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Ce volume contient trois pièces de théâtre réunies sous le titre d'Empreinte(s)
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Seitenzahl: 183
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Ce volume contient trois pièces réunies sous le titre d’Empreinte(s).
Bien qu’il s’agisse de trois créations distinctes, «Partage», «Sombre» et «Le sens de ma vie» ont néanmoins un fil conducteur identique qui les relie autour d’une même préoccupation: l’accomplissement de soi. Ces comédies explorent, à trois âges différents de la vie, l’état d’esprit de personnages insatisfaits, en quête de sens et de développement personnel.
«Partage» évoque les doutes et le malaise d’un trentenaire idéaliste, Emmanuel, qui aspire aux côtés de sa jeune épouse, Léa, à des relations humaines plus authentiques et rêve de grands sentiments, d’échanges sincères, de partage et de vérité
«Sombre» met en scène Florian, un professeur de lettres qui va atteindre la quarantaine et qui ne s’est jamais fixé du fait d’attentes et d’exigences jugées irréalistes par son entourage. L’amour parviendra-t-il à dissiper ce malaise? La solidité d’un lien se mesure-t-elle vraiment aux nombres d’années passées en commun?
«Le sens de ma vie» permet à la charmante Marie, une jeune retraitée pétulante qui s’ennuie à la campagne, de partager avec Jules, son mari, et Jim, un ami du couple, ses attentes et son besoin de donner à sa vie une orientation différente et plus valorisante à ses yeux.
Traitées sur le mode de la comédie, ces mises en situation nous interrogent de façon plus profonde sur notre rapport aux autres, à la vie et sur le rôle que nous entendons y tenir quel que soit l’âge auquel ces doutes surgissent dans notre quotidien.
1ère partie : les trentenaires : Partage
Personnages
Acte unique
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Scène 5
Scène 6
Scène 7
Scène 8
Scène 9
Scène 10
Scène 11
Scène 12
2ème partie : les quadras : Sombre
Personnages
Acte 1
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Acte 2
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Acte 3
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Acte 4
Scène unique
3ème partie : les sexas : Le sens de ma vie
Personnages
Acte 1
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Acte 2
Scène 1
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Acte 3
Scène 2
Scène 3
Emmanuel
Léa, son épouse
Jacqueline, la belle-mère, LBM
Jacques, le beau-père, LBP
Michel, Julie, un couple d’amis
un plombier
«Toute jouissance qui n'est point partagée perd sa douceur»
Sénèque
Léa et Emmanuel. Un jeune couple, dans la trentaine.
Elle est charmante, pleine de séduction, elle s’ennuie Un salon dans lequel est installé un bureau avec un gros ordinateur. Il travaille. Elle feuillette négligemment quelques magazines, les pose, les reprend. Elle attend...
Léa : T’en as pas marre d’être vautré toute la journée derrière ton écran d’ordinateur?!
Emmanuel : Hein?
Léa :elle marche dans son dos Deux!
Emmanuel : Quoi?
Léa : Deux…
Emmanuel : Quoi deux? Deux quoi...?
Léa :comme une évidence Tu dis hein, je te réponds deux!
Emmanuel : C’est malin!
Léa : Je ne sais pas si c’est malin, mais je vois bien que c’est la seule façon de te faire lever le nez de cette foutue machine
Emmanuel : Oui, désolé, mais j’étais en train d’écrire un truc important...il replonge le nez sur l’ordinateur
Léa : C’est fou, quand même, ce que tu peux écrire de choses importantes en une journée!
Emmanuel :distrait Hein?
Léa : C’est reparti... elle crie Trois!
Emmanuel :il sursaute Hein! Quoi, trois?
Léa : Je te préviens! La guerre de Troie va avoir lieu si tu ne lâches pas cet engin cinq minutes!
Emmanuel : Ça va, c’est bon, on se calme! Il se lève et mime des mouvements de respiration apaisants Cool, cool! Temps C’est incroyable ce que tu es tendue en ce moment!
