Erreur de jeunesse - BSAM Mucho - E-Book

Erreur de jeunesse E-Book

BSAM Mucho

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Beschreibung

Le temps et les sujets abordés dans ce livre vont jouer en ma faveur. Pourquoi ? Parce qu’on pourra toujours me comprendre dans 40 ans. Les problèmes de la France d’aujourd’hui seront toujours aussi prégnants demain. Grâce aux incroyables forces de conservatisme de notre pays, je sais que l’actualité restera la même, restera la mienne, restera la tienne. Donc je te laisse 40 ans pour te l’approprier mon bouquin, le temps que le petit agité du bocal ou un autre fasse bouger les positions. L’histoire me remerciera-t-elle d’avoir tenu un journal à un si jeune âge ? Ce recueil de pensées offrira-t-il une vision incroyable de mon génie bourgeonnant ? L’histoire de France s’en fout. Elle est passée à côté de moi. J’appartiens à cette génération que la France a voulu assister et infantiliser. Dans notre société d’aujourd’hui, l’opinion appartient à de vieux exégètes trotskistes de la pensée unique, pas à l’initiative personnelle d’un simple quidam. D’où ce titre « Erreur de jeunesse » comme pour m’excuser d’émettre mon opinion.

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Seitenzahl: 339

Veröffentlichungsjahr: 2015

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A celles qui m’ont fait grandir

Table

L’AGE DE FER

Mondovision à Saint Antonin

Aller-retour

Sécurité moto

Ami

Copine

Le Made-in-France

La fille dans l’escalier

Les anglais débarquent

Boite de nuit

La marée était en noir

La mort de mémé

Maison de retraite

Le paradis

EN COURS D’AFFINAGE

Je veux être animateur de radio !

Cellatex en Ardennes ou le terrorisme industriel

L’assurance tous risques

L’espion

Chômage dans la chaumière ou c’est arrivé près de chez nous

Le père Noël ®, une idée de la Coca-Cola company !

Réveillon

Un papa à la manque

Le consensus mou

Bosnie-Serbie…

Maurice Radio Libre

Miossec explore les confins de la musique

Box office

LA RENAISSANCE

La 1000unième de Maurice

La mascotte de Moliets

La Corse

Les cinq vertus cardinales françaises :

Le pays des menteurs

Les droits de l’homme

La génération Jack Lang

Les excès de la nature

Morveux

Moquerie

L’ABONDANCE

Pauvreté

Courriel des lecteurs de Famille Magazine

Cagnotte 2000…

Le parapluie d’ingénieur

Les Américains

Quand mon voisin m’a présenté son pitbull…

Les élus

Les Italiens au travail

Chance

Irak

Avoir raison

Les Patrons

Les syndicalistes

Le CPE

Les barres des cités

QUARANTIEME RUGISSANT

Moitessier, marin de légende

La Démocratie

Action directe

Churchill, l’inconnu le plus célèbre du 20

ième

siècle

Culture

Cuba

MacDo

Madagascar... une belle histoire à partager

Le consultant

Paris-Dakar : jeu de l’oie, pas de l’oie

Paris ou le gang des tractions avant

Toulouse

Victimes

Liberté

Hot-line

La téloche

Vote avorté sur la parité homme-femme

Racisme

Electricity Now !

Non au bla-bla écologique, oui à l’action écologique

L’international beatnik

Taxe carbone

Du FMI à CHIRAC

Les sportifs

Adoption d’enfant par les homos:

Mariage pour tous

Franchise médicale

Conversation de paillasson

Voitures brûlées

Le traumatisme originel

Préface

Dès l’âge de 18 ans, j’ai commencé à transférer le monde extérieur sur mon carnet. J’en ai chargé des pages et des pages de ratures.

Juste après avoir entendu une expression sympathique, je me ruais sur ce carnet pour la griffonner avant qu’elle ne s’éclipse. Ça devenait une question d’urgence comme d’aller aux toilettes.

En mec laborieux, il m’a fallu ensuite mettre en ordre toutes ces idées. Le contenu était là mais pas la forme. Il fallait donc la modeler. Mais comme je ne suis pas un artisan chenu du verbe ni un amoureux des mots, il m’a fallu batailler ferme. Et j’en ai pris des heures à pétrir cette terre glaise pour lui donner un semblant de forme.

Quand on n’a pas le talent, il faut mettre les heures.

L’ours ne lèche pas son petit avec plus de soin que moi. A force de le lécher, je crains de lui avoir retiré son museau au mien.

Avertissement

Je vais essayer de te prendre à contre-pied de tes certitudes. Je tenterai d’arracher ton masque souriant de tolérance et de condescendance, celui qui tombe à la moindre contrariété.

Tu veux gouverner le monde ? Le problème est que tu passes ton temps à te dérober, à te couvrir, à raconter des banalités, à naviguer entre diplomatie et compromis, à consommer du loisir et du nescafé.

Je suis venu te voler dans les plumes.

Certains diront que ce n’est pas de la littérature. Pas de quoi passer au Masque et la Plume.

Je chie sur Radio France et toute sa bande !

Dans le paysage littéraire, mon carnet intime est un ovni déguisé en cheval de Troie sans personne dedans. Il y a juste une bombe dedans. Mais je m’arrêterai après ce bouquin car l’indignation est une impasse.

