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Et si c'était à refaire !... Des images défilaient, des actions se recomposaient, des situations refaisaient surface. Mais que pouvait-il en penser véritablement ?
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Seitenzahl: 152
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Aux Editions Amalthée
Bride d’une vie. Nouvelles 2009
Aux Editions Books On Demand
Fragrance de désespéramour/Pourquoi demain.
Poésies 2013
Présence d’une conscience : Albert Camus.
Ouvrage Collectif 2013
Le Littéralecteur. Journal littéraire 2013
Fragments sans fin. Poésies 2014
Sans rime ni raison. Poésies 2015
Fin de cycle. Poésies 2015
Au fil des ans et des pages. Journal 2016
Vos pas ont commencé à chanceler : labavit
gressus.
Vos regards à se troubler : coligavit aspectus.
Vos entrailles à se soulever : tremuerunt viscera.
Vos mains à retomber sous leur propre poids :
brachia concidernut.
Votre langue tremblante s’est arrêtée et n’a
prononcé qu’à peine les paroles qu’elle espérait
articuler : lingua haesit.
Alors on vous vit approcher de l’autel où l’on
vous conduisait pour sacrifier aux idoles,
tremblants, abattus, comme si l’on vous y avait
conduits pour y être immolés vous-mêmes : ara
illa quo moriturus accessit, rogus illi fuit.
Chapitre IV
Les ombres errantes
Pascal Quignard
PREMIERE PARTIE : LE COMMENCEMENT DE LA FIN !…
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
DEUXIÈME PARTIE : MICHÈLE
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
TROISIEME PARTIE : MANUELLA
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
QUATRIEME PARTIE : MARIE
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CINQUIEME PARTIE : LA FIN DU COMMENCEMENT ?
A mi-chemin de notre vie, je me trouvai en une
forêt obscure… parce que le droit chemin était
perdu.
Qu’elle est difficile à décrire cette forêt sauvage,
impénétrable et drue…
C’est à peine si la mort me semble plus amère
L’Enfer
Dante
Christophe était resté prostré sur sa chaise ; depuis le départ de Marie sa pensée hoquetait et ses gestes ne faisaient que s’esquisser.
Le regard perdu à travers la fenêtre entr’ouverte, il ne voyait plus le bleu délavé qui colorait le ciel.
L’heure d’une inutile mise au point semblait venue.
Et si c’était à refaire !... Des images défilaient, des actions se recomposaient, des situations refaisaient surface. Mais que pouvait-il en penser véritablement ? Les questions succédaient aux questions et s’interpéné-traient.
¤¤¤
Pour Christophe, il venait de s’en rendre compte en crispant ses poings, la mémoire reconstruite n’est pas obligatoirement stable et rassurante.
Si le passé demeure une perspective dans laquelle s’accroche le présent et où le court futur s’enracine toujours, l’imagination est fallacieuse et les illusions mensongères. Il faut trop souvent réinventer ses échecs pour reculer l’échéance, la mémoire devenant une résidence secondaire et il se surprenait à triturer celle-ci pour un usage totalement arbitraire et subjectif, où les signes demeuraient réels et sensibles mais sans lien nécessaire avec la vérité signifiée.
C’est l’attente du grondement de tonnerre intérieur d’anathèmes restant prémonitoires. Fantasmagories en forme d’exutoire… Embryons de réflexion en énoncés balbutiants… Incapacité à se situer dans le temps… Surenchère d’agitations… Errances dogmatiques…
La réalité s’adapte et évolue et laisse un sentiment de vague vacuité où la confrontation avec sa propre inconsistance, aux fluctuations passagères et insignifiantes, est douloureuse dans l’enregistrement de l’absence de toute réconciliation possible, malgré un désir vivace, avec ce passé reconstruit…
¤¤¤
Une nouvelle situation vient donc de s’ouvrir avec ce départ de celle qui fut tant de temps auprès de lui, une période où l’on s’efforce d’induire ce qui serait une trêve dans une réalité que Christophe ne reconnaît plus.