Léa : Je ne suis pas tendue...C’est toi qui me stresses!
Emmanuel : Moi? Mais je n’ai rien dit!!
Léa : Figure-toi que c’est exactement ce que je te reproche!
Emmanuel : Eh! Faudrait penser à faire du ménage, là dedans! Je ne dis rien, tu râles et quand je parle, je te stresse! Avec son index il désigne son front Dis donc, Léa? Tu es sûre que ça tourne bien?!
Léa : Ne me traite pas comme une débile, en plus! Ce qui me stresse, c’est que nous n’avons plus aucune aucune conversation. Bientôt il va falloir prendre rendez-vous pour t’adresser la parole... Toc, toc, vous avez un nouveau message! Femme seule recherche désespérément partage et plus si affinités!!
Emmanuel : Bon, qu’est-ce que tu voulais me dire?
Léa : Je n’en sais rien…
Emmanuel : C’est une plaisanterie?!
Léa : Pas du tout...J’avais juste envie que tu me regardes trente secondes
Emmanuel :comme s’il parlait à une grande malade Mais enfin, Léa, tout va bien, je suis là! L’immeuble n’a pas pris feu...Nous sommes le 7 Mars, la température extérieure est de 14 degrés. Pas de panique!
Léa : Mais regardez-le faire son comique! Il se fout carrément de moi!
Emmanuel : Je ne me fous pas de toi, je ne comprends pas tes sautes d’humeur. Nuance!... Je travaille. Tu me jettes parce que je travaille. Je cesse de travailler pour être à ton écoute et ça ne va toujours pas. Tu avoueras que tu es extraordinaire!
Léa :joueuse Tu ne m’aimes plus, dis la vérité! C’est cela?
Emmanuel : Mais tu es complètement folle!
Léa :minaudant Je te plais encore? C’est ma coupe de cheveux qui ne te convient pas, dis le
Emmanuel : Non mais, t’es vraiment atteinte! Je vais sérieusement commencer à me faire du souci!
Léa : Avant, tu me répétais toutes les cinq minutes que tu m’aimais…
Emmanuel : Tu m’excuseras, j’ai encore égaré ma montre!
Léa : Tu es méchant…
Emmanuel :conciliant Il vient lui caresser les épaules Mais non! Qu’est-ce que tu vas encore t’imaginer! Bien sûr que je t’aime...Tu ne vas tout de même pas être jalouse de mon ordinateur?!
Léa : Encore heureuse que tu veuilles bien me toucher de temps en temps quand ton jouet te donne la permission!
Emmanuel : Ça, tu vois, c’est une pure vacherie! Tu mériterais d’être punie pour oser dire des insanités pareilles!
Léa :enjôleuse Oh oui, punis-moi un peu! J’aime quand tu fais le grand méchant loup, quand tu me montres tes grandes dents, tes grandes griffes, ta grosse…
Emmanuel :il se précipite sur elle et la bâillonne Bon, ça va, on a compris! Non mais, tu réalises ce que les voisins vont penser de nous, s’ils écoutent nos conversations derrière le mur?! Tu es une véritable obsédée, toi! Allez, viens par ici. Je vais te faire entendre les hurlements du loup, moi!!
il l’entraîne dans la chambre à coucher
Noir
Léa, Emmanuel
Elle sort de la chambre, les cheveux en bataille, visiblement ravie. Elle porte un déshabillé sexy
Léa : Eh bien! Quelle énergie…! Je ne sais pas quel est l’idiot qui a été prétendre que les écrans d’ordinateur, ça ralentissait l’activité et le rythme! Encore des «fake news»! Manu, tu manies la souris comme un dieu! Elle l’interpelle à voix plus forte Tu veux que je te prépare un café, mon grand loup?!
Emmanuel :sort de la chambre en bas de pyjama. Il porte une robe de chambre dépenaillée J’arrive, j’arrive! Pas trop fort, le café, s’il te plaît. Je n’ai pas besoin d’excitant! J’ai eu ma dose…
Léa : Tu vois, quand tu veux faire un petit effort, tu es capable d’avoir des conversations tout à fait... à la hauteur!