L’AGE DE FER

Mondovision à Saint Antonin

Après une petite interruption de 40 ans, Saint Antonin a retrouvé cette année sa traditionnelle foire internationale des motoculteurs. Depuis ce matin, tracteurs et motoculteurs construits par des firmes aussi prestigieuses que Massey Fergusson ou John Deer, évoluent sous les yeux ébahis des visiteurs. La foule se presse en cette foire dont la réputation n’a d’égal que le salon de l’automobile! Les jeunes générations d’agriculteurs sont fortement attirées par la motorisation qui est maintenant adaptée à tous les besoins.

Le tracteur, plus résistant et plus racé, représente une vraie révolution. Il offre une grande souplesse d’emploi par rapport à la bête de somme ou même la femme.

Les trois jours de pluie sur les quatre qu’a duré la manifestation auront été instructifs sur le point de vue important de l’adhérence. La pluie aura permis de départager les roues et les chenilles dans le champ de Monsieur Monod, prêté gracieusement pour l’occasion.

Aller-retour

Là j’attaque une grosse cylindrée en la personne d’Anne-So.

Avec cette belle motarde, c’est ambiance « gros moteur » assuré. Va falloir en prendre soin, apprendre à la bichonner car elle a des chevaux sous le capot.

Quand t’allumes, ça part.

J’aimerais avoir sa puissance. Enfin un morceau. Mais il va falloir apprendre à grandir avant de me hisser à son niveau.

Il va falloir m’accrocher car quatre mois en selle avec une copine, c’est bien là mon record.

Et bien elle a finalement accepté de tracer un bout de route avec moi !!

J’ai donc emprunté cette belle pépée et le paysage s’en va en courant avec elle.

Si hier je roulais à la gazoline, aujourd’hui je roule au fuel.

Si hier je faisais dans le jardinage en montant dans les aigus, aujourd’hui je fais résonner les basses par le martèlement sourd de mon vilebrequin.

Si hier elle faisait un bruit triste au ralenti, aujourd’hui son moteur ronronne à plein régime.

Elle et moi, nous nous sommes mués en flibustiers de la route.

Et je lui chante :

“I’d like to walk in a field with you.

Take my hat and my boots off too.

I’d like to lie in a field with you.

Would you like to do it too, Anne-So? “

Mais même la tête collée au réservoir de ma Peugeot 503, je ne décolle pas et mon compteur plafonne.

Le compteur d’Anne-So, lui, défile. J’ai beau essayé d’arracher des flammes à mon pot d’échappement, elle prend de l’avance, s’arrête pour prendre des photos, me tourne autour genre l’abeille butineuse, puis reprend de la vitesse...

Alors quand j’arrive enfin à sa hauteur, je tente une explication:

- Désolé de te faire attendre mais nous ne courrons pas la même course toi et moi !

- J’avais bien remarqué que tu te traînais un peu. Il va falloir que tu remises ta mobylette de course ou que tu en débrides le pot.

- Tu ne crois pas si bien dire, j’en ai fait des courses avec cette mobylette. Elle et moi, c’est à la vie à la mort. Ça demande bien plus de souplesse et de finesse qu’une grosse meule. Laisse-moi t’apprendre un truc, Anne-So, quand t’as un demi-piston à dispo comme moi, la véritable différence sur circuit, c’est ce que tu as emporté dans tes poches. Celui qui part avec un porte-clés a perdu. Donc crois-moi, c’est bien plus fin que la meule.

- Ce qui est clair, c’est que tu n’as jamais pratiqué la meule !

- Si, j’en ai déjà eu une ...

- Et c’était quelle marque ?

- Euh...c’est seulement assis sur ma bécane que je pensais à regarder la marque et comme c’était écrit sur le réservoir, j’y arrivais pas .......ça ressemblait à AMORA...

- ça n’existe pas.

- Si si, je montais une AMORA !

- c’est ça, et à moi la moutarde commence à me monter au nez!

- Ouah, ne soit pas si dure ma belle motarde !

- Ciao looser.

- Bye bye Anne-So...

Et d’un coup de poignée, elle me déposa au bord de l’autoroute.

Elle me mit un vent pour disparaître au virage suivant, à jamais.

Et à ce virage, je pris directement le décor. Délaissant les grands axes, j’ai pris la contre-allée pour aller mordre la poussière. Je suis allé boire ma vexation tout seul dans mon coin.

« Aucune mobylette ne t’emportera,

Aucun paquebot ne te fera fondre,

Aucun express ne m’amènera vers la félicité, aucune jonque n’y accostera.

Aucun ascenseur ne me tiendra aussi haut perché.

Aucun aéronef n’aura ton envergure.

J’ai longé ton corps, épousé ses méandres. Je me suis emporté, transporté.

Des escalators aux chariots ailés, j’ai tout essayé, j’ai tout essayé. »

Depuis nous avons tous les deux déménagés.

Hier, je suis repassé sous la fenêtre de ce couple qui mimait le coït un jour de fête à Tarbes. Rappelles toi, c’était au passage de la fanfare. Ce n’était que bon enfant et tellement Haute-Py. Ce jour-là, nous nous mêlions à cette foule hilare, la tête en l’air, l’insouciance en bandoulière.

A Tarbes, toi et moi, nous avions du bonheur dans la bouche, celui des gens simples. Je ne goûterai jamais plus à cette saveur là où je suis.

Malgré tout, je suis assez fier d’avoir été l’artisan de ton bonheur retrouvé.