Une nouvelle perspective empreinte d’interro-gations déchirantes.
Des images douloureuses, venues d’où il ne sait, défilent devant ses yeux mi-clos …
Une longue felouque blanche voguant sur les sentiers d’Allah, le Très Haut et Très Grand, bordés des flots du Nil et de ceux de l’Euphrate… Elle vient, cette longue felouque blanche, du secret creuset où s’est forgé, jadis, dans la nuit des temps, l’immense broderie de pierres précieuses sur fond de soie arachnéenne, don fertile et magique sorti de doigts patients et savants.
Ce somptueux trésor s’enchâsse dans la longue felouque blanche, au creux des flancs gonflés, prêts à laisser éclore quelques brins de fil d’or, partout où ses marins ancreront la féconde cargaison.
Mahomet, car il s’appelle Mahomet, le capitaine éternel d’un jour, tient fermement entre ses mains puissantes la barre des destinées. Depuis longtemps déjà il navigue sans fin sur les sables brûlants, constant dans son effort, rude dans la tempête, assoiffé de conquêtes. De la mer bédouine qui engendra ses premiers exploits, il a vite étendu ses courses triomphales des rives de l’Indus aux côtes atlantiques.
Mahomet et ses fiers matelots, un peu partout, ont reçu un accueil chaleureux. Nombreux sont les ports qui engrangèrent, avec profits et joie, les précieux présents apportés par les pacifiques conquérants, fils de père Savoir et de mère Tolérance. Les peuples les plus divers ont concentré les feux de leurs phares pour dissiper la plus infime poussière d’écume accrochée à l’étrave de l’opulente et longue felouque blanche. Les peuples les plus divers ont clamé et loué, fraternellement, ce nouveau nom d’Allah, le Très Haut et Très Grand, dont est ambassadrice l’opulente et longue felouque blanche.
Mais, et Mahomet le sait bien, il reste un conquérant ! Conquérant d’une divinité unique, il ne saurait trouver de grâce aux yeux d’autres divinités uniques dont les enfants ont vu leurs bras armés, non pas de l’immense broderie de pierres précieuses sur fond de soie arachnéenne, don fertile et magique sorti de doigts patients et savants, mais du glaive sanctifié avec lequel ils ont mission de convaincre, d’imposer, d’éliminer avant de régner.
Lorsqu’Allah, le Très Haut et Très Grand, a voulu tendre la main à Yahvé, le très haut et très grand, un vaste et tonitruant éclat de rite le rejeta au fond de son désert. Lorsqu’Allah, le Très Haut et Très Grand, désira s’approcher de Dieu, le Très Haut et Très Grand, le saint assaut à l’infidèle débuta sur fond de ciel, sur terre et sur mer.
Comme elles sont loin de Mahomet les savoureuses récoltes courbant abricotiers, citronniers et figuiers plantés de ses mains en sols étrangers... Comme ils sont loin de Mahomet les yeux rieurs et les hanches galbées des belles occitanes engrossées par ses soins exaltés, avec passion, d’avenirs azurés...
Portant pour toute cargaison son amour et ses rêves, le pèlerin heureux a dû prendre les armes pour garder, prière contre prière, sa croyance et sa foi. L’affrontement n’aura de cesse et son aveuglement fatal portera, contre l’inconnu musulman, ses fruits mangés par l’en-dedans, appelés à vomir leurs paroxysmes inquisitoires. La puissance ottomane, la richesse juive, le fanatisme chrétien sont hydres impitoyables pour l’ancien conquérant. Un jour ou l’autre, Allah, le Très Haut et Très Grand, devait baisser les bras devant tant d’alliances réunies, devant tant de rage endurcie. Son fils, fidèle et pieux, dépouillé de sa gloire, prit le linceul de fellah de misère...