Emmanuel : Ravi que mon style te convienne encore. Bon, Léa, blague à part, il faut vraiment que je m’y remette. J’ai deux rapports en retard que je dois rendre Lundi soir, dernier délai. Sinon, je me fais virer!
Léa : Bien, bien, je n’insiste pas! elle lui tend sa tasse de café et change soudainement de sujet Au fait, Manu, tu n’as pas oublié qu’on recevait mes parents demain?
Emmanuel : Tes parents, quels pa...? Il s’apprête à dire quels parents? Mais il laisse sa question en suspension Euh… Pardon, c’est déjà demain?! J’avais pourtant noté que c’était la semaine prochaine…
Léa : Tu n’avais rien noté du tout! Quand je t’en ai reparlé il y a trois jours, tu m’as répondu évasivement «Oui, oui, fais pour le mieux, c’est toi qui tiens l’agenda». Quand même, tu as un de ces culots, par moments… inquiète Dis, tu vas rester à table avec nous, j’espère?! Mes parents seraient très déçus que tu te lèves au beau milieu du repas. Ça leur ferait beaucoup de peine!
Emmanuel : De la peine...?! Je ne pense vraiment pas que ce soit le mot le plus approprié, tu vois! Eux, pourvu qu’ils puissent dorloter leur fille chérie, le reste, je crois qu’ils s’en foutent complètement!
Léa : Oh, Emmanuel! Mais comment peux-tu oser dire des choses pareilles?
Emmanuel : Je te dis ce que je pense. On ne va pas reprendre ce débat pour la centième fois. Cela ne nous mène nulle part! Pour eux, je ne suis qu’une pièce rapportée…
Léa : Une pièce rapportée?! Mais qu’est-ce que tu vas encore inventer? Une pièce… Non mais, tu es complètement obsédé par le fric!
Emmanuel : Ne fais pas ta maligne. Je sais très bien ce que je dis. Et toi, tu sais aussi bien que moi qu’ils ont consenti du bout des lèvres à donner en mariage leur fille sublime à un presque rien…Alors ne me dis surtout pas qu’ils attachent le moindre intérêt à ma présence! Encore moins à ma conversation!
Léa :vaguement indignée Tu es injuste! Quoique, pour la fille sublime, ils n’ont pas forcément tort! De toute façon, avec toi c’est simple. Dès qu’on n’est pas prosterné devant l’idole, tu cries à l’injustice!
Emmanuel : Pourtant, je dois reconnaître que c’est une posture qui t’allait très bien tout à l’heure!
Léa : Arrête, tu n’es qu’un pervers doublé d’un vicieux! S’ils t’entendaient parler comme cela!
Emmanuel : ironique Qui sait? Ça pourrait peut-être donner des idées à ton père! Je crois qu’il en aurait bien besoin, le pauvre homme… Je le trouve un peu raplapla en ce moment...
Léa : C’est révoltant! Tu n’as aucune reconnaissance. Tu ferais bien de te souvenir de temps en temps que c’est quand même grâce à lui que tu as obtenu cette mission dans cette boîte d’assurances. Sans son coup de pouce, mon petit père, tu pourrais toujours le sucer...ton pouce!
Emmanuel : Hum! C’est intéressant cette image comparée! Il y a le père et le «petit» père...Et le petit père suce son pouce, naturellement! Ta finesse psychologique me stupéfie par moments, Léa! Temps On vous initie également à Freud et à Jung dans vos écoles de Marketing?!
Léa : Oh, ça va! Ne sois pas méprisant, tu veux! Tu es toujours en train de chercher la petite bête dans tout ce que je dis…
Emmanuel : Oh, je n’ai pas besoin de la chercher. Elle est là, bien en évidence…
Léa : Attends! Qu’est-ce que tu viens d’insinuer?