Même si ce fut à coup d’optimisme forcené et même si j’ai du mettre ma tronche sur la table pour ça.

Bien sûr le dénouement de notre histoire fut nettement moins fruité.

Tu ne cherchais pas seulement quelqu’un avec des qualités humaines mais aussi un vrai mec. J’espère que tu as trouvé celui-là. Je t’imagine aujourd’hui à bord d’une grosse ROVER avec une ribambelle de gamins à l’arrière. Hasta la vista Anne-So.

Sécurité moto

A la fin du XIXe siècle, on estimait à plusieurs millions le nombre des arbres qui bordaient les routes. Mais un siècle plus tard, la voiture reine du bitume et des accidents de la route transforma l'arbre en ennemi. À la fin des années 1990 commence une politique d'abattage systématique pour rendre nos routes plus sûres.

Mais quand t’es en meule et que tu te répands par terre, il n’y a pas que les arbres qui sont dangereux. Y a aussi les voitures, les autres motos, les poteaux, les fossés, les rochers.

Y a même les bornes car j’ai entendu récemment un motard se plaindre que les bornes kilométriques ne bougent pas lors d’un accident. Criminel !

Il y a aussi les rails de sécurité.

Il est vrai que la fédération des motards en colère a considéré comme extrêmement important d’enlever les petits pieds qui soutiennent les rails de sécurité sur le bord de nos routes. Parce qu’effectivement, dès que tu te répands, normalement tu passes les jambes entre et là ça te coupe les jambes net !

Alors c’est bien.

Grâce à ces gens-là et à la volonté des pouvoirs publics, on a réussi à enlever énormément de ces petits poteaux. On a rajouté des boudins sous les rails. On ne passera plus dessous.

Mais les rails restent dangereux ! Car si on ne passe plus en-dessous, on passe au-dessus.

Et celui qui a glissé à grande vitesse avec la rampe de sécurité entre les jambes peut le dire : ça chauffe !

Alors on va remplacer les rails de sécurité par des murs.

Mais dans 30ans, on va encore râler parce qu’il y a des murs. Parce que quand tu tapes un mur, et bien là aussi ça casse des jambes, des épaules et ça brise des colonnes.

Alors peut-être qu’un de ces jours, faute de bottes de paille dans les virages, nous aurons droit à l’arrivée de petites roulettes de chaque côté de la moto qui font que quand tu pars, clac, les petites roulettes sortent !

On peut aussi envisager de se mettre des ailettes sur les côtés qui font que quand tu sors de la route, hop, tu montes dans le ciel le temps de te rétablir.

Mais ça, ce n’est pas encore arrivé.

Et on n’a pas encore transformé nos routes en circuit moto grande vitesse.

Et en attendant, le maître mot c’est : « il ne faut pas tomber. »

Alors c’est vrai, chacun réfléchit aux infrastructures suivant son moyen de déplacement et c’est vrai qu’il ne faut négliger personne.

Mais doit-on satisfaire tout le monde ?

Si j’étais généreux, je ne ferais pas d’économie pour sauver des vies. On pourrait se faire des routes fabuleuses avec une voie pour les voitures, une autre pour le trolley, une voie pour les camions, une piste cyclable qui longerait ce réseau.

Et pour plaire aux écolos, on pourrait rajouter à ça un petit coin bucolique où on pourrait gambader, batifoler avec les lapins, les escargots et les grenouilles, tout ça bordé d’arbres centenaires. Ça serait joli ça !

Un chemin champêtre en pleine ville !

Le tout serait financé par la mairie, c’est à dire par nos impôts.

Mais a-t-on les moyens ?

La vérité, c’est que nos routes sont comme des billards et goudronnés tous les 5ans. Elles sont déjà faites pour la vitesse. Et les motos s’y essayent même s’il y a des circuits de course pour ça.

Le code de la route semble s’appliquer à tous sauf aux deux roues pour lesquelles il existe une certaine tolérance.

Quand on aura compris que ce n’est pas la route qui est dangereuse mais le comportement des gens qui y circulent. L'accent ne devrait pas être mis sur ce qui peut représenter un obstacle mais avant tout sur le comportement du conducteur. Et pour ça, la répression reste la meilleure réponse. Alors n'en déplaise aux esprits de salon : la première des préventions reste la certitude de la sanction.

Ami

Pour moi, un ami, ce n’est pas quelqu’un qui vient t’aider dans n’importe quelle circonstance, surtout quand tu as des problèmes.

Quand je suis dans la merde, je cherche le bout de corde qui va me permettre de m’en sortir. Je ne cherche pas forcément un témoin à ma déchéance. Donc je fais place nette autour de moi.

Un ami, c’est quelqu’un qui est là pour partager les bons moments mais qui doit aussi comprendre quand tu as besoin de faire le point tout seul.

Il est simplement capable de comprendre tes choix sans pour autant les accepter.

Alors je me dérobe, je me détache.

Demain on se rappelle, on se racole.

Copine

Le profil copine c’est une nana avec laquelle tu fais ce que tu veux quand tu veux où tu veux comme une sorte de jeu, et ça n’entame jamais les relations.

Oui mais ça n’existe pas, ça n’existe pas... Et pourquoi pas ?

Le Made-in-France

Tu veux du travail mais tu ne veux pas bosser.

Tu veux de l’argent, des bagnoles mais pas de pollution.

