
siècles
Accueil des « Pôvres » dans un Hôtel-Dieu (1462)
François 1
er
crée le « Grand Bureau des pauvres » (1544)
L’apparition de besoins spécifiques aux armées
Les grands noms du Service de Santé des Armées
Chapitre 5 : La Révolution — ses implications ; accès aux soins demeuré théorique.
Des États généraux à l’Empire
Les grands médecins des campagnes napoléoniennes
Chapitre 6 : XIXe siècle, le Grand siècle de la médecine
Le XIX
e
siècle, à la croisée des avancées des siècles précédents.
Un visionnaire : Louis Pasteur
La guerre de Crimée et l’introduction de la statistique hospitalière
Initiatives citoyennes au lendemain des guerres
Nouveautés scientifiques au XIXe siècle
Chapitre 7 : XXe siècle, l’hôpital au cœur des Systèmes de santé
Évolution du Système de santé après 1945
Pose des bases du Système de santé actuel avec ses problématiques
Chapitre 8 : À l’aube du 3e millénaire — Un nouveau moment charnière dans l’Histoire humaine, incluant l’histoire de l’Hôpital.
L’Hôpital aujourd’hui. Pourquoi ? Comment ? Par qui ?
Une explosion démographique incontrôlable des pays du sud, une augmentation de l’espérance de vie universelle, une problématique sévère de dégradation climatique.
L’Intelligence Artificielle (I.A.) devenue incontournable
L’Existence. La Vie. Homme ou Femme.
La procréation, la naissance, la croissance, l’adolescence, l’âge mûr, la retraite, l’âge avancé, la sénescence, la mort, l’au-delà…
Le Malade, les Maladies. La Guérison. Les Soignants. La Recherche, les Chercheurs.
Si par expérience de vie, l’Hôpital a été voulu comme thème premier de notre réflexion historique, il n’en est pas moins vrai que son histoire n’est que celle d’un instrument au service de la vie dans un monde encore en devenir.
Un Monde, au rythme pendulaire, balancé entre Dieux et Enfers, Homme et Femme, Droite et Gauche, Ordres et Désordres voire Contre-Ordres, Être ou ne pas Être, Vrai ou Faux et aussi Vie et Mort, ce Monde mérite qu’on y établisse un point d’étape à une période qui va marquer une nouvelle fois son Histoire et peut-être même sa Destinée.
La Renaissance apparaît comme étant cette période existentielle où vont surgir des événements marqueurs de ce tournant dont le principal est la révélation du rôle premier de la Pensée comme l’élément directif de la Vie.
Les faits…
La fin de la guerre de Cent Ans en 1453 avec la victoire de Castillon par Charles VII sur les Anglais, quelques années après la mort de Jeanne d’Arc 1429.
o La prise de Constantinople par les Turcs du Sultan Mehmet II en 1453.
La découverte du procédé de l’Imprimerie par Gutenberg en 1450.
La découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492.
Les désordres temporels de la Papauté depuis la fin du 16
e
siècle.
La réforme protestante avec Luther et Calvin au début XVI
e
siècle.
La traduction en Français de Psaumes de la Bible présentée à la Cour de François 1
er
en 1539 par Clément Marot et Théodore de Bèze.
À la suite de ces événements scientifiques et religieux apparaissent de nouveaux éléments majeurs dans l’Histoire humaine : la prise en compte de l’Espace, des Univers par un Instrument encore négligé dans la découverte et la gestion de l’activité humaine, le rôle de « la Pensée ».
Les grandes épidémies : la peste, le choléra, la variole, la rougeole, la tuberculose, les grippes… Puis des cataclysmes à Lisbonne, San Francisco, Valparaiso… des inondations… Les deux Guerres mondiales sources de désastres, mais aussi de progrès !
Les famines…
Mais en revanche la vaccination antivariolique, Pasteur, les prix Nobel de la Paix en 1901 avec Henry Dunant et Fréderic Passy, Max Planck et la Physique quantique en 1901, Albert Einstein et la Relativité en 1921, Louis de Broglie en 1928 avec la Mécanique ondulatoire, les antibiotiques, les rayons X, le Spoutnik en 1957, le 1er Homme sur la Lune en 1969 avec Neil Armstrong, la chimiothérapie avec les agents alkylants dérivés des gaz moutarde de la guerre de 1914, la médecine nucléaire, l’immunothérapie et jusqu’à présent l’Intelligence Artificielle (I.A.) et d’autres qui viendront…
Demain ce seront l’espace et après-demain les espaces au-delà des infinis !