Emmanuel : Moi? Rien du tout. Je me parlais tout seul... Bon, pour en revenir à tes parents et à ce futur feu d’artifice, j’essaierai de rester le plus possible. Mais ne m’inflige pas de passer trois heures à table! Je connais par cœur leurs intonations et leurs répliques imitant sa belle-mère «Alors, mon petit Emmanuel, la santé est bonne...? Tant mieux, parce que la santé, vous savez c’est primordial!» Nous avons aussi l’incontournable variante imitant son beau-père «Alors, Emmanuel, les affaires, vous en êtes où? L’argent rentre?»... Tu veux que je te dise...? J’en ai déjà mal au crâne! Six ans que j’entends le même refrain à chacune de leurs visites. C’est affligeant!
Léa : Oh, toi, bien sûr, il faudrait toujours qu’il y ait des Polytechniciens ou des Énarques à table pour que, Monsieur, veuille bien s’intéresser à la conversation! Je suis vraiment navrée, mon pauvre chéri, de t’avoir présenté des parents quasi analphabètes!
Emmanuel : Je n’ai jamais prétendu cela! Mais tout de même, ils pourraient faire un effort pour se renouveler! De toute façon, cela ne change rien à mon propos de départ. Ton père m’a toujours regardé avec suspicion dans le rôle du voleur de sa fille bien aimée...! temps C’était quoi déjà, sa petite phrase favorite à l’époque où on commençait à se fréquenter?
Léa :évasive Je ne vois pas de quoi tu parles…
Emmanuel : Mais si, tu le sais très bien...! Ah, ça y est, j’ai retrouvé! «Mais quel jeu joue-t-il, ce garçon?!» Brillante réflexion, pleine de sympathie et de bienveillance, tu me l’accorderas! Quel jeu joue-t-il?! Non mais! Il aurait dû être flic, ton père ou détective privé. Cela lui serait allé comme un gant!
Léa : Tu es méprisant! De toute façon, toi tu ne vois que le mauvais côté chez les gens!
Emmanuel : Ce n’est tout de même pas ma faute si la face sombre de son imposant Everest est trois fois plus exposée aux regards que le reste!
Léa : Bon, tu veux avoir le dernier mot, Manu? C’est ça qui t’intéresse? Sortir vainqueur, une fois de plus de ces joutes oratoires! Eh bien tu as gagné, tu vois, encore une fois…! Je suis fatiguée de ces disputes permanentes dès que je prononce le nom de mes parents. Je vais te dire, tu es dur, tu es querelleur, tu es… tu es…. Elle cherche ses mots
Emmanuel :moqueur Un petit coup de main, peut-être? Tu veux que j’aille te chercher le dictionnaire?!
Léa : C’est cela, continue à te foutre de moi! Tu as de la graine de mauvais en toi, de la graine de méchant! Tiens, tu me fais pitié. Je ne sais pas ce que tu as subi dans ton enfance pour faire payer aux autres tes manques, mais c’est révoltant!
Emmanuel :énervé Là tu vois, Léa, tu commences à t’égarer sur des pentes dangereuses que tu ne maîtrises absolument pas! Je te suggère donc vivement d’arrêter, parce que je sens que tu vas encore déraper dans un tissu d’âneries dont tu ne mesures pas une seconde les conséquences!
Léa :troublée, gênée, bat en retraite C’est bon, ne t’excite pas! Je te demandais juste de faire un effort, c’est tout. Ce n’est pas compliqué, quand même?! Un tout petit effort…
Emmanuel : Eh bien, moi, j’apprécierais que les gens qui gravitent autour de moi fassent eux aussi l’effort d’essayer de répondre, une fois, de temps en temps, à une simple attente, mais très importante pour moi…
Léa : Oui...mais encore, tu parles de laquelle?! Tu en as tellement que ça m’en donne le vertige!
Emmanuel : Oh, je parle de quelque chose de très simple. Le partage, Léa, j’ai besoin de partager! N’importe quoi, avec n’importe qui, sur n’importe quel sujet! Tu vois, je ne suis pas très exigeant! Mais j’ai besoin de partager. Du vrai! De l’authentique! De la sincérité! J’ai besoin que l’on m’accorde un peu d’attention, un peu d’intérêt!
