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L'auteur découvre le théâtre d'avant-garde. Sur le tard, on remonte le temps. Le tout sans Augustin Triboulet qui s'est esquivé sans vergogne. LE (FIDELE) LECTEUR Carrément ? Une pièce de théâtre, rien que ça ! L'AUTEUR Et pourquoi pas ! LE (FIDELE) LECTEUR Je te connais trop bien, tu es prié s'utiliser les didascalies avec parcimonie. L'AUTEUR Entendu je lui demanderai, mais je ne promets rien. LE (FIDELE) LECTEUR En revanche, si tu pouvais te lâcher côté stichomythie ? L'AUTEUR Oui je sais, sinon on va tous chier dans les douves ! LE (FIDELE) LECTEUR Ça dépend, seulement si il y a un château dans ton histoire
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Seitenzahl: 28
Veröffentlichungsjahr: 2025
LE (FIDELE) LECTEUR :
— Carrément ? Une pièce de théâtre, rien que ça ?
L’AUTEUR :
— Et pourquoi pas !
LE (FIDELE) LECTEUR :
— Je te connais trop bien, tu es prié d’utiliser les didascalies avec parcimonie !
L’AUTEUR :
— Entendu je lui demanderai, mais je ne promets rien …
LE (FIDELE) LECTEUR :
— En revanche, si tu pouvais te lâcher côté stichomythie ?
L’AUTEUR :
— Oui je sais, sinon on va tous chier dans les douves !
LE (FIDELE) LECTEUR :
— Ça dépend, seulement si il y a un château dans ton histoire.
* * *
*
KARP :
30 ans.
BOGDANA :
50 ans, sa mère (semble-t’il).
SERAPHIN :
La cinquantaine (à ce qu’il dit).
DIEM :
30 ans.
AUGUSTINO :
Indéfinissable.
LE GARDE FORESTIER et son chien BÉHÉMOTH: Sans âge, ni l’un ni l’autre.
Préambule.
Saynète 1
Saynète 2
Saynète 3
Saynète 4
Saynète 5
Saynète 6 et dernière
Chemin dans la campagne, avec au loin une rivière. Pénombre du soir.
La silhouette d’un homme, assis sur une pierre, essaie d'enlever sa chaussure. Il s'y acharne des deux mains, en ahanant. Il s'arrête, à bout de force, se repose en haletant, recommence. Même jeu.
Arrive une femme.
KARPA :
Maintenant bien visible. Renonçant à nouveau
— Rien à faire !
BOGDANAB :
S'approchant à petits pas raides, les jambes un peu écartées.
— Je commence à le croire.
Puis, s'immobilisant
— J'ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Bogdana, sois raisonnable, tu n'as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat.
Elle se recueille, songeant au combat, puis s’adressant à Karp.
— Alors te revoilà, toi !
KARP :
— Tu crois ?
BOGDANA :
— Je suis contente de te revoir. Je te croyais parti pour toujours
KARP :
— Moi aussi.
BOGDANA :
— Que faire pour fêter cette réunion ?
Elle réfléchit.
— Lève-toi que je t'embrasse.
Elle tend les bers vers Karp.
KARL :
Irrité, il reste en retrait.
— Tout à l'heure, tout à l'heure.
Une voix off survient, forte et autoritaire.
Stop ! Stop ! Et re-stop ! Non ! Il ne suffit pas de démarrer un texte façon Samuel Beckett pour lancer sa piécette de theatre !
BOGDANA :
Elle se redresse, attentive à d’éventuels autres commentaires de la voix off qui pourtant ne viennent pas. Dépitée, elle regarde Karp avec pitié.
— Il est vrai, cela n’aide pas tant que ça.
KARP :
Toujours à essayer d’extirper sa chaussure.
— Alors, même pas du tout ! Mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot.
BOGDANA :
Hésitante et concentrée sur ses pas, approchant de Karp.
— Et en plus, j’hérite de cette démarche boiteuse imposée par l’auteur ! Voilà qui n’est pas très élégant non plus !
KARP :
Parvenu à ses fins, il lance un grand cri victorieux ainsi que sa chaussure au loin puis se lève.
— Ah ! Enfin !
Il bombe le torse, satisfait.
— Encore une et je serai d’attaque.
BOGDANA :
— Pour la traversée ?
KARP :
— Oui. On va pouvoir y aller. Tu sais bien que je suis venu pour ça ! Cela se passera comme d’habitude…
Après un court silence,
— Allez donc prépare toi !
BOGDANA :
Elle se débarrasse aisément de ses deux botillons.
— Tout doux quand même mon fils ! Je ne me déplace pas aussi vite que toi ! D’autant que, regarde ! Il y a encore plus d’eau que les autres fois à même époque.
KARP :
