Enseignement sur La Prière du Seigneur - Père Jean-Nicolas Grou - E-Book

Enseignement sur La Prière du Seigneur E-Book

Père Jean-Nicolas Grou

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Beschreibung

"Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen !" (Evangile de saint Mathieu) "Vraiment, tu en es, et d'ailleurs tu es Galiléen ! " (Evangile de saint Marc) En qualité de chrétiens, nous nous faisons gloire d'être les disciples de Jésus-Christ. Mais le sommes-nous en effet ? Prenons-nous Jésus-Christ pour Maître ? Etudions-nous sa morale ? Nous appliquons-nous à la pratiquer ? Si cela était, les bons chrétiens ne seraient pas en si petit nombre, et l'on ne se flatterait pas si aisément d'en être. C'est un grand mal assurément de ne pas aller à l'Ecole de Jésus-Christ; mais c'en est un bien plus grand d'y aller, et de n'en retirer aucun fruit. Père Jean-Nicolas grou.

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Seitenzahl: 110

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Photographie de couverture: Cathédrale Notre Dame, Laon, Les vitraux du Choeur, vers 1215 Photo © Berger 2019

Autres publications chez BoD

Gautier de Coinci (1177- 1236) :

Les Miracles de Nostre Dame (1218-1230).

BoD, 2020.

En préparation:

Guillaume digulleville (1295- après 1358, avant 1385):

Les pèlerinages (de vie humaine (1355), de l'âme (1356) et

de Jésus-Christ (1358) )

Avertissement

Nous reproduisons ci-après, deux textes que l' Abbé Jean-Nicolas Grou, né en 1731, médita lors de son exil en Angleterre durant la tourmente révolutionnaire, entre décembre 1792 et le 13 décembre 1803, date de sa mort.

Notre édition suit celle de Auguste Hamon de 1909 pour L'intérieur de Jésus et Marie ; et celle du P. F. Doyotte de 1884 pour L'école de Jésus-Christ.

Ces textes transmettent un enseignement d'une haute valeur spirituelle, universelle et intemporelle; mais ils n'en sont pas moins issus d'une mentalité tissée aux fils de représentations d' une époque particulière et révolue.

Chacun est le maître d'oeuvre de la lecture qu' il fait d'un texte; éclairé et assisté par L'Esprit Saint ou non, selon qu'il l'aura sollicité.

JM. BERGER

Sommaire

Avertissement

Préambule: Du MAGNIFICAT ou De l'extase de l'humilité de la Vierge Marie.

De la prière du Seigneur

NOTRE PERE !

NOTRE PERE !

NOTRE PERE QUI ES AUX CIEUX !

QUE TON NOM SOIT SANCTIFIE !

QUE TON REGNE ARRIVE !

QUE TA VOLONTE SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL !

DONNE-NOUS AUJOURD'HUI NOTRE PAIN DE CE JOUR

PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES COMME NOUS PARDONNONS AUSSI A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES

ET NE NOUS LAISSE PAS ENTRER EN TENTATION.

MAIS DELIVRE-NOUS DU MAL.

"Je l'emmenerai au désert et je parlerai à son coeur" Osée.

Préambule: Du MAGNIFICAT ou De l'extase de l'humilité de la Vierge Marie.

La Vierge Marie n'y parle que de Dieu et d'elle: de Dieu, pour célébrer ses louanges, d'elle pour s'abaisser et s'anéantir.

Mon âme, s'écrie-t-elle, glorifie le Seigneur, et mon esprit est transporté de joie en Dieu auteur de mon salut. Qui peut dire, qui peut concevoir avec quel sentiment la Vierge prononça ces paroles ? Il n'appartient à aucun homme mortel d'exposer le ravissement de Marie en Dieu, la pureté d'âme avec laquelle elle lui rend gloire de tout, ne réservant absolument rien pour elle-même. Dieu la glorifie plus qu'il n'a jamais glorifié aucune créature. Marie reçoit cette gloire, pour la renvoyer toute entière à son auteur; et nulle créature ne le glorifie aussi excellemment qu'elle. Quel triomphe, si je l'ose dire, pour Dieu, de voir une âme comblée de ses bienfaits, inondée de ses faveurs, qui n'en fait usage que pour le louer; qui, s'oubliant totalement elle-même, ne pense qu'à lui, se perd et s'abîme en lui! La joie dont elle est transportée n'a point pour objet sa propre élévation, toute sublime qu'elle est. Son unique objet est Dieu, auteur de son salut, le Dieu qu'elle porte en son sein, et qui ne s'y est renfermé que pour la sauver elle et tout le genre humain. Ce salut même, elle le considère moins par ce qu'il a d'avantageux pour elle, que par ce qu'il a de glorieux pour Dieu. Elle met à l'écart son intérêt, pour ne s'occuper que de l'intérêt de Dieu.