Léa : Je n’avais jamais remarqué jusqu’à présent que tu étais exclu de la conversation
Emmanuel : Je ne parle pas de cela. Mais si les échanges se réduisent en permanence à des mondanités et à des conversations de bistrot qui n’ont aucun sens, aucun intérêt pratique autre que de meubler la conversation, tu peux me dire à quoi ça sert, où est le plaisir de fréquenter des gens, de vivre en société? Temps C’est trop compliqué à comprendre, ce que je suis en train de t’expliquer?! C’est moi qui marche à côté de mes pompes, ou c’est le monde qui déraille chaque jour encore un peu plus?!
Noir
Les mêmes. Décor inchangé. La table est dressée.
On sonne
Léa : Emmanuel?! Tu peux aller ouvrir? Je finis de me préparer. J’en ai pour deux secondes…
Emmanuel : Avec plaisir, si je peux me rendre utile!
Léa : Merci. Et fais un effort, s’il te plaît. N’oublie pas ce que tu m’as promis…
Emmanuel : Compte sur moi! Je ne suis pas du genre à oublier quoi que ce soit! Il va ouvrir. Arrivée des beaux-parents Ah, vous voilà, entrez, nous commencions à nous impatienter!
La belle-mère :Très BCBG, assez satisfaite de sa personne Désolée pour ce retard, Emmanuel! Jacques n’arrivait pas à trouver une place pour se garer. Dites donc, cela devient de plus en plus difficile de stationner par chez vous! On voit que cette zone... comment dites-vous déjà? … Ah oui, cette zone de développement urbain connaît un franc succès!
Emmanuel : Que voulez-vous?! C’est le problème avec les ghettos! Tous les migrants se retrouvent confinés dans les mêmes campements de survie. Ça finit par faire beaucoup de monde. Il faut vous y faire!
LBM : Oh, Emmanuel, toujours le mot pour rire! J’adore ce petit côté facétieux en vous, n’est-ce pas, Jacques?
Jacques : Tout à fait! Bon, Jacqueline, tu ne pourrais pas avancer un peu? Tu bloques l’entrée et je suis en plein courant d’air!
LBM : Mais bien sûr, excuse-moi… Léa n’est pas là?
Emmanuel : Si, si, bien entendu. Elle en a pour trente secondes. Mais rentrez, mettezvous à l’aise! Je peux vous débarrasser?
LBM : Volontiers! Toutefois, je vais peu-être garder mon gilet un instant. Il fait un peu frais chez vous, non? Jacques, qu’est-ce que tu en penses?
Le beau-père : Fais comme tu veux. Toi, de toute façon, tu as toujours froid! Ceci dit, il se frotte les bras je reconnais qu’il ne fait pas très chaud. Vous êtes à quoi? 18, 19, à peine?!
Emmanuel : Je ne peux pas vous répondre. C’est Léa qui règle le thermostat.
LBM : Oui, enfin ce n’est pas une raison! Je vais lui dire. Il ne faudrait pas que le petit attrape froid!
Emmanuel :interloqué Le petit...quel petit?
LBM : Enfin, Emmanuel, votre prochain enfant, bien sûr! Vous n’allez tout de même pas mettre encore dix ans avant de vous décider...C’est que nous vieillissons, vous savez... Nous n’allons pas attendre d’être grabataires pour avoir la joie de nous occuper d’un descendant?! N’est-ce pas, Jacques?!
LBP : C’est certain! Ceci dit, laisse leur deux minutes pour s’adapter. Il faut qu’ils pensent en priorité à stabiliser leur situation matérielle. A propos, Emmanuel, les affaires, vous en êtes où? L’argent rentre?
Emmanuel :en off C’est parti! Se tournant vers Jacques Ça avance doucement. Je pose des jalons…Mais je vous en prie, venez vous asseoir…
LBP : Des jalons, des jalons...C’est bien les points de repère! Mais il y a un moment où il faut songer à franchir la ligne d’arrivée!
