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Eté 2015. Augustin Triboulet se retrouve immergé dans un monde sportif et généreux. Cela tombe bien, ses amis comptent sur lui.
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Seitenzahl: 67
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Bazar et Cécité
2018
Le dodo de Dado
2016
Petites histoires et piécettes du « théâtre de Dodo ». Produit d’une (très) étroite collaboration Avec Maura Murray
Toujours un pet plus loin
2014-17
Cinq “Petits Écrits à Tiroirs” : Augustin qui n’était pas un Saint, Le monde petit d’Augustin, Soixante-dix-sept (ed.1), Capilotades exquises, Ainsi parla Bacbuc.
Charles Bantegnie 1914-1915
Préface
2014
Remerciements
Maura & Viviane for sharing the F4
Barbara, Jean-Marie et les randonneurs
du Paris-Brest-Paris 2015; en particulier
Didier et Patrick
Photo©unsplash.com
La pâtisserie à la crème “Le Paris – Brest” représenterait une roue de vélo, selon les adeptes de la randonnée cycliste éponyme.
Pourquoi donc revenir sur cette histoire imaginée pendant l’été deux-mille quinze ? L’arrivée massive et souvent tragique de réfugiés en Europe bousculait alors les bonnes consciences. On parlait même de la généreuse nation qui en accueillait un million. Trois ans plus tard « tout le monde » s’accorde désormais pour organiser la fermeture des frontières et dissuader toute nouvelle entrée. N’y aurait il pas un air de déjà vu ?
« À la suite de la création du Grand Reich, le 10 avril 1938, l'afflux de migrants juifs d'origine allemande et autrichienne aux États-Unis augmente considérablement. Le problème est que seuls 150 000 visas par an sont délivrés, dont 27 000 pour les Allemands et les Autrichiens. Une conférence internationale fut organisée à Évian, à l'initiative de Franklin D. Roosevelt. Elle se déroula du 6 juillet au 16 juillet 1938. Pendant plusieurs jours, les différentes délégations font de nombreux discours expliquant pourquoi leur pays ne peut changer sa législation pour recevoir les réfugiés juifs. La Grande-Bretagne refuse d'en accueillir en Palestine alors sous mandat britannique craignant des troubles avec la population musulmane. La France est sur la même position avec l'Algérie ou d'autres territoires d’outremer. Madagascar évoqué en 1936 avec la France par la Pologne pour l'émigration de sa propre population juive avait alors été définitivement refusé. La Suisse indique qu'elle ne peut plus accueillir de réfugiés autrichiens et a même rétabli le système de visa avec ce pays. Le représentant australien indique que son pays ne souhaite pas « importer un problème racial ». Seul le représentant de la République dominicaine et frère du dictateur Trujillo propose d'accueillir 10 000 réfugiés juifs contre subventions … Les historiens disent qu’en fait les délégations occidentales craignaient surtout l’afflux des autres populations juives d’Europe centrale, chiffrées par millions. On connait la suite ».
Heureusement, l’histoire ne se répète pas …
Que nous dit donc notre chère et brave WikiPedia ?
« Le prologue est la première partie d'une œuvre servant à situer les personnages et l’action. »
Mais voilà, le prologue c'est aussi, en cyclisme sur route, une course contre-la-montre individuelle disputée en ouverture d'une course par étapes. La distance est courte: l'union cycliste internationale impose qu'elle soit de moins de 8 km pour les hommes élite et de moins de 23 ans et de moins de 4 km pour les femmes élite et junior et pour les hommes junior. Rien à voir avec ce que ce qui va suivre. Quoique.
Le très célèbre Tour de France cycliste traverse régulièrement la Bretagne. Là comme ailleurs, tout commence par le bref et tonitruant passage d’une caravane publicitaire très prisée des familles, suivi de l’apparition furtive d’un peloton de coureurs cyclistes en plein effort. Dans le meilleur des cas, le peloton est précédé d’échappées copieusement applaudies. Moins pourtant que les retardataires que l’on encourage avec force. Le tout, très populaire et festif, est vite plié, au terme d’une longue attente au bord de la route. Et puis, en cette même terre de Bretagne, il y a l’autre rendez-vous des amoureux de la pédale. Tous les quatre ans et ce depuis 1891, la randonnée cycliste Paris Brest Paris, ou PBP pour les intimes, se répand dans la contrée pendant trois jours et trois nuits. 1232 Kilomètres au menu. Prés de 6000 cyclistes en tous genres et de toutes nationalités. La performance attendue des participants est le non stop. Rouler jour et nuit et terminer l’aller-retour en moins de 90 h, pour les plus lents.