Si « l’Histoire n’a pas un sens, du moins a-t-elle du sens », écrivait le philosophe Merleau-Ponty (1805-1859). L’histoire de la naissance du concept hospitalier puis de son évolution et son environnement au travers des âges est là pour en témoigner. Alliée à une forte croyance en des valeurs humanistes, elle figure l’évolution de l’Humanité et s’inscrit dans le droit fil de l’Histoire dans sa quête ininterrompue du bonheur et du bien-être pour tous sur terre.
Cette histoire consacrée à l’hôpital ne peut donc se contenter de reprendre les grands axes et tournants de son évolution que nous proposons d’évoquer à partir de recherches et autres études réalisées au cours des siècles. Nous sommes bien conscients que cette histoire n’est finalement que celle d’un instrument au service de la vie dans un monde encore et toujours en devenir, où se côtoient vérité et mensonges ; ordres, désordres et contre-ordres ; homme et femme ; droite et gauche ; vie et mort… Un monde au rythme pendulaire, souvent, voire constamment ballotté.
C’est de cette manière que seront précisées la vie et l’œuvre des personnages qui par leur parcours ou leurs recherches ont eu un apport important ou significatif dans le domaine hospitalier des soins. Ne voulant donc pas présenter l’histoire de l’hôpital sans faire abstraction du monde qui l’entoure et nous entoure, nous cheminerons avec des rappels à une évolution du monde en effectuant un parallèle avec un abrégé de son Histoire qui mérite qu’on y établisse autant de points de réflexions que nécessaire. Nous la commenterons en reprenant à la fin de chacun des chapitres concernés les événements s’inscrivant dans les temps concernés et rapporterons autant que possible et de besoin, l’impact sur l’hôpital de ces mouvements.
Cette histoire, abordée par l’hôpital et son environnement nécessite, que soit éclairée dans un premier temps l’origine du terme hôpital : Étymologiquement ce terme s’est formé à partir des racines latines « Hospis – Hospitis », tout comme les mots hospice et hospitalité, le premier se rapportant à un lieu d’accueil (celui qui reçoit) et le second à l’hospitalité (celui qui est reçu). On peut donc conclure rapidement que l’hôpital se conçoit comme un lieu d’accueil et donc d’hospitalité, notions que recouvre la protection sociale. Dans un second temps, le terme « hospitalia » va désigner « chambre pour hôtes » puis, plus tard encore « refuge pour indigents ».
Intéressons-nous dans la même idée de recherche étymologique à l’origine du terme « médecin » provenant du verbe « mederi », donner des soins, dont la racine med, dans les langues indo-européennes, a le sens de juger, de peser. Ces origines sont intéressantes, car elles introduisent un acte de réflexion, chargé de noblesse.
Il faudra ensuite attendre plusieurs siècles pour que l’ambiguïté soit levée avec la médicalisation et la laïcisation, toutes choses devenues normales de nos jours. Cette histoire se limitant géographiquement, la question du pourquoi peut se poser ? L’ampleur de la tâche nous a fait limiter le questionnement à l’Europe, dans une acception territoriale volontairement large et un objectif global de clarté, compréhension et lisibilité. L’origine première du concept est donc à rechercher le plus loin possible dans le droit fil du temps pour analyser les différentes solutions proposées pour ces besoins universels d’hospitalité et de lieux d’accueil pour les malades et les miséreux. Dans le monde antique, il n’existe pas d’hôpitaux au sens où nous l’entendons aujourd’hui, et l’hospitalité se conçoit dans le milieu familial et privé.
Cette histoire constitue un état spécifique qui a vu se rencontrer de nombreux peuples entraînant influences et affrontements, bien souvent synonymes de modifications de frontières. Il s’agit aussi de l’histoire d’une entité politique, religieuse et culturelle singulière, construite progressivement souvent dans la douleur. Alexis de Tocqueville écrivait : « Quand le passé n’éclaire pas l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres », le suivant dans sa pensée, nous estimons que l’on ne peut se passer d’une histoire plusieurs fois millénaire et écrire un récit excluant un héritage aux multiples facettes.