La longue felouque blanche devait alors déserter les flots de sable brûlant, où jadis, ses voiles jumelles claquaient au grand vent. Dans les ports allogènes, les fils d’or, un à un, se sont ternis puis, inéluctablement, se sont désagrégés en un lent pourrissement. Depuis, le bourricot encharretté, la silhouette endjellabée et la pauvreté encolonisée assistent, sans mot dire, au travail d’enrichissement des autres, venus d’ailleurs, sans rien de bon dans les mains. Depuis, le bourricot encharretté, la silhouette endjellabées et la pauvreté encolonisée assistent, sans maudire, à l’assèchement d’un patrimoine façonné sous un ciel lumineux, aujourd’hui jusqu’à lui prisonnier du mythe de ces autres, venus d’ailleurs, sans rien de bon dans les mains.
Un mythe provocateur et exhaustif fait siens et aliène ces chéchias éberluées et ces fellahs stérilisés, crispés sur un passé perdu.
Les fils de Dieu, le Très Haut et Très Grand, maîtres éternels de ce jour, se complaisent en ce temps et ce fait. Ils y ont labouré leur vie et n’ont pas encore perçu le “mabrouk” sous le “mektoub”.
Ils n’ont pas tournés les yeux, quelque part, au loin, où vogue, sur les nouveaux sentiers d’Allah, le très haut et très grand, bordés des flots du Nil et de ceux de l’Euphrate, cette longue felouque grise, cinglant vers la mer Palestine.
Elle est chargée, cette longue felouque grise, de haine accumulée, de pleurs arrachés, de couteaux dans le dos, de balles assassines, de mitrailles, de sang ou de simples pierres meurtrissant de juvéniles mains.
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Christophe secoue la tête et écarquille les yeux ! D’où viennent ces images en forme de conte, des images qui l’éloignent tellement de sa condition actuelle de solitaire. Qu’est-ce qui lui prend ?...
La folie inhérente au choc de cette séparation aussi soudaine qu’inattendue vient-elle de le prendre à la gorge ?
Marie n’est plus là. Seul et perdu il sent monter la haine. Son sang charrie de noirs et lourds ressentiments même s’il mesure qu’il aura à admettre des responsabilités dans cet état de fait. Marie est devenue cette baleine blanche qui empoisonne sa vie comme Moby Dick jadis avait su pourrir le capitaine Achab.
La pièce, où Christophe est installé, respire, malgré l’étau qui enserre ses tempes ; elle est devenue lumineuse avec le blanc des murs et des poutres dé-ganguées, devenant ainsi aujourd’hui fort éloignée de l’étouffement qu’elle connaissait.
Avec un peu d’imagination on pourrait y respirer l’air iodé du grand large… S’ouvre alors une forme de spiritualité et l’on sent que Dieu, qu’un dieu, va surveiller le combat entre l’homme présent et la femme partie. Faut-il faire un saut au pied de l’Olympe où les dieux de la mythologie, entourant Zeus, commentent le cours de l’humanité en tentant de l’influer. L’histoire ne fait que commencer mais l’on pressent bien, déjà, le dénouement et les vers de Sophocle, dans son « Antigone », font oracle :
Vaincus, brisés par la céleste foudre,
Combien de ceux qui gisent dans la poudre
Sont châtiés de la témérité
Qui déclarait notre perte certaine !
Toujours le mal est suivi de la peine ;
Arès leur a sur la sanglante arène
Donné le lit qu’ils avaient mérité.