Tu veux que les autres sur la planète entière achètent nos produits, tu veux qu’on dise du bien de nous partout dans le monde mais surtout tu ne veux pas de la mondialisation.

Parce que la mondialisation, ce n’est pas quand toi tu envoies ton fromage de l’autre côté de la planète. La mondialisation, c’est quand le jeans de l’autre arrive dans ta boutique puis sur ton bide.

Tu veux donc séparer le propos. Tu réclames une mondialisation à sens unique

Mais quelle est la cause de ton mécontentement ?

Tu n’es pas content parce qu’il y a des gens qui fabriquent des jeans bien loin de chez nous, des jeans que nous achetons.

Alors le mieux, ce n’est pas d’arrêter de les acheter. Le mieux, c’est qu’on les empêche de les vendre.

On a toujours fait ça chez nous. On s’est toujours dit : «si d‘aventure quelqu’un faisait quelque chose qui puisse nous intéresser, on lui interdit».

Alors il serait souhaitable qu’ils ne le fassent pas les autres parce que normalement, c’est nous qui devrions le faire.

En même temps, tu aimerais bien en avoir des jeans et pour pas cher.

Donc qu’on les fasse nous-mêmes et qu’on puisse les acheter pas cher.

Enfin avec une marge commerciale confortable parce qu’on ne veut pas travailler pour rien ! C’est moi qui l’ai fait !

Donc l’état providence paierait la différence.

Personnellement, je ne suis pas sûr et certain qu’on puisse tenir longtemps comme ça, à tout attendre de l’autre sans jamais se retrousser les manches, mais allons-y.

Que proposes-tu pour lutter contre la mondialisation ? Le « made-in-France » ?

En effet, l’état et les politiques en appellent régulièrement au civisme des français. Montebourg en marinière et robot ménager sous le bras, nous annonce « L’esprit patriotique doit toujours prévaloir. Il faut valoriser le made-in-France ». Cet argument du Che Guevara du 16ème nous plait, nous séduit car ce sont nos emplois.

Mais face à la réalité économique, ça a du mal à tenir.

Car est ce que tu regardes vraiment les étiquettes ?

Il est clair que pour les fruits et légumes, quand tu peux privilégier les circuits courts autour de chez toi, tu ne t’en prive pas.

Ce sont les paniers AMAP proposés par l’agriculteur ou ton maraicher du coin (encore une fois c’est l’agriculture qui se bouge).

Mais c’est tout.

Pour le reste, il n’y a pas de produits comparables en France. Des filières entières ont disparu. Il n’y a pas de produits français équivalents à des smart phones, des PC portables. On n’en fabrique plus.

Donc pour lutter contre la mondialisation, tu ne peux que « privilégier » le «made-in-France».

Et encore dans une certaine limite ; le «made-in-France» ne concerne que ceux qui ont du blé.

Comme pour ceux qui achètent bio, ça coûte beaucoup plus cher de faire le choix du « made in France ». Mais c’est un choix, un choix de riche.

Et si la classe populaire faisait aussi le choix du « made-in-France » en laissant de côté les produits chinois ?

Une analyse révèle que l’achat de produits fabriqués en France plomberait le pouvoir d’achat. Ça coûterait de 100 à 300€ de plus au panier de la ménagère.

C’est le prix qui détermine le choix du consommateur. Il veut avoir le meilleur rapport qualité-prix et pour ça, il fait faire jouer la concurrence. Il n’y a qu’à voir le rôle des comparateurs de prix sur internet. On compare en permanence.

Les politiques peuvent essayer de changer les choses mais ce n’est pas sur la sensibilisation ni sur les discours qu’on les attend mais sur la compétitivité.

Au boulot Montebourg ! Montre nous que tu es bien le nouveau Colbert de la renaissance industrielle.

Nous sommes devenus des citoyens du monde et devons développer nos atouts et nos pôles de compétitivité.

La vraie solution, c’est qu’il faut rendre notre pays beaucoup plus attractif. Tant que tu n’es pas compétitif sur le marché mondial, tu ne vends rien.

Nous sommes dans une économie ouverte. On a rien inventé de mieux que l’économie de marché. Tous les autres systèmes ont échoué.

Même les copains communistes en Chine s’y sont mis en inventant le concept d’économie « sociale » de marché même si rien dans le prix du produit chinois ne participe à la protection sociale de leurs travailleurs.

On focalise sur la Chine mais les salaires en Chine ne cessent de progresser et à un moment ça s’équilibrera. Donc le jour où les travailleurs chinois auront les mêmes salaires que les travailleurs français, ça ne sera plus en Chine que l’on produira parce qu’il y aura moins cher ailleurs. C’est un jeu sans fin.

Alors tu vas me répondre: « Je consomme français : je privilégie la qualité à la quantité », « De toute façon, nous devrons aller vers le moins consommer pour mieux vivre ensemble », « Personnellement je suis prêt à me satisfaire de peu. Me contenter d’un petit café à la terrasse de mon bistrot chaque matin! ».

Sauf que le petit café, il n’est possible que :

1. si le mec qui fait ton café est toujours prêt à te le servir.

2. n’oublie pas le petit chilien qui va le cueillir dans les montagnes des Andes.

3. ensuite il est torréfié par d’autres gens.

Tu vois bien que ton café est issu de la mondialisation et surtout qu’il n’est pas gratuit en efforts humains.

Ramené à ton échelle de valeur, il ne vaut qu’un euro.

