Escale chez les Gallo-Romains - Tome 1 - Isabel Lavarec - E-Book

Escale chez les Gallo-Romains - Tome 1 E-Book

Isabel Lavarec

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Beschreibung

Après une escapade au temps des pharaons, Naïs et Totoche font escale au temps des Gallo-Romains. Ce séjour se déroule en quatre épisodes. Tunnel vers le passé est le premier.
Naïs et Totoche, quatorze ans, remontent le temps. Ils atterrissent au milieu d’un complot, les Gallo-Romains vont brûler des chrétiens. Repérés et poursuivis par des légionnaires, nos deux protagonistes fuient à travers les marais, vers la ville proche et ses environs.
Mais où sont-ils ? Où se réfugier ? Comment retrouver leurs familles ?
Et les aventures commencent...

Lectorat : à partir de 9 ans


À PROPOS DE L'AUTEUREAprès diverses productions spécialisées dans sa profession (manuels scolaires, articles pé-dagogiques), Isabel Lavarec, qui fut professeur agrégé en sciences de la vie et de la terre, continue à transmettre son expérience de vie au travers de romans policiers, romans de science-fiction, contes et nouvelles.

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Seitenzahl: 70

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Isabel Lavarec

Escale au temps des Gallo-Romains Tome 1

Tunnel vers le passé

Illustrations de Serge Cecconi

Roman Jeunesse

Série Naïs et Totoche

ISBN : 979-10-388-0627-6

Collection : Saute-Mouton

ISSN : 2610-4024

Dépôt légal : mars 2023

© couverture Serge Cecconi pour Ex Æquo

© 2023 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays Toute modification interdite

Éditions Ex Æquo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières Les Bains

www.editions-exaequo.com

1. Prologue

La joie de vivre ? Je l’avais il y a quelques minutes à peine.

Pour mon anniversaire, Totoche, mon ami d’enfance, était invité dans ma maison de vacances arlésienne attenante à mes ruines romaines. Nous devions les explorer de fond en combles pour aider Yo, ma marraine archéologue. Pendant le repas, tout n’était que chants, rires, caresses et bises. C’était parfait.

J’étais heureuse de ne pas avoir provoqué encore un incident, une inondation ou un incendie. Je m’en étonnais moi-même.

Pour quelle raison ai-je eu l’idée de montrer mon tunnel romain à mon camarade de classe ? Je n’en sais rien. Dans ce long couloir souterrain, aux bruits insolites et bouché au bout, avais-je voulu éprouver son courage ? Peut-être. Une chose est certaine, je suis une grande maladroite. Les meubles, les roches et même les murs se déplacent dès que j’arrive quelque part et les ennuis commencent...

Que m’est-il arrivé ? Je n’y comprends rien.

Pourquoi suis-je assise par terre, comme si j’avais atterri sur le postérieur après une grande envolée ? Maman, j’ai envie de vomir, ma tête tourne. Machinalement, je la retiens des deux mains. Elle tourne toujours. Je suis mal, très mal. Je regarde autour de moi. Je ne reconnais rien. Qu’ai-je déclenché ?

— Me suis-je endormie après les festivités ? Dans quel cauchemar suis-je tombée ?

J’essaie de me souvenir : juste avant, je me trouvais en Arles avec Totoche, mon camarade de classe. Debout, face au mur qui clôture le bout du tunnel des ruines romaines qui jouxtent ma maison de vacances. On discutait. On se demandait quel était l’intérêt d’une telle structure réalisée en béton. Les Romains en fabriquaient-ils déjà ? Mon ami me parlait de mortier, fait d’argile, de sable et de chaux. Très solide, paraît-il. « Hum… et cela aurait tenu depuis l’Antiquité ? De toute façon, il faudrait faire un trou, pour aller voir », avais-je proposé en tapant fort sur le mur. Et, me voilà dans cet état second.

Totoche, est-il toujours avec moi ? Je l’appelle.

— Je suis derrière toi, répond-il d’une voix plus grave que celle que je lui connais. Naïs, nous avons été pris dans le tourbillon d’une tornade et…

— Où sommes-nous ? Cette maison peinte en bleu avec un toit en chaume, ce petit marais et ces deux hommes en toge… Totoche, ne me dis pas que nous avons encore remonté…

Je ne puis terminer mes phrases, mes lèvres, mes muscles, tout mon corps se met à trembler.

— Je crois bien que oui, affirme mon ami en me traînant brusquement dans le bouquet de roseaux proche de moi.

Il me serre fort, bloque ma respiration pour m’empêcher de crier. Je me débats. Il relâche la pression en murmurant dans mon oreille :

— Chut, des soldats viennent vers nous… Nous avons remonté le temps et il y a danger, je pense.

Je reste sans voix. Subitement, mon être s’alourdit, mes jambes deviennent de plomb. Impossible de bouger.

— C’est arrivé, dit-il, quand tu as enfoncé l’œil du poisson, celui qui était gravé sur la paroi du tunnel ! Il y a eu alors comme un tremblement de terre. Tu ne t’en souviens pas ? Tu allais tomber. Par réflexe, je t’ai retenue et nous voilà tous deux chez les Romains… Ce me semble.