Tel un vieux capitaine au long cours, Christophe, dans un effort de tous ses muscles s’extrait de sa rêverie pour se servir un verre de rhum agricole ambré… Ohé matelot navigue sur les flots ! Son regard se perd dans le lointain, dans le vague, dans les vagues…
Il se retrouve, dans une pensée solitaire, non pas sur les récifs de la côte déchiquetée que l’on trouve en Bretagne, cet isthme allongé du continent européen pointant vers l’Atlantique, mais plutôt sur les rivages apaisés de la Méditerranée, agitée par la tramontane. Le village de Gruissan où il s’est installé durant les mois d’été, porte un caractère architectural typiquement maghrébin, avec ses minarets et ses ondulations ocrées que l’on trouve dans les complexes hôteliers de Djerba, un caractère qu’aurait aimé Albert Camus, en pensant à Alger, Oran, Djémila ou Tipasa : Ici les dieux servent de lits ou de repères dans la course des journées…Et qu’ai-je besoin de parler de Dionysos pour dire que j’aime écraser les boules de lentisques sous mon nez ? Est-il même à Déméter ce vieil hymne…Heureux celui des vivants sur la terre qui a vu ces choses.
Apponté à la jetée qui s’avance le plus dans la mer, après la base conchylicole, il lui semble être, à présent, le regard mourant vers le large, à la place de Pierre Aronnax, ce professeur d’histoire naturelle au Muséum de Paris, embarqué, malgré lui, sur le Nautilus du capitaine Némo. Ce Nautilus maudit, créé par l’imagination de Jules Verne dans « Vingt mille lieues sous les mers » qui fut d’abord pris pour une baleine géante, un narval gigantesque.
Cette Odyssée moderne se terminera dans un maelström mortel, après que le capitaine Némo ait murmuré dans ses sanglots un Dieu tout-puissant ! Assez ! Assez !
Dieu est encore là. Dieu est toujours là. La spiritualité s’exprime après le combat qu’a gagné la baleine-Nautilus contre un bâtiment de guerre. Mais qui est le coupable ?…, Qui portera les remords ?… Et puis la baleine-Némo sombre à son tour, victime de la nature, qui est finalement toujours la plus forte !…
Qui a jamais pu sonder les profondeurs de l’abîme ? disait l’Ecclésiaste.
Assis par terre, appuyé contre le mur, les jambes allongées et relâchées, Christophe, laissait ses yeux errer dans le salon… Il était à l’abandon.
Et si c’était à refaire !... Des images défilaient, des actions se recomposaient, des situations refaisaient surface. Mais que pouvait-il en penser véritablement ? Les questions succédaient aux questions et s’inter-pénétraient. Fantasmagories en forme d’exutoire… Embryons de réflexion en énoncés balbutiants… Incapacité à se situer dans le temps… Surenchère d’agitations… Errances dogmatiques… Tout se dévidait en boucle, encore et encore… Une forme de comptine gagnait son cerveau embrumé…
Il était un petit homme !
Il était un petit homme, pirouette, cacahuète ; il était un petit homme qui affirma en préambule :
- Je n'ai pas dit mon dernier mot !
Et c'est là que s'ouvre, véritablement, l’histoire, même si elle reste sans queue ni tête, car, nous pouvons le présupposer, avec un potentiel de certitudes raisonnables, même si poser le fait en axiome est contestable, l'ambiance familiale initiale et initiatique malgré elle, laissait à désirer. Ses parents étaient donc très renfermés et toujours bourrés. Disons, avec une plus grande élégance, que ses parents étaient donc en état d'ébriété permanent traduisant un éthylisme prononcé. Ignorons la regrettable dipsomanie installée chez ses tristes géniteurs tout comme il convient de passer sous silence que ces êtres misérables, à force d'inconscience l'ayant engendré, étaient imbriaques au plus haut degré. Non, gardons comme seul état de fait que ses parents étaient très renfermés et toujours bourrés.