Dans un premier temps, seront donc abordées les origines situées entre mythologie et apparition de la pensée humaine, sous une domination soumise à l’empreinte des Dieux. Il faudra ensuite attendre les IVe et Ve siècles pour apercevoir les premières ébauches d’un concept sous l’impulsion du mouvement nouveau de charité chrétienne. Dans cet environnement du Dieu unique, l’idée centrale est que l’assistance ne relève pas uniquement du cercle familial, mais doit être élargie à toutes et tous, quelles que soient religions ou nationalités.
Cet héritage sera conservé de manière fragmentaire, dans un mouvement marqué par deux événements : le premier, par la conversion au catholicisme de l’Empereur Constantin 1er en 313 et le second par la création de ce qui est considéré comme le premier hôpital à Césarée (ville antique de Judée et moderne d’Israël) s’inscrivant dans un cadre social de charité chrétienne à l’initiative de l’évêque Basile en 370.
La Renaissance carolingienne va constituer la première époque d’un renouveau culturel majeur à l’échelle du Moyen-Âge. Avec elle, s’ouvre pour l’Occident une période d’importants progrès intellectuels intégrant une redécouverte de la langue latine, la Vulgate notamment, version latine de la Bible, écrite au IVe siècle par Jérôme de Stridon. Elle débute avec Pépin le Bref qui accède au trône en 651 et initie une réforme religieuse entraînant la construction d’abbayes et de monastères qui deviendront autant de foyers culturels. Son fils Charlemagne, couronné Empereur à Rome par le pape Léon III le jour de Noël de l’an 800, va imprégner ce renouveau d’une foi chrétienne considérée comme primordiale. Ce couronnement s’inscrit en effet dans l’objectif de parachever son œuvre de pacification et de mise en ordre de la société. « L’Empereur à la barbe fleurie » considère sa fonction comme une mission divine justifiant ainsi son intervention dans les rapports entre Dieu et les hommes.
Premier à créer une unité européenne et à poser les fondements de la société féodale. Il fera naître la culture occidentale dont nous avons hérité. À sa mort en 814, Charlemagne laisse un empire extrêmement important, s’étendant de l’Atlantique à la Baltique et des Pyrénées au Danube, empire qui ne lui survivra pas très longtemps. Sur les ruines de l’Empire carolingien émergeront trois ensembles nationaux distincts, la Francia occidentale, Lotharingie et la Germanie, ainsi que plus tard la France, les Pays-Bas, la Suisse, etc., en attendant les serments de Strasbourg qui seront signés en 842.
Observons que le IVe siècle est le premier à connaître une épidémie à l’échelle mondiale, celle de la variole attestée en Chine. Elle atteint l’Inde et le pourtour méditerranéen au VIIe siècle, avant de se diffuser avec les armées musulmanes jusqu’à la péninsule ibérique et, de là à la France. (1) Elle va poursuivre sa virulente destinée aux XIe et XIIe siècles, avec les croisés en route vers la Terre sainte avant d’embarquer, au XVIe siècle avec les Conquistadores, mettant le cap vers des terres inconnues. Cette virulence se révélera plus redoutable pour les populations concernées, que les forces armées présentes à cette aventure. À la chute de l’Empire romain, la partie européenne s’ancrera vers le soutien aux pauvres et aux malheureux sur le fondement de charité chrétienne, tandis que la partie byzantine mettra le cap vers un hôpital consacré aux malades et à leur guérison, la gratuité des soins étant assurée.
La Renaissance constitue un moment privilégié où tout paraît devenir possible. En s’opposant au Moyen-Âge et au romantisme, notre pays s’est chargé de nombreux symboles tels que le culte de la beauté pure, la science, la raison et la liberté créatrice face aux fantômes de la routine, l’ignorance et la superstition. Nous retrouverons les impacts de cette période jusqu’à la Révolution qui préparera les XIXe et XXe siècles à l’hôpital tel qu’il apparaît de nos jours.