Mais à l’échelle mondiale, il a coûté de la sueur et beaucoup de temps.

Au Chili, avec ton petit café, tu es déjà considéré comme un nanti qui profite de la sueur dorée des nègres, certainement pas comme le prolo prêt à revenir sur son niveau de vie comme tu nous le présentes.

La vérité est que tu ne peux pas te battre contre l’avancée de la société. Celui qui croit pouvoir se battre contre la mondialisation, il est mort de la même façon que ceux qui ont cru qu’ils pouvaient se battre contre la toile et ne pas prendre le virage d’internet.

La fille dans l’escalier

Aujourd’hui, dans l’émission de Maurice, dans ta radio à TOI, il y a cet amoureux transi.

Il s’appelle François. Il en bafouille d’émotion.

Par le truchement des ondes, il adresse un message à la fille qu’il a croisée ce matin-même dans sa cage d’escalier. Il y aurait capté la vision magique d’une petite blonde et il en est tombé instantanément amoureux. Il lui serait venu en flash la certitude d’avoir rencontré la femme de sa vie! Il veut naturellement la retrouver :

- Je l’ai ressenti de suite, je l’ai lu dans son regard. Il y a tant de façons, de manières de dire les choses sans se parler.

- François, c’est très excitant ton histoire mais arrêtes de raconter aux nénettes que tu vois dans la profondeur de leur âme!

- Je lance un appel sur les ondes. Si elle se reconnaît, qu’elle m’appelle.

- La fille, même si elle est très intéressée par toi, ça me parait difficile pour elle de te reconnaître en t’entendant à la radio!

- Et Pourquoi ?

- Imagines, une fille appelle : « oui alors bonjour, je m’appelle Catherine.. ... j’ai croisé un type ce matin dans ma cage d’escalier. Lui et moi, nous avons échangé un regard». Toi qui est obsédé par cette fille, tu vas te dire « c’est moi ! ». Mais il y a plein d’autres mecs qui ont croisé une fille dans leur cage d’escalier aujourd’hui et qui vont penser la même chose.

- Mais dans ma cage d’escalier, il n’y en avait qu’une, c’est elle !?

- Oui mais François... toi, tu as ta cage d’escalier mais y a beaucoup d’autres gens qui ont une cage d’escalier et qui croisent des gens et donc des filles.

- Oui je comprends.

- Donc toutes celles qui auront croisé des garçons dans leur cage d’escalier pourront penser qu’il s’agit d’elles. Donc à elle, ça ne lui permet pas de te reconnaître. T’as compris ? ... Tu te le répéteras plusieurs fois avant de te coucher ce soir.

- OK mais si elle se reconnaît ou qu’elles se reconnaissent, qu’elles m’appellent! voici mon numéro de téléphone : 05 61 41 ..

- Bon OK François, maintenant je te mute ! Il va boire un petit verre d’eau minérale et il revient après la pub, d’accord ?

- Téléphonez moi les filles au 05 61 41 .. .... !

- Allô ???!!! J’entends rien! T’es au fond d’un tonneau ou quoi ? T’as mis le combiné dans l’œsophage ? Mets le combiné devant la bouche, tu sais ce truc avec des dents ! ».

Les anglais débarquent

Dans les premiers temps, je voyais d’un bon œil ces anglais débarquer dans nos campagnes. J’étais flatté que la notoriété de mon village puisse s’exporter.

Un aéroport international près de chez moi, t’imagines ?

Ces britanniques qui fuyaient leurs brumes londoniennes semblaient porteurs de promesses de blé frais. Tu sais, ceux qui avaient un petit boulot sous-payé dans ce pays reconnu antisocial (c’est connu), et bien ils rappliquent en masse !

Mais aujourd’hui, j’ai les boules de voir ces même anglais racheter nos belles fermes.

Ces cordonniers rescapés de l’époque Thatcher viennent racheter nos belles pierres et ils les retapent pour en faire de superbes résidences secondaires.

Alors c’est vrai, ils ont été les premiers à racheter des maisons dont personne ne voulait et à redonner vie à nos villages moribonds. Mais l’afflux de cette nouvelle demande a dopé le marché immobilier local. Résultat : il n’y a plus qu’un seul commerce florissant au centre du village; c’est l’agence immobilière où on n’y parle qu’anglais. Le landernau du coin a été exclu de la clientèle.

Va-t-on pour autant laisser le marché réguler un besoin vital qui est de se loger ? Je vous le demande !

De leur belvédère, ces anglais peuvent embrasser d’un seul regard toute la campagne.

Ce sont ces mêmes châteaux qu’ils occupaient pendant la guerre de 100 ans. Ce sont ces mêmes villas, villas Navarre ou Basile surplombant le gave de Pau, dans lesquelles ils coulent aujourd’hui une douce retraite. Ils étaient déjà là au XV et XIXème siècle !

En contrebas, nous nous entassons sagement dans des lotissements Phoenix. Car nous payons nos traites.

Survivant de leur système de santé publique défaillant (c’est connu), ces vieux schnocks qui n’ont que des trous d’air dans le cigare viennent aujourd’hui profiter du meilleur système de soin au monde (c’est aussi connu).

Car ils bénéficient de la couverture maladie universelle (c’est déjà moins connu), CMU qui est normalement attribuée aux plus démunis !

Nous, nous bouchons le trou de la sécu.