Est-ce ainsi que nous rapportons à Dieu tous les biens qu'il nous fait? et notre perfection même ne nous touche-elle, qu' à cause de la gloire qui lui en revient ? Où sont les âmes en qui règne une telle pureté de sentiments ? Qu'elles sont rares! Les autres n'en ont pas même l'idée, quelque saintes qu' elles soient d'ailleurs. On rapporte les grâces de Dieu à soi; on veut être saint pour soi; la gloire de Dieu n'est pas notre premier motif, et notre principale fin. Si l'on n'y pense quelquefois, ce n'est pas que par réflexion; les premières pensées, les premiers sentiments du coeur sont pour nous.

Malheureux amour propre, tu entres partout; tu infectes tout de ton venin; tu portes tes attentats jusque sur l'amour qui est dû à Dieu; et tu dérobes tout ce que tu peux à sa gloire, pour te l'attribuer. Ah, Marie, obtenez-nous la lumière pour connaître l'effroyable laideur de ce vice, le courage pour le combattre, et la générosité pour le laisser détruire par la jalousie de Dieu.

Et d'où viennent ces transports, cette sainte allégresse de Marie ? De ce que Dieu a jeté un regard sur la bassesse de sa servante. Elle n'était rien; d' elle-même elle n'eût jamais rien été. Dieu l'a regardée, et ce regard l'a faite ce qu'elle est. Pour être élevée à la dignité de mère de Dieu, elle ne perd point la vue de sa bassesse; elle n'oublie pas qu'elle est sa servante, et elle ne prend point d'autre titre. O mon Dieu, avec quelle complaisance vous regardiez celle qui étant au comble de sa grandeur, ne sortait point de son néant ! Hélas! nous avons tant de sujet d'être humbles; et nous sommes vain ! C'est pour cela que Dieu ne nous regarde pas; il voit que s'il daignait jeter un regard sur nous, nous en serions plus vains. Quelle opposition entre Marie et nous.

C'est pour cela, c'est à cause de ce regard de Dieu sur moi que toutes les générations m'appelleront bienheureuse. Je dois tout à ce regard; je ne serais rien sans cela. Qui me considerera en moi-même, n'y verra rien qui mérite la moindre louange, rien même qui ne soit digne du plus profond mépris. Mais qui me verra telle que je suis devenue par le regard de Dieu, regard qui est un pur effet de sa miséricorde sur moi, ne pourra s'empêcher de m' appeler bienheureuse. D'âge en âge, jusqu'à la fin des siècles, ce titre me sera donné et m'appartiendra spécialement. J'en bénis, et j'en bénirais à jamais celui qui m'a regardée; et je lui renverrai fidèlement tous les éloges qui me seront donnés : parce que lui seul en est la source, et que lui seul doit être loué en moi.

Les bienheureux ont ces sentiments dans le ciel; ils n'y sont entrés que purgés de tout amour propre. Marie les a eus sur la terre dans toute leur pureté et leur perfection. Attachons-nous à l'imiter en ce point, plus qu'en aucun autre.

Car celui qui est puissant a fait en ma faveur de grandes choses; et son nom est saint. Marie n'affaiblit point par une fausse humilité ce que Dieu a fait pour elle. Elle reconnaît que ce sont de grandes choses; et si grandes, que ces autres oeuvres ne sont rien en comparaison. Mais elle ne les relève ainsi, que pour les attribuer à sa toute-puissance, à qui rien ne coûte; qui est au-dessus des lois de la nature, et qui n'a qu'à dire une parole pour exécuter les plus grands desseins. Et quelle conséquence tire-t-elle de là ? Que le nom de Dieu est saint; que c'est pour la gloire de ce nom qu'il opère toutes choses; et que la sanctification du grand nom de Dieu doit être le but des pensées, des sentiments, des actions de la créature. Après avoir ainsi tout attribué, tout donné à Dieu, que reste-t-il pour Marie? Rien . Elle ne prétend rien, elle ne désire rien, sinon qu'on admire avec elle les merveilles de la puissance divine, et qu'on loue son saint nom. Mais plus elle s'oubliera, plus Dieu prendra soin de la glorifier: parce que tout ce qui sera rendu d' honneur à Marie, lui reviendra, et qu'avec elle, il ne perdra rien de ses droits. Occupons-nous uniquement de la gloire de Dieu: et il la partagera avec nous sans aucune diminution pour lui. S'il n' est rien de comparable à la gloire de Marie, c'est que rien n'a été comparable à son humilité. Dieu veut placer ses dons avec sûreté; et il ne peut les placer ainsi que dans une âme humble. Marie va nous l'apprendre elle-même.

Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Par ceux qui craignent Dieu, l'Ecriture entend ceux qui l'aiment, et qui par un principe d' amour appréhende de l'offenser. Or, rien ne blesse plus le coeur de Dieu, que de lui dérober sa gloire, dont il est si jaloux. C'est un crime qu'il ne pardonne point, et dont il poursuit nécessairement la vengeance. Et comment le punit-il ? En retirant ses miséricordes de ceux qui s'en rendent coupables: ce qui est le plus grand malheur qui puisse arriver à une âme. Au contraire il les répand avec profusion sur les âmes zélées pour sa gloire, qui craignent par-dessus tout de lui en dérober la moindre partie. Ayons cette crainte; rien ne nous est plus nécessaire. L'orgueil et la vanité sont nos vices favoris. Parce qu'ils sont odieux et souverainement injustes, ils se déguisent si subtilement, que nous ne les apercevons pas; ou qu'ils nous séduisent au point de les justifier. Disons avec Saint Philippe de Néri: Défiez-vous de moi, Seigneur, je suis un voleur qui ne tend qu'à vous dérober votre gloire. Il a déployé la force de son bras, et confondu les pensées des superbes. Le bras de Dieu dans l'ancien et le nouveau testament c'est Jésus-Christ. Par ce bras, comme Verbe, il a tiré l' univers du néant; par ce même bras comme Verbe fait chair, il a tout fait dans l'ordre surnaturel. Et en quoi ce bras puissant s'est-il signalé ? Dans la dispersion, dans le châtiment des superbes conjurés contre la gloire de Dieu. Il les a humiliés, il les a écrasés, il a creusé pour eux l'enfer, où ils seront forcés éternellement de restituer à Dieu le bien qu'ils ont essayé en vain de lui enlever.

Il a ôté les puissants de leur place; il a élevé les humbles. Il a rempli de biens ceux qui manquaient de tout; et il a renvoyé vides ceux qui étaient dans l'abondance. Telle est la conduite de Dieu. Il abaisse les puissants qui s' enorgueillissent du rang qu'ils occupent; il élève à leur place ceux qui sont humbles. S'il ne le fait pas toujours en ce monde, il ne manque jamais de le faire en l'autre. Les hautes places du ciel sont pour les humbles; les cachots les plus bas de l'enfer sont pour les superbes.

Soyez affamé de la justice; et reconnaissant votre indigence, adressez-vous à Dieu: il vous comblera des vrais biens. Si vous êtes dans l'abondance, même des biens spirituels; et si, vous les appropriant, vous en faites la pâture de votre orgueil : Il vous les retirera, et vous rejettera loin de sa face les mains vides. C'est la leçon que nous donne ici Marie, et dont elle nous montre un exemple si frappant en sa personne. Nous ne haïrons, nous ne fuirons jamais assez l'orgueil; nous n'aimerons, nous ne rechercherons jamais assez l'humilité.

Il a pris sous sa protection Israël son fils, se ressouvenant de sa miséricorde, selon la promesse qu'il en avait faite à nos pères, à Abraham et à sa semence pour toute la suite des siècles. Les vraies promesses faites à Abraham et à sa postérité, à l'Israël de Dieu, selon l'expression de saint Paul, étaient spirituelles, et ne devaient être remplies que par l'avènement du Messie. Le voilà venu; il est dans le sein de Marie; il n'en est pas encore sorti; il verse déjà ses bénédictions sur Jean et Elizabeth. C'est lui qui est le père des vrais Israélites; lui dont Abraham a désiré de voir le jour,qui l'a vu en esprit, et qui s'en est réjoui. Toutes les figures vont cesser: Abraham ne sera plus regardé comme le père des Israélites selon la chair; mais comme le père des croyants, de quelques nations qu'ils soient; et Abraham avec toute sa postérité spirituelle appartiendra à Jésus-Christ. Marie prophétise donc ici; et nous montre en elle l'accomplissement de la grande promesse faite dès l'origine du monde et renouvelée d'âge en âge.

Prions-la de nous expliquer elle-même le sens de son admirable cantique; et surtout de nous mettre au coeur les sentiments avec lesquels elle l'a prononcé.

"Ceux qui craignent le Seigneur préparent leurs coeurs et devant lui ils humilient leurs âmes" L'ecclésiastique

De la prière du Seigneur

Le fruit de la demande que les Apôtres, inspirés par l'Esprit-Saint, firent au Sauveur de leur enseigner à prier, fut l'Oraison Dominicale, c'est-à-dire l'Oraison du Seigneur: prière divine, soit que l'on considère son auteur ou les sentiments qu'elle exprime; prière que Jésus-Christ nous a enseignée à tous, dans la personne des Apôtres, qu'il chargea d'en instruire leurs disciples; prière que l'Eglise a toujours mise au-dessus de toutes les autres, qui fait une partie essentielle du sacrifice de nos autels où elle n'est jamais omise, par laquelle elle commence tous ses offices, qu'elle apprend aux enfants dès leur plus bas âge, qu'elle leur explique dans tous ses catéchismes, et qu'elle recommande aux fidèles de réitérer plusieurs fois le jour, surtout le matin et le soir.

Cette prière, en effet, contient tout.