Les temps qui suivent verront les évolutions se succéder, chacune étant le reflet de son temps et de la position adoptée vis-à-vis de l’État et/ou de l’Église. Parvenus au monde d’aujourd’hui, nous nous interrogerons à la lumière de la pandémie que nous venons de vivre, sur la meilleure manière de prévenir, soigner et prendre en compte ces leçons d’un passé proche. Il sera important ainsi d’en analyser l’importance de l’impact à l’aune des grandes catastrophes sanitaires vécues par l’humanité au cours de son Histoire, telles la peste qui a traversé les âges ou la grippe espagnole, plus proche de nous, chacune étant responsable de la mort d’un tiers ou d’un quart de la population concernée. Des questions vont se poser : une réflexion sur l’hospitalo-centrisme paraît devoir être engagée en liaison avec la responsabilité des politiques dans un objectif d’équité et de solidarité et une analyse des textes réglementaires de lois, décrets et règlements.
Enfin, il m’est agréable d’évoquer dans ce travail de recherche une rencontre avec un médecin, le docteur Jacques Berlie, maire adjoint honoraire de St Germain-en-Laye durant trois mandats. Nos chemins se sont croisés à Crozon, le docteur Berlie étant fidèle à la station balnéaire de Crozon-Morgat depuis plus de quarante ans. À chaque rencontre, les échanges étaient très riches et lorsque j’ai entrepris d’écrire le récit de ces douze années consacrées au territoire, il m’a encouragé, aidé et rédigé la quatrième de couverture.
Pour ce nouveau récit sur l’histoire hospitalière dans toutes ses dimensions, il me manquait un regard autorisé de praticien, celui justement que possède le docteur Jacques Berlie avec une carrière complète au Centre de lutte contre le cancer de Saint-Cloud (92), animé d’une vision globale et synthétique associant en permanence pratique clinique oncologique et recherche épidémiologique fédérant l’ensemble des personnels de la Section Cancer de la Division de la Recherche médico-sociale de l’INSERM au Vésinet, (78).
Au commencement de l’Histoire se trouve l’Écriture. Elle ajoute une nouvelle dimension au monde d’alors. Grâce à l’écriture, l’humanité peut raconter et documenter les événements, permettant d’entrer dans l’Histoire. Les Sumériens vont réaliser une découverte majeure : l’écriture vers 3 400 av. J.-C., début de l’Histoire et d’une civilisation qui couvrira le Proche-Orient.
Cette Histoire, faisant abstraction de l’Égypte, commence en Mésopotamie (dont la traduction grecque signifie « entre deux fleuves », le delta du Tigre et de l’Euphrate), située pour sa plus grande partie dans le Croissant fertile, sur le territoire actuel de l’Irak, de la Syrie et d’une partie de la Turquie. Elle va entraîner un certain nombre de comportements humains et sociétaux qui seront déterminants pour chacune des civilisations à venir.
Dans un premier temps, interrogeons-nous sur le motif, la cause ou la nécessité de ce trait de génie. L’examen des tablettes d’argile montre que dans leur grande majorité, elles comportent des chiffres, signant par-là l’existence d’activités commerciales. Ces activités entraînant des déplacements des populations pour leurs affaires et automatiquement la création de lieux spécifiques d’échanges et d’approvisionnements nommés « villes » qui au fil du temps, deviendront des « cités-États ». La capitale de la Mésopotamie sera nommée Babylone, dont le nom signifie « porte des Dieux ». Cet Empire verra son influence diminuer avec les conquêtes d’Alexandre le Grand, s’emparant outre de la Mésopotamie, de l’Empire perse, de la Syrie et de l’Égypte en 330 av. J.-C.
Notons également que dès cette période entraînant de nombreux mouvements de population, fonctions du développement de l’agriculture et de la domestication des animaux, nous allons y rencontrer les toutes premières épidémies. Il y a tout lieu, en effet, de penser que ces mouvements de populations sont à l’origine de la propagation d’agents pathogènes. Des traces permettant de dater les premières épidémies au IXe siècle av. J.-C. ont été retrouvées sur un espace s’étendant depuis la Mésopotamie jusqu’à la vallée du Nil et du Gange, c’est-à-dire dans ce « Croissant fertile » où sont apparues les toutes premières manifestations de présence humaine. Il y a tout lieu de penser, dans l’état actuel des recherches, que la rougeole serait la première maladie mortelle et contagieuse transmise à l’être humain, lors de la domestication des bovins, à la fin du Mésolithique, près de 6 500 ans Av. J. C. (2).