Faisant main basse sur nos vins et notre gastronomie, ces nouveaux profiteurs trinquent à notre santé en siphonnant nos meilleures bouteilles.

Nos boulangers s’adaptent même à leur goût en leur proposant du pain de mie « maison ».

Pendant ce temps, nous faisons nos courses chez l’IDLE pour y acheter du cheddar insipide et de la mauvaise marmelade.

Alors, quand enfin nous aurons payé nos traites de maison et bouché le trou de la sécu, nous pourrons enfin en profiter à notre tour. En attendant, il faut brosser ces anciens cireurs de chaussures qui ont décidément tout compris.

Boite de nuit

Ceux qui sont refusés à l’entrée des boites de nuit n’ont fait qu’un délit de faciès, c’est vrai. Mais dans la mesure où certains de leurs semblables cherchent à chaque fois la bagarre et la chicore, c’est normal que le patron de la boite hésite.

Car lui raisonne en porte–monnaie. Une boite de nuit n’est pas une entreprise philanthropique. Ce n’est pas une église une discothèque !

Donc le videur filtre et quand il voit débarquer dix mecs tous survêtés et casquettés, il les refuse.

Le videur est là pour ça; assurer la réputation et l’assise financière de son entreprise.

Et je le comprends. Car on en est arrivé au point où on a peur de faire la moindre réflexion à un mec des cités au risque de le voir rappliquer avec dix copains pour te casser la gueule.

Lors de mes permissions à l’armée, l’entrée des boites de nuit m’était systématiquement refusée. Le videur qui voyait arriver cinq crânes rasés répondait invariablement : « soirée privée !».

Certes, à chaque fois j’avais les boules mais je prenais ma honte et ma vexation pour aller la boire ailleurs. Je n’allais pas camper devant ni demander sur quels critères il filtrait. Les mecs en survêt, oui.

Alors toi l’angélique, le très « contre la discrimination », imagines que tu arrives à ce moment-là, tu vois un attroupement de mecs patibulaires qui cherchent à tout prix à rentrer. Là, tu te dis: «on va faire demi-tour, on ne va pas insister, on va ailleurs ».

Et bien toi aussi, tu fais un délit de faciès !

La marée était en noir

Admirez donc ce coucher de soleil acrylique sur la mer d’Iroise irisée de bleu pétrole.

Admirez nos côtes bretonnes baignées par une mer d’huile provenant des soutes de l’Amoko Cadiz.

C’est pas ti beautifull ça?

Ce point noir au bout de la Bretagne, sur le nez de la France, c’est la mouche qui fait ressortir la beauté et la blancheur de Marianne. Une coquetterie en somme !

Bientôt sur nos plages, ça va devenir un nouveau jeu de s’envoyer des galettes de mazout. On arrivera blanc. Une brasse et un dos crawlé plus tard et on aura le teint bronzé mais c’est sûr, noir autour des ongles.

Alors évidemment, ça ne sera pas terrible au resto car on va nous demander si nous sommes dans la mécanique : « -Euh non non, je reviens de la plage».

Tous ces noms comme Eboly Sun ou Amoco Cadiz sont évocateurs...ça veut dire «j’irai mourir sur vos plages» en maltais.

Mauvais pour la santé ? Après tout on ignore la nature des nappes arc-en-ciel qui s’échappent des cuves. Et quand bien même ce serait du styrène, ça se dissout instantanément dans l’eau. C’est ce qu’affirme l’AFSSAPS, notre Principe of Précaution Agency. Ces grands experts indiquent simplement que ça laisse un petit goût de plastique aux coquillages, rien de plus. Les mêmes qui déploreront quelques cancers dans 10 ans.

Les autres pétroliers qui croisent au large du Prestige en profitent pour nettoyer leur soute et dégazer en passant devant chez nous. Ils s’en arrangent, à défaut d’avoir des règles maritimes françaises strictes et faute de bassins de décantation fermés dans nos ports. Ces bateaux rentrent chez eux les cuves remplies d’eau de mer pour garder une ligne de flottaison correcte. Mais à un moment il faut bien évacuer cette eau. Ça s’appelle le déballastage.

Alors serons-nous encore la risée du monde ?

Il faudrait peut être consulter les américains pour savoir ce qu’ils feraient en pareil cas. Après leur marée noire en Alaska provoquée par L’Exxon Valdez en 89, il n’avait fallu qu’un an aux américains pour interdire à tout bateau simple coque ou bateau de complaisance de croiser au large de leurs côtes. Carré, clean ! Depuis, ils gardent leurs plages propres.

Et bien nous, après l’Amoco Cadiz, L’Ebony Sun, l’Erika, ou le Prestige, c’est rebelote !

Pendant que notre petit monde politique s’indigne, y va de sa petite phrase, les bateaux pourris continuent à passer au même rythme devant nos côtes.

Après l’Erika, Chirac disait avoir saisi la commission européenne et jurait que l’on ne l’y reprendrait pas.

Aujourd’hui le fioul du Prestige se déverse sur les côtes atlantiques et la législation européenne n’a toujours pas permis d’éviter cette nouvelle catastrophe.

Alors Chirac avait raison de compter sur l’amnésie des français car aujourd’hui qui se souvient des promesses de Chirac? Ce soir, Chirac reçoit Poutine à l’Elysée et chacun y va de sa petite phrase : « - Je suis indigné, pas vous ?- moi aussi ! ... - Je vous ressers un petit four ? » .