Ah !, s'il avait pu voir le jour, notre petit homme…, pirouette…, cacahuète…, au sein d'une famille honorable, peut être que !… Ah!, s'il avait pu téter goulûment, notre petit homme…, pirouette…, cacahuète…, à un sein non alcoolisé, pasteurisé et garanti sans cholestérol, peut être que !… La famille, saine et unie, quelle belle et bonne chose ! Une sainte famille adossée au travail et à la patrie, les deux mamelles nourricières auxquelles s'abreuvent, dans les sillons, les hommes grands et fiers ! Tout handicap, aussi lourd soit-il, n'est-il pas surmontable ? Encore faut-il croire, très fort, en Dieu et en Jésus-Christ son fils unique et encore faut-il désirer, par-dessus tout, se forger, par la grâce séculière de ses propres mains, un caractère altier et fort, en sachant poser, fermement et infrangiblement, en guise de premier mot :
- Je n'ai pas dit mon dernier mot !
Il était un petit homme…, pirouette…, cacahuète… Il était un petit homme qui, comme cela se produit généralement dans ces cas de déficience génétique, n'était pas gâté par la nature. Il était un petit homme…, pirouette…, cacahuète… Il était donc un petit homme plutôt malingre, terne et froid.
N'ayant pas le physique qui fait chavirer les riches ménopausées dispensatrices de situations griveleuses pour les jeunes dieux sachant garder leur teint de jeune fille ; n'ayant pas la vocation qui évangélise les oies des pensionnats se rendant à confesse pour défaillir sous le souffle de contrition exhalé sur leur délicate peau de pèche ; n'ayant pas tout cela et encore moins d'autres talents, il décida, pour triompher, de creuser le sillon de sa réussite future, dans le champ des armes, pour qu'un jour, un sang pur ou impur abreuve justement son sillon…
Adolescent fluet, émacié et médiocre, il baise bientôt, à chacun ses étreintes, respectueusement les couleurs du drapeau claquant au vent frais de la bourrasque hivernale. L'armée d'une nation ne saurait être ravalée au rang d'ultime bouée de sauvetage à laquelle s'agglutinerait la médiocrité tout entière ! Des êtres insignifiants au départ et plus que dilués dans l'immensité anonyme peuvent, l'histoire nous l'enseigne, prétendre au plus haut des sommets et l'atteignent même parfois. C'est dans l'armée que coule le sang vital de la démocratie avec ces bras d'airain défendant la mère patrie aux corps chevillée, avec ces bras d'airain garants des libertés les plus sacrées.
Il était un petit homme…, pirouette…, cacahuète… Il était un petit homme qui grimpa, patiemment, un à un, tous les échelons, sans tambour ni trompette, avec zèle et un sens austère du devoir, sans fumer et sans boire, ignorant jusqu'aux bordels de garnisons où les failles ambivalentes et béantes accueillent fraternellement les sexes emmêlés de la hiérarchie militaire, du braquemard toujours orgueilleux de l'élève officier aux couilles plutôt molles du brillant capitaine.
Il était un petit homme…, pirouette…, cacahuète…Il était un petit homme qui fut enfin, sans éclat, avec prudence, nommé général. Tout aurait pu s'arrêter là ! Mais, voilà que soudain, un peu partout, les hommes engendrèrent la folie. Les idées, brusquement, se convulsèrent ! La barbarie entrait en scène ! Parée de couleur sang, elle s'affaira à mettre à bas le bien et l'ordre. Le cours du temps pouvait s'arrêter. Une conspiration maçonnique de gauche dans la classe politique, parallèlement à une subversion anarco-communiste et terroriste dans le domaine social, avilirent alors la juste et sage civilisation judéo-chrétienne, seule garante, avec les forces de Terre, de Mer et de l'Air, s'appuyant sur la volonté d'une nation unie et éclairée, de l'ordre, de la sécurité et de l'honneur, face au désordre, au chaos et à la corruption. Dans ces conditions, plus rien de solide et de sensé ne pouvait être durablement entrepris !
Au nom d'une liberté futile et destructrice, on emprisonna le bon sens ! La famille se déracinait. La patrie était en danger. La nation se mourrait. La licence gouvernait. Les véritables libertés étaient à l'abandon. Les beaux parleurs inutiles et vides protestaient avec