Au XVIIIe siècle av. J.-C., le Code d’Hammourabi, le plus ancien Code civil juridique connu, daté de 1750 av. J.-C., nous fournit des éléments essentiels de connaissances sur l’époque mésopotamienne. Il a été découvert, en 1901, lors de fouilles conduites par une mission française dirigée par Jacques de Morgan (1857-1924), délégué général de l’Instruction publique aux fouilles de Perse. Il s’agit d’un code complet dont les dispositions doivent être appliquées avec l’objectif affiché de « faire société », pour reprendre un langage actuel. La médecine est détachée de la magie et néanmoins, les soins demeurent inséparables de la praxis magique. (3)
L’observation et l’expérience semblent donc prendre le pas très tôt et entrer en concurrence avec la magie bien que les prêtres demeurent de redoutables concurrents pour le médecin. Le Code d’Hammourabi va plus loin, fixant dans ses articles 221 à 227 outre la rémunération des médecins, les peines encourues pour fautes professionnelles ainsi que les honoraires et les responsabilités du médecin relatifs au patient malade, mais également pour les soins apportés aux animaux. C’est ainsi qu’en ces temps les plus éloignés, avec la médecine babylonienne l’observation et l’expérience semblent vouloir et pouvoir prendre le pas sur la magie et que peu à peu commence à s’élaborer la chirurgie, s’enrichir de la pharmacopée et surtout apparaître un esprit d’observation et de méthode.
En Égypte, tout comme en Mésopotamie, avec la naissance de la civilisation, apparaît un certain rationalisme avec la prise en compte de l’observation. Ce qui est visible (les yeux, la peau…) est traité majoritairement par le médecin, ce qui est invisible, par le prêtre. Tout est lié au « Pneuma », ce souffle bon ou mauvais qui entre dans les corps ; plusieurs dieux étant garants de la santé. Si l’on en croit l’encyclopédie d’Alembert, l’anatomie serait une science née en Égypte, s’appuyant sur les travaux des embaumeurs. Cependant, elle va demeurer inconnue encore longtemps. L’enrichissement de la pharmacopée à l’aune de l’apparition de l’esprit d’observation et de méthode tendra à s’orienter vers une médecine légale et codifiée.
Le service des soins en Égypte antique est un service gratuit, accessible à tous, quelle que soit la situation de fortune. Les médecins de l’Égypte antique étaient renommés dans le Proche-Orient pour leurs capacités de guérison. C’est ainsi qu’Imhotep, au XXVIIIe siècle av. J.-C., est resté célèbre, car il ajoutait à son savoir de médecin du pharaon, Djéser, des talents de grand administrateur, de savant et d’architecte. Pour cette dernière activité, notons qu’il fut à l’origine de la construction de la première pyramide de l’Histoire de l’humanité au IIIe millénaire av. J.-C., à Saqqarah, ceci pour faciliter l’ascension du roi défunt Djéser vers Rê vers le soleil. Notons cependant les pyramides à étages que sont les Ziggourats élamites et mésopotamiennes à Ur et Babylone au XXIe Av. J.-C. et la Tour de Babel au VIe av. J.-C.
Hérodote (480-425 av. J.-C.), que Cicéron surnomme « le père de l’Histoire », (3) quant à lui, observera que les médecins égyptiens étaient très spécialisés, certains ne traitant que les maux de tête ou de ventre, tandis que d’autres étaient oculistes ou dentistes, leur formation était assurée dans des « maisons de vie ». Les papyrus montrent des connaissances empiriques en anatomie, sur les blessures et les traitements pratiqués. Avec ces premières civilisations qui apparaissent, la présence de médecins dotés d’une codification de leur exercice montre déjà les difficultés qu’il faudra appréhender pour réglementer le concept de maladie et de soins appropriés entre magie et prémices de la médecine.
Le mythe se constitue d’un récit mettant en scène des êtres surnaturels, des actions imaginaires, fondant une pratique sociale bâtie sur des valeurs fondamentales. Mais plus qu’un long discours, laissons la parole à Hésiode, ce poète du début du VIIe