Voynet, notre ministre de l’écologie, a elle aussi trouvé ça pas normal ! Elle s’en est confiée devant les médias: « c’est scandaleux ce qui nous arrive ! ». Elle a fait son travail, voilà, elle peut rentrer voir le film ce soir.

Dans les eaux européennes, le délai pour interdire la circulation des navires à simple coque est porté à 2007 pour les gros navires et 2015 pour les petits.

En attendant, la France n’a pas de flotte et laisse aux pays peu regardant le soin d’affréter des navires poubelles. Malte, Chypre, Grèce, Iles Kerguelen, Liberia vivent là-dessus. Ça nous arrange bien ces pavillons de complaisance.

Une association s’est formée spontanément pour nettoyer les plages. Un peu comme on bricolerait un paratonnerre sous l’orage ou un canal de dérivation devant la crue, ces bénévoles ont manipulés maladroitement ces polluants cancérigènes.

L’association aurait donc demandé à l’état de faire venir des professionnels à l’avenir plutôt que d’exposer ses bénévoles. Les pouvoirs publics leur auraient répondu de façon inattendue :

«Vu l’enthousiasme et le dévouement de bénévoles pendant cette situation de crise, nous avons décidé de faire encadrer les futurs marées noires par des associations et de créer le brevet de secourisme de l’environnement. »

Donc pour pallier aux futures marées, l’état récompensera d’une médaille les bénévoles qui auront fait une action gratuite pour l’environnement. Ça ne coûte pas cher des breloques. Et munis de quelques seaux, de cirés et de pelles en plastique, on mobilisera les bons concitoyens plutôt que les militaires et pompiers!

TOTAL, intouchable puisque tirelire de la république, demande une compensation financière pour les frais engagés pour le pompage et le nettoyage des côtes.

Donc pour soutenir le manque à gagner des pétroliers, on compte encore sur la solidarité du contribuable français. Le français est tellement beau dans l’action solidaire!

Mutual steam ship, assureur de l’Erika, a mis sur la table 13M€. Le FIPOL:192M€ et l’état donc nous : 40M€.

L’Erika c’est 900M€ de dommages en dehors des frais de deuil des 150.000 oiseaux.

La mort de mémé

Mon père, ma mère et moi entourions la dépouille de mémé. Nous étions dépositaires d’une vie. Elle, travailleuse, avait mené son frêle esquif avec nous à son bord.

Elle nous avait menés jusqu’ici à travers la guerre, les privations et finalement la solitude. Nous devions quand même nous en souvenir!

Je posais un dernier baiser sur ce front plissé et tout ridé. Ce front, sur lequel avaient passé tant de soucis et de sueur, était aujourd’hui froid. Une formidable petite machine intérieure l’avait maintenu à 37°C pendant 86ans, bon an, mal an.

Aucune machine ne fait ça!

Pourtant de la petite vieille dans son fauteuil, personne ne s’en souciait quand toute la famille regardait l’émission d’ARTE sur la guerre 39-45.

Les allemands avaient pourtant investi sa maison pour en faire leur quartier général. Elle avait tremblé pour ses enfants.

Mais devant la télé, tout le monde s’en foutait.

Nous avions juste remarqué que le chat n’était plus sur mémé, c’est donc qu’elle était froide.

Enfant, je lui fredonnais les Trois jeunes tambours : « J'ai trois vaisseaux dessus la mer jolie... Et le troisième pour promener mamie »

Adulte, j’ai appris que ce troisième vaisseau « pour promener ma mie » ne lui était pas destiné.

Elle ne manquera donc à personne coquin de sort... sauf à un, à qui elle manque encore...

Car dans la chambre funéraire, mon père a pris la parole. Lui, d’ordinaire peu causant sur sa mère, prononça : « Je lui dois tout ».

4 mots solennels qui sonnent encore dans ma tête. 4 mots pour faire tourner d’un cran le carrousel de la vie, 4 mots pour rabattre un couvercle, le clouer, l’enfouir 4 pieds sous terre et voir ce qui repoussera au printemps, 4 mots pour qu’un semblant de souvenir vive en nous, 4 mots pour perpétrer une vie, 4 mots pour propulser mon père en première ligne du front et aussi m’en rapprocher. A mon tour, devrai-je attendre si tard pour t’exprimer la gratitude que je devrais te témoigner, maman?

Maison de retraite

Ce qui marque une génération dans ce pays, ce n'est pas notre appartenance à une confession religieuse, à un cercle littéraire ou à un rassemblement de motards.

Non, car dans 40ans, qui fera la différence ? Tout le monde s’en foutra.

Il ne s’est pas passé grand-chose pendant mon époque...

Au mieux ma génération sera associée à U2, au pire à Tchernobyl.

Dans 40 ans, que penseront nos petits-enfants en nous voyant en maison de retraite serrés entre un vieux lepéniste et un arabe paralytique? Qui ferra la différence entre confession et origines?

Face à face, puisqu'on se comprend à présent, au-delà de nos différences, à force d'échanger nos silences, on se ressemblera enfin à sang pour sang.

Avec pour nous tous, la promesse d'un même avenir dans le cimetière d’en face.

Nous serons tous réconciliés pour lutter contre un racisme bien plus impérieux: le jeunisme ou le racisme anti-vieux .... si nous ne sommes pas nous-même dégoûtés par la vue de l’autre.