La surprise vient de cet autre engouement populaire et solidaire qui se manifeste tout le long du trajet et ce pendant toute la durée de la randonnée. De jour comme de nuit, toute une population vient encourager et observer ces forçats du cycle. Sur les routes, lors des haltes de contrôle, les familles et les curieux encouragent les randonneurs. De nombreux villages et villes sont pavoisés sur le thème de la bicyclette et profitent souvent de l’occasion pour organiser une fête. D’autres fous de la pédale se mêlent avec brio aux cyclistes traditionnels. Des tandems bien sûr, aussi les vélos pour trois et surtout les vélos couchés, certains modèles carénés et profilés comme des bolides de formule un. Plus récemment, on a vu apparaître le vélo elliptique. Cela ressemble à une trottinette à pédale ou à une machine du genre de celle que l’on chevauche pour brûler des calories dans les salles de sport. Sauf qu’avec le vélo elliptique, chaque pression sur les pédales propulse vers l’avant.
Je ne suis pas cycliste, ni même qualifiable de sportif. Du Paris - Brest, je connaissais bien le gâteau, mais pas vraiment cette randonnée du même nom. Lorsque mes vieux comparses Augustin Triboulet et Jack Lewis m’en ont parlé, je les ai traité de malades mentaux pour réaliser au final qu’il y avait plus fou encore que la course elle même. Il suffisait d’entrer dans le rituel PBP pour le réaliser.
Teddy Iomiri, Septembre 2015
Ch.1
Les anglais s’y mettent
Ch.2
Ça grimpe, ça cause et ça délire
Ch.3
Tirez donc les premiers
Ch.4
Pédale mon frère!
Ch.5
Le retour
Epilogue
Quelques personnages, certains déjà rencontrés
Les anglais s’y mettent
Une petite équipe anglaise a adopté le vélo elliptique et va attirer l’attention lors du PBP 2015. Le britannique sait être original. Son nom, Gletilipo est l’anagramme de la marque qui fabrique ces engins et qui finance le voyage en France. Originaires de Londres, sept hommes et une femme s’entrainent depuis un an sur ces étranges vélo-trottinettes.
C’est qu’il faut montrer patte blanche pour pouvoir participer à l’événement ! Les inscriptions au PBP ne sont acceptées que si l’on peut produire des certificats attestant des randonnées de 300 et de 600 kilomètres en un temps maximum fixé. La petite bande londonienne s’est acquittée avec succès des épreuves de sélection. De plus, elle a pu s’associer avec d’autres équipes britanniques et louer ensemble une double Decker bus pour les emmener en France avec leurs engins et les accompagnateurs. Ces derniers ont un rôle important. A chaque point de contrôle d’étape, il faut que l’intendance suive. Il s’agit de remettre en selle, parfois au sens propre, les cyclistes épuisés: fournir de quoi tenir, se soigner, voire dormir une paire d’heures avant de pouvoir repartir.
Au fil des entraînements et du temps, l’équipe s’est soudée, a douté aussi, mais là, maintenant, cela serait plutôt le travail personnel intérieur qui prime. Pas du chacun pour soi, mais du chacun conscient d’être face à une falaise d’efforts à fournir en très peu de temps. Certes épaulé, choyé par la chaleureuse “famille des cyclistes”, mais bon, surtout confronté à ses propres limites.
Helena Lewis est la seule coéquipière Gletilipo. Elle vit seule à Londres où elle travaille comme institutrice. La trentaine sportive, physique agréable, elle a rejoint ce club de cyclistes un peu excentriques, sur recommandation de son père, peu raisonnable de nature, mais très apprécié dans le club. Elle se prépare intensément au “pibipi”, c’est ainsi que les anglophones parlent du Paris Brest Paris. Helena ressent la pression d’un groupe d’hommes exigeants autant que séduits par la performance de la brunette aux yeux verts. Juste un peu macho, mais pas trop