Emmanuel : J’y pense sérieusement, Jacques, ne vous inquiétez pas pour cela!
Jacques : Si vous le dites! Alors, cette mission aux Nouvelles Mutuelles, ça se passe bien?
Emmanuel : Tout baigne! Je suis en train de mettre un point final à mon rapport d’audit entrée de Léa
Léa : Papa...! Maman! Quel joie de vous accueillir!
LBM : Ma chérie! Que tu es jolie dans cette petite robe! Elle te va à merveille! C’est ton mari qui te l’a offerte?
Léa : Euh...non, pas vraiment. Tu sais, avec son travail, Emmanuel n’a pas trop le temps de s’occuper de ce genre de détails…
LBM : Des détails, des détails! N’oublie pas que c’est parfois tout ce qui fait la différence! Tourne-toi un peu… Jacques, tu ne la trouves pas ravissante?
LBP : Absolument! De toute façon, notre fille est toujours ravissante. Elle pourrait bien porter un chiffon, elle en ferait une robe de bal!
Léa : Papa! Tu es trop gentil!
LBP : Je ne fais que dire la vérité...Au fait, chez quel couturier as-tu déniché cette beauté?
Léa : Sur Ebay, en fait
LBM : «Suribet»!! Tu connaissais cette marque, toi Jacques? C’est un nouveau couturier?
LBP : Pas particulièrement. Ils sont installés où, ces gens? Avenue Montaigne? Au Faubourg Honoré?
Emmanuel : Je crois comprendre que vous êtes toujours fâché avec Internet?
LBM :surprise Je ne saisis pas bien le rapport!
Emmanuel : Oh, c’est très simple. Ebay n’est pas le nom d’un nouveau couturier. C’est un site de ventes en ligne grâce auquel on peut acheter des milliers d’objets de toute provenance...Et c’est parfois bien pratique quand on n’a pas de budget trop extensible!
LBM : La vente en ligne...Quelle drôle d’idée! Moi je n’aurai plus jamais le réflexe d’aller acheter un article par correspondance. J’ai essayé la Redoute une fois. Merci! Ils m’ont livré un pantalon en taille 38. Je n’ai jamais pu y rentrer dedans!
Léa : Mais Maman! Tu fais au moins du 44!
LBM : Oh, Léa, c’est très exagéré! J’avais peutêtre légèrement forci à cette époque. Ce devait être après le mariage de ton oncle André! Tu te souviens, Jacques? On nous avait forcé à avaler tout un tas de charcuteries qui m’ont peut-être fait prendre quelques grammes...Mais, franchement, un 44! Ton père n’oserait même plus me regarder!
Léa : Bien! Je n’insiste pas! Elle se tourne vers son père Enfin, Papa, tout de même, tu pourrais lui dire les choses clairement, pour une fois!
LBP : Ma petite fille, dis-toi bien une chose. Dès que ta mère se retrouve devant un miroir, les termes de «clarté» et de «lucidité» disparaissent aussitôt de son vocabulaire! Je crois qu’elle souffre par moments de cécité psychique…
LBM : Enfin, je t’en prie, Jacques, ne sois pas grossier!
Emmanuel : Je comprends ce que Jacques veut dire. Il n’y a rien de choquant ou de grossier dans son propos. Il faisait simplement allusion aux gens qui, dans certaines circonstances de leur vie, ne sont pas en mesure de voir les choses pour ce quelles sont…
LBM : Mais je vois très bien, Emmanuel! D’ailleurs, ma dernière visite chez l’opticien a été très concluante! Je n’ai quasiment rien perdu de mon acuité sensorielle et visuelle depuis un an. Changeant de sujet Tenez, puisque nous parlons de santé, et vous, Emmanuel, comment allez-vous? La vôtre est-elle bonne...? Oui, Tant mieux, parce que la santé, vous savez c’est primordial!
Emmanuel :off Et de deux!
Léa :volant à son secours