"- Allez Papy, faut te résigner à aller en maison de retraite!

-Nan! j'veux pô aller chez les p'tits vieux!"

De nos coups de gueule jadis poussés contre la société, de nos rébellions et caprices d’adolescent attardés, on en tiendra plus compte.

On partagera le goûter d'un Augusto Pinochet ou d’un ancien FARC sans que ça fasse ciller nos petits enfants. Car il est très probable que la France continuera à accueillir des dictateurs à la retraite. Y a pas de raison que ça change puisqu’on est en France.

Observes tes parents se rapprocher des leurs à mesure qu’ils vieillissent et tu comprendras qu’on ne peut pas éternellement faire offense au temps qui passe.

Le paradis

Après la mort, qu’est ce qu’il y a ? Paradis en aller simple ou voulez vous vivre l’expérience Nirvana en all inclusive avec retour sur terre probable ? C’est déjà plus exotique et ça laisse présager une seconde vie. La réincarnation, ça veut dire l’âme est là mais on lui met une nouvelle carrosserie.

Les 6 milliards de personnes que nous sommes se débarrasseraient donc de leur enveloppe corporelle et se glisseraient-ils dans la peau d’un autre.

A moins que ceci soit réservé à quelques privilégiés : à la caste Brahmane et à nous les occidentaux ?!

Paradis ou réincarnation, de toute évidence les places restent chères au soleil.

Alors aux hindous, on veut bien leur emprunter leur religion hindouiste ou bouddhiste pour se réincarner, mais il ne faudrait pas qu’eux-mêmes embouteillent la grande roue de la vie éternelle. Donc si les indiens voulaient bien nous laisser leurs places pour quelques roupies, on n’est pas contre. En contrepartie, on voudra bien les embaucher là-haut pour continuer à nous servir.

Car si le paradis ou le nirvana c’est d’avoir des Compacts Disques sans les payer, il faudra toujours des mecs qui fassent des trous dans des bouts de plastiques pour les fabriquer.

Tout ça pour dire que la plupart des gens préfèrent croire à la réincarnation plutôt qu’au paradis parce que ça leur permettrait de faire dans une nouvelle vie ce qu’ils n’ont pas réussi à faire dans celle-là.

Quant aux partisans du paradis, ils attendent davantage une consécration.

Pour certains élus de Dieu, le paradis, ça serait pouvoir s’enfermer dans une chambre avec porte capitonnée pour jouer à la console déesse à vita æternam

Pour d’autres, ça serait d’avoir un canon avec une plus longue portée pour dégommer son prochain qui lui réclame sa place.

En fait il ne subsistera rien de nous parce que nous sommes d’un seul tenant, l’esprit et le corps. Et si réincarnation il y a, c’est en humus pour le jardin public.

Mais alors à quoi servirait notre passage sur la terre ?

En fait à rien! Nous ne sommes pas utiles à l’équilibre de la terre. C’est ce qui lui est arrivé de pire à la planète, l’homme.

Moi je trouve la nature bien faite. Je pense qu’il faut avoir la modestie de croire que la mort est un point final à une vie déjà bien remplie.

Et personnellement je préfère. Parce que je veux bien aller au bout du chemin, enfin la nationale dans mon cas, mais si le paradis c’est la même vie mais parfaite, ça ne m’intéresse pas.

Pourquoi s’interroger sur le néant alors que le vrai miracle, c’est bien notre présence sur cette belle planète. Profitons du moment présent, carpe diem, size the day !

Et les lapins auraient-ils un bon dieu, eux?

Pourquoi aux lapins, Dieu aurait dit : « vas-y vieux, vis ta vie peinard entre les roses et les choux. Croque la vie par les 2 bouts, prend la même sauvagement par les 2 bouts la vie. Toi, tu n’auras à travailler que de la queue et des dents.

Et pourquoi à l’homme, Dieu aurait dit : « Toi, tu vas construire une maison, un temple, une mosquée, une synagogue ou une église et tu vas y venir une fois par semaine. Pourquoi pour le paradis, ll y aurait une sélection : les bons et les méchants.

Alors si t’es bon, il te poussera des ailes et tu te transformeras en oiseau.

Si ta vie fut méritante, t’arrives au paradis et tu fais rien, tu voles.

Autrement y a l’enfer. L’enfer c’est déjà plus drôle. Parce qu’en enfer, tu as le droit d’être méchant. Y a des activités en enfer ; on te donne une fourche et on te dit « vas-y, lâche toi ! ». Dès que t’as envie de faire des méchancetés, tu peux parce que t’es là pour ça. En plus en enfer, t’es sûr d’y rester, tu peux t’y installer.

Alors t’as choisi ?

Pour ma part, entre rien faire et être méchant, je crains de m’ennuyer au paradis avec les tout gentils et les angéliques. Et puis personnellement, je ne me sens pas l’âme d’un piaf. Donc j’ai opté pour l’enfer. Moi je suis un terrien.

EN COURS D’AFFINAGE

Je veux être animateur de radio !

Maurice revient partager un moment de causerie dans ta radio à TOI !

Ce soir, il accueille Antoine 31ans de Saint-Pé-de-Bigorre, attiré par le métier d’animateur radio de Maurice.

‘’ - Moi je ne suis pas animateur de radio, Antoine. Entre animateur de radio et animateur de radio radio, y a une différence colossale. Y a un fossé mon vieux.