Nous sommes dans un marais, mais un peu plus loin, nous distinguons le quartier d’une ville, avec sa place, ses échoppes et ses bâtisses basses aux toits de tuiles ou de chaume. Sur un terrain enherbé, des gens discutent, pas gênés par les chèvres qui se régalent de chiendent. Plus près de nous, séparée du secteur, se trouve une maison isolée. Peinte en bleu, assez étendue, des murs de torchis : c’est sans doute, celle de pêcheurs, car des filets, certains réparés, d’autres encore à rapiécer, sont suspendus devant, et des poissons sèchent sur une claie.

Quatre hommes traversent le square et semblent se diriger vers le marécage. L’un, en tunique courte jaune. Les trois autres portent une chemise longue avec cotte de mailles, foulard rouge, casque à visière et couvre-joues. Ils sont vêtus comme dans les dessins de mon livre d’histoire. Ils s’arrêtent derrière un bosquet, fixant la maison bleue. Nous les entendons parler et à notre surprise, nous les comprenons :

— Les chrétiens sont dans la salle, dit assez fort celui en tunique jaune. Je les ai observés tout à l’heure. Un druide, je pense, avec une longue chemise et une grosse barbe blanche, leur narre des contes. Ceux assis devant boivent ses idioties. Mais il y en a qui ont l’air de guerriers.

— Ce sont des barbares, chef ! s’exclame le plus petit.

— Des sauvages qui sacrifient nos enfants pour se rassasier de chair humaine ! renchérit l’espion.

Le militaire le plus âgé, le « pontife », crache par terre en prononçant ces paroles de haine.

— Zou ! On applique le plan : on fait trois trous dans le toit, un au sommet et les deux autres de chaque côté…

— Chef, réplique Tunique jaune, préoccupé par la chasse aux ennemis, ces chiens de chrétiens vont s’en apercevoir et se sauver.

— Vous serez aussi discrets que ces hypocrites gaulois. Vous devez d’abord percer le chaume, les enfumer ensuite et enfin, lancer des torches allumées par les ouvertures. Pour ne pas brûler vifs, ils vont tous s’échapper par l’unique porte que vous voyez. Nous allons les écraser comme des fourmis. Nous ferons un massacre ! Allez, au boulot… Ah ! Attendez, je vais en référer…

Laissant ses hommes rassembler du bois, il court à la rencontre d’un bonhomme qui (toujours, si j’en crois mon livre d’histoire) pourrait être un prêtre romain en toge blanche, avec un bonnet en feutre surmonté d’un bâtonnet entouré de laine. Ils parlent à voix basse.

— Totoche, celui avec le chapeau pointu est un prédicateur. Il va les arrêter, non ?

— Pas sûr… On tue beaucoup au nom de Dieu.

— Mais les Romains ont plusieurs dieux. Y’en a bien un qui va leur dire de ne pas massacrer ces gens qui prient…

2. L’attentat

Les centurions s’approchent de nous, parlent latin et je m’étonne encore que nous les comprenions. Totoche en est tout retourné.

— On assiste en direct à la préparation d’un attentat, chuchote-t-il. Tu sais, comme celui du Bataclan ! Il faut prévenir ceux qui sont dans la salle. Des chrétiens, d’après ce qu’ils disent.

— Cathos ou protestants ?

— Au commencement, il n’y avait que des chrétiens.

— Au début ?

— C’est une nouvelle religion, et…

Je ne l’écoute plus. Ma curiosité me donne envie de voir les gens qui inventent un culte. Je tire mon ami par son vêtement et le conduis jusqu’à la maison bleue en passant devant le bosquet derrière lequel quatre légionnaires discutent.

— Rien ne change avec le temps, dis-je en m’accroupissant derrière une haie de joncs pour ne pas être repérée des affreux. L’homme est toujours un loup pour l’homme ! Sommes-nous arrivés dans un pays en guerre ?

Nous nous tenons par la main, à la manière des jeunes ados que nous sommes, et nous rapprochons au maximum du bâtiment des pêcheurs dont la porte est restée ouverte. La salle est pleine de gens assis et même debout. Un prêcheur à la barbe blanche, aux gestes doux, se déplace sur une estrade. Je m’avance sur le seuil :

— Sortez vite, dis-je discrètement, mais en articulant correctement pour être comprise. Les soldats veulent vous cramer.

— Sauvez-vous, reprend Totoche. Vite, ne traînez pas. Ils vont vous massacrer.

Nul ne conteste. En silence, une file de fidèles se forme rapidement et s’évapore dans la nature. Certains disparaissent à vive allure derrière un massif de roseaux, d’autres s’éparpillent sur la place ou se volatilisent dans des bâtiments. Totoche et moi sommes adossés contre le mur, dehors. J’entends un petit brouhaha à l’intérieur de leur temple.

— Il reste encore du monde à l’intérieur, dis-je. Auront-ils le temps de fuir